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novembre 2016

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Dans moins d’un mois ce sera Noël. Cotillons, dinde aux marrons, mauvais mousseux, cadeaux revendus le lendemain même sur Internet…Bref la tradition ! Mais surtout l’occasion unique de se retrouver en famille… A Pop&Shot, on aime bien le cinéma de genre. Du coup, on a décidé d’inaugurer une nouvelle rubrique en vous présentant les pires membres de la famille du cinéma de genre dont on a pu se souvenir…

La famille est un concept plus que primordial dans la fiction américaine. Et plus encore au cinéma. Poussant parfois la logique jusqu’à l’absurde, comme avec le personnage de Vin Diesel, qui n’a pas une ligne de dialogue sans le mot « famille » dans les derniers Fast and Furious pour justifier le lien entre les membres de son groupe, la notion peut sembler oxydée pour nous autres français, qui sommes bien plus cyniques, c’est bien connu. Quoi de plus effrayant alors que de voir ce cocon censément rassurant, se voir attaquer par une menace extérieure ? Le cinéma de genre, terme vague et indéterminé on est d’accord, a bien sur eu l’occasion de montrer des familles soumises à diverses menaces, humaines ou surnaturelles. Comme pour tout, il y a des réussites et des ratés. Sans être un chef d’œuvre, loin de là, dernièrement, The Darkness réussissait à montrer une famille crédible évoluée sous nos yeux. A contrario, le remake de Poltergeist…. Bon, ne tirons pas sur une ambulance en feu, d’accord…. Même si… Oui, bon d’accord, enchaînons. Des personnages ratés ou horripilants, au fil des années, il y en aura eu un paquet qui auront défilés sur les écrans. En prenant le format d’une famille caricaturale, voici donc ma sélection des pires membres de la famille du cinéma de genre. En toute subjectivité. Et en toute mauvaise foi. N’hésitez pas à donner vos propres avis dans les commentaires !

Le père de famille

Eric Bowen ( Sam Rockwell) dans Poltergeist ( 2015)

Papa est chômeur et père de famille nombreuse. Il a le trauma bien connu du footballeurquis’estblesséalorsqu’ilauraitpufaireunegrandecarrière, trouble qui touche environ un personnage dans une fiction sur deux aux États Unis. Endetté, il a fait s’installer sa famille pile au dessus d’un ancien cimetière. Alors que le climax ultime du film dans lequel il évolue semble être cette scène déchirante ou le bon père de famille se demande si sa carte de crédit va passer à la caisse du supermarché, on le voit la scène suivante débouler avec une demi-douzaine de pizzas alors que toute la famille a déjà mangé ou n’a plus faim et ayant claqué pour faire des cadeaux à ses enfants. Responsable, le père de famille. Il négocie ardemment le droit de pouvoir sauter exercer le devoir conjugal, une tasse à café remplie de whisky à la main, avec le mythique combo caleçon-chaussettes. Et quand, son fils préado agressé par des esprits, a le malheur d’appeler à l’aide, il se fout amplement de sa tronche devant toute la famille. Passablement perturbé par la disparition de sa fille dans le téléviseur (non en fait c’est pour être poli, il semble s’en cogner éperdument), mettant autant d’intensité dans la résolution de cette énigme que dans la recherche de la deuxième chaussette qui manque après avoir fait une machine, il mettra une bonne dizaine de scènes avant de se résoudre à tourner au sky dès le réveil… Un père modèle comme on les aime : continue comme ça Eric t’es un champion !

Son atout en cas de menace : il restera imperturbable en toutes circonstances… Ouais, il s’en cognera éperdument quoi. Tant que bobonne accepte de…

 

La mère de famille

Tracy Weaver (Samantha Ferris) dans The Secret (2012)

Avec une trogne à ne pas boire que de l’eau, maman a un job au rabais ou est au chômage longue durée, on ne sait pas trop. Elle pense qu’à elle mais elle tente de se rassurer en revenant parfois vers sa fille, adolescente qui ne dit pas un mot tellement elle s’épanouit dans le foyer, avant de retourner hilare dans les bras de celui qui fait office de beau père maltraitant. Incarnation d’une certaine vision de la mère de famille célibataire white trash de la campagne américaine, la scène ou elle cherche à s’en prendre à son compagnon maltraitant avant de finalement céder et finir dans ses bras est au final le moment le plus glaçant du film…

Son atout en cas de menace : pas de danger, elle se sera déjà tirée, hilare, avec le camionneur du bout de la rue !

 

La grande sœur

Rebecca (Teresa Palmer) dans Dans le noir (2016)

Rebecca s’est tirée du foyer familial très jeune et est partie dans « la grande ville ». Moyennant une grande faculté, elle n’aura pas réussi à percer dans ce qu’elle voulait. Fuyant un grand benêt intrus qui veut qu’à fourrer des chaussettes dans son tiroir, elle trouve sa rédemption dans l’appel d’une assistante sociale qui lui duit que son petit demi frère-dont elle s’est cognée jusque là- est en danger. A partir de ce moment, elle mobilisera le dit-petit ami et ira jusqu’à s’opposer à la fameuse assistante sociale (dont le rôle justement ne va pas au delà de trois scènes) pour préserver la vie de son demi frère. Ne donnant jamais sa chance à son fameux petit ami, elle ira jusqu’à risquer sa vie pour protéger la vie de la famille dont elle s’est souvenue de l’existence récemment…

Son atout en cas de menace : Mettre en avant dans la mêlée le fameux fourreur de chaussettes, le petit ami dont tout le monde se fout au point de pas avoir retenu son nom, mais qui fait un bon candidat pour le body count jusqu’au générique final. Il suffit de lui promettre un tiroir à chaussettes, même s’il a peu de chances de s’en tirer…

 

La petite sœur

Lilly (Isabelle Neulisse) dans Mama (2013)

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La petite Lilly vous mettra une ambiance de feu au réveillon ! Sapée comme une souillonne, peu alphabétisée, elle remettra en cause la méthode globale… Mettant une ambiance de dingue en buggant sur une forme au dessus de votre tête en haut du meuble tout au long de la soirée, vous regretterez de l’avoir prise avec vous… Mettant du pastel de couleur sur les murs blancs qui vous ont coûtés un bras, vous finirez par haïr la petite… Aussi quand, au moment d’un soi-disant choix décisif, elle préférera se tirer avec l’esprit d’une vague meuf vivant au fond des bois, contrairement à sa sœur plus âgée, vous serez ravis. C’est toujours ça de pris en moins en contrôle par la DDASS…

Son atout en cas de menace : Une fameuse Mama que personne de vivant n’a vu mais qui semble avoir une certaine influence auprès d’elle et qui se met souvent en haut des meubles…

 

Le petit frère

Samuel (Noah Wiseman) dans Mister Badabook (2014)

Gros relou habituellement occupé sur sa console, le petit Samuel vous mettra vite hors de vous : Appelant sa mère constamment, se frittant avec les autres mômes de la soirée, il vous prendra vite l’envie similaire aux personnes présents dans la même pièce à savoir étrangler le petit Samuel. Véritable publicité pour l’avortement, le petit bonhomme continuera de s’agiter en gesticulant, vous faisant regretter, vraiment, de ne pas avoir assez pris en compte les mises en garde du Ministère de la Santé sur les moyens contraceptifs….

Son atout en cas de menace : Qui que ce soit s’approchant de lui, finira par s’enfuir en courant, excédé devant l’ampleur du phénomène….

 

Les meilleurs amis de la famille

Ashley et Peter ( Corbin Reid et Peter Scott) dans Blair Witch (2016)

Ashley et Peter sont des gens biens. Vraiment. Il suffit qu’ils aperçoivent vaguement, de loin, un Dixie Flag pour décréter que les habitants de la résidence sont des rednecks sans foi ni confiance. Se foutant éperdument de leurs tronches, ils perdront toute sympathie, en même temps que tout les acteurs du film dont ils proviennent… La condescendance citadine qu’ils font preuve à l’égard du couple de ploucs n’aide pas non plus… Aucune empathie ne finira par être développée par la mise en scène, et du coup quand leur disparition de la pellicule interviendra, on sera à deux doigts de pousser un ouf de soulagement tellement ce couple aura été là pour faire passer le temps et préserver les personnages principaux…

Leurs atouts en cas de menace : Avec le statut quasiment gravé sur le front de première victime, ils prendront tout sur eux en premier en cas d’attaque, ce qui permettra de tenir en attendant que le petit matin se lève…

 

La voisine esseulée

Evelyn ( Alfre Woodward) dans Annabelle (2015)

On aurait pu choisir M. Preskovitch du Père Noël est une ordure, mais ça aurait été hors sujet… Evelyn est une voisine charmante bien qu’esseulée. Elle porte le deuil de sa fille, s’intéresse à l’ésotérisme et ne sort de son appartement que pour accoster les gens qu’elle juge en péril dans les vieilles librairies… Inutile de dire qu’on a de quoi ruminer contre la maîtresse de maison si elle vous place à coté d’elle au réveillon. Totalement dévouée et bonne poire, elle n’hésite pas à sauter par la fenêtre en cas de péril afin de préserver une famille en détresse qu’elle connaît depuis à peine trois jours.

Son atout en cas de menace : Son sens absolu du sacrifice, qui devrait permettre de gagner du temps, alors qu’elle cherchera tout les moyens possibles pour mourir en vain…

 

Le tonton relou

Michael Young ( Barry Watson) dans Ominous (2015)

Tonton Michael a des problèmes d’alcool. Un demi-verre de Champomy et c’est un danger au volant. A la vitesse faramineuse de 5km/h, il renverse enfants et animaux sans même s’en rendre compte. En plus de son addiction (le Champomy c’est le mal), il affiche un air constipé sérieux en toutes circonstances et ne vous décochera pas un sourire pour rien au monde.

Son atout en cas de menace : Une coupette. Une voiture. Et il renversera tout sur son passage.

 

Le p’tit neveu

Cody ( Jacob Tremblay) dans Before I wake ( 2016)

Cody a la poisse : orphelin, dans chaque famille ou il passe, les parents finissent décimés… La faute à des pouvoirs psychiques lui permettant de faire apparaître aussi bien ses rêves que ses cauchemars. Et pour son age, le petit Cody en a de sacrés des cauchemars. Notamment, le canquère, créature démoniaque tourmentant et dévorant régulièrement son entourage. En somme, il faut éviter de dormir dans le même endroit que lui…

Son atout en cas de menace : son manque d’alphabétisation. N’importe quel mot qu’il lira de travers fera apparaître un monstre qui absorbera tout sur son passage.

Renaud Collin a connu le succès en France en devenant l’illustrateur de la bande-dessinée les Minions. Cet illustrateur qui a plus d’une corde à son arc manie toutes les techniques d’illustration pour donner vie à ses personnages.  Avant la parution de sa nouvelle œuvre, une série d’uchronie baptisée “Plume Dragon”, l’artiste s’exposera à la Galerie Gombert. L’occasion de se prêter au jeu des questions/ réponses avec Pop & Shot.

Bateau Volant "Plume Dragon" DR
Bateau Volant “Plume Dragon” DR
  • Vous faites aujourd’hui partie de l’exposition de BD de la galerie Gombert. Comment avez-vous pris part au projet?

J’ai reçu un coup de fil de Clément Gombert qui m’a expliqué son projet. Il m’a plu pour diverses raisons. Une de ces raisons est le fait d’exposer dans une galerie dédiée aussi aux arts anciens. Je vais souvent chercher dans les peintures romantique du 19ème l’inspiration pour mes divers projets d’illu et de Bd.

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  •  Vous utilisez différentes techniques lors de la création de vos bandes dessinées. Comment se déroule le processus créatif d’une œuvre, quelles en sont les étapes?

En Bd on commence par écrire le scénario et ensuite on fait un découpage. Ensuite vient la mise en forme graphique définitive. J’aime varier ma façon de faire. Avec les Minions par exemple il fallait que cela ressemble au dessin animé. J’ai donc utilisé ma technique vectorielle qui ressemble à de la 3D. Pour le nouveau projet de série que je suis entrain de dessiner,« Plume Dragon » une histoire de pirate dans des bateaux volants, je travaille toujours sur ordi mais dans un style plus pictural, avec des matières, des jeux de lumières claires obscures…  

  •  Vous êtes à l’origine de bandes dessinées sur les Minions. Comment avez vous eu cette opportunité? Quelles sont les contraintes et avantages à travailler sur ces personnages humoristiques populaires?

C’est Dupuis qui est venu me chercher. Ils avaient négocié avec le studio Illumination l’adaptation de l’univers des minions et ils cherchaient un dessinateur avec un style 3D. Je n’ai pas dit « oui » tout de suite. Ce qui m’a convaincu ce sont  les roughs du Directeur artistique d’Illumination que j’ai trouvé incroyable. Ils montraient les différentes inventions des minions dans leur base secrète souterraine, toutes plus folles les unes que les autres. L’univers m’a amusé et j’ai dit « oui ». Le défi était de faire exister les personnages vu qu’il ne parlent pas . j’ai donc travaillé les expressions corporelles et du visage pour raconter un maximum.

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  • Parlez nous de votre actualité. Quelles sont les œuvres sur lesquelles nous allons vous retrouver dans les mois à venir?

j’ai participé à l’ album hommage qui fête le 60eme album des tuniques bleues de Salverius, Lambil et Cauvin. J’y ai scénarisé, dessiné et colorié une histoire de 10 planches dans laquelle Chesterfield nous raconte l’histoire d’une de ses cicatrices. A part cela je travaille sur une nouvelle série qui s’appellera « Plume Dragon ». C’est l’histoire d’une bande de pirates qui défie du haut de ler bateau volant le pouvoir de l’empire. Elle est dirigée par une créature mi-femme mi-dragon qui aurait reçu des « pouvoirs » du grand Dragon. Pourchassée par l’empire elle suscite chez le peuple opprimé l’espoir d’un monde meilleur. Mais la rencontre avec un jeune homme aventurier va tout changer. C’est Nykko, à qui l’on doit « Enfants d’ailleurs » qui signe le scénario.

A part cela je travaille aussi avec Vincent Zabus (mon complice sur notre série« le monde selon François») sur un Spirou « One shot ». Mais  ça, ce ne sera pas pour tout de suite.

A retrouver à la Galerie André Gombert du 24 novembre au 6 décembre 2016- 10 rue de la Grange Batelière, Paris 9ème. 

Pour tour savoir sur l’exposition, c’est par ici!

 

 

Dimanche 20 novembre 2016, Les InRocks Festival continuaient leur bonhomme de chemin à travers de multiples salles de la capitale. L’une d’entre elles était la mythique Cigale. Pop & Shot y était et vous raconte le déroulé d’une soirée riche en ressentis divers et variés à l’image de sa programmation.

La Cigale n’est pas encore remplie quand commence la soirée. On ne sait pas grand chose de ce Adam Naas, jeune auteur-compositeur français qui avait commencé à pointer le bout de son nez l’an dernier au cours des InRocks lab et qui commence à faire son trou. On ne connaît pas grand chose à propos de Adam Naas et on se dit qu’on passe parfois à coté de bonnes choses sans même le savoir ! Dès les premières notes, le chanteur prend par la main délicatement son audience et la transporte. Où? Qu’importe finalement la destination tant le voyage est planant. Les pensées s’envolent au grès des notes et des anglophones paroles de celui qui a longtemps hésité à prendre comme nom de scène « Le corbeau ». « Fading away », le titre phare d’Adam Naas mérite sa réputation. Son potentiel tubesque est sans fin. Seul réconfort au fait qu’il soit encore confidentiel: la sensation de faire partie de l’élite, ceux qui connaissent une pépite et la partagent comme un secret. Un secret, qui devrait bientôt être sur toutes les lèvres. Ce sont de très sincères « Oh non ! » qui viennent de quelques spectateurs quand le jeune français annonce qu’il chante son dernier titre pour la soirée. Cotonneux et envoûtant, le set a démarré sous les meilleures auspices.

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Vient ensuite Formation, un duo de jumeaux londoniens, trio pour l’occasion. Le son est bon, la technique est maîtrisée, mais pourtant au cours des premiers morceaux, quelque chose ne prend pas. Ne soyons pas injuste. Plus précisément, rien ne vient transcender réellement la Cigale. Une heure peut être longue, notamment lors d’un concert. Et petit à petit, au fur et à mesure de l’enchaînement des morceaux, quelques petites choses apparaissent, dans la gestuelle du chanteur, dans l’attitude du public, toujours plus nombreux… Enfin la sauce prend.  On vibre au son des boites à rythme et des basses et on se dit que ça valait la peine de laisser sa chance à la formation (ohohohoho) d’Outre -Manche, surtout quand le rythme se fait plus apaisé. La fin du set arrive lorsque le groupe se lâche enfin. Dommage. Un poil frustré mais néanmoins dans l’ambiance, le public attend de pied ferme Cassius, qui a eu le bon goût de sortir un nouvel album, après une décennie de disettes.

L’encart rappant avant Cassius semble trop en décalage avec le reste de l’ambiance de la soirée mais il faut lui reconnaître le mérite qu’à la fin de sa dizaine de minutes d’intervention, une bonne partie de la fosse sautille et est ambiancée…

Il n’en fallait pas tant pour que le duo des grandes heures de la « French Touch » mette le feu et fasse se lever une Cigale massée sur le devant de la scène. Les sons s’enchaînent les uns après les autres, emportant à chaque fois un peu plus de spectateurs laissant de coté toute inhibition et lâchant prise un moment. Peu importe le style que l’on préfère ou ses sensibilités propres, il y a quelque chose de beau et d’universel à voir une foule bouger en rythme. « Zdar » et « Bloom Bass » remplissent parfaitement leur contrat en mettant la Cigale en feu.

Quand vient la fin de la soirée, on ne peut que se réjouir d’avoir voyagé, vibré, dansé, sauté, dandeliné… Bref, tout ce qui fait un bon live, aura été donné à La Cigale ce soir là. De quoi affronter son lundi matin, certes fatigué mais des étoiles plein les yeux.

15 novembre 2016. Une date attendue un an durant par les (nombreux) fans du groupe The Cure qui avaient réservé leur précieux tickets d’or le 27 novembre 2015. Une année de passée depuis la première anticipation avec l’envie de chanter ainsi que danser avec Robert Smith et son cultissime remède.

Ce concert était également l’occasion pour certains de découvrir Paris-Bercy sous les traits de l’AccorHotels Arena. Une fois passée la multitude de contrôles de sécurité, c’est une salle flambant neuve qui attend les spectateurs. Au programme, des stands de pizzas, hamburgers, des bars à champagne et des boutiques de merchandising qui viennent s’ajouter à un décor immaculé. L’entrée dans les gradins se fait rapidement, les places sont numérotées et il est difficile d’échapper au siège attribué. Un état de fait qui ne durera pas : les fans de The Cure sont bien décidés à faire la fête ce soir, n’en déplaise à une organisation carrée.

C’est à 20 heures 45 que le combo entre sur scène et il est attendu de pied ferme. La foule se lève, toutes les tranches d’âge sont représentées. On retrouve aussi bien les vétérans, admirateurs des Cure depuis toujours que leurs enfants qui ont aussi attrapé le virus, pour ne pas dire le remède (ce jeu de mots est foireux et surfait Ndlr). Toujours est-il que le public se tasse par delà les derniers rangs pour pouvoir se mettre à danser d’entrée de jeu. Tous se lâchent, en costume cravate ou en tenue gothique, tandis qu’une anglaise surexcitée confie à ceux qui veulent bien l’écouter, voir les Cure pour la quatrième fois cette année. Fan depuis la première heure, elle fêtait déjà en live les 10 ans du groupe alors qu’elle était seulement âgée de 7 ans. Son avis est tranché « Ils font les meilleurs concerts du Monde ! ». Opinion de fan ou objectivité impartiale ? Tout dépend de ce que l’on attend d’un live de qualité.

 

“Si en loge, l’âge lui pèse, le forçant à utiliser une canne, c’est droit comme un I qu’il s’adresse à son public.”

La bande de Robert Smith n’a vocalement pas pris une ride. Il faut lui reconnaître une tenue scénique hallucinante et un public d’amoureux fous! The Cure transporte, le groupe qui a su marquer les générations a changé bien des vies, et paroles de fan ou pas, leurs mélodies sont toujours à la pointe de la perfection. Elles marquent une époque tout en parlant aussi bien à ceux arrivés plus tardivement. En ce qui concerne leur interprétation scénique, pas une fausse note ne vient noircir le tableau. D’ailleurs, le leader, qui a pris de l’âge, balance dans les airs son timbre si particulier, celui qui fait frissonner et qui envoûte et apaise. Si en loge, l’âge lui pèse, le forçant à utiliser une canne, c’est droit comme un I qu’il s’adresse à son public.

Seulement voilà (qu’il est difficile de mettre des mots négatifs pour parler des Cure),en live la formation choisit la simplicité scénique. Si tenir trois heures sur scène est un véritable exploit, le choix d’un set plus communicatif pour ne pas dire participatif pourrait être un plus. Certes, il n’y a pas besoin de jeux d’écrans développés ou de pyrotechnie pour créer un live de qualité mais quelques interactions avec le public, quelques blagues, ou une appréhension particulière de l’espace scénique peuvent se révéler être un atout majeur. Dans ce registre, le bassiste de la formation tient le beau rôle en choisissant de faire le tour de l’espace à de nombreuses reprises. Côté écrans, on gardera longtemps en tête le vert utilisé pour « A Forest », l’un des moments les plus forts du live. Il faut dire que Robert Smith and co s’amusent à ménager la foule en distillant au compte goûte leurs plus grands succès. Qu’importe répondent les plus grands fans qui pour autant réagissent aisément à chaque note. Les autres plus timides, se lâchent et dansent sans complexe sur les plus grands singles, préférant applaudir sur les titres moins mainstream. Du coup après une ouverture sur « All I Want », on retrouve des titres comme « Push », « In Between Days », « Picture of You », « High », « Love Song », « The Walk », « Trust » et « The End » qui conclut la première partie.

Trois rappels suivront pour le plus grand plaisir du public découvrant au grès de ces minutes qui passent à toute vitesse un répertoire qui parle au plus grand nombre. Et plus les titres sont reconnus, plus une fosse éclairée d’un sublime jeu de lumières multicolores, se réveille. Elle danse avant de pogoter et de laisser ses membres les plus téméraires slamer. Point trop n’en faut quand même puisqu’une sécurité très (trop) attentive n’aura de cesse de rappeler que, qu’importe le prix qu’on paye pour un concert, qu’importe son âge et son statut, dans une salle de spectacle on sera toujours vu comme une groupie de 15 ans, au mieux, ou une minette qui supplie son entrée en boite de nuit alors qu’elle est ivre et mineure.

Un traitement qui n’empêche personne de garder son âme rebelle de rockeur et de danser et chanter plus fort. L’entrée sur « Lullaby » lors du second rappel va d’ailleurs dans ce sens et on sourit volontiers à la vue du père de famille dansant bras dessus bras dessous avec sa fille de moins de 15 ans en chantant les paroles très fort. La musique unit, elle ne connaît pas les générations et cette même phrase colle parfaitement au monument qu’est The Cure. Encore quelques prouesses et merveilles alors que « Never Enough » résonne dans l’immense salle parisienne. Le troisième rappel est celui de l’apothéose, on enchaîne sans plus jamais s’asseoir sur « The Lovecats », « Hot Hot Hot !!! », « Friday I’m in Love » et le cultissime « Boys don’t cry » ». C’est sur « Why Can’t I be you ? » que le groupe tire sa révérence prenant néanmoins le temps de profiter d’un tonnerre d’applaudissement et de lâcher une fois de plus un franc « merci » en français dans le texte. Satisfaits, transcendés, ou pas , il sera difficile de ne pas sortir de la salle avec le sourire. Après tout, si je puis me permettre, bordel on vient de vivre trois heures de live avec The Cure !

 

Pour en découvrir plus, retrouvez nos vidéos en direct du concert de The Cure sur Twitter et retrouvez notre sélection de trois de leurs titres cultes décryptés!