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Melissa Gardelle

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Nous avons découvert Motherhood dans le cadre du Supersonic Block Party Festival organisé dans le 11ème arrondissement de Paris, les 14,15 et 16 mai 2026. A cette occasion, de nombreuses scènes du quartier accueillaient ainsi pendant trois jours des groupes de rock internationaux. Pour assister au concert de Motherhood, il fallait ainsi descendre au sous-sol de La Seine Café : dans une atmosphère intimiste et underground ; Motherhood est arrivé en toute simplicité et a livré une performance intense et festive. 

Motherhood by Naomi Peters
Motherhood by Naomi Peters

Motherhood ou les “Beach Boys maléfiques” 

Motherhood est un trio canadien composé d’un chanteur/ guitariste, Brydon Crain,  d’une chanteuse/bassiste, Penelope Stevens et d’un batteur, Adam Sipkema. Le groupe s’est formé en 2010. Leur premier album Diamonds & Gold sort en 2013. Si le groupe garde sa signature, il monte peu à peu en intensité jusqu’à leur dernier album Thunder Perfect Mind qui reste le plus pêchu. Le moins qu’on puisse dire c’est que Motherhood ne manque pas d’originalité. Le groupe n’hésite pas à brouiller les pistes des genres : surf, rock n’roll, garage et punk s’y croisent et créent un furieux mélange justifiant leur surnom des “Beach Boys maléfiques”. 

Motherhood by Naomi Peters
Motherhood by Naomi Peters

Des morceaux variés et façonnés pour le live 

Le concert commence dans une atmosphère rock garage et nous donne une tonalité que le groupe ne suivra aucunement par la suite ! Le concert de Motherhood c’est avant tout des surprises et des regards jetés à l’amie qui vous accompagne qui laissent entendre une forme de sidération face aux multiples changements. La musique de Motherhood se caractérise par des variations rythmiques impressionnantes et des riffs percutants qui propulsent des mélodies à la fois dissonantes et enivrantes parfois portées par un son lourd voir métal. Les chanteurs alternent entre les couplets parlés, les couplets poussés par la voix éraillée de l’un d’eux : tout y passe ! Motherhood joue à nous perdre mais retombe toujours sur ses pattes. On y retrouve parfois des airs country et même rockabilly, tandis que le guitariste fait varier ses sonorités. Motherhood est un groupe fait pour le live, pour le plus grand bonheur de son public, qui se laisse porter dans des pogos infinis. 

Malgré quelques problèmes techniques, le groupe ne se laisse pas abattre et revient plus énergique que jamais et même après nous avoir livré une prestation aussi conceptuelle et exigeante, Motherhood repart aussi simplement qu’il est arrivé en traversant le public. 

Plus qu’un simple concert, Motherhood nous offre une expérience live aussi déroutante qu’exaltante, laissant une salle en sueur et des oreilles encore bourdonnantes.

 


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Le samedi 11 avril 2026, la petite scène de La Maroquinerie à Paris accueillait le groupe Volo. Composé de Frédéric Volovitch (ancien membre du groupe des Wriggles) et Olivier Volovitch, les deux frères, nous ont offert un moment à la fois tendre et intense. 

VoloLa douceur amère des Volovitch

Frédéric et Olivier Volovitch nous ont envoûtés avec leurs textes poétiques portés par de douces mélodies où les accords mineurs contrastent avec les textes parfois ironiques des deux chanteurs. Accompagnés principalement par leurs deux guitares, le groupe a alterné entre des textes profonds et humoristiques sublimés par de belles harmonies vocales. L’ajout partiel de la basse à partir d’une des guitares, et du clavier a apporté également beaucoup de relief aux morceaux. C’est au moment de leur tube satirique C’est pas tout ça (mais quand est-ce qu’on baise?) qu’un des frères s’est lancé dans une prévention hilarante réalisée en anglais destinée aux parents des enfants en bas âge qui devront expliquer cette chanson à leurs enfants. Intervention qui s’est achevée simplement sur un “bonne chance” ironique adressés à tous les parents. Derrière ces interventions pleines d’humour et d’autodérision se cachent beaucoup de bienveillance envers toutes les tranches d’âge : des ados qui se seraient laissés “trainés” par leurs parents le samedi soir aux plus vieux, auxquels ils s’identifient volontiers, et qui voient le temps passer. 

Des textes engagés contre l’intolérance 

En plus de leur humour, la force de Volo c’est d’aborder des sujets sociétaux avec une grande sensibilité mais surtout une grande simplicité ce qui rend leurs textes percutants et accessibles à tous. Ils y évoquent le réchauffement climatique mais dénoncent également le rejet de l’immigration et la violence envers les immigrés dans leur chanson Français de souche, qui “ne garantit pas aux Français de souche que leur vie soit plus douce” en fermant les frontières. Il ajoute également avec beaucoup de justesse que ne nous ne devrions pas croire  “qu’étatiser la souffrance fasse qu’on vive mieux en France”. Des formules poétiques et percutantes qui restent en tête et font réfléchir. 

Un engagement qui se poursuit hors de la scène

Leur engagement contre les inégalités et en faveur du développement de la culture se poursuit aussi en dehors de la scène puisqu’ils expliquent également pendant le concert qu’ils animent régulièrement des ateliers d’écriture dans des écoles. Pour leur première partie, ils ont fait appel à Mesparrow qui les a également accompagnés sur scène pour leur duo Plus loin tiré de leur album le plus récent Mine de Rien

Les deux frères repartent aussi simplement qu’ils sont arrivés après deux heures de concert et de nombreux rappels, laissant le public dans une délicate bulle pleine de douceur et d’amertume.

Ecrit pas : Mélissa Gardelle 


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