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Julia Escudero

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florian zeller aux oscarsFierté nationale, notre Florian Zeller, nous rapporte des Etats-Unis (où il n’a pas pu se rendre Covid oblige mais l’idée est là…), non pas un mais deux Oscars pour son film “The Father”.  Ce premier long-métrage à la réalisation  est adapté de sa pièce de théâtre “Le Père” datant de 2012.  C’est donc l’Oscar de la meilleure adaptation que remporte notre frenchie et celui du meilleure acteur pour l’excellent Anthony Hopkins.

S’il est toujours plaisant de voir que nos stars nationales remportent un succès international et se voient consacrer lors d’une cérémonie prestigieuse comme les Oscar, la victoire de Zeller, résonne tout particulièrement pour l’auteure de ces lignes. Il faut dire que parmi tous les arts, la littérature est peut-être ce qu’il y a de plus intime. La lecture, se vit et se ressent seul, elle invite à l’imagination. Ainsi l’univers crée par l’un, prend un tout autre visage dans l’esprit de celui qui s’y laisse prendre au jeu.  Une relation, quelque part à sens unique se dégage de la découverte d’un roman alors que celui qui l’écrit invite à ses réflexions personnelles et à ses déambulations.  C’est tout particulièrement vrai pour l’univers de Florian Zeller, sa plume vive et à fleur de peau. Et tout particulièrement vrai pour moi qui ai passé mes 20 ans à lire ses lignes.

En attendant de pouvoir enfin se rendre dans un cinéma comme d’autres pays à travers le Monde ont eu la chance de le faire., nous vous invitons donc à la lecture de ses écrits à ardeur. Voilà pourquoi.

Avant l’Oscar, les mots

C’est certainement par le théâtre que Zeller est devenu l’homme à connaître. En 2004, il signait sa première pièce d’une longue série “L’Autre”. De ce côté là, notre homme est particulièrement prolifique, pas moins de 12 pièces écrites et montées en 17 ans. De quoi s’attirer les grâces de Broadway et se glisser derrière la caméra. C’est pourtant par l’écriture d’un roman qu’il fait ses débuts. L’incroyable “Neiges Artificielles” publié en 2002 chez Flamarion. Probablement l’une de ses oeuvres les plus abouties. Suite à la perte de sa relation avec Lou, le narrateur y cherche l’amour, son sens, lui-même, au gré de déambulations parisiennes, d’introspections blasées, de la découverte de ce que devient la blancheur une fois que la neige a fondu. les chapitres y sont courts, précis, agrémentés de citations de Nietzche, Rimbaud ou Louis XVI. Il donne d’ailleurs à ces courts extraits un sens nouveau, le sien appliqué à ses déboires et ses réflexions. Ce qu’aura par ailleurs fait cet écrit sur ma propre existence. Sa plume est acérée comme une lame de rasoir, les mots y sont justes et puissants, tout ici ne traite que de l’émotion. C’est d’ailleurs au cours de son tout dernier chapitre qu’il touche le plus, se détachant de la naïveté de l’enfance, l’ébranlant follement en mettant en perspective les mensonges que l’on sert aux enfants à ceux que l’on peut se raconter adulte. Notre auteur fait un bien cruel Père-Noël mais un narrateur hors-pair dans lequel il pourra être facile de s’identifier si votre coeur souffre lui-même d’une désillusion critique.

En 2003, il publie, le magnifique “Les Amants du n’importe quoi”.  Le lecteur y assiste impuissant à la destruction d’une histoire. Celle de la douce, fragile et modulable Amélie, prête à aimer et à s’attacher et de Tristan, coureur de jupon invétéré qui pourtant aime l’idée d’aimer. Pris dans cette relation dont il souhaite se détacher, dans ses remords et ses craintes, il hésite, se questionne. Tout comme Amélie et ses angoisses. Les certitudes apprises par la société sur le couple sont finalement bien peu de choses face aux doutes et incertitudes. Et si l’herbe était plus verte ailleurs ? Et si, le couple était un enfermement ? Doit-on douter dans les bras de notre conjoint ? En quelques pages seulement, notre écrivain sublime ces sentiments, rend son histoire vraie, tangible et douloureuse.  Il y expose avec brio, les démons de ces trentenaires, des aspirations de vie qui n’ont pas été ou ne sont pas, les passions qui se crées et leurs noirceurs. Les deux être paumés que l’on suit sont décrits avec poésie comme toujours sous la prose de Zeller.

S’en suit avec rapidité, “La Fascination du pire” qui est publié en 2004.  Tout en gardant ses thématiques centrales, entre autre le désir, l’écrivain y renouvelle son registre. En effet, en retrouvant, à l’ambassade de France au  Caire, des lettres égyptiennes sur la sexualité de Gustave Flaubert avec des jeunes filles nubiennes, le narrateur s’interroge sur comment conjuguer Islam et sexualité. Il suit un autre écrivain rencontré dans l’avion obsédé par ses désirs sexuels et sa quête de femmes faciles. Cet ouvrage gagne en reconnaissance : prix Interallié et une sélection pour le prix Goncourt. De prime abord, il traite d’un sujet qui ne cesse d’alimenter le débat public : la place de la femme dans l’Islam. Finalement 10 ans plus tard, il reste toujours aussi moderne. Sauf que, l’auteur ne s’arrête en réalité pas là et sous couvert d’une lecture approfondie questionne surtout sur le monde occidental qui croit en sa supériorité et s’interroge de façon bien superficielle sur une culture qui n’est pas la sienne et qu’il regarde de haut. Au détour d’interrogations, il parle de frustrations, de différences et tend un miroir glaçant à ceux qui le lisent.

Nous parlions enfance avec le dernier acte de “Neige  Artificielle”, voilà que Zeller s’y penche à nouveau en 2006 toujours avec l’amour de ses classiques littéraires. En effet, avec “Julien Parme”, notre auteur écrit son “Attrape coeur” de  J.D Salinger à la française. On y suit la fugue d’un adolescent, alors que la narration à la première personne est particulièrement juste. L’égocentrisme de l’adolescence, ses rêves et envies d’écriture, ses difficultés à trouver sa place. Au cours de son périple, notre héros abandonnera les restes de son enfance, se confrontera aux prémices de l’amour, sa rébellion  et cherchera à se découvrir. Un bel hommage à l’oeuvre culte de Salinger qui loin d’en être une simple copie française crée un personnage touchant, vrai et passionnant.

C’est finalement en 2012 qu’il publie son tout dernier roman avant de se livrer uniquement au théâtre et donc à son passage au cinéma.  Vient donc “La jouissance” publié chez Gallimard. Comme souvent avec ses écrits, il s’agit là plus d’une réflexion sur la société qui nous entoure à travers le prisme du couple que d’un véritable roman. L’histoire est prétexte pour l’auteur à raconter ce dont il est témoin à travers son cercle amical. Ses amis trentenaires qui se séparent peu de temps après avoir eu des enfants. La différence de la perception amoureuse à travers les genres y est mise en avant. Tout comme dans “Les Amants du n’importe quoi”, l’écrivain tient à parler de l’enfermement que peut représenter le couple, surtout pour celui qui voudrait satisfaire tous ses désirs. Sait-on encore faire des enfants ? Sommes nous encore prêt à faire les sacrifices que cela implique ? Les nouvelles générations sont-elles devenues trop égocentriques, trop tournées sur elles-mêmes et leurs plaisir pour placer leur enfant au centre de leurs priorités ? A travers les personnages de Pauline et de Nicolas, l’auteur tend à répondre à ses questions. Il s’interroge sur la jouissance de l’individu au coeur de toutes ses préoccupations et dépeint un portrait bien sombre de ses contemporains.

Littérature contemporaine et spectacle vivant

Ces cinq livres constituent une part de votre bibliothèque idéale. Lisez les, appropriez les vous, ils sont d’excellents compagnons de vie. Avec sa plume moderne, sa capacité à mettre des mots sur les vies et les désirs de ses contemporains, Florian Zeller s’est révélé être un partenaire littéraire de choix pour toujours se questionner. Par le théâtre, sa plume à la fois sensible, vive et vraie a su faire vivre les maux quotidiens et leurs donner un voile poétique qui ne peut que toucher. Son “The Father” dépeint la trajectoire d’Anthony, un homme de 81 ans  dont la réalité, les repères, l’esprit se brisent sous ses yeux et celle d’Anne, sa fille, qui tente de l’accompagner dans ce chemin.  Avec la capacité de narrateur de Zeller, sa faculté à comprendre les sentiments de ses personnages, il n’y a pas à douter du chef d’oeuvre qui attend le spectateur. Il faudra s’armer de patience pour le découvrir en salles obscures mais nul doute que le jeu en vaille la chandelle. En attendant vous pouvez regarder ici sa bande-annonce puis mettre de côté vos smartphones et autres ordinateurs pour vivre un véritable moment d’évasion et de réflexion, les yeux dans les yeux avec un livre et l’odeur de son papier.


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bartleby delicateBartleby Delicate, nous avions eu la chance de le découvrir au Crossroads Festival de Roubaix. Son univers intimiste, émouvant, sensible et joliment écrit y a forcément été synonyme de coup de coeur. A travers ses titres, le musiciens convoque l’âme de Daniel Johnston, la beauté d’Eliott Smith, la capacité à écrire des morceaux pop folk de José Gonzàlez. Et comme tous ses brillantes compositeurs, il apporte son âme à ses mélodies aériennes. Impossible de ne pas tomber fou amoureux.se de titres comme “Sibling” ou “A Little Less Home”.

Puisque 2021 s’avère être une nouvelle ère chaotique, il fallait bien au milieu de tout ça apporter du sens et de la beauté. Et par chance, le 14 mai 2021, le musicien sera de retour avec un nouvel EP puissant “Deadly Sadly Whatever”. Arpège, folk, instruments électroniques, claviers et folk y sont conviés par le luxembourgeois.  Conscient de sa génération, il revendique par ses textes son investissement dans les problématique des millenials. Il s’interroge sur son statut d’homme blanc cis-genre, prend-il la place et le temps de parole d’autres communautés qui en ont besoin ? Le chanteur de Seed to Tree prend souvent le pari de l’introspection, parfois de l’humour pour promulguer un message positif et emprunt de paix.

Le voilà de retour avec le monument “Plastic Flowers” et son lot d’images apaisantes, édulcorées pleines de soleil, de moments de vie, de musique, de mer et de fleurs évidement. Comme à son habitude, le titre démarre avec douceur et des notes sucrées et apaisantes. La voix s’invite posée, elle prend le temps de détacher les mot, de faire résonner les notes. Le refrain arrive comme une vague qui ravage tout sur son passage et masse les esprit. Bartleby Delicate sait créer un cocon où douceur et beauté sont mots d’ordre.  Partez en ballade avec lui, la route sera belle. On ne peut que promettre monts et merveilles pour ce nouvel EP. La perfection sera même au rendez-vous sur le tire sur “Sleeping Song”, le single qui suivra “Plastic Flowers”. Soyez au rendez-vous.

Le musicien a choisi PopnShot pour dévoiler en avant-première le clip de “Plastic Flowers”. Folk, paix et fleurs.

 

Découvrez en avant-première le clip de “Plastic Flowers” de Bartleby Delicate

 


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Blow_CoverFullDelightEn 2018, Blow débarquait avec un premier album  intitulé “Vertigo”.  Une galette composée de 13 titres aux accents rock électros. On y retrouvait d’entrée une ambiance sombre et intimiste (“New Moon Walker”),  des morceaux plus dansants dans la veine modernisée de Pony Pony Run Run (“Green Unicorn”), une belle maîtrise des rythmiques et des voix aiguës qui portent des refrains savamment écrits (“Get Some”) et même de l’instrumental puissant qui côtoie le rock (“Melancholia”). Tout ça c’était avant. Après un passage en major qui a donc permis la sortie de cette galette, Blow a eu besoin de reprendre le contrôle de sa direction artistique et donc de se réinventer. Presque comme après une rupture amoureuse  (mais n’est-on pas forcément amoureux de l’art et du sien ?), le groupe a voulu tout changer. Les parisiens ont même pensé un temps à renoncer à leur nom : Blow. Finalement, si le nom ne change pas c’est la musique qui a vécu une véritable tempête et a permis de changer son style pour mieux se le ré-approprier.

Après des retrouvailles presque manquées, le combo décide de ne pas refaire un nouveau “Vertigo” préférant la surprise. C’est bien ce que promet son nouvel opus intitulé “Shake the Disease”. Un nom dans l’air du temps me direz-vous mais qui tranche pourtant avec l’actualité morose pour se concentrer sur une nouvelle thématique : la rupture avec les machines qui contrôlent les humains. Et si cette fois, l’humain reprenait le contrôle ? Pour ceux qui touchaient à l’électro, la réponse se trouve dans les instruments. Au revoir donc les lignes de synthé obsédantes, elles pourront trouver leur place au second plan. Bonjour plutôt les instruments à cordes, les senteurs 70’s, 80’s et le bon vieux rock libérateur.

La preuve en est donnée avec son tout premier extrait “Full Delight”.  Un départ en douceur et un riff répétitif donnent le ton alors que la rythmique obsédante  se déploie. La voix aiguë est de retour, tout comme les refrains accrocheurs, la nostalgie douce, elle, s’épaissit. La basse prend une place particulière dans le titre, le faisant vivre pleinement et prenant même le pas sur les autres instruments dès que la voix leur laisse la place. Dansant, le morceau profite d’une belle dualité celle d’un rock indie et sa dose de nostalgie qui côtoie sans gène une belle humeur solaire. Cette même binarité s’inscrit dans la démarche d’un album qui souhaite s’interroger sur les fondements d’une personne. Qui sommes nous ? Et qui essayons nous d’être ? Où se situe cette barrière et comment ces deux réalités peuvent elles exister simultanément ? Autant de questions qui trouvent leurs réponses en musique dès ce premier extrait particulièrement réussi qui appelle oreille et réflexion à se joindre. Découvrez sans plus attendre la session de “Full Delight” mise en scène dans un restaurant (plaisir du goût vous dit-on), vide (et ça aussi c’est une grande dualité).

Découvrez “Full Delight ” de Blow


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La mode est à la nostalgie. Celle d’une époque candide et joyeuse, où la musique prospérait et où il faisait bon vivre. Les années 80 et les années 90 n’ont jamais autant fait rêver et autant inspiré. Inspirer oui mais pas au point d’imiter, il faut savoir les renouveler pour se plonger dans un passé revisiter, dans une nouvelle lecture moderne du propos qui sache se re-créer dans une époque.

S’approprier un courant pour le recréer c’est une chose que Laura Lefebvre a bien compris. Preuve en est donnée avec ce “FLASHBACK” déjanté auquel la chanteuse nous convie. Si son clip complètement fou allie avec succès le kitch des séries old school de science-fiction à une douceur sucrée pop, son titre n’est pas en reste. La folle aventure prend ses racines lo-fi dans une introduction aux notes suaves. Vient la voix qui s’invite comme une comptine  sur quelques notes qui se répètent. Comme une Lolita moderne, la musicienne joue avec son timbre de femme-enfant. Jouer est d’ailleurs un mot qui convient bien à ce morceau qui se joue des codes pour mieux les tordre, faire du kitch un atout et monter en puissance sur un refrain aussi punchy que rafraîchissant. Le titre aurait pu être le thème principal d’une série qui aurait bercé notre enfance. Pourtant les sonorités urbaines qui touchent à un électro sensuel viennent vite changer la donne. Sans jamais se prendre au sérieux mais en étant sérieusement qualitative la canadienne Laura Lefebvre réussi un tour de force qui pourrait habiller aux couleurs lilas nos folles soirées d’été (on souhaite fort du moins qu’elles soient folles).

Celle qui officiait un temps dans le folk rock minimaliste ne connait plus aujourd’hui de frontières. Son nouvel EP “La Terre est plate” sortira le 23 avril 2021. Pas besoin d’un vaisseau spatial et de théories complotistes pour y adhérer.

Découvrez le clip de “FLASHBACK”


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