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Julia Escudero

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Il est de ces albums qui vous emportent. Un puissant vent dont la beauté se fait évidence. Un retournement de l’âme qui force à en parler à tout son entourage (et je peux vous garantir que j’en ai parlé à mon entourage ahah). L’expérience est rare. Il faut parfois s’armer de patience pour vivre quelques fois l’an l’amour passion. Le confidentiel bien qu’encensé « Role Model hermit » de Mary in the Junkyard est de ceux-là. Le groupe originaire de Londres et formé en 2022 signe ici un très sensible premier album. Pour la petite histoire, le groupe se formait alors que trois de ses membres étaient encore de jeunes adolescents. L’équipe se rencontre dans un camps d’été dédié à la musique classique alors qu’ils n’ont que 14 ans. Si leur premier concert a lieu en 2022, il faut attendre 2024 pour que la joyeuse troupe publie son premier EP « This old house ». Et puis voilà qu’à l’été 2026 vient la révélation avec cet opus immanquable.

mary-in-the-junkeyard-role-model-hermitRole Model Hermit, grand voleur de nos âmes mary in the junkeyard

Le bruit de couloir était pourtant persistent. Mary in the Junkeyard avait su trouver sa place aux côtés des meilleurs de la scène indé pour prouver sa valeur. Ainsi en France, le public pouvait les découvrir en ouverture de The Murder Capital. Aux Etats-Unis, ils ouvraient pour Wet Leg. De quoi annoncer l’ampleur de sonorités aussi calibrées que radicalement honnêtes.

Ce Role Model Hermit sait aussi bien tirer son épingle du jeu que se caler à merveille dans ce que la scène indie rock a sorti de plus beau ces dernières années. A la première écoute, il est aisé de penser à Porridge Radio ou encore à la carrière solo d’Adrianne Lenker. Au moins pour ce qui est de la voix de sa chanteuse, Clari Freeman-Taylor. On your y retrouve, la même légèreté dans le timbre, une forme de douceur qui pourrait bien évoquer l’envol d’un moineau. Si on devait aller chercher plus loin dans le répertoire de Big Thief, Mary in the Junkyard aurait jeté des regards appuyé sur le titre « Blurred view » dont je ne pourrai jamais assez dire de bien. Le vocabulaire n’est tout simplement pas à la hauteur du talent d’Adrianne Lenker, n’en parlons plus. Loin pourtant d’être une pale copie du groupe américain, notre trio sait offrir sa touche à lui. Un douceur sur le rasoir, une forme de mélancolie qui vient toucher droit au cœur. L’essai est d’ailleurs transformé dès le premier titre qui ouvre ce doux joyaux : « Mantra III ». Le violon y prend ses aises, autant qu’il apporte de son originalité. Et voilà que de façon obsédante le texte me nous susurre encore et encore « it is yours babe, you deserve it ». La répétition en musique est toujours un atout central. Nous voilà obsédé.es. Tant mieux.

La suite va s’inscrire dans cette même dynamique. Il ne faut pas aller plus loin que le deuxième morceau pour rencontrer un immense chef d’œuvre. « Blood » s’ouvre sur une introduction qui se répète avec douceur. Le chant conjugue les montées en puissance avec une douceur qui laisse sans voix. Le refrain percute, s’insère dans les veines. Le tour est joué. C’est pourtant « New Muscles » qui a tout du single. Plus rythmé, il joue de cassures de rythmes parfaitement amenées. Chaque titre de cette première partie est un instant sur le fil. Il n’en fait jamais trop, au contraire, il vient naturellement se placer. Le refrain du morceau prend tout particulièrement aux tripes entre sa mélodie envoûtante et son phrasé hypnotisant. Sans jamais se répéter, Mary in The Junkyard avance dans sa proposition artistique. D’un premier instant froid, la suite laisse planer une part de lumière bienvenue. Une nuance en demie-teinte.

mary in the junkeyardUne deuxième partie à la noirceur qui appelle mary in the junkeyard

« Crash Landing » est une forme de tournant dans l’opus. Ses premiers instants mettent en avant la voix de sa chanteuse relayant les instruments à un second plan qui résonne comme un avertissement. Toute cette mise en place ne sert qu’à donner plus de corps à une montée en puissance enivrante qui donne la chair de poule. Le violon pincé appelle l’oreille. Pris.es au piège, nous voilà maintenant hanté.es. Impossible de sortir de l’immense noirceur qui s’est abattue sur nous. Alors que le titre parle d’émotions en retenues, voilà les nôtres qui explosent. Ces mêmes sentiments, un brin poisseux, toujours à fleur de peau vont venir peupler la suite de l’opus. Une folk sombre, un rock embrumé. La paysage y est toujours parfait. C’est d’ailleurs le courant qui définie au mieux ce virage musical et qui permet de bien séquencer cet opus de plus en plus lourd. Une brume épaisse envahie les esprits sur « Welcome break ».  On y aime à la folie notamment grâce à une harmonie implacable de la voix. Trois derniers titres viennent alors nous écraser le coeur tous emprunts d’une majesté indéniable. « Mouse » conclût ce parfait album. Que la folk est belle lorsqu’elle touche au rock. On pourrait bien s’y terrer comme si l’automne promettait d’être infini à l’image de cet ermite qui susurre à nos oreilles.

Mary in the Junkyard sera de passage à Paris le 5 octobre à la Bellevilloise de Paris


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On ne l’avait pas vu arriver cette année. Pourtant, il est bien là. Rock en Seine, le festival qui donne le top départ de l’année. Le moment des retrouvailles, du bilan et des bonnes résolutions.  Après un été catastrophique en termes de températures mais aussi pour la planète. Après un constat brûlant des conséquences du réchauffement climatique, il fallait revenir à la réalité de nos quotidien. Au milieu, comme un tampon avant de plonger dans cette nouvelle tranche de vie, Rock en Seine faisait comme à chaque fois office de bulle d’oxygène. Il était donc temps d’entamer les festivités avec les deux têtes d’affiches qui ouvraient cette édition en ce 26 août, Sombr et Tyler the Creator.

Tyler the Creator Rock en Seine 2026 par Louis ComarTyler the Creator Rock en Seine 2026 par Louis Comar
Tyler the Creator Rock en Seine 2026 par Louis ComarTyler the Creator Rock en Seine 2026 par Louis Comar

Sombr, un peu de noirceur et beaucoup de coeur

Difficile de croire que l’ascension éclaire de Sombr date d’il y a à peine plus d’un an. Le new-yorkais qui s’était fait connaître sur Tik Tok a pourtant déjà entièrement assis sa notoriété et ce, en un seul album : « I barely know her ». Côté public, le musicien est plus qu’à peine connu. Son entrée scénique permet de l’apercevoir quelques minutes en backstages, face au bourdonnement de plus en plus présent des fans qui l’attendent. Sombr en profite pour faire quelques pompes au sol face caméra. Le monsieur a un brin de théâtralité dans son show qu’on ne saurait lui enlever. D’ailleurs tout va en ce sens. Certes, il s’appelle Sombr, mais sa musique plutôt douce frôle plus avec la pop de lover que le gros rock dont il prend les attitudes. Les yeux maquillés de noir, une veste en cuir et un haut noir en larges mailles viennent l’habiller.  Il en va de même pour ses musiciens. Il n’empêche que du haut de ses 21 ans, Shane Michael Boose, de son véritable nom, sait gérer une foule. S’il vient du même lycée que Timothée Chalamet, il partage avec lui une aura, une aisance naturelle avec le jeu de la séduction. Topo, l’assemblée est conquise dès les premières notes de « We never dated » et « i wish i knew how to quit you » (dont le titre rappelle l’une des plus belles scènes de Brokeback Mountain qu’elle soit ou non sa source d’inspiration). Bavard, il ne manque pas de raconter avoir adorer se promener à Paris « la plus belle ville du monde » et d’ajouter en français « Je t’aime ». Le musicien a la chance d’avoir le même temps de scène que la tête d’affiche de la soirée et a donc une heure et quart pour satisfaire ses fans. Au premier rang, certains panneaux lui demandent de bien vouloir les épouser, s’il vous plait, il faut le dire avec politesse. Sur scène, Sombr profite de son début de set pour présenter ses nouveautés avant d’aller piocher clairement dans son album. Après un démarrage timide, le voilà complètement déchaîné entrainant dans son sillage la totalité du public. Un premier pas sur l’avancée de scène lui permet de se chauffer pour la suite. Le voilà qui traverse maintenant l’intégralité d’un public en trans depuis son interprétation de l’immanquable « Homewrecker ». Il profite d’un passage jusqu’à la régie pour enlacer tendrement ses parents présents ce soir. Et le voilà de retour. Impossible de nier sa capacité de songwritter tant ses compositions s’inscrivent naturellement dans les esprits. Le final permet d’interpréter « Back to friends » mais surtout de jouer deux fois son plus gros succès « 12 to 12 ». Une habitude prise en concert pour permettre au public de chanter en boucle avec lui. Hors festival, le titre peut être interprété encore et encore. Cette fois-ci la seconde lui permet de conclure en posant son regard sombre face caméra et d’arpenter la scène une dernière fois pour ressentir les derniers frissons du public.

Tyler, the creator, flammes sur scène et dans nos esprits

On le savait, il n’y avait aucun doute sur le sujet, Tyler, the Creator est l’un des artistes les plus talentueux de sa génération. Sur album, le petit prodige hallucine par la précision de ses sons. Son flow renverse et bouleverse. Tyler est un grand sur album et un géant sur scène. Au court de l’heure et quart qu’il aura ce soir, le prodige n’a pas laissé de répit à une foule ultra-réceptive. Pas besoin d’un orchestre à ses côtés, le bonhomme se suffit à lui-même. Bon pas sans artifice non plus. Son set est bourré de pyrotechnie qui s’allument en continu. Il n’empêche que si nos esprit réunis face à son live pouvaient être personnifiés par un émoji, la flamme serait immanquablement celui-là. Tyler enchaine les ambiances sans broncher. L’esthétique aliénée et psychiatrique  de « Chromakopia », s’installe avec puissance. On perd nos esprits en le voyant sur écrans géants arborer un masque à la Hannibal Lecter. Sur scène, le musicien a soigné son image :  casquette pantalon et veste sont assortis. Malgré la chaleur, impossible de l’enlever répond-il au public « C’est pour le style ». Et le style, il est autant présent dans son attitude que dans ma maîtrise époustouflante du son.

Les lumières s’emballent et nous voilà toutes et tous transporté.es. « Noid » est l’un des temps forts de ce live, tant sa mise en scène confine à une noirceur hypnotisante. Le live permet aussi au musicien d’ajuster son immense discographie. Certains titres seront ainsi ré-arrangés (« Tell me what it is ») d’autres raccourcis pour mieux s’enchaîner (« Who dat boy », « Are we still friends? », « She »). Le tout fonctionne divinement et quel plaisir d’entendre en live « Sugar on my tongue » ! La force de Tyler tient aussi à sa capacité à tordre sa voix, à la faire passer par nombre de registres. Le musicien aime à titiller la foule :  » J’ai un morceau mais je pense que je vais pas le jouer, vous êtes trop fatigués… » lance-t-il et puis d’ajouter « Si je joue ce putain de morceau, ne me décevez pas! ».  Le public qui depuis les premières minutes du set chante chaque parole prend sa mission très à coeur. Le rendu est sublime. « New Magic Wand » et « See you again » arrivent en bout de course. Tyler porte bien son nom de créateur hors normes.


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Peut-être, si vous êtes féru.es de cinéma d’horreur que le terme d’incel horror vous est familier. Si ce n’est pas le cas, les œuvres qui  font partie de cette nouvelle famille vous parlent certainement. A commencer par le succès au box office du moment, j’ai nommé Obsession. Il n’empêche que depuis que le mot pullule sur la toile, les avis en font de même. Le registre qui fait de l’homme qui martyrise une femme-  le personnage masculin donc – le véritable « méchant » de l’histoire s’avère être aujourd’hui d’une importance capitale. On en parle.

nikki obsessionIncel Horror qui es-tu ?

C’est une nouvelle terminologie qui va donc s’inspirer du mouvement Incel. Ce dernier puise son étymologie dans le terme anglais « involuntary celibate ». Il réunit dans un premier temps sur la toile comme souvent puis dans la vie réelle, des hommes cis hétéros qui estiment subir leur célibat à cause des femmes. Ce postulat vient ensuite créer violences physiques comme verbales, haine et autres horreurs sous couvert de misogynie. Sous une fausse compassion d’homme à homme, ces derniers ont de nombreuses revendications comme l’idée que le sexe devrait être un dû… Cette idéologie se revendique bien souvent d’extrême droite (oh surprise !) et est responsable aux États-Unis de plusieurs tueries de masse. Voilà pour le point vocabulaire essentiel. Le cinéma d’horreur, bien souvent représentant de problématiques sociétales plus générales est allé ces dernières années puiser dans cette idéologie, plus ou moins consciemment,  pour créer de nouveaux antagonistes. L’affaire ne date pourtant pas d’hier puisque Ex Machina (2015) ou encore Invisible Man (2020) jouaient déjà sur cette thématique. Plus tôt même, Les femmes de Stepfort inspiré du livre du même nom traitait du même sujet en 1975. Toujours est-il qu’Obsession de Cury Barker, rare réussite des studios Blumhouse, a complètement relancé la machine allant jusqu’à redéfinir ce sous genre dans le « genre ». On y suit les l’histoire de Bear, un jeune-homme qui parait inoffensif, fou amoureux de son amie Nikki. Sans y croire il craque une boite qui sert à faire des vœux et souhaite qu’elle l’aime plus que tout au Monde. Il transforme ainsi Nikki en une créature privée de son autonomie, littéralement folle amoureuse jusqu’à en faire une créature possédée et dangereuse. Et si l’idée semble familière ou déjà vue, c’est pourtant la première fois qu’il est clair que Bear sous ses airs de gentil garçon soit le véritable danger de l’histoire. 

obsessionL’incel horror, pourquoi est-ce essentiel ?

Depuis Me Too, les choses ont enfin changé. Enfin, plutôt le discours qui rappelle que l’homme peut être un véritable danger pour la femme s’est intensifié, se faisant entendre distinctement. Au risque de titiller les consciences de ceux qui refusent de voir et s’attachent comme à une bouée de sauvetage au terme Not All Men. Les femmes préfèrent-elles croiser un homme ou un ours dans la forêt ? Eh bien Bear, le protagoniste d’Obsession  répond littéralement qu’il vaut mieux croiser l’ours. Parce que les meilleures intentions, vont vite s’avérer devenir un piège d’égoïsme et de possessivité pour Nikki, sa co-protagoniste. Sur les réseaux, les comptes spécialisés dans le registre de l’horreur vont ainsi venir souligner le phénomène et traiter de ces thématiques portées au cinéma. Même le nice guy peut s’octroyer tous les droits sur une femme jusqu’à la priver intégralement de sa personnalité.

incel horror obsession
Obsession

Du foot à Taylor Swift, passions inégales ?

Si on pense que les mentalités ont changées, un coup d’œil dans les commentaires sous les posts traitant d’Obsession sur les réseaux suffit à nous faire ravaler toute forme d’optimisme. Certains internautes arguent donc que si on ne montre que des choses négatives comme ça, le vivre ensemble hommes / femmes ne va pas s’améliorer. Un argument qui n’en est pas un.  Puisque c’est connu avant le cinéma d’horreur le Monde allait bien. Les musées de la torture, le goute à goute, les sorcières jetées dans des puits au Moyen-Âge, c’est le fait du cinéma. De même, l’art n’est pas le problème en matière de relation hommes / femmes. Il s’inspire des faits, de la réalité et les retranscrivent. Obsession vient appuyer là où ça fait mal. Ce ne sont pas seulement de viles actions qui font de Bear le véritable « méchant » de notre film. Mais bien son absence de réaction. Son voeux, il ne souhaite pas l’annuler, il souhaite que Nikki l’aime sans devenir « flippante ». D’ailleurs n’est-ce pas un éternel cliché que celui que la femme amoureuse serait incontrôlable, possessive, dérangeante ? L’amour de l’homme serait noble mais pas celui de la femme. Cette idée existe dans de nombreuses facettes de nos vies. Quand une femme est fan de quelque chose, un groupe de musique par exemple, on va en rire, la traiter de groupie, la prendre de haut avec un joli côté paternaliste. Les passions dites féminines sont toujours jugées sous tous les angles. Si on se dit que des artistes comme Taylor Swift ou encore BTS ont un public à dominante féminine alors peut-on seulement collectivement prendre leur art au sérieux ? En revanche, le sport, comme le foot qui a (théoriquement) un public masculin, lui est jugé comme noble et d’importance collective.

obsession incel horreurLe dangereux Nice Guy

Toujours sur les réseaux sociaux,  d’autres viennent à défendre Bear. Voilà qui en dit long. Attention aux spoilers dans les prochaines phrases.   – Puisque le personnage lorsque son « grand amour », Nikki, le supplie de la tuer, captive qu’elle est d’une hantité qui a pris possession d’elle,  l’intéressé répond « Parce que c’est si horrible de sortir avec moi ? ».  Elle lui répond alors qu’ils n’ont jamais été ensemble. Une douche froide qui lui fait plus mal à l’égo qu’elle n’appelle à son empathie pour celle qu’il dit aimer. ll finit même pour rompre son voeux, par proposer à son bon pote de la récupérer Nikki, s’il l’aide à briser la malédiction. – fin du spoiler – Il est vrai que de prime abord le personnage de Bear ressemble au garçon gentil, doux, lambda. Et l’identification peut-être facile. L’intérêt de ce genre d’œuvre est tout autant de s’interroger. Aurais-je agis pareil si j’étais lui ? Pourquoi n’aurais-je pas dû ? Comment remettre en question mes réflexes ? Ce sont ainsi ces thématiques qui viennent à déranger. Le miroir au trait grossissant vient à questionner des attitudes et personnalités. Not all men mais Bear aussi. Alors à sa place n’aurai-je pas naïvement fait un vœux ? N’aurai-je pas accepté ses avances ? Et puis après tout, Nikki est une grande fille, il ne peut pas se douter, il ne lui voulait pas de mal. Sauf que chaque action va l’enfermer dans sa condition et va accentuer son pouvoir de domination. Il ne souhaitera d’ailleurs rompre le sort que pour des raisons hautement égoïstes.  L’art et le miroir obscure qu’est le cinéma d’horreur sur notre nature profonde est une façon pertinente d’évoluer en tant que société et personne. Instinctivement nous sommes toutes et tous capables des pires atrocités. Société, réflexion et morale sont autant d’atout pour que le cinéma soit autant une mise en garde qu’un exutoire de nos noires pensées. la capacité à prendre du recul, à faire évoluer notre pensée lorsque nous sommes dérangé.es par ce que l’on voit est primordiale. Les réponses à chaud sur les réseaux sociaux ne fait que confirmer une problématique encrée. Celle qui dit « je ne pourrai pas être le véritable du monstre dans un film d’horreur alors pourquoi est-ce que je me reconnais en lui ? »

companion incel horror
Campanion

L’incel horror et ses visages pluriels

Si elle n’a pas toujours été nommée, elle a toujours fait profondément partie de notre histoire. Elle existait déjà dans les contes populaires. Barbe Bleue en est un vestige. La mari qui tue ses épouses les unes après les autres est un schéma si encré qu’on le racontait aux enfants. Côté cinéma, en 2015, le remake de l’homme invisible vient hanter Elisabeth Moss déjà habituée des argumentaires forts en terme de féminisme grâce à la série Handmaid’s Tale. Son ex s’y fait passer pour mort et trouve une formule pour se rendre invisible. Le voilà qui vient la harceler pour la faire passer pour folle. Et évidemment, étant une femme, le piège fonctionne divinement. Est-on vraiment jamais sorti du moment où on traitait les femmes d’hystériques ? Si le mot est aujourd’hui peu utilisé, le concept continue de perdurer.

invisible man incel horror
Invisible Man – Elisabeth Moss

Plus récemment, en 2025, le film Companion venait à explorer une thématique similaire. Cette fois-ci, le « nice guy » s’offrait une forme d’androïde hyper réaliste et la sensibilité réelle pour se créer une petite amie entièrement dévouée à ses besoins. Grâce à une télécommande il peut d’ailleurs faire varier son intelligence et ses envies. On y retrouve une métaphore évidente du gaslighting qui consiste à faire douter une femme de ses capacités. Comme se fut le cas pour Ex Machina, le registre utilise le progrès et l’intelligence artificielle pour satisfaire son besoin de pouvoir sur les femmes. Les nouvelles technologies sont autant de façon de toujours plus contraindre. C’est également ce qui est raconté dans Don’t Worry Darling, le film d’Olivia Wilde qui met Florence Pugh et Harry Styles à son affiche. Grâce à un nouvelle technologie, l’ex toxique enferme une femme dans une réalité artificielle qui en fait une femme docile des années 50. Un univers qui ne demande qu’à être fracturé. Il y aura dans le futur beaucoup à raconter et on souhaite au genre de continuer de produire nombre d’oeuvres de qualité comme ce fut le cas avec Obsession. Si le débat en sortie de salle se développe pleinement alors peut-être qu’il finira par prendre une véritable place dans l’espace public. En la matière, le choc que propose le cinéma d’horreur reste le meilleur des vecteurs.


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Mais qui est Mr Fantasy ? Personnage décalé et fantasque, il affole la toile depuis ses débuts. Avec un premier titre « Mr Fantasy », le bonhomme s’offrait déjà quelques 2 millions de streams dès son lancement. Mais derrière son air naïf et sa posture imprenable, Mr Fantasy semble cacher une double identité. Ne serait-ce pas KJ APA ? Rencontre avec un personnage haut en couleurs et son univers déluré.

Mr Fantasy Mr Fantasy Mr Fantasy : le fantastique double de KJ APA ?

Qui ici a suivi la série « Riverdale » jusqu’à sa dernière saison ? Assurément moi. Et chaque épisode, chaque séquence semblait alors partir un peu plus loin dans le domaine de l’absurde. De bataille avec un ours à  des super pouvoirs sortis de nul part puis un basculement dans les années 50 ou même le gêne du tueur en série… rien ne nous a été épargné. En son centre le personnage d’Archie, interprété par KJ APA dont la « beau gosse-itude » était l’un des faire-valoir de la série. A sa conclusion, what the fuck elle aussi, restait un grand vide. Comment introduire un peu de fantaisie barrée dans nos vies ? Eh bien, bonne nouvelle.  Puisqu’en 2025, voilà que débarque le très loufoque Mr Fantasy  et ses titres entre funk, disco et pop. Un condensé hyper joyeux, sucré et très accessible bordé par des sonorités nostalgiques à la sauce 80’s. Mais si l’affaire prend si vite c’est aussi parce que sur TikTok on s’interroge. Mr Fantasy ne serait-il pas en réalité KJ APA ? Impossible répondent certain.es, il a de grandes dents de travers que n’a pas l’acteur. Non ce n’est pas lui … Et puis comment Superman pourrait-il voir sans ses lunettes ?

Est-ce que KJ APA va bien ?

N’empêche, voilà que Mr Fanntasy s’amuse à entretenir le doute et pousse la stratégie (marketing et) follement divertissante à son apogée. On retrouve ainsi Mr Fantasy aux cotés des co-stars de Riverdale de KJ Apa sur de nombreuses vidéos sur les réseaux sociaux. Camila Mendes (Veronica Lodge dans la série) lui offre ainsi un cours de yoga un peu barré. Plus tard, sur le tapis rouge des « Maîtres de l’univers » dans lequel elle a l’un des rôles principaux, un journaliste l’interroge, préfère-t-elle Mr Fantasy ou ce bon vieux KJ Apa ? L’actrice ne souhaite pas se prononcer. Elle vient de rencontrer Mr Fantasy explique-t-elle. Les deux sont adorables. Pas tant que ça du côté de KJ qui se lance dans une guerre ouverte contre Mr Fantasy. Au micro des journalistes, il explique être un acteur sérieux et ne pas savoir pourquoi on lui parle de lui. Il publie aussi au printemps 2026 une longue vidéo dans laquelle il explique qu’une horrible personne se fait passer pour lui, qu’il est un homme sérieux qui a lutté pour construire sa carrière et qu’à cause du chanteur il ne peut plus travailler maintenant. Il ajoute même n’avoir « aucun respect » pour cet individu. De son côté le personnage barré multiplie les apparitions grand guignol, ses grandes dents en avant et ses tenues colorées pour armes. Gooffy à souhait, le chanteur cartounesque, semble décontenancé par son grand corps, saute partout quand il rencontre quelqu’un et s’attire les ferveurs du monde. Sur TikTok avant même la sortie de son album, le chanteur a déjà plus d’1.2 millions d’abonnés.  Les autres stars du cast de Riverdale deviennent ses potes, Lili Reinhart aussi. Mr Fantasy explique qu’il la trouve très belle avec ses grands yeux. Et notre interprète d’Archie exulte de jalousie. La guerre ne peut pourtant plus continuer, KJ Apa et Mr Fantasy s’offrent donc un diner pour se réconcilier. Des photos et vidéos sont même partagées des deux personnes ensemble. « Il a pris du poulet et moi un cocktail et on a parlé de tout ça » explique alors Mr Fantasy au micro d’Entertainement Today sur un tapis rouge. Là encore en gloussant. Nos doubles semblent alors trouvé un terrain d’entente … puisqu’ils sont bien deux personnes différentes, personne n’en doute (clin d’oeil, clin d’oeil). Et puis KJ Apa, si c’était lui hein on sait jamais, ne serait pas le premier à ne pas vouloir immédiatement révéler au grand jour son identité. Joe Keery de Djo avait lui aussi caché sa présence dans le groupe à ses débuts pour éviter de focaliser l’attention sur sa carrière dans « Stranger Things ». Et puis il voulait permettre aux gens d’écouter la formation avec sincérité sans apriori.

Mr Fantasy albumUn premier album en juin pour Mr Fantasy

Tout ça n’empêche pas Mr Fantasy de travailler. Le chanteur publie ses singles « Mr Fantasy », « One Last Night » et  « Do me Right » sur les plateformes, des hits en puissance. Tous cartonnent et collent à son image. Décalés, funs et pourtant diablement efficaces. Le 26 juin 2026, le musicien dévoile enfin son album, le très attendu « Fantasyland ».  Un bonbon acidulé offert au Monde. Reste à attendre une tournée mondiale et un passage français. Ce serait bien la promesse d’enfin découvrir sur scène KJ… ou pas.

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