A l’évocation de la scène la plus gore du cinéma, le nom de « Bone Tomahawk » est le premier à hanter mes nuits. Pourtant, le cinéma d’horreur peuple mon quotidien depuis mes 6 ans. Il n’empêche que ce western sombre ne laisse en rien présager de l’horreur et de l’hyper violence de sa scène centrale. On y suit le sherrif de Bright Hope, à la poursuite de mystérieux Autochtones qui ont kidnappé plusieurs habitants de son village en guise de vengeance. Le sort réservé à l’un d’entre eux est impossible à oublier tant sa cruauté et son réalisme dépassent toute attente. Un film réservé à un public expert dont le rythme lent s’offre une apogée cruelle à base corps coupé en deux. Le reste est à voir pour éviter de trop spoiler.
Terrifier 2
Il pourrait sembler impossible de sélectionner une seule scène dans la franchise Terrifier. Tous regorgent de leurs scènes de tortures, de tripes, boyaux et membres coupés. On raffole de l’aspect grand guignol de la saga, son amour pour le genre et sa capacité à ne pas se prendre au sérieux. Et pourtant au centre de cet humour, des scènes de tortures jusqu’au-boutistes, amusantes comme des montagnes russes franchement dérangeantes . En choisir une tient sûrement à l’affect mais celle de la purée, incluant la mère de Sienna, un cerveau et des pommes de terres, reste l’un des temps forts d’Art le clown. Non pas qu’on oubliera le tube et les rats, ou la douche et la tronçonneuse pour autant.
Martyrs
Le film de Pascal Laugier est l’une des plus grandes claques jamais prises au cinéma. Non seulement la tension y est constante, le propos puissant mais la dureté de ces scènes est de celles qu’on n’oublie jamais. On y suit la jeune Lucie, kidnappée et torturée dans sa jeunesse. Devenue adulte, elle frappe à la porte d’une famille ordinaire armée d’un fusil de chasse, persuadée d’avoir retrouvé ses bourreaux. Accompagnée de son amie Anna, elle tire. Voilà le début d’une descente aux enfers, épouvantable. Sa toute dernière scène vivra dans les esprits pour toujours. Après tout à quoi sert la peau ? Eh bien doutez !
Piranha 3D
Difficile d’évoquer le cinéma gore sans faire un immense clin d’œil à notre très frenchy Alexandre Aja, exporté aux Etats-Unis. Le pitch est simple : un lac, un spring break et des piranha. Aja en bon amoureux des série b des années 70-80 ne lésine pas sur les moyens. Il s’offre un moment léger dans son écriture, un brin absurde et blindé d’hémoglobine. Il est d’ailleurs connu pour son immense quantité d’hémoglobine alors que 300 000 litres de faux-sang avaient été utilisés pour une seule séquence. Cette scène, c’est le grand massacre du Lac Victoria durant lequel tout est permis : de corps découpés à s*xe arraché. Un gros moment de fun pour un bain de sang phénoménal.
The Sadness
Le cinéma le plus violent, il se trouve aussi et on le sait du côté de l’Asie. La liste de films jusqu’au boutistes et d’une violence douloureuse à regarder est largement grossie par nos compères japonais et coréens. Mais dans le lot, The Sadness profite d’une violence souvent insoutenable. C’est cette fois à Taiwan que se déroule notre intrigue. Un virus y sévit et transforme ceux et celles qu’il touche en d’horribles sadiques habité.es par une immense soif de violences. Tous les meurtres ne se donnent globalement aucune forme de limite. Mais la palme revient certainement aux retrouvailles entre un bourreau et une victime qui avait déjà perdu un œil. Un moment à ne pas montrer à tout le monde.
Green Inferno
Mais peut-on parler de cinéma gore sans faire un saut du côté des films de cannibalisme ? Difficilement. Il aurait probablement fallu citer « Cannibal Hollocost ». Et pardon aux puristes de ne pas le faire. Je l’ai vu à mes 15 ans et ne m’en suis jamais remise. C’est pourquoi il m’aura fallu des années avant de me décider à visionner Green Inferno d’Eli Roth. Le réalisateur ne lésine pas souvent sur ses effets et son Thanksgiving s’était d’ailleurs révélé être une réjouissante surprise. Il n’empêche, Green Inferno qui est un hommage donc au film de Ruggero Deodato, a son lot de scènes qui prennent à la gorge. On y suit un groupe d’activistes qui se retrouvent suite à un crash aux prises d’une tribu cannibale. Le premier meurtre du métrage a largement de quoi couper l’appétit. Heureusement, plus tard, une certaine scène de fonce dalle permet d’apporter un peu de légèreté à un film qui prend aux tripes.
Dead Snow
Peut-on oublier Dead Snow ? Le doit-on seulement ? Le film norvégien est un habile mélange entre comédie et gore. On y suit un groupe d’ami.es partis skier dans les montagnes. Seulement voilà les choses dégénèrent et les voilà aux prises de zombies … nazis. Les pires super méchants qu’on puisse imaginer. Avec force comique, le film de Tommy Wirkola joue à explorer tout ce que l’on peut faire avec des tripes. Et même, pourquoi pas une corde ? Voilà une scène qui vaut d’être regardée. Comme sa suite, qui oppose les zombies nazis aux zombies communistes…
Evil Dead (2013)
La franchise Evil Dead, à l’origine lancée par l’immense Sam Raimi, n’a de cesse d’ajouter des films de plus en plus violents à son palmarès. Derniers nés en date : Evil Dead Rise et Evil Dead Burn, deux métrages bien bourrins qui s’amusent de masses d’effets et d’hémoglobine. Soyons honnêtes, ces deux là sont les versions grand public du film de Fede Álvarez. Lui n’a aucune limite. Notamment la mise en image du découpage d’un bras pour éviter de se retrouver contaminé.e par l’épidémie. Le reste du film est un moment aussi poisseux que plaisant, à voir.
The Loved Ones
Difficile de faire cette sélection sans balancer un peu d’amour pour le cinéma d’horreur indé australien. C’est à eux qu’on doit Wolf Creek et ses nombreuses scènes abominables. Doit-on rappeler que les plus grands des boogeymen sont finalement les humains ? Dans The Loved Ones la fille la plus timide du lycée se voit éconduire par Brent lorsqu’elle lui demande d’aller ensemble au bal du lycée. Bien décidé à ne pas danser seule, elle décide de créer sa propre soirée avec Brent avec ou sans son accord. Le roi du bal se retrouve vite couronné d’une couronne bien épineuse. Le sort des derniers princes charmants avant lui est l’une des scènes les plus dérangeantes qui puisse être vue.
Si vous posez la question docteur, c’est parce que vous ne savez pas ce que ça fait d’être une adolescente. C’est à quelques mots près ce que répondait…
Plus rien ne peut arrêter Fontaines D.C.. Les génies irlandais du post punk ne font que poursuivre une ascension folle qui ne semble pas connaître de limite. Et dans leur quête de toucher les cieux se niche une capacité à toujours se renouveler. Du très smithien A heroe’s death et ses références encrées dans les vertes contrées irlandaises qui les ont vu naître à Romance et son univers qui flirtait avec les 90’s entre Korn et Oasis, le chemin est immense. A chaque album, un nouveau coup de génie. La machine à tubes qu’était Skinty Fia se détachait du très indé Dogrel, leur premier né. Romance leur avait ouvert la voix d’un succès digne de la grande époque d’Arctic Monkeys. Après avoir rempli un Accor Arena en seulement 5 minutes, mais chacun.e sait qu’ils auraient bien pu en remplir 10 s’ils l’avaient voulu, il était temps d’enfin découvrir leur nouvelle merveille : Dopamine Chamber.
Dopamine Chambre : chambre froide d’une epoquefontaines d.C.
crédit : Ewen Spencer
Dopamine : neurotransmetteur, aussi surnommé molécule du plaisir. Est-ce lui qui perdure après la romance ? Celle-ci s’est craquelée et nous a abandonnés. Si Fontaines D.C. a toujours été un miroir obscure tendu à notre société, le groupe de Grian Chatten continue sa quête obsessionnelle de vérité. Les débuts de ce nouveau jet sont aussi abruptes que puissants. Avec eux et leurs poussées électros synthé, on s’éloigne des deux singles énigmatiques, dévoilés pour mieux nous teaser l’album. « Marianne » promettait un voyage accessible et construit alors que « Tongue » brouillait toutes les pistes. De son côté « Six Shot Morning », l’ouverture de notre shot de dopamine promet une entrée en matière bien plus sinistre et oppressante. La voix de notre meneur s’y fait grave, toute notre attention est sollicitée. Ce neurotransmetteur il est nous est donné via nos téléphones selon la formation. Les images de guerre, de catastrophes écologiques, d’intelligence artificielle y côtoient des memes de chatons. Où est donc la romance dans tout ça ? Nous sommes les victimes collatérales d’écrans qui obnubilent à faire perdre la raison … et la morale. Fontaines D.C. nous le disait déjà sur « Televised Mind » (A Hero’s Death). Ce sont donc les ténèbres qui prennent d’assaut cette quête introspective alors que Grian Chatten nous dépeint un Monde dans lequel : « Silicon Valley took a photograph ». N’essayez pas de régler vos écrans, nous contrôlons tout ce que vous allez voir et entendre. Ce qu’ « Au delà du réel » dépeignait dans son obscure séries de contes télévisés dans les années 90 a tout autant de réalités aujourd’hui. Et si seul le punk pouvait encore un nous sauver ? Lui qui n’a jamais chercher à sauver la reine. Des têtes doivent tomber. En attendant côté album, elles tournent à toute allure. « Marianne » rappelle l’immense capacité tubesque d’une formation pour laquelle la quête créative semble n’être qu’une formalité. « Happy for you » comme « Demolition » ont tous les deux cette même immédiateté. Celle des plus grands titres qui habiteront nos esprits une vie durant. En la matière la production aide à se plier à ce jeu de perfection. La profondeur est bien là et chaque titre profite ainsi d’une ampleur majestueuse qui ne fait que rappeler que Fontaines D.C joue dans la cours des grands. Vive ces rois et leurs têtes bien faites, ceux que l’on attendait tant !
Chambre noir et photographie d’une epoque fontaines D.C.
Une première écoute chez les disquaires indépendants (dont le nôtre) avait rassemblé les foules le 8 octobre. Au programme des magasins qui débordaient d’une communauté de fans aimants. La première surprise lors de sa seconde écoute en solo tient en l’aisance instantanée que l’on peut avoir avec chaque morceau. Il ne faut qu’une fois pour que cette grande chambre pleine de dopamine ne semble familière. En seulement deux petites années, Fontaines D.C. a complètement abandonné le masque de la romance, ses références aux années 90 sont restées coincées derrière des tenues en rose et bleue. « Mimesis » ressemble plus à un élégant clin d’oeil à Joy Division. L’âme du groupe de Ian Curtis formé en 1976 semble bien faire quelques apparitions ça et là. Peut-être même que les corbeaux tourmentés des Cure et de leur trilogie cold wave dont l’épicentre est Pornography auraient eux aussi volé au dessus de la chambre de nos irlandais. « You Miss Me » en emprunte quelques habits sans jamais perdre de la capacité tubesque de nos irlandais. Si la voix de Chatten et sa capacité de conteur y est pour beaucoup, les guitares de Connor Curley et Carlos O’Connell sont le coeur vibrant de l’opus. Elles n’ont jamais perdu la fougue de leurs débuts. Pour la formation la question du où ? a toujours été primordiale. Venir de Dublin, s’en éloigner, trouver la romance ailleurs et aujourd’hui où s’échapper. L’urgence de ces interrogations qu’explique Deego dans le communiqué de l’album se retrouve dans chaque morceau. Comment se construire en toute perte de repères? Le groupe y répond par la création d’un empire. Dopamine Chamber c’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres mondes dont celui de Rosalia. La musicienne avait entièrement redéfini la pop avec son immense Lux, entre opéra multilingue et créativité hors normes. Sur « Where is Gone » sur lequel elle s’offre un duo, elle vient aussi apporter sa touche de lumière. Les voix en sont l’obsédant centre alors qu’elles se répondent en un habile jeu. Une pause pleine de douceur qui tranche radicalement avec une intro plus électro et des guitares qui résonnent comme des claviers. Le groupe n’a donc aucune limite ! Les singes fédérateurs de U2, d’autres irlandais devenus trésors mondiaux sont à la portée de nos musiciens. Il en sucent la substantifique moelle pour y ajouter une sauce de noirceur. Jamais radiophoniques, jamais grand public, toujours Grands, tout simplement. Titre après titre, Fontaines D.C. prouve qu’ils n’ont rien perdu de leur superbe. désireux de ne pas s’abandonner aux désiras d’une audience de plus en plus nombreuse, le groupe fait le pari de ne jamais se perdre. Qu’importe les tournées des stades qui font tourner les têtes, les quêtes existentielles restent les mêmes. Les esprits surchauffent au gré de morceaux toujours aussi précis et identifiables. La froideur dublinoise est là, palpable. Rien dans ce nouvel album ne sent le « Rock star, Porn star, Super Star » que le combo s’amusait à chanter dans « Boys in the Better Land ». A la manière de « Favourite », le morceau le plus joyeux de leur dernier né, « Japan » affiche un temps bien plus lumineux en bout de course. Peut-on passer des pubs irlandais à la grandeur japonaise et toujours être chez soit ? Probablement si l’on sait transporter sa chambre avec soit. « Intimate » permet à Grian Chatten d’énumérer avec gravité ses obsessions une dernière fois. Les machines sont omniprésentes, les répétitions nous enveloppent dans leurs shots de dopamine. N’éteignez pas vos enceintes, Fontaines D.C. contrôle tout ce que vous allez entendre. Les écrans mentent, le punk lui convoque encore autant la vérité qu’il sait synthétiser le bonheur.
Qui aurait pu prévoir une telle trajectoire à Cameron Winter ? Son groupe Geese sortait en 2021 un premier album Projector au succès surtout indé et réservé aux…
Mary in the Junkyard, c’est le secret indie qu’on se transmet depuis cet été. Les murmures se sont fait denses. Le trio américain dévoilait en effet aux beaux…
Julia Jacklin, nous étions tombés amoureux.ses de sa musique sur le parfait Crushing sorti en 2019. Une folk à fleur de peau s’y écrivait. A vous tordre le coeur. Cet opus a hanté nos peines et nos passions. Et nous étions pleinement libres de l’aimer. En 2022, l’australienne revenait à la conquête de nos coeurs avec PRE PLEASURE. Nouveau coup de coeur, nouvelle passion. Cet amour là était bien installé et fait pour durer. Voilà donc que nous attendions sa suite comme on attend le prochain date. Les papillons dans le ventre étaient bien là. L’annonce de The Gem jouait d’autant plus la carte de l’excitation que notre musicienne annonçait rejoindre le label 4AD. En la matière, c’était une promesse à demi-mots. Le label sait tirer l’excellence vers le haut, accompagner les artistes dans un tournant décisif de leur carrière, leur offrir un nouveau départ.
Du crush à sa suite
julia jacklin
C’est le 25 septembre que la musicienne dévoilait donc son nouveau récit emprunt d’émancipation intitulé The Gem. L’amour peut prendre bien des formes. Julia Jacklin l’expliquait ainsi : « Je veux aimer et être aimée, mais je veux aussi me sentir libre. La tension entre ces deux choses a été la question centrale de ma vie. » Peut-on effectivement aimer sans appartenir à quiconque ? Peut-on garder son autonomie totale face à celles et ceux qui nous enferment dans ce sentiment ? The Gem, le lieu de ce nouveau rendez-vous c’est le nom d’un pub. En 2017, la chanteuse quitte son Melbourne d’origine pour aller vivre à Sydney. Elle veut s’y intégrer et pour se faire elle sort de sa zone de confort et passe beaucoup de temps dans ce petit bar qui laisse jouer des artistes. Huit ans plus tard, alors que Melbourne est devenu sa maison, la voilà en quête de son nouvel album. Pour la chanteuse, la musique, comme l’amour est un instantané. Peut-être voit-elle même la composition comme le chemin de la simplicité, une transcription naturelle des sentiments. Elle pense l’écrire en deux semaines mais ça ne sera pas le cas. En avançant à tâton pour la première fois, sans relance de l’industrie musicale sur ses nouveaux projets, elle entame un travail de création bien différent de nos premiers béguins. Cette fois-ci l’histoire naitra en plusieurs étapes, tout ne sera pas un long fleuve tranquille. Et voilà qui donne sûrement à The Gem sa patte si particulière.
Tourments et sentiments julia jacklin
Bien différent de ses autres albums, ce dernier né est une histoire peuplé de parties bien distinctes. Il faut attendre le milieu de l’album pour retrouver les chants hantés qui ont fait nos premiers émois et auxquels Julia Jacklin nous avait habitué.es. L’opus s’ouvre sur le très réussi « Brand new », single en puissance au refrain obsédant, bien plus enjoué que ces précédents titres. La suite de ce premier chapitre s’offre un virage pop rock. On pense à l’excellence qui berçait la pop féminine des années 90, quelque part entre Leah Andreone, Neneh Cherry, Sheryl Crow et Suzanne Vega. Des compositrices de talent avec une véritable proposition musicale qui vient toujours hanter nos esprits. C’est tout particulièrement vrai sur la guitare de « If I had the hand of God » et la composition de « The Hardest Thing ». Si l’opus est aussi disparate et que ses étapes sont si marquées, c’est aussi parce qu’il a vécu deux naissances. La première a été célébrée en grande pompe. Listening party, fiesta, il semblait prêt à être révélé au monde. Seulement deux jours plus tard, Julia Jacklin voit les choses sous un autre oeil. Elle n’aime pas entièrement sa création, elle n’est pas achevée. Elle semble vouloir y prouver quelque chose. Ce quatrième album, comme dans une relation s’inscrit comme une étape décisive. Celle où l’on continue de vouloir être la personne que l’autre attend et celle où l’on a besoin de briser ce cercle. A force de ne plus être soit, on lâche comme un élastique. Et si ce nouveau jet parlait de se retrouver ? La musicienne s’y redécouvre titre après titre osant doucement enlever ses artifices pour mieux apprendre à se connaitre et à s’aimer. « Real Life » trouve sa place en sixième position de l’opus et fait la part elle à une batterie aussi omniprésente que répétitive. Tout comme le cercle de création dans lequel s’enfermait notre musicienne. Les habitudes sont là pour nous porter et nous réconforter. « Get Away from Me (I Think I’ll Love You Soon) » qui le suit est une véritable percée rock, bien plus lumineuse qu’à l’accoutumé. Un élan qui vient immédiatement se transformer en quelque chose de plus lent, plus douloureux. La liberté salvatrice du rock vient avec un prix. Et toujours cette question en tête aimer et être libre sont-ils antithétiques ?
De l’amour dans sa version la plus pure
Pour aimer, il faut aussi s’aimer soi-même. Et pour se retrouver pleinement, il faut creuser aux premiers instants des personnes que nous sommes. C’est ainsi que c’est une berceuse, « I Wish » qui vient conclure ce rendez-vous. Un retour à l’enfance et sa candeur réalisé avec The Maes. C’est aussi un nouveau message d’espoir qui s’écrit. La quête de soit est avant tout une quête de liberté. Les notes douces viennent alors porter ce propos tout comme la voix de la chanteuse qui susurre et appelle toujours. Julia Jacklin est une sirène de conte de fée. Elle hypnotise par ses féeries pour notre plus grand bien. Sa voix est un trésor qui se partage. Ce rendez-vous est en réalité autant une étape pour la chanteuse que pour celles et ceux qui l’écoutent depuis ses débuts. Une nouvelle façon de la connaître et de la découvrir. Qu’importe si on l’aimera ? Pas tout à fait. Aimer c’est aussi accepter l’autre dans sa totalité, aimer les imperfections et les traits de génies. Et pour se faire quoi de mieux que de parler à l’enfant en elle, lové quelque part dans le pub qui lui aura permis de trouver sa nouvelle maison ? Quitter The Gem, c’est toujours espérer y retourner au plus vite.
Adult DVD ce nom ne vous parle peut-être pas encore. Pourtant alors que le punk refait ses lettres de noblesses, ces originaires de Leeds ajoutent une pierre de…
Voilà près de quatre ans que Gilla Band n’a pas sorti d’album. Pugnello, leur dernier album, sorti ce 25 septembre, semble le point de culmination de tous les…
Lambrini Girls Rock en Seine – crédit photo Louis Comar
Aller à un concert c’est pour se détendre, doit-on vraiment nous parler de politique ? Cette question, loin d’être la nôtre, on y a été particulièrement confronté.es ces derniers temps. En cause, une vidéo que l’équipe de Pop&Shot réalisait à Rock en Seine suite au concert de Lambrini Girls. Le groupe de punk anglais y arborait un fond de scène avec écrit « Fuck Marine Lepen » et profitait de son show pour balancer ses messages engagés contre l’extrême droite et pour les droits des personnes trans. Un set important, en plus d’avoir été un live bouillant à vivre. Toujours est-il que les défenseurs de l’extrême droite française ont profité de ce post sur Facebook pour nous lâcher quelques 1500 commentaires plein de haine. Au milieu d’un tissus auquel il serait impossible de répondre (parce que les termes « elles puent la pisse » et » buveuses 8.6 chaude » ne constituent pas un avis assez intéressant pour faire le charme d’un débat intelligent), cette question a donc surgi à de nombreuses reprises. Un concert peut-il être un simple lieu d’amusement ? La musique ne pourrait-elle pas simplement être de la musique et se détacher de tout propos sur la société qui l’entoure ? Et l’affaire de Mackelmore, exclu des premières parties d’Ed Sheeran en raison de son soutien à la Palestine, n’a fait qu’enflammer le débat. Une occasion pour nous d’explorer ce vaste sujet et d’y apporter un début de réponse. De Billie Holliday à Dolly Parton en passant par Lady Gaga, Madonna, Thom Yorke, Elvis Presley, Oasis, les Sex Pistols ou encore Mackelmore, on fait un petit tours du sujet. Pardon, mais du coup les termes « pue la pisse » ne feront donc plus partie du débat. Mais merci à vous aussi les sniffeurs d’écrans pour votre contribution.
L’art est-il politique ? concert et politique
crédit photo Louis Comar
On vit une époque où on nous dit que tout est politique. Un terme repris avec tant de force qu’il finit parfois par perdre celles et ceux qui le lisent. Peut-être donne-t-il aussi le tournis. La prise de conscience est souvent douloureuse. Pourtant les faits sont là : le contexte est primordial. L’existence même d’un projet musical dépend de son environnement politique. Le simple fait de pouvoir se produire sur scène et d’en faire un espace libre d’expression n’est pas anodin. Les dictatures brûlent les œuvres, en font des moyens de propagande, font taire celle et ceux qui les critiquent. L’art est toujours le miroir de son environnement. Il en est la réponse, l’analyse, la critique, porteur de révoltes et de messages. Il est, pour le plus grand nombre, notre éducateur sentimental et intellectuel. Et dans ce tourbillon, la musique est son émissaire le plus efficace et certainement le plus direct.
Littérature, musique, politique
Crédit photo Louis Comar
On aura vite fait de balayer l’idée que le punk puisse avoir mot au chapitre en terme de politique. Qu’en savent ses représentant.es ? Et puis où serait donc la musicalité dans un courant incompris ? Le mépris de classe veut qu’on catalogue les arts et registres. Certains mériteraient donc plus d’attention et de respect que d’autres. Au risque de surprendre (non), la contre-culture punk n’est pas la seule à dénoncer. Au contraire, toute l’histoire de l’art regorge d’exemples en ce sens. Chères élites, votre ami Jean de La Fontaine, utilisait déjà son art pour moquer le roi Louis XIV à travers une satire qui utilisait le masque des animaux pour mieux donner sens à son propos. Victor Hugo parlait de la peine de mort dans « Journal d’un condamné » pour ne pas citer l’évident « Les Misérables ». On pourra aisément ajouter « Germinal » de Zola à cette courte énumération. L’idée n’étant pas de perdre de vue notre thématique, on évitera de fouiller dans l’immense terreau littéraire qui grouille d’exemples en la matière. Le questionnement sur l’art est l’une des grandes thématiques en philosophie. Il n’a pas vocation à être beau et à s’accrocher dans son salon. Evidemment, il peut être beau – parfois sublime mais ce n’est pas sa raison d’exister. Si tout est politique qu’en est-il d’artistes qui refuseraient de prendre position sur scène ? Nous reviendrons plus tard sur le cas Ed Sheeran pour mieux parler de Thom Yorke. Le monde actuel exige une transparence constante. Le meneur de Radiohead en a payé les frais après avoir refusé d’offrir son soutien à la Palestine pendant un concert. Un membre de l’audience l’avait interpellé en lui demandant de s’engager aux cotés de Gaza. Le chanteur qui a pourtant pour habitude de se tenir du côté des opprimés avait alors choisi de ne pas répondre à cette demande. Ce n’était selon lui pas le bon moment. Une absence de prise de position qui avait été vécue comme une trahison envers la cause et qui a été reprise en boucle sur les réseaux sociaux. Le monde actuel laisse finalement peu de place aux opinions mitigés et c’est aussi parce que les thématiques que nous rencontrons sont de toute gravité et requièrent une profonde urgence. La crise écologique et les guerres ne sauraient attendre.
Oasis, les Beatles, la représentation des classes sociales
Il n’empêche qu’il n’y a pas toujours nécessité à parler pour être l’émissaire d’une idée. Même sans rien dire, la notoriété de certains artistes ne sont pas sans sens. Oasis et les Beatles partagent une aura commune. Les deux groupes viennent des couches populaires de villes industrielles d’Angleterre, respectivement Manchester et Liverpool. Aujourd’hui, malgré les millions, le franc-parlé des frères Gallagher et leur refus de jouer le jeu d’une certaine manière bourgeoise d’afficher sa fortune font échos pour des millions de fans. Ils s’identifient à une attitude, une éducation, un espoir de chances. Il y a une véritable défiance, une lutte des classes qui se joue en l’attachement à des groupe. Et leur capacité à remplir des stades en quelques secondes sont l’héritage de cette attitude. Liam est le représentant d’un Manchester ouvrier et, lorsqu’il refuse de jouer la carte du media training pour rouler des mécaniques, le charme opère. Et ce malgré les 400 millions de bénéfices engendrés par la tournée de réunion d’Oasis. Les prix actuels des billets de leur tournée 2027 et l’utilisation des prix dynamiques en 2025 vont à contre-sens de ce qui fait leur célébrité. Peut-on représenter une classe sociale et l’exclure en même temps d’un accès à la culture ? L’augmentation actuelle démesurée des prix des concerts est politique. Certes une tournée paye un immense nombre d’intervenant.es et de lieux et ces profits ne vont pas uniquement dans les poches de l’artiste. Il n’empêche que la musique doit rester populaire et accessible au plus grand nombre.
Shaka Ponk – Crédit photo Louis Comar
La regrettée Dolly Parton, qui nous a quitté cet été avait elle aussi une image de première importance. Certes, la musicienne était ouvertement engagée sur de nombreuses causes (santé, éducation, soutien aux démunis …) mais son look à lui seul en disait long. En choisissant un style extravagant, perruque blonde et franc parler qui sent le chewing-gum, en refusant le « bon goût » de la bourgeoisie, en gardant « l’attitude » de la fille issue de la pauvreté qu’elle était, Dolly a acquis un statut d’idole. Sa façon d’être, elle ne l’a jamais tronquée. Ce refus des codes et conventions, c’est aussi une façon de faire rêver – un exemple inclusif. Ce naturel, elle était connu pour l’amener avec elle sur scène où elle prenait plaisir à beaucoup échanger avec le public, notamment sur son enfance dans la pauvreté au Tennessee. Elle aimait à plaisanter sur son apparence en disant : » Ça coûte beaucoup d’argent pour avoir l’air aussi bon marché. » Une façon de rappeler qu’on doit être fier.es de nos origines.
Une longue histoire de musique, de luttes et de révoltes concert et politique
Crédit photo Louis Comar
Cette histoire de lutte sociale ne date pas d’hier. Elle habite l’histoire de la musique et en est le cœur. Lorsque Billie Holliday chantait « Strange fruit », elle ne parlait pas – spoiler alert – d’un fruit. Elle parlait du lynchage de la communauté afro-américaine dans le Sud des États-Unis. Cet étrange fruit, c’est la métaphore d’un homme pendu à un arbre. Le titre est d’ailleurs, à sa sortie en 1939, perçu comme une déclaration de guerre en plein mouvement pour les droits civiques. Il est interprété pour la première fois au Café Society à New-York, un jazz club particulièrement progressiste. À cette occasion les lumières s’y sont éteintes, le service s’est arrêté, et c’est dans le plus grand des silences qu’elle entamait son titre. Une histoire abominable de racisme abjecte hante, comme on le sait, les racines du blues. Ce crie de libération est issu des chants de travail des esclaves afro-américains. D’abord chanté pendant le labeur pour exprimer une douleur collective, il devient post abolition une façon de raconter et de commémorer la misère, l’errance. Tous les courants qui en découlent, le rock parmi eux, ne pourront jamais se revendiquer d’être entièrement apolitiques.
Autre légende, autre positionnement. Elvis Presley a toujours refusé de s’engager sur le terrain de la politique, se voyant comme une « simple » chanteur. Il refusait de prendre position sur les sujets qui touchaient son époque. La guerre au Viêtnam en tête de liste. Il expliquait ne pas vouloir diviser son public et pour autant… sa petite histoire inscrite dans une bien plus grande histoire disait toute autre chose. Dans une Amérique conservatrice et ségrégationniste, il popularisait le blues et le gospel. Sa gestuelle sexualisée lors de ses concerts bousculait la morale des années 50. Et tout cela a impacté la société Américaine à grande échelle.
Et le punk dans tout ça ?
Lambini Girls crédit photo Louis Comar
L’histoire même du punk est intimement liée aux luttes contestataires. Sans nécessairement incarner un courant politique particulier, le genre est né de l’opposition à l’establishment anglais. Au programme donc, nihilisme et anarchie. Existant comme une contre-culture, il crée un sous-genre à la fin des années 70 au Royaume-Unis. : le Oi!. C’est une réponse à la commercialisation du punk originel qui à force de se vendre devient, aux yeux de certain.es, trop bourgeois. Les jeunes des quartiers populaires s’y retrouvent comme les skinheads – à l’époque non politisés- . Puis les différences explosent. Là où les Sex Pistols prônaient l’anarchie au UK, défiaient la reine d’Angleterre sur « God Save the Queen », l’accusant même d’être la source de la crise économique du pays, le Oi! se divise. Certains groupes se plongent dans l’idéologie néo-nazie. En réponses d’autres groupes du même courant mais de gauche comme The Burial affichent fièrement leur position anti-raciste. D’autres groupes de punk créent ensemble des rassemblement contre le fachisme. Ils prennent d’assaut les scènes et se retrouvent en concerts pour dénoncer le racisme. Parmi ceux qui y participent on retrouve The Clash, Buzzcocks, Steel Pulse, The Ruts … Lambrini Girls sont donc les dignes héritières d’une histoire qui ne demande qu’à être entendue.
Vitalic au Fnac Live 2022 – Crédit photo : Louis Comar
La lutte pour l’équité durant les concerts est une arme essentielle. Le meilleur moyen de transmettre un message est évidemment d’en parler, beaucoup, tout le temps. Ils sont l’occasion de parler au plus grand nombre et de créer des consciences. Vitalic l’expliquait à juste titre dans une interview qu’il nous accordait en rapprochant concerts et raves : « Le disco des années 70, les chants des esclaves noirs dans les champs de coton. La musique est politique. La rave, ce n’est plus très nouveau, mais c’est un peu la nouvelle forme de prise de liberté sans demander l’autorisation. »
Free Palestine !
Fontaines D.C. – Crédit photo Louis Comar
Aujourd’hui, tous les yeux sont tournés vers Ed Sheeran. Pour rappeler les faits, Mackelmore, qui ouvrait sur la tournée du célèbre musicien, s’en est fait exclure. En cause, ses déclarations de soutien à la Palestine et à la population de Gaza pendant le spectacle. Tout en rappelant que dénoncer Israël n’était pas attaquer la communauté juive, le musicien s’est attaqué au génocide en court. Des propos qui n’étaient pas au goût de Pink. Après que cette dernière s’en est plainte sur les réseaux sociaux, la sanction est tombée. De son côté Ed Sheeran a vu tous les artistes qui devaient assurer ses premières parties se désister et sa prise de position très molle sur le sujet n’a fait que renforcer l’indignation du public. Mackelmore a choisi de son côté de reverser tous les cachets de cette tournée à des association venant en aide à la Palestine. Le sujet est de prime importance et rappelle que la liberté de parole, même sur des espaces scéniques, n’est pas sans conséquence. Et si cette parole dérange, si elle agite, c’est parce qu’elle est vitale. Kneecap ne dira pas le contraire. Le groupe irlandais a lui aussi soutenu la Palestine lors de chacune de ses représentations scéniques. Accusée d’apologie du terrorisme pour avoir brandi lors d’un concert un drapeau du Hezbollah, la formation a vécu de nombreux procès. Mais elle est surtout à l’origine de la perte de subvention de l’Ile-de-France pour Rock en Seine. La région a en effet fait pression sur le festival pour qu’il déprogramme le groupe en 2025. Une demande refusée et un acte fort de la part de l’évènement dont les conséquences s’inscrivent dans le long terme. Les artistes profitant de la scène pour parler de la situation palestinienne sont nombreux. Fontaines D.C, les potes de Kneecap affichent le drapeau à chacun de leurs lives, Hayley Williams scande des « Free Palestine » pendant ses représentations…
La pop popularise la sensibilisation
La défense des minorités et des opprimés est omniprésente. En la matière, la pop n’est pas en reste. Et c’est d’autant plus pertinent qu’elle vient toucher un public varié et souvent dès le plus jeune âge. Les Spice Girls en sortant le Girl Power ont permis à toute une génération de jeune-fille de se confronter pour la première fois au féminisme. Et ce sur album comme sur les planches. Impossible d’oublier leur concert à Paris-Bercy en 1998 et leur interprétation de « Two become one », qui traitait de rapports protégés.
Madonna – crédit photo Louis Comar
Autre époque, autre histoire. Nous sommes en 1986, l’épidémie de SIDA bat son plein à New-York. Les morts sont nombreux, la stigmatisation d’une violence sans nom. Le Pyramid Club, célèbre salle artistique de la Grosse Pomme, organise un gala de soutient à Martin Burgoyne, ami, colocataire et premier manager de Madonna. Il est atteint du VIH, les frais médicaux aux États-Unis sont hors de prix, impossibles à financer. Andy Warhol et Madonna participent activement à cette soirée et en profitent pour briser un mythe alors tenace : on peut partager la même pièce qu’une personne malade sans risque. C’est l’une des nombreuses actions qu’a eu Madonna pour lutter contre l’épidémie et l’ostracisation des personnes qui en étaient victimes.
La scène pour les droits LGBTQIA+ concert et politique
Lady Gaga – crédit photo Louis Comar
Elle est également et a toujours été une alliée de taille pour la communauté LGBTQIA+. En 2012, elle se produit en Russie alors que la répression y est au plus fort. Elle profite de son concert pour défendre ouvertement les droits de la communauté. Une action qui lui vaudra des poursuites et des menaces de sanctions de la part des autorités locales. Mais qu’importe, le message est passé et est entendu.
Elle est loin d’être la seule à avoir profité de ses concerts pour donner de la voix à ce sujet. En 2023, le groupe The 1975, de passage à un festival en Malaisie, critique ouvertement la criminalisation des relations homosexuelles dans le pays. En guise de protestation, Matt Healy embrasse son bassiste Ross MacDonald face au public. Les autorités locales arrêtent alors immédiatement le concert et annulent le reste du festival. Plus tard, elles attentent un procès contre les musiciens et mettent même en place de nouvelles lois pour éviter que ce type d’évènement ne se reproduisent. Pour les personnes sur places, victimes d’un gouvernement criminel en leur égard, ces voix qui s’élèvent pour les représenter et leur offrir un autre réalité sont de première nécessité.
The 1975 _ crédit photo Louis Comar
Impossible évidemment d’aborder le sujet sans évoquer Lady Gaga. Alliée depuis ses débuts, elle n’a de cesse de défendre la communauté à chacune de ses apparitions. Sur son Mayhem Ball Tour, elle arborait notamment une traîne arc-en-ciel géante. Au moment de la sortie de l’album « Born this Way » et toujours en Malaisie, Les paroles « gay, straight, or bi, lesbian, transgender » sont supprimées sur les radios. Gaga répond plus fort et demande à son public sur place de s’affirmer, de se battre pour ses droits. Côté média, elle sera également la première personne à utiliser le mot « transgenre » à la télévision à l’occasion de son invitation au SuperBowl en 2017. Une autre scène, visible elle sur les écrans du monde entier.
Et le féminisme concert et politique
Si le sujet est si vaste qu’il mériterait un véritable ouvrage pour le traiter entièrement il faut bien lui donner une fin. Difficile en cette rentrer 2026 de le clore sans évoquer le Daisy Chain Fields. Le festival créé à l’initiative d’Olivia Rodrigo se tenait en Californie le 29 août. Sa particularité ? Une programmation 100 % féminine. Un évènement qui s’inscrit dans la continuité du Lilith Fair créé par Sarah McLachlan en 1997. Il était une réponse à une industrie musicale sexiste et aux promoteurs qui affirmaient alors qu’un festival uniquement composé de femmes serait un flop. Sheryl Crow, Tracy Chapman, Jewel, Fiona Apple, Erykah Badu ou encore Missy Elliott avaient alors prouvé que ces aprioris étaient aberrants. L’évènement fut une succès critique et commercial. Aujourd’hui Olivia Rodrigo vient ajouter sa pierre à l’édifice. Elle invite Chappell Roan, Doechii, Garbage, The Breeders, Mitski, Bikini Kill, Santigold, Stevie Nicks, Rachel Chinourir pour ce qui est sans nul doute, l’un des évènements les plus importants de l’année. Pour aller plus loin, elle rend le festival entièrement caritatif. Les artistes s’y produisent gratuitement, les fonds sont reversés à dix associations venant en aide aux femmes et aux jeunes-filles.
Rock en Seine – crédit photo Louis Comar
Certes, le concert reste un lieu de plaisir, un moment pour s’échapper, pour s’aérer et pour se laisser aller. Mais il est impossible de mettre culture, art et politique dans des paniers différents. La politique d’un pays permet ou non à un artiste de se produire sur scène. Le simple fait qu’il soit possible de voir des femmes jouer sur scène est le résultat de luttes et de révoltes. Le fait de pouvoir s’y exprimer sans censure, de pouvoir chanter sur tout sujet est une prise de liberté et de droits. Celui de se rassembler, de faire la fête. Le budget alloué à la culture qui permet la création d’évènements est un enjeu de taille chaque année. Il faudra toujours des artistes pour parler au nom des plus démuni.es et pour rappeler la chance que nous avons de vivre en un lieu et une époque qui permet simplement de pouvoir aller les voir se produire. Une chance dont la fragilité est tangible. Une notion à garder en tête à l’approche de chaque élection.
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