Le 24 avril 2026, Charli XCX sortait son nouvel album, « Music, Fashion, Film », annonçant dans un même temps une nouvelle ère plus « rock ». « Music, Fashion, Film » succède à l’album « Brat » (2024) qui célébrait l’univers des raves et de la techno. Elle propose ainsi à travers ces deux albums des univers différents qui rappellent le phénomène d' »Eras » popularisé par Taylor Swift lors sa tournée « Eras Tour » (2024). En effet, au-delà d’une simple astuce promotionnelle pour créer de la nouveauté et se distinguer, nombreuses sont les chanteuses pop qui explorent une variété de sonorités et redessinent les contours de la pop actuelle. Si ce phénomène s’accompagne la plupart du temps d’un processus marketing élaboré, il témoigne également de la capacité des chanteuses à se réinventer artistiquement.
Un phénomène popularisé par Taylor Swift
Ce concept d' »Eras » : c’est bien Taylor Swift qui l’a poussé à son paroxysme lors de son « Eras Tour » en 2024. La chanteuse a en effet proposé un show qui retraçait sa carrière et dans lequel chaque album correspondait à une ère associée à un look et à un style musical. Dans ce show de trois heures, elle reprenait ainsi ses dix albums en marquant explicitement les changements d’albums qui correspondaient donc à un changement d’ère. Si l’objectif mercantile derrière cette stratégie est indéniable, le show mettait également en avant la capacité de la chanteuse à se réinventer, toujours dans un style pop, au fil de sa carrière.
De ses premiers albums aux sonorités country (« Taylor Swift », « Fearless ») à des albums pop/rock comme « Red » ou franchement pop comme « Reputation » par exemple en passant par la folk (« Folklore »), Taylor Swift a su évoluer musicalement. Cette capacité à créer des univers est cependant moins visible avec ces derniers albums dont la recette pop paraît régulièrement répétée. Taylor Swift a su conceptualiser sa carrière en créant des ères mais en proposant également des évolutions musicales. Ce modèle a par la suite été adopté par d’autres chanteuses, comme nous allons le voir.
Charli XCX : De « Brat » à « Music, Fashion, Film »
De la culture rave de « Brat » aux sonorités pop/rock de « Music Fashion, Film », Charli XCX joue également avec le concept d’ère. L’album s’ouvre d’ailleurs sur la chanson Rock Music dont les paroles (« So now we are making rock music ») annonce explicitement une nouvelle ère. La chanteuse avait en effet clôturé sur ses réseaux sociaux, son fameux « Brat Summer », concept associé à son album qui était dédié aux femmes sexy et nonchalantes qui souhaitaient se sentir libres et s’amuser. C’est par ce biais qu’elle avait progressivement annoncé une nouvelle ère. Si ce processus peut paraître assez artificiel et façonné pour la vente, il va s’agir d’explorer ce concept plus en profondeur. Le « Brat Summer » est en effet devenu une véritable marque favorisant la vente de goodies divers et variés (beaucoup de fans arboraient ainsi fièrement leurs t-shirts verts « BRAT »). Cependant, cela témoigne également de la capacité de la chanteuse à se réinventer et à montrer sa curiosité musicale en explorant d’autres genres.
Bien entendu, on ne peut pas classer le nouvel album de Charli comme un album rock tout comme « Brat » n’est pas un album de techno. Charli est une popstar et elle propose des projets pop, où par ailleurs on retrouve avec plaisir sa patte. « Brat » est ainsi un album aux inspirations technos et « Music Fashion Film », un disque pop teinté de rock. Charli se renouvelle en proposant de nouvelles teintes à ses albums ce qui met en avant sa curiosité et sa liberté artistique. Dans son dernier album, elle fait également référence à ses inspirations cinématographiques. Elle n’hésite pas à collaborer également avec John Cale, ancien membre des Velvet Underground par exemple sur l’album « Wuthering Heights » (2026) ce qui contribue à décloisonner les horizons musicaux.
ROSALIA : du flamenco au chant lyrique en passant par le reggaeton
Rosalía – LUX
Autre exemple intéressant et pas des moindres : la chanteuse espagnole Rosalia. Avec son album « Lux » paru en 2026, Rosalia a su conquérir le monde entier et s’est imposée comme une artiste dont la renommée est désormais internationale. Pour ceux qui l’ont découverte avec « Lux », difficile de croire que c’est la même artiste qui a composé l’album précédent « Motomami » (2022) ou encore « El Mal Querer » (2018), deux albums franchement reggaeton aux influences flamenco. En effet, Rosalia c’est d’abord une chanteuse de flamenco comme en témoigne d’ailleurs son premier album « Los Angeles » (2017). La chanteuse s’est par la suite tournée vers le reggaeton ce qui lui a permis d’acquérir une certaine notoriété. Dans son avant dernier album, avant la consécration « Lux », Rosalia s’était déjà faite remarquer en mélangeant les genres. Par exemple, dans sa chanson reggaeton Saoko, on retrouve un pont jazz en plein milieu de la chanson. L’ensemble de l’album restait cependant majoritairement reggaeton. Avec « Lux », Rosalia nous emmène au dernier endroit où on aurait pu l’imaginer, c’est à dire, dans un registre classique. Avec Berghain, premier single de l’album « Lux », on lui découvre une voix lyrique portée par l’Orchestre symphonique de Londres. Si le public connaissait la puissance de sa voix, on imagine les heures de travail pour atteindre un tel résultat. Rosalia inaugure ainsi une nouvelle ère avec « Lux » en proposant quelque chose de radicalement différent qui reste évidemment pop. A la différence de Charli, Rosalia ne communique pas sur ses changements d’ère ce qui rend ces évolutions artistiques moins artificielles.
Rosalía
Ces trois exemples montrent ainsi la capacité de renouvellement des chanteuses pop sur la scène actuelle à travers la création d’ères. Grâce à ces exemples, on peut voir que la division de la carrière en « Eras » s’impose comme un schéma chez les popstars internationales les plus reconnues. Il ne s’agit pas de faire abstraction des dérives marketing de ce système mais de faire en sorte qu’il reste un moyen de mettre en avant la curiosité artistique des popstars et que les changements d’ères n’aient pas uniquement une dimension mercantile et stylistique mais qu’ils s’accompagnent comme pour Rosalia ou Charli XCX, d’explorations musicales qui contribuent à redessiner les contours de la pop.
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Bassiste de Hyphen Hyphen, directrice scénique et musicienne auprès de la chanteuse Santa, Kid Sophie a décidé de voler de ses propres ailes et de se lancer en solo. Elle sortait le 22 mai dernier son single « Mes Nuits ». Écrit durant une nuit d’insomnie, « Mes Nuits » explore la mémoire et les failles intérieures dans une esthétique pop aérienne.
C’est en pleine canicule que nous avons convié Kid Sophie à une interview dans notre disquaire The Mixtape pour lui poser quelques questions sur son nouveau single et son projet solo. Après un bon verre d’eau fraîche et une bouffée d’air climatisé, elle s’est confiée sur ce qui l’a amené vers ce projet, le rôle de la musique dans sa vie et sa transition musicale après Hyphen Hyphen.
Popnshot : Pour commencer, comment nous présenterais-tu ton single Mes Nuits ?
Kid Sophie : Mes Nuits c’est un titre que j’ai écrit d’un seul coup, ce qui est assez rare car je construis généralement mes morceaux par petites bribes et sur le temps long. Pour lui, je me rappelle que j’ai juste pris ma guitare car je n’arrivais pas à dormir. C’est un morceau qui parle de l’insomnie, des souvenirs qui nous traversent, qu’on oublie parfois, qui reviennent nous hanter, de ce qu’on fait de tout ça et si on ose les regarder, tout en sachant en même temps qu’on en a besoin. C’est une lutte interne que raconte ce titre, sur une envie de découverte, de vérité et de sortie de silence, après, il appartient à chacun de s’approprier le titre et les paroles, c’est ce que j’aime dans l’idée d’écrire des chansons.
Popnshot : Est-ce que cette chanson est d’abord venue d’un besoin d’écrire ou de composer ? Est-ce que tu as d’abord écrit ton texte avant de l’accompagner ? Tu nous disais en effet que ce morceau était venu comme un besoin.
Kid Sophie : Généralement, c’est bizarre, mais ça arrive comme ça : je commence à chanter et en chantant, je mets des mots. Ce morceau est en français mais normalement, je chante en anglais donc je fais un peu du yaourt, mais là, c’est en français que la phrase est venue tout de suite “tu prends vie dans mes nuits”, c’était un peu une écriture automatique, c’était assez étrange, j’avais l’impression de me regarder un peu de haut quand je le faisais et c’était rigolo. Puis, au fur et à mesure, je notais vite les phrases qui me venait pour ne pas les oublier, et après je faisais des petits jeu. Je faisais tout en même temps, je chantais et j’écrivais jusqu’à ce que pour moi ça prenne du sens, que je me sente bien en le faisant et que je me dise que c’était bon.
j’avais vraiment envie que ça se sente dans la prod, le fait d’être un peu dans une tornade, il y’a tellement de choses qui tournent autour de nous quand on est anxieux
Popnshot : Tu dis que c’est un peu quelque chose de cathartique où tu te révèles, est-ce que les montées en puissance à la fin du morceau font partie de cette dynamique ?
Kid Sophie : Oui, je pense qu’il y’a de ça mais j’avais vraiment envie que ça se sente dans la prod, le fait d’être un peu dans une tornade, il y’a tellement de choses qui tournent autour de nous quand on est anxieux, parfois, on ne sait même pas ce qu’est le problème et je pense que ce titre parle aussi de ça, de ne pas savoir exactement d’où vient le problème et c’est vrai qu’il y a une partie juste avant que ça parte que j’aime bien, c’est un peu une accalmie où t’as une guitare acoustique qui arrive, qui monte. Pour moi, ce moment je le vois comme une ouverture vers la lumière vers quelque chose de plus lumineux où on se guérit de ses traumas et pour moi quand ça part, c’est une sorte de course et d’envie d’aller en avant.
Popnshot : Donc, c’est par la musique que tu guéris tes traumas ?
Kid Sophie : Bah ouais. J’ai beaucoup de chance d’avoir trouvé ce médium jeune et c’est super pratique parce que quand je ne me sens pas bien, je prends ma guitare, ou j’ouvre Appletone, le temps passe plus vite et je me sens mieux, donc j’en profite.
Popnshot : La musique, tu l’as trouvée jeune, j’ai vu que tu avais pas mal grandi avec les scènes emos : qui écoutais-tu ?
Kid Sophie : J’écoutais pas mal de trucs avec ma grande sœur, donc pas mal Placebo, Linkin Park et AqME. J’adorais les Goo Goo Dolls et The Fray. J’ai l’impression que je suis un peu passée de musiques en musiques selon ce qui me touchait et c’était toujours ce sentiment assez mélancolique dans la musique qui me touchait et je trouvais ça cathartique, je pense que je me suis construite avec donc c’est un truc qui est resté en moi, que j’ai eu envie de faire parce que c’est toutes mes références et ça me fait me sentir bien, ça me fait un petit truc dans le coeur que j’essaie de retrouver quand je fais de la musique. C’est à ce moment-là que je me dis que je suis en train de faire un truc qui me plaît.
Popnshot : Je me suis dit que la scène émo t’avait influencée parce qu’elle est fondée sur l’émotionnel. Il y avait des titres dans ce style qui n’étaient pas forcément justes, mais tout à fait basés sur le fait de transmettre ce qu’on ressentait et comme je voyais que tu parlais de sortir des émotions dans tes morceaux notamment la nuit, il y avait toujours cette montée en puissance dans les morceaux emos ; toi tu le fais en électro et eux en cris.
Kid Sophie : Oui de ouf !
C’est bon maintenant tu peux t’envoler tout va bien, ça suffit le mal être
Popnshot : Est-ce que cette adolescence qui est aussi un moment émotionnel est restée ancrée dans ta musique aujourd’hui ?
Kid Sophie : Mon adolescence n’a pas été une période super évidente pour moi et je crois que c’est un peu comme si je lui redonnais vie, comme si je lui disais “C’est bon maintenant tu peux t’envoler tout va bien, ça suffit le mal être”. A travers ma musique, je fais renaître des parties de moi qui sont oubliées et ça passe aussi par les musiques que j’écoutais.
Popnshot : Se réconcilier avec son adolescence ?
Kid Sophie : Ouais c’est ça ! Avec son petit soi intérieur.
Popnshot : Est-ce que c’est quelque chose qui t’inspires au point d’en faire le fil rouge de ton EP ?
Kid Sophie : Je pense que je n’ai pas vraiment questionné mon écriture, c’est des choses qui arrivent toutes seules. J’ai choisi ces six morceaux parce qu’ils ont une cohérence dans le sens où ça parle des parties de nous qu’on oublie et de ces choses qui nous hantent. C’est une sorte de voyage dans plusieurs paysages, de recherche de mes mois et j’avais besoin de les sortir ensemble pour pouvoir passer à autre chose et écrire sur autre chose.
Popnhsot : C’est aussi une révélation, ce passage en solo. J’ai lu que tu étais plutôt timide, plutôt réservée et là tu te retrouves en solo et tu es un peu sur le front, à l’écriture mais pas uniquement. C’est une manière aussi de te montrer pleinement ?
Kid Sophie : Je ne sais pas forcément, le fait de faire les trucs seule ça m’arrange un peu parce que j’ai pas à parler à d’autres gens (rires) et du coup je suis toute seule dans mon petit studio à geeker pendant des heures et personne ne m’ennuie, je n’ennuie personne. C’est vrai qu’il y a ce truc où je pense que mes amis proches m’ont poussée en me disant que j’étais capable de le faire, que ça soit Santa ou Adam, ils m’ont donné confiance en moi pour que je puisse assumer et faire ce projet seule. Les deux premiers titres que j’ai sorti, c’est moi qui les ai mixé et masterisé et je me suis dit “vas-y j’essaye” et en fait ça sonne pas si mal ! Ça me donne confiance en moi et je crois que je suis assez fière, ça me fait du bien.
Je faisais des chœurs sur Hyphen Hyphen mais j’ai toujours été assez complexée par ma voix depuis que je suis petite et la laisser s’exprimer c’était une nouvelle façon d’écrire.
Popnshot : Tu composais aussi pour Hyphen Hyphen : comment es-tu passée de la composition pour un groupe à la composition pour toi-même ?
Kid Sophie : Ce qui s’est passé, c’est que je n’ai pas composé de la même manière. Avec Hyphen Hyphen, je cherchais très peu de mélodies de voix ou sinon on les cherchait ensemble avec Santa et Adam, on était souvent tous les trois tout le temps en train de chercher mais on avait aussi un travail chacun de notre côté où on cherchait à pousser des choses pour les mélanger, j’aime bien avoir mon moment à moi. Sauf que quand je faisais ça, je bossais avec la voix de Santa et j’aimais bien créer toute une atmosphère par rapport à son chant. Là, sur mon projet, je commence à écrire avec ma voix et ensuite j’entoure le truc, ce que j’adore faire mais je ne m’étais jamais laissé la liberté ou je pense que je n’avais jamais osé me faire confiance et écouter ma voix. Je faisais des chœurs sur Hyphen Hyphen mais j’ai toujours été assez complexée par ma voix depuis que je suis petite et la laisser s’exprimer c’était une nouvelle façon d’écrire. C’est super intéressante et fun.
Popnshot : C’est le fait que les autres t’aient dit de te lancer qui a fait que tu y arrives où il y a quelque chose de plus personnel ? Qu’est-ce qui a fait ce déclic ?
Kid Sophie : Je pense qu’il y a eu quand même 5 ans de thérapie et je crois que j’étais arrivée à un moment où j’écrivais plein de petits bouts de morceaux sans les ré-écouter. Je les mettais dans un dossier et tout et parfois je les ré-écoutais et je voyais qu’écrire ça faisait du bien et je voyais que Santa venait de sortir son projet et qu’elle se sentait bien et je me suis dit “est-ce que ça me ferait pas du bien de faire ça et d’avoir un peu confiance en moi ?”. Je sentais qu’au fond de moi j’avais quand même une certaine ambition, un peu cachée, mais là. C’est là où j’ai fait écouter mes titres à Santa et Adam et ils m’ont dit “qu’est-ce que t’attends lets go!”. Je pense que ça a mis bien trois quatre ans parce que j’ai commencé à écrire il y a 3 / 4 ans donc j’ai mis du temps avant de me lancer.
Popnshot : Tu as plein de morceaux en réserve là du coup ?
Kid Sophie : J’ai plein plein de trucs et je sais pas encore quoi en faire donc il faut que je les finisse mais justement là j’aime bien parce qu’il y a pleins de trucs différents, des trucs carrément plus électros, des trucs beaucoup plus rock. J’aime pouvoir aller un peu où je veux. En plus, il y a que moi qui choisis, c’est assez fun, j’aime bien.
c’est vrai quand t’es en tournée, que t’as des promos tout le temps, en fait tu peux plus voir tes potes, t’es jamais là aux anniversaires, tu loupes tout et ça peut être difficile.
Popnshot : Tu parlais de thérapie et je trouve ça intéressant, pour ce qui est de la santé mentale, c’est quelque chose d’important dans la musique, la musique aide mais amène aussi d’autres problématiques pour ses professionnels et toi tu viens quand même d’un groupe qui a eu du succès : comment tu te situes par rapport à tout ça ? Est-ce que ça t’a uniquement porté ?
Kid Sophie : Ça m’a portée énormément, d’ailleurs c’est pas fini, on est en pause mais c’est vrai qu’on a eu beaucoup d’exposition à un moment et c’était trop cool. Je pense que j’aurai pas tenu toute seule par contre. Pourtant, on a eu un succès mais pas non plus un truc vénère comme Santa peut avoir maintenant parce que je le vois, c’est vraiment une autre sphère. Mais, il y a quand même ce truc où il y a beaucoup de pression et si on est pas bien accompagné, ça peut être très compliqué et c’est fatiguant émotionnellement et il faut faire gaffe parce qu’on peut vite se faire dépasser et je pense que c’est aussi un choix à prendre dans sa vie : “Est-ce que ma vie je la dédie à mon projet, à mon art ? Ou est-ce que j’ai besoin dans ma vie d’un équilibre, de faire mon art mais aussi de voir ses amis, de partager des choses ?”. Parce que c’est vrai quand t’es en tournée, que t’as des promos tout le temps, en fait tu peux plus voir tes potes, t’es jamais là aux anniversaires, tu loupes tout et ça peut être difficile. Je sais que parfois je l’ai mal vécu tout en sachant que je savais pourquoi j’allais tout droit dans la direction du groupe parce que j’avais envie et c’était le feu mais je pense qu’il y’a un moment où il faut aussi prendre la décision de ce qui nous fait du bien. Parce qu’on peut exploser en vol et ça arrive malheureusement mais c’est dur de s’en remettre.
Kid Sophie : Ouais je suis assez contente de mon équilibre en ce moment. J’adore travailler avec Santa et le fait de bosser avec elle, ça me débloque du temps pour moi et là sa tournée vient de s’arrêter donc j’ai beaucoup de temps pour aller à mon rythme et j’ai énormément d’ambition pour mon projet. Mais j’ai aussi besoin de m’écouter parce que je sais que je suis quelqu’un de très anxieux et j’ai besoin de prendre les choses tranquilles, je ne sais pas exactement comment faire, mais je fais de mon mieux. C’est pas facile de porter quelque chose et il faut réussir à bien s’entourer et à s’écouter.
Popnshot : Comment ça se passe sur la tournée de Santa parce que c’est quand même énorme : comment tu le vis ?
Kid Sophie : C’est vachement différent. Avec Santa, j’ai fait tout le travail de direction musicale du live donc tu vois son album dure 40 min et le show dure 1h40 donc il fallait trouver des trucs (rires). J’ai vachement aimé ce projet et moi je suis plus derrière sur la droite, sur mon petit praticable et j’ai beaucoup aimé cette position parce que j’avais moins de pression et je m’amusais énormément, on se marrait avec Santa et Junior et ça m’a fait du bien de faire cette tournée. Quand je ferai la deuxième, ça sera super aussi.
le show de Santa c’était colossal et on s’est trop amusé à le faire.
Popnshot : C’est cool la direction des concerts !
Kid Sophie : Ouais j’adore faire ça. Je le faisais aussi sur Hyphen, enfin on le faisait tous ensemble mais c’était un peu mon truc, j’aime créer des parties annexes des morceaux qui n’existent pas et qu’on ne peut trouver qu’en live. Par exemple, un truc que t’inventes qui suit les harmonies et puis avec quelles lumières… c’est super fun et puis là sur le show de Santa c’était colossal et on s’est trop amusé à le faire.
Popnshot : C’est immense. Je ne suis pas allée au show mais j’ai vu les images ….
Kid Sophie: C’était énorme.
Popnshot : Quand il y a du feu sur scène, c’est une question annexe (rires) vous vous le prenez pas dans la gueule ? Parce que les premiers rangs se le prennent déjà.
Kid Sophie : Oui c’était chaud. Sur mon praticable, il y avait une petite lumière et dès qu’elle s’allumait en rouge, il fallait plus que je bouge ! (rires)
Popnshot : Oui là tu te fais le sourcil sinon ! (rires) Sinon, pour tes shows à toi, peut-être un peu moins de pyrotechnie ?
Kid Sophie : Pour l’instant, j’ai acheté deux petits fantômes qui sont derrière moi posés sur des pieds de micro, ça fait bien l’affaire en termes de scéno. Oui, là, je suis toute seule sur scène mais à termes j’aimerais bien qu’on soit plusieurs mais il faut pouvoir payer les gens. C’est pas encore le moment je pense, je suis contente d’essayer de me trouver sur scène toute seule, c’est nouveau pour moi d’occuper l’espace, de devoir le faire parce qu’il n’y a personne d’autre qui peut le faire à part moi et c’est un exercice qui me fait de plus en plus plaisir.
Popnshot : La scène est un espace où tu ne te sens pas timide ?
Kid Sophie : Non du tout.
Popnshot : Même en solo ?
Kid Sophie : Justement avant de monter sur scène je suis en PLS total , j’ai envie de vomir, j’ai envie de me mettre en boule trois jours avant, c’est compliqué et à chaque fois je me dis pourquoi tu fais ça mais en fait bah dès que je mets le pied sur scène, il y’a un truc qui se passe où je sais pas comment expliquer et c’est cool et je me sens bien, je me sens libérée, j’ai l’impression que je peux faire ce que je veux et que je suis libre et j’adore ça donc ça me fait du bien. Je continue à le faire même si j’en souffre toujours avant à chaque fois mais petit à petit ça va baisser.
Popnshot : C’est le ratio avant c’est stressant et après t’y trouves ton compte. T’as un morceau qui parle de tes nuits et un morceau qui parle d’histoires d’amour. Tu l’as fait en anglais ce morceau pour prendre de la distance avec la personne de laquelle tu te sépares ?
Kid Sophie : Je pense que c’est par habitude, ça parle pas véritablement d’une personne, je pense que j’ai eu un truc où quand on est blessé, moi personnellement quand ça m’est arrivé j’étais dans un truc de surprotection de “Ok l’amour ça me saoule, j’ai plus envie d’être amoureuse, je vais complètement me fermer à tout ça” et en fait on arrive vraiment à se fermer et c’est super dur de se rouvrir et je pense qu’il y’a un moment où j’étais ultra perdue dans mes sentiments et j’ai eu envie de me questionner j’imagine parce que j’en ai fait une question et parce que j’avais encore de la peine. Ce qui est super c’est que je l’ai sorti après et ça allait beaucoup mieux.
Popnshot : Tu sais déjà quels vont être les morceaux qui vont être dans l’EP ? Quelle va être la thématique ?
Kid Sophie : Il y a un morceau qui s’appelle Mother Father sur mes parents, je leur ai fait écouter.
Popnshot : Ils sont contents ?
Kid Sophie : Oui. (rires)
Popnshot : Donc tu dis des choses gentilles alors ?
Kid Sophie : Oui, enfin pas vraiment (rires). Bref ! Je l’aime beaucoup, il est plus rock et je me suis vachement inspirée de The organ de Brother. Je ne sais pas pourquoi j’avais ce truc en tête parce qu’il y a des orgues dessus, j’adore ce titre. D’ailleurs c’est lui qui ouvre mon live en concert. Ensuite, il y a un morceau qui est plus acoustique au départ, qui s’appelle Hunted où c’est une sorte de boucle de voix que je répète à l’infini mais avec toute une partie électro qui s’ouvre de plus en plus, pleins de petits trucs comme ça.
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Quatre ans après leur premier album “Palpitant” (2022), Film Noir est de retour avec un double single “ Viens tiens toi » et « Vegita”. On retrouve à la réalisation de ces deux titreCarlos O’Connell, l’incroyable guitariste de Fontaines D.C. Une promesse de qualité pour des compositions rétros frenchies aux loops obsédantes.
Deux nouveaux singles electrico-nostalgiques
Film Noir, c’est Joséphine et Alexandre de La Baume au chant et aux claviers, Martin Rocchia à la guitare et Victor Le Dauphin à la basse. En 2022, la formation publiait son premier opus : le bien nommé Palpitant. Il aura fallu s’armer de patience pour découvrir le nouveau volet de leurs aventures, toujours marquées d’un jeu d’ombres et de lumières. Les voilà donc 4 ans plus tard avec de nouveaux titres : Viens tiens toi et Vegita. Avec ces deux morceaux, enregistrés au mythique Studio de La Frette et réalisés par Carlos O’Connell(guitariste de Fontaines D.C.), le groupe nous plonge dans un indie rock très 90’s : pas étonnant que Film Noir attire des artistes comme Sacha Got, musicien fondateur de La Femme. Quand à Carlos O Connell, c’est un véritable fan de Film Noir que le groupe a rencontré lors d’un concert à Paris il y a quelques années et avec lequel ils ont par la suite commencé à composer. Leurs textes intimes sont portés par des mélodies planantes tandis que la voix douce de Joséphine de La Baume vient par moment contraster avec des accords mineurs qui créent un ensemble très nostalgique. Les titres pourraient s’être échappés de la B.O d’un film et jouent sur loops et répétitions pour capturer l’oreille. Le timbre clair et candide de sa frontwoman apporte beaucoup à la composition de ce titre entre douceur et précision. Loin du post punk qu’on lui connait, Film Noir donne ainsi un avant-goût d’une série de morceaux qui seront prochainement dévoilés.
L’INSPIRATION CINEMATOGRAPHIQUE
Lors d’une interview donnée au magazine Rock and Folk en 2022, Joséphine a qualifié de “cinématographique” la musique de Film Noir, avant de préciser : “Un peu comme si la musique et les mélodies devenaient la soundtrack d’une histoire. Dans l’album [« Palpitant » à l’époque], chaque chanson est comme une espèce de petite nouvelle, un court-métrage sur un personnage héroïque, ou dans une situation de crise. Cela pourrait être des personnages de la littérature russe ou des personnages mythologiques. Il y a quelque chose d’absurde, mais aussi de sublime dans chacun de ces personnages. Il y a beaucoup de références amoureuses ou des situations de crise émotionnelle”. Elle explique également que les chansons sont souvent basées sur un mélange entre ses expériences personnelles et des films qu’elle a visionné. Les deux nouveaux singles “Viens tiens toi” et “Vegita” s’ inscrivent dans cette lignée : chacun laisse libre cours à son imagination pour leur associer des images ou une histoire. Pour “Viens tiens toi”, on peut ainsi imaginer un “fuis-moi je te suis” entre un homme et une femme, le soir dans les rues d’une grande ville. Pour “Vegita”, on peut penser à la bande-son d’ un coup de foudre dans une boîte de nuit rétro parisienne.
Alors laissez libre cours à votre imagination en écoutant “Viens tiens toi” et “Vegita” !
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Après plus de 10 ans de silence, The Lanskies est de retour avec son nouvel album « War Machine ». Le groupe composé de Lewis Evans au chant, Florian von Kunnsberg à la guitare, Sheffield Anthony Cox à la basse, Antoine Cadot à la batterie et Alex Paul à la guitare lead a enregistré au Studio de la Chouette son album mixé par Clive Martin qui a également travaillé avec Queen et The Cure. Tous les ingrédients ont donc été réunis pour un retour électrisant !
Entrez dans la sulfureuse War Machine ! the lanskies
The Lanskies nous invite à entrer dans leur War Machine, bar d’apparence miteux, surplombé sur la pochette par un monstre qui s’apparente à un poulpe géant, dans une avenue déserte. Sous ce ciel assombri, on distingue cependant une lueur dans cette machine qui nous aspire et nous pousse malgré la peur, à nous laisser happer.
L’entrée dans la machine se fait sur un premier titre sulfureux Sexy teacher. Dans le clip, sorti le 4 février 2026, qualifié d’ « episode 1 » sur les réseaux sociaux du groupe, le protagoniste retrouve, des années plus tard, sa maîtresse d’école, restée un fantasme pour lui à l’époque, et partage une aventure sensuelle et passionnelle avec elle. Le morceau qui suit, Fortune Teller, met en scène une voyante et un croque-mort dans une espèce de dichotomie entre l’avenir et la mort. L’album aborde ainsi des thèmes divers : les tabous comme dans Im in love with your mother (« taboo taboo ! » « scandal in the dark »), le désir et la mort sans jamais cesser de nous faire danser.
Un hommage aux légendes du rock
Dans leur titre Strawberry Lane, The Lanskies explore les tabous générationnels tout en rendant hommage aux légendes du rock. Dans le clip réalisé par Jonathan Perrut, on y croise des sosies dans un bar allant de Prince aux chanteurs de Queen ou Kiss. Le bar devient à la fin du clip le lieu d’expression d’une liberté totale et de célébration de nos désaccords et de nos différences.
Musicalement, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec The Cure et The Smiths notamment dans Fortune Teller ou encore Torn. On retrouve les deux groupes dans les variations du son de la guitare, tantôt fluide, tantôt saturé, mais surtout dans la voix de Lewis Evans. Il ne faudrait pas oublier évidemment les mythiques Beatles dont l’héritage est perceptible dans la mélodie de Lovefool, la voix lead étant par exemple accompagnée par des chœurs dans des morceaux rythmés et dansants, mais aussi dans le titre Strawberry Lane (qu’on imagine être un mélange entre « Strawberry fields forever » et « Penny Lane »). Coup de cœur du côté de Popnshot pour le morceau Jacky, les guitares y sont particulièrement intenses, les nuances entre les couplets et les refrains sont aussi particulièrement appréciables et nous font d’autant plus aimer le refrain super entraînant du morceau.
L’album est véritablement composé pour le live avec des refrains simples à l’anglosaxone qu’on peut chanter à tue-tête, et d’intenses passages instrumentaux sublimés par les solos de guitare électrique et les breaks de batterie.
Le groupe a ainsi une dizaine de dates annoncées en France et se produira à la Maroquinerie (Paris) le 22 septembre 2026. À l’occasion du Disquaire Day, le groupe publiait de plus un album collector en pressage limité. Autant de bonnes raisons d’entrer dans la machine!
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