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Louis Comar

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Elektric Park FestivalLorsque la fin des vacances d’été commencera à se faire ressentir et que la rentrée pointera le bout de son nez, il sera temps de profiter d’un des derniers festivals de la saison : l’Elektric Park.

Les meilleurs artistes de la scène électronique se sont tous donnés rendez-vous sur l’île des Impressionnistes à Chatou (78) pour 2 jours de fête.

Il sera ainsi possible de retrouver l’Italien Bloody Betroots, Polo & Pan, Dr Peacock, le mystérieux Vladimir Cauchemar ou encore le projet WeAreBrut de Rezone et Joachim Garraud (le fondateur du festival) pour animer la journée du 4 septembre.

Le dimanche, la fine fleur de la musique électronique française viendra embraser les festivaliers au son de Kungs, Ofenbach ou bien Bob Sinclar.  Elektric Park 2021 - line up

Alors que l’Elektric Park avait dû annuler, malgré tous ses efforts, son édition 2020, tous les feux semblent au vert pour que 2021 soit une édition exceptionnelle.

Pour en faire partie, il ne reste qu’à prendre ses billets sur le site du festival.

 

Photo : Bertrand Vergereau


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Traditionnellement, le week-end est toujours plus calme  que les autres jours au Printemps de Bourges. Cette édition 2021 ne déroge pas à la règle. En ce samedi ensoleillé, pas d’Inouïs au programme, le festival donne rendez-vous aux festivaliers à partir de 16h.

Pour les professionnels, un petit espace, le French VIP, résiste et propose quelques showcases tout au long de l’après-midi. À 14h30 c’est donc Alice Animal qui ouvre ce 5e jour de festival. Dans la chronique de son nouvel album Tandem, nous disions “impossible de ne pas penser que la musique d’Alice Animal mérite d’être vécue en live.”. Ce n’étaient pas des paroles en l’air. L’artiste propose au public un beau moment de musique live et une interprétation fidèle de son album. Sa guitare et son look  aident l’audience à s’immerger pleinement dans son univers rock. La voix puissante d’Alice Animal et son énergie débordante sont les ingrédients qui composent la réussite de son show. Il est d’ailleurs difficile de quitter ce concert sans garder en tête des titres comme “Tandem” ou encore celui qui conclura la set-list : “Tes éléphants roses”.

Toujours à l’espace French VIP, un autre concert attend les quelques professionnels et médias présents sur le festival. C’est la jeune chanteuse Ferielle qui vient interpréter ses titres. L’artiste émergeante en est seulement à son deuxième concert et une forme de réserve se dégage de ses premiers instants sur scène.  Pourtant, à mesure que les minutes passent, son épanouissement est visible et elle distille des titres solaires parfaitement adaptés à l’esprit festival. Son dernier morceau, parle d’un sujet qui la touche : ses cheveux. Cette chanson très rythmée et accompagnée d’une chorégraphie, permet d’aborder au travers ce prisme, le sujet du consentement, un message  important à faire passer pour elle.

Parce que le Printemps de Bourges ne se déroule pas que sur les bords de l’Auron, c’est au théâtre Jacques Coeur que se déroule la suite des festivités. Dans un cadre somptueux, face à une salle comble, le chanteur français Petit Prince vient défendre ses titres et son nouvel album “Les plus beaux matins”. Sa psyché-pop chantée en français dégage une ambiance lunaire dans le public. La douce voix du musicien fait résonner chacune de ses paroles entre les murs du théâtre. Comme le protagoniste du livre qui lui donnera son nom de scène, Petit Prince, dévoile des morceaux où candeur et naïveté s’additionnent. Pour ses textes, il puise son inspiration dans le quotidien, son chien par exemple à qui il dédiera une ode à fleur de peau sur scène : “Chien chinois”.   Dans un univers bien à lui, l’artiste propose une chanson inédite, “Qui n’est pas encore complètement terminée”, avec une message qu’il juge universel . Il décide d’y parler de “son moi du futur”, de ce qu’il lui dirait, ce qu’il lui demanderait, il exprime une réelle réflexion sur notre volonté à connaître l’avenir.  Mais peut-être, explique-t-il préfèrerions nous ne pas savoir ? C’est ce qu’il détaillera d’ailleurs dans l’interview qu’il nous a accordé juste après son concert.

Pour terminer cet avant-dernière journée de festival, le Printemps de Bourges a mis à l’affiche le  rap français avec des concerts de Georgio et PLK. Il faut dire que chaque année à Bourges, le samedi, la jeunesse est à l’honneur et la soirée est consacrée aux artistes qu’elle affectionne. Printemps particulier ou pas, la règle est encore respectée cette année. Le show de Georgio au Palais d’Auron a retourné la salle. Littéralement. Le public et l’artiste ont fait fi des règles sanitaires pour vivre un concert comme avant. La foule est compacte, les pogos sont là.  Invités à le faire par le chanteur, le public se rue dans la fosse, les chaises ne leur posent pas de problèmes, elles volent tout simplement au dessus d’une foule qui slam, pogote, danse et crée maintenant des circle pits. Et les chaises s’envolent. Lorsque PLK débarque à son tour sur scène, la salle est transformée.

C’est dans une ambiance survoltée que le jeune rappeur lance les festivités L’artiste a su se fédérer une véritable troupe d’aficionados et déchaîne les passions. La preuve la foule en émoi, portable rivés face à la scène pour diffuser sur ses réseaux sociaux la preuve qu’elle se trouve au fameux concert. D’aucun pourrait douter des qualités musicales du performer, puisque sa composition reste plutôt simpliste, mais personne ne saurait remettre en cause sa capacité à galvaniser une foule. Après des mois de restrictions, il est fascinant de voir une fosse à nouveau vibrer à l’unisson. L’intensité est telle que quelques minutes après le début du concert, il faut l’arrêter pour sortir une personne ayant fait un malaise de l’assistance.  La soirée se termine sur l’un de ses récents titres “Petrouchka” qui est repris en cœur tel un hymne par la jeune audience en sueur. Le respect des gestes barrières n’est pas là, le festival n’aura pas pu lutter contre une jeunesse déchaînée, en manque de vie.

Le dimanche est, sur le papier, plus tranquille. La moyenne d’âge de la salle n’est pas la même non plus. Pour les deux derniers concerts de cette semaine festive, ce sont Alain Souchon et Tryo qui viennent enflammer le Palais d’Auron.

Du haut de ses 77 ans, le chanteur originaire de Casablanca regorge d’énergie et se déhanche pendant les 60 min de concert qui lui sont accordées. Il débute son show avec le célèbre “Allo maman bobo” repris en coeur par la foule, lançant parfaitement les hostilités. Entre quasiment chaque titre, Alain Souchon prend le temps de parler à son public, de lui raconter des anecdotes et de plaisanter sur ses fils Ours et Pierre Souchon. Ses deux enfants le rejoignent d’ailleurs sur scène pour interpréter un titre. Les trois hommes sont particulièrement ravis de partager ce moment ensemble. Même Roseline Bachelot, présente pour le concert, a semblé apprécier le cet instant.

Pour terminer la représentation, l’artiste et ses musiciens jouent le très connu et fédérateur “Foule Sentimentale”. Dès les premières notes la salle se lève et quelques personnes se dirigent vers le devant de la scène, entrainant le reste du public avec eux. C’est donc dans une grande communion que monsieur Alain Souchon clôture ce très beau concert.

 

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Photo : Louis Comar

L’heure du dernier concert arrive pour les festivaliers et c’est avec Tryo que le Printemps de Bourges a décidé de terminer cette semaine riche en musique. Le groupe aux fortes influences reggae a pour mission de partager sa bonne humeur . La formation fait même l’honneur au public d’inviter Gauvin Sers le temps d’un morceau.

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Photo : Louis Comar
Tryo-Printemps_de_Bourges-2021
Photo : Louis Comar
Tryo-Printemps_de_Bourges-2021
Photo : Louis Comar

L’humeur est bon enfant sur scène comme dans le public du début à la fin du show . Lorsque les dernières notes résonnent, c’est avec une certaine émotion que les festivaliers du Palais d’Auron se dirigent vers la sortie, disant au revoir à cette édition 2021 du Printemps de Bourges, si particulière. Dans les têtes un seul mot d’ordre : qu’il était bon de se retrouver !

Les organisateurs ont réussis leur pari d’organiser le festival en pleine crise sanitaire, ils ont fédéré les gens autour de la musique. Et le public a répondu présent par son nombre et sa motivation à s’amuser pendant cette semaine de juin.

 


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Aller en festival,  on en  avait perdu l’habitude depuis  plus d’un an et demi. Bien…

Les quatre rouennais de We Hate You Please Die ont dévoilé leur deuxième album “Can’t Wait To Be Fine” le 18 juin dernier. Quelques jours avant cette sortie, à l’occasion  de sa présence à Paris, Pop & Shot a rencontré le quatuor normand. Confortablement assis sur une terrasse fraichement rouverte, même la pluie n’a pas empêché le groupe de punk garage de nous parler de son nouvel album, d’ADHD, des réseaux sociaux, de dissonance cognitive ou encore d’écologie.

We Hate You Please Die Interview
We Hate You Please Die / De gauche à droite : Raphaël, Mathilde, Joseph et Chloé / Photo : Louis Comar

 

Votre album va sortir le 18 juin, est-ce que vous pouvez nous en parler un peu ? Comment le décrivez-vous ?

Mathilde : C’est un album qu’on a beaucoup plus travaillé que le premier, dans le sens où on a quand même mis deux ans à finir de l’écrire et de l’enregistrer.

Il est beaucoup moins brut de décoffrage que le premier. Le premier « rentrait vraiment dedans et puis celui-là on a pris peut-être plus le temps du côté des guitares, basse, chant puis même batterie au final, de trouver des choses différentes. Le son aussi est pas le même du tout : le premier était beaucoup plus Lo-Fi dans l’esprit et là je trouve ça plus travaillé en fait

Raphaël : C’est plus produit. T’avais un très bon mot pour le décrire (Mathilde).

Mathilde : Il avait des côtés très épiques, des certaines montées, beaucoup de diversité, des passages avec Chloé qui chante beaucoup plus, qui a deux chansons lead… deux et demis ! *rires*. Et aussi y a beaucoup de passages un peu expérimentaux, des fois ya deux mesures de black métal, y a une chanson ou ça part sur de la bossanova mais toujours un peu dans le côté punk, punk/rock

Joseph : Je sais pas si on peut dire expérimentale mais ya beaucoup plus de dynamiques et d’influences que sur notre premier album parce qu’on s’est laissé beaucoup plus de liberté dans les influences qu’on avait pu avoir, les trucs qu’on écoutait à ce moment-là.

Comme tous les morceaux ont été écrit sur presque 2 ans, on a eu le temps de changer de groupe préféré chacun et chacune et du coup ça fait des morceaux qui ont des ambiances différentes, un peu inspirés de choses différentes.

Raphaël : Il est plus à fleur de peau aussi, plus sensible que le premier. Après c’est peut-être le côté produit qui donne ça. On a moins l’impression que c’est passé dans une vieille radio et ça laisse plus de place à l’écoute de chaque attention en fait.

Le premier morceau passe en effet par plein d’émotions, il s’appelle « Exhausted + ADHD » (Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). Est-ce que c’est une manière ce mettre ce syndrome sur des notes avec ce côté où ça part dans plein de sens tout en restant cohérent ?

Raphaël : L’idée c’était déjà d’en parler un petit peu parce que c’est un trouble méconnu qui appartient un au folklore, en général c’est associé à l’hyperactivité et la chanson permettait un peu de retranscrire ça, parce que moi j’ai ce trouble justement. Avec ce moment où t’es épuisé d’où le côté « épuisé » du début de la chanson puis ce moment où tu vas avoir un regain d’énergie, où tout se remet en marche et tu te rends compte que tu es reparti. Et du coup la chanson permettait ça, ça pouvait mettre en exergue le trouble et ça permettait de se lâcher un peu.

*la pluie commence, tout le monde s’abrite*

Joseph : C’est vrai que moi je le vois un peu que ça va très bien avec ta personnalité (Raphaël), le côté changeant au sein d’un même morceau, que la dynamique change, que ça passe par plein d’humeur, parce que pour moi ça fait echo avec le syndrome ADHD.

Raphaël : C’est marrant parce que à la base c’est une chanson à laquelle je n’avais pas trop adhéré quand Joseph l’a envoyé, surtout l’intro très longue.

 

que les paroles prennent plus de sens

 

Vous avez « Coca Collapse » qui est le seul titre qui figure à la fois sur l’EP et « Can’t Wait To Be Fine », mais vous avez changé les paroles entre temps. Pourquoi ?

Raphaël : On a fait mieux que les changer ! on en a proposé des vraies *rires*

Joseph : En effet, il était sorti sur « Waiting Room » il y a à peu près un an, mais du coup c’est une version complètement ré-enregistrée (sur l’album), et entre temps l’approche de Raphaël pour chanter a un peu changé aussi. C’est-à-dire qu’avant il y avait une grande place à l’improvisation, voir au yaourt dans pas mal de paroles sur le premier album et aussi sur l’EP.

Raphaël : C’est une langue que j’ai inventée, je préfère dire ça ! *rire*

Ça s’appelle comment ?

Raphaël : Le milkshake ! *rire*

Joseph : Et du coup t’avais (Raphaël) la volonté pour le deuxième album que les paroles prennent plus de sens que ce qu’on avait fait avant. “Coca Collapse” a donc eu droit à de vraies paroles pour l’occasion.

Raphaël : Et surtout on trouvait le jeu de mot tellement drôle qu’il fallait qu’on le redise quelque part.

Joseph : Chacun aura sa préférée entre les deux versions.

 

Je pense qu’on est confiné dans notre crâne depuis qu’on est né

 

Le premier extrait du nouvel album est « Can’t Wait To Be Fine » (aussi le titre de l’album), dans le contexte actuel où tout le monde a hâte d’aller mieux, est-ce que ce morceau vient de ce contexte actuel / le covid, est-ce que c’est plus personnel que ça ?

Raphaël : On avait déjà trouvé ce titre depuis un moment, on savait que ça ferait écho mais on avait trouvé ce nom avant le covid. Joseph nous avait envoyé une maquette qui nous avait un peu bouleversé dans le sens qu’on la trouvait très différente de ce que y avait d’habitude. « Can’t Wait To Be Fine » enfin « j’ai envie d’aller bien » je pense qu’on se le dit depuis qu’on est né en fait. Il y a toujours à attendre à quand ça va aller mieux, j’ai l’impression qu’on est éduqué comme ça. Donc nan je ne pense pas que y a de corrélation, je pense qu’on est confiné dans notre crâne depuis qu’on est né, donc on peut peut-être trouver un écho là-dedans.  Mais c’est vrai que y a un parallèle qui s’est dessiné, le clip quelque part a dessiné un parallèle sans le vouloir.

Joseph : Oui, mais c’est tant mieux. Que chacun puisse y voir ce qu’il veut et se l’approprie et que cela évoque des choses intérieurement que ce soit sur le covid ou autre chose.

We Hate You Please Die - Can't Wait To Be Fine

Vous parlez du clip, y a deux choses dedans. La première c’est que ya un moment vous vous mettez autour d’un cercle dans une pièce fermée, est ce que c’est une référence à Fight Club ?

Raphaël : Vous n’êtes pas les premiers à nous le faire remarquer, et c’est vrai qu’en y repensant, y a un ptit côté Fight Club, mais ce n’est pas spécialement voulu.

Il y a une deuxième chose dans le clip que vous avez refait sur “Barney” d’ailleurs : le vélo d’appartement qui part. Qu’est-ce que ça évoque pour vous ?

Mathilde : En gros c’est un peu un running gag. En fait on a tourné un premier clip qui ne sortira jamais, ça ne faisait même pas deux semaines qu’on se parlait.

Chloé : On va parler de ça ?

Mathilde : En gros c’est juste sur une chanson, un plan de nous quatre où on ne fait rien et y a Chloé qui est sur le vélo d’appartement et je trouve qu’il a un peu scindé l’histoire du groupe ce vélo.

Joseph : C’est un vélo qu’on a dû trouver à peu près au moment où on a commencé le groupe tous les quatre et pendant le tournage du clip de « Melancholic Rain », notre premier clip (l’été 2018), en recherche d’accessoires il y avait le vélo d’appartement qui était tout indiqué. Depuis il est dans tous les clips si je ne dis pas de bêtises. (Sauf « Hortense »)

Raphaël : En plus d’une vanne y a une symbolique, le fait de faire du surplace.

Mathilde : Il roule enfin dans « Can’t Wait » !

Vous disiez que « L’avenir du rock est dans le mélange ». Après des années de rock pop électro, est ce que le courant se renouvelle en ce moment ? Comment expliquez-vous ce retour ?

Joseph : Je ne sais pas si c’est un retour dans le sens où je ne sais pas si le rock était parti. En fait y a toujours du renouveau et de la mixité qui se fait dans tous les styles musicaux je pense, et tant mieux. Après t’as des courants principaux qui sont majoritairement représentés mais les mélanges de styles font toujours naitre de nouvelles idées, de nouveaux trucs.

 

Ça me parle pas du tout le “No Futur”, on est “Happy end” nous.

 

Dans une autre de vos citations vous disiez à France Info que le “no futur” des Sex Pistols ça ne vous parlait pas du tout. Est-ce que vous pensez qu’on est dans le choc des générations où y avait un punk no futur et aujourd’hui avec toutes les thématiques écologiques qui existent on se projette au contraire sur sauver l’avenir ?

Mathilde : Pour rappeler à l’album « Can’t Wait To Be Fine », là c’est dit « on aimerait bien aller mieux » donc il y a

We-Hate-You-Please-Die_Interview
Photo : Louis Comar

vraiment cette notion d’espoir. « No Futur » c’est un peu triste de partir de ça alors qu’on peut toujours trouver des solutions au final.

Chloé : C’est vrai que ça me parle pas du tout le “No Futur”, on est “Happy end” nous.

Raphaël : C’est vrai que le “No Futur” c’était plus un mantra de provocation peut-être. On préfère carrément assumer le côté lumineux d’un discours à la Idles qu’un groupe dark comme Sex Pistols où tout va mal. Oui tout va mal mais … C’est dans la nuance en fait.

Sur l’ep Waiting Room vous parlez de dissonance cognitive, c’est-à-dire le décalage entre le fait que le capitalisme continue de produire alors que derrière la planète va mal et qu’on le sait tous et pourtant qu’on ne s’arrête pas. Est-ce que vous voulez étayer ce message ?

Raphaël : La dissonance cognitive, je pense qu’on vit tous dedans sans vraiment se l’avouer, j’ai l’impression qu’on est obligé en fait. On n’a pas envie de mourir, mais par exemple on va fumer des clopes et on sait pourtant que… Moi je pense que y a une sorte d’autodestruction en fait, je pense que les humains essaient de se supprimer eux-mêmes.

C’est un peu comme l’écologie je pense. Tant qu’on n’aura pas de l’eau jusque-là (au niveau du cou), on ne se dira pas « Oh peut-être qu’on aurait dû faire gaffe ». Je pense que c’est une sorte de suicide collectif géant refoulé. Ce n’est peut-être pas plus mal pour la planète ? C’est Blanche Gardin qui en parlait d’ailleurs

J’suis nul en math, mais mathématiquement y a de moins en moins de ressources et on va être de plus en plus, donc, qu’est-ce qu’il faut faire ? Là par contre je n’ai pas les solutions.

 

Il va peut-être y avoir un clash aussi entre les ambitions, la proposition artistique et la réalité

 

Il y a une problématique écologique qui se pose sur les tournées. Comment vous le vivez en tant que groupe, quelle est votre approche pour combiner tournée et écologie ?

Mathilde : Nous, forcément on est obligé de partir en voiture, en petit van. Mais on essaye de faire des petits gestes : quand on est accueilli dans des SMAC par exemples on essaye de favoriser les produits locaux plutôt que les produits de supermarchés.

Joseph : Oui c’est des petits trucs qu’on fait ou qu’on devrait déjà tous faire dans la vie de tous les jours. Mais si au nom de l’écologie fallait arrêter complètement tous les déplacements inutiles (non-vitaux)… Je pense qu’il y a deux poids deux mesures, entre Coldplay qui tournent avec 3 semis remorques + un jet et des trucs comme ça, enfin qui tournaient : ils ont décidé de pas le faire, c’est très bien, je trouve que c’est une bonne idée. Mais nous on a un Citroën avec 6 places, on part tous les week-end et je pense qu’on fait pas plus de routes que des gens qui vont bosser tous les jours.

Raphaël : Une fois on a proposé une date au Portugal en mode one shot, on se sentait carrément irresponsables de dire oui et de prendre l’avion pour faire juste une date. Ça aurait été purement égoïste de faire ça.

Il va peut-être y avoir un clash aussi entre les ambitions, la proposition artistique et la réalité. Avec Shaka Ponk par exemple, il y a une logistique qui est démentielle avec des projections, des décors, etc. Ça demande quand même de quoi transporter le matos, c’est beaucoup de ressources énergétiques. Est-ce qu’ad vitam æternam il faudra brider la proposition artistique et les ambitions pour proposer des trucs plus simples et qui permettront qu’on ne s’éteigne pas en 2050. Même si ce n’est bien sûr pas eux… c’est plutôt « les gens du haut » qu’il faudrait taper.

D’ailleurs, je ne sais plus qui me parlait de ça mais dans les années à venir, les gens n’auront tellement plus confiance dans les politiques qu’ils vont transvaser leur écoute après des scientifiques et des artistes.

 

C’est aussi une expérience sociologique d’avoir un groupe

 

Tu parlais à un moment de fin d’internet aussi, y a votre clip « Good Company » qui parle des réseaux sociaux et d’Instagram. En tant qu’artiste c’est quelque chose d’important aujourd’hui Instagram ? Comment vous gérez votre image sur les réseaux sociaux ?

Raphaël : On a beaucoup de mal parce qu’on est assez différent tous les quatre mine de rien, par nos goûts et nos âges. Par exemple avec Mathilde on a 13 ans de différence. Et du coup ça pose la question de qu’est-ce que c’est montrer une image de 4 personnes différentes pour qu’elle s’accorde ? Et donc quand elle ne s’accorde pas on peut se crêper un peu le chignon.

Joseph : On n’a pas tous les 4 la même vision de la communication qu’on aimerait avoir, du coup on se prend la tête un peu des fois. C’est compliqué de se mettre d’accord sur le contenu global.

Chloé : On arrive toujours à se mettre d’accord mine de rien !

Mathilde : C’est aussi une expérience sociologique d’avoir un groupe et d’être 4 personnes aussi différentes les unes des autres.

Chloé : Complètement, c’est vrai qu’on ne se ressemble pas du tout.

Joseph : On gagne en self control ça c’est sûr.

Facebook semble est devenu un truc plus pour les « vieux » et que Insta…

Chloé : On a plus de retour sur Insta, plus de gens qui vont nous envoyer des messages. Les stories c’est hyper cool, parce que les gens ils envoient juste une petite réaction, et y a plus de ça que des commentaires Facebook. Je trouve que c’est un moyen hyper cool de communiquer Insta.

Avant la pandémie, vous parliez à France Inter de votre concert de rêve. Vous aviez plein d’idées : Mexique, Bitnic Festival, etc. Aujourd’hui après tout ce qu’on vient de traverser, c’est quoi votre concert de rêve ?

Joseph : Un concert avec des gens debout sans masque ?

We Hate You Please Die *en cœur* : Exactement !

Joseph : C’est vachement moins difficile de répondre maintenant, tant que y a les gens debout et sans masques ce sera déjà super.

Raphaël : Des p’tites dates à l’étranger aussi et des featuring j’aime bien aussi. J’adore ça les moments où t’as quelqu’un qui s’amène, qui partage un morceau. J’aimerai bien chanter avec Maxwell Farrington !

 

Merci !


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Grandma's Ashes - The Fates
Grandma’s Ashes – The Fates

Le premier EP des Grandma’s Ashes est un condensé de ce que ce trio francilien fait de mieux, un best-of de leurs 3 années d’existence. Les trois rockeuses maitrisent le live à la perfection, mais avec « The Fates », c’est en conditions studio que l’on a l’occasion de découvrir leur univers mélangeant « Rock, goth et une touche d’absurde ».

 

« A.A », le premier des cinq titres est une invitation à entrer dans cet EP. Envoutant et très travaillé, ce morceau est une belle introduction à l’univers des Grandma’s Ashes. Les riffs, ancrés dans le style rock stoner, rappellent l’amour du groupe pour le live et lancent parfaitement les hostilités. Une attention toute particulière est donnée aux voix sur l’ensemble des morceaux composés. Cela se retrouve tout particulièrement sur l’énergique et psychédélique « Radish Cure » où le chant d’Eva nous emporte complètement.

 

à la lignée d’un enterrement et d’un sketch des Monty Python

 

Le trio aime placer des touches d’humour dans ses titres, on peut même dire que les trois artistes emportent l’auditeur dans “un voyage en train fantôme à la lignée d’un enterrement et d’un sketch des Monty Python.” Après nous avoir parlé de poisson rouge dans « A.A », c’est au tour de Fiona de Shrek d’être mise avant dans « Song for Fiona ». Sans trop savoir pourquoi, ce morceau reste dans un coin de la tête. C’est sûrement grâce à sa belle construction, ses passages mélodieux habillement alliés à une instru où la disto est très présente.

Impossible de s’exprimer sur « The Fates » sans aborder le single « Daddy Issues ». C’est un titre terriblement efficace qui mélange de belle manière des passages stoner, prog et mélodiques. Pour Éva, Myriam et Édith, ce morceau (comme beaucoup d’autres d’ailleurs) est une sorte « d’exutoire super efficace pour parler de thèmes qui leurs pèsent ». C’est ainsi qu’avec beaucoup de pudeur mais aussi de dérision, elles parlent dans « Daddy Issues » de « problèmes de papa ».

 

C’est un premier EP très structuré qu’offrent les Grandma’s Ashes, et c’est tout logiquement qu’il se referme sur « Outro », un titre entièrement instrumental qui montre tout le talent et la technique du groupe.

Avec « The Fates » le jeune trio Grandma’s Ashes signe un premier EP de très bonne qualité. Il est le fruit de trois années de travail et d’expérimentations, reflétant parfaitement l’exigence d’Éva, Myriam et Édith envers leur musique. Les « petites » Grandma’s Ashes ont sorti un grand EP avec « The Fates », faisant honneur aux illustres artistes (Black Sabbath par exemple) déjà passés par ces studios Ferber où l’EP a été enregistré.


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