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Louis Comar

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Alors que la pandémie mondiale laisse entrevoir une accalmie, elle permet surtout aux groupes internationaux de parcourir à nouveau le Monde. A peine le feu vert donné, et voilà que les fous furieux de The Hives reprennent déjà les routes. Rien d’étonnant lorsque l’on connait la réputation de la formation en live. Après un passage aux Etats-Unis, annoncé dix jours avant, les voilà qui débarquent en France.  C’est à l’occasion de leur passage à l’Olympia de Paris que le groupe a invité l’équipe de Popnshot en backstages pour une interview haute en couleurs.  On y a retrouvé Pelle Amqvist, le chanteur un peu malade mais ravi d’être là. L’occasion d’aborder autour d’une boisson chaude la question du  ou plutôt des deux nouveaux albums à venir 9 ans après la sortie de Lex Hives, mais aussi du retour sur scène, du courant punk en 2021, d’un concert dans un sous-marin, de son esprit rebelle et de King Gizzard and The Lizard Wizard. Rencontre.

The Hives @ l'Olympia Paris 2021
Photo : Louis Comar
Pop & Shot : Vous revenez tout juste d’une tournée au USA. C’était comment de retourner là bas ?  Vous y avez beaucoup d’influences, est-ce que vous y avez trouvé de nouvelles inspirations ?

Pelle Almqvist aka. Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : Quand on était là-bas, on n’écrivait pas, on était tout le temps en tournée. Mais c’était très amusant de vivre  la culture américaine. Et c’était dans le Sud, ce qui est plus exotique que New York ou Los Angeles. On est allé en Floride, à Nashville, au Tennessee dans le Mississippi.

 

Pop & Shot : C’était comment de voyager à nouveau après la pandémie ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : C’était cool ! Mais vraiment étrange, parce que nous n’avons appris seulement 10 jours avant la tournée que nous pouvions la faire. C’est donc très difficile d’en faire la promotion.
Mais c’est bon d’être de retour ! Pendant toute la pandémie, on a essayé de faire des concerts. Nous avons essayé d’en organiser et ils ont été annulés. Maintenant, du jour au lendemain, Nous avons beaucoup de concerts,  une tournée américaine et une tournée européenne. C’est vraiment cool. On est presque le seul groupe en tournée actuellement. D’ailleurs, notre promoteur a dit qu’on était le premier groupe international à jouer à l’Olympia depuis 600 jours.

près les concerts, nous avions environ 1500 appels manqués. Niklas essayait de rappeler tout le monde, il parlait aux gens toute la nuit !

Pop & Shot : Vous avez fait un concert en live stream en janvier dernier. C’était comment de jouer avec personne en face de vous ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : Nous avons fait un live stream pour le Mexique d’abord, qui était le concert annulé de Mexico. Donc, quand il a été annulé, les organisateurs voulaient que nous fassions un live stream. C’est donc ce que nous avons fait ! Cela nous a appris tellement de choses et aussi ce qu’on ne voulait pas faire. C’était particulier parce que c’était comme si nous jouions une chanson et qu’à la fin c’était mort. Après chaque chanson, je parlais un peu, puis nous jouions la chanson suivante, puis c’était de nouveau silencieux. Et c’était horrible. C’était le pire, c’était si difficile de faire un bon travail. Parce que la chose la plus importante manque, c’est-à-dire la foule. Alors, quand nous avons fait notre propre tournée mondiale en live stream, nous avons trouvé des solutions. Nous avions des haut-parleurs avec le bruit de la foule que nous avions enregistré dans les endroits où nous avons joué. Ainsi, le spectacle australien avait un bruit de foule de Sydney que nous avions trouvé sur YouTube à partir d’un de nos concert là bas. Le bruit était diffusé entre chaque chanson. Et nous avons vraiment eu l’impression d’un concert normal. Les gens pouvaient aussi appeler appeler en direct. Nous voulions faire ça pour prouver que c’était vraiment live. Car c’était important pour nous de faire ces concerts en direct pour le public. Et c’est pour ça qu’on jouait à des heures différentes, par exemple on se levait très tôt le matin pour jouer en Australie, on restait debout très tard le soir pour jouer aux Etats-Unis, etc. Parce que nous voulions que ce soit comme une tournée, chaque concert était à 21h, heure locale. Et je pense que c’est l’une des choses que nous avons été le plus heureux de mettre en place. C’est aussi très amusant. Parce que les gens appelaient. Après les concerts, nous avions environ 1500 appels manqués. Niklas essayait de rappeler tout le monde, il parlait aux gens toute la nuit !

Pop & Shot : Ils étaient contents de vous avoir au téléphone ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : Oui, ils criaient, hurlaient, discutaient. C’était vraiment une bonne idée de faire ça. Je pense que nous avons fait un excellent travail ! Après le premier concert, nous l’avons regardé et nous nous sommes dit que c’était vraiment mieux que ce que nous aurions pu espérer.

Nous ne savons pas si nous allons faire un album, ce qui serait un peu dommage, parce que nous avons tellement de bons titres.

Pop & Shot : Vous avez écrit de nouvelles chansons pendant la pandémie, est-ce que cela veut dire qu’un nouvel album est prévu ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : Oui. Nous en avons un de prévu, c’est un album sur lequel nous travaillons depuis longtemps. En fait, ce sont deux albums. Nous essayons de le faire, mais cela prend du temps, parce que nous avons beaucoup de chansons que nous aimons, mais nous n’aimons pas tous les mêmes chansons et nous avons un processus très démocratique. Nous ne savons pas si nous allons faire un album, ce qui serait un peu dommage, parce que nous avons tellement de bons titres. C’est pour ça qu’il devrait éventuellement y avoir deux albums. Aussi, nous prenons une trop longue pause entre les albums, surtout pour celui-ci  d’ailleurs !  Mais même en temps normal, nous prenons beaucoup de temps, donc ce serait amusant d’essayer sortir un album plus rapidement à l’avenir.

Pop & Shot : Dans Lex Hives, vous aviez instauré beaucoup de règles. Est-ce que dans ce nouvel album ces règles seront toujours là ? Y en aura-t-il de nouvelles ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : Eh bien, il n’y a pas de règles. C’est peut-être pour ça que ça nous prend si longtemps, parce que toutes les chansons sont différentes. Et c’est difficile pour nous d’en faire un ensemble cohérent.

Pop & Shot : Comment décrivez-vous l’esprit du groupe maintenant que vous avez près de 30 ans d’expérience ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : C’est bizarre de penser que ça fait si longtemps. Je ne sais pas si quelqu’un a fait quoi que ce soit pendant 30 ans de suite, à part prendre son petit-déjeuner ou aller se coucher. Bizarrement, j’ai l’impression que l’esprit « The Hives » existerait même si les membres du groupe n’existaient pas.  Mais c’est toujours aussi cool d’être dans le groupe, surtout quand nous faisons des concerts. On dit que c’est extatique. Les gens viennent, qu’on ait un nouvel album ou pas, c’est quelque chose de solide, ce qui est cool !

il y a toute cette politique punk qui veut décider de ce qu’on peut ou ne peut pas faire et ça ne sert à rien de s’y frotter.

Pop & Shot : Vous avez beaucoup été décrits comme un groupe de punk, surtout au début. Aujourd’hui en 2021, est ce que vous pensez que le punk représente toujours quelque chose ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : C’est un peu comme le jazz maintenant. Ça dure. Comme si c’était une force culturelle. Je pense qu’à cette époque nous apprenons à jouer de la musique. Donc le punk fera toujours partie de notre ADN, mais je ne suis pas sûr que ça m’intéresse de m’y référer. C’est plus facile de se dire « groupe de rock n roll », on peut tout se permettre. Alors que si on se dit groupe punk, il y a toute cette politique punk qui veut décider de ce qu’on peut ou ne peut pas faire et ça ne sert à rien de s’y frotter. Donc oui, nos influences ont toujours été principalement le rock and roll et le punk rock. Quelque part entre les deux.

Pop & Shot : Vous dites qu’il y a des politiques punk, ce qui est vrai. À une époque vous vouliez vous rebeller contre tout. Mais vous vous rebellez aussi contre le punk.

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : Au début, il s’agissait plutôt de se rebeller contre le punk, car les seules personnes pour qui on jouait étaient des punks. Et ça nous a toujours paru bizarre de jouer pour des punks et de se rebeller contre la société alors la société n’était pas là. Donc si nous voulions embêter quelqu’un, cela devait être les punks. Alors on a commencé à porter des costumes et d’autres trucs classes. Et nous étions devenus des snobes. On faisait comme si on était nés riches. Les punks détestaient ça, ce qui était très amusant.  Mais on adore la musique punk, c’était ça le truc, mais c’est tellement drôle quand les gens ne comprennent pas ce que nous faisons et qu’ils s’énervent.

The Hives @ l'Olympia Paris 2021
Photo : Louis Comar
Pop & shot : Est-ce que vous vous rebellez contre d’autres choses aujourd’hui ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : Je pense que j’ai toujours été un peu rebelle. Je suis né rebelle. C’est comme si j’étais contre tout ce que les gens avaient, pensaient. En vérité, ça craint un peu. ça rend la vie très dure. Parce qu’il y a un coût à être un rebelle. C’est assez cher, émotionnellement, d’être contre tout ce que les gens pensent. On devient très solitaire. C’est un travail difficile parce que tout le monde essaie toujours de te convaincre de quelque chose. Quand j’ai eu 15 ans, j’ai fait un effort pour m’intégrer davantage. Mais ce côté rebelle est toujours en moi, je crois. Ma première réaction est généralement non.

Pop & Shot : Dans une interview, vous avez dit que The Sonics avaient changé votre vie. Y a t il d’autres groupes qui ont changé votre vie ? Influencé votre musique ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : Il y en a un beaucoup, surtout dans ce que j’écoutais plus jeune, parce que les choses que tu trouves au début te frappent le plus fort je pense. Donc, quand j’avais 6 ou 7 ans il y avait AC/DC. Vers 11 ou 12 ans, il y avait quelques groupes de punk comme les Misfits ou des groupes de punk suédois. Mais les Misfits et les Dead Kennedys ont eu une grande importance pour moi. Plus tard, il y a eu The Sonics, vers mes 17 ans. C’était quelque chose d’important, parce qu’avant ça, on jouait une musique influencée par le punk des années 70 et le rock and roll des années 50, comme Little Richard. Nous aimions la musique des années 60, comme les Yardbirds, parce que nous trouvions ça dans la collection de disques de nos parents, mais avec The Sonics, Nous avions l’impression que quelqu’un avait déjà mélangé ces deux choses, le punk des années 70 et le rock’n’roll des années 50, et c’était The Sonics, et j’aimais vraiment la façon dont ça sonnait.

J’avais un ami qui aimait la musique psychédélique et il m’a donné l’album de The Sonics parce qu’il pensait que ce serait de la musique psychédélique, ce qui n’était pas le cas, mais il m’a dit : « Oh, tu aimeras probablement ça ». Et c’était vraiment le cas, ils ont été une grande influence. Plus tard il y a eu d’autres groupes comme Mitch Ryder, The Detroit Wheels et The Saints, mon groupe préféré depuis longtemps. Bien sûr j’aime vraiment les Ramones et les Stooges.

Pop & Shot : Le punk garage fait son retour en ce moment. Avez-vous entendus de nouveaux morceaux excitants ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : J’aime vraiment les Viagra Boys. Je pense qu’ils sont géniaux ! Et j’aime vraiment King Gizzard and The Lizard Wizard. J’aime tous leurs albums. Non, peut-être un sur trois ou quelque chose comme ça. Parce qu’avec King Gizzard, il y a tellement de sorties que c’est difficile à suivre, surtout pour quelqu’un comme moi qui en sort si lentement.
Je me souviens que j’étais dans un studio à Los Angeles en train de travailler sur autre chose. Ils étaient aussi là. J’y étais donc allé la veille et ils avaient enregistré trois albums en un jour. C’est vraiment impressionnant. J’aurai tellement de mal à faire ça. Je suppose que la seule façon de le faire est de sortir des morceaux et de ne pas avoir d’autocritique. Mais je les aime beaucoup.

la salle la plus bizarre dans laquelle j’ai joué était un sous-marin en France

Pop & Shot : Aujourd’hui vous jouez à Paris en France. Un de vos concert en France s’est déroulé dans un sous-marin ! Est-ce que vous avez un souvenir de ce moment ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : Oui, c’est vrai. Je ne me souviens plus dans quelle ville c’était. Mais nous avons joué dans un sous-marin garé dans l’eau. Et on devait passer par une tourelle pour arriver sur scène. C’était la salle la plus bizarre dans laquelle j’avais joué. Il n’y avait que 50 personnes là-bas, ce n’était pas idéal, mais c’est la salle la plus bizarre dans laquelle nous avons jamais joué !

Nous avions été programmés pour un concert, et quand nous sommes arrivés c’était un sous-marin. Nous étions surpris, c’était bizarre. Mais à ce moment-là, on s’est dit : « Ok, c’est le concert. On branche nos amplis et nous jouons ». C’était cool.

Pop & Shot : Pour votre show d’aujourd’hui, vous avez de nouveaux costumes. Dites-nous en plus.

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : C’est la fille (Ingrid Berg) de mon voisin qui les a fait, ils brillent dans le noir et c’est plutôt cool. On joue quelques chansons avec la lumière, puis on éteint toutes les lumières et le costume brille. C’est vraiment sympa.

The Hives @ l'Olympia Paris 2021
Photo : Louis Comar
Pop & Shot : Quels sont vos projets pour le futur ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : Tout d’abord nous avons la tournée européenne. Ensuite deux gros concerts en Suède juste avant noël et après nous ferons un album j’espère.

Pop & shot : Et donc, le studio c’est pour quand ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : Nous avons un studio où nous avons enregistré une partie du dernier album. Nous avons aussi essayé d’aller aux Etats-Unis pour enregistrer mais c’est très compliqué. Cela fait deux ans que nous essayons de venir, mais avec le COVID c’est impossible. Donc maintenant, nous allons probablement commencer à enregistrer en Suède, juste parce que nous aurons moins de risques d’être annulés ou reportés. Donc il me semble que nous allons commencer à le faire en janvier. Nous verrons combien de temps cela prendra. Cela dépend des chansons qu’on veut enregistrer. Parce qu’il y a beaucoup de chansons !

Pop & Shot : Une dernière question, quelle chanson que vous écoutez en ce moment décrit le mieux votre état d’esprit ?

Howlin’ Pelle Almqvist (The Hives) : Aujourd’hui je suis malade, je me sens mal. Donc je ne sais pas quelle serait cette chanson. Eh bien, mon état d’esprit est probablement quelque chose de Nick Drake, mais j’aimerais que ce soit une chanson de Little Richard. Par exemple « where I’m at » de Nick Drake. Mais j’aimerais que ce soit « rip it up » de Little Richard.


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Après un MaMA éprouvant, ce sont les courageux Rosaway qui décident de ne pas casser le rythme des concerts. Rendez-vous donc à South Pigalle, et plus précisément au Bus Palladium pour découvrir la pop chantée en anglais de la formation. Le temps est frais ce samedi soir d’octobre, mais le quatuor a bien l’intention de réchauffer les coeurs ce soir.

 

AU bus, proximité rime avec qualité

 

Au bout de la rue, les couleurs scintillantes du Moulin Rouge peuvent s’apercevoir. Les trottoirs sont animés, des odeurs de nourriture viennent chatouiller les narines. Pizza, burger ou planche de charcuterie, chacun y trouve son compte. Certains courageux font même déjà queue la devant les clubs de la rue Pierre Fontaine. Contre un mur, non loin de l’angle de la rue, un néon rouge indique l’entrée du légendaire Bus Palladium. Pour rentrer, il faut montrer patte blanche, enfin plutôt son pass sanitaire. Une fois le hall traversé, le froid de dehors n’est plus qu’un lointain souvenir. Les murs de la salle rappellent à coup de pochettes d’albums qu’ici il n’y a que de la bonne musique. D’ailleurs d’autres pans du mur donnent des indices sur le groupe qui se produit ce soir : les tapisseries composées de roses remettent dans la tête que ce soir c’est Rosaway qui est maître de lieux.

Les meilleurs concerts n’ont pas lieu dans les plus grandes salles, loin de là. La taille parfaite du Bus Palladium permet une proximité déconcertante avec l’artiste. C’est sur les coups de 22h que les 4 membres de Rosaway font leur entrée sur scène. La belle Rachel, toute souriante est là pour montrer ce qu’elle a dans le ventre, tout en bonne humeur et énergie.  Son talent pour la flûte traversière est aussi brillant que son pantalon pailleté. Sa technique sur cet instrument, gagnée au conservatoire, est irréprochable. Sa voix est tout aussi juste. Lorsqu’on l’écoute chanter il est tout de suite évident de comprendre pourquoi elle a déjà chanté dans le choeurs d’Ed Sheeran ou encore Jain.

Du partage et de la justesse

 

Pendant plus de 50 minutes de set, les quatre musiciens transmettent au public leur énergie communicative. Ceux qui ont récemment sorti leur nouvel EP « Dreamer » savent ce qu’ils font et maîtrisent chaque partie de leurs morceaux. Cette justesse est d’autant plus remarquable sur le titre éponyme du groupe où batterie, guitare piano, voix et flûte traversière se mélangent de très belle manière. L’audience danse, chante, cette soirée a tout pour être une réussite. À la batterie, Stef sait ce qu’il fait. Ses quelques solos impressionnent et donnent envie d’en voir plus.

Le temps passe vite dans ce Bus Palladium chauffé à blanc. Il est déjà temps pour la formation de remercier son public, le staff et chaque musicien. Il est maintenant l’heure de trinquer à cette belle soirée qui touche à sa fin.

Les sonorités propres à Rosaway restent en tête, les mélodies à la flûte traversière ne sont pas prêtes de quitter les esprits de chaque membre du public. La semaine touche à sa fin mais l’histoire de Rosaway ne fait que commencer.


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Boïte Noire Pierre nineyBoite Noire, de quoi ça parle ?

Avec Boîte Noire, c’est une immersion totale dans le monde de la sureté aérienne que propose Yann Gozlan. L’histoire est celle de Matthieu Vasseur, un jeune acousticien en poste au BEA  qui met à profit son ouïe pour enquêter sur des accidents aériens. Son quotidien est chamboulé lorsque le crash d’un avion de plus de 300 personne survient dans les Alpes. Entre paranoïa et théories complotistes, cette mystérieuse catastrophe en fait voir de toutes les couleurs aux personnages du film.

Boite Noire, est-ce que c’est bien ?

pierre nineyC’est bien connu, la France choisit ses films et plébiscite certains genres. Si la comédie et le drame sont toujours des valeurs sures, le film de genre et son petit cousin le thriller sont souvent boudés pour laisser faire les américains, reconnus eux comme maîtres du genre. Pourtant, certains réalisateurs s’amusent à faire mentir les nationalités, rappelant qu’il existe une certaine fierté nationale en nos terres et que l’Hexagone n’est pas en reste quand il s’agit de créer du polar, des enquête et du suspens tendu. C’est ici avec l’optique de se frotter aux maîtres Outre-Atlantique, n’hésitant pas au passage à citer les plus grands, que le réalisateur Yann Gozlan a choisi de se tenter au registre en s’appuyant sur une thématique très précise : le monde de l’aviation. Pour réussir son coup, le metteur en scène s’est entouré d’un casting cinq étoiles : Pierre Niney, Lou De Laâge ou encore André Dussolier. Pari réussi ?

Créer un thriller haletant, en prenant soin d’utiliser toutes les ficelles du genre  a particulièrement tenu à coeur au réalisateur qui prend le temps plan par plan d’établir son cadre de travail. Le résultat, fera sans aucun doute passer un bon moment au spectateur mais pourra, d’un point de vue expert, s’avérer parfois prévisible. La faute sûrement à un soin méticuleux apporté à reprendre les codes établis par les idoles du réalisateur, qui finit par tomber dans un excès de bonnes intentions et donc à absorber quelques clichés pour mieux les réadapter à sa sauce.

Néanmoins, la plus belle réussite, indiscutable, de  Boîte Noire se trouve dans le travail de recherche est d’observation réalisé par l’équipe du film au plus près du BEA. Il est ainsi possible d’en apprendre beaucoup sur tout le secteur de l’aviation, ses contrôles de sécurité, sur la fiabilité des appareils, de quoi potentiellement rassurer les aviophobes bien que le sujet du film soit un crash. Les dialogues, les informations, sont la preuve d’un travail de fourmis réalisé en amont par une équipe dévouée qui en a appris immensément sur les métiers autour de ce secteur qui fait toujours rêver. Après tout, l’homme n’a-t-il pas toujours rêvé de voler ? Dans ce même axe de précision, il est important de souligner l’immense qualité du travail fait par l’équipe de décoration, ses choix pointilleux et sa capacité à poursuivre l’immersion au delà du simple cadre du scénario.  Avec ça en tête, les quelques approximations qui perdurant  (la date du salon du Bourget notamment) ne sauraient choquer qu’un public initié. Reste également à souligner que si l’intrigue se tient en octobre 2020 et ne fait pas état de la pandémie, c’est surtout parce qu’il a été tourné en amont, soit fin 2019.

Une réalisation carrée

Boite noire yann gozlanTechniquement, tout est au point. Yann Gozlan gère très bien l’image et fait ressentir le plus justement chaque émotion du film. Le plan séquence à couper le souffle de la scène d’ouverture est d’ailleurs un bon moyen de mettre le spectateur dans le bain et de lui introduire l’élément central de l’intrigue : la boîte noire. Cet aspect du film est d’ailleurs l’une de ses plus belles forces. La photographie est impeccable. Les plans prennent le temps d’exister. Le réalisateur aime à filmer les émotions de ses personnages et surtout de son protagoniste, il prend le temps plan après plan, scène après scène. Chaque moment semble s’attarder face à la caméra qui invite le spectateur à ne pas en perdre une miette. De ce choix, la paranoïa devient plus palpable, les expressions du visage se scrutent une à une. L’intrigue se pose et s’impose avec douceur.

Le son est un des éléments clé de ce film. C’est dans un premier temps l’outil de travail principal de Matthieu Vasseur (Pierre Ninney), ce qui n’est pas sans rappeler « Le chant du loup » d’Antonin Baudry. Dans un second temps c’est aussi le moyen d’accentuer et de sublimer chaque scène du film. Il faut donc tendre l’oreille à chaque instant afin de ne rater aucun détail de Boîte Noire. Attention tout de même à ne pas se laisser berner par les faux sentiments de « peur » créés par la bande son pour compenser les lacunes de certaines parties du scénario. En effet, la musique vient souvent à remplacer les effets de mises en tension pour mieux créer un sentiment d’angoisse qui pourrait autant se gérer par le son que par l’image.

Pourtant cette immersion auditive a aussi pour qualité de créer un récit axé sur son protagoniste. En immersion avec son oreille très fine, le spectateur est entraîné dans un tourbillon de sons auxquels se fier ou non. Il se laisse retourner par ses acouphènes, et vit avec d’autant plus de force ses doutes. Cette quasi omniscience accentue le sentiment de connivence avec Matthieu Vasseur.  Les turbulences liées à ce sens incroyablement développé  deviennent synonymes de confiance et de partage. Ainsi comme avec les plus plus grands enquêteurs des Etats-Unis, notre frenchie crée un personnage entier auquel il est simple de se raccrocher. Pourtant, tout on long de l’intrigue les personnages sont en constante évolution. Ainsi, le spectateur se retrouvera en conflit face à un personnage principal psychorigide et jusqu’au-boutiste qui l’enfonce avec lui dans sa paranoïa.  Lou de Laâge, dans le rôle de Noémie Vasseur la femme de Matthieu, réussi avec brio à faire de son personnage secondaire un caractère qui prend de plus en plus de poids au fur et à mesure du film. Sa performance est d’autant plus impressionnante que l’actrice a été castée en dernière minute et n’a eu que peu de temps pour bien rentrer dans la peau de son personnage. Une coupe de cheveux aura permis de lui durcir les traits pour en faire une femme forte et carriériste, pilier de l’intrigue. Le diable est dans le détail, et ce n’est pas l’équipe de Boîte Noire qui fera mentir l’adage. 

Au demeurant, Boîte Noire est un thriller français au beau casting qui mérite d’être vu et apprécié. Déjà parce qu’il prouve que de grands moyens et de belles idées existent dans tous les registres du cinéma français mais aussi parce qu’il promet un bon moment de divertissement tout en soulignant des enjeux majeurs du monde actuel et ses technologies.  Il y a fort à parier que le métrage trouvera son public et ce sera mérité puisqu’à l’exception de quelques longueurs, il relève le défit et suit avec passion le cahier des charges qu’il s’était fixé.

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La musique reprend peu à peu ses droits. Dans la capitale, c’est le festival Chorus qui est un des premiers grands évènements ouverts au public à proposer des concerts debout, sans distanciation. La programmation est éclectique, il y en a pour presque tous les goûts.

 

En arrivant sur l’île Seguin pour rejoindre la Seine Musicale, il est déjà possible d’entendre Lombre sur la scène du parvis. La foule est clairsemée mais cela n’empêche pas l’artiste aux sonorités de Fauve de transmettre son énergie au public.

 

Pour le premier concert sur la Grande Seine, c’est Gaël Faye qui monte sur scène. La programmation a été faite pour qu’il n’y ait aucun autre spectacle en même temps que ceux qui ont lieu sur la Grande Seine. Ainsi, presque tout le monde présent dans le festival Chorus se retrouve devant le rappeur franco-rwandais. La performance est juste et généreuse. Gaël Faye est accompagné sur certains morceaux d’un autre chanteur et d’un trompettiste. L’artiste, heureux de retrouver un public debout, n’hésite pas à prendre un bain de foule en fin de concert.

L’agencement particulier de ce festival à la fois en intérieur et en extérieur peut porter à confusion, mais le fléchage permet de se repérer facilement et ainsi de trouver sans encombre la Petite Seine où se produit l’étonnant Franky Gogo. Le chanteur est accompagné de deux musiciens pour réaliser sa performance de ce soir. Le concert démarre réellement dès le deuxième titre, très énergique, avant de redescendre d’un coup à la suite d’un problème technique. Pendant le changement du câble de son micro, Franky Gogo s’adresse au public du festival Chorus. Il a une réelle envie de communiquer avec son audience et en profite même pour plaisanter.

Au même moment, sur la pointe de l’île Seguin, sur la scène Rodin, Molécule accompagné d’Hervé Déjardin sont là pour présenter leur projet à 360°. Les basses puissantes, les enceintes tout autour du dancefloor et la scène au milieu de la foule créent une atmosphère de fête qui manquait depuis plusieurs mois. Le public danse au rythme de la musique, mais la fin du show arrive rapidement. Heureusement ce n’est que le round 1, une session de rattrapage a lieu plus tard dans la nuit.

Molecule-360-Chorus-2021 Photo : Louis Comar

Changement de scène et changement d’ambiance sur la Grande Seine du Festival Chorus avec Philippe Katerine. Plus besoin de présenter l’auteur-compositeur-interprète, acteur, réalisateur, dessinateur et écrivain français. Il enchaine les tubes tout au long de la soirée et le public reprend en cœur ses chansons les plus connues. Katerine réussi le pari de rassembler et de fédérer autour de sa musique et cela fait du bien de revoir ce genre de choses.

Retour sur la scène Rodin pour le round 2 de Molécule 360°. Flashs, fumée et grosses basses rappellent les ambiances de boîtes de nuit qui rouvrent d’ailleurs ce soir. L’atmosphère de ce show est surréaliste. Le monde est présent, les problèmes s’envolent le temps d’une soirée et la vie d’avant semble reprendre. Malheureusement cette parenthèse enchantée ne dure qu’une heure et il est déjà temps de passer au dernier concert du jour.

Molecule-360-Chorus-2021 Photo : Louis Comar
Molecule-360-Chorus-2021 Photo : Louis Comar

En clôture de cette première journée du festival Chorus, c’est The Avener qui est présent. Programmé très récemment en remplacement d’Etienne de Crecy (qui a dû annuler à cause de problèmes logistiques), le DJ français sait comment faire danser le public. Avec son show lumière digne des soirées électro, il arrive à réveiller le public.

Le festival Chorus des Hauts de Seine est l’occasion de renouer avec l’expérience live d’avant Covid. Ce vendredi soir, la musique et le public sont au rendez-vous pour s’amuser et profiter du début de l’été. La journée du samedi s’annonce drastiquement différente avec des artistes plutôt rap et très probablement de belles découvertes.


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