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Auteure compositrice interprète dano-zambienne, Kwamie Liv a publié son nouvel album le 2 octobre 2026, Yesterday for Tomorrow. Un album à la fois doux et intense, pensé comme un espace de réappropriation de soi et d’évasion. C’est lors d’un dimanche après-midi d’octobre que nous avons pu échanger avec Kwamie Liv. Un moment très apaisant et sensible, à l’image de son travail artistique, qui est venu clôturer notre semaine.

KWAMIE_LIV_-photographer-Madeleine-Carstensen
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Pop&Shot : Je voulais dans un premier temps te demander de te présenter. C’est une question que j’aime poser car je trouve qu’il est intéressant de voir la manière dont les artistes s’introduisent.

Kwamie Liv : Tout à fait. Je m’appelle Kwamie Liv, je suis une auteure, compositrice et interprète basée à Copenhague. Je viens juste de sortir un album, Yesterday for Tomorrow. En ce moment, je suis dans un état d’esprit particulier : j’ai mis toute mon âme dans ce projet musical, et aujourd’hui je le partage avec le monde. Je le laisse filer, je le regarde prendre son envol et toucher des horizons qui me dépassent. C’est la liberté de la musique, et c’est vraiment ce que j’aime. J’ai travaillé dessus pendant très longtemps et c’est très spécial pour moi de pouvoir le partager et le laisser faire son chemin.

Pop&Shot : Depuis combien de temps travailles-tu sur cet album ?

Kwamie Liv : Depuis une éternité il me semble. Presque toute ma vie. En réalité, je puise mon inspiration partout. Pour répondre à ta question, j’ai passé ces trois dernières années dans une bulle dédiée à ce projet. Cependant, il y a des chansons sur ce disque que j’ai écrite il y a des années, qui attendaient de trouver leur place.

Pop&Shot : En écoutant ton album, on a la sensation que celui-ci est plus intime que le précédent (« Lovers that Come and Go », 2018). Qu’est-ce qui a changé en toi entre ces deux projets ? Qu’est-ce qui t’a conduit personnellement et artistiquement à créer cet album ?

Kwamie Liv : Je vois la création comme un processus fluide et naturel. Je ne vois pas mes deux projets comme quelque chose de si séparé. Tout vient de la même source. Peu importe ce que je fais, j’emporte ma voix avec moi. Effectivement, je pense que cet album a quelque chose de plus intime dans le sens où il représente une bulle dont j’avais besoin. J’avais besoin de ralentir et d’être dans un cocon qui était doux et bienveillant. La plupart de mes chansons naissent d’un air de guitare, je ne réfléchis pas trop quand je crée, je suis mon intuition. Quand j’ai besoin d’espace, je le conserve. La création est naturelle, honnête et organique pour moi.

Pop&Shot : Effectivement, en écoutant ton album, on a envie de ralentir et de rêver. Il y a quelque chose de très spirituel qui crée un sentiment d’élévation. Personnellement, j’avais parfois l’impression de me trouver devant un coucher de soleil, de marcher au ralenti avec une douce brise dans mes cheveux. Cet album nous donne presque des sensations physiques. Est-ce que cela faisait partie de tes envies pour ton public ?

Kwamie Liv : J’aime beaucoup ton impression. Quand je crée, je ne me demande pas ce que les gens vont ressentir. Je me dis “ne pense pas à celui ou celle qui va écouter” mais “sois dedans”. Mon idée est plutôt de créer quelque chose qui a du sens pour moi, créer quelque chose que j’aime, puis le partager. Une fois publiées, mes chansons sont libres. Certes, elles renvoient à des expériences profondément personnelles; mais je suis contente qu’elles parlent à d’autres personnes qui ont des visions différentes. Je suis contente qu’elles puissent être une soft place pour d’autres personnes aussi.

Pop&Shot : Tu parles beaucoup de cette envie de créer une soft place. Tu vis actuellement dans une grande ville mais parfois la vie dans une capitale peut s’avérer épuisante : la foule, le bruit … est-ce que cela a été une motivation dans la création de ta soft place ?

Kwamie Liv : Oui, j’aime l’idée de quelqu’un qui marche dans une super grande ville avec “Yesterday for tomorrow” dans ses oreilles. Mais j’aime aussi imaginer quelqu’un qui va l’écouter les yeux fermés, au lit, dans le noir ou encore d’un groupe d’amis qui va le mettre en fond lors d’un dîner.

Pop&Shot : Une question très différente. Dans certaines de tes chansons comme No one owns a sunrise, on retrouve un peu de Likke Li, également dans ton timbre de voix. On retrouve également Lana Del Rey dans Leave the Girl. Est-ce que ce sont des artistes qui t’inspirent ? Si oui, qu’est-ce qui t’inspire dans leur travail ? De manière plus générale, quelles sont tes inspirations ?

Kwamie Liv : Alors tout d’abord, je trouve que ce sont toutes les deux d’immenses artistes. Je n’ai pas un artiste en tête qui m’a inspiré en particulier. Cependant, je pense que ce sont des auteurs compositeurs comme Nina Simone, Leonard Cohen, Bob Dylan, Joni Mitchell ou Bob Marley que j’écoutais quand j’étais petite à la maison qui m’ont inspirée par leur habileté à raconter des histoires. Ils ont largement contribué à ma curiosité musicale. Peu importe le style de musique, ce sont les auteurs compositeurs qui m’ont le plus influencée. Je ne m’inspire par ailleurs pas uniquement de musique mais aussi du cinéma, de l’architecture, de la nature… J’adore aussi peindre, et ça a été un  véritable processus en parallèle pour moi pendant la création de « Yesterday for Tomorrow ». Je passais souvent du studio à mon atelier. Pour moi tous ces arts sont profondément liés. La création musicale a aussi quelque chose de très visuel. Créer musicalement ça peut aussi correspondre à retranscrire un coup de cœur visuel et vice-versa. Ça peut se goûter, se sentir… ça grandit dans toutes les directions qui paraissent naturelles. Ces artistes me touchent aussi par leur sincérité et leur non-conformisme ; ils embrassent une forme de vulnérabilité.

Kwamie Liv by Gerda Falk

Pop&Shot : Le titre de ton album “Yesterday for Tomorrow”, est particulièrement intéressant. Pour moi, il suggère de regarder le passé pour construire un futur meilleur. Musicalement, avec ses sonorités planantes, l’album transmet beaucoup d’espoir. Est-ce que cette idée de construire un meilleur futur à partir du passé était au cœur du projet ?

Kwamie Liv : J’aime ton interprétation. A propos du titre et de l’écriture des chansons en général, c’est très fluctuant. Il y a plusieurs significations dans une chanson. Elles sont interconnectées et fluctuent avec le temps. Je suis fascinée par le temps et la circularité des évènements. D’où le choix d’une vague en couverture de mon album : cette vague est là mais pourtant on ne la reverra plus jamais. Tout bouge sans s’arrêter et je trouve l’écoulement du temps très beau, et à la fois complexe. Ce que nous faisons compte, mais nous ferons toujours partie d’un ensemble plus vaste. Ce qui m’intéresse c’est la fluidité du temps ce qui ne signifie pas qu’aujourd’hui est insignifiant. Par exemple, dans un même moment, un papillon peut battre des ailes au-dessus de la mer, dans un autre endroit, une tornade peut tout dévaster, tout comme un enfant peut naître ou quelqu’un prendre la pire décision de sa vie ou la meilleure. Tout arrive en même temps et c’est ce qui est fascinant. L’album évoque à la fois la beauté et la brutalité du monde. Je suis donc ouverte aux différentes interprétations.

Pop&Shot : C’est intéressant d’avoir ta vision. J’ai hâte de réécouter l’album en ayant ton interprétation. La deuxième écoute sera différente.

Kwamie Liv : Je te remercie. Tu as le cœur assez ouvert pour diverses interprétations. J’aime ça.

Pop&Shot : Tu as vécu dans beaucoup de pays différents. Est-ce qu’il y a un pays qui a eu une influence plus forte musicalement que les autres ? Est-ce que tu penses que ces expériences ont façonné ta musique ?

Kwamie Liv : En repensant à ces endroits, je me dis qu’ils m’ont inspiré de différentes manières. Avoir l’opportunité de découvrir le monde à un si jeune âge, d’être confronté à d’autres cultures et manières de vivre a nourri ma curiosité naturelle. J’ai réalisé que peu importe où j’irai, il y aurait toujours quelqu’un qui chanterait ou écrirait sur l’amour. Le storytelling est universel

Pop&Shot : Quelle est ta chanson préférée de l’album ?

Kwamie Liv : C’est trop dur de répondre. Ça dépend des moments, des jours… Au moment où l’album sort, tu apprécies le silence. Sinon, c’est très fluctuant. Je les aime pour plein de raisons différentes et en fonction des jours.

Pop&Shot : Quelles sont ces différentes raisons ? Lesquelles écoutes-tu quand tu es joyeuse, triste …?

Kwamie Liv : Les chansons me ramènent à des moments. No one owns a sunrise, j’ai adoré l’écrire. J’aime la production, le rythme et les guitares. Du côté des paroles, c’est un rappel de l’importance de notre espace intérieur, de sa liberté et de la nécessité de le préserver. Nous devons laisser parler la petite voix en nous.

Pop&Shot : Tu as parlé de l’importance des guitares dans tes chansons ? Est-ce que c’est ton instrument principal ?

Kwamie Liv : Je joue de la guitare depuis que je suis enfant. C’est ma compagne de composition. Elle est la base de mes chansons. Je trouve également le piano magnifique.

Pop&Shot : Est-ce que tu composes seule ou en groupe ?

Kwamie Liv : J’ai co-produit l’album avec Nicolai Kornerup qui est pianiste. Les chansons que je n’ai pas composées moi-même ont été écrites avec lui, VVK8 et Mikkel Baltser Dørig. Ce sont tous des proches avec qui je travaille depuis de nombreuses années. C’est une bulle intime qui transpire dans l’album. J’avais besoin d’un processus calme et intime. Ce sont par ailleurs des musiciens très brillants.


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Nous avons rencontré dans un bar proche des Balades Sonores où ils jouaient le soir même, Merrill Garbus et Nate Brener qui composent le duo américain Tune Yards, actif depuis plus de 20 ans. Les deux sont à l’origine d’une musique home-made faite de collages et de boucles rythmiques. Ils viennent de publier « Better Dreaming », leur sixième album studio, un concentré de ce qu’ils savent faire le mieux, transcendant, énergisant et surtout arme de rébellion contre un monde et une Amérique de plus en plus injustes et liberticides.

Tune Yards - @Shervin Lainez
Tune Yards – @Shervin Lainez

Pop & Shot : Comment est-ce que vous vous sentez juste avant la parution de ce nouvel album ?

Merrill Garbus – Tune Yards : Je me sens excitée, et nerveuse à la fois. Parce qu’on est actuellement dans une période très trouble, partout dans le monde et spécialement dans notre pays. Nate m’a dit ce matin : beaucoup de choses peuvent advenir en un mois. Nerveuse par rapport à ça donc, mais heureuse de la musique et de l’album qu’on s’apprête à publier.

Ca fait aussi sens que l’on soit nerveux parce que notre précédent disque est sorti durant la pandémie, une période difficile pour les musiciens qui ont fait paraitre des albums à ce moment-là. Ca fait un peu égoïste à dire mais il y a cette peur que le monde se mette en travers de notre album, tu vois ? Mais c’est notre travail donc on espère que l’on ne sera pas trop perturbés, dans une période pleine de perturbations justement.

Pop & Shot : Vous habitez toujours aux Etats-Unis ?

Merrill Garbus – Tune Yards : Oui, en Californie.

Pop & Shot : Avant d’évoquer de ce qu’il se passe là-bas, parlons d’abord de musique. Vous en faites depuis une vingtaine d’années et votre approche est toujours restée la même. Une démarche qui relève du collage, avec des boucles rythmiques et une grande liberté dans la voix. C’est important pour vous de garder cet aspect fait-maison ?

Merrill Garbus – Tune Yards : Je crois que oui. Avec le temps, on s’est améliorés sur bien des aspects. Musicalement notamment…

Nate Brenner – Tune Yards : On est revenus là à certains des sons originaux du groupe. On a évolué d’années en années pour aujourd’hui revenir à la source de cette démarche de collage sonore. Sons DIY. Les précédents albums étaient plus produits. On a bouclé la boucle. Retour à la case départ.

Pop & Shot : Vous êtes aussi revenus à une formule en duo.

Merrill Garbus – Tune Yards : Pour cette tournée, oui, majoritairement.

Nate Brenner – Tune Yards : Mais il y a des invités sur l’album. Des amis à nous. Le guitariste du groupe Phish notamment, qui s’appelle Tray Anastasio.

Pop & Shot : Il y aussi votre fils de trois ans qui apparait sur un morceau.

Merrill Garbus – Tune Yards : A l’époque du premier album, j’étais aussi nounou. Je baby-sittais des enfants en bas-âge et j’aimais le collage de la vraie vie et de la musique. Qu’il y ait presque pas de séparation entre ces deux mondes. Aujourd’hui, étant donné que notre fils est le cœur notre vie, on a voulu lui laisser une place sur l’album. Et lui était excité de prendre le micro. Il était très impliqué. Il a écouté toutes les versions des chansons, en les jugeant ! *rires*

Pop & Shot : L’album est hyper dynamique et émotionnellement puissant. Quel a été le point de départ ?

Merrill Garbus – Tune Yards : D’abord à cause d’une deadline personnelle qu’on s’était fixés : il était temps de faire un nouvel album. Notre enfant venait de naitre…

Nate Brenner – Tune Yards : … et pourquoi on s’était fixés cette deadline ? tu ne l’as pas dit.

Merrill Garbus – Tune Yards : Parce qu’on avait besoin d’argent ? *rires*

Nate Brenner – Tune Yards : Voilà ! Après la pandémie et l’arrêt de nos concerts depuis cinq ans.

Merrill Garbus – Tune Yards : Notre compte bancaire diminuait drastiquement. Et puis c’est notre travail ! Et je dis ça dans le bon sens du terme. On a quand même fait entre temps de la musique pour une émission télé. On composait donc pour le projet d’une autre personne, le réalisateur Boots Riley, avec qui on travaille encore sur un film actuellement. J’ai eu envie de réécrire des chansons pour moi après cette expérience.

Pop & Shot : Où est-ce que vous avez enregistré ce nouvel album ?

Merrill Garbus – Tune Yards : Majoritairement dans notre studio, à Oakland. On loue un espace là-bas dans lequel on a accumulé au fur et à mesure des années beaucoup de matériel.

Pop & Shot : Cet album, peut-être encore plus que les précédents, renvoie une énergie assez joyeuse et parfois très dansante. Est-ce votre principal moyen d’expression et de combat ? Par la célébration, la vitalité et la solidarité ?

Merrill Garbus – Tune Yards : Je ne saurais pas comment faire autrement ! *rires* Mais le verbe « combattre » (fighting en anglais) a quelque chose de négatif je crois. Il s’agit plutôt de donner aux gens une vision joyeuse du future. C’est ça qui est puissant et que je souhaite transmettre : regardez, on peut être là ! Continuez comme ça ! Il est nécessaire de lutter dans les temps actuels mais il est aussi nécessaire de rendre ça attractif.

Pop & Shot : Vous êtes plutôt optimiste ou pessimiste en général ?

Nate Brenner – Tune Yards : Je suis optimiste sur le long terme et pas du tout sur le court terme. On affronte des temps très difficiles actuellement. Peut-être que l’homo sapiens va évoluer sur une nouvelle espèce. L’état actuel de l’humanité, le système actuel, ne fonctionnent clairement pas. On est devenus trop avancés, au niveau de la technologie notamment, au point de s’auto détruire. On doit trouver une balance.

Merrill Garbus – Tune Yards : Ca ne sonne pas vraiment optimiste ce que tu dis ! *rires*

Nate Brenner – Tune Yards : Non c’est vrai *rires*. Mais je pense qu’on arrivera à quelque chose un jour.

Merrill Garbus – Tune Yards : Je pense souvent aux artistes qui créent durant des périodes de guerre. La musique du Congo par exemple, est l’une des musiques les plus belles, joyeuses et dansantes. C’est des exemples comme ça qui donnent de l’espoir.

Pop & Shot : La chanson « Better Dreaming », qui donne son nom à l’album, se démarque des autres par un côté beaucoup plus calme et posé. Comment vous est-elle venue ?

Merrill Garbus – Tune Yards : En Amérique, on a cette idée du rêve américain, qui te fait croire que si tu travailles d’arrache pied, en tant qu’individu, tu grimperas les échelons et tu obtiendras ce que tu veux. Mais comme Nate l’a dit, ce modèle ne fonctionne clairement pas. L’idée de « Better Dreaming » est que nous devons changer ce rêve pour arranger les problèmes qui découlent de ce rêve. Ca fait sens ? Et on a choisi ce nom pour l’album parce qu’il a plusieurs significations, pas seulement en lien avec le rêve américain. On laisse aux personnes choisir leur interprétation.

 

Pop & Shot : La voix a une place importante dans les compositions, hyper malléable. C’est par exemple marquant sur le morceau « See You there ». Comment vous travaillez cet élément et de quelle manière elle trouve sa place dans les compositions ?

Merrill Garbus – Tune Yards : Je travaille beaucoup sur ma voix oui. C’est mon principal instrument. Je démarre toujours avec quelque chose, souvent un tempo par exemple, puis très rapidement je commence à chanter dessus. Sur « See You there », c’était justement intéressant vu que c’est quasiment un morceau a capella. Ca m’a permis de me focaliser sur ma voix.

Nate Brenner – Tune Yards : Selon moi, ce qui rend Merrill si unique et incroyable, c’est effectivement sa capacité à chanter de pleins de manières différentes, aussi bien douces que puissantes. On ne peut pas en avoir marre de sa voix tellement elle ne cesse de changer.

Pop & Shot : Vous évoquez dans l’album un besoin pour le monde en général, pour les individus, de savoir rester concentrés au sein d’une ère de distraction. Est-ce un des principaux problèmes de notre monde moderne ?

Merrill Garbus – Tune Yards : On a choisi de livrer nos vies à des grosses entreprises de tech parce qu’elles nous facilitent le quotidien. Et on persiste encore et toujours dans ce choix. En échange, ils nous volent notre attention. On est constamment dans un rapport de transaction : « je te donne mon attention si tu me donnes mon taxi quand je veux. ». On peut en sortir mais c’est compliqué. Je suis aussi là-dedans malheureusement.

Pop & Shot : La situation politique aux Etats-Unis vous fait peur ? Comment les gens réagissent ?

Merrill Garbus – Tune Yards : Oh regarde Nate, un camion poubelle français ! Notre fils adore les camions poubelles *elle prend une photo* yeaaaaaaaah *rires*

Pop & Shot : C’est dans le thème *rires*

Merrill Garbus – Tune Yards : Il y a plusieurs mouvements de mobilisation pour protester contre ce qu’il se passe. C’est très pernicieux. Ce qui m’effraie le plus, c’est qu’il n’y ait plus d’élections dans le futur. Ils travaillent vraiment là-dessus. Mais encore une fois, on en revient à cette question des transactions que j’évoquais tout à l’heure : on adore Amazon, on adore Meta, on adore ces gens qui veulent nous contrôler… La résistance doit donc se faire à l’encontre de cette nouvelle administration politique, mais aussi contre notre propre participation à ce système. Cela passe par repenser la manière dont nous voulons vivre, et quelles transactions on est prêts à abandonner.


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(Interview vidéo)  – Terrifier 3 de Damien Leone n’a rien d’un film grand public. Il n’est pas non plus mainstream. Il est extrêmement gore, violent, jusqu’au boutiste, référencé … et pourtant. Le troisième volet de la franchise qui met en scène Art le Clown a déjoué tous les pronostics. Suite à un buzz monstrueux le voilà donc premier du box office et détruisant au passage un clown pourtant bien plus connu qu’Art : le Joker. Finalement Vicky au visage déformé a bien plus de succès aux côtés de son clown démoniaque que la pauvre Harley Queen  (Lady Gaga tout de même) chantant au bras de Joaquim Phoenix. Il faut dire que le couple de Terrifier 3 personnifie à lui seul l’idée de folie à deux. Et c’est sûrement cette folie, en plus d’un buzz TikTok inattendu qui font de ce film indé sans aucune prétention un objet à voir absolument. Film après film Damien Leone, son réalisateur fou furieux, n’a de cesse de démontrer son amour dingue du genre horrifique. Pour ses Terrifier, il emprunte aux couleurs des slashers de l’âge d’or des années 80 et pousse les vices et éviscérations à leur apogée. Prends note, s’il te plait Ty West,  la trilogie X  avait tout ce qu’il fallait pour jouer des clin d’oeil à la belle et jusqu’au boutiste époque, mais sa timide réalisation, ses hors champs et sa pudeur n’auront jamais eu l’impact attendu. Ici on en est loin,  le film ose tout, toujours avec humour, recul, à coup de meurtres hyper violents mais non réalistes.

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Terrifier 3 : rencontre avec Lauren LaVera et Olga Turka

Douche sanguine pour majeurs seulement

Le bain de sang dure deux heures durant lesquelles il n’existera absolument aucune limite. D’ailleurs c’est bien pour ça que le film se verra attribuer une interdiction aux moins de 18 ans lors de sa sortie en salles. Une décision hautement contestée par le distributeur, Shadows, qui y voit une forme de censure d’un cinéma toujours décrié, souvent incompris. Une telle interdiction n’avait d’ailleurs pas été appliquée depuis le sortie de Saw 3 (celui dans lequel on peine à se rappeler ce qui se passe tellement la franchise a tourné au grand guignol dès son second opus) et même l’immense Martyrs de Pascal Laugier y avait échappé de très peu. Un film pourtant bien plus réaliste et dérangeant que l’immense montagne russe que peut être Terrifier 3. C’est peut-être cette censure qui aura fini par jouer en faveur du métrage de Leone, le sortant de son carcan de film indépendant adressé au public averti pour mieux devenir le film que l’on teste pour se prouver ses limites, pour savoir si on est capable de le regarder en intégralité. Et c’est sûrement ce jeu enfantin qui rend un métrage comme celui-ci si excellent dans son propre registre puisque toujours conscient de son statut, toujours aussi drôle que son dérangé protagoniste.

Le boogeyman ultime n’existe pas … ho wait

Art le clown y garde son côté Charlie Chaplin horrifique comme nous le confiait Olga Turka (production designer et costumes) au court d’une interview partagée aux côtés de Lauren Vega (interprète de Sienna). Notre nouvelle final girl, dont le nom sera sans nul doute aussi connue prochainement que ceux de Sidney Prescott ou encore Laurie Strode, donne un pendant angélique idéal au clown diabolique. L’actrice prend d’ailleurs le temps de parler de toutes celles qui lui ont succéder, Laurie, Sidney, Mia Allen (Evil Dead version 2013) ou encore les plus délurées des scream queens du cinéma de Rob Zombie. D’ailleurs si Terrifier s’offre un esprit cinématographique qui joue bien dans la cours de ce dernier, il pourrait tout autant être comparé à la franchise Paranormal Activity. Lui aussi, film indépendant à micro budget, créé avec le crowd founding,  lui aussi porté par un buzz et une promesse de terreur supérieure, lui aussi grimpant de façon complètement incongrue dans le box office. Si on peut souhaiter un pareil succès à Leone, il faudra aussi lui souhaiter de garder longtemps son esprit ravagé et sa volonté  à se la jouer indé hors studio pour ne jamais avoir à se plier, chercher à faire plaisir ou à se censurer. On en redemande des scène de purées, de corps découpés par les fesses, de tripes d’enfants à l’air libre, de torture avec rats ou de cryogénisation ( hello le clin d’oeil à Jason X). C’est aussi de tout cela dont on parle au cours d’un échange passionnant avec nos deux acolytes propulsées sur le devant de la scène. Des projets de suite pour le réalisateur qui sait déjà où et comment son oeuvre devra s’achever, de clin d’oeil de l’art dans l’art (et d’Art), de boogeymen mythiques, de final girls et de féminisme, de retour aux slashers à l’ancienne (la nostalgie du vintage ici est aussi dégoutante que fascinante) , de maquillage et de litres d’hémoglobine. Pour tout savoir, vous pouvez regarder la vidéo ci-dessous. Mais surtout, si vous avez le coeur bien accroché, courrez le voir au cinéma (plus vite que si Art vous courrait après). Certes, c’est toujours étrange de voir le grand public s’emparer d’un phénomène que l’on pensait adresser à un lot d’experts, mais quel plaisir de voir qu’on peut donner de la force au cinéma de genre et prouver aux salles que l’horreur n’est pas un sous genre et mérite une place centrale sur grand écran !


Terrifier 3 : Découvrez l’interview de Lauren LaVera et Olga Turka

 

 


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bill ryder jones
©Kevin Gombert

Ce 12 janvier sortait « Iechyd Da », un toast à la bonne santé par l’incroyable Bill Ryder-Jones. On est en janvier et l’artiste signe déjà ce qui restera, c’est certain, l’un des meilleurs albums de 2024. Comme toujours il signe un opus particulièrement honnête et à fleur de peau mais y ajoute une lumière qu’on ne lui connaissait pas. On a donc tout naturellement eu envie de discuter avec lui de cette pépite. C’est dans les locaux parisiens de son label, Domino, que l’on a pu le rencontrer autour d’une tasse de thé. Et il faut dire que le musicien / producteur n’hésite pas à dire tout ce qu’il pense, sans filtres, sans détours, pour parler à coeur ouvert de santé mentale, d’addiction, de création, de production, d’industrie musicale, du festival Pop & Psy, de ne pas aimer le live et même de ses pyjamas. Rencontre passionnante, humaine, d’une véracité rare.

P&S : Parlons de ton nouvel album, comment le décrirais-tu ?

Bill Ryder-Jones : Je ne sais pas si je suis doué par ça. Je dirai que ce sont les 4 dernières années de ma vie. Et toi comment tu le décrirais ?

P&S : Je dirai qu’il est plein de lumière et beaucoup plus optimiste que son prédécesseur.

Bill Ryder-Jones: C’est très vrai. Il aurait difficilement pu être moins optimiste que celui d’avant. Ce serait impressionnant non ?

P&S : (Rires) Clairement. Tu disais d’ailleurs que tu n’étais pas capable d’écrire des chansons joyeuses quand tu parlais du précédent. Ca a changé sur celui-ci ?

Bill Ryder-Jones : Je dirai que la musique est plus empreinte d’espoir. Je ne pense pas qu’elle parle de joie ou d’être joyeux. Etait-ce vraiment une décision consciente de la rendre plus lumineux ? De parler de beaux gros moments qui te font avancer ? Oui c’était vraiment ma décision.

Quand je joue sur scène mes anciennes compos ça entretient un putain de malheur

P&S : Ca vient de ce qui t’arrivait dans la vie ou était-ce la musique que tu voulais faire ?

Bill Ryder-Jones : J’ai aimé le faire mais ça ne me représente pas vraiment. J’ai pensé que ce serait simple et intéressant à jouer en live. Quand je joue sur scène mes anciennes compos ça entretient un putain de malheur. Je faisais un album avec un musicien de Liverpool, je le produisais et il avait tellement de grands moments, de beaux moments avec de grands moments de cordes et je me disais c’est la musique que j’aime, pourquoi je n’en fais pas ? Je me suis senti super con. Je pourrai faire de la musique qui me rend heureux et qui combat le malheur. Faire de la musique pleine d’espoir.

P&S : C’est pour ça qu’on entend des chants d’enfants sur l’album ? Le rendre encore plus joyeux ?

Bill Ryder-Jones : Oui, tu peux pas entendre un gosse chanter sans sourire. C’est un son heureux. Ce ne sont pas juste les instruments mais les choix qu’on fait. Et leurs voix répondent à cette envie plus que certains instruments.

P&S : C’est aussi, comme tu le disais, l’album le plus produit que tu as fait. En tant que producteur, qu’est-ce que ça a signifié pour toi ?

Bill Ryder-Jones : Il y a beaucoup plus d’informations et d’instruments sur cet album. Il y a des morceaux qui n’ont pas de vrais couplets juste 3 sections, c’est très différent de celui d’avant. Je travaillais sur mes chansons toute la journée, les écoutais le soir, prenais des notes, rentrais chez moi j’écrivais encore plus. Il y a beaucoup d’edits sur chaque chanson. Tout a été ré-écrit plusieurs fois, les rythmiques par exemple. La production est la majorité de l’album. L’écriture a pris du temps mais n’a pas été difficile. Je me suis senti beaucoup à l’aise à le produire. Et c’est aussi l’album qui m’a pris le plus de temps.

D’autres fois tu te dis « Putain je déteste la musique, je veux me mettre au lit et jouer sur ma Playstation. »

P&S : Tu as pris combien de temps sur l’écriture ?

Bill Ryder-Jones : Comme beaucoup de gens avec le covid, je ne sais pas où est passé le temps. Je n’en ai pas la moindre putain d’idée. Je sais que j’ai écrit trois chansons pendant la première semaine du confinement. J’en ai écrit sur mon ex, et puis on a rompu alors je ne voulais pas sortir l’album parce que beaucoup de morceaux étaient à son sujet. J’ai écrit sur d’autres choses et puis on s’est remis ensemble. J’en ai écrit d’autres sur elle. Et puis finalement on a vraiment rompu. J’ai fait une dépression et j’ai dû prendre du temps loin du travail. Je ne saurai pas dire quand ces différents moments ont eu lieu. C’est ce que je fais, j’écris quelques morceaux, je laisse passer le temps. Puis le reste du temps, j’essaie de finir des choses qui je sais, ne seront pas assez bonnes, mais j’essaie de rester dans le processus. Mais bout à bout ça a dû prendre 2 ou 3 ans. Période pendant laquelle j’ai produit des albums pour d’autres. Quand tu produits pour les autres, à un moment donné tu veux aller en studio pour toi-même. Et d’autres fois tu te dis « Putain je déteste la musique, je veux me mettre au lit et jouer sur ma Playstation. » Donc ça prend du temps.

P&S : Le premier single de l’album était « This Can’t Go On », un morceau excellent, que j’ai adoré. Quelle est son histoire ?

Bill Ryder-Jones : Merci ! C’était après une très grosse dispute avec mon ex partenaire durant, je crois, le second confinement. Il parle de mes crises de panique et de comment je gère mes flashbacks émotionnels. Mon agoraphobie s’était empiré, j’étais devenu dépendant du Valium et je buvais beaucoup trop. Je suis allé marcher derrière ma maison. Il était 4 heures du matin et j’ai dû sortir de ma maison parce que les choses étaient si horribles, je n’en pouvais plus. J’étais au bord de la falaise à me demander ce qui était en train de se putain de passer, ce qu’était ma vie, comment j’en étais arrivé là. Et en parlant aux gens, en écoutant des conseils, il m’ont dit ‘tu devrais sortir plus tu sais ‘ (rires). Mais je suis agoraphobe … Les gens bien intentionnés te disent des choses parfois. Genre ‘ tu devrais faire du sport’ ‘ tu devrais moins boire tu sais …’ ‘prends l’air frais, bois de l’eau’ … toutes ces choses qui évidemment aident, mais qui sont impossibles à atteindre pour certaines personnes.

La musique est le grand guérisseur de ma vie.

P&S : Justement tu parles beaucoup de santé mentale. Beaucoup de gens ont dit que ça les a aidé de te voir en parler aussi honnêtement. Comment penses-tu que la musique aide et inspire les gens en détresse ?

Bill Ryder-Jones : On sait tous que la musique aide. La musique est le grand guérisseur de ma vie. Du moins elle fait quelque chose d’identifiable, elle te calme et te fait penser que tu as ta place ici. Elle m’aide moi donc je pense qu’elle aide d’autres personnes. C’est pour ça que c’est difficile de ne pas éprouver de la haine pour d’autres musiciens qui ne sont pas de bons modèles. Qui prennent par exemple de la cocaïne et qui amusent les gens avec ça. Qui ils aident putain ? Ils doivent aider certaines personnes.

Les gens qui font de la musique sont souvent assez dérangés tu sais…

P&S : On parle de plus en plus de santé mentale dans l’industrie de la musique, c’est du moins vrai en France et j’imagine aussi pour vous. Depuis tes débuts, est-ce que tu vois que ce dialogue a vraiment changé les choses ?

Bill Ryder-Jones : Oui. J’ai commencé quand j’avais 16 ans en 2000. Et mes problèmes ont commencé en 2004. Ca ne change pas assez vite. Je pense qu’il n’y a pas assez de personnes dans l’industrie qui en ont vraiment quelque chose à foutre. Ceux qui en ont quelque chose à foutre de la santé mentale sont ceux qui ne sont pas au sommet du succès. Genre si tu vis de la musique mais tu n’es pas vraiment de l’industrie. Les gros labels font semblant que ça les intéresse mais c’est probablement faux. Le bon boulot est fait par des associations. C’est toujours vraiment affreux ce qui se passe dans l’industrie. Mais les choses s’améliorent grâce à une conscience sociale qui est une réflexion du monde extérieur. Et ça a besoin d’aller encore mieux. L’industrie ne sera jamais entièrement vidée des problèmes de santé mentale et de personnes qui ne peuvent pas s’aider elles-mêmes. Les gens qui font de la musique sont souvent assez dérangés tu sais (rires). Ces gens ne peuvent pas et ne seront pas aidés mais on ne peut pas toujours blâmer l’industrie pour ça. Mais oui on sent le changement.

P&S : En France on a même un festival dédié à ce sujet. Il s’appelle Pop & Psy. Vous avez ce genre d’initiatives au Royaume-Unis ?

Bill Ryder-Jones : C’est génial. Je ne suis pas toujours très au courant de ce qui se passe mais j’imagine honnêtement que si on avait ce genre de choses en Angleterre, on m’appellerait pour y jouer (rires). Mais c’est une bonne chose que ça existe ici. Les personnes plus jeunes avec lesquelles je travaille on l’air de mieux accepter leurs problèmes. Ils les comprennent plus tôt.

P&S : Le titre de ton album parle d’aller mieux d’ailleurs …

Bill Ryder-Jones : Ca veut dire bonne santé. C’est un toast à la bonne santé si on le traduit bien. Pour quand tu bois un verre. J’aime la manière dont ça sonne quand on le dit. C’est sûrement la phrase que je dis le plus. L’album n’a pas de thème central autre que l’espoir. Je ne voulais pas l’appeler « Espoir » parce que c’est de la merde (rires) mais c’est une bonne façon de dire la même chose. J’allais beaucoup au Pays-de-Galle quand j’étais gosse, c’est tout à côté, ça ressemble beaucoup à là d’où je viens mais la langue est complètement différente, sonne si différemment. Le titre m’est venu très tôt tout comme la pochette, quelques mois avant le mixe. Je savais l’identité que je voulais donner à l’album. Mais pas ce qui donnerait de l’intérêt aux gens. C’est à ça que sert le titre selon moi.

P&S : En parlant de là où tu viens, tu parles aussi de la mer sur l’album qui fait partie intégrante de là où tu viens.

Bill Ryder-Jones : C’est vrai. Mais ce ne sont pas mes mots, ce sont ceux de James Joyce. Ils allaient très bien sur le morceau que j’ai composé. Je faisais beaucoup plus de références à la mer sur mes anciens albums.

Je n’écris pas sur ce qui se passe dans le Monde, juste sur la mer.

P&S : Tu en as beaucoup écris dessus ?

Bill Ryder-Jones : Oui je suis juste paresseux. Je n’ai qu’à regarder par la fenêtre et la mer est partout. Je n’écris pas sur ce qui se passe dans le Monde, juste sur la mer.

P&S : Et comment tu te sens de jouer cet album sur scène ?

Bill Ryder-Jones : Plus excité que je ne l’ai jamais été. C’est plus calme dans le sens, il y a mois de grosses guitares, j’ai une violoniste avec moi. Et c’est super. J’ai vu d’anciennes performances à moi sur Instagram et je me sens mauvais j’en fais trop. Là je vais pouvoir être plus calme et je préfère ces morceaux. Et je pense que les gens les aime. Je n’ai jamais adoré le live mais c’est la meilleure façon d’en faire.

C’est là où est l’argent, pour l’instant le concert donc il faut bien en faire.

P&S : Tu as dit que tu n’aimes pas les gros concerts sauf si tu ne joues pas pour toi-même.

Bill Ryder-Jones : Je ne les aime jamais. J’ai joué à Londres et fais un Q&A, il y avait 40 personnes et j’avais quand même peur. C’est là où est l’argent, pour l’instant le concert donc il faut bien en faire.

P&S : Tu préfères créer la musique que de tourner pour la jouer ?

Bill Ryder-Jones : Oui enfin je peux tenir 15 jours, 20 jours. Enfin c’est quand même horrible (rires)

P&S : D’ailleurs en parlant promo, les photos que tu as mis pour annoncer ta tournée sur Instagram sont prises dans ta chambre. C’est pour dire que c’est de la bedroom pop ?

Bill Ryder-Jones : Ho oui elles (rires). Je passe beaucoup de temps au lit, c’est un bon endroit pour écrire. J’ai oublié que le photographe devait venir à vrai dire. ( rires) Je sais pas pourquoi je lui ai dis de venir à 11 heures 30 alors que je ne me lève jamais avant midi donc je l’ai laissé entrer. J’ai juste enfilé un truc rapidement. Je suis content du rendu parce que j’ai souvent la flemme de faire ce genre de choses. Et là, ça a ce côté un peu amusant et c’est bon de l’être, de ne pas se prendre au sérieux.

P&S : C’est aussi très honnête comme ta musique que tu as toujours voulu très honnête.

Bill Ryder-Jones : Et puis j’adore ce pyjamas. C’est ma mère qui me l’a acheté. Le haut et le bas assortis comme un gentleman anglais. Je portais un chapeau comme à noël. J’ai 39 ans et je suis encore fan de pyjamas.

bill ryder jones
©Kevin Gombert
P&S : Tu dis que tu essaies toujours de faire des albums accessibles, que tu n’y arrives pas et qu’au final ils sont plutôt honnêtes. C’est le cas cette fois ?

Bill Ryder-Jones : Je n’ai même pas essayé de le rendre accessible cette fois. Je me rends compte que c’est une idée inutile que d’essayer ça. This can’t go on prouve ça. Il ne devait pas être un single pour la radio. Et finalement la radio l’a pris et c’est un grand pas pour moi. C’est aussi honnête que je peux l’être. Et pourtant les gens ont l’air de l’aimer plus que n’importe quel morceau que j’ai écrit. Quand on parle de suicide il faut faire très attention à ce qu’on dit, la musique a un tel pouvoir sur les gens. Je ne voudrai pas pousser les gens. Je voulais que ce soit quelque chose de doux et d’aimant sur ce qui se passe quand on perd quelqu’un de cette façon.

Bill Ryder-Jones sera en concert en France, le 28 mars à la Maroquinerie de Paris.


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