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Melissa Gardelle

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Tout commence avec deux musiciens costumés du Québec aux sonorités nouvelles et envoûtantes,  la suite ? Une vidéo postée par la radio KEXP d’un live d’Angine de Poitrine à Rennes à l’occasion du Festival Trans Musicales. Plus de 12 millions de vues plus tard, Angine de Poitrine contamine la toile et s’impose comme un véritable phénomène qui ne suit aucune tendance musicale actuelle. Alors comment expliquer un tel succès ? C’est ce que nous allons essayer d’analyser ensemble.

Angine de Poitrine
Angine de Poitrine (Crédit : Constantin Monfilliette)

Des sonorités innovantes portées par des virtuoses 

En 2025, le groupe a sorti son album Vol II (suite du Vol I de 2024) dans lequel on a pu découvrir des titres aussi rythmés que sur-vitaminés comme Fabienk ou encore Sherpa. Ce qui distingue Angine de Poitrine c’est d’abord leur talent de musiciens et leur créativité. Angine de Poitrine c’est avant tout un duo : un guitariste/bassiste, Khn, et un batteur Klek. Khn joue sur une guitare à deux manches (guitare/basse) micro-tonale c’est à dire frettée au quart de ton au lieu de l’être au demi-ton pour une guitare classique où une case correspond à un demi-ton. Khn est équipé d’un looper : une pédale pour pouvoir enregistrer des boucles qui viennent se superposer, mais aussi de nombreuses pédales d’effets qui permettent d’obtenir des sons loufoques et ovnis. Le jeu du batteur se caractérise, lui, par des variations rythmiques qui le rendent imprévisible. Les morceaux d’Angine de Poitrine n’obéissent à aucun schéma prédéfini  : essayez de prédire la note d’après et vous échouez à chaque fois !  Le rythme comme les mélodies défient tous les codes. Ce qui fascine chez Angine de Poitrine c’est avant tout leur liberté révolutionnaire mais aussi leur énergie marquée d’un grain de folie qui finit par hypnotiser. Au point de redéfinir les genres musicaux, voir d’en inventer un. Si on peut les rapprocher du rock, ils sont en réalité assez inclassables et singuliers dans une industrie musicale très codifiée. Et quand on leur demande de se décrire ? Ils répondent tout simplement appartenir à un  “orchestre rock microtonal dada-pythago-cubiste” ! Leurs mélodies mathématiquement dissonantes les rendent atypiques et nous donnent envie de danser frénétiquement .

Angine de Poitrine
Angine de poitrine (Crédit : Constantin Monfilliette)

“orchestre rock microtonal dada-pythago-cubiste”

L’univers singulier de Khn et Klek 

Écouter Angine de Poitrine c’est aussi pénétrer dans un univers singulier : déjà, adhérer à une nouvelle langue. Les prénoms des musiciens ne ressemblent ainsi à aucun prénom dans quelconque langue, ni les titres de leurs chansons. On observe une prédominance des Z et des K rendant leurs noms et leurs chansons presque imprononçables. Leurs costumes leur donnent des visages d’extraterrestres avec leurs masques en papier mâché qui se transforment en une véritable force conceptuelle (ceci n’est pas sans rappeler les Daft Punk et leurs célèbres casques). 

Ce qu’apprécient les fans c’est ainsi de se sentir intégrés à un univers parallèle à la réalité. Dans leurs concerts, chacun reproduit les codes Angine de Poitrine. Ainsi les spectateurs font le signe du triangle avec leurs mains et semblent portés dans une boucle musicale infinie. 

 

Duper le star system ! 

Créer un monde de toute pièce dont une langue que personne ne comprend est aussi un moyen de tourner en dérision tout le travail promotionnel qui entoure les artistes et permet de s’écarter du processus créatif classique. En interview, Khn et Klek répondent dans un langage inventé avec des sous-titres absurdes, un moyen de ne pas s’étaler et ne pas avoir à rendre de compte. L’utilisation des masques leur permet par ailleurs de préserver leur anonymat, de ne pas adhérer au star system. Si on connaît Angine de Poitrine, c’est pour leur musique et leurs visuels non pas pour leur vie personnelle ou leur physique, comme ils le précisent dans leur description publiée sur Spotify « all these facts are strictly reserved to humanoids : Angine de Poitrine are simply thrilled to play rock n roll ». Angine de Poitrine replace la musique au centre du travail artistique mais surtout… la musique live ! 

Finalement, peut-être ne faut-il pas chercher infiniment à les comprendre mais se laisser emporter par la fièvre Angine de Poitrine ! 


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Le 6 avril, The Strokes ont dévoilé lors d’un concert à San Francisco leur nouveau single Going shopping , premier extrait de l’album qui sortira le 26 juin, Reality Awaits. Ce nouveau titre marque ainsi leur grand retour, six ans après leur dernier album The New abnormal (2020).

the strokes going shoppingCrush instantané ? the strokes

Avec sa tonalité joyeuse et entraînante, Going Shopping annonce un album moins nostalgique que le précédent. La mélodie du refrain est simple et appuyée par des riffs de guitare pouvant être facilement fredonnés par des fans en quête d’amusement et de détente. Sans laisser de côté leur signature rétro et leurs guitares au son saturé, les Strokes proposent cependant une nouveauté ; des effets électroniques utilisés sur la voix planante du chanteur Julian Casablancas. Un ajout intéressant qui contribue à décloisonner le rock et ne peut nous empêcher de faire le rapprochement avec les Daft Punk avec qui Julian Casablancas a travaillé auparavant notamment sur le titre Instant Crush (2013).

 

Un appel nonchalant / planant à la liberté the strokes

the strokes reality awaitsGoing Shopping est ainsi un appel à la liberté, d’abord musicale mais également textuelle. On peut en effet reconnaître dans les paroles un homme fatigué par son quotidien qui voudrait échapper à la réalité et envoyer tout balader. Idée qu’on retrouve également sur la pochette avec cette planète nommée “The Strokes” en forme de cerise située à côté d’une toute petite planète Terre et d’un minuscule astronaute perdu au milieu de la galaxie. Les Strokes nous invitent ainsi à prendre de la distance face à une réalité parfois trop brutale et des gens trop critiques désignés dans la chanson par ce “they” qui ouvre le morceau (“like a tiger, they will chase you down with words instead of claws”) qui n’est pas sans rappeler la chanson de l’album The New abnormal, The Adults are talking (“they will blame us crucify and shame us”). Ils nous invitent ainsi une nouvelle fois à envoyer promener cette entité pleine de jugements et à aller traîner nonchalamment au centre commercial où il écoute sa chanson et trouve sa dulcinée en combinaison rouge (“there goes my future wife in the little red jumpsuit”) . Le groupe ne manque cependant pas d’autodérision puisque le personnage ne parvient pas non plus à s’échapper totalement de sa planète et à changer son quotidien, mais choisit de revenir vers son centre commercial et sa bien-aimée.

Pour les chanceux, le groupe se produira le 11 avril à Coachella, en attendant il faudra prendre son mal en patience en attendant la sortie de l’album le 26 juin prochain.

Article écrit par : Mélissa Gardelle 

 


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