My Beautiful Boy, témoignage sensible d’un combat

My Beautiful Boy signe à la fois le retour de Timothée Chalamet que le tout Hollywood n’à plus quitté des yeux depuis Call me by your Name et celui du très grand Félix Van Groeningen, réalisateur d’Alabama Monroe (entre autre).
Après nous avoir fait découvrir les très attendus L’Ile aux Chiens de Wes Anderson ou Roma d’Alfonso Cuaron, c’est My Beautiful Boy qui fait l’objet de la projection privée du Club 300 d’Allociné du mois de janvier, le tout en présence de Timothée lui-même, s’il vous plait !

My Beautiful Boy c’est l’histoire d’un père (interprété par Steve Carrell) qui compose une vie de famille avec sa seconde femme tout en subissant amour inconditionnel qu’il porte pour son fils accroc aux drogues. Et quand on aime, pas question de baisser les bras. Mais pas question de taper du poings non plus. Rien, ni la découverte de l’addiction, ni les multiples rechutes de Nic, ni les tensions familiales ne leur font oublier leur ton poli et bienveillant. Plus surprenant encore : plus l’événement nous apparait comme dramatique, plus les personnages l’acceptent sans ciller. C’est peut-être là la forme de Félix Van Groeningen : il joue avec le drame sans en faire trop, puise dans les forces de ses personnages sans les dénaturer.

On apprécie tout particulièrement le soin que prend Van Groeningen à ne pas faire de ses films les vitrines de ses acteurs. Ici, ce n’est pas Timothée Chalamet et Steve Carrell qu’il filme mais bien Nicolas et David Sheff. La caméra les observe mais ne les embellit pas et on garde en tête les rares gros plans sur Timothée Chalamet dans lesquels il apparait le teint gris, les yeux rouges et les dents rongées par la drogue.

La performance de ce dernier reste l’un des points forts indéniables de ce métrage. Le talentueux jeune-homme confirme ainsi sa capacité à devenir le personnage qu’il interprète. Il lui offre un jeu puissant mais toujours juste, exprime une détresse palpable qui s’intensifie au court d’une lutte qui se compte en années.

My beautiful boy 2019

« Plus que tout » promet le personnage de Steve Carrell à son fils à plusieurs reprises. C’est bien le combat d’un père qui est ici le centre de l’œuvre proposée. Loin des œuvres qui parlent d’addiction à travers les personnages qui la subissent, c’est de l’entourage de ces derniers dont il s’agit. Leur besoin de comprendre, d’aider, la découverte de l’impuissance.

Difficile de ne pas s’attacher au personnage de Nicolas, qui malgré ses rechutes tente envers et contre tout de se ressaisir, de rester un bon fils, un bon frère. Loin du cinéma dramatique hollywoodien habituel, My Beautiful Boy dépeint plan après plan une détresse profonde et intime, un isolement loin de la solitude. Le cinéaste fait le choix de respecter cette intimité n’offrant pas la possibilité au spectateur d’être enseveli sous un flot continue de larmes forcées. A la place, il s’attache à filmer le réel, les abandons, les regrets, l’incompréhension, la vie qui semble vouloir suivre son court malgré le drame.

Mais My Beautiful Boy c’est avant tout un témoignage poignant sur l’addiction puisque Felix Van Groeningen adapte pour ce film le Livre Tweak de Nicolas Sheff et My Addicted Son de David Sheff qui retracent les dix années de combat de cette famille. Un sujet social qui colle bien au réalisateur qui traitait de la décadence du milieu de la nuit rock dans Belgica et du poids de la maladie au sein du couple dans Alabama Monroe.

My Beautiful Boy sort en salles le mercredi 6 février 2019 et si on a un petit conseil à vous donner c’est bien de rester jusqu’a la fin, le générique vous réserve quelques surprises à la hauteur des émotions attendues. 

MY BEAUTIFUL BOY Bande Annonce VF (2019)
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