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Printemps de Bourges

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Le 26 mars 2021, le groupe de pop français L’impératrice a dévoilé « Tako Tsubo« , son deuxième album. Alors qu’ils effectuent un marathon de prestations lives décoiffantes à travers toute la France, Flore Benguigui et Charles de Boisseguin se sont entretenus avec Pop & Shot

Quelques heures avant leur concert au Printemps de Bourges 2021, au coeur du bruyant espace interview du festival, les deux compères se livrent avec beaucoup de franchise sur leur nouvel album, le marché de la musique et leurs engagements.

Flore et Charles du groupe L'Impératice
Flore et Charles de L’Impératice

marquer encore le coup en montrant qu’on arrive à exister

Le 26 mars dernier vous avez sorti « Tako Tsubo », est-ce que vous pouvez nous en parler, comment vous le décrivez ?

 

Charles : Déjà c’est notre deuxième album, c’est toujours le plus difficile à sortir je trouve. Parce que le premier c’était assez spontané, on voulait explorer le format chanson. Avec le deuxième, l’idée c’était de créer vraiment une rupture par rapport à ce qu’on a fait avant. Une rupture à la fois dans le fond, dans le message, dans les textes, parce que « Matahari » était un disque très « hors sol » qui jouait beaucoup sur la sonorité des mots, les images, l’univers un petit peu flou mais poétique, etc. Maintenant, l’idée c’est d’être un peu plus utile, plus conscient dans la façon dont on  parle de certaines choses. Rupture aussi dans la composition, l’arrangement, le style de morceaux. Il y a beaucoup de « breaks », avec des changements de direction dans les morceaux, c’était une envie de se diversifier et d’illustrer le propos du titre « Tako Tsubo ». C’est un album qui a beaucoup plus de concept que « Matahari ». C’est aussi un album sur lequel on a décidé d’assumer beaucoup plus nos influences, là où on était très franco-français, assez pop française sur l’album précédent, là on explore beaucoup plus le hip-hop, la soul, le funk, le jazz, les couleurs harmoniques ont changé, tout a un peu changé, même la production.

 

Flore : Je rajouterai aussi une rupture dans la production, l’enregistrement de l’album. « Mathari » c’est un album qui avait été enregistré live, alors que « Tako Tsubo » c’est un album qui n’a pas du tout été enregistré en live et qui en plus a été extrêmement retravaillé par Charles pendant le premier confinement. On avait tout enregistré avant, sauf « Submarine » qui a été enregistré pendant le confinement. C’est donc une autre approche, on est allé beaucoup plus dans les détails, on s’est penché sur les moindres petits détails dans l’album.

 

Charles : On a essayé d’aller beaucoup plus loin dans le process, on a essayé de faire attention à tout, parce qu’on a eu le temps de le faire.

 

Flore : Alors que d’habitude on n’a jamais le temps !

 

Charles : Je dirais aussi que c’est un album hors format par rapport à ce qui se fait maintenant. C’est toujours une fierté, on n’essaye pas d’être différents, je pense qu’on l’est de base par nos influences, en étant un groupe. L’idée, c’est de marquer encore le coup en montrant qu’on arrive à exister en sortant des sentiers battus, c’est ce qui rend le groupe pérenne. (Ndrl : Cela va bientôt faire 10 ans que le groupe existe)

les gens ne veulent pas se mouiller à signer un groupe

Justement, dans « L’équilibriste » vous dites « J’aurai voulu être un rappeur, ou musicien d’ordinateur » « Un disque d’or en moins d’une heure ». Est-ce que vous trouvez ça plus facile de faire comme tout le monde ? Le « succès facile »

 

Flore : C’est très ironique, je me moque dans ce morceau.  L’idée ce n’est pas de tirer dans les pieds de nos confrères. Non seulement nous sommes un groupe, mais en plus on est signé en indé chez Microqlima et c’est génial. Je pense que pour rien au monde on changerait notre modèle et on n’a pas envie d’être des rappeurs. Mais c’est que l’on ne vit pas la même chose que des types qui sortent des productions comme ça, qui sont signés en major. Nous, on a beaucoup plus d’étapes à passer, on fait beaucoup plus les choses nous-même, un peu avec des bouts de ficelle parfois, c’est beaucoup de travail. Le fait d’être un groupe c’est de plus en plus rare, parce que ça coute beaucoup plus cher. Donc les gens ne veulent pas se mouiller à signer un groupe alors qu’ils peuvent signer un chanteur ou rappeur solo qui leur coutera beaucoup moins cher.

On disait ça dans le morceau pour se moquer, mais au fond on est très bien dans ce qu’on est. Ce qui fait notre force avec L’Impératrice c’est qu’on se sent tous à notre place là où on est et il n’y en a aucun qui a envie de faire sa carrière solo, en tout cas pour l’instant (rires). On est une vraie équipe très soudée, on est vraiment une famille quoi.

ce système ne laisse pas la possibilité à de jeunes artistes de se diversifier

Charles : Je reviens sur cette idée d’ironie. C’est plus une façon de pointer du doigt les tendances et cette façon dont les médias vont essayer de prolonger à chaque fois ces tendances, les nourrir jusqu’à les épuiser. Il ne suffit pas d’une grande culture musicale ou socio-culturelle pour remarquer que tout est cyclique. On pointe du doigt ce système qui ne laisse pas la possibilité à de jeunes artistes de se diversifier, parce que y a un message très clair qui est donné par ces tendances : si tu veux marcher faut rester dans la tendance et pas faire autre chose. Et c’est dommage.

en tant qu’artiste indépendant on devrait boycotter Spotify

Dans une interview, vous disiez que « la manière de consommer de la musique avait beaucoup changé », est ce que cela influe votre manière de faire de la musique ?

 

Flore : Je ne sais pas si ça influe ce que l’on fait, évidement la manière de consommer la musique a changé, les gens n’écoutent pas les albums en entier par exemple. Le streaming fait que les gens écoutent le top 5 d’un artiste, un morceau, un single, mais pas un album dans sa totalité. Alors que nous par exemple on a fait un album concept (« Tako Tsubo ») où tout est lié, tout se répond, donc si on avait composé un album en fonction de comment le public consomme la musique on n’aurait pas fait ça.

 

Charles : On aurait sorti des EP, on aurait sorti des morceaux par deux ou trois tous les deux mois.

Flore : Avec un gros clip à chaque fois ! Nous, on ne compose pas en fonction de ça, sinon on se serait perdu.

soit tu prends le train en marche soit tu te fais rouler dessus.

Charles : Ça me fait penser au patron de Spotify (Ndrl : Daniel Ek) qui a décidé de mieux rémunérer les artistes les plus prolifiques, et il encourage à ça. Il va réorienter les versements en fonction des artistes qui vont sortir le plus de disques par an car c’est ça qui va alimenter et créer de la nouveauté sur la plateforme. En soit c’est dégueulasse comme système et d’ailleurs en tant qu’artiste indépendant on devrait boycotter Spotify pour cette raison-là. On ne le fait parce que c’est bien plus fort que nous. Mais on est dans une tendance où il y a des espèces de gros tracteurs qui avancent et qui te roulent dessus, soit tu prends le train en marche soit tu te fais rouler dessus. On a quand même décidé de sortir un album, ce qui est complètement illogique en 2021 comme format.  Mais traditionnellement, les médias veulent des albums pour pouvoir en parler, le public veut un objet aussi.

Flore : Il y avait vraiment une cohérence entre tous ces morceaux de « Tako Tusbo », ça aurait été absurde d’en sortir qu’une poignée…

Charles : Tu ne vends pas un bouquin par chapitre sur un an par exemple.

Flore : Par exemple on a un amour pour le vinyle, c’est quelque chose qui pousse à écouter les albums en entier.

Charles : Mais il y a une démarche différente. Les gens font la démarche d’acheter un vinyle. Tu sais pourquoi tu y vas, c’est un objet qui prend de la place chez toi, un objet auquel tu donnes une place de choix. Avec Spotify on t’a suggéré un morceau, tu n’y portes pas la même attention. Par exemple, je n’ai pas du tout le même rituel avec un vinyle qu’avec un album digital sur Spotify.

Sur « Tako Tsubo », je voulais raconter des choses

Vous parlez aussi d’engagement, vous êtes plus engagés sur cet album, est-ce que c’est une sorte de maturité qui vous le permet enfin ? Est-ce que c’est quelque chose que vous vouliez faire avant ? Des idées qui sont venues dans le groupe au fur et à mesure ?

Flore : Non, ce n’était pas quelque chose qu’on voulait faire avant. Justement, avant on était très clair sur le fait qu’on voulait rester en retrait et on voulait faire des chansons qui sonnent. J’ai commencé à écrire en français quand on a fait « Matahari », donc je n’étais pas à l’aise avec l’idée de raconter des choses, je voulais plutôt que ça sonne et que ça groove. Ça allait beaucoup plus avec l’utilisation de ma voix qui était beaucoup plus utilisée comme un instrument à cette époque. Sur « Tako Tsubo », je voulais raconter des choses, c’était un vrai parti pris que les textes aient du sens. C’est le travail avec Fils Cara qui m’a permis ça, il m’a apporté beaucoup lui, qui, en tant que rappeur a l’habitude d’avoir du son et du sens alors que moi je n’avais que du son.

ça brouille les pistes.

Vous parliez du vinyle tout à l’heure. Pour « Tako Tsubo », la pochette a été faite par Ugo Bienvenu. Qu’est-ce qui vous a plu dans cette identité graphique, pourquoi ces trois personnages ?

Charles : Ugo nous avait contacté il y a longtemps à l’occasion du festival d’Angoulême, il avait proposé de nous dessiner pendant qu’on jouait, mais finalement ça ne s’était pas fait. Il n’était pas encore très connu à cette époque, c’est d’ailleurs à ce festival là qu’il a gagné le grand prix pour sa bande dessinée « Préférence Système ». On l’a relancé plus tard parce qu’on voulait échanger avec lui du format de la pochette de l’album, on trouvait que c’était une

Tako-Tsubo_L'impératrice
Tako Tsubo – L’impératrice

bonne manière d’aller voir quelque chose de différent. Ugo a un univers qu’on aime beaucoup, un peu science-fiction, rétro futuriste. Il a donc eu l’idée d’illustrer l’album en représentant les trois Moires. Avec ces personnages de la mythologie grecque, il y a une métaphore du fil de la vie, avec une des Moires qui tisse le fil, une qui le déroule et une qui le coupe. Ugo trouvait ça assez malin d’illustrer l’album comme ça, sachant que « Tako Tsubo » c’est un album de rupture.

 

Flore : Ce que je trouve intéressant c’est que ça brouille les pistes, encore. Déjà qu’on est six, on s’appelle L’Impératrice, les gens ne savent pas si c’est une personne, six personnes, etc. Et là le fait de mettre trois personnes sur la pochette, je trouve ça chouette, ça offre des couches de lecture différentes, ça brouille les pistes.

 

« Tako Tsubo » c’est le syndrome des cœurs brisés, vous parlez aussi de burn-out. Est-ce que c’est quelque chose que vous avez aussi dans la musique, parce y a beaucoup d’artistes qui parlent de burn-out dans la musique, de difficultés.  Est-ce que c’est quelque chose que vous vivez aussi ?

Flore : Évidement que c’est quelque chose que l’on vit, on travaille beaucoup et le fait que l’on fasse beaucoup de choses nous-même ça nous surcharge. Par contre ne n’était pas du tout ça qu’on voulait exprimer dans l’album. Le « Tako Tsubo » c’est vraiment un truc qui touche des gens, mais c’est pas la même chose, c’est plus une émotion trop intense.

 

Merci !

 


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Le Printemps de Bourges est le  festival qui en temps normal marque le début de la saison des concerts en plein air. Cette année il aura été le premier évènement majeur à être annulé. Du confinement et de la crise sanitaire que nous vivons, qui a bouleversé notre quotidien et mets à mal le monde de l’évènementiel et de la culture tout particulièrement, ne pouvant pas ou si peu exercer, a permit une remise une perspective de la création musicale et de se demander à quoi cette dernière pourrait ressembler dans 3, 30 et 300 ans.

Ainsi l’equipe du Printemps de Bourges change le format de  « Rendez-Vous Demain ! », qui à l’origine était une série de conférences dédiées à la perspective culturelle, sous forme de capsules mensuelles. Le PdB a posé ces questions a différents artistes comme Aloïse Sauvage, Dinos, Woodkid et bien d’autres.

Ce nouveau format digital a pour objectif d’offrir une plus grande visibilité de réflexions qui concernent l’avenir de la musique et ses possibilités de développement.

Rendez-Vous Demain : les professionnels de la musique expliquent comment ils voient l’univers musical évoluer

Les 6 du mois rendez-vous sur la page Youtube du Printemps de Bourges pour découvrir la vision des artistes, des penseurs, des chercheurs autour du futur de la création musicale dans 3, 30 ou encore 300 ans.

Une belle idée, de belles réflexions, qui donneront peut être le « la » de l’avenir de la musique et des directions que ceux qui la font vivre vont devoir prendre.

En ce mois d’octobre, c’est Aloïse Sauvage qui se prête au jeu.  Découvrez cette première série de réponses, qui grâce à son naturel décomplexé offre des réponses aussi bien « lunaires » que visionnaires sur l’avenir de la musique.

 » description= »Rendez-Vous Demain ! Saison 1 Episode 1 [Aloïse Sauvage] » /]


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Le vendredi 19 avril s’annonce comme la journée la plus « Printemps de Bourges ». En effet la programmation enchaine entre Inouïs, anciens Inouïs, artistes habitués et consacrés au Printemps de Bourges qui s’entremêlent sur les différentes scènes. Le festival garde année après année sa place d’institution de la musique, c’est parce qu’il est constitué de surprises toutes plus ingénieuses les unes que les autres. Le Printemps ouvre des portes que nous n’aurions jamais pensé pousser et propose pour nos yeux ébahis les prochains coups de coeur qui hanteront nos iPod (ou nos plateforme de streaming).

DESAINTEX 

Cheveux courts, lunettes rondes et petit pantalon de velours, Desaintex a une allure de gentil garçon et sa musique va dans ce sens, il susurre des paroles romantiques, douces, sur des instru électroniques comme des balades envoûtantes.
desaintex printemps de bourges 2019

EPHEBE 

EPHEBE a de l’énergie à revendre et ça se ressent : chorégraphies, drop the mic et lancé de baguettes dans la fougue de son show, EPHEBE est le premier artiste des inouïs qui subjugue aussi rapidement le public.
Ephebe Printemps de Bourges 2019

HERVÉ 

Toujours dans cette vague électro-pop, c’est seul qu’Herve convainc à l’unanimité le public du 22. Ses instrus electro nous fait penser à celle de Lescop, ses textes a du Bashung dont il reprend La « Peur des Mots ».
T-shirt blanc et jean, pas d’exubérance, des lumières en contre-jour, c’est la musique qui fait le travail. Hervé est un nom qu’il faut retenir. Côté pro beaucoup en parle. D’ici quelques mois il fera sûrement parti de la nouvelle vague et remplira des salles beaucoup moins intimiste que le 22.
Hervé printemps de bourges 2019

INUIT 

Inuit qui nous faisait déjà danser en décembre au Festival Les Aventuriers investit cette fois l’immense salle du W. Ce sont eux qui lancent les festivités de la journée pour cette salle qui accueille des milliers de spectateurs jusqu’à la nuit.
Avec un concert plus électro que celui que nous avons connu, Inuit se met le public dans la poche très vite, ils jouent leurs chansons les plus connues, la plupart sorties sur leur dernier album, Action mais aussi Dodo Mafutsi extrait de leur premier EP, l’occasion de faire chanter la salle entière sur le refrain de cette chanson qui prend des airs d’hymne que l’on chante avec fierté.

JEANNE ADDED 

Ce n’est pas sur une scène mais bien sûr un ring que Jeanne Added est montée.
Des les premières notes, elle parcourt la scène en courant pour ne plus jamais s’arrêter, un micro ou une guitare dans la main, Jeanne donne le change, sa voix reste imperturbable et son humeur électrique est communicative à commencer par les musiciens derrière elle, deux femmes et un batteur sur scène, déchainés, bien décidés à en découdre avec cette impressionnante salle qui réunit un public de plus en plus nombreux pour l’occasion.  Elle déborde tellement d’énergie qu’il est parfois difficile de la suivre du regard. Quand elle s’arrête elle jette des coups de pied dans les airs plus haut que sa tête. La veille elle reprenait Higelin. Aujourd’hui elle irradie la foule de sa présence, de sa prestance, de ses morceaux qui nous transporte et nous donne des frissons. Avec son deuxième album sorti en septembre, l’artiste à la formation jazz est devenue une des personnalités que seul Bourges sait révéler.
Jeanne Added printemps de bourges

FLAVIEN BERGER 

Après le ring, Flavien Berger nous propose de visiter son laboratoire expérimental dans lequel il confronte ses titres les plus connus aux possibilités de ses synthétiseurs.
C’est un drapeau à la main et ses lunettes sur le nez qu’il entre en scène pour se placer derrière deux claviers et plusieurs micros. Il prend la parole, créé un lien avec le public qu’il entretient tout au long du concert. Et il s’avère qu’en plus d’être bon, il est drôle !
Le nouveau Sebastien Tellier arrive sur scène, retire le drap qui recouvre ses instruments et entame plusieurs minutes de sons électroniques. Sur les côtés, 4 piliers, eux même recouvert de tissus bleu encadrant l’artiste. Ils font office de chorégraphes, tournoyant au rythme des morceaux, tel des derviches tourneurs modernes. Il propose tout de suite la mise en place d’un petit jeu qui fait craquer le public : quand il décrochera son micro de façon non-chalante, le public devra « manifester son contentement » pour que les auditeurs qui suivent le concert à la radio en soient informés.
Il reprend ses titres, Océan Rouge, Pamplemousse, Brutalisme… et les pousse à leur paroxysme, les réarrange, ajoute des paroles, il joue et s’amuse avec ce qu’il fait de mieux : innover.
De son côté le très en vogue Flavien Berger, lunettes greffées sur les yeux en impose.  Avec une sobriété et  un calme exemplaire, il communique régulièrement avec un public d’adeptes qui danse dès les premières secondes du set. Sa voix grave et ses incantations en français dans le texte captivent. Il y a du Katherine du début dans ses morceaux. Un trip élitiste qui s’adresse néanmoins à un public averti.
Flavien Berger Printemps de Bourges 2019

CLARA LUCIANI 

La scène plongée dans le noir, la voix céleste de Clara Luciani entame un prologue. Quelques mots et une histoire : celle d’un combat contre le cancer du sein semble-t-il. Ces mots comme un poème nous rappelle à la vraie vie et jette un petit froid dans la salle.
Puis Clara Luciani apparaît avec ses musiciens qu’elle prend le soin de présenter devant des faux vitraux tendus. La messe peut commencer et les messages d’amour à Clara Luciani avec.
Un public ou un barre-terre d’admirateurs, la frontière est mince !
La nouvelle étoile, que l’on voyait déjà partout l’année dernière a pris en assurance. Elle racontera à la radio qu’elle était aussi stressée qu’à l’Olympia. Ce qui est passez totalement passé inaperçu.
Clara propose un spectacle résolument plus rock que son album avant de proposer un tête-à-tête avec le public sur la chanson Drôle d’Epoque quand ses musiciens la quitte. Clara joue avec la performance de son compagnon guitariste qui se déchaine autant qu’à un concert des Gun’s. Un moment qui amuse la chanteuse.
Elle invite le public à chanter avec elle, un public de connaisseurs qui n’avait pas déjà hésité à chanter a tue tête avec elle avant qu’elle le leur propose.
Très rapidement elle annonce qu’elle va jouer un morceau qu’on attend tous. Quelqu’un dans la foule qui avait du apprendre la setlist des précédents concerts crie « eddy ». Elle répond simplement « non, les fleurs ». Le premier single fait l’humanité dans le Palais. Elle conclura par son réintreprétation de « The Bay » de Metronomy et comme une réponse à l’ouverture de son spectacle, Clara termine son spectacle par le désormais incontournable titre La Grenade.

THÉRAPIE TAXI

Thérapie taxi prend d’assaut le W devant un public très jeune qui visiblement les attendait depuis longtemps. Le groupe affirme une fois de plus qu’ils n’ont pas de limites, ni la bienséance ni la morale ne dictent leurs lois. Distribution de whisky-coca, service à même la bouche par un Raphael torse-nu… Ils n’hésitent pas pour faire vivre un vrai moment inoubliable à leur public et hésitent encore moins quand il s’agit de faire chanter un magistrale « Joyeux Anniversaire » pour la chanteuse du groupe, Adélaïde. D’ailleurs cette célébration se conclut par un douche au champagne et une danse avec un lapin rose.
therapie taxi printemps de bourges 2019

CATASTROPHE 

Catastrophe nous reçoit dans le palais Jacques Coeur, dans un bâtiment riche en histoire du XVeme siècle en pierres blanches.
C’est aux pieds de la cheminée que la scène est installée, un piano à queue placé discrètement sur la droite de la scène. Les spectateurs, assis, sont une poignée de privilégiés accueillis dans cette petite salle.
Le concert débute, chacun vêtu d’un costume de couleur, le spectacle débute et promet d’être étourdissant ! Ils adaptent ingénieusement leur débit de concert au lieu, en faisant le point de départ de l’histoire qu’ils vont nous raconter pendant l’heure de spectacle. Ils rappellent la majestuosité du lieu et offrent une chanson inédite qui se prête à la situation à merveille. Un tour de passe passe qui démontre une fois de plus leur esprit d’adaptation et leur inventivité.
Blandine propose son traditionnel tour sur elle-même, vertigineux qui dure assez de temps pour nous donner le tournis alors même que nous sommes assis sur nos chaises. Puis nous les voyons traverser la salle en courant, monter sur les chaises restées vides. La narration qui sert de fil conducteur au concert laisse place à des vrais moment d’échange avec le public qu’ils fait se lever pour faire se rasseoir dans un premier temps ceux qui croient que leur horoscope influe sur leur vie, puis ceux qui croient que les animaux communiquent entre eux… Jusqu’a devoir faire plier ce monsieur qui reste intangiblement debout mais forcé de s’assoir pour avoir un jour vu la mer. Un moyen astucieux de permettre à Blandine de se faufiler parmi le public et de faire reprendre le spectacle au plus près du public. Et des idées comme celles-ci, ils en ont tellement qu’il est impossible de toutes les citer.
Même la seconde fois, Catastrophe surprend et subjugue. Jusqu’ou peuvent-ils aller pour nous faire passer un moment inoubliable ?

Skip The Use

De retour avec sa formation initiale, Matt Bastard plus en forme que jamais a fait trembler le W et son public. L’hyperactif qui occupe la scène comme un enfant qui ouvre des cadeaux de Noël, prend sont le temps d’interagir avec la foule. Dès le deuxième morceaux il s’excuse par avance aux personnes qui vont « mourir ou finir blessés ». S’en suit un 1-2-3 Soleil géant avec 6 000 festivaliers qui suivront les indications de Matt, oscillant dans l’esplanade de droite à gauche. Le caméraman sur scène perd le jeu et est condamné à payer une tournée à tout le monde. Sa bonne humeur et sa manière de parler qui rappelle David Boring, instaure une ambiance détendu dans la foule. Certains morceaux au contraire poussent à l’agitation. Comme à Shaka Ponk, mieux vaut avoir les genoux solides pour finir entier quand on est dans les premiers rangs. Le temps s’enfuit, mais Skip ne vieillit pas et continue des shows à vivre une fois (et une dernière pour certains ahah) dans sa vie.

Skip The Use printemps de Bourges 2019

Texte : Philippine Berda Et Kévin Gombert

Photo : Kévin Gombert

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Le printemps de Bourges n’est pas un festival comme les autres. Avec Caro (notre nouvelle photographe ) on découvre cette ville et surtout ce grand rassemblement autour de la musique. Et quel événement incroyable! C’est toute la cité berrichonne qui est en fête. En effet, en dehors du festival officiel, il y a des orchestres qui circulent dans les rues, des concerts dans les bars, la FNAC affiche une liste de showcases impressionnante et des événements pros sont organisés en off aux 4 coins de la préfecture du Cher.

C’est par un de ces rassemblement que l’on commence : le Rock in Loft. Et c’est dans une charmante petite église que s’enchaînent les Head on télévision, I ME MINE, Comme John, La Bronze, Nans Vincent, Où est Charlène? et Red Money. Mais nous y reviendrons dans une autre chronique.

Après cette parenthèse dans le festival, nous rejoignons le lieux des festivités. Première impression: waw mais put**n c’est immense ! « oui c’est Bourges » me dit Julia, déjà habituée depuis plusieurs années.

Alors pour se mettre en jambe direction le « W ». Je ne sais pas ce qui m’a le plus ébloui : la taille de cette tente (aussi grande qu’un Zenith de Paris) ou la jolie Hollysiz,toute de blanc vêtue avec une combinaison pleine de sequins (bon des paillettes pour le reste du monde). Entourée de musiciens talentueux, la chanteuse accapare toute l’attention. Elle bouge, elle danse, elle se trémousse et surtout elle chante merveilleusement bien. Et le public le lui rend bien et s’accumule beaucoup autour de cette grande scène.

 

Mais l’envie de découvrir d’autres artistes nous prend. Nouvelle scène nouvelle ambiance.

Après la pop de la demie sœur de Vincent Cassel, nous allons découvrir le reggae d’Hollie Cook. Fille du batteur des Sex Pistols et d’une choriste de Culture Club, la musique est un véritable héritage familiale. Son reggae très doux est loin des rythme binaire de son kepun de père.

En parlant de punk on a va se glisser dans le 22 Ouest pour les anglais de Queen Zee. Un véritable retour à la fin des années 70 début 80, plus qu’influencé par le glam rock des New York Dolls. Le chanteur, affublé d’un corset de cuir façon SM très saillant, s’essaye au français et conclue son set sur un morceau qui parle de drague. Car d’après lui en Angleterre les mecs ont du mal à draguer et à trouver un-une petit(e) copain(ine). Un set bien brut de décoffrage qui enchante le gentil petit rockeur en moi.

Dans la même lignée on passe au 22 East pour les Dream Wife. Le trio très girl power revient au source de du rock féminin des Riot Girls. Un moment qui nous rappelle les Pink Kink.

Mais très vite on doit abandonner notre power combo pour rejoindre le Palais d’Auron.

Aucun de nous ne veut louper Mat Bastard, qui réalisera la performance de la soirée.

Pour ceux qui l’ont déjà vu, vous savez ce qu’un concert avec Mat Bastard veut dire. Un fou furieux qui court et jump partout sur scène, qui finit torse nu, trempé car il a donné tout ce qu’il a. Mais surtout on se souvient des ses interactions permanentes avec les spectateurs. Il appelle la foule pour les faire chanter, hurler, changer de côté dans la fosse, sauter un même temps. Le public devient partie entière du spectacle. Il demande à se qu’on relâche le dauphin, un joyeux ballon gonflé à l’hélium de la forme de ce même cétacé. Le public le suit volontiers à chacune de ses propositions. Les majeurs sont dressés en l’air pour la fin d’un refrain. Des signes poétiques qui sont adressés au FN. Le groupe finit intégralement, batterie incluse, dans la foule pour scander avec la foule son traditionnel « la jeunesse emmerde le Front Nationale ».

 

Un grand moment qui restera gravé dans les mémoires de beaucoup .

Il est tant de fuir le palais pour rejoindre le « W ». On arrive à temps pour entendre le tube des Polo & Pan!, Canopée. On redemande encore de cette electro-pop qui rappelle un peu « La femme » mais avec des sons qui sentent plus l’Amérique du sud. Un trio qui laisse la place à Shaka Ponk. Pas le droit de déborder pour installer la prochaine scène au décor et au matériel toujours plus grand.

Après plus de 30 minutes d’attente, le W plein à craquer d’une jeunesse très éméchées se déchaîne instantanément aux premiers sons de guitares. Peu être un peu trop. Très vite les secouristes évacuent des jeunes et des moins jeunes, surement pas habitués à l’agitation des concerts de Shaka Ponk.

 

De leur côté Sam et Frah font le show. Un spectacle nouveau, plus tribal, plus sombre mais qui reste à l’image de ce que l’on connait de Shaka Ponk. Un jeu avec les écran, une scénographie millimétrée, Frah qui se jette dans la foule, et Goz, le primate numérique du groupe sont toujours de la partie. Rien de très neuf mais un spectacle toujours aussi impressionnant à voir et surtout à découvrir.

Il est 1:05. Il faut partir pour circuler entre le W et palais d’Aubron qui ressemble un peu un chemin de croix. On circule entre la foule, les stands divers et variés, les controles pour atteindre la salle.

On arrive pile à 1:15, tout juste pour le début de nos chouchous de Thérapie Taxi. Un concert un peu tard pour ce genre de musique, mais c’est pas grave. La salle déborde de 20tenaires qui connaissent par coeur les morceaux. Les parisiens aiment leur ville, mais encore plus le quartier de Pigalle. Ce qu’ils nous rappellent avec leur morceau éponyme. La chanteuse est à l’image du groupe et de leur tracks. Habillée avec une veste de course des 90’s, sexy, provoque et captive le public (surtout le masculin, mais pas que)

Le chanteur ne manque pas de finir torse nu, d’aller dans la foule, de partager avec des bouteilles de rhum et reste tout de même le maître de cérémonie.

Ils finissent sur les très attendus Hit Sale et Salope que les festivaliers chanteront a tue tête tout le long de leur trajet vers Feder ou vers la sortie.

Il est 2:15, il faut rentrer. Demain on attaque nouvelle journée, mais surtout il faut écrire cette chronique.

Heureusement notre gentille logeuse (merci Chrystelle 🙂 ) nous réveille avec croissants et pains au chocolat et nous prépare une blanquette. Et un joyeux compagnon, Ninja,  m’aide à me concentrer après cette courte nuit.

 

Photo : Carolyn.C

 

 

Nos coups de coeur du Printemps de Bourges 2018

Bilan du Printemps de Bourges: 150 artistes dans les salles, 140 concerts extérieurs, 250 concerts…

Printemps de Bourges samedi 28 avril 2018 : Jeunesse électro et beats.

Au réveil ce samedi 28 avril 2018, il pleut des cordes. La grisaille ne m’empêche…

Le Printemps de Bourges 2017 à l’heure des élections présidentielles: cris et chuchotements

  Tout le monde en parle. C’est aux centres des conversations depuis de nombreuses semaines,…