Thérapie Taxi : « On ne sera pas censurés. Depuis « Sale Pute », il y a une jurisprudence Orelsan »

Therapie Taxi pochette album hit sale 2018

Alors que Hit Sale, le premier album de Thérapie Taxi est sorti le 2 février 2018 chez le label Panenka Music, retour sur une interview avec la formation qui sera présente pur la seconde fois sur le Printemps de Bourges 2018 L’occasion de parler dOrelsan, de phoques, de drogues, de consommation d’albums en 2018 et de lancé de kippas. Découvrez sans plus attendre ce moment WTF?

 

  • Pop & Shot : Cette année vous serez à nouveau présents au Printemps de Bourges, c’est cool pour vous ?

Raphaël– C’est vraiment cool d’y être. C’est peut être le truc le plus cool qui me soit arrivé depuis… Depuis ma bar-mitzvah ! (rires du groupe).

 

  • P&S : Et c’était quand ta bar mitzvah du coup ?

Raphaël: Ben c’était hier. (rires) Les bons événements s’enchaînent. Clairement, je suis dans une bonne semaine. La circoncision est déjà passée. Donc du coup on est sur une bar mitzvah puis le Printemps de Bourges donc ça peut être sympa.

 

  • P&S: La bar mitzvah devait être plus sympa quand même

Raphaël: C’était très cool mais le Printemps de Bourges est pas encore passé et comme j’ai ramené des kippas donc je vais balancer des kippas pendant le concert ! Open kippas ! On essaie vraiment de combattre l’anti sémitisme à notre niveau. Stop ! Arrêtez de faire chier les feujs, ils ont vraiment bouffé quoi !

« Ouais on faisait des fucks dans les phoques »

  • P&S: Avant vous faisiez quoi ? Vous balanciez de l’eau bénite ?

Raphaël: C’est ça ! On s’est occupés de tout le monde ! On a commencé par les bouddhistes puis à un moment donné on a un peu dérivés, on a fait les phoques, les trucs comme ça, les animaux ça n’a pas trop marché. Puis on est revenus au basique religieux.

 

  • P&S: Un phoque ?

Renaud: Ouais on faisait des fucks dans les phoques

Désapprobation générale à base de Pwouah

Raphaël: (tachant de reprendre son sérieux) L’idée était vraiment de sensibiliser les gens à la cause des phoques quoi.

 

  • P&S: Et le fait de fucker des phoques ça a marché ?

Raphaël: (rires) Ouais ! Que pour Renaud hein ! Y’a que Renaud que ça excite, c’est le seul!Sinon on est tous très sains.

(Petite pause technique ou nous échangeons sur le pourcentage de vote Mélenchon à Paris, le 18ème arrondissement, les conquêtes amoureuses de Raphael)

 

clip "Hit sale"

  • P&S: Et du coup, c’est parce que tu vis à Pigalle, que vous avez sorti le titre « Pigalle » ?

Raphaël: Pigalle c’est juste l’histoire de moi et mes potes commençant à Pigalle et effectivement ça a un lien, étant donné que ça fait quatre ans et demi que je vis à Pigalle, je sors avec mes copains et je fais pleins de conneries. Et, du coup, j’avais envie d’écrire une chanson là dessus.

Felix: Et de faire un clip pour illustrer la jeunesse…

Raphaël:  Exactement ! Le clip c’est moi et mes potes qui font la teuf quoi.

Renaud: C’est sans filtre !

Raphaël : #nofilter. Ce qui  n’est pas vrai, vu qu’on a mis beaucoup de filtres de saturation. Mais du coup, c’est l’histoire de Pigalle qui est résumé dans le clip. Et d’ailleurs je suis le réalisateur du clip.

 

 

  • P&S: Tu as réalisé d’autres clips ?

Raphaël: On a co-réalisés « Salope » avec Renaud. Quel est ton avis d’ailleurs Pop sur la chanson ?

Renaud: et ensuite on demandera l’avis de Shot.

  • Pop: Une histoire d’amour-haine,non ?

Raphaël: ok,ok . Et toi Shot ?

  • Shot: Ouais le coté Amour-Haine. La haine que tu peux avoir pour l’être aimé une fois que c’est terminé.

Raphaël: C’est pas mal ça Shot ! Je crois que le truc basique était un peu comme disait Shot et qu’ensuite … Je pense que c’est très bien résumé : l’accumulation des insultes qui sont en fait des accumulations de preuves d’amours, de pouvoir dire « Je t’ai tellement aimé, tu m’as tellement fait mal, faut que ça sorte ! »

Renaud : Et puis ça parle aussi des phoques sur le dernier couplet… (Rires)

 

« Je pense qu’il y a une jurisprudence Orelsan maintenant, qu’on a vu que c’était un artiste à part entière, qu’on l’aime ou qu’on l’aime pas… »

P&S: Orelsan, qui sera aussi à l’affiche de Bourges cette année. Il y  avait déjà chanté il y a quelques années, à l’époque du scandale concernant « Sale pute » avant de se faire censurer…

Raphaël: Je pense que ça nous arrivera pas. Je pense qu’il y a une jurisprudence Orelsan maintenant, qu’on a vu que c’était un artiste à part entière, qu’on l’aime ou qu’on l’aime pas…

Renaud: Il a peut être déblayé l’allée aussi…

Raphaël: Au delà de ça, je pense que le propos de notre chanson est autre aussi.

 

  • P&S: Comment vois tu le propos de « Sale pute » d’Orelsan ?

Raphaël: Ouais c’est vrai que c’est un peu pareil finalement ! (rires) Sauf que nous, on donne la parole aux femmes !

Renaud: On est dix ans plus tard aussi

Raphaël: Mais tu as raison : le fond est peut être le même ! Tu viens de me le faire comprendre. Le fond est peut être le même, mais la forme est différente, vu qu’on est en duo avec Adé . Il y a une dualité et cet esprit de confrontation qui est très important. La différence est là. On a même essayé de commencer avec le premier couplet qui serait celui de la meuf. Ça marchait pas trop. Mais l’idée était de dire que sur ce truc là, sur l’amour-haine, il y a une certaine égalité, et qu’une meuf peut dire à un mec : « tu vas bouffer mes tampons » et ça c’est cool.

 

« La drogue fait maintenant partie du quotidien des gens. Il y a dix ans personne prenait de la drogue, maintenant des gamins de Troisième prennent de l’acide. »

  • P&S: Il y a pas mal de chansons qui parlent de drogues, alcool, est ce qu’il y a un message derrière, est ce que ça fait partie de votre quotidien ?

Raphaël: Il y a toujours quelque chose à dire de toute façon. C’est un sujet très intéressant et très vaste. L’humain est un sujet très intéressant et très vaste. Mais par ce prisme là tu peux raconter pleins de choses. Tu peux parler du kiff que ça peut être, comme les questions que ça peut poser sur toi, comme comment tu essaie de t’en sortir ou pas. Il y a pleins de choses à dire. La drogue fait maintenant partie du quotidien des gens. Il y a dix ans personne prenait de la drogue, maintenant des gamins de Troisième prennent de l’acide. Même si tu ne consomme pas, ça fait partie de ton quotidien, tu connais, tu es avec des gens qui en consomme. A l’âge qu’on a, ça coule de source de raconter une soirée en parlant de drogues.

 

  • P&S: Comment vous procédez pour vous composer ?

Renaud: A la base tu as Adé et Raph qui amènent des chansons et après on se réunit tout les cinq avec nos réalisateurs pour les arranger et les mettre en forme, travailler sur les lignes d’accords…

 

 

  • P&S:  Comment se sont déroulés les préparatifs de l’album?

Raphaël: Il y a pleins de questions que tu dois te poser. Aujourd’hui, sortir un album n’est pas aussi simple qu’avant, parce que les gens consomment la musique différemment, parce que sortir un album pour sortir un album, ça ne sert pas à grand chose. Donc, il faut créer de l’attente, il faut savoir comment tu crée de l’attente, qu’est ce que tu mets comme contenu pour être efficace à la fois en tant qu’objet physique et objet digital. Sur le notre on développe les univers posés sur l’EP.

 

  • P&S: Qu’est ce qui fait qu’il y a autant d’univers différents ?

Raphaël: Parce qu’on a pleins de créativité ( rire de Adélaïde ). Et qu’on allait pas se priver. Il y a pleins de choses qu’on est et d’énergies différentes. Il y a des chansons comme celle de Coma et d’Adéna, ou on a travaillé les textes, qui sonnent bien, qui sont agréables à écouter. Et puis tu as d’autres trucs, comme « Pigalle » qui tapent, qui arrachent un peu plus…

Félix: Je pense qu’avec le recul, quand tu écoute nos chansons, que tu nous vois sur scène, tu t’y retrouve, tu comprends que c’est pas un groupe différent qui a composé chaque chanson, qu’elles ont des couleurs qui se nuancent mais que c’est la même came.

 

Pour plus de bons sons vulgaires comme on aime,  façon « Salope », tu peux aussi retrouver notre playlist vulgaire ici.

Therapie Taxi était présent au Printemps de Bourges 2017 et nous aussi, d’ailleurs si tu veux lire nos mémoires, c’est ici. 

 

Interview: Alexandre Bertrand et Julia Escudero

 

La playlist vulgaire est là! (du bon son, des paroles encore meilleures)

La playlist vulgaire est arrivée!!!   Dans la chanson, le texte c’est quand même vachement…

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