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décembre 2020

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Brazzier – Lignes Futures

On en approche de vifs pas, de la fin de cette terrible année forte en émotions et rebondissements. Mais pas si vite ! Avant de plonger la tête baissée dans 2021 qui, pour l’instant, ne s’annonce pas bien meilleure que son aînée, il nous reste des choses à vous faire découvrir. Parmi elles, un album sorti le mois dernier : Lignes Futures. Son créateur répond au nom de Brazzier. C’est le feu me direz-vous. Et pourtant, vous n’avez pas encore entendu son projet !

Qu’est ce qui mérite donc de vous retenir ainsi quelques instants ? La promesse de la découverte d’une œuvre affinée comme un bon comté. Alléchant n’est-ce pas ? Lignes Futures ressemble à beaucoup de choses et vit en même temps à la frange de la norme. Il est le premier projet solo de Max Balquier. Premier premier ? Pas tout à fait, car ce dernier est loin d’être novice dans le milieu. Plusieurs expériences musicales passées lui ont insufflé une force et une rigueur créatrice qui, aujourd’hui, font pleinement leurs preuves. Dès les années 2000, au sortir d’années 90 délirantes en matière rock qui l’auront sans surprises influencé, en particulier la scène indie noise, Max Balquier est d’ores et déjà sensible aux sonorités électro. Il forme alors le groupe FRIGO, qui obtient un certain écho dans le milieu puisqu’ils seront signés par Dernière Bande, le label de notre cher aimé Rodolphe Burger (n’hésitez pas à aller voir notre interview de lui !). Deux albums, plusieurs EP. De quoi se constituer un bien beau bagage, ainsi qu’une bien belle expérience live (plus de 200 concerts). Plus tard en 2015, son penchant vers l’électro se concrétise davantage avec son nouveau groupe You, Vicious !, dans lequel on retrouvera certains membres de Frigo. La guitare, la basse et la batterie soutiennent encore le tout. Mais on sent que bientôt, leur présence ne sera plus que spirituelle. C’est aujourd’hui chose faite avec Lignes Futures. Il aura fallu à Max le mode solo pour pleinement faire vivre son amour des sons électro, garants d’une atmosphère non plus terrestre mais cosmique. 

 

Identité dualiste

“Lignes Futures” de Brazzier

L’album fait régner les boucles électro en maître. « L’instinct », parfaite entrée en matière, dans un mélange de flottement mystique et d’urgence lancinante, pose les bases du projet, à savoir un univers futuriste face auquel la pochette, un peu trop propre à notre goût bien qu’en accord avec le thème, garantit de visuellement nous confronter. Max Balquier enveloppe le tout d’une voix nonchalante pour nous livrer ses états d’âmes. Petit à petit, nous nous déracinons à l’écoute de cette musique portée vers un ailleurs que seul l’électro semble pouvoir approcher. De cela naît deux types de réception : l’épanouissement, souple et volatile, ou bien l’effroi, froid et mystérieux. Le mélange des deux est aussi possible. Car l’album de Brazzier est un point de friction. D’une part, il y a la recherche d’un lissage presque protecteur, naviguant parmi les sonorités et le talent de composition, et d’autre part s’y mêle une ambiance désenchantée, flippante tant elle se vêtit d’un caractère grâcieux, qui nous prend à la gorge et qui ne nous lâche pas jusqu’à la dernière chanson. C’est cette dualité, ce mélange entre soin apporté à la musique et peur de la manière dont ce trop parfait finit par sonner, reflet d’un futur monochrome, qui fait l’intérêt de ce projet.

Une œuvre d’anticipation ?

Avec l’idéalisation des univers de science-fiction qui gouverne depuis plusieurs années, Lignes Futures, consciemment ou non, propose une réflexion musicale sur ce monde en devenir loin de faire l’unanimité. Les sonorités utilisées semblent contenir l’image d’un avenir. A vous d’en décider si cette image vous séduit ou, au contraire, vous fout les jetons. Une chose est sûre : c’est avec force et pertinence que Brazzier construit cet ensemble. « Parachute » est peut-être l’exemple le plus parlant, tant le morceau arrive, grâce à ses sonorités, à capter notre attention, au point de nous faire approcher un paradis matrixé.

L’album parvient donc subtilement à rendre compte d’un futur aux prises avec ses contradictions, dont l’appel vers un monde meilleur va de pair avec l’uniformisation des goûts et des esprits. Brazzier semble jouer de cela grâce à une identité sonore façonnée selon cet imaginaire mais qui, au lieu de tomber dans le piège de l’inconsistance, contourne les dangers pour livrer une œuvre intelligente où la sobriété est de mise. S’y déploie dans l’écoute de l’album une tension constante, mise en musique avec justesse de la part de l’artiste. 

 

Décollage imminent

Les compositions sont bonnes, enivrantes et traversées d’une pudeur poétique. Le trio final « Oublions oublions », « Je suis » et le génial « L’équation » rassemblent et résument la diversité d’humeurs et d’émotions que déploient le projet : entre ivresse onirique et enracinement profond, entre amour et désamour, entre contemplation émotionnelle et réveil spirituel…  Le tout appuyé par une production léchée. 

Max Balquier a ainsi  résussi le pari de s’épanouir musicalement en solo, laissant libre cours à ses affections pour l’électro, tout en gardant une base rock qui continue à se faire ressentir. A l’image de la Lune, ces Lignes Futures, tracés d’un avenir mystérieux, vous promettent d’être captivantes.

By Léonard Pottier


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Alors que l’horrible année 2020 touche enfin à sa fin, voici que débarque la période de Noël ponctuée de ses films doux et naïfs. Pas de chef d’oeuvre au programme, c’est évident mais après des mois d’informations difficiles, de moments douloureux, de sentiment de perdre pieds, de pertes de repères, du moral, de proches, de foi en la vie, on peut bien avoir envie de regarder quelques nanars plein de bons sentiments et ce sans prise de tête. C’est donc ce qu’on a fait, pour ne penser surtout à rien du tout. Et si le miracle de Noël a opéré reposant enfin nos cerveaux endoloris, on en a profité pour vous faire un petit guide pratique des films proposés par le géant du streaming : Netflix. Si on ne peut pas jamais parler de grands films dans le registres, et d’ailleurs personne n’est là pour ça, les métrages qui suivent auront au moins l’avantage de vous détendre et peut-être de vous amuser si vous les regardez avec un oeil moqueur. A noter qu’on ne peut que regretter l’absence totale d’intrigues LGBTQAI+ dans les histoires d’amour racontées à Noël. Il va falloir penser à avancer de ce côté. En attendant, paillettes, joie, repos, alcool, chocolat chaud et gros repas sur vous…

Les Chroniques de Noël 1 et 2 : madeleine de Noël

Si la plupart des films de noël sont un amas de clichés sur la romance et l’accomplissement personnel hors du travail, ce “Chroniques de Noël” change la donne en mettant en scène une aventure épique réalisée par deux enfants avec le Père Noël. Et ça, ça rappelle les films des années 80/90 à la “Maman, j’ai raté l’avion” ou encore “Les Goonies” qui créaient des aventures épiques plus proches du dessin animé que du film pour adultes.  Sorti en 2018 le premier métrage suit les aventures de Teddy et Kate Pierce, orphelins de père et frère et soeur à la mauvaise entente, qui se retrouvent embarqués dans le traineau d’un Père Noël bien différent des légendes. Ils doivent l’aider à sauver Noël avant qu’il ne soit trop tard. La suite elle s’avère être une bataille au Pôle nord avec un elfe dissident C’est Kurt Russell qui campe ici le rôle de Santa Claus, dans une version non bedonnante et plus rock’n’roll qu’à l’accoutumé. Certes empli de clichés parfois un peu gênants, notamment sur les passages chantés, ces péripéties sont bien distrayantes et évoquent un véritable retour en enfance sans aucun besoin de réflexion.  Pour le clin d’oeil, c’est Goldie Hawn (la véritable épouse de Kurt Russell à la vie et la mère de Kate Hudson) qui campe le rôle de la Mère Noël un peu hallucinée qui laisse un enfant effectuer seul une mission des plus dangereuses dans le deuxième volet de cette série qui se déguste au chaud comme une madeleine de Proust.  Avec cet esprit 90’s qui vous donnera l’impression de regarder un film d’une autre époque réalisé avec les moyens actuels (enfin ceux de Flash dans l’idée, faut pas non plus s’emballer), ce métrage est l’un des plus sympathiques disponibles sur Netflix en cette fin d’année.

Note globale : 8/10   – Taux de sucre d’orge : 6/10 

comédie romantique de Noël

 

A Christmas prince : le plus cliché (1,2,3)

Il avait fait beaucoup parlé de lui lors de sa sortie en 2018. Et pour cause, “A Christmas Prince” réuni en trois films tous les clichés du registre pour une bonne dose de sucre qui fait plaisir en cette période estivale. Au casting on retrouve Rose McIver que vous avez pu voir à l’affiche de la (mauvaise mais tellement agréable à regarder) série “IZombie”. Ici on ne lésine sur rien : le prince d’un pays imaginaire célibataire qui tombe follement amoureux de la journaliste sous couverture venue chercher un scoop. La petite soeur espiègle et handicapé, le roi (lion) décédé laissant son trône à un prince pris aux doutes entre son deuil et son futur règne, la reine mère sympathique et même quelques enquêtes et complots au château comme dans tous les meilleurs contes pour enfants sont de la partie. Alors certes, l’épanouissement de l’héroïne consiste à abandonner tous ses repères, son travail de journaliste se transforme à mesure des films en un emploi de blogueuse qui se contente de raconter sa vie (mais avec beaucoup de sérieux hein?), l’amour c’est avant tout le mariage puis le bébé (comment être épanoui(e) sinon ?) et on a même droit à une scène de bal avec le pimpage d’Amber la protagoniste en robe longue qui devient de fait magnifique dès qu’elle l’enfile  (Dans “Pimp my ride” sur MTV ils lui auraient collé des écrans de télé partout pour un même résultat) face à un prince au caractère inexistant et de moins en moins existant à mesure des suites. Mais, il faut avouer qu’à grossir le trait comme ça, on ne peut que savourer ce plaisir coupable où les sentiments sont plus lourds que le combo foie gras, saumon, dinde aux marrons, double bûche et pas glacée on y va à la louche. La trilogie idéale pour la soirée du 25 décembre histoire de dessouler et péniblement digérer les repas des deux jours qui précèdent. A noter que la “princesse” fait une apparition dans le deuxième volet de “La Princesse de Chicago”, clin d’oeil à la “Inception”.

Note globale : 8/10 – Taux de sucre d’orge : 10/10

A CHRISTMAS PRINCE Bande Annonce VF (2017) NETFLIX

Noël à Snow Falls : The Simple Christmas

Vous vous souvenez de “The Simple Life” quand Paris Hilton et Nicole Richie allaient vivre en milieu rurale pour se moquer du décalage entre les héritières et les personnes qui les hébergeaient ? Globalement “Noël à Snow Fall” part du même postulat : l’héritière d’un grand groupe de jouets qui vaut des millions de dollars, le papa qui va partir à la retraite et lui laissera les clés du business si elle prouve qu’elle peut retourner dans le petit village où tout à commencer pour apporter des lettres destinées à l’autre créateur de l’énorme entreprise. Elle prend donc le bus, débarque en talons dans la neige avec ses 4 valises, s’habille en petite tenue légère dans la neige et découvre les vraies valeurs de la vie, comprendre les vrais gens et l’aide à autrui. Au passage, elle tombe amoureuse de l’aubergiste du coin qui a du mal à se remettre d’une rupture et justifie sa débauche de fêtarde par un passé douloureux parce que l’alcool c’est mal m’voyez, personne ne boit autre chose que du chocolat chaud s’il est sain d’esprit c’est connu. Et d’ailleurs qu’est ce qu’ils peuvent en boire des chocolats chauds dans ces films de Noël, c’est improbable. Le final laisse sur tout un tas de questions notamment concernant celles des relations longues distances tout en s’offrant la présence d’Andie MacDowell qu’on pensait oubliée et sans carrière aujourd’hui, ce qui confirme cette impression. Certes dégoulinant de principes et cherchant à tirer la larme facile, ce film reste un moment agréable dans les catégorie nanars de Noël en plus la ville s’appelle Snow Falls, rien que pour avoir osé y penser, ça vaut le visionnage.

Note globale : 7/10 –  Taux de sucre d’orge : 10/10

NOËL À SNOW FALLS Bande Annonce VF (2017)

the Holiday Calendar : Où est le calendrier ?

Sorti en 2018, “The Holiday Calendar” a eu la bonne idée de mettre à son affiche la sublime Kat Graham que vous connaissez surtout pour son rôle de Bonnie dans “Vampire Diaries“, le personnage qui meurt globalement toutes les saisons pour mieux revivre dans la saison suivante en toute logique. A priori d’ailleurs, la logique d’un scénario n’est pas un critère de choix pour notre actrice qui campe ici le rôle d’une photographe dont la carrière ne décolle pas. Alors que son meilleur ami qui a un crush secret et vraiment discret sur elle, revient d’un tour du monde, son grand-père lui offre un calendrier de l’Avent magique dont les cases sont en fait une fenêtre sur son coeur. L’idée de traiter pour une fois d’un métier artistique et de ses déconvenues peut sembler pertinent tout comme le fait de, pour une fois, ne pas se contenter d’un casting intégralement blanc , voilà pour les points forts du film. Mais qui dit petit film de noël dit toujours gros défauts, ceux-là sont encore nombreux. A commencer par cette histoire de calendrier qui prédit l’avenir et qu’on voit à peine dans le film. Les étapes passent trop vite et oublient de donner de la matière aux spectateurs qui ne s’attachent à rien. La magie qui devrait pourtant être présente n’est pas vraiment de la partie alors qu’on peine à comprendre les motivations des personnages. Alors certes, on n’attend pas grand chose d’un téléfilm de noël mais bon un peu de magie ne ferait pas de mal. Reste à se dire que l’happy end est plutôt bien fait et pour une fois ne fait pas la distinction gênante entre la carrière de l’héroïne et sa vie sentimentale.

Note globale : 5/10 / taux de sucre d’orge : 7/10

THE HOLIDAY CALENDAR Bande Annonce VF (2018) Romance

L’ambassadrice de noël : la gênance

Imaginez le tableau : on parle de films de Noël et s’il est bien une chose qui est au coeur de ce genre de métrages y compris sur la plateforme de streaming, c’est bien l’amouuurrr ( dans son sens le plus hétéronormé  hein).  Le but de ces films c’est donc bien de faire se rencontrer deux personnes qui réalisent que l’amour c’est plus important que de bosser et que les factures on s’en fout. Et bien dans la catégorie, celui-ci entre dans le top du panier du pire du pire. Un architecte surbooké reçoit pour la première fois chez lui pour les fêtes sa famille : comprendre sa gentille mère qui veut le caser, son père qui à priori n’a aucune réplique pendant 1h30 de film, sa soeur, son époux et son adorable nièce de 17 ans qui a un rêve (comme Raiponce).  Désemparé il embauche la décoratrice de fêtes de son entreprise et lui demande d’organiser une semaine de noël parfaite pour sa famille. La suite vous l’imaginez, les deux héros vont tomber amoureux sous l’oeil bienveillant de la famille intrusive mais supposée attachante. Sauf que : la meuf n’a en réalité que trois idées pour garder l’esprit de Noël une semaine entière et encore les plus bateaux (en moins de 10 minutes, nous en avions bien plus qu’elle en tête), la petite nièce timide décide d’abandonner les grandes études pour apprendre le chant parce que voilà elle chante juste à priori pour faire sa vie dans une chorale, les tourtereaux remettent en question toute réussite professionnelles parce que les vraies valeurs c’est de faire des choses à petite échelle quitte à tout planter dans un pays où il n’y a pas de chômage (ça peut être vrai mais une carrière ne devrait pas être constamment diabolisée) et enfin et cerise sur le gâteau la famille s’attache beaucoup mais alors beaucoup trop à l’ambassadrice. Topo en fin de métrage arrive une scène hyper gênante où tout le monde débarque chez elle pour fêter noël et lui balance un bon gros “Tu fais partie de notre famille maintenant que tu le veuilles ou non”. Vous vous connaissez depuis une semaine, il s’agirait de se détendre, les films d’horreur commencent avec les mêmes répliques…

Note globale : 4/10 – on s’attendait à rien et on a quand même été déçu / Taux de sucre d’orge : 8/10

Christmas Made to Order | Trailer (2018) | Alexa PenaVega, Jonathan Bennett, JoMarie Payton

A Cinderella Story CHRISTMAS WISH : aller au bout de son sujet

Ce qu’on attend des films dont parle cet article, ce n’est pas qu’ils soient bons mais qu’ils aient une saveur d’enfance et qu’ils assument d’être de petits plaisirs coupables. Finalement c’est comme pour les nanars de requins, personne n’attend un chef d’oeuvre, non, ce qu’on veut voir c’est un sujet complètement assumé en passant par toutes les pires idées possibles. Et bien en voilà un qui réussi haut la main ce pari. A “Cinderella story” comme son nom l’indique ré-écrit l’histoire de Cendrillon à la sauce moderne. La méchante belle-mère est là tout comme les horribles soeurs. La Cendrillon de Netflix, elle, rêve de devenir chanteuse, en attendant sa majorité et d’arrêter d’être maltraitée par sa belle-famille, elle travaille comme petit lutin dans un parce de Noël où elle chante. C’est là qu’elle rencontre le prince, héritier d’une grosse fortune qui joue le Père-Noël dans ce même parc appartenant à son père (parce que pourquoi pas finalement, la logique hein ho c’est surfait).  Il tombe amoureux d’elle malgré le fait qu’il ne la voit jamais sans son déguisement et ne sait donc pas à quoi elle ressemble. Oui et on le comprend, elle porte une perruque rose et de fausses oreilles. Oui c’est tout. Le mec si on le parachute en 2020 avec le port du masque, il va payer sa galère. Mais bon, l’histoire d’amour de ce conte moderne et plein de chansons de pop stars est présente tout comme la super copine marraine et même un chien handicapé. C’est plein de pralines et forcément ça fait le boulot attendu.

Note globale : 9/10 – Taux de sucre d’orge : 10/10

A CINDERELLA STORY CHRISTMAS WISH Trailer (2019) Teen Romance Movie

Broadcasting Christmas : le retour des années 90

Les téléfilms de Noël c’est aussi l’occasion de retrouver les stars de notre enfance et de se rendre compte qu’ils ont vieillis, que nous aussi, qu’ils n’ont pas eu de carrière mais que tant pis. La preuve d’ailleurs avec ce Broadcasting Christmas qui regroupe et Dean Cain (Superman dans Loïs et Clark) et Melissa Joan Hart (Sabrina l’apprentie sorcière). Tous deux journalistes (enfin vite fait ça fait du sujet de presse régionale qui n’intéressent personne mais bon c’est du reportage), ces deux ex amoureux se retrouvent en compétition pour co-animer une matinale très regardée aux Etats-Unis et allez pourquoi faire dans la dentelle dans le Monde même, voilà les USA c’est le Monde, c’est connu. En sort un film sans enjeux, qui oublie un peu Noël par moment mais vise toujours à trouver l’amour et à s’accomplir professionnellement et humainement. Tout y est prévisible et cliché donc il n’est pas nécessaire de toute suivre à la minute, difficile de ne pas comprendre ce qui se passe. Pour autant, ce petit film sans saveur se regarde tout seul, c’est comme manger une pizza de super-marché finalement, ça passe et ça reste un petit plaisir difficile à justifier.

Note globale 6/10 – taux de sucre d’orge : 7/10

Broadcasting Christmas | Trailer 2016 | Melissa Joan Hart, Dean Cain, Jackée Harry, Cynthia Gibb

Jingle Jangle : boite à musique

Envie de croire en un peu de magie et de retrouver des films pour enfants dans cette sélection ?  Jingle Jangle pourrait presque être ce qu’il vous faut. On y suit un conte pour enfants magique lu par une mamie à ses petits-enfants juste avant Noël. C’est pourtant au coeur du récit d’un inventeur, le meilleur inventeur de jouets qui soit, arnaqué par son associé et perdant alors tout, que se déroule notre histoire. Magie, jouets vivants et très jolis décors sont de la partie et donnent à cette fable une touche bien au-dessus du simple téléfilm réalisé en deux deux l’été avec beaucoup de fausse neige. Le soin du détail donné aux effets visuels est hypnotisant et en ça, le film est une petite réussite. Reste quand même à se rappeler ses nombreux défauts : la récurrence absurde de ses moments chantés façon comédie musicale. La première fois, un peu comme dans un Disney, on peut se dire, si on aime le registre que c’est plutôt bien fait et que les chorégraphies sont travaillées. Et puis… le premier morceau ne finit jamais. Et voilà que quelques minutes plus tard débarque le deuxième, tout aussi long et le troisième. A force, on perd pieds dans l’histoire au grès de titres pas forcément cultes qui contrairement à ceux de Disney n’arrivent jamais à se terminer. La personne en charge de la bande-originale voulait à priori vraiment s’approprier le moment et refusant de laisser la place aux autres et a choisi de faire des chansons de 10 minutes chacune à coup de “Et j’ai pas fini”. Ou alors c’est simplement le sentiment que ça donne. Dommage, le reste est plutôt joliment mis en scène et l’histoire fait écho aux contes de notre enfance.

Note globale : 7/10 – Taux de sucre d’orge : 7/10

Jingle Jangle : Un Noël enchanté | Bande-annonce officielle VF | Netflix France comédie romantique de Noël

Dash et lilY : la série qui remonte le niveau

On va tricher un peu cette fois puisque si Dash et Lily est bien une romance de Noël Netflix, il ne s’agit pas là d’un film mais bien d’une mini-série qui ne devrait, normalement, ne pas avoir de suite. Alors bon, quelque part une mini-série c’est un peu un film long et ça compte. Loin des autres films souvent à petits budgets dont nous avons pu vous parler, la série, elle a de nombreuses qualités est s’avère plus à la page que le reste du catalogue Netflix. on y suit le blasé Dash qui tombe amoureux de l’atypique et humaine Lili qu’il ne connait pourtant pas, au grès d’échanges dans un carnet et de jeux grandeur nature dans New-York. Non seulement cette histoire d’amour adolescente évoque avec douceur le meilleur des teen movies des années 2000 mais aussi des romans jeune public. Si tout est simple et léger, les scènes sont joliment écrite et transportent dans un monde où les correspondance existent et sont empreintes d’histoires à raconter. Bien que toujours au second plan on notera la présence du frère de Lili et de son compagnon qui apportent une toute petite touche de diversité aux stéréotypes des films de noël. On attend toujours le film qui mettra en vedette une histoire d’amour queer pour les fêtes qu’on s’entende mais c’est un timide début. Pour le reste, la série se regarde avec facilité sans donner l’impression d’avoir été écrite à la va vite sans aucune forme de réflexion. Dash et Lili est de loin la meilleure chose que l’on peut vous recommander cette année pour vous mettre dans l’esprit de Noël.

Note globale : 10/10 – Taux de sucre d’orge : 7/10 et une pointe d’acidité, la formule idéale.

Dash & Lily | Official Trailer | Netflix comédie romantique de Noël

Bonus : Klaus, si tu veux regarder un vrai bon et beau film de Noël

Si ce petit guide pratique s’aventure plutôt du côté des joyeux navets de Noël et des comédies romantiques à regarder sans penser, on a jugé utile d’y glisser on vrai bon conseil. Klaus est donc un bonus, presque hors sujet mais absolument indispensable pour les fêtes. Ce dessin-animé poétique raconte les frasques d’un grand héritier de la Poste, habitué à se la couler douce aux frais de son papa. Pour lui apprendre la vie, ce dernier l’envoie dans le cercle Arctique pour un an, là il devra travailler et s’il n’y arrive pas : plus d’héritage. Là-bas, tout n’est que désolation, froid et guerre de deux familles. Il rencontre finalement un homme des bois, Klaus et avec lui petit à petit crée le mythe du Père-Noël changeant à jamais la vie des habitants de l’île. Et c’est bien à un véritable voyage magique qu’invite le réalisateur Sergio Pablos à travers ce conte noir pas forcément destiné aux enfants. Désespoir et beauté se côtoient dans cette réussite intégrale, pleine de messages inspirant. Bien écrite, peuplée de personnage qu’on aurait pu découvrir dans un Tim Burton de la grande époque, cette frasque surprend de bout en bout et se déguste alors que le Noël 2020 pourrait bien avoir le goût doux-amère de la première partie de ce métrage poignant. L’émotion est maîtrisé, les références et explications très joliment amenées. Rien n’est forcé, tout coule de sens, s’additionne parfaitement. La lumière vient de la noirceur, un acte désintéressé en appelle d’autres rappelle le film. Dans une période où il est de plus en plus difficile d’avoir foi en l’humain, Klaus devient un visionnage essentiel. Joyeuses fêtes, malgré tout.

Note globale : 10/10

Klaus | Bande-annonce VF | Netflix France

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Urizen de Nedelko (image: Eleonore Wismes)

Après la sortie d’Hôtel sans étoiles du grand Lucio Bukowski en octobre dernier, c’est Nedelko qui revient à la charge ce mois-ci. Avec Edggar, ils font partie des derniers arrivés dans le collectif. Et autant dire qu’ils ont déjà prouvés de quoi ils étaient capables. Rhéologie, le premier album de Nedelko, nous avait retournés lors de sa sortie l’année dernière, à tel point que nous avions rencontré son créateur début 2020, un mois avant le début des emmerdes, pour parler de son projet (à retrouver ici). Un peu plus d’un an après, Urizen débarque. Quel est-il ? Son nouvel album, divisé en deux. Sept titres de chaque côté. Aujourd’hui sort la partie I, que nous avons eu le privilège d’écouter. Il faudra attendre le printemps pour la suite. Une manière d’instaurer un mystère, et de faire durer l’attente. Rhéologie avait tapé très fort pour une entrée en matière. Urizen porte beaucoup sur ses épaules.

 

Un électron libre

Que nous dévoile cette première partie ? Un envol. Disons le franchement. C’est une perle. Sept titres uniques desquels jaillit un sentiment d’adéquation. Nedelko se lâche et semble avoir atteint un nouveau stade : celui du lâcher prise. On y va et on verra bien ce que ça donne. « Or What », titre solitaire paru il y a quelques semaines, avait plus ou moins annoncé la couleur. Il s’agit de d’explorer et de se renouveler. Plus de limites ni de cadres, et place à davantage de liberté. Même si Urizen part I n’a pas grand-chose à voir avec « Or What », les deux dégagent quelque chose de neuf et d’innovant. Car en plus de confirmer son talent sur ce nouveau projet, Nedelko s’aventure sur des chemins sinueux dont il ressort systématiquement plus fort. Son style s’affine et s’élargit à mesure que son élan créatif se consolide, au point de pouvoir aujourd’hui se féliciter d’une identité musicale très marquée. Et si l’on devait qualifier sa musique, on ne saurait le faire précisément tant elle puise dans de multiples inspirations. On sait d’ailleurs Nedelko ouvert à une diversité musicale, adepte d’artistes tels que Julian Casablancas, Odezenne ou encore Courtney Barnett.

En passant de la légèreté à l’agitation, de la mélancolie à l’agressivité, du rap au chant, le chanteur atteste d’un désir de se surpasser et de se détacher de son premier opus. Il n’existe plus seulement qu’au travers de Rhéologie, déjà gravé dans la roche, et réussit le pari de se détacher de ce dernier. C’était là tout le dilemme de ce second projet.

Photo: Matthieu Cattoni

 

L’image du bonheur

Tout commence sur une voix de femme, dont le ton et le phrasé nous apaisent instantanément. On sent que cette voix vient d’ailleurs, qu’elle transporte une forme de sagesse. Rapidement, le texte qu’elle récite évoque une image censée représenter le bonheur : trois enfants sur une route en Islande. Cela pourrait être le début d’un film… En plein dans le mille ! Il s’agit en effet des premières secondes de « Sans Soleil », sublime documentaire de Chris Marker sorti en 1983. Un hommage puissant et pertinent à un des plus grands réalisateurs français aujourd’hui disparu. De quoi commencer l’album en beauté. Odezenne avait fait pareil avec des extraits de La Jetée sur deux de leurs morceaux. Directement, on est plongé dans une ambiance nostalgique et rêveuse. « Eva 001 » frappe déjà fort. C’est un morceau au doux tempérament qui ne se laisse pas saisir facilement. La prod planante d’Hayko offre à Nedelko l’occasion de débuter dans un registre où il excelle déjà, celui d’un texte poétique transporté par une ambiance atmosphérique. « Fast Life », qui s’y apparente, sorti l’année dernière dans la lignée de son premier album, nous avait subjugué.

 

Accompagné du grand oster lapwass

Pour la suite d’Urizen, c’est le fidèle beatmaker de l’Animalerie, la clé de voûte du collectif : Oster Lapwass qui, une nouvelle fois, parvient à s’adapter au style de son interprète afin d’en révéler au mieux les richesses. Sa patte sonore est reconnaissable parmi des milliers et l’effort d’originalité sur les prods est évidemment une des forces de ce nouvel opus. Entre le génial « Acanthaster » plus porté vers le rap, avec backs et gros soutien rythmique, d’une efficacité redoutable, et l’entrainant « Bienvenue à Néopolis » aux sonorités électro, Urizen part I se dévoile de plus en plus riche et abouti. Entre ces deux morceaux se tient le fier « Damoclès », dont l’instru sous forme de boucle entêtante à l’aspect désarticulé permet d’accorder les deux styles uniques de Nedelko et d’Edggar, ce dernier présent en featuring. Probablement une des plus grandes réussites de ce projet permise grâce à l’alchimie des deux amis. D’un côté, un flow très rythmique sous forme d’à-coups génialement maitrisé par Edggar, et de l’autre, un rap moins discontinu aux élans chantés de Nedelko. Comme une version sophistiquée de « Colibri » de Robse, également produit par Oster Lapwass. Un morceau (et un album) que l’on adore ici.

 

Plus qu’une simple confirmation ?

Le clou final du spectacle est assuré par « Troisième Impact », morceau à double facettes, qui, après une première moitié calme et sereine illuminée par un texte somptueux sur le constat d’un monde fêlé, s’élève pour nous prendre aux tripes lorsque l’instru décolle vraiment dans sa seconde moitié. Jamais Nedelko n’était allé aussi loin dans l’émotion. Il prend ici son temps, construit son propos, et le disperse sous forme d’éclat dans un morceau intelligemment construit. Quoi de mieux pour mettre fin à cette partie I, l’haleine à la bouche en pensant déjà à la suite ? Comme le dit lui-même Nedelko, « La transformation, c’était Rhéologie. Urizen c’est la confirmation ». Pour l’instant, on ne peut qu’approuver. A voir si la deuxième pièce du puzzle le fera devenir plus qu’une simple confirmation. C’est très bien parti pour.

By Léonard Pottier


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