We Love Green 2026 – Jour 2 – Theodora – Crédit photo : Louis Comar
Les titres, nous avons coutume de les choisir. Mais pas avec Theodora, on ne discute pas avec la boss, on lui obéit lorsqu’elle donne ses consignes. Alors, tout naturellement, lorsqu’elle donne en début de set sa nouvelle définition de la soirée rappelant que ce soir c’est We Love Boss Lady, on l’écoute et renomme tout, nos articles et fichiers à l’unisson de cette revendication. D’autant plus qu’elle est hautement pertinente. Passée de la petite scène du festival à la Main Stage ( la scène de la prairie) en seulement un an, la chanteuse a relevé tous les défis. Le devant de scène est plein à craquer. D’un public varié, aussi fasciné par la boss que venu s’amuser.
We Love Green 2026 – Jour 2 – Theodora – Crédit photo : Louis Comar
Theodora : la queen de We Love Green
Theodora s’offre un immense décors, aussi fou que ses compositions et son personnage. Sublime dans sa tenue qui pourrait bien faire penser à une Poison Ivy, elle s’impose. Son aura envahi le festival. La boss veut faire le show et elle le fait parfaitement. Lorsqu’elle lance les festivités sur « 243 KMH » tout le monde chante. Chaque mot. Sans exception. Voilà qui sera vrai sur la totalité d’un concert survolté et peuplé de quelques feats : Meryl, Disiz et D-Juno viennent ainsi se greffer à une grande fête populaire.
We Love Green 2026 – Jour 2 – Theodora – Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 2 – Theodora – Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 2 – Theodora – Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 2 – Theodora – Crédit photo : Louis Comar
Si « Big boss lady » est interprété tel un hymne en deuxième position de sa set-list, « KONGOLESE » lui permet plus tard de rappeler qu’elle est aussi « Une congolaise née ici ». Ses racines, sa défense des femmes dans chaque gestes et propos peuplent un univers festif, immense et puissant. Fait rare en concert, lorsqu’elle décide de traverser la foule elle indique qu’une chose est certaine : « On va pas se toucher ». Elle traverse alors tout le public pour chanter avec ses fans sans que personne ne la touche. Theodora, on la respecte, elle décide, on dit oui. Et surtout, elle a raison, Billie Eillish elle-même le racontait, les chanteuses peuvent subir les gestes déplacés dans le public. Au milieu de gros artifices, les morceaux défilent à toute allure. On danse autant sur « Des mythos » que « Go » ou « Spa ». D’autant que les chorégraphies de ses danseurs et les siennes sont calibrées à la perfections. Impressionnantes, festives, elles semblent aussi spontanées que travaillées. L’univers de Theodora, son immense succès, sont autant de bouffées d’air frais dans un paysage qui ne demande qu’à se renouveler. La clé de son succès tient surement autant à une personnalité puissante qu’en des écritures de titres simples, hyper accessibles et qui viennent percuter le plus grand nombre. L’enchainement final de son concert d’une heure et quart sur « ZOU BISOUS », « Miss Kitoko » et « Fashion Designa » fonctionne divinement. La chanteuse en profite par ailleurs pour présenter et remercier l’immense équipe qui l’accompagne. Alors que cette grande fête continuera de chauffer longtemps les coeurs de celles et ceux qui y étaient, on te fait revivre en photos ce moment survolté et on t’envoie quelques ZOU BISOUS.
We Love Green 2026 – Jour 2 – Theodora – Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 2 – Theodora – Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 2 – Theodora – Crédit photo : Louis Comar
Il était une fois Hayley Williams. La meneuse de Paramore offrait au monde sa vision du rock depuis 2004. Une vision jamais trahie, qui a toujours su se…
Toutes les belles choses ont une fin. Cette édition 2026 de We Love Green s’achevait ce dimanche 7 juin par le concert extra-large de The XX. Des retrouvailles…
We Love Green 2026 – Jour 1 – Gorillaz – Crédit photo : Louis Comar
Et voilà, le coup d’envoi de l’édition 2026 de We Lovre Green a enfin eu lieu ce 6 juin. Côté météo, le festival bien souvent impacté par des litres de pluie aura vu sa première journée se dérouler sans qu’une seule goute ne vienne la perturber. Bonne nouvelle, plutôt que de mouiller nos têtes, on préférait mouiller nos joues, avec des larmes de joie et d’émotions en découvrant en live Gorillaz, venu livrer sur scène son magnifique dernier album The Mountain. D’aucun.e dirait qu’il serait le meilleur album de l’année, vous pouvez donc m’appelez d’aucune. Pour le reste de la programmation, Little Simz, Dijon, Yoa ou encore Feu ! Chatterton s’ajoutaient à la programmation. On vous emmène gravir la montagne.
Gorillaz nous plonge dans son été indien we love green
We Love Green 2026 – Jour 1 – Gorillaz – Crédit photo : Louis Comar
Si quelqu’un pouvait bien créer le parfait album de deuil, sans jamais entrer dans la facilité, c’était Damon Albarn. The Mountain, c’est l’épopée indienne du meneur de la formation qui fait suite au décès de son père. Une façon de dire au revoir tout en s’appropriant un voyage musical dans un pays qui ritualise le décès de façon entièrement différente de celle de nos habitudes occidentales. Albarn y était lorsque ce drame lui est tombé dessus, il choisit d’en faire un album grandiose et de convoquer la modernité évidente du mélange des genres. La folk indienne vient donc rencontrer le rock de la troupe en un opus qui se permet tout parce qu’il peut tout faire. Restait à découvrir ce que donneraient pareilles prouesses en live. L’avantage lorsque l’on a à faire à d’immenses génies c’est qu’on peut être certain.es que tout se passera toujours au mieux. Ainsi, Albarn, en treillis militaire à la mode indienne débarque accompagné autant de ses compères que d’une immense troupe pour l’accompagner. Des Musiciens qui viennent jouer des instruments que l’on écoute en bordure du Gange, des choristes mais aussi des invité.es spéciaux se relaient sur scène.
We Love Green 2026 – Jour 1 – Gorillaz – Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 1 – Gorillaz – Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 1 – Gorillaz – Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 1 – Gorillaz – Crédit photo : Louis Comar
Après avoir pris le temps de poser ses bases en jouant dans son intégralité l’intro de The Mountain, le spectacle se lance en grandes pompes. Tournée des festivals ou pas, le groupe ne vient pas proposer un best off de sa carrière et son dernier né domine largement la set-list. Les jeux d’écrans divins plongent l’audience dans l’univers si particulier du groupe. Le meneur en forme, déverse ses mots dans un micro à forts effets qui ressemble bien plus à un transmetteur radio. Le passage indien des Beatles était fort d’expériences hallucinogènes et de parcours tracés d’amour. Ici notre été indien, bien qu’un peu froid s’ouvre sur une explosion sensorielle. Loin de l’enchaînement de gros singles, on assiste à la mise en place d’immenses instruments, qui se croisent pour mieux se donner du sens. Albarn en chef militaire s’offre un saut dans la foule et rassemble parfaitement ses troupes. Meneur control freak, il sait aussi déléguer. On sait que Gorillaz aime à multiplier les feats sur albums, c’est aussi vrai en live. Kara Jackson, Bootie Brown, Omar Souleyman viennent ainsi se joindre à cette immense cérémonie. Fatoumata Diawara, sublime invitée se mêle à la fête et offre en exclusivité le titre « Désolé » , hymne puissant et pertinent. Les gros succès ne manquent pas à l’appel. Ainsi, les trois albums cultes du groupe : Demon Days, Plastic Beach et Gorillaz s’offrent tous trois, 3 morceaux sur un set d’une heure et demie. « Fell Good Inc. » fera son apparition en fin de course, et accentuera ses tournures hip hop grâce à l’intervention de Posdnuos. De son côté, « Clint Eastwood » conclue les festivités transformé avec génie par la présence d’instruments traditionnels indiens, comme pour personnifier la rencontre de deux époques. Mais lorsque le deuil pointe le bout de son nez, il est évident que le passé et le présent se confondent toujours. Il faut laisser exister le souvenir, troublé par une nouvelle réalité. Le plaisir de voir la foule compacte, immense, chanter sur ces titres tient pourtant peu la comparaison avec le frisson de découvrir de nouveaux morceaux en live. « The Happy Dictator » en début de course, « The Moon Cave » et le très réussi « Delirium » en tête de liste des moments les plus époustouflants d’un sans faute. Il fallait toucher le sommet ce soir. L’ascension, vertigineuse, aura empli nos têtes de souvenirs indélébiles.
We Love Green 2026 – Jour 1 – Gorillaz – Crédit photo : Louis Comar
Feu ! Chatterton, les poètes bénis déclament leurs vers
Il est 19 heures 15 lorsque la Prairie (la grande scène du festival) reçoit le fleuron de la scène française : les bien aimés – et à juste titre- Feu ! Chatterton. Poètes bénis et petits génies des instruments ont su, depuis l’avènement de leur premiers vers sur « Ici, le jour a tout enseveli » se faire un public d’adeptes. Logique, se dira-t-on, la formation a toujours offert des sets à la précision remarquable. Ici aussi d’ailleurs, où la prestance iconique d’Arthur Teboul fait quasiment tout le travail. Son charisme lui suffit à prendre entièrement possession de la scène, tout comme son sourire à la sincérité troublante. Le chanteur est un personnage à part entière depuis le jour 1. C’est d’ailleurs lui qui avait tout ensevelit, il ne faut pas en douter. Le musicien sait manier l’art délicat de proposer une modernité musicale à une attitude de l’ancien temps, un brin désuète, fort vintage. Néanmoins la set-list de ce soir est largement dominée par Labyrinthe, le dernier alexandrin de notre formation. Et cet album est loin des sommets auxquels nous avions été habitués. Peut-être simplement parce que on retrouve une dynamique ritualisée que l’on connait aujourd’hui bien. « Un Monde nouveau » issu de Palais d’Argile s’offre tout de même une apparition bienvenue en bout de course et permet à tout l’assistance de chanter en coeur. Tout comme le grand final sur « La Malinche », tout droit ressuscité des débuts de la formation.
De Sebastien Tellier à Yoa : retour en France après le périple indien we love green
We Love Green 2026 – Jour 1 – Sébastien Tellier – Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 1 – Sébastien Tellier – Crédit photo : Louis Comar
On ne présente plus l’immense Sebastien Tellier. Si son Dieu est bleu, alors vénérons le bleu. Le musicien barbu sublime l’électro qu’il peuple s’instruments de toutes parts. Sur la scène de la Clairière, immense chapiteau bleu lui aussi, on le retrouve d’abord assis derrière un piano avant qu’il ne vienne s’amuser avec sa guitare. Inclassable et iconique, notre homme choisit de satisfaire immédiatement son audience en balançant son culte « La Ritournelle » dès les premiers instants. Le reste du set est tout aussi majestueux. Tellier est un repère et la promesse d’un éternel bon moment où les notes nostalgiques s’élèvent avec la puissance des géants.
We Love Green 2026 – Jour 1 – Yoa – Crédit photo : Louis Comar
La nouvelle scène française a aussi sa place ce soir. Sur la scène de la Canopée, où Theodora se produisait l’année précédentes, voilà Yoa qui vient proposer une toute autre façon de se raconter. La « favorite » confie sur scène avoir sorti un album qui parle avant tout d’elle. Entre sono clairement électro, textes à la mélancolie accentuée et danseuses pour l’accompagner, la musicienne se dévoile et se dénude. Elle excelle en trans et en danse, sur ses moments instrumentaux, entièrement électros. Sombres, puissants, ils servent d’un exutoire bienvenue. On s’amuse clairement, en réalisant que chaque mot sur scène peut survolter le public. Comme lorsque Yao présente sa gourde Shrek et que l’action est suivi de cris. Mais il faudra attendre le dernier titre pour vivre un profond moment de magie et la voir décoller dans une robe qui la propulse dans les cieux.
We Love Green 2026 – Jour 1 – Yoa – Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 1 – Yoa – Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 1 – Yoa – Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 1 – Yoa – Crédit photo : Louis Comar
We Lovre Green continue sa route enchantée dès ce samedi et promet un édition inoubliable.
Kevin Morby est, sans nul doute, le plus grand folkman de notre génération. Le musicien nous plonge album après album dans un roadtrip à la découverte de son…
The Sophs – La Maroquinerie Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar
Difficile de classer la tornade The Sophs. Avec un premier album très remarqué, GOLDSTAR, le groupe ne s’interdir absolument rien. Si les premiers extraits dévoilés oscillaient plutôt vers le rock et les influences pop punk, laissant surtout entrevoir de sérieux clins d’oeil vers les Strokes, l’album lui brouille clairement les pistes. On part sur de la funk pour mieux parier sur du flamenco sur le morceau titre de l’album. Le rock des années 90’s de Sweat va rapidement croiser le grunge de Blitzed Again ou encore s’oser à faire renaître des sonorités plus émos. Ce premier jet est aussi et surtout une belle compil’ de bangers qui s’enchainent en toute cohérence. Les guitares s’envolent, se perdent et se retrouvent. Sans jamais évincer la modernité de ses compositions, Ethan Ramon (chanteur) et sa troupe vont copieusement se nourrir des années 90’s, 2000’s pour composer un opus qui reste aussi frais que novateur. Résultat : 10 titres d’une honnêteté rare, emplis avant tout d’une bonne humeur contagieuse. L’album se dévore encore et encore. Voilà qui est vrai que le tempo ralentisse sa folle cadence sur House comme le single phare Death in the Family ou s’accélère et devienne plus grove pour emprunter au phrasé sur They Told me Jump, I said how high. Un moment qui régale entre humour abrasif et mélodies corrosives. On tient alors un opus en passe de devenir culte.
The Sophs – La Maroquinerie Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar
The Sophs – La Maroquinerie Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar
Un démarrage sur les chapeaux de roue
The Sophs – La Maroquinerie Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar
Qu’on ne s’y trompe pas. Si la formation s’est rencontrée à l’université, elle sait parfaitement où elle va. Son but ? Réussir à se hisser au sommet et vivre pleinement de sa passion pour la musique. Le mot d’ordre était là au jour 1. The Sophs n’a pas été créé pour s’amuser mais bien pour faire de la musique le plus sérieusement possible. Voilà comment et pourquoi, le groupe a envoyé ses premières démos à tous les labels qui le faisait rêver. L’espoir en tête mais sans certitude d’avoir une réponse. Et si ? Eh bien, il fallait croire en sa bonne étoile. Le pari est réussi. Une seule journée se passe et voilà que les fondateurs de Rough Trade, Geoff Travis et Jeannette Lee, leur écrive. Une seule journée et disent-ils, les voilà déjà emballé.es par cette première écoute. La troupe s’envole pour Londres. les étoiles ont quitté les cieux et les voeux pour se fixer dans leurs yeux. Nos originaires de Los Angeles ont dû croiser plus d’une étoile filante et à peine quelques titres sortis, les voilà déjà sur les routes d’Europe. Le groupe, commence à parler à la presse (dont à nous) et sourit quand on les compare aux Strokes. Attention, le tour est loin d’être joué préviennent-ils. Une programmation aux Eurokéennes tombe avant même la sortie de de l’opus (publié le 13 mars) et Paris leur offre une première Maroquinerie à guichet fermé. Parfois il suffit d’y croire, mais surtout d’être diablement bons.
The Sophs – La Maroquinerie Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar
The Sophs – La Maroquinerie Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar
Ils sont un must seen en live
The Sophs – La Maroquinerie Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar
Restait à passer l’épreuve du feu : le passage sur scène. A Paris, le 4 mai leur permet de faire leur deuxième date dans la capitale. La première fois, la formation se produisait au Supersonic. Les trombes d’eau qui tombent n’arrêtent pas les curieux et les fans de la première heure. A raison. Il est évident que la petite salle réchauffe instantanément les coeurs et les âmes. Si dix titres composent aujourd’hui la discographie des Sophs, ceux-ci ont largement eu le temps de faire le tours des écoutes. Le show sophesque, comme un superlatif, prend de l’ampleur dès ses premières notes alors que l’assistance toute entière chante rapidement tous les titres. Les Inrocks sont présents dans le public, comme un gage en plus de ce qui est une certitude. Il était important de découvrir ces premiers pas. Sur scènes, les morceaux ont plus de corps, les instruments prennent plus de place. Le rock est moins évident et la funk gagne du terrain. Ces influences multiples s’emportent et s’étoffent. Le tout devient une grande fête populaire face à un public de tout âge, de plus en plus collé à la scène. L’enthousiasme est palpable et pour autant le formation est déjà rodée. Force est de constatée que les rumeurs étaient avérer, il faudra maintenant compter sur eux comme les nouvelles valeurs sures d’un rock qui ne demande qu’à reprendre son statut et ses lettres d’or.
The Sophs – La Maroquinerie Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar
The Sophs – La Maroquinerie Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar
Le brat summer est terminé. Oubliez le vert flashy et les folles nuits de party girls. L’artiste avait laissé plané le doute sur la teneur de son nouvel…
Make television great again ! Après 4 saisons délurées, blindées de tripes, de boyaux et d’analyses de la société passées au vitriole voilà que The Boys va tirer…
Accrochez vos ceintures et préparez-vous pour le roller coaster rock du moment puisque voilà que débarque GANS dans nos vies. Découvert alors qu’il officiait en première partie de The Vaccines à Paris en avril 2026, le groupe enragé publiait en juillet 2025 un album coup de poing, « Good for the soul ». Une belle claque qui revigore l’âme. Coup de chance d’être tombé sur ce coup de coeur, il fallait qu’on en parle.
Du grain au moulin gans
La musique nécessite-elle de venir de la pauvreté pour être créative ? Le sujet, certes écumé avait ces temps-ci fait un retour tonitruant sur les réseaux sociaux suite à la découverte du prix des places pour Céline Dion. La question est vaste, large et en réalité nécessite bien plus de mots que ceux qu’on pourrait placer sur un Threat. Et puis, les registres répondent à différents codes et normes de vies pour puiser l’inspiration qu’il faut transmettre en musique. Sabrina Carpenter n’a pas besoin de venir d’un environnement douloureux pour parler à son public. Elle a besoin de paillettes, de féminité, de jouer des codes du luxe. Ce qui est vrai pour elle est entièrement faux pour le punk. Le mouvement vient des classes populaires, de la douleur et du quotidien morose avec le désespoir pour seule ligne d’horizon.
Et nos bonhommes qui représentent fièrement le courant ont cette rage marquée au fer rouge en eux. C’est dans leur chair mais surtout dans la précision de leur son. Comme Sleaford Mods avant eux, la formation crie une rage, un désespoir, une revendication. Et celle-ci est très claire : il faut briser les chaînes d’une condition induite par l’ordre des classes sociales. Ainsi Thomas Rhodes et Euan Woodman, meneurs du projet se sont rencontrés à l’université alors qu’ils étudiaient la musique. Pour autant tous deux viennent de familles issues des classes ouvrières : l’un à l’usine, l’autre au moulin. Voilà qui est fondateur dans le son de GANS. Lorsque l’on grandit dans une petite ville où l’ambition moyenne est un mariage jeune, sans espoir de casser les codes de nos aînés, il faut se battre. Déjouer les pronostics est donc la première arme du groupe pour marteler son rock froid, calibré, radicalement honnête, diablement enragé. GANS fait partie de celles et ceux qui ne lâchent rien. Leur son est le coup victorieux d’une bagarre difficile à gagner.
Titres incisifs pour punk précis GANS
GANS CREDIT Benji Charles
La précision du son de GANS contraste clairement avec son histoire. Nos deux compères forment un premier projet adolescents. Ils se séparent pour mieux se retrouver en 2023 avec pour simple but de faire de la musique ensemble. L’absence d’agenda se transforme vite en un appel précieux, un chemin qui fait sens. Rockeurs dans l’âme, puisant leur esthétique dans une façon très moderne de concevoir le courant, leurs débuts sentent instantanément le lâcher prise et la bière. Un premier jet « WHAT YOU MEAN » donne le ton et permet de fédérer un public. Chez GANS tout s’écrit d’ailleurs en majuscule. Peut-être parce que tout se crie. Les morceaux issus de l’album vont ainsi droit au but. Et pourtant, le travail se fait sentir. Certes, les mélodies sont costauds, comme la place des rythmiques et de la batterie, carrément obsédante. A-t-on à faire à une formation poisseuse ? Oui et pour autant, les titres sont faciles d’accès. « NIGHTWALKING » par exemple, profite de refrains accrocheurs, finement écrits qui viennent se poser là où la voix crie, comme dans un megaphone. Sur scène, la formation regorge de cette même énergie décadente, entraînante. Oubliez le rock propre de clubs et autres Arctic Monkeys, nous voilà enfin replongé.es dans l’air qu’avait su insuffler Idles. Le ton est jusqu’au-boutiste, les circle pits sont là, les wall of death aussi. On vit un concert éprouvant. « FAR AND WIDE » est à l’image de la performance et de l’accent bourrin et complexe de nos anglais. Les instruments s’emballent et se déchaînent. Qu’il est bon perdre pieds. Les paroles sont empruntes d’un désespoir puissant, de repères perdus. « GO TO GOD IF IT MAKES SOME SENS » répètent ainsi nos acolytes en une boucle sans fin sur « FOOL » l’introduction de leur dernier album en date.
du son fait avec les tripes gans
GANS – NIGHTWALKING (TOUR)
GANS a quelques règles. Le chaos punk en nécessite quoi qu’on en pense. La première règle de GANS est : il faut parler de GANS. Chaos, confusion, punk rock si l’on veut poursuivre l’analogie à « Fight Club », un film tout aussi révolté qu’eux contre les normes imposées. La seconde règle de GANS est qu’il faut savoir s’entourer. Et pour eux, la définition du bon entourage correspond à ceux qui s’intéressent vraiment au groupe. La sincérité avant tout. Voilà qui se ressent en quelques mots échangés avec le groupe devant le Bataclan ce 21 avril alors qu’ils appellent affectueusement leur tour manager « cool dad ». La formation se vante de pouvoir reconnaitre à des kilomètres ceux qui les bullshit. On les croit volontiers. Le groupe s’entoure de ses amis mais aussi de la crème de la production : Ross Orton qui a travaillé par le passé avec Artic Monkeys, Amyl & the Sniffers et Working Men’s Club. Ce cercle c’est aussi lui qui les canalise, transforme la furie en un objet puissant, justement dirigé. L’ouragan c’est Euan Woodman, le tourbillon musicale, cette rage qui transporte. Thomas Rhodes y apporte l’équilibre. Tout comme Geese, un autre groupe qui donne une nouvelle définition du punk actuel, nos compères jouent des codes pour y apporter leur touche unique. Autre point commun, leur nom signifie aussi « oie » mais en allemand cette fois. Et comme cet animal, lorsqu’il n’est pas enfermé dans de petites cages / cases, nos compères migreront vite à travers les pays du globe pour transmettre leurs promesses de liberté.
Brigitte Calls Me Baby signe un masterclass avec son nouvel album Les originaires de Chicago, Brigitte Calls me Baby ont beaucoup des cordes à leurs arcs ! Après…