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Adrien Comar

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Du 4 au 25 juillet, la cité des papes ouvre ses remparts pour la 60e édition du Festival Off d’Avignon (en même temps que se déroule la 80e édition du IN).  Plus de 1 700 spectacles et de 27 000 représentations sont prévues pendant trois semaines, soit de quoi se perdre dans la programmation gargantuesque. Et parce qu’il ne faut pas toujours se fier au milliers d’affiches et de flyers qui virevoltent, aux troupes dévouées qui patrouillent en costume dans la rue pour alpaguer le.a spectateur.ice, nous vous avons fait une sélection de six spectacles à ne surtout pas rater .

CRASH – Sophie Lewisch (compagnie Hors-Jeu) Avignon Off 2026

Coup de cœur d’Avignon 2025, CRASH redonne vie au procès de l’affaire Tarnac : un groupe anarchiste accusé d’acte terroriste fait l’objet d’un procès demeuré dans les mémoires comme un fiasco judiciaire. Sophie Lewish, la metteuse en scène, a assisté aux trois dernières semaines de ce procès et propose une pièce survitaminée, drôle et politique. Les cinq interprètes jonglent entre de nombreux rôles avec une aisance à toute épreuve, s’avérant toujours justes dans leurs propositions. Foisonnante et pertinente, CRASH se fait le miroir d’une justice faillible dont elle interroge les revers. Un immanquable à voir du 4 au 25 juillet à 20h15 au Théâtre des Carmes (relâche les mercredis).

@Joseph Banderet

Requin Velours – Gaëlle Axelbrun (compagnie Sorry mom) Avignon Off 2026

Récit à trois voix né de « la nécessité intime de l’autrice de parler du viol et de l’après », c’est « l’histoire d’une fille qui se transforme en requin pour ne plus être la proie ». Il s’agit de voir ce que le théâtre, la fiction, peut prendre comme part dans le récit d’un viol et sa réparation – si réparation il y a.  Sorry Mom propose, à l’instar de Pauline Peyrade ou de Promising Young Woman, un « rape and revenge » réaliste et enfin issu d’un regard féminin. Ici il n’y a pas de cruauté gore, seulement un récit authentique, profondément enchaîné au réel et à l’expérience qui refuse l’imaginaire masculin se projetant dans un corps féminin. Avec sa pièce, Gaëlle Axelbrun conjugue réalité et fiction pour proposer une alternative au récit dominant et souvent esthétisant du viol dans les représentations picturales. Du 4 au 23 juillet à 10h au Théâtre du Train Bleu (relâche les dimanches).

REQUIN VELOURS
@Christophe Raynaud de Lage

Les Chatouilles – Andréa Bescond Avignon Off 2026

Le chef d’œuvre d’Andréa Bescond est de retour à Avignon pour tout (re)chavirer sur son passage.  Dans ce spectacle sur les violences sexuelles pédophiles, la danse, celle de la colère, est l’expression première, celle qui a précédé les mots. Le corps volé qui parle le premier. Sur scène, danse et parole cohabitent et conversent pour expulser et expier les sentiments qui restent silencieux. Synthèse finale d’un long processus de colère, de guérison et d’appréhension d’une vie marquée au fer rouge. Un traumatisme ne s’oublie malheureusement pas, il se dompte et s’apprivoise, c’est ce que veut enseigner, Bescond avec force, militantisme et courage dans ses Chatouilles. Les 6 et 13 juillet à 16h45  au Théâtre du Chêne noir.

@Karine Letellier

Le dernier jour de pierre – compagnie deraidenz Avignon Off 2026

Le dernier jour de pierre, spectacle marionnettique sans texte avait beaucoup fait parlé de lui lors de la dernière édition du festival. La compagnie Deraidenz conte le voyage de Pierre, personnage qui « marche, accompagné du paysage hivernal, en campagne. Il ne porte pas de sac de voyage, il n’a pas l’air du coin pour autant (…). La neige tombe, il arrive au seuil d’un village. Il ne semble pas avoir d’objectif, si ce n’est de suivre ce que lui indiquera le présent de ce voyage. » Pourvu d’un univers visuel sidérant et extrêmement sophistiqué, cette « fresque envoûtante, cinématographique et surréaliste du désespoir, ponctuée de brèches noires horrifiques. » est un immanquable du festival. Du 18 au 23 juillet à 10h20 au Théâtre du Train Bleu.

@Serge Gutwirth

quand on dort on n’a pas faim – anthony martine Avignon Off 2026

Comédien révélé notamment par ses rôles avec Rébecca Chaillon ou le prestigieux Munstrum Théâtre, Anthony Martine présente sa première création « Quand on dort on n’a pas faim » au théâtre de la Sorbonne Nouvelle. « Le point de départ de ce seul en scène, ce sont deux années de prépa littéraire au Lycée Henri IV. Le projet part d’un constat qui m’a été révélé au cours de ces deux années de prépa : j’ai grandi et rêvé en blanc. De Catherine Deneuve à Lady Gaga ou encore Raiponce : tout le monde était blanc et hétéro alors que j’étais noir et gay. ». Avec joie, paillettes et talons, Anthony Martine conte et danse son histoire avec humour, dérision et engagement. Du 4 au 21 juillet à 17h45 à la Manufacture (relâche les 9 et 16 juillet).

Quand on dort on n'a pas faim
@Fabrice Robin

La petite histoire qui va te faire flipper (tellement qu’elle fait peur) – Typhus Bronx

Le clown complètement dingue d’Emmanuel Gil est de passage au festival pour une seule et unique date qui devrait tout ravager sur son passage. L’humour grinçant, violent et choquant de Typhus Bronx est mis au service d’une presque adaptation des Frères Grimm. « Typhus a déterré une histoire ancienne. Celle d’un petit garçon mal-aimé, mal-élevé, maltraité, manipulé, décapité, recollé, découpé, dévoré… mais finalement réincarné et bien décidé à se venger ! (Enfin, s’il y arrive…) Une variation sanglante autour du conte du Genévrier dans un théâtre d’objet librement horrifique. » Un passage éclair en forme de coup de tonnerre sanglant, à voir absolument le 9 juillet à 17h30 à la Factory.

Avignon Off 2026
@Fabien Debrabandere

Quand on dort on n'a pas faim

« Quand on dort on n’a pas faim », le conte décolonial et pailleté d’Anthony Martine

Comédien révélé notamment par ses rôles avec Rébecca Chaillon ou le prestigieux Munstrum Théâtre, Anthony…

« Trop près du mur », la parentalité explosive du clown Typhus Bronx

Le temps des clowns qui font des chiens avec des ballons et arrosent les enfants…

REQUIN VELOURS

Requin Velours (Sorry Mom, Gaëlle Axelbrun) : Réparer les vivantes

TW : Cet article aborde une pièce de théâtre parlant explicitement de VSS. Au Théâtre…

Comédien révélé notamment par ses rôles avec Rébecca Chaillon ou le prestigieux Munstrum Théâtre, Anthony Martine était de passage avec sa première création « Quand on dort on n’a pas faim » au théâtre de la Sorbonne Nouvelle. « Le point de départ de ce seul en scène, ce sont deux années de prépa littéraire au Lycée Henri IV. Le projet part d’un constat qui m’a été révélé au cours de ces deux années de prépa : j’ai grandi et rêvé en blanc. De Catherine Deneuve à Lady Gaga ou encore Raiponce : tout le monde était blanc et hétéro alors que j’étais noir et gay. ».

Quand on dort on n'a pas faim
@Fabrice Robin

IL ÉTAIT UNE FOIS ANTHONY MARTINE

Presque seul en scène, ce spectacle protéiforme est décrit par son interprète comme « un conte médiéval afro queer » qui « entend mener une réflexion sur les effets, les répercussions, l’aliénation d’être noir et queer et d’avoir passé son enfance et son adolescence à rêver des rêves pas faits pour soi. » De Shrek à Peau d’Âne en passant par Fanny Ardant et Grindr, un château de princesse en carton accueille ce récit politique, drôle et intime. Anthony Martine y fait cohabiter son autobiographie, du lipsync, de la danse et un podcast – le tout avec cohérence !

Quand on dort on n'a pas faim
@Fabrice Robin

(DÉ)CONTER

Dans les contes, ce qui est noir est associé au mal tandis que le blanc correspond à la beauté et la pureté. Il s’agit donc par ce spectacle de créer un nouvel imaginaire, celui qui est parlant pour une personne racisée ayant été éduquée en France. Le comédien raconte la violence du racisme en prépa littéraire à Henri IV mais aussi sur les applis de rencontre gays et dans les milieux de gauche. Cette conquête de l’imaginaire n’est pas une vengeance qui répondrait à la violence de la colonisation nous dit-il, seulement la création de représentations qui n’existent que peu en France.

Quand on dort on n'a pas faim
@Fabrice Robin

PODCAST DÉCOLONIAL

Dans le dernier tiers du spectacle, Anthony Martine est convié par son adelphe (ndlr : « adelphe » est le neutre pour frère/soeur) sur un plateau télé pour parler de son expérience de personne queer et noire en France. Cette séquence marquante, bien plus frontale, intègre le public aussi bien par un blindest que par un questionnement sur les restes de racisme chez les militant.e.s de gauche blanc.he.s – qui occupent à peu près tous les rangs des théâtres publics dans lesquels joue le comédien. Sans violence et sans pointer du doigt avec défi, le comédien interroge sur ce silence et invite son public à examiner les résidus et préjugés racistes qui reste en lui.

Quand on dort on n'a pas faim
@Fabrice Robin

et il vécut heureux

Avec joie, paillettes et talons, Anthony Martine conte et danse son histoire avec humour, dérision et engagement. L’interprétation est au cordeau, elle s’allie avec une scénographie et une dramaturgie grouillant de bonnes idées. Cette première création, en dépit de sa forme, n’a rien de léger et prend de la profondeur scène après scène. « Quand on dort on n’a pas faim » est un très beau premier spectacle, déjà ambitieux, et déjà réussi. À voir en juillet à la Manufacture d’Avignon pour le festival OFF.


« VUDÙ (3318) Blixen » à l’Odéon, le sacrifice d’Angélica Liddell

Premier opus de sa trilogie de la mort, « VUDÙ (3318) Blixen » d’Angélica Liddell est un…

« Chiens » (m.e.s Lorraine de Sagazan) : questionner la pornographie par le théâtre

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Les Chatouilles, Andréa Bescond

« Les Chatouilles » et « Les Possédés d’Illfurth », quand le théâtre se fait porte-voix des victimes de pédophilie et de VSS

Il y a de ces pièces qui marquent au fer rouge de l’amour, qui sont…

Premier opus de sa trilogie de la mort, « VUDÙ (3318) Blixen » d’Angélica Liddell est un spectacle fleuve autour du sacrifice, de la rupture amoureuse et du pacte faustien. Présenté à l’Odéon pour sa reprise, les 5h30 de spectacle n’ont pas démotivé les nombreux.euses spectateurices adeptes de l’art sulfureux de la performeuse espagnole. Connue pour des formes radicales ne correspondant à rien de consensuel, Liddell ne dément pas sa réputation avec ce spectacle en cinq parties, déroutant et raciste. Verdict.

VUDÙ (3318) Blixen – @Luca del Pia

LIDDELL ET LE DIABLE

Le spectacle est protéiforme, parfois moins simple qu’il ne paraît et moins complexe qu’il ne s’en donne l’air. Il oscille entre sophistications érudites et frontalité absolue. Ainsi, aux sublimes monologues vomis jusqu’à l’essoufflement se confrontent des images-tableaux muettes, souvent soutenues par des musiques éclectiques. Les liens thématiques sont ceux de la mort et du désir de tuer par les mots, de faire de l’écriture un meurtre et une vengeance contre un homme particulièrement vile et manipulateur ayant brisé le cœur de Liddell. Le tout se produit grâce à un pacte fait par l’artiste avec le diable, sous l’augure de la baronne Karen Blixen, autrice qui aurait conclu un pacte avec le diable pour faire « de sa vie un récit digne d’être écrit ».

vudù
VUDÙ (3818) Blixen – @Luca del Pia

C’est une rupture amoureuse, déchirure que Liddell identifie à sa propre mort, qui est à l’origine de l’écriture du spectacle. Avec une première partie extrêmement violente et touchante, l’artiste percute et agite les cordes sensibles de l’auditoire. Mais sa logorrhée devient vite une psychanalyse parsemée de références culturelles obscures et élitistes que seul.e.s les initié.e.s peuvent saisir. En dépit du fait qu’elle conte un récit auquel bien des personnes pourraient s’identifier et qu’elle propose une réaction totalement inédite et fascinante face à cette situation, le texte ne trouve pas de portée large. Liddell ne s’adresse qu’à elle-même et transforme sa douleur en une idéalisation romantique qui l’habite profondément, mais qui ne parvient pas à contaminer l’imaginaire de l’audience.

vudù
VUDÙ (3818) Blixen – @Luca del Pia

ROMANTISATION DES VIOLENCES

Tout d’abord, si le texte est fascinant et son interprétation assez inouïe, bien des choses interrogent dans « VUDÙ ». La violence, la manipulation et les logiques de domination d’une relation amoureuse sont idéalisées et jamais questionnées dans le spectacle, si ce n’est par l’évocation de la douleur qu’elles ont infligé à l’interprète. Non pas que toute œuvre doit être politique (et bien qu’elle le soit malgré elle), cette sublimation de la violence et de la domination pose question autant dans son traitement que dans sa reproduction sur scène.

DOMINATIONS RACIstes

Deuxièmement, et pas des moindres, la place d’un blackface. Alors que Liddell affirme vouloir vendre son âme au diable et répète à plusieurs reprises « Je veux être noire ! » (l’interprète est blanche), un figurant noir entre sur scène, vêtu d’un vêtement léopard, et grime partiellement le visage de la comédienne d’un maquillage noir profond. Plus loin dans le spectacle, un homme recouvert de noir de la tête au pied se jette dans du riz. Enfin, mettant en scène son propre enterrement, c’est une jeune enfant racisée qui est placée dans un cercueil à la place de Liddell, comme si son désir de devenir noire avait finalement été accompli par le « rituel » qu’elle met en place. Sans que ces gestes ait un sens évident et important au propos, il représente des actes racistes et exotisants particulièrement insultants dans un spectacle qui n’aborde pas à une seule reprise les questions de dominations raciales. Pour écouter des personnes racisées en parler mieux que moi, vous pouvez lire la tribune de « Décolonisons les arts » à propos du spectacle : « https://sceneweb.fr/decoloniser-les-arts-comme-une-urgence-la-tribune-de-lassociation-en-reponse-au-spectacle-dangelica-liddell/« .

Bande-annonce de Vudù d'Angélica Liddell

QUELLE PLACE AUX ENFANTS ?

Encore, la place des figurant.e.s enfants sur le plateau est profondément malaisante. Très souvent, ils et elles ont les yeux bandés pour ne pas apercevoir les autres figurant.e.s majeurs sur scène, la plupart du temps nu.e.s, et avec lesquel.le.s ils et elles entrent en interaction. Sans connaître l’accompagnement et la médiation faite autour du spectacle par l’équipe artistique avec les mineurs présents sur scène, cette cohabitation est dans tous les cas dérangeante et le fait de bander les yeux n’est qu’un leurre signifiant bien que leur présence n’est pas une évidence.

jusqu’où va le théâtre

Ce que des spectacles comme celui-ci provoquent, ce sont bien des émotions inhabituelles, loin de la satisfaction d’un divertissement conventionnel. Au-delà de ses diverses provocations, Liddell propose une forme théâtrale rare mais pas inévitable. Très vite, la performeuse ne s’adresse qu’à elle-même, le public la regardant tel un poisson dans son bocal. Outre un talent d’écriture indéniable, le spectacle se transforme vite en un soliloque érudit et confondant, sous forme de psychanalyse ésotérique. Quant à la dimension extrême et radicale des tableaux, sans qu’elle soit particulièrement irrévérencieuse, fait montre d’un droit que s’octroie l’artiste à tout faire, sans concession – c’est d’ailleurs en cela qu’elle revendique son écriture d’un don divin, d’un sacrifice de sa personne qu’elle  nous offre. « VUDÙ », sans concession, crée de la discussion sur ce que peut se permettre une œuvre d’art sous couvert d’être une œuvre d’art. Toutefois, il ne nous semble pas aujourd’hui que l’art ou la réputation d’un.e artiste soit suffisant pour se croire hors d’un groupe et de la communauté à laquelle il s’adresse et s’autoriser des actes racistes, ce n’est pas le choix d’Angélica Liddell, ni celui de l’Odéon, debout à la fin de la représentation.


« Chiens » (m.e.s Lorraine de Sagazan) : questionner la pornographie par le théâtre

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Qui Som - @Jerome Quadri

Qui Som ? (Baro d’Evel) – chef d’œuvre écopoétique

Créée au Festival d’Avignon 2024, Qui som ? du Baro d’evel avait bousculé la cité des…

festival d'avignon 2025

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Créée au Festival d’Avignon 2024, Qui som ? du Baro d’evel avait bousculé la cité des papes. Elle continue aujourd’hui de bouleverser tout sur son passage. C’est au Théâtre-Sénart (Scène Nationale) que nous sommes retournés voir ce chef d’œuvre de cirque, danse et théâtre qui interroge sur la nécessité de faire de l’art, de créer de la beauté dans un monde catastrophé et atrophié par l’humanité.

FAÇONNER L’ART

Le spectacle débute par un retour à nos profondes origines : la terre. La céramique est la première matière de cette création. Des vases ornent le hall du théâtre ainsi que le plateau, un premier comédien tente tant bien que mal de façonner une poterie, sans autre conclusion qu’un pâté flasque et informe. Puis les vases se façonnent sur les visages des performeur.euse.s en forme de masque. Depuis la céramique, c’est jusqu’à l’ère du plastique que nous emmène le Baro d’Evel. La matière est au centre de ce panorama historico-poétique de l’humanité : l’homme façonne, il crée de l’art, puis l’art devient de la marchandise.

EFFONDREMENT DES CORPS

Mais tombant de la terre, les humains essayent de se rattraper au mieux. Ils chutent, se relèvent, essayent et ratent. Sur le plateau, les circassien.ne.s glissent et s’envolent avec difficulté. S’ajoute à cela la formation d’une société et sa destruction, de la création d’une communauté à sa partition en différents groupes – jusqu’à la désillusion de la rupture. Mais discrètement, en avant-scène, ce premier vase raté est augmenté des autres ratés de l’humanité, dont le capitalisme et son industrie du divertissement.

ESCHATOLOGIE OPTIMISTE

Car Qui som ? fait le constat d’une violente désillusion. Comment continuer à faire de l’art, des acrobaties, à danser quand l’humanité n’admire même plus ce qui l’a créé ? Pourquoi s’accrocher et essayer alors que tout semble fini et que l’humanité semble condamnée ? « La suite est déjà là » alors il faut avancer, il faut continuer, et c’est en la jeunesse et en ce retour à la nature que le Baro d’Evel fait confiance. La troupe maintient la joie, la résistance et la création pour croire en une appréhension collective et optimiste de la suite de nos univers politiques.

@ Jerome Quadri
@ Jerome Quadri

PARTAGE ET DÉVOTION

Sur scène, les chorégraphies font vivre une énergie communicative et rayonnante de dévotion. Chaque interprète se dépense pour faire vivre au plus loin chacun de ses gestes. L’humour est aussi de mise et met en valeur des séquences poétiques portées par une scénographie prodigieuse et une superbe musique souvent en live. L’abnégation de chacun.e des circassien.ne.s à leur pratique est admirable et inspirante, le sens du collectif inonde la salle.

@Christophe Raynaud de Lage
@Christophe Raynaud de Lage

GÉNÉROSITÉ DE L’ART

« La beauté s’abime parce que nous ne la regardons plus », c’est tout le sens de ce spectacle brillant. Il s’agit dans Qui som ? de prendre le temps d’apprécier une beauté parfois abstraite, et de la partager collectivement. Montrer la beauté pour mieux la voir, et avancer ensemble – voilà le pari plus que réussi d’un spectacle généreux et bouleversant. Le constat de la troupe n’est aucunement fataliste, et leur déambulation finale le montre, puisque la suite est déjà là, autant s’en saisir dans la joie de la musique, de l’art, du partage, de la fête, de la suite, de…


Chœur des Amants (de T. Rodrigues) souffle aux Bouffes du Nord

Première pièce de Tiago Rodrigues, l’actuel directeur du Festival d’Avignon, Choeur des amants a su donné…

Le Conte d’Hiver (m.e.s A.Mazouin et G. Morel), création de mi-saison.

Pièce onirique et imparfaite, Le Conte d’Hiver comporte en son sein  une tragédie de trois…

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