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Alexandre Bertrand

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Le 19 novembre 2020 était diffusé sur la CW ( le lendemain en France sur Série Club) le 20eme épisode de la 15ème saison de Supernatural. Le 327eme et dernier. Au mois de mai 2021, elle devrait sortir en DVD/Blu Ray. En attendant, dans cet entre-deux, on revient sur la fin de cette série qui aura marqué les esprits, notamment par sa longévité … Un au revoir très personnel.

Supernatural : Qu’est ce que c’était ?

Après la mort surnaturelle de sa femme, Mary, John Winchester (Jeffrey Dean Morgan vu dans Watchmen ou  The Walking Dead) décide de devenir un « chasseur » pour retrouver le démon qui l’a tuée et ainsi venger sa mort. Il entraîne avec lui ses deux fils, Sam ( Jared Padalecki vu dans La maison de cire ou Gilmore Girls) et Dean ( Jensen Ackles vu dans Dark Angel ou Smallville), qui seront élevés comme des soldats et grandiront dans cet univers. Vingt-deux ans après, John disparaît et Dean décide d’aller retrouver Sam qui se trouve à l’université de Stanford pour l’aider à rechercher leur père. Tout au long de la saison, ils sont à sa recherche en combattant des esprits, des polymorphes et d’autres monstres. Mis à part la recherche de leur père, l’histoire et la mise en scène présentent chaque épisode comme un nouveau film d’horreur. (résumé saison 1)

As time goes by…

ça a commencé comme ça … The road so far. Bien sur, en quinze saisons, il y en a eu des rebondissements. Il y a eu des périodes fastes et des périodes creuses ( les Léviathans), d’ailleurs en aparté c’est juste là pour le lien des meilleurs épisodes de Supernatural. Revenons à nos moutons -estropiés- car, il est bien connu que le bétail mutilé est un signe avant coureur de toute bonne présence démoniaque. Les vrais savent. Comme toute série durant quinze saisons, il y a eu des cliffhangers prenants, d’autres ratés. On pouvait même finir par deviner un certain schéma ( lequel des deux frères va se sacrifier/maudire pour le salut de l’autre cette saison ? Il y a eu des résurrections et parfois même des re-morts. Des changements d’alliance et même un frère caché ( pas la pire des nombreuses intrigues secondaires loin s’en faut). Bref en quinze saisons, tout le bestiaire possible et imaginable de l’imaginaire du cinéma de genre y est passé. Au point qu’à l’aurée du chemin, voilà ou nous en sommes ….

Après 17 ans (en effet, il s’est déroulé un an entre la fin de la saison 5 et le début de la saison 6) à combattre les monstres, démons, anges et créatures mythiques, les frères Winchester accompagnés de l’ange Castiel, auront à affronter Dieu lui-même (Chuck), qui furieux d’avoir été une fois de plus défié, prend la décision de déclencher lui-même l’Apocalypse. En libérant les âmes et créatures de l’enfer, Dieu fait revenir les anciens ennemis que les frères ont combattus. Tandis que Jack, après avoir été tué par Dieu se réveille dans le Néant où il retrouve l’Ombre et La Mort. (résumé saison 15)

Supernatural : Puisque tu pars …

Alors voilà ce que ça fait … Ce n’était pourtant pas faute d’avoir été prévenu par ceux qui avaient pu avoir des précédents un peu plus anciens, les fans de Buffy ou de Friends qui disaient avoir grandis en même temps que les personnages. Qui se rapportaient à tel ou tel épisode ou bien tel personnage pour illustrer une situation analogue qu’ils pouvaient vivre au quotidien. Oh, bien sur, il y en a des séries qui durent depuis très longtemps mais peut-on vraiment comparer Supernatural à New York : Unité Spéciale ou bien encore NCIS, ces cop shows aux épisodes diffusés dans le plus grand désordre ou le concept reste inchangé ?

Sam Winchester ( Jared Padalecki)

Bien sur, Supernatural repose sur un schéma clairement identifié, celui du « monstre de la semaine » avec des épisodes à intervalles réguliers faisant avancer le fil rouge de la saison. Mais ce n’est pas pareil … Tout d’abord, Supernatural a eu deux choses pour lui à l’époque de sa diffusion ( date 1er épisode aux US et la 1ère française) : il était dans l’air du temps mais aussi la série avait pour elle d’insuffler un peu de culture geek à une époque ou ce n’était pas devenue l’écrasante norme.

Alors, oui la formule pouvait être répétitive. Oui la corde était peut être un peu usée. « Je connais tout tes sortilèges, tu connais tout mes enchantements » . On a pu se moquer. On a même pu zapper des épisodes sans vraiment avoir de remords, tant ta présence semblait acquise. Supernatural c’était cette série dont n’importe quel profane pouvait dire : «  ah tiens ça passe encore ? Je me souviens j’en ai regardé à l’époque de la fac/du lycée! ». Et puis est arrivé il y environ deux ans l’annonce couperet : Supernatural allait s’arrêter à l’issue de sa saison 15. Au début, bien sur, pas de problème, on se dit que c’est pour le mieux, que ça fait longtemps que ça dure, que ça n’a plus la même saveur … Par effet de contradiction, chaque nouvel épisode était vu avec beaucoup plus d’attention, comme si chaque moment passé ensemble n’en était que plus précieux. Quand est venu le tristement célèbre Confinement et que le tournage des derniers épisodes de la saison finale ont été mis en suspens, on s’est surpris à rêver : Et si ça ne s’arrêtait pas ? Cela pourrait continuer, sous une autre forme, par exemple des téléfilms spéciaux une fois de temps en temps, au fil du temps … Pourquoi pas un revival après quelques années ? Prison Break en a bien eu un après tout … Mais non. Le tournage a repris et a mis fin à la longue odyssée des frères Winchester.

Et il a fallu les faire ces adieux. Bien sur le final a été vu dans les jours qui ont suivi sa diffusion, pas question d’en perdre une miette. Mais se résoudre à dire au revoir, c’est différent. Mais il a bien fallu se faire une raison. Tout a commencé en apercevant Jim Beaver dans la saison 2 de The Boys dans le rôle d’un sénateur nommé Bobby Singer (comme son personnage dans Supernatural pour ceux qui ne suivent pas) ! Le clin d’œil était savoureux. Puis cela s’est accéléré : Jared Padalecki annoncé dans le rôle titre du remake de Walker, Texas Ranger ( vous avez dit kamoulox?), Jensen Ackles rejoignant The Boys dans un rôle à mille lieux de celui de Dean Winchester. Aussi étrange que cela puisse paraître, le coup de grâce a été donné lors du visionnage lors de la dernière édition – en ligne – de Gerardmer d’Anything for Jackson. Une histoire de hantise sous fond de satanisme et de deuil impossible. Dans la lignée de Supernatural, mais quand on s’est rendus compte que l’un des personnages principaux pouvait facilement être identifié comme «  tu sais, celui qui joue la Mort dans Supernatural », on s’est dit qu’il était temps d’arrêter le déni et de lui dire au revoir à cette série si chère à notre cœur …

Alors au revoir Supernatural. Au revoir à toi découvert au moment ou j’entrais dans ma vingtaine et ou tu me présentais les aventures de personnages du même âge plongés dans le monde du surnaturel. Comment simplement penser à résister ? Les Winchester avaient la vingtaine triomphante et symbole d’une certaine vision du cool/fun/badass dans lequel on peut facilement vouloir se projeter et maintenant ils se posent des questions sur leur cholestérol. Toute ressemblance avec … La série commençait ou Dean passait pour un puriste de vouloir continuer à écouter sa musique dans le radio cassette de « Baby », elle se termine par localisation du GPS du smartphone. Sam était vu au début comme un petit génie parce qu’il était celui du tandem qui arrivait à maîtriser cet animal étrange qu’était l’Internet. On est passé de la mode des téléphones à clapets de la plus petite taille possible à celle des smartphones grands comme la paume d’une main. Pendant quinze saisons, Supernatural aura présenté ces personnages et on les aura vu évoluer, tout en restant fondamentalement les mêmes pendant que nous même évoluions, nous aussi.

Dean Winchester ( Jensen Acles)

Tout au long des derniers épisodes, tout a été fait pour que le fan soit satisfait. Pratiquement chaque visage connu, chaque personnage d’importance est revenu faire un tour. Et quand on a été confronté à quinze saisons de surnaturel, tout les prétextes sont bons, portail dimensionnel, fantôme, sortilège… Cela avait commencé par le retour tant attendu, tant fantasmé pendant des années de « Papa Winchester » Jeffrey Dean Morgan, auréolé du succès de The Walking Dead venu passer un petit coucou aussi frustrant que réussi par sa simplicité et de l’émotion qui en découlait. Puis tous, Bobby, Garth, Ruby, Lucifer, Donatello, Lilith, tout ces personnages ayant joué un rôle d’importance durant la série, ils sont revenus faire un petit tour de piste, la plupart du temps, chose rare en ces temps de fan service à tout crin, de façon assez cohérente.

Cohérente. C’est le mot qui semble le plus approprié pour parler de la fin de Supernatural, notamment car il est difficile d’en dire plus sans divulgacher. Mais là ou bon nombre de séries auront pu décevoir pour leur final du fait d’attentes démesurées, Supernatural a réussi à boucler la boucle de l’histoire des Winchester tout en restant fidèle à elle même avec ses petits défauts (ah ça, la gestion des morts des personnages secondaires), en sacrifiant au final assez peu au fan service ( les dernières répliques de Castiel). Et donc au moment de se dire au revoir, après avoir passé les phases de déni, de colère de dépression, de marchandage, c’est finalement avec un sentiment d’acceptation que cela peut se faire … Et puis, après tout, n’importe quel prétexte d’ici quelques temps sera bien l’occasion de se refaire un intégrale !Ou bien recommencer par la crème de la crème des épisodes de la série !  

Et comme c’était inenvisageable de ne pas le placer…


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Dans le cadre du Club 300 d’Allociné, projeté au Forum des Images, était présenté Scandale, le nouveau film de Jay Roach (la trilogie Austin Powers mais aussi le plus sérieux Dalton Trumbo) avec en tête d’affiche rien de moins que Nicole Kidman, Charlize Theron (nommée pour l’Oscar de la meilleure actrice) et Margot Robbie (nommée pour l’Oscar du meilleur second rôle féminin). Le sujet du film parlant de harcèlement sexuel dans le monde des médias étant plus que jamais d’actualité, comment Scandale, 3 nominations aux prochains Oscars, l’aborde t-il ? Critique

scandale affiche film 2020

Scandale : De quoi ça parle ?

Quelques temps avant l’élection présidentielle américaine de 2016. Fox News, la chaîne d’infos phare des conservateurs américains est plus que jamais populaire alors que prend de plus en plus forme les chances d’un certain candidat populiste du nom de Donald Trump… Dirigé par Roger Ailes (John Litghow, méconnaissable), son fondateur, Fox News est en pleine lumière alors que les idées qu’elle propage depuis des années semble conquérir le pays. C’est pourtant à ce moment là que tout va voler en éclat pour Ailes. Gretchen Carlson (Nicole Kidman), présentatrice dont l’aura au sein de Fox News n’aura eu de cesse de chuter ces dernières années et récemment mise à la porte accuse son ancien PDG de licenciement abusif et harcèlement sexuel. Megyn Kelly (Charlize Theron), intervieweuse star de la chaîne qui s’est illustrée récemment lors d’une passe d’armes avec Donald Trump, hésite sur les conséquences que cela aurait pour sa carrière de briser « la loi du silence ». Kayla Pospisil ( Margot Robbie), jeune journaliste dont l’ambition veut lui faire franchir les étapes à toute vitesse est rapidement confrontée à ce que cela implique quand on est une femme travaillant à Fox News… Trois portraits de femmes confrontés aux ravages du sexisme et du harcèlement au travail.

Scandale : Est ce que c’est bien ?

Charlise Theron, Margot Robbie et Nicole Kidman pour le film scandale 2020

Les premières minutes de Scandale ne sont pas forcément à son avantage sur deux points. Tout d’abord, la mise en avant du contexte de montée en puissance du candidat Trump fait redouter un brûlot politique, là ou on l’on pouvait s’attendre à une histoire plus centrée sur le cas précis de Roger Ailes et ses méfaits au sein de Fox News. Enfin, la mise en scène de Jay Roach ne brille pas pour illustrer les idées du script de Charles Randolph (présentation par le personnage de Charlize Theron des coulisses de Fox News face caméra flirtant avec le quatrième mur tombant à plat). A présenter factuellement les parcours des trois protagonistes dans sa première partie (Nicole Kidman qui est poussée de plus en plus vers la sortie, Charlize Theron qui doit arrondir les angles avec Trump notamment pour continuer d’être en tête d’affiche de la chaîne, Margot Robbie qui gravit les échelons), Scandale fait redouter de n’être qu’un « procedural » comme tant d’autres, dont l’enjeu serait le verdict du futur procès à venir de Roger Ailes.

 

Et pourtant tout se joue lors d’une scène. La scène charnière de tout le film. Le personnage de Margot Robbie parvient à obtenir ce qu’elle désirait tant : obtenir un entretien avec Roger Ailes. D’apparence anodine, la situation dérape peu à peu, le personnage de Litghow, de prime abord paternaliste demandant à la jeune présentatrice de faire un tour sur elle même. Puis de lui montrer ses jambes. Puis de remonter encore et encore sa jupe… Le vice du regard de Litghow et le visage de Robbie s’exécutant tout en cherchant à contenir ses larmes naissantes suffisent à glacer littéralement le sang.

 

A partir de là, comme un symbole, le personnage de Kayla Pospisil incarnée par Robbie étant fictif et faisant office d’archétype, la chute de Roger Ailes. Comme une fois de trop. Peu importe, que lors d’une scène, le personnage de Charlize Theron relativise le caractère « monstrueux » en évoquant tout les bons cotés, notamment la générosité en tant que patron de Fox News que Ailes a pu avoir pour d’autres salarié-e-s. Peu importe que le personnage de Nicole Kidman n’ait rien de la victime au sens traditionnel du terme, étant montré qu’elle préparait sa revanche depuis longtemps et attendait le premier faux pas de ce dernier ( son licenciement abusif) pour lancer les hostilités et le mettre à bas. Et le film prend alors des allures de symbole : il ne s’agit -presque – plus de la lutte  judiciaire de Gretchen Carlson contre son ancien employeur, il s’agit de montrer les prémisses de ce qui une poignée de mois plus tard, suite à la tristement célèbre affaire Weinstein, deviendra le mouvement #MeeToo. La fin du silence et la mise à mal du système patriarcal. Pour les excellentes prestations de son trio de têtes d’affiches, Scandale était un film hautement recommandable. Pour la nécessité de son sujet et la justesse de son traitement, Scandale en devient un film essentiel.

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Présenté en avant-première dans le cadre du Club 300, Nous finirons ensemble, la suite du cultissime Les petits mouchoirs mis en scène par Guillaume Canet sortira en salles le 1er mai 2019. Porté par un casting quatre étoiles (François Cluzet, Marion Cotillard, Laurent Lafitte, Gilles Lellouche, Benoît Magimel, Valérie Bonnetton, José Garcia,), il marque les retrouvailles avec notre groupe de vacanciers préférés du Cap Ferret. Pour quel résultat : Satisfaction ? Nostalgie ? Déception ? Critique.

Nous finirons ensemble
Copyright 2019 Trésor Films – Canéo Films – Europacorp – M6 Films – Les Productions du Trésor – Artémis Productions

Le projet de suite aux Petits Mouchoirs annoncé l’an dernier avait de quoi faire lever un sourcil circonspect. Non pas qu’il n’y avait rien à dire à propos de ce groupe d’amis mais huit ans après le premier opus, Les petits mouchoirs avait tranquillement fait son trou dans la catégorie de « films cultes » français des années 2010. Aussi, Nous finirons ensemble, se présente-t-il en cette fin de décennie avec la lourde tâche de raconter la suite des aventures de la bande de parisiens en goguette au Cap Ferret. Passé le cadre tragique qui servait au final de fil rouge tout au long du premier film, que peut-il y avoir à dire huit ans après tout cela ?

Nous finirons ensemble : De quoi ça parle ?

Nous finirons ensemble
Copyright 2019 Trésor Films – Canéo Films – Europacorp – M6 Films – Les Productions du Trésor – Artémis Productions

Préoccupé, Max est parti dans sa maison au bord de la mer pour se ressourcer. Sa bande de potes, qu’il n’a pas vue depuis plus de 3 ans débarque par surprise pour lui fêter son anniversaire ! La surprise est entière mais l’accueil l’est beaucoup moins…
Max s’enfonce alors dans une comédie du bonheur qui sonne faux, et qui mettra le groupe dans des situations pour le moins inattendues.
Les enfants ont grandi, d’autres sont nés, les parents n’ont plus les mêmes priorités… Les séparations, les accidents de la vie… Quand tous décident de ne plus mettre de petits mouchoirs sur les gros bobards, que reste-t-il de l’amitié ?

Si comme, on a pu le dire, la fin des Petits Mouchoirs n’appelait pas forcément à une suite, ce que Guillaume Canet a pu confirmer d’ailleurs, l’intérêt du projet a fini par apparaître de lui-même : suivre l’évolution d’un groupe d’amis au fur et à mesure des années. Ainsi, la bande de Max, Marie, Vincent et compagnie allait devenir l’équivalent de l’Antoine Doinel de François Truffaut. Pour rappel, Doinel, interprété par Jean-Pierre Léaud au cours de 5 films avait grandi sous les yeux du spectateur entre 1959 et 1979, traversant l’enfance ( Les 400 Coups), l’adolescence ( Antoine et Colette) et enfin l’age adulte (Domicile conjugal  ou bien encore L’amour en fuite).

Dès lors, le titre du film : Nous finirons ensemble peut tout aussi bien être une question pleine de doutes qu’une affirmation pleine d’optimisme. En huit ans de temps, des bouleversements, le petit groupe en a connu. Dès les premières minutes de Nous finirons ensemble, on apprend que le couple Max/Véronique (Cluzet/Bonnetton), les hôtes de la maison de vacances du premier opus, a divorcé. Que des choix ont été faits. Que des rancœurs se sont accumulées. Et qu’enfin le groupe a fini par péricliter à force de tension et de non-dits. Marie (Marion Cotillard) apprend à devenir mère d’un enfant de sept ans. Eric (Gilles Lellouche), le tombeur fêtard du premier film est devenu un acteur à succès et tout jeune papa. Vincent (Benoît Magimel) est en couple et assume pleinement son homosexualité. L’inénarrable Antoine (Laurent Lafitte), lui, n’a pas changé d’un poil. Mais à l’occasion des 60 ans du personnage de François Cluzet, il est décidé d’enterrer la hache de guerre… Même si tout cela ne se fera pas sans heurts…

Nous finirons ensemble : Est ce que c’est bien ?

Nous finirons ensemble
François Cluzet et Laurent Laffite dans Nous finirons ensemble
Copyright 2019 Trésor Films – Canéo Films – Europacorp – M6 Films – Les Productions du Trésor – Artémis Productions

La force des Petits Mouchoirs résidait dans le fait de s’attacher à une bande de potes qui fait comme si de rien n’était et a décidé de partir en vacances alors que l’un d’entre eux agonise à l’hôpital à Paris. On pouvait rire, on pouvait s’attacher ou s’émouvoir aux différentes pérégrinations des membres du groupe, cette simple toile de fond réussissait à donner de la consistance à chacun des personnages. Huit ans plus tard, le contexte n’est pas le même. Ni son importance, ni son impact. Max a coupé les ponts avec Eric, Vincent et autres suite à son divorce/suite à un clash il y a trois ans ? Cinq minutes de film et la hache de guerre est enterrée. Un problème ? Plus de problème.

Et c’est bien là que le bas blesse : les enjeux. Tout au long du film, quelques péripéties peuvent bien arriver aux différents personnages du film mais sans véritables conséquences ni impact. Guillaume Canet prend plaisir à retrouver sa bande de copains ( à l’écran comme à la ville) mais n’en fait, si ce n’est rien, au moins pas grand chose. Comme une sorte de succession de passages obligés, chacun a sa petite partition à un moment donné ou à un autre, dans un ensemble qui ne va pas dans une direction bien précise. Entre le fan service et un amour incontrôlé pour ses personnages, ces derniers évoluent donc pendant deux heures dans une sorte de grande improvisation sans qu’une trame scénaristique claire se dessine.

En résulte quelque chose de contre productif : les personnages, que ce soit huit ans après Les Petits Mouchoirs ou bien entre le début et la fin du film n’évoluent pas et restent l’incarnation de leurs archétypes. Antoine ( Laurent Lafitte) est immature? Il est le ressort de la quasi totalité des scènes comiques du film, devenant plus un sujet de blague qu’un véritable personnage. Vincent ( Benoit Magimel) continue d’avoir ses atermoiements. Marie ( Marion Cotillard) buvait et fumait fébrilement dans l’attente du devenir de Ludo ( Jean Dujardin) dans le premier? Huit ans plus tard, elle boit et fume fébrilement en ne cessant de penser à ce qui est arrivé à Ludo. Là, ou une vraie évolution des personnages, comme celle que connait le personnage de Gilles Lellouche et un discours sur le temps qui passe aurait pu marquer les esprits, comme le premier qui captait quelque chose d’une tranche d’age à un instant T, il est malheureusement présenté une sorte de redite du premier. Avec les années en plus.

Mais, Nous finirons ensemble est il un mauvais film pour autant? Non! La hauteur des reproches qui peuvent lui être faits équivaut à la cote de sympathie que le premier film a pu faire naître chez le spectateur. Oublié la fraîcheur du premier. Oublié un pseudo discours sur les années qui passent. Nous finirons ensemble propose d’assister à une vraie bonne comédie. Le rythme de la comédie fonctionne très bien sur les scènes humoristiques.  On prend toujours autant de plaisir à assister aux vacances de cette bande de potes et le film de Guillaume Canet propose un vrai bon moment de détente. Et puisqu’il est acté que nous finirons ensemble, rendez vous est pris pour un troisième épisode. A dans une huitaine d’années?

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Grace au Club 300 d’Allociné, quelques semaines avant sa sortie en salles le mercredi 20 février 2019, le Chant du loup était présenté au Forum des Images. L’occasion de découvrir la première réalisation d’Antonin Baudry réunissant un casting haut de gamme (Matthieu Kassovitz, Reda Kateb, Omar Sy et François Civil!) pour un film de sous marin français! Pour quel résultat ? Critique. 

Affiche du film Le Chant du loup <br /> Droits réservés : Les Productions du Trésor<br /> Pathé Production<br /> Chi-Fou-Mi Productions
Affiche du film Le Chant du loup
Droits réservés : Les Productions du Trésor
Pathé Production
Chi-Fou-Mi Productions

Das Boot, A la poursuite d’Octobre Rouge, USS Alabama… S’il y a eu quelques exemples de films de sous marins ces dernières années, avec plus ou moins de succès, force est de constater que ce n’est pas la majorité de la production de film “guerrier”. Alors quand la nouvelle d’un film français, convoquant les tètes d’affiches Mathieu Kassovitz et Omar Sy, le solide Reda Kateb et le prometteur François Civil, allait se passer dans ce milieu, le projet ne pouvait qu’attirer l’attention.

Le Chant du loup : De quoi ça parle ?

Affiche du film Le Chant du loup <br /> Droits réservés : Les Productions du Trésor<br /> Pathé Production<br /> Chi-Fou-Mi Productions
Droits réservés : Les Productions du Trésor/Pathé Production/Chi-Fou-Mi Productions

Un sous-marin nucléaire d’attaque des Forces sous-marines françaises, le Titane, en mission sur les côtes syriennes doit récupérer un commando. Alors qu’une frégate iranienne se met à leur chasse, l’oreille d’or du sous-marin, Chanteraide (François Civil) repère un son qu’il ne parvient pas à identifier correctement et qui ne devrait plus exister… Dans un contexte de tension prononcée avec la Russie (toute ressemblance avec des événements existant ou ayant existé…), on ne le croit pas. Dans un premier temps. Puis, la tension diplomatique s’aggrave et en quelques instants le sort du monde bascule…

Malgré l’écho avec l’actualité, l’histoire du Chant du loup se déroule dans un cadre général, sans éléments précis de contextualisation : pas de nom réel ou fictif donné au Président de la République ou aux différents dirigeants politiques qui auraient pu être impliqués dans une histoire prenant pour cadre une crise diplomatique internationale d’envergure. Ce n’est pas ça l’important pour le réalisateur Antonin Baudry. Comme avec la bande dessinée et le film Quai d’Orsay, dont il était scénariste, ce qui l’intéresse c’est de décrire l’intérieur d’un système. Après la diplomatie ( Quai d’Orsay est pratiquement autobiographique, Baudry ayant été diplomate de carrière), place au monde de la “Royale” en général, et des sous mariniers en particulier.

Le Chant du loup : Est ce que c’est bien ?

Affiche du film Le Chant du loup
François Civil, Reda Kateb et Omar Sy dans Le Chant du loup
Droits réservés : Les Productions du Trésor/Pathé Production/Chi-Fou-Mi Productions

Ce qui impressionne en premier lieu, par rapport à l’ambition du projet, c’est de se dire qu’il s’agit là du premier long métrage d’Antonin Baudry. En effet, le filmage du Chant du loup est irréprochable, tant dans son esthétique que dans son rythme. Son cadrage, à hauteur d’homme permet de mettre en valeur les émotions retranscrites par les excellents acteurs de son casting. Car si l’on parle de crise globale dans Le Chant du loup, le réalisateur et scénariste a décidé de s”intéresser à la façon dont il est perçu par un petit groupe d’hommes. C’est ce parti pris qui fait la force du film, nous montrant des personnages d’officiers, humains avant tout, loin des clichés que l’on pourrait avoir en tète devant un film de guerre.

Affiche du film Le Chant du loup<br /> Droits réservés : Les Productions du Trésor<br /> Pathé Production<br /> Chi-Fou-Mi Productions
Mathieu Kassovitz et Omar Sy dans Le Chant du loup
Droits réservés : Les Productions du Trésor/Pathé Production/Chi-Fou-Mi Productions

Concernant l’action, Le Chant du loup n’est pas en reste en nous montrant une bataille sous marinière pleine de tension et de suspense et réussissant une belle montée en tension quand la crise diplomatique tant redoutée atteint son paroxysme. Le scénario réserve aussi un ou deux bons rebondissements, réussissant à surprendre le spectateur sur la suite du récit à venir. Malgré tout, deux scènes d’action en particulier, impliquant Reda Kateb, puis Omar Sy sont un peu trop “over the top” pour pleinement convaincre… De même, le personnage de la talentueuse Paula Beer n’a pas de réelle consistance.

Pas de quoi bouder son plaisir néanmoins, Le Chant du loup étant un excellent thriller laissant son spectateur sous tension tout au long du film tout en le divertissant. Une production originale, certes pas exempte de défauts, mais qui a le mérite de sortir des sentiers battus de la production tricolore.

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