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Julia Escudero

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Kevin Morby est, sans nul doute, le plus grand folkman de notre génération. Le musicien nous plonge album après album  dans un roadtrip à la découverte de son Amérique. Beauté et sincérité hantent autant ses compositions qu’une nostalgie qui confère à l’amour sans fin pour son histoire. Avec Little Wide Open, le musicien réussi le tour de force de captiver encore et toujours. Le dernier chapitre de sa trilogie dédiée au Midwest est une éternelle réussite. Il fallait qu’on en parle.Kevin Morby little wide open

 

Kevin Morby, à coeur ouvert

Le 15 mai, Little Wide Open s’offrait au monde. Par la même occasion, il clôturait un chapitre de la carrière de Kevin Morby. Dernier né de la trilogie que le chanteur dédiait à son Midwest natal, il venait rejoindre et apporter la dernière pierre de l’édifice ouvert avec Sundowner (2020) et qui se poursuivait avec This is a photograph (2022).  A l’origine l’album devait s’intituler I Ride Passenger. Mais en dernière instance, Morby a souhaité rendre hommage à son besoin de se confier aussi pleinement que sur la pointe des pieds. Cette sincérité à fleur de peau, cette façon de se dévoiler en quelques murmures, c’est ce qui fait la beauté des compositions de Kevin Morby, album après album. Ce nouveau jet n’échappe pas à la règle et va donner à ses compositions toute la grandeur des espaces qu’il raconte. Le chanteur souhaite alors nous plonger dans l’immensité d’un désert sous un ciel d’une infinie clarté. L’image est forte, puissante et reflète parfaitement la luminosité de ce spectaculaire album. C’est le tour de force constant de notre musicien, créer de la beauté, des morceaux doux parfois emprunts de nostalgie et pourtant peuplés d’une lumière éblouissante. Le ton est d’ailleurs donné dès le premier titre de l’opus « Badlands ». Les mots s’y posent pour raconter des instants, leur précision, la façon dont le texte y est appuyé, a la force d’un Polaroïd, aussi visuel que les photographies que racontaient son précédent projet.

Rendre à l’Amérique sa véritable grandeur

kevin morbyL’Amérique a perdu de sa superbe. Les mandats de Trump, leur président actuel, faisant plonger son image luxuriante en celle d’un territoire fermé par l’étroitesse des esprits qui l’habitent. Qui pouvait mieux en refaire un paradis visuel, conter ses étendues comme autant de beautés que Kevin Morby lui-même ? Pour réussir son pari, il allait falloir bien s’entourer. C’est ainsi que le musicien choisit Aaron Dessner à la production. Le fondateur de The National et lui avaient partagé une scène en juillet 2024. Mais c’est surtout sa précision pop qui fait mouche pour Morby. L’alliance des deux hommes permet de s’extraire ainsi d’un album folk commun pour magnifier les arrangement, leur donner de la grandeur et ainsi créer un opus particulièrement accessible. La patte si efficace de The National se dessine alors, en arrière fond, comme un rayon de soleil qui vient contaminer l’album et lui donner une propreté léchée. Pour autant le sable, l’authenticité du désert, les bottes de cow-boy et cette image hollywoodienne d’une Amérique fantasmée vient se greffer à ce récit minutieux. Attention néanmoins, Morby est loin d’être candide. Sa terre du Midwest, il la connait. A ses yeux, sa beauté fait écho à sa laideur. La politique actuelle s’immisce partout, y compris dans la musique de notre folkman. Le paradis touche aussi à l’enfer. La dualité règne autant que le mythe.

Ecrire son récit comme un rêve

kevin morbyLe titre éponyme nous prévient. « Sometimes the myth grows bigger than the dream ». Kevin Morby raconte sa vie comme un rêve éveillé, il transcende son récit, continuellement. Si l’écrit va constamment en ce sens, la puissance mélodique fait de même. Les instruments s’emballent, les montées en puissance peuplent un opus qui n’a jamais de cesse de faire frissonner. Le chanteur y offre une nouvelle approche du temps. Il ne court plus après son passé comme ce fut le cas sur This is a photograph. Alors que le temps du bilan propre au début de la trentaine est passé, l’approche de la quarantaine vient l’encrer dans le présent. La course se termine. Aujourd’hui installé à Los Angeles, le musicien y accepte ses origines, compose avec des instruments propres à la folk, sa voix conte un récit continuellement apaisé. Alors certes, le renouveau n’est pas pour aujourd’hui. Cet album s’encre dans la continuité de ce que le chanteur a toujours apporté en matière de mélodies. Pour autant, la pureté qui le compose vient l’assoir comme une évidence. l’optimisme y est omniprésent. C’est le cas sur Junebug en seconde partie de galette qui célèbre autant la vie en tournée que le retour à la maison. Comme souvent, Morby s’y donne la réplique, il s’y répond. Les choeurs s’ajoutent à l’album, Little Wide Open,  en est un exemple, Javelin également, mais toujours avec une telle douceur qu’ils s’encrent naturellement dans une structure qui connait parfaitement son cheminement. Ce périple à coeur ouvert, nourrit par la grandeur se poursuit jusqu’à son final sur Field Guide for the butterflies. L’occasion de rappeler la fragilité de la vie et qu’il faut savoir prendre des risques. Que ceux-ci permettent d’avancer ou qu’il signent la fin de l’aventure. Celle que raconte Kevin Morby, album après album, a toujours la saveur de l’infini. Cette dernière photographie apaisée d’un vécu permet à son créateur de ne plus jamais vieillir. Pour en faire de même, reste à prêter une oreille, comme un.e confident.e à cette nouvelle merveille. Ses titres, tels des tournesols, vous permettront de toujours trouver le soleil.


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Make television great again ! Après 4 saisons délurées, blindées de tripes, de boyaux et d’analyses de la société passées au vitriole voilà que The Boys va tirer sa révérence en mai sur Amazon Prime. Une nouvelle saison aussi attendue que scrutée qui fait autant anticiper que redouter le final. Mais surtout un dernier énorme doigt d’honneur adressé à Trump et son gouvernement.

the boys amazon primeAlors cette saison 5 ?  the boys

Le créateur de la série Erik Kripke confiait dès le lancement de sa saison finale, redouter un effet Game of Thrones. Un dernier épisode qui viendrait retourner les cartes et la faire passer pour une mauvaise série aux yeux de toute.s. Parce qu’un seul épisode pourrait bien redéfinir des années des travail s’il venait à ne pas être à la hauteur des attentes. Et comme elles sont élevées pour une série aussi novatrice et grandiose que The Boys ! Originellement issue du comics de Garth Ennis et Darick Robertson, le show n’avait reculé devant rien pour faire passer ses messages tout en délivrant un moment jouissif et jusqu’au-boutiste. Dans les faits, le lancement de la saison ne dénote pas tant avec la qualité du spectacle offert jusqu’ici. Sans sembler à bout de souffle, la série continue de chercher son lot de sensationnel et à jouer avec les codes du gore pour amuser la galerie. Explosions humaines et autres meurtres sanguinaires sont toujours omniprésents au point même de devenir un élément de décors oubliable. Pour autant, c’est surtout le sort de nos boys qui vient à nous tenir en haleine. Ça et la dérive d’Homelander. L’anti-héro, inspiré par Superman et brillamment interprété par Anthony Starr continue sa folle dérive cette fois-ci armé des pleins pouvoir. Le glissement de terrain est aussi phénoménal que le laissait entendre les précédentes saisons. Des camps de redressements ont été créés, baptisés camps de la liberté. Tous celles et ceux qui viennent à dire du mal d’Homelander y sont enfermé.es. Le cyber-terrorisme, c’est aussi du terrorisme, explique-t-il. Au milieu de la grandeur de son jeu d’acteur, rares sont ceux qui dénotent. Deep ( Chace Crawford ) garde son effet comique et détestable, sa bêtise en faisant un running gag facile et laissant le public lui souhaiter une mort longue et douloureuse. Sage est de loin le personnage le plus raté de ces deux dernières saisons. L’idée qu’elle inspire pourrait être grandiose mais le résultat est absent jusqu’à preuve du contraire. La personne la plus intelligente du Monde ne fait rien de si intelligent. A part avoir expliqué sans expliquer être à la tête d’un super plan diabolique en fin de saison passée. Ses nouvelles motivations quant à elles manquent d’un trait de génie. Pour ce qui est des boys, Frenchie (Tomer Kapon) garde sa touche attachante qui en faisait un fan favorite. Frenchie, le personnage, puisque l’acteur, ancien militaire israélien lui, a attisé toutes les colères en ces horribles temps de guerre. Sans taire cet aspect politique, puisque de politique nous parlerons plus tard, concentrons-nous déjà sur le déroulé de l’histoire. La relation de Frenchie et Kimiko (Kren Fukuhara) s’est transformé en histoire d’amour. Une liberté prise avec les comics qui déjà n’avait jamais nommés « la fille » et qui décrivaient une relation amical et platonique. Voilà qui suffisait largement, toutes les formes d’amour n’ont pas nécessité à devenir une romance. Maintenant Kimiko a de plus retrouvé la parole, et pourquoi pas finalement, même si elle n’en avait pas besoin que tout son caractère soit foutrement bien écrit. Frenchie, de son côté revient à une relation hétérosexuelle. La relation uniquement puisque le personnage avait été dépeint comme bisexuel dans la saison précédente au grand damne des bigots, toujours outrés de voir des représentations diverses à l’écran. Dans un show pourtant clair sur ses couleurs politiques et ses options. De son côté, Butcher (incroyale Karl Uban), qui ne cherche surtout pas sa rédemption, poursuit son chemin vers la vengeance. Hughie (Jake Quaid) et Annie (Erin Moriarty) restent fidèles à eux même et sont même un brin en retrait en terme de puissance narrative. Tout comme Mother’s Milk ( Laz Alanzo) qui suit le rythme si ce n’est pour balancer quelques vérités tranchantes à ses acolytes.  Ce petit cocktail explosif permet de poursuivre l’histoire, sans jamais avoir ce sentiment d’une fin prochaine. Tout défile presque comme une saison classique. A cela près que le totalitarisme est bien là.

Make television great again ! tHE BOYS

the boys
Tomer Capone (Frenchie), Karen Fukuhara (Kimiko), Karl Urban (Billy Butcher), Erin Moriarty (Annie January aka Starlight), Jack Quaid (Hughie Campbell)

Au milieu d’une intrigue aujourd’hui rodée, c’est bien le parallèle avec l’administration Trump qui rend le show si addictif. Les premières images ne trompent pas. Des bottes qui tapent le sol, symbole évident du fascisme et l’Allemagne nazie donnent le ton. Un sosie de Charlie Kirk fait son apparition à l’écran, rappel qu’il était un grand défenseur de l’administration Trump et tâcle aux polémiques qui ont suivis son assassinat. Si les saisons précédentes avaient pu, on ne sait comment laisser planer le doute sur les motivations politiques de nos showrunners, les choses sont dites cette fois-ci. Pourtant alors qu’Homelander en plein ego trip vient incarner tous les traits toxiques et risques de dérives du président américain, ce dernier surprend toujours dans la vraie vie. C’est le complexe South Park qui avait renoncé au premier mandat à le caricaturer tant il semblait impossible de faire pire que le bonhomme. Ainsi quand Homelander décide de se prendre littéralement pour Dieu, Trump dans la vraie vie publie une image IA de lui-même devenu Jesus guérisseur. Voilà comment l’absurde et la dystopie devienent réalité en tout instant. On serait tentés de jouer à qui à dit ça Trump ou Homelander ? Lors d’une nouvelle tentative de tir sur le président il expliquait d’ailleurs que c’est uniquemet parce qu’il devait être quelqu’un d’important qui fait de grandes choses. Sa mauvaise foi peuple nos récits, nos informations. Celui qui déclarait sur -anciennement- Twitter « I won, by far » lors de sa défaite aux précédentes présidentiels est ici clairement dépeint.

the boys saison 5Homelander s’interroge après avoir tué l’un de ses anciens amis et explique ne pas comprendre pourquoi il est toujours abandonné par tout le monde. Pire il s’interroge quand à l’absence à ses côtés de celui qu’il a tué. Derrière ce masque, celui d’un bébé capricieux qui boit du lait maternelle, le visage claire, limpide, du pire des tirants. Plus qu’une simple caricature, qu’un mouvement clair vers le président, The Boys est une mise en garde. A chaque action néfaste d’Homelander, son équipe de com s’empresse d’expliquer que c’est un coup des Starlighters, évidente représentation de la résistance ou plus largement de celles et ceux qui défendent les démocrates. Tout y passe, l’utilisation grossière de la religion, détourné en chaque instant le fanatisme chrétien pour servir les causes les plus abjectes, via le personnage d’Oh Father. Le prêcheur convainc par ses super-pouvoirs et jamais par la raison. Un fléau bien existant aux Etats-Unis qui tronque des préceptes et utilise la religion pour rejeter en masse les minorités, les avancés sociales. Parfois certain.es inventent les textes sacrés, d’autres appliquent à la lettre des mots écrits il y a trop longtemps pour qu’ils ne résonnent aujourd’hui à la lettre. Quelques blagues viennent à souligner le caractère dystopique du show. Ainsi Chappell Roan aurait été elle-même enfermée dans un camp « de la liberté ». Le président totalitaire ou plutôt Homelander qui dicte au président chaque action n’accepte aucune contradiction, aucune erreur, violente tout le monde, son fils inclus. Le violeur explique être innocent, que sa victime était consentante et là encore la réplique résonne douloureusement dans notre réalité. Mais rien n’éteint le culte qui lui est voué à coup de propagande, de fake news et d’utilisation des réseaux sociaux. Il faudra dans notre réalité se méfier des faux prêcheurs, sourcer réellement et croiser les informations que l’on entend. Surtout, alors que Trump s’enrichie sur les dos de ses guerres, lui et ses proches, il faudra toujours en parler. On ne tait pas les actes, les évidences. L’art, comme les séries télévisées, est un excellent moyen d’éveiller les consciences. The Boys terminé, on espère que d’autres sauront prendre le relais pour rappeler pourquoi il faut toujours dénoncer, alerter et agir pour éviter aux Homelanders de notre monde de prendre les pleins pouvoirs. Et pour ça, pas besoin de véritables super-pouvoirs, l’argent et les capacités oratoires (même minimes) suffisent amplement. 

Et la suite  de The Boys ?

the boys soldier boyLa célèbre série tirera sa révérence le 20 mai sur Amazon Prime. La veille quelques chanceux.ses pourront assister à une séance en avant-première du dernier épisode. Gen V, de son côté s’arrêtera au bout de deux saisons. Les personnages qui ont été créés devraient trouver leurs conclusions dans les derniers épisodes de The Boys. Côté narration, rien n’est certain. Les comics s’achèvent sur un véritable bain de sang des protagonistes. Mais de grands libertés ont déjà été prises par la série. Enfin, un spin off Vought Rising est déjà prévu et nous permettra entre autre de suivre les débuts de Vought et d’en apprendre plus sur Soldier Boy (Jensen Ackles), personnage déjà présent dans le show aux répliques cinglantes. Ce représentant d’une Amérique mascu, beauf et dopée aux hormones retrouvera à ses côtés Stormfront. Tout un programme pour début 2027.


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Brigitte Calls Me Baby signe un masterclass avec son nouvel album

Brigitte Calls Me Baby - La Trabendo Paris 2026 - Crédit photo : Louis Comar
Brigitte Calls Me Baby – La Trabendo Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar

Les originaires de Chicago, Brigitte Calls me Baby ont beaucoup des cordes à leurs arcs ! Après un premier opus,  « The Future is our way out », acclamé par la critique, voilà que les prolifiques compères débarquent à nouveau dans les bacs le 13 mars 2026 avec un inspiré nouveau jet. Intitulé « Irreversible » l’album transpire un romantisme affirmé. Mais pas seulement. Impossible de ne pas sentir titre après titre l’influence majeure de The Smiths sur notre formation. Au cours de ses treize morceaux, Wes Leavins, le meneur, va pousser la voix au point de faire rougir d’envie Morrissey lui-même. Loin pourtant d’être un groupe qui imite, le quatuor modernise le tout. On pense à Fontaines D.C boostés au soleil. Le rendu est dansant, efficace et biberonné aux histoires d’amour. D’ailleurs, le titre « Danced With Another Love in My Dream », deuxième single de l’opus vient à parler avec poésie de l’infidélité. Avertie, la formation sait en plus bien s’entourer. Ce n’est pas une coincidence si on retrouve à la production Yveset Lawrence Rothman (Yves Tumor, Blondshell). Une pépite sur laquelle il faudra compter pour faire partie du paysage rock actuel.

Brigitte Calls Me Baby a enchainé les énormes premières parties brigitte calls me baby

Bien que la formation se soit largement lancée dans des tournées solos, elle a ouvert pour toute la scène rock la plus importante du moment. La liste des noms qui les ont invités sur scène est aussi impressionnante que logique. On retrouve parmi elle Fontaines D.C, The Strokes et Morrissey lui-même (quelle récompense pour ces amoureux des Smiths).  Il faut aussi savoir que  leur premier concert en 2022 se faisait en première partie d’Inhaler ! Et ce avant même la sortie de leur premier album. Un superbe début ! Plus tard, c’est Muse qui leur propose de chauffer la salle pour eux. Et en 2026, le groupe jouera aux côtés de The Vaccines pour sa tournée au UK. Un entourage qui ne peut que leur promettre le meilleur pour la suite.

C’est grâce à Elvis Presley que le groupe s’est formé !

brigitte calls me baby

Brigitte Calls Me Baby - La Trabendo Paris 2026 - Crédit photo : Louis Comar
Brigitte Calls Me Baby – La Trabendo Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar

Wes Leavins, le chanteur du groupe est originaire de Port Arthur au Texas. Il emménage à Chicago en 2016 pour jouer Elvis Presley dans la comédie musicale  Million Dollar Quartet. En parallèle, il recherche des musiciens pour former un groupe. Il forme d’abord le groupe The Juvenescent avec des artistes qui finiront à ses côtés dans Brigitte Calls Me Baby. Il se fait aussi repéré par Baz Luhrmann, admiratif après avoir assisté à une représentation de la comédie musicale. Ce dernier lui demande de prendre part à son biopic sur Elvis qui verra le jour en 2022. D’abord pré-senti pour interpréter le King à l’écran, il finit par aidé à l’enregistrement des guitares acoustiques du film en pré-production.

Wes Leavins voue un culte aux références européennes

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Brigitte Calls Me Baby - La Trabendo Paris 2026 - Crédit photo : Louis Comar
Brigitte Calls Me Baby – La Trabendo Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar

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Wes Leavins est originaire de la même ville que Janis Joplin, qu’il décrit lui-même en interview avec Telerama comme un « cul-de-sac urbain qu’on ne songe qu’à fuir ». Pour autant, le chanteur de la formation, rêve d’ailleurs. Il s’enfuit pour Chicago et n’oublie rien des icônes qui lui ont permis de tromper l’ennui lorsqu’il était adolescent. En tête de liste Brigitte Bardot dont il admire le cinéma mais aussi Henri-Georges Clouzot dont le film « La Vérité » le fascine. Après ses débuts dans le rôle d’Elvis, il n’a en tête que de suivre le parcours des plus grands musiciens anglais Morrissey donc, pour qui il ouvrira plus tard mais aussi David Bowie. Ce sont aussi ces références qui permettent à la formation d’offrir au vieux rock un véritable retour et de chanter ses obsessions. Amour, sexe, mort et peur de ne pas être à la hauteur peuplent les textes fiévreux de ce groupe qui conjugue le passé au présent.

Brigitte Calls Me Baby est un must seen en live

rigitte calls me baby

De passage à Paris pour une date en tête d’affiche au Trabendo le 31 mars 2026, le groupe a captivé son public. C’est une configuration simple, sans fioriture qui a permis au quatuor de se produire face à une salle comble. Au programme pas de grosse mise en scène, pas d’artifices. Simplement la musique et un jeu de scène sensuel et sincère. Au cours de cette très belle prestation d’un peu plus d’une heure, la formation a enchaîné les titres issus de ses deux albums studios. Mais surtout, elle a su nous faire basculé dans une autre époque. Avec le charme d’un James Dean modernisé, le chanteur à fleur de peau a chanté ses maux, donnant un corps puissant à ses compositions. L’envie de danser la disputait au besoin de ne pas en perdre une miette. L’âme de Morrissey  mais aussi l’élégance des crooners se sont ainsi vues ressuscitées. Avec son timbre obsédant et perché, le chanteur a su user d’une machine à remonter le temps promettant ainsi d’assurer la relève de l’ancien Monde. Point le temps de papoter, si ce n’est à l’aide de quelques mots en français adressés à l’audience et nous voilà déjà à la fin d’un set qui a redonné à la new wave ses lettres de noblesse. « Love Me Tender »serait-on tenté de susurrer au plus romantique des groupes de rock du moment.


 

the smiths

The Smiths, The Queen is dead : plongée royale au cœur de l’album culte !

A l’origine de l’indie, à l’origine même de Fontaines D.C et de toute la vague…

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Fontaines D.C. : « Le rock est devenu un privilège » (Interview)

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Miles Kane : Date night of your life (la Cigale de Paris le 19/02/2024)

Il fait aussi chaud à l’intérieur de la Cigale de Paris qu’il fait froid dehors…

 

album du mois

Haute & Freddy : carnaval haute couture album du mois

Haute & Freddy alum du moisFans de Chappell Roan, de pop parfaitement orchestrée et de mélodies théâtralisées, retenez ce nom ! Haute & Freddy vit ce moment charnière, ces quelques prémices avant de devenir les géant.es que tout le monde suivra. Le duo originaire de Los Angeles publiait ce 13 mars son premier album intitulé « Big Disgrace ».  D’abord repéré.es sur Tiktok, les voilà qui prennent d’assaut la planète musique et s’offrent deux passages parisiens au Zèbre de Belleville les 18 et 19 mai.  Les voilà d’ailleurs adoubé.es par la Queen suprême :  Lady Gaga. Alors qu’elle célébrait ses 40 ans, la Mother Monster avait en effet sélectionné 3 artistes qui allaient emplir son anniversaire de musique. Sans grande surprise Haute & Freddy faisait partie de ce top aux côtés de Raye et Robyn.  Il faut dire que notre duo sait parfaitement mener son esthétique pour créer un album sans faute. Au programme une voix féminine affirmée et puissante mise au service de tonalités 80’s savamment travaillées. Une esthétique cabaret, grandiloquente et énergisante vient s’ajouter à la formule magique. Acrobates et cracheurs de feu n’ont qu’à bien se tenir : les 13 titres qui composent l’opus vous feront voltiger dans les airs et voir des étincelles. On entre pleinement dans le carnavale dès l’ouverture sur « Symphony for a Queen ». Une sorte d’avertissement tant l’album a tout de la royauté ! Pour parfaire la formule magique, ajoutez quelques tournures à la superbe d’un Drag show et voilà une formation qui fera tourner les têtes. On virevolte sur « Freaks » avant que « Dance the pain away » ne crée la fusion parfaite entre pop, r’n’b et électro. Il faut dire que l’alliance du producteur et multi-instrumentiste Freddy et de l’intrépide Haute à la voix et ses phrasées à la Lady Gaga fait immédiatement mouche. Inimitable, puissant et calibré, ne manquez pas le décollage haute couture de la révélation pop de l’année.

Anna Calvi se métamorphose avec un casting 5 étoiles album du mois

anna calvvi album du mois
crédit : Scarlett Carlos Clark

L’excellence ou rien. Anna Calvi nous avait habitué.es à toujours placer la barre très haut. La musicienne anglaise peuple ce début d’année de ses actualités musicales rendant l’addiction d’autant plus palpable. Le 6 mars, elle s’ajoutait aux crédits de la compilation Help (2) publiée aux profits de l’association War Child sur un titre aux côtés d’Ellie Rowsell (Wolf Alice), Nilüfer Yanya et Dove Ellis. Il n’aura fallu attendre que deux petites semaines pour la retrouver cette fois-ci avec un nouvel EP, Is This All There Is?,  prémisse d’une trilogie qui explorera le thème de la métamorphose et des changements que provoquent l’expérience amoureuse. Sur ces quatre nouveaux titres, Anna Calvi sublime le rock et tord les textures. Pour se faire, elle invite sur chaque morceau ce que la musique a de meilleur aujourd’hui. Ainsi God’s Lonely Man en ouverture compte sur l’immense Iggy Pop qui vient jouer de rythmiques inclassables qu’on connaît à  l’iguane. La suite est toute aussi époustouflante ! Aux côtés de l’excellent Perfume Genius, sur « I see a darkness », la voilà qui fouille les fonds sinueux de mélodies graves. Envoutant,  le titre laisse derrière lui ses effluves  entêtantes. Computer Love fait intervenir Laurie Anderson pour réinventer le célèbre titre de Kraftwerk  Voilà qui colle avec la thématique de l’opus, se ré-inventer et se découvrir enfin parfaitement éveillé.e. Au milieu de ses questionnements, la musicienne conclut son essai à la perfection avec Is This all there is ? aux côtés de Matt Berniner, la voix la plus apaisante du moment que l’on connait en tant que frontman de The National. Si l’EP donne envie de vite découvrir ses suites, il fascine aussi par sa capacité à  épouser l’univers de ses guests tout en laissant pleinement vivre celui d’Anna Calvi. Des rencontres qui transforment comme la rencontre l’amour mais sans jamais se perdre de vue.

Zach Bryan : paradis country album du mois

zach bryan alum du moisC’est en se racontant que Zach Bryan ouvre son nouvel album, nous transportant de ses souvenirs entre New-York, l’Oklahoma et les feux d’artifices du 4 juillet. Pas une note ne vient interférer dans son récit avant que le cri strident de l’harmonica n’introduise son second titre « Runny Eggs ». Sa voix douce, grave et apaisante vient alors nous conter quelques merveilles autour d’un feu de camp. C’est le 9 janvier que le compositeur folk nous offrait sa nouvelle balade : With Heaven On Top. En France, si son nom est encore confidentiel, à tord, aux Etats-Unis, il se plaçait directement au top 1 du Billoard 200 avec ce sixième jet et peut se targuer d’avoir déjà été nommé 4 fois aux Grammys. Il est pourtant difficile de raconter sa musique à travers des chiffres et récompenses. Dénuée d’artifice, bien que dotée d’une production impeccable, les balades de ce très joli moment respirent la sincérité. D’autant que Zach Bryan nous emporte avec un lui dans un road trip peuplé d’images, de verdures et d’introspections. La route est belle et on y prend notre temps puisque l’opus est composé de 25 titres menant à With Heaven on Top. Un petit goût de paradis ? A ne pas s’y tromper puisque le songwritter officie en utilisant des morceaux accessibles et calibrés tout en y ajoutant une patte connue. De ces récits qui évoquent une Amérique profonde romancée, celle qui faisait encore rêver quelques année plus tôt. La folk c’est un répertoire populaire qui se transmet sans jamais que l’on en connaisse l’origine. Celle de Zach Bryan a cette chaleur du terrain connu et ce plaisir de la création originale qui va immédiatement se nicher dans nos coeurs. Pas étonnant donc de voir à son compteur passé des collaborations avec nos trésors internationaux de Bruce Springsteen à Kings of Leon ou encore Bon Iver. L’ancien membre de la Navy, fils de militaire a depuis longtemps pris le large de sa chaîne Youtube qui l’a fait connaître. Venez prendre une belle dose de country, il est bon de voir du pays à ses côtés.

Perfume Genius : notes de coeur album du mois

Perfume genius album du moi
credit Cody Critcheloe

Session de rattrapage pour Perfume Genius. Si vous aviez raté son album chef d’oeuvre, Glory, paru en 2025, le voilà de retour avec avec une version digitale deluxe agrémentée de 4 titres supplémentaires. Sur ses nouvelles effluves, on prend une grande bouffée émotionnelle sur le titre « Undercurrent (Clean Heart) », une mélodie à fleur de peau, savamment écrite. Cet album, Mike Hadreas, de son vrai nom, raconte l’avoir entièrement écrit en piano-voix, un processus qu’il n’avait pas utilisé depuis ses débuts. Depuis son premier opus « Learning » paru en 2010, le musicien a su s’attirer l’éloge des critiques du New-York Time à Pitchfork. C’est aussi la sincérité à fleur de peau qui peuple les notes sucrées de ses compositions. En tête : un franc parler qui transcende les ressentis, il se raconte aux côtés de son petit-ami Alan Wyffels qui officie au second clavier de Perfume Genius. Toujours emprunt de ses obsessions, il y examine le corps, la sexualité, la décadence, l’amour mais aussi les blessures. Glory est une merveille de composition. Ses notes de fond, celles qui sont les fondations même d’une flagrance, il les doit aussi à la présence de son groupe. Cette fois-ci, il leur a laissé la place d’enrichir les arrangements pour créer un travail collaboratif et vulnérable. Le résultat final, époustouflant valait bien qu’on profite de quelques nouveaux morceaux histoire de garder en tête son incroyable parfum. A écouter, en boucles.

Mitski ouvre les portes de sa maison album du mois

Mitski - nothing's about to happen to me album du moisDepuis la publication de « Puberty 2 » en 2016 sur le label Dead Ocean, les portes de l’infini s’ouvrent sur Mitski. Dire que son « Nothing’s about to happen to me » était attendu serait un euphémisme. La musicienne americano-japonaise n’a de cesse de tordre les codes, d’introduire de l’art dans son indie rock, d’y apporter une légère touche de pop, d’emprunter au rock alternatif.  Ce 27 février, était pour elle une nouvelle occasion de se livrer pleinement. Abandon de soi et lucidité peuplaient donc le morceau « I’ll change for you » révélé en amont de se sortie. Mais cet opus, c’est aussi l’occasion pour la musicienne de faire découvrir ses émotions à fleur de peau comme on explorerait une demeure. Celle de son chat ?  C’est le cas à en croire le titre « That White Cat » mais aussi la pochette de son album. Concrètement, celui-ci ne cherche pas à casser les codes de l’univers que la musicienne avait déjà établi. Au contraire, elle y précise sa créativité et y offre la continuité de son travail. A pas de velours, trottinant sur ses coussinets avec un rythme en demie-teinte, Mitski s’éloigne des machines diablement efficaces et énergiques qu’elle avait composées pour  « Be the Cowboy » à l’image du culte « Nobody ». Ici le rock se fait abrasif et profite d’arrangements orchestraux enregistrés à Los Angeles.  L’art ou plutôt les arts viennent dominer un récit parfois hanté, toujours sincère. Elle sera en concert en France le 5 mai au Zénith de Paris.


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