A quelques jours de sa sortie le mercredi 24 avril 2019, le premier film d’Audrey Diwan était présenté dans le cadre du Club 300 d’Allociné au Forum des Images. » Mais vous êtes fous » porté par les talentueux Pio Marmai et Céline Sallette nous parle de la délicate problématique de l’addiction et de comment elle peut impacter un couple. Critique.
Affiche de Mais vous êtes fous Droits réservés : Wild Bunch
En début d’année, le fléau de l’addiction était évoqué dans le touchant et délicat « My Beautiful Boy« à travers le regard d’un père tentant d’empêcher son fils de sombrer face à ses démons. Le film d’Audrey Diwan, Mais vous êtes fous, aborde cette thématique en restant à hauteur du couple formé par Pio Marmai et Céline Sallette. Car si la drogue fait office d’élément déclencheur c’est bien de la tourmente d’un couple dont il s’agit dans Mais vous êtes fous.
Mais vous êtes fous : De quoi ça parle?
Céline Sallette et Pio Marmai Droits réservés Wild Bunch
Roman aime Camille, autant qu’il aime ses deux filles. Mais il cache à tous un grave problème d’addiction, qui pourrait mettre en péril ce qu’il a de plus cher. L’amour a-t-il une chance quand la confiance est rompue?
Inspiré d’une histoire vraie, « Mais vous êtes fous » pose rapidement le cadre de son histoire. Roman est un père de famille charismatique aimant et aimé de sa femme et de ses deux filles. La scène de la boite de nuit en début de métrage, qui sert à justifier le titre du film, est là aussi pour démontrer que le personnage de Pio Marmaia le sens de la fête. Un peu trop… Et pourtant, jamais au cours du film, il ne sera montré Roman entrain de se droguer.
Pas de scène de déchéance à la « Requiem for a Dream », pas de scène de shot à la « My Beautiful Boy » tout au long de « Mais vous êtes fous ». Là n’est pas le propos du métrage d’Audrey Diwan. Non, il s’agit pour elle de parler d’un couple et des tourmentes nées de la tragique découverte de l’addiction de Roman. Car, comme l’a déclaré la réalisatrice après la présentation du film : « La drogue agit comme une maîtresse ». « Mais vous êtes fous» va donc prendre rapidement la forme d’une histoire d’amour qui se (re)bâtit après une sinistre révélation.
Mais vous êtes fous : Est ce que c’est bien?
Droits réservés : Wild Bunch
Ce qu’il y a de particulièrement impressionnant dans Mais vous êtes fous, c’est la facilité avec laquelle la réalisatrice Audrey Diwan parvient à nous faire ressentir l’incrédulité de Camille face aux conséquences des actes de Roman. Sans spoiler, c’est le monde entier de cette dernière, cette famille harmonieuse lui servant de cocon et d’échappatoire à un travail l’épuisant, qui s’écroule en quelques minutes. Son mari n’est pas celui qu’il semblait être, sa famille est mise à mal et un engrenage judiciaire, implacable, prend pratiquement le contrôle de sa vie sans qu’elle réalise pleinement ce qui est entrain de lui arriver. L’excellente performance de Céline Sallette, il est vrai, aide beaucoup le spectateur à s’attacher au personnage de Camille et à pleinement comprendre ce qu’elle ressent. Aussi après avoir vu le cadre sans histoire et la chute, on ne peut, comme elle, qu’espérer que les choses s’arrangeront entre elle et Roman. Sauf que tout n’est pas si simple…
Touchée par l’histoire vraie confiée par une de ses proches, Audrey Diwan a pleinement investi son premier long métrage, tout en sensibilité et spontanéité. Aucune dramaturgie excessive. Ainsi, il n’y a pas de grande révélation expliquant pourquoi Roman se drogue. Aucune excuse ne lui est trouvé, comme explique le personnage « Je suis tombé dedans et je dois en sortir ». C’est comme ça. La confiance a été brisée et chacun doit se reconstruire. Audrey Diwan aime beaucoup le pouvoir du hors champ et le manie excellemment. Ainsi, au lieu d’un happy end rassurant ou d’une leçon de morale édifiante, le film se conclue par une sorte de trois points de suspension, laissant le spectateur s’interroger et réfléchir sur son rapport à la confiance en l’autre et à l’amour de façon intelligente et élégante. Une belle réussite pour le premier film d’Audrey Diwan et son excellent duo d’acteurs Pio Marmaiet Céline Sallette.
Grace au Club300 d’Allociné, El Reino, le dernier film de Rodrigo Sorogoyen a pu être présenté au Forum des Images, précédé de son succès retentissant aux derniers Goyas…
Grace au Club 300 d’Allociné, quelques semaines avant sa sortie en salles le mercredi 20 février 2019, le Chant du loup était présenté au Forum des Images. L’occasion…
Mercredi 9 janvier 2019 est sorti en salles le deuxième opus de la saga « Creed« , spin-off des célébrissimes « Rocky« . Porté par Michael B. Jordan et Sylvester Stallone, ce dernier en profitant pour faire ses adieux au personnage/alter ego qui l’aura fait connaitre, et auréolé de bons retours outre Atlantique, le film de Steven Caple Jr vient nous raconter les nouvelles aventures d’Adonis Creed et de son célèbre mentor Rocky Balboa. Pour quel résultat ? Critique.
Creed 2 : A l’origine… (Là ou le bas blesse)
En 2015, le jeune cinéaste Ryan Coogler (porté aux nues depuis grâce au succès de Black Panther), réalisait Creed : L’héritage de Rocky Balboa, vendu sous l’angle du très à la mode concept du requelet prolongeant ainsi une saga entamée avec le magnifique premier opus qui s’était pourtant vue offrir une conclusion aussi touchante que réussie avec Rocky Balboa en 2005. Mais qu’est ce qu’un requelme direz vous? C’est un terme hybride désignant une sorte de mélange entre le principe du remake et celui de la sequel. Ce nouveau concept, très à la mode au cours de notre décennie a donné dernièrement naissance par exemple aux Jurassic World, à la dernière trilogie Star Wars, aux Animaux Fantastiques, Halloweenou bien encore au prochain Men In Black International.
Surfant sur la vague de nostalgie actuelle, tout en essayant d’apporter un souffle nouveau pour séduire les jeunes consommateurs un public plus jeune, la plupart des requels ont tendance à se perdre dans le fan service le plus stérile. Ainsi, le Retour de la Force et le premier Jurassic World apparaissaient comme des quasi copies carbones lorgnant de façon très gênantes sur leurs illustres prédécesseurs. De même, si le premier Les Animaux Fantastiques avait pour lui une certaine fraîcheur dans sa manière d’appréhender l’univers potterien, sa suite, Les Crimes de Grindelwald, sortie récemment, est tombé tout entier dans le travers du biscuit pour fans (beaucoup trop de Dumbledore et de Poudlard pour être honnête).
Creed, premier du nom, n’échappait pas à la règle. Sorte de « Retour de la Force » de la saga Rocky, Ryan Coogler prenait le même parti pris de J.J Abrams, incapable de transcender son matériel de travail et préférant miser sur la fibre nostalgique du spectateur en singeant l’oeuvre originelle plutôt que de tenter une réelle prise de risque. De même, le personnage d’Adonis Creed, voulu comme le Rocky Balboades années 2010 ne parvenait pas vraiment à exister. En effet, son postulat de base, à savoir fils bâtard de Creed plaquant une existence dorée pour se faire cogner comme son boxeur de père étant à mille lieux, à tout point de vue, du loubard italo-américain de Philadelphie parvenant aux sommets à force d’abnégation et de volonté. Néanmoins, se collant dans le sillon du chef d’oeuvre qu’est le premier Rocky, sans originalité mais jouant du concept de passage de flambeau, Creedpremier du nom ( titré, comme un symbole, en France « L’héritage de Rocky Balboa« ) avait obtenu un certain succès tant commercial que critique. Assez pour justifier une suite…
Quelques années après les événements du premier film, Adonis Creed ( Michael B. Jordan : Black Panther, Chronicle) finit par devenir champion du monde des poids lourds, toujours sous le patronage bienveillant d’un Rocky Balboa ( Sylvester Stallone), remis de son cancer. C’est alors que venu d’Europe de l’Est, un boxeur au physique imposant (Florian Munteanu) du nom de Viktor Dragole défie. Un nom lourd de sens tant pour Balboaque pour Creed…
En effet, trente ans auparavant, Apollo Creed est mort sur le ring suite à un combat face à Ivan Drago ( Dolph Lundgren, le seul vrai Punisher, Universal Soldier ou bien encore The Expendables). Pour venger la mort de son meilleur ami et ancien adversaire, Rocky Balboa est alors venu défier le boxeur soviétique jusqu’à Moscou en pleine Guerre Froide. Combat qui aura marqué Rocky à plus d’un titre, puisque souffrant de lésions cérébrales, il est déclaré inapte pour la boxe et finira ruiné.
Après un premier opus parlant de passage de flambeau entre deux générations de boxeurs ( et d’acteurs), le début idéal de Creed 2 aurait du être un plan sur la pierre tombale de Rocky. Le premier Creedlui collant un cancer (après les liaisons cérébrales du 5, dont on a jamais plus entendu parler dans le reste de la saga, ça commence à faire beaucoup), cela aurait pu être une évolution logique et une bonne transition pour passer à une nouvelle histoire, celle d’Adonis Creed. Sauf que… La nostalgie est à la mode en ce moment et les producteurs ont décidé d’y aller à fond en liant ce Creed 2 au Rocky 4.
Comme dit précédemment, ce quatrième opus voyait la mort d’Apollo Creed et le combat Rocky/Drago. Au lieu d’aller de l’avant, la saga Creed regarde donc encore une fois en direction d’un passé censément glorieux. Sauf que copier , s’inspirer fortement, d’un classique comme le premier Rockypeut s’entendre ( au delà de la vacuité de la démarche), quand on commence à vouloir lorgner vers le plaisir coupable qu’est Rocky 4, cela peut être plus problématique…
En effet, imprégné des années Reagan jusqu’au bout des ongles, cet opus est une succession de séquences servant d’illustration visuelle à des tubes du moment sous fond d’affrontement USA/URSS d’une finesse quelque peu pachydermique. Guerre Froide, ambiance MTV, brushing impeccable de Stallone et signes extérieurs de richesse ( cf la scène de la Lamborghini qui aura inspiré probablement le gag de la Safrane dans la Cité de la Peur). So 80’s… Mais un plaisir coupable de vidéoclub peut-il donner lieu à des prolongations qui en vaillent la peine, passé l’effet Madeleine de Proust?
Cette partie contient des spoilers du premier quart d’heure du film.
Creed/Drago. Dès le début, le ton est posé, les trajectoires des deux fils de étant mêlés. En introduction, Viktor Drago émergeant de la banquette d’un appartement miteux de Kiev (parce qu’en Europe de l’Est tout est miteux c’est bien connu), surveillé de près par son entraîneur de père, pour aller livrer un combat qu’il va gagner sans mal. Titre : Creed II. Enchaînement cette fois sur Creed se préparant à livrer combat pour la couronne mondiale. Intervention du vieux mentor Rocky Balboa pour le motiver à base de deux ou trois phrases de grand sage. Combat gagné sans mal. Adonis Creed est parvenu à être champion du monde des poids lourds. Consécration du jeune héros qu’on laissait battu de peu à la fin du premier opus. Dix minutes de métrage seulement se sont écoulés et pourtant, c’est comme si tout le reste du film était déjà résumé.
Commencer le film en présentant Viktor Drago , nouvel Némésis de nos deux héros trente ans après les ravages causés par son père, est en soi une bonne idée. La menace est là, présente, à mille lieux pour le moment du quotidien de nos héros et ils n’en savent rien. Aux deux bouts du globe, deux fils se battent pour la mémoire de leurs pères. Si elle peut faire tiquer de prime abord, l’idée de faire de faire de Creed 2 une sorte de Rocky 4 : Trente après, croiser de nouveau un Creed, un Drago et un Balboa, avait largement de quoi faire au niveau symbolique et dramaturgie quasi shakespearien.
Pourtant dès le début, il n’en est rien et l’impression de danger ou tout du moins de puissance que devrait dégager Viktor Drago est totalement annihilé par une mise en scène du combat sur-découpée rendant peu lisible l’action qui se déroule. De cet incipit, ne subsiste donc l’information que Drago est le nouveau méchant du film et… c’est tout! En même temps, vu qu’il est russe on aurait du se douter aussi… De son coté, aux Etats Unis, Adonis Creed se prépare à combattre pour le titre des poids lourds. La tension est à son comble dans le vestiaire. Enfin… Adonis exhibe ses abdos, sa copine lui demande en langage des signes s’il a bien fait caca et l’apparition de Rocky est iconisé à mort en terme de mise en scène avec un jeu de miroir et un début de speech, du niveau des mantras qu’on trouve sur le mur Facebook d’un préado, lancé depuis la pénombre. La tension est à son comble on vous dit.
Vu qu’on est à dix minutes-un quart d’heure de métrage et que la promo entière du film a été faite sur le duel Creed/Drago, l’issue du combat laisse chancelant le spectateur qui voit donc Adonis Creed remporter son combat. Sans avoir vraiment pu vibrer pour lui, le cadrage et le montage de ce dernier étant du même niveau que celui du fils Drago quelques minutes auparavant. Pas possible de rejeter la faute sur le réal’ de seconde équipe ou d’un éventuel accroc sans conséquence. Houston, ou plutôt Philadelphie, on a un problème.
Car dès lors, le réalisateur Steven Caple Jr va s’échiner à ne pas insuffler un zeste d’émotion, de tension ou de quoi que ce soit de sensitif durant les différentes scènes clés de ce début de métrage. Retrouvailles Rocky Balboa/Ivan Drago dans une configuration qui aurait du être un mini Heatet qui est expédié comme on abrégerait la visite d’un vieux relou. Adonis Creed passe son temps à dire qu’il ne fait pas ce combat pour Apollo. Rocky expédie la conversation avec Adonis quand il veut le mettre en garde de ne pas combattre le fils Drago avec une émotion dans la voix, en parlant de celui qui a tué son meilleur ami et qui a ruiné sa vie, proche de celle d’un neurasthénique. Adonis révèle à sa mère adoptive, femme d’Apollo et donc veuve Creed depuis Rocky 4, qu’il va combattre un Drago et a tout juste droit à une remontrance plus proche du « ben fais comme tu veux » plutôt que de la colère froide et de la douleur que devrait ressentir celle qui a perdu l’homme de sa vie sur le ring et qui aura tout fait pour que son enfant adoptif ne monte jamais sur un ring.
Peu d’émotions, pas de tension ou de montée dramatique. A un point tel, qu’on finit par se demander ce que le film veut raconter. Entre une demande en mariage maladroite qui aurait du être touchante et qui finit par une mise en scène aux fraises par être gênante et une tentative de reprise de contact de la part de Rocky avec son fils expédié. Nombreux sont les exemples de scènes qui s’accumulent, ne menant à pas grand chose et semblant être là que pour jouer les passages obligés d’un film qui n’a pas grand chose à dire…
Ou plutôt qui pense qu’il n’a pas grand chose à dire, tant la donne change au milieu du métrage. En effet, quand naissent les doutes d’Adonis et de Bianca( Tessa Thompson, impeccable de bout en bout), que deux événements, l’un sportif et l’autre plus intime, viennent ébranler jusque dans leur vie de couple, le film de Steven Caple Jrarrête les approximations et se met enfin à raconter une histoire avec une certaine conviction. La partie du rebond, tout en sensibilité, arrive enfin à faire passer de l’émotion. Un sursaut bienvenu alors que se profile l’entrainement du fils Creed puis le combat final contre le fils Drago.
Meme si le combat n’est pas en soi à la hauteur, un passage chanté et un martèlement de poings sur le ring avec la frénésie d’un hyperactif de 5 ans 1/2 n’aidant pas vraiment à se plonger entièrement dans la tension de ce qui devrait être un climax final. Mais c’est encore une fois par l’émotion ( comme depuis les tout premiers Rocky?) que viendra malgré tout le salut du film, la toute dernière scène de l’un des personnages les plus marquants du cinéma du dernier demi siècle finissant par enlever une petite larme…
Creed 2 : K.O technique ou T’as rien dans le ventre ?
Le problème de Creed 2 vient-il donc uniquement de la mise en scène et de la direction d’acteurs de Steven Caple Jr? Non mais elle n’aide vraiment pas, il est vrai. Comme il a déjà été dit, la plupart des scènes qui auraient du marquer le début du film et faire monter la tension avec le retour de Drago dans la vie des Creedet de Balboa est au mieux expédié, au pire raté, comme autant de boulets que Caple Jret sa star Michael B. Jordan voudraient se débarrasser.
Pourtant des bonnes idées ou surprises, le film n’en manque pas. Le fameux « passage du rebond », sorte de parenthèse d’un quart d’heure-vingt minutes annonçant le derniers tiers du film, qui a déjà été évoque. Ivan Drago, incarné par l’inusable Dolph Lundgren et dont le personnage acquiert en quelques scènes une profondeur insoupçonnable par rapport à ce qu’il incarnait dans Rocky 4. La bonne surprise du film alors que son retour pouvait faire peur. Des échos- assez fins- de la mort d’Apollo Creed sur le ring se retrouvent à deux moments. Tout d’abord, quand son fils Adonis est en difficulté face au fils Drago et qu’il refuse, comme son père, qu’on jette l’éponge. Enfin, quand Ivan Drago hésite à jeter l’éponge pour protéger son fils en difficulté sur le ring, effet miroir de Rocky qui, hésita, en son temps lui aussi pour protéger Apollo…
Mais malheureusement, chaque bon moment est contrebalancé par quelque chose de plus négatif, comme si Caple Jr n’avait pas bien compris ce qu’il racontait. Au retour agréable, car travaillé, d’un Ivan Drago, la mode du fan service nous met dans les pattes une Brigitte Nielsen de retour dans le rôle de Ludmila Drago, là juste pour faire une apparition clin d’œil d’une finesse J.J Abrams-ienne. Ou bien encore le combat final dont la dramaturgie entamée par la mise en scène est sublimée par les notes du thème du tout premier Rockyet donnant un regain d’émotion….pour voir le combat se terminer une poignée de secondes plus tard….
Au final, Creed 2 s’avère donc être une belle déception. Suite d’une saga dont la justification et la raison d’être pouvaient déjà interroger sur sa sincérité, elle n’aura jamais réussi à se transcender, ne sachant vraiment jamais ni d’ou elle venait ni ou elle allait. La façon dont un Rocky Balboa aura été mis en avant dans le premier Creed(au point d’en faire une sorte de Rocky 7) pour finalement le laisser de coté une grande partie du métrage et voir la relation s’achever par un bref hochement de tète et un au revoir méta-lourdingue. La façon dont Adonis aura passé son temps à dire qu’il ne combattait pas pour son père. Passé donc deux films ou on aura oscillé entre le trop et le trop peu, la saga Creed, porté dorénavant par les seules épaules de Michael B. Jordan, sera obligé d’aller de l’avant si un troisième volet devait voir le jour.
En effet, après avoir fait son Rocky 1 ( et un peu 5) avec le premier Creedet revisité Rocky 4( et un peu 3), il ne reste plus rien de la saga originelle dont on puisse s’inspirer. Alors qu’aucune note de Bill Conti ne se fait entendre tout au long du générique de fin de ce Creed 2, n’est ce pas là le symbole qu’une page s’est définitivement tournée? Tout au long des deux films qui lui sont consacré, Adonis Creed est un personnage qui n’aura jamais existé qu’en réaction, que ce soit à son père Apollo ( et son héritage), à Rocky (et son mentorat pesant), à sa femme Bianca (et ses problèmes de santé) ou bien au poids du nom qu’il s’est battu pour mériter de porter. Alors à quoi ressemblera un futur film Creed ? Gageons que l’on n’attendra pas très longtemps pour le savoir, l’étoile montante d’Hollywood, Michael B.Jordan, n’allant probablement pas se priver du rutilant « véhicule à star » sur lequel il vient de mettre la main avec la franchise Creed…
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Couverture du livre » Back to the 80’s – Generation Videoclub! » aux éditions Alain Ducasse Droits réservés Webedia
Le 11 octobre 2018, la rédaction AlloCiné a publié aux Editions Alain Ducasse, « Back to the 80’s – Génération Vidéoclub !« , lettre d’amour au cinéma des années 80 et aux années VHS à travers 100 films culte. L’occasion pour la rédaction de présenter le livre au cours d’une projection spéciale de SOS Fantômes et d’avoir en invité spéciale le doubleur Richard « The Voice » Darbois. Une soirée Madeleine de Proust toute en nostalgie.
Back to the 80’s – Génération Videoclub! :
C’est quoi un film culte?
Qu’est ce qu’un film culte? Il est vrai que ces derniers temps, le terme a été plus que galvaudé et utilisé à toutes les sauces. En se rendant à la soirée organisée au Forum des Images le 17 octobre 2018 pour la sortie de « Back to the 80’s – Génération Vidéoclub !« , le débat faisait rage entre membres de la rédaction de Pop&Shot. On peut adorer Empire du Soleil (et c’est le cas de l’auteur de ces lignes) et considérer néanmoins que le film culte de l’année 1986 est incontestablement « Top Gun« . Un film culte, c’est quelque chose allant au delà de la technique, de la performance. C’est la Madeleine de Proust, le Plaisir Coupable, c’est de ces films qui marquent et dont on se souvient des années après, le contexte et l’endroit dans lesquels on a pu les visionner. C’est celui qui a fait rêver, qui a permis de s’échapper du quotidien, celui qui a fait fantasmer. On a voulu devenir barman en regardant « Cocktail« , apprendre à danser devant » Dirty Dancing » ou bien partir à la chasse au trésor après avoir vu « Les Goonies« . Un film culte c’est un rappel indélébile à l’enfance, à l’adolescence, à la jeunesse en général. Un film culte c’est un film marqué au fer rouge dans son inconscient et qui, que l’on soit cinéphile ou non, fait partie de son inconscient. Un film qui finit par faire partie de soi. Qu’on reverra souvent ou auquel on empruntera éhontément des répliques dans la vie de tout les jours.
Back to the 80’s – Génération Videoclub! :
On a pas tout les jours 8 ans…
Richard Darbois et Yoann Sardet lors de la présentation de » Back to the 80’s – Génération Vidéoclub! » au Forum des Halles
En rentrant dans la salle 500 du Forum des Images, la nostalgie battait son plein avec des extraits de BO des films des années 80, projections sur grand écran de répliques cultes convoquant tout aussi bien Shiningque Rocky IVet un nombre impressionnant de spectateurs portant T-shirts ou casquettes Jurassic Park! Mais tout ça ce n’était rien comparé à l’émotion provoquée par l’interruption du speech de Yoann Sardet par un florilège de voix en provenance direct des décennies passées : Richard Darbois, doubleur officiel d’Harrisson Ford, Danny Glover, Patrick Swayze, Arnold Schwarzenegger, Dan Akroydou bien encore Richard Gere. Peu importe la date de naissance, à ce moment précis, l’age moyen de la Salle 500 du Forum des Images n’excédait pas les 10 ans. Indiana Jones, le Génie, Bodhi, Docteur Ian Malcolm, le Capitaine Crochet… Impossible d’être exhaustif tant la carrière de Richard Darbois est longue et tant il aura marqué toute une génération de cinéphiles en herbe. Une carrière sur laquelle Richard Darbois est revenue de bon cœur lors d’une séance de questions/réponses après la projection de « SOS Fantômes« , un film parfait pour maintenir cet état second dans lequel le spectateur aura été plongé tout au long de la soirée : celui d’un enfant de 8 ans qui regarde bouche bée la VHS qui vient de se lancer dans le magnétoscope.
Back to the 80’s – Génération Videoclub! :
Est ce que c’est bien?
Un aperçu de « Back to the 80’s – Generation Vidéoclub! » avec l’un des représentants les plus marquants de la décennie…
Si une période se prête bien aux films cultes, ce sont bien les années 80 (ainsi que les années 90 prévues pour une éventuelle suite), la consommation de films s’est démocratisée et a fait son apparition dans les salons de tout à chacun. Toute une génération a pu facilement s’ouvrir à tout un pan de la culture ciné. Avec du bon et du moins bon. De l’avouable et du moins avouable. Illustrant à merveille cette richesse, les cent films proposés dans le livre de la rédaction d’Allociné » Back to the 80’s – Génération Videoclub! » plongeront les plus anciens dans leurs souvenirs et les plus curieux à la découverte ou redécouverte d’œuvres classiques. Bénéficiant d’une très belle mise en page c’est un très bon ouvrage à avoir pour lancer des débats cinéphiliques essentiels et enflammés sur les films nommés (Superman II?!) et ceux qui ne le sont pas (Police Fédérale Los Angeles? La Folle journée de Ferris Bueller?)!
Dans le cadre de la 24ème édition de l’Étrange Festival, au Forum des Images à Paris, était projeté le second film de Panos Cosmatos, Mandy avec en tete…
Nous avons rencontré Fakear, alors que les sonorités de NEMIR commencent à raisonner sur la scène Biloba pour le dernier jour de Terres du Son.All Glows, son nouvel…
Dimanche 8 juillet 2018 marquait le dernier jour du festival Terres du Son. Au programme, une grande variété d’artistes et d’univers aussi différents que talentueux. Tout cela pour une fin de festival en pente douce ? Pas du tout! Bien au contraire, tant les artistes confirmés ( Calypso Rose, Feu! Chatterton, Fakear) mais aussi les agréables découvertes ( Vox Low, BCUC) ont pu tout donner pour que la quatorzième édition de Terres du Son se termine de la plus belle des manières! Reportage.
Un dernier jour de festival (réussi) comporte toujours un peu de tristesse : dommage que cela soit déjà fini. Mais le plein soleil estival emporte vite le vague à l’âme alors que débute cette troisième et dernière journée d’éco-festival. Et les réflexions s’envolent avec le sens de la fête insufflé par la courte prestation du Villejuif Underground! Le public du Chapit’O, comme souvent au cours de ce festival aura été enjoué et gâté par la prestation qui se jouait sous le chapiteau. Pas le temps d’avoir des regrets, au loin (enfin tout est relatif sur la Prairie) retentit le son de Némir…
Terres du Son : Calypso Rose, Némir et Vox Low emportent l’adhésion !
Image officielle de Calypso Rose @Tout droits réservés
Némirartiste hip hop? Oui mais pas que. Le public du Bilobal’aura bien compris tant la complicité entre l’artiste et les spectateurs aura pu être flagrante, et les réactions de la scène de Terres du Son particulièrement enthousiastes! Mais place au tour de la remarquable Calypso Rose. A 77 ans, la chanteuse de Calypsoa une énergie qui ferait palir bon nombre de professionnels ayant l’age d’être ses petits enfants! Avec une douceur incroyable, entre deux chansons, elle aura pu aborder tout autant le nombre incalculable de mariages de l’un de ses musiciens que du sort des domestiques de Trinidad dans les années 60 avant son titre No Madam. Mais surtout Calypso Rose a assuré un show inégalable d’énergie et d’élégance matinées d’ambiance caribéenne invitant au voyage.
Si Calypso Rose nous a fait voyager sans mal dans les Caraïbes, Vox Low aura permis lui de voyager à une époque facilement identifiable : celle de Dépêche Mode. Véritable petite pépite étiquetée post punk-cold wave, Vox Low a continué de faire danser les festivaliers et de les faire participer à cette ambiance de fête permanente qui aura animé toute cette dernière journée de Terres du Son. Entre temps, la scène Propul’Son aura elle aussi livré une nouvelle pépite avec Lehmanns Brothers, un groupe très énergique, n’hésitant pas à taquiner le public en particulier les personnes assises et dont le mélange de jazz, funk, hip-hop, house et soul aura bien fait bouger le public, nombreux, de Propul’Son.
Terres du Son : Défi relevé pour Feu! Chatterton !
Feu! Chatterton en conférence de presse – Terres du Son 2018
« Jouer notre set en festival est un véritable défi » avait pu dire plus tôt dans l’après midi l’un des membres de Feu! Chatterton. Une des curiosités de cette fin de journée, alors que le soleil commence légèrement à décliner était de voir comment le public de Terres du Son allait accueillir le groupe parisien. Loin des salles intimistes auxquels ils ont pu s’habituer ces dernières années, un public de festival allait-il être réceptif à leur univers? Le suspense n’a pas duré longtemps : Oh Ouiii! Un public enthousiaste a accueilli la prestation de Feu! Chatterton sur la scène de Biloba. La partition d’un dimanche de festival festif a donc continué de se jouer en cette fin de journée. Et la prestation du poète réunionnais Tilouna œuvré dans ce sens, sur la décidément excellente scène de Propul’Sonavec un maloya doux et touchant.
Terres du Son : BCUC et Fakear mettent tout le monde d’accord pour la fin du festival !
Les surprenants et virevoltants BCUC sur la scène du Chapit’O de Terres du Son 2018
La grosse claque de dimanche, comme toute bonne claque, on ne l’a pas vu venir. Les sud africains de BCUCse préparaient sur la scène d’un Chapit’Opratiquement désert, alors que le soleil commençait à descendre au niveau des arbres environnants. Pas de costume brillant de mille feux à la Juliette Armanet, pas d’éclairage élaboré à la Lysistrata. Étiqueté Africangungungu, le lecteur nous pardonnera d’avoir eu le sentiment de partir dans l’expectative au commencement de ce set. Monumentale erreur! En une poignée de minutes, le Chapit’Oétait comble, appâté par l’énergie déployée par les membres du groupe de Soweto et la voix puissante du chanteur Jovi. Tout le long du set, rythmes ancestraux, rock et transe se mêlent en un parfait tout qui envoûte littéralement le public du Chapit’Opendant plus d’une heure. Une véritable découverte que BCUC, en provenance d’Afrique du Sud (pas loin de devenir un pays à suivre après le coup de cœur 2016 : Jeremy Loops).
Mais il était temps du clou du spectacle. Enfin presque clou. Fakearen effet était la dernière tète d’affiche de cette quatorzième édition de Terres du Son. Sur la scène de Ginkgo, l’artiste normand (vu en interview plus tôt dans l’après-midi : #teasing) s’en est donné à cœur joie en proposant un show riche en instruments. En effet, harpe ou bien encore guitares( dont une avec laquelle Théo Le Vigoureux / Fakear a joué quelques notes) étaient au rendez vous pour appuyer le set électro de Fakear. Un set de qualité pour, proche des douze coups de minuits, lancer les derniers instants de cette dernière journée de Terres du Son…
Les Thé Vanille auront malicieusement su jouer de leur programmation. « Merci d’être là à Propul’Son et pas devant Fakear » aura lancé la chanteuse du groupe. Un groupe au dynamisme avéré et à l’énergie rock certaine. Une preuve encore que la scène Propul’Sonaura réservé d’excellentes surprises et des coups de cœur avérés tout au long de ces trois jours de Terres du Son. En fin de soirée, partagés entre les quatre scènes du festival, Préoccupations, Molécule, CTRL-Z et Meute fermaient la marche de ce quatorzième Terres du Son. Mention spéciale au premier et au dernier cité. Le premier, pour ne pas avoir démérité sous le Chapit’O malgré un public trop peu nombreux par rapport à la qualité des punks du groupe de Matt Flegel. Et enfin, le dernier pour avoir brillamment clôturé cet excellent festival avec sa fanfare techno prompte à enflammer ce milieu de nuit de juillet…
Ce Vendredi 6 Juillet marque la première journée de la quatorzième édition du festival « Terres du Son » au Domaine de Candé à Monts, Touraine. Si la France s’est…