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Julia Escudero

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Accrochez vos ceintures et préparez-vous pour le roller coaster rock du moment puisque voilà que débarque GANS dans nos vies. Découvert alors qu’il officiait en première partie de The Vaccines à Paris en avril 2026, le groupe enragé publiait en juillet 2025 un album coup de poing, « Good for the soul ». Une belle claque qui revigore l’âme. Coup de chance d’être tombé sur ce coup de coeur, il fallait qu’on en parle.

GANSDu grain au moulin gans

La musique nécessite-elle de venir de la pauvreté pour être créative ? Le sujet, certes écumé avait ces temps-ci fait un retour tonitruant sur les réseaux sociaux suite à la découverte du prix des places pour Céline Dion. La question est vaste, large et en réalité nécessite bien plus de mots que ceux qu’on pourrait placer sur un Threat. Et puis, les registres répondent à différents codes et normes de vies pour puiser l’inspiration qu’il faut transmettre en musique. Sabrina Carpenter n’a pas besoin de venir d’un environnement douloureux pour parler à son public. Elle a besoin de paillettes, de féminité, de jouer des codes du luxe. Ce qui est vrai pour elle est entièrement faux pour le punk. Le mouvement vient des classes populaires, de la douleur et du quotidien morose avec le désespoir pour seule ligne d’horizon.

Et nos bonhommes qui représentent fièrement le courant ont cette rage marquée au fer rouge en eux. C’est  dans leur chair mais surtout dans la précision de leur son. Comme Sleaford Mods avant eux, la formation crie une rage, un désespoir, une revendication. Et celle-ci est très claire : il faut briser les chaînes d’une condition induite par l’ordre des classes sociales. Ainsi Thomas Rhodes et Euan Woodman, meneurs du projet se sont rencontrés à l’université alors qu’ils étudiaient la musique. Pour autant tous deux viennent de familles issues des classes ouvrières : l’un à l’usine, l’autre au moulin. Voilà qui est fondateur dans le son de GANS. Lorsque l’on grandit dans une petite ville où l’ambition moyenne est un mariage jeune, sans espoir de casser les codes de nos aînés, il faut se battre. Déjouer les pronostics est donc la première arme du groupe pour marteler son rock froid, calibré, radicalement honnête, diablement enragé. GANS fait partie de celles et ceux qui ne lâchent rien.  Leur son est le coup victorieux d’une bagarre difficile à gagner.

Titres incisifs pour punk précis GANS

GANS CREDIT Benji Charles
GANS CREDIT Benji Charles

La précision du son de GANS contraste clairement avec son histoire. Nos deux compères forment un premier projet adolescents. Ils se séparent pour mieux se retrouver en 2023 avec pour simple but de faire de la musique ensemble. L’absence d’agenda se transforme vite en un appel précieux, un chemin qui fait sens. Rockeurs dans l’âme, puisant leur esthétique dans une façon très moderne de concevoir le courant, leurs débuts sentent instantanément le lâcher prise et la bière. Un premier jet « WHAT YOU MEAN » donne le ton et permet de fédérer un public. Chez GANS tout s’écrit d’ailleurs en majuscule. Peut-être parce que tout se crie. Les morceaux issus de l’album vont ainsi droit au but. Et pourtant, le travail se fait sentir. Certes, les mélodies sont costauds, comme la place des rythmiques et de la batterie, carrément obsédante. A-t-on à faire à une formation poisseuse ? Oui et pour autant, les titres sont faciles d’accès. « NIGHTWALKING » par exemple, profite de refrains accrocheurs, finement écrits qui viennent se poser là où la voix crie, comme dans un megaphone. Sur scène, la formation regorge de cette même énergie décadente, entraînante. Oubliez le rock propre de clubs et autres Arctic Monkeys, nous voilà enfin replongé.es dans l’air qu’avait su insuffler Idles. Le ton est jusqu’au-boutiste, les circle pits sont là, les wall of death aussi. On vit un concert éprouvant. « FAR AND WIDE » est à l’image de la performance et de l’accent bourrin  et complexe de nos anglais. Les instruments s’emballent et se déchaînent. Qu’il est bon perdre pieds. Les paroles sont empruntes d’un désespoir puissant, de repères perdus. « GO TO GOD IF IT MAKES SOME SENS » répètent ainsi nos acolytes en une boucle sans fin sur « FOOL »  l’introduction de leur dernier album en date.

du son fait avec les tripes gans

GANS
GANS – NIGHTWALKING (TOUR)

GANS a quelques règles. Le chaos punk en nécessite quoi qu’on en pense. La première règle de GANS est : il faut parler de GANS. Chaos, confusion, punk rock si l’on veut poursuivre l’analogie à « Fight Club », un film tout aussi révolté qu’eux contre les normes imposées. La seconde règle de GANS est qu’il faut savoir s’entourer. Et pour eux, la définition du bon entourage correspond à ceux qui s’intéressent vraiment au groupe. La sincérité avant tout. Voilà qui se ressent en quelques mots échangés avec le groupe devant le Bataclan ce 21 avril alors qu’ils appellent affectueusement leur tour manager  « cool dad ».  La formation se vante de pouvoir reconnaitre à des kilomètres ceux qui les bullshit. On les croit volontiers. Le groupe s’entoure de ses amis mais aussi de la crème de la production : Ross Orton qui a travaillé par le passé avec Artic Monkeys, Amyl & the Sniffers et Working Men’s Club. Ce cercle c’est aussi lui qui les canalise, transforme la furie en un objet puissant, justement dirigé. L’ouragan c’est Euan Woodman, le tourbillon musicale, cette rage qui transporte. Thomas Rhodes y apporte l’équilibre. Tout comme Geese, un autre groupe qui donne une nouvelle définition du punk actuel, nos compères jouent des codes pour y apporter leur touche unique. Autre point commun, leur nom signifie  aussi « oie » mais en allemand cette fois. Et comme cet animal, lorsqu’il n’est pas enfermé dans de petites cages / cases, nos compères migreront vite à travers les pays du globe pour transmettre leurs promesses de liberté.


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Buck Meek : cordage sentimental

Buck Meek au Point Ephemere Paris 2026 ©Kevin Gombert
Buck Meek au Point Ephemere Paris 2026 ©Kevin Gombert

Buck Meek aime à explorer les espaces. Mieux, il aime l’art en son sens le plus pure et la musique avec la même candeur. C’est sûrement cette approche qui fait de lui un merveilleux guitariste pour le groupe Big Thief. S’il avait été possible de douter des capacités du monsieur, il suffisait d’assister à la première Cigale de  Paris de son groupe en juin 2022. Un problème de vol avait laissé Buck sur le carreaux, laissant ainsi Adrianne Lenker livrée à  elle-même à la guitare. Et en son absence point d’union, point d’accord et de rythmiques entrainantes. La guitariste soude autant qu’il lead, de ces meneurs discrets, qui prennent le pas avec facilité. Alors que la constellation Big Thief est constituée de nombre de satellites et de projets menés avec des musicien.nes pluriel.les pour la beauté du jam, pour le plaisir de composer en équipes, il fallait bien que nos leaders prennent aussi des temps en solo. Pour Adriane Lenker, les essais furent à fleur de peau jusqu’à trouver un soleil quasi country sur « Bright Futur », ode à l’amour et à sa compagne Stacy. En matière d’amour et de temps solo, Buck, lui n’est pas en reste. Quatre jets peuplent déjà sa discographie. En 2023, ce petit soleil texan nous entrainait dans une folle promenade dans les hauteurs grâce à « Haunted Mountain ». Il y explorait, nous disait-il dans une interview qu’il nous accordait alors, le folklore de la vraie musique américaine. Quelle est-elle ? s’était-on interrogés, nous rappelant que les Etats-Unis sont avant tout une terre d’immigration, n’en déplaise à Donal Trump et ses milices. Il n’empêche que ce terreau riche puisque composé de peuples pluriels aujourd’hui unis sous une bannière étoilée avait donné naissance à des mélodies traditionnelles. Buck Meek y appose une réponse musicale, voyant en la country et la folk une forme de réponse traditionnelle mais revisitée. Le film oscarisé « Sinners » pourrait bien aller en ce sens tant la folk va répondre au blues comme un dialogue entre deux Amérique divisées par le racisme. La musique est vectrice d’histoire. Buck Meek, lui aime à raconter à les raconter. Mais pas seulement, il puise ses compositions dans les paysages, il aime donner de l’ampleur par l’attrait de la nature. La nature mais aussi les sentiments. En 2023, le musicien s’offrait un Hasard ludique de Paris pour défendre son avant-dernier né « Haunted Mountain » donc. Il emmenait avec lui son épouse, Germaine Dunes, également musicienne pour qu’elle officie en première partie. Le temps de son set, le regard du musicien ne la quittait alors pas une seconde. Un sourire immense aux lèvres, heureux, amoureux, fier. L’amour comme mot d’ordre. L’amour comme une confidence, une évidence, pouvait tout aussi bien hanter cette montagne. Mais il fallait aussi lui répondre et y réfléchir à travers son reflet.

Buck Meek, The Mirror : que reflète l’amour ?

Buck Meek est maintenant marié pour autant le chemin de réflexion sur l’amour ne s’arrête pas là. La vie n’est pas un simple conte de fée.  La route ne s’arrête pas à une simple cérémonie. Et cette réflexion en miroir, presque anthropologique va peuplé son nouvel album « The Mirror ». Ce miroir, est-ce celui sur lequel on s’essayait aux premiers baisers en se regardant jeune adolescent ? Un des titres du compositeur parle ainsi de ces instants. Celui-ci n’aura pas su se frayer un chemin jusqu’à l’album mais faisait bien partie des morceaux qui étaient pensé pour l’album en co-écriture avec Adriane Lenker. C’est du moins ce que nous explique Buck Meek à la fin de son set au Point Ephémère de Paris le 24 mars. Cette date lui permet de fouler également la dernière salle parisienne dans laquelle jouait le regrétté  Tucker Zimmerman. Autre collaboration de Big thief qui voyait en ce génie de la folk un mentor et un ami. Tucker et sa femme nous quittaient quelques mois plus tôt dans un incendie. Lorsque son nom est évoqué à Paris, Buck lui adresse ses voeux d’un repos en paix. Avec lui aussi, il s’était interrogé sur l’amour. Cette fois-ci, notre musicien explore en musique la véritable connexion entre deux personnes. Il repense la détérioration d’un lien. Il questionne les phases de l’amour, sa pluralité au sein d’une seule relation. Il prend note de l’intimité et avec sa délicatesse et ses compositions solaires il regarde pleinement le reflet des relations amoureuses. Ce miroir magique et imagé va chercher à se concrétiser par les mélodies. The Mirror est proche en matière de composition d’Haunting Mountain. On y retrouve la même énergie entre folk et country, cette façon lumineuse de faire de la musique douce. Le guitariste y soigne ses cordes, leur donnant une place prépondérante titre après titre. Comme toujours, cet opus paru le 27 février s’inscrit dans un travail collectif et on retrouve aux crédits : Alex Somers, Mary Lattimore, Germaine Dunes, Adriane Lenker et à la batterie, James Krivchenia également batteur de Big Thief.  Il ne reste donc plus qu’à se laisser entrainer dans ce nouveau périple et retrouver avec douceur la capacité à faire de jolies ritournelles de notre auteur comme sur « Ring of fire » qui entre si naturellement dans les esprits. De Gasoline qui fait démarrer l’album sur une note chaleureuse à Outta Body, conclusion d’un opus de 11 titres, Buck Meek rappelle toutes ses qualités de songwritter. Quand on se plonge dans ce reflet, on y trouve seulement le réconfort.


Adrianne Lenker - Credit : Germaine Dunes

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On connaissait « Young Sheldon », spin-off très moyen dérivé de « The Big Bang Theory » et retraçant les aventures de son personnage le plus intéressant alors enfant. Voilà maintenant que débarque « Young Sherlock » sur nos écrans et son principe bien moins cavalier puisque cette fois-ci issu de la série de livres « Les premières aventures de Shelock Holmes » d’Andrew Lane. On y retrouve donc le célèbre détective, pas vraiment en culotte courte mais pas encore installé dans sa carrière. Avec Guy Ritchie aux commandes de ce show diffusé depuis le 4 mars sur Amazon Prime, les attentes ne pouvaient qu’être grandes. Verdict.

young sherlockYoung Sherlock : de quoi ça parle ?

À 19 ans, Sherlock Holmes est sans expérience, quand il se retrouve embarqué par le mystère autour d’un meurtre survenu à l’Université d’Oxford. Plongeant dans sa toute première affaire avec un manque certain de discipline, le jeune homme tente de démêler une conspiration qui pourrait changer sa vie à jamais.

Young Sherlock, est-ce que c’est bien ?

young sherlock moriartySortie en grande pompe sur Amazon Prime, déjà classée numéro 1 sur la plateforme de streaming seulement quelques jours après sa sortie, ce Young Sherlock est déjà perçu comme la série évènement de ce début d’année. Il faut dire qu’elle profite à la réalisation comme à la production de la présence de Guy Ritchie à qui l’on doit l’excellent « Snatch » mais aussi les deux films « Sherlock Holmes » de 2009 et 2010 avec Robert Downey Junior aux crédits. Avec tout ça en tête, le résultat laissait présager le meilleur. Et il faut dire que le retour du célèbre détective dans ses jeunes années, cette fois-ci assisté non pas de Watson mais d’un certain James Moriarty a tout de jouissif. Il y a quelque chose d’évident et de profondément plaisant à suivre des histoires de détectives. Les récents succès d’ « A couteaux tirés » et de ces suites ne fait que renforcer l’idée qu’on est nombreux.ses à prendre un grand plaisir à suivre un mystère et à voir un personnage fort bien qu’atypique le résoudre. En la matière, Sherlock Holmes, le plus célèbre de tous les enquêteurs ne lasse jamais. La version de Steven Moffat à travers la série « Sherlock » avec à l’affiche Benedict Cumberbatch avait laissé une trace indélébile sur cette histoire intemporelle et avait offert trois saisons cultes et sublimes. La dernière étant malheureusement un raté. Mais elle apportait aussi une note très obscure aux aventures qui peuplent le 221b Baker Street, faisant de son personnage central un être associable et esseulé bien que virtuose.  Il était peut-être temps de redonner à ces enquêtes une touche de légèreté. Et c’est là que la nouvelle série de Guy Ritchie tire entièrement son épingle du jeu. Elementaire, ce nouveau Sherlock joue autant sur des codes d’actions que sur des déductions très pertinentes pour maintenir son spectateur dans un état de plaisir constant. Le jeune détective, qui cette fois-ci se retrouve à enquêter au dépourvu dans l’université d’Oxford est bien plus sympathique que dans ses précédentes versions. Pour autant, on en profite pour faire un saut dans son palais mental et en apprendre plus sur ce qui fera de lui le légende que tout le monde connait. La réalisation est rapide et efficace, sans fioriture certes mais permet un moment de visionnage addictif, simple et efficace. Pour ainsi dire, le show se regarde tout seul.

Young sherlock primePour ne rien enlever au tout, on retrouve à ses côté un Moriarty espiègle et hautement sympathique interprété par Donal Finn. Certes, il est difficile de se détacher de l’immense performance d’Andrew Scott qui incarnait une version aussi dérangée que brillante de cet anti-héro. N’empêche, le ping pong mental des deux super génies et leurs répliques qui s’enchainent à une vitesse folle est un plaisir continu. L’enquête regorge de plus de son lot de rebondissements et de surprises qui saura tenir le spectateur en haleine. La résolution, elle, parait bien peu importante tant le plaisir se tient dans le voyage et ses petits coups d’éclats cérébraux. Le rendu très british donne un grain très élégant à la série qui s’américanise sur quelques scène d’actions et de combats sans jamais tomber dans la grandiloquence hollywoodienne. De son côté Hero Fienne Tiffin, donne un véritable charme au personnage de Sherlock. Toujours aussi intelligent, réputé associable mais pas tant finalement, il personnifie le flegme britannique à lui seul. Si les films et séries qui dépeignent les enquêtes de célèbres détectives ne pourraient pas faire la course aux Oscars, ils constituent toujours le plus parfait des divertissements. De ceux qui intriguent, se regardent avec passion et font passer de véritables temps d’évasion du quotidien. Ce Young Sherlock a en plus pour lui d’apporter sa touche d’humour au programme et de s’offrir une réflexion politique pour le moins pertinente bien que légèrement dosée. La bonne surprise tient également à la présence de l’inquiétant Joseph Fiennes (The Handmaid’s Tale) au casting, toujours très juste dans ses rôles. Colin Firth régale également dans un rôle complexe aussi détestable qu’amusant. Enfin Zin Tseng s’avère être la révélation de cette nouvelle série. A cette belle brochette d’acteurs.trices viennent s’ajouter les nombreux clins d’œil à l’univers originel de Sherlock Holmes. Quelques blagues dissimulées ça et là peuplent le récit, qu’on comprendra très aisément sans avoir besoin d’être expert.e sur le sujet. Celle sur un certain et célèbre chapeau notamment laissera un joli sourire sur nos visages. Il serait dommage de spoiler l’histoire et de trop en dire. Ce « Young Sherlock » est un bonbon à déguster épisode après épisode en gardant en tête le mantra de notre personnage : « Quand vous avez éliminé l’impossible, tout ce qui reste, aussi improbable soit-il, doit être la vérité. » Et cette vérité, repose toujours sur un scénario parfaitement écrit.

Découvrez la bande-annonce de Young Sherlock

Young Sherlock - Bande-annonce officielle | Prime Video

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L’année 2026 a enfin démarré ce 27 février. Quelques agréables sorties avaient déjà peuplées nos écoutes, sortant le bout de leurs nez ça et là mais l’affaire restait timide. Et voilà qu’enfin, Gorillaz offrait au monde son neuvième album. Nouveau chef d’œuvre hybride, il est sans conteste une véritable bouffée d’air frais après le discutable « Song Machine » et le très discutable « Cracker Island ». Fable visuelle sur la vie, album aux visages multiple mais à la cohérence indéniable, ce nouvel essai vient renforcer la position d’immanquable du groupe et donner à cette nouvelle année son premier sans faute.

Montée en puissance et paysages de rêve gorillaz

gorillaz the mountainLe groupe virtuel de Damon Albarn a plus d’une corde à son set l’alpiniste. Créé en 1998, la formation composée de 4 personnages imaginaires (Stuart Tusselpot, Murdoc Niccals, Russel Hobbs et Noodle) est en réalité composée de beaucoup plus de musiciens réels. Depuis ses débuts, il s’amuse à brouiller les pistes du genre allant du rock au tip-hop en passant par le reggae et le hip hop. Ce nouveau jet ne déroge pas à la règle et va puiser titre après titre dans un vaste panel qui cette fois va jusqu’à la world musique et une immense dominante indienne. Damascus, onzième morceau de l’opus en est la plus parfaite illustration. Un titre au combien surprenant et bienvenu dans l’album qui modernise la musique traditionnelle de ce pays dont les sonorités sont bien peu exploitées d’habitude. On y passe d’un refrain entêtant fait de loops au hip hop sans sourciller. La magie de Gorillaz opère, les codes sont brisés. The Shadowy Light poursuit cette initiative. Gorillaz frappe là où ne l’attend pas. La pochette de l’album pouvait pourtant se vivre comme un indicatif puissant de ce périple multi-culturel. Et pourtant le changement constant de texture au cours de chaque titre et non titre après titre va constamment dérouter l’auditeur. Le voyage est si beau qu’il éblouie. Il faut non être un grand groupe mais un immense groupe pour réussir pareil tour de force. Et c’est bien en ça que la formation de Damon Albarn gagne ici de nouvelles lettres de noblesses. Dérouter sans se perdre, offrir un périple spirituel, émotionnel et musical tout en gardant une véritable consistance. Alors que Bad Bunny dans son show hyper commenté parlait à raison et avec force d’une Amérique plurielle, mettant en son centre tout son sud, Gorillaz poursuit le travail. The Manifesto en huitième position et donc à mi-parcours de la galette balance des sonorités latinos ponctuées de Hip Hop. On trip et on hallucine, comme après avoir consommé le breuvage d’un incroyable gourou au pays du Dieu Krishna. The Mountain c’est aussi la séparation entre la vie et le royaume de l’après. D’ailleurs, Albarn vient à parler avec la plus grande des délicatesses du deuil sur le titre The Hardest Thing. Tonny Allen, musicien et batteur pionnier, disparu en 2020, ressuscite le temps de donner de la voix sur l’introduction du morceau. Avec une montée en puissance angélique, des superpositions de voix et une douceur savamment bien écrite, le frontman va questionner la disparition. Obsessionnel, il répète jusqu’au titre qui suit, Orange County, les mêmes paroles en boucles : « You know the hardest thing is to say goodbye to someone you love, that is the hardest thing ». Parce que le manque ne s’arrête pas, il change les vies, la perte déteint toujours sur tout, on existe à ses côtés. Ce besoin d’en parler vient surtout de la perte de la belle-mère de Damon Albarn des suite d’un AVC alors qu’elle voyageait en Inde puis de son propre père à 10 jours d’intervalle. Damon Albarn disait au revoir à Keith Albarn, en juillet 2024. Il choisit alors de se rendre à Bénarès, capital spirituelle de l’Inde et disperse une partie de ses cendres dans le Gange offrant à la mort une toute autre vision. Cette vision va venir peupler et hanter un album hors-cases et puissant. Mais The Mountain n’est pas un album de deuil, ou pas uniquement. C’est une ode à l’existence, à la vie toute entière, ses sommets, crêtes, descentes.

Grande soupe atomique gorillaz

gorillaz the mountain court métrageEt si nous étions un tout, façonné par notre imaginaire ? C’est le postulat de l’album qui vient puiser sa source dans le Gange pour mieux maximiser toutes les possibilités créatives. A mesure que les morceaux défilent, Gorillaz abandonne entièrement sa vision occidentale et se confronte au bouillon indien. Un rythme fou, une chaleur étouffante peuplent ce récit ainsi que le court-métrage qui lui est lié «  The Mountain, The Moon Cave & The Sad God« . Ce récit en 2D, tout comme la galette qui lui répond sont la résultante d’un nouveau voyage des membre de la formation à travers l’Inde. C’est par la rencontre de musiciens locaux, de paysages et d’une autre façon de voir la vie que toute cette œuvre va prendre forme.

La vision occidentale, du moins d’un point de vue musical n’est pas entièrement absente de l’opus. On la retrouve par brides et à travers ses impressionnants et nombreux featurings. The God of Lying invite notamment les puissants Idles à revoir leur vision sombre du rock pour leur insuffler quelques brides de sonorités qui pourraient bien charmer les serpents. Souvent les refrains sont l’occasion de raccrocher quelques wagons avec le monde londonien dont est originaire Gorillaz. Le groupe va également puiser dans l’énergie des Beatles, le plus grand des groupes anglais, qui eux aussi avaient voyagé en Inde pour puiser de nouvelles sources de créativité. C’est sûrement leur aura dispersée qui vient à donner à l’opus ses facettes plus rock mais aussi leurs aspects plus tubesques. Puisque peut-on seulement aller en Inde en étant musiciens sans côtoyer les fantômes passés des fab 4 ? On retrouve également aux crédits l’immense Johnny Marr, autre figure emblématique anglaise et co-meneur de The Smiths, sur quatre titres. Dire que cette rencontre musicale est épique revient à diminuer la force de cette fête des divinités. De même la présence de Paul Simonon (The Clash) au générique de Casablanca avec Johnny Marr touche au rêve éveillé. Le titre lancinant à la production méticuleuse pourrait sans surprise être la création d’un Dieu aux bras multiples. C’est pourtant loin du Royaume-Unis que l’album voit le jour. Son lieu de naissance, du moins en terme d’inspiration n’est autre que Jaipur. Les sonorités viennent de la terre et de musiques folkloriques traditionnelles locales entendues dans les rues. C’est toujours un enjeux puissant que de reprendre pareil héritage, d’autant lorsque l’on a pas grandi avec,  pour se l’approprier. Et pourtant, le formation réussi parfaitement son pari. The Mountain est un portail vers un nouveau monde musical, une vision transcendantale de la vie, un changement radical. Épopée brillante à vivre plusieurs fois pour mieux en déguster la substantifique moelle, il marquera à jamais les esprits de celles et ceux qui l’appréhendent. Damon Albarn, le créatif, l’indomptable, n’a de cesse de rappeler ses dons d’innovations et d’expérimentations musicales. The Sad God clôture notre voyage en une ritournelle à fleur de peau qui prend aux tripes. Les Dieux de la musique, plus humains qu’ils n’y paraissent, peuvent bien faire de leur tristesse des montagnes dans lesquelles ont trouve tous refuge.


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