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Le 9 octobre 2026,  Sheryl Crow a sorti son 12e album studio “Pick You Up”, deux ans après son dernier projet « Evolution » (2024).  Avec ses guitares à foison, ses sonorités country mais toujours dans une identité pop, “Pick you Up” est plus Sheryl Crow que jamais !  La chanteuse ne perd donc pas ses racines et réaffirme dans un même temps son héritage sur la scène pop internationale actuelle.

sheryl crow pick you up
Sheryl Crow,  « Pick you up »


Sheryl Crow : une grande artiste qui reste méconnue en France

Sheryl Crow débute sa carrière internationale en tant que choriste pour Michael Jackson sur le Bad World Tour. Elle se fait connaître du grand public en 1996 grâce à ses titres  If It makes you happy  ou Everyday is a winding road , singles de son album éponyme « Sheryl Crow ». Il succède à son premier album « Tuesday Night Music Club ». Vous la connaissez sûrement aussi pour son succès All I wanna do mais peut-être  aussi pour sa chanson Real Gone .. BO de « Cars » ! Sheryl Crow est aujourd’hui l’heureuse propriétaire de 9 Grammy Awards et a fait son entrée en 2023 au Rock n’Roll Hall of Fame. Au fil des années, la chanteuse a su conserver son style musical alliant pop, rock et folk sans essayer de rentrer dans un moule. Malgré ses grands succès et l’ampleur de sa carrière, notamment aux Etats-Unis, elle reste assez peu connue en France. Peut-être justement parce qu’elle a refusé de prendre un virage ultra pop et a choisi de rester fidèle à son style. 

 

 

« Pick YOU Up » : un album humaniste

Avec « Pick you Up », Sheryl Crow signe un album musicalement doux et léger qui nous incite à ralentir et à prendre du recul. Contrairement à son précédent album “Evolution” , elle revient davantage vers ses racines country. Fidèle à son style pop-folk, Sheryl Crow n’a pas renoncé à son identité avec « Pick you Up ». On la retrouve ainsi avec plaisir ! 

Son douzième opus se veut être un album qui rassemble et souhaite dépasser les divisions ainsi que le manque de dialogue entre chacun. Son premier single Freedom Bus met en avant les divisions politiques aux Etats-Unis.  Elle nous incite à relire notre Histoire et nous invite à accepter les différences de chacun (« so don’t be an asshole, let everyone be »). La chanson qui ouvre l’album, Freight train, appelle à la rêverie et à l’évasion. Elle donne le ton de l’album. Sheryl Crow a également choisi elle-même la pochette du disque. Elle utilise The Elephant Who Forgot The Ocean, une œuvre de Tyson Grumm, un artiste dont elle collectionne les créations depuis plusieurs années. L’ensemble est très créatif et personnel. 

Le disque n’aborde cependant pas uniquement des thèmes liés à la politique. Sheryl Crow,  fait également part de ses expériences personnelles féminines à travers des chansons aux textes ironiques et amusants. Dans sa chanson Perfect elle rêve de devenir parfaite pour quelqu’un, jusqu’à même espérer être un champignon hallucinogène qui le rendrait euphorique. « Pick you Up » c’est donc un album à la fois humain et profond mais aussi léger et tendre. 

 

 

Americana et féminisme 

Sheryl Crow  inspire aujourd’hui plus d’une popstar ! Avec ses morceaux aux guitares prédominantes et sa voix légèrement éraillée, la channteuse  s’est ainsi imposée comme une artiste qui symbolise d’abord la culture américaine (l’Americana) dans ses musiques. Elle appartient également à la vague féministe des années 90 qui a vu éclore des chanteuses comme Alanis Morissette. Les deux ont en commun leur énergie pop/rock dans leurs musiques et les thèmes qu’elles abordent. Derrière des musiques pêchues, les deux femmes n’hésitent pas à parler de leur peines de cœur et de leurs expériences de manière générale en tant que femme. Sheryl Crow a par ailleurs pris des positions progressistes concernant l’avortement ou encore l’interdiction des armes à feu aux Etats-Unis. C’est une artiste libre et engagée qui  n’hésite pas à prendre position dans des débats publics.

 

Sheryl Crow 2025 Approved Photo (credit_ Dove Shore)
Sheryl Crow 2025 Approved Photo (credit_ Dove Shore)

Un héritage majeur dans la pop actuelle 

Ces dernières années, on assiste à un retour de la pop aux inspirations rock et folk. Impossible d’abord de ne pas parler de Taylor Swift. Bien qu’elle ait désormais pris un virage ultra pop, elle est une digne héritière de Sheryl Crow et de la vague de chanteuses féministes des années 90. Des textes intimes accompagnés de morceaux folk : l’inspiration est flagrante. Plus récemment, la chanteuse Olivia Rodrigo s’est inscrit dans sa lignée en proposant un projet (très pop) aux sonorités cependant assez rock qui s’étaient légèrement perdues dans les années 2010. Le refrain de son premier tube Good for U  est de fait très pop/rock. D’autres titres de son premier album « Sour », comme Jealousy Jeaoulsy  ou Brutal rappellent également cette ère pop/rock féminine des années 90. Olivia aborde également des thèmes intimes dans ses chansons, propres à son expérience de jeune femme, mais pas uniquement. La chanteuse a également montré qu’elle savait s’engager pour des causes féministes. Elle a par exemple créée un festival de musique, dans l’objectif de récolter de l’argent pour des associations œuvrant pour l’égalité hommes/femmes.  Le Daisy Chain Fields Music Festival a rassemblé cette année plusieurs artistes multigénérationnelles comme Chappel Roan mais aussi Stevie Nicks.

On voit ainsi comment son héritage a été véhiculé au fil des années.  On remarque cependant que le côté folk/rock est souvent délaissé au profit de l’ultra pop. Des chanteuses comme Taylor Swift ont davantage adopté les paillettes et la pop en mettant de côté leurs racines country. Alors existe-t-il encore des chanteuses comme Sheryl Crow ? La réponse est oui, mais au public plus restreint. On peut alors mentionner Brandi Carlile, chanteuse de The Story qui joue sur sa voix éraillée et son univers folk/rock. Les deux chanteuses ont par ailleurs partagé la scène à plusieurs reprises tandis que Brandie Carlile a repris sa  célèbre chanson If it makes you happy lors de son entrée au Hall of Fame. Un passage de relais réussi ! 

 


Concert et politique - crédit photo Louis Comar

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Créée en 2024 et chorégraphiée par Julien Lestel, cette nouvelle version de Carmen, l’opéra de tous les opéras, était présentée au Théâtre Libre à Paris avant de partir en tournée dans toute la France.  L’ambition de cette énième mise en scène est d’entrer « en résonance avec la prise actuelle de la place de la femme dans notre société, son émancipation » et de soulever « la question du féminicide ». Respectant la trame d’origine, la création d’1h10 se lance le défi de faire résonner Carmen dans la modernité, notamment par l’intégration de danse urbaine et de musiques actuelles composées par Iván Julliard. Verdict !

PANTOMIME CHORÉGRAPHIÉE

À mon humble avis de prosélyte de la danse, le défi n’est que partiellement relevé pour le Ballet Julien Lestel. L’arc narratif est compréhensible dans ses grandes lignes et Mara Whittington fait une Carmen surpuissante donnant une couleur brute, consistante et féministe au personnage. Toutefois, la mise en scène s’efforce de signifier le récit dans un ensemble séquencé qui manque de fluidité. La pantomime chorégraphiée peine à trouver l’équilibre entre danse et récit, alternant des scènes fractionnées dans un découpage qui ne parvient pas à trouver une cohérence globale. L’ensemble se tient mais résiste à la simplicité inégale de la forme.

Teaser de Carmen - Ballet Julien Lestel

CARMEN EST MORtE, VIVE CARMEN

Le sans faute du spectacle réside en Mara Whittington, interprète rayonnante qui monopolise les regards. Sa Carmen pleine d’assurance et de détermination jouit d’un jeu qui n’a d’égal que ses talents de danseuse. Car là est le principal défaut de la création, la partition théâtrale est relativement mal interprétée par la branche masculine du ballet. Un jeu caricatural et viriliste émane de ces messieurs qui en font des caisses : torse bombé et moue jalouse accaparent une interprétation trop faible. En dépit de chorégraphies très réussies et mélangeant danse urbaine, contemporaine et parfois classique, le jeu des danseurs gagnerait à plus de sobriété et de simplicité – surtout face à leur collègue toujours juste et poignante dans son rôle.

Carmen – Ballet Julien Lestel

ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ

Dans l’ensemble, la création de Julien Lestel n’est pas mauvaise mais aurait gagné en radicalité. La musique oscillant entre Bizet et Iván Julliard est manifeste de cette hésitation qui marque l’ensemble de la proposition (sauf du traitement de Carmen donc). Les costumes très classiques n’évoquent en rien la modernité du propos (sauf – encore et toujours – Carmen dans ce tailleur rouge marqueur d’empowerment). En somme, même la dimension féministe reste assez convenue, buttant sur des considérations que d’autres lectures récentes de l’opéra n’avaient pas manqué de faire valoir avec brio (pensons à la mise en scène très réussie de Jeanne Desoubeaux). Le tout n’est pas désagréable mais fait de Carmen  une oeuvre en demi-teinte peinant à répondre à ses ambitions de modernité.


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Romy (Nicole Kidman) dans "Babygirl" de Halina Reijn (2025)
Romy (Nicole Kidman) dans « Babygirl » de Halina Reijn – 2025

Babygirl est la sensation de ce début d’année 2025. Avec Nicole Kidman et Harris Dickinson, ce film veut s’éloigner du genre du thriller érotique, en imposant une nouvelle vision du Female Gaze. Babygirl sort en salles le 15 janvier prochain et met en scène les désirs secrets d’une riche femme d’affaire. Alors, est-ce que ça vaut le coup ?

SCENES FROM A MARRIAGE…

Babygirl ouvre sur des gémissements, aigus, rapprochés qui résonnent avant même que les premières images du film n’apparaissent. Gros plan sur le visage de Romy (Nicole Kidman) en plein ébat. Et dès lors, les sons ne semblent pas correspondre à la bouche qui les produit. Quelque chose de contraint, simulé, qui veut faire plaisir à celui qui est en face. Celui qui est en face d’ailleurs, on ne le voit pas tout de suite, son visage est flou, il pourrait être n’importe qui, ce mari qui ne satisfait pas sa femme. Sa femme, qui, elle se plie en quinze pour le rassurer dans sa masculinité. l love you, qu’on entend ce mari dire. Une remarque qui semble laisser Romy de marbre, puisqu’elle laisse un long silence passer avant de répondre.

Le silence est un personnage à part entière dans ce film. Il est nécessaire, il écrase, il domine, il ridiculise et transforme en chimères tous les désirs jugés inavouables d’une femme. Il apparait sous forme de tension sexuelle excessive, de longs moments passés sur son téléphone « à répondre à des mails de travail » plutôt que d’accorder une seconde d’attention au mari (qui n’est autre qu’Antonio Banderas), lui-même aussi chimérique qu’empirique. Le silence se brisera plus tard, à grands coups de cris rauques, bien loin des sons étouffés de l’ouverture. Alors, comment se brise-t-il, ce silence ?

Babygirl, BabyBoss

Supposons que vous soyez une riche femme d’affaire à la tête d’une entreprise de robotique. Vous avez un mari aimant, deux adolescentes qui sourient (à peu près) sur les photos, de grands yeux bleus, un penthouse à New-York et une maison dans les Hamptons. N’avez-vous pas la vie rêvée? Si vous avez vu des films dans votre vie, vous connaitrez la réponse : non, les riches, aussi, ont des frustrations.

En effet, malgré le succès de Romy et son American Dream personnel, quelque chose manque à l’appel. Une excitation, une distraction, du bruit pour briser ce silence qui trahit ses désirs. L’arrivée de Samuel, stagiaire mesurant (au moins) 1m90 vient embraser ce feu intérieur. Tout est tacite dans ce film, tout est évident, tout arrive exactement comment cela devrait arriver dans ce genre de situation. Il n’y a pas vraiment de surprise. On est sur un film qui veut faire frémir et trembler des genoux, mais pas à la manière d’un Wes Craven avec Scream, plutôt à la manière d’un Eyes Wide Shut ou d’un Basic Instinct. Ou d’un Fifty Shades…

L’intrigue n’est donc pas la surprise qu’elle pense être. Le film n’est pas la claque qu’il pense être. L’intrigue, rappelons-là en quelques mots : une femme puissante, tout en haut de la chaîne alimentaire se rend compte qu’elle aime être… dominée. Et le dominant en question est le stagiaire de 20 ans, et qui la domine en partie « parce qu’il peut la faire descendre en un appel aux RH ». Dit comme ça, c’est pas très sexy, c’est juste de la coercition et du chantage.  Le commentaire sur l’inversion des rôles en est donc presque intéressant ; après tout, comment aurions-nous réagi à ce film s’il s’agissait d’un homme puissant qui se ferait dominer par une stagiaire de 20 ans? Oh, attendez, c’est le discours qu’on essaye de servir à chaque fois qu’une situation similaire a lieu. À jeune femme trop affriolante, vieil homme trop influençable, etc.

Romy (Nicole Kidman) et Samuel (Harris Dickinson) dans "Babygirl" de Halina Reijn - 2025
Romy (Nicole Kidman) et Samuel (Harris Dickinson) dans « Babygirl » de Halina Reijn – 2025

Female Gaze or Freudian Gaze? 

Par ailleurs, la psychologie des personnages manque trop de substance pour ressentir une quelconque empathie ou pitié ou quoique ce soit d’autre. Alors, on ressent vite de la gêne face à Babygirl, ce film aux tendances un peu trop voyeuristes pour plaire à tout le monde. Certain.es en ressentiront émoustillé.es, je n’en doute pas, d’autres en ressortiront plus circonspects. Qu’a bien essayé de dire la réalisatrice à travers Babygirl ? Que la personnalité d’une femme puisse être fragmentée en plusieurs aspects ? Que la boss au travail a besoin d’un boss au lit ? Que les femmes aussi peuvent abuser d’hommes plus jeunes ? Jusque là, rien de bien nouveau.

La question du pouvoir est centrale dans l’intrigue du film. Qui a le vrai pouvoir ? Elle ou Lui ? On a du mal à imaginer que ce stagiaire de 20 ans qui se balade avec des cookies dans sa poche pour apaiser les gros chiens puisse réduire en soumission une femme d’affaire de plus de 30 ans son aînée. Et pourtant, si. Et en même temps, non, c’est ambigu.  Lorsqu’il est question d’abus de pouvoir de la part de Romy sur Samuel, celui-ci nie avec une assurance et un aplomb quasi suspects. Et l’absence d’information sur la psychologie de ce dernier offre au film une part d’ombre qui ne se compense par aucune de ses parts de lumière.

VERDICT ?

Babygirl n’est pas un mauvais film, mais ce n’est pas un bon film non plus. Il n’est juste pas aussi novateur qu’escompté. En 2025, on sait que les femmes ont une sexualité aussi débordante que les hommes, si tant est que deux types de sexualité puissent se comparer. Le sujet a déjà été (mieux) traité par le passé : la sexualité féminine au cinéma n’est pas nouveau. Il suffit de chercher. La nouveauté vient du fait qu’aujourd’hui ce genre de films soit un évènement, attendu, plusieurs mois avant sa sortie.

Et pour finir, Nicole Kidman est sublime, on le sait depuis toujours. Alors, que viennent faire tous ces parasites et ces injections dans son visage? Si le propre d’un acteur est de nous faire ressentir des émotions, comment peut-il exprimer quoique ce soit si son visage est complètement impassible? Le jour où on laissera vieillir les femmes  tranquillement, peut-être les laissera-t-on enfin avoir la sexualité qu’elles méritent.


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Découvre l’interview de Bandit Bandit

 


Découvrez la reprise de Bonnie and Clyde de Bandit Bandit


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