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Julia Escudero

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Lorsque l’on rencontre Naya, ce que l’on voit c’est avant tout une jeune fille douce et passionnée. Passionnée de musique et de ses aînées, des Beatles et du rock anglais, de New-York et de rencontres humaines.

Dans les locaux parisiens de Sony où la team Pop & Shot la rencontrait, Naya se confiait lors d’une interview qui évoquait son premier EP “Blossom” annonciateur d’un premier album à paraître au printemps 2018. Si blossom veut dire fleurir en anglais, c’est bien ce qui arrive à notre ancienne concurrente de “The Voice Kids”. Puisque passés les sourires, les blagues et les conversations enflammées, lorsque Naya se met à chanter c’est au tour de l’émerveillement et de la stupéfaction de prendre place. Avec un timbre digne de Nora Jones, la jeune fille livre un morceau pop puissant qui a tout d’un super hit.Session Live Naya pour la sortie de son EP Blossom

Vous ne me croyez pas? Jugez-en en écoutant cette version acoustique de son premier single qui l’emmènera un jour, on lui souhaite à l’Olympia, Girl on the Moon”.

 

Girl on the Moon – Naya en Session acoustique 

 

 

le groupe Her

Ceux qui ont assisté aux concerts de Her avaient déjà entendu cet hymne fin, puissant et raffiné. C’est en effet ce dernier que le groupe de Victor Solf utilise pour ouvrir ses spectacles. Aujourd’hui “We Choose” a officiellement été intronisé par la formation qui en fait le premier single extrait de son premier album à paraître le 30 mars 2018, “Her”.

Le morceau en lui-même traite de la dissolution des Popopops, le premier groupe ayant uni Victor Solf et Simon Carpentier, les deux moitiés de Her. Pourtant la disparition de Simon, des suites d’un cancer à seulement 27 ans, donne au texte un tout nouveau sens. Il y est question de force de continuer et de foie en l’avenir. Des notions qui aujourd’hui résonnent avec force.

Comme l’explique Victor via son compte Instagram, “We choose” est en outre le premier morceau co-écrit par le duo. Si le sortir seul était un véritable challenge pour lui, il voulait néanmoins rendre un bel hommage à son ami. C’est chose faite.

Côté clip, Her ne déçoit pas en illustrant son titre white soul avec élégance. On y retrouve le chanteur dans une vidéo poétique en noir et blanc où les mouvements du corps se fondent dans un décors d’une beauté froide. Un moment intense et sublime tout comme la musique crée par un duo dont la puissance musicale est intemporelle.

Découvrez le sans plus attendre.

 

A noter que Her s’offrira une tournée française à compter du mois de mars 2018. Point d’orgue de cette dernière: un Olympia de Paris le 25 avril. Il sera également possible de venir les applaudir Rennes, Grenoble, Nancy ou encore La Rochelle.

Retrouvez notre report de Rock en Seine 2018, le premier concert de Her suite au décès de Simon.

Feu! Chatterton en live
larmichettes et cœurs dans les yeux pendant le concert de Feu!

C’est avec un premier album poétique, « Ici le jour (a tout enseveli) »,  que Feu! Chatterton avait conquis la France. La faute à beaucoup trop de talent et des capacités scéniques bluffantes. De quoi lâcher une larmichette si on est bien dedans- si si vraiment alors que mettons nous d’accord, on ne passe pas nos vies à pleurer à chaque ballade balancée en concert- Merci d’arrêter de faire semblant à la « Nouvelle Star » et « The Voice » c’est gênant.

Fin 2017 après 18 mois de travail sur le second album, le combo propose d’en découvrir un premier extrait intitulé « Souvenir ».

“Aujourd’hui c’est un Souvenir imagé qu’on partage avec vous. Quelque chose qui s’en va mais baigné de lumière. Et qui maintenant vous appartient” commentait le groupe sur son Facebook avant d’en proposer la vidéo.

Ce clip réalisé par « notre ami Antoine Marie » joue sur un grain d’image vieilli. La nostalgie s’empare immédiatement de celui qui regarde alors qu’il se retrouve bercé par une douce mélancolie.

Vous pouvez la découvrir ci-dessous.

 

Le nouvel album, dont la date n’a pas encore été communiquée, a déjà été teasé par sa maison de disques, Barclay. Selon eux il « ajoutera la beauté des souvenirs captifs aux histoires nautiques et mexicaines des jeunes parisiens ». Tout un programme!

 

Retrouvez notre report du live de Feu! Chatterton à l’Olympia ici!

affiche handmaid's tale
affiche la servante écarlate
Je sais, je sais, un article sur “Handmaid’s Tale” si tard? Alors qu’on en a déjà parlé? Alors qu’à l’heure d’internet il faut aller vite, plus vite encore plus vite! Je suis en retard. Ou pas. En parlant de la série diffusée sur Hulu à mon entourage, j’ai découvert que nombreux étaient ceux à ne pas en avoir entendu parlé et à être passé à côté. Finalement malgré Internet tout le monde ne sait toujours pas tout ( et pas forcément tout de suite). Or une oeuvre aussi riche qu'”Handmaid’s Tale” mérite d’ être digérée pour mieux en parler avant d’installer le débat et la réflexion. Voilà pourquoi trop tôt ou trop tard, il est important de la conseiller.

 

Cet article a été rédigé sans spoilers!

Mais déjà “Handmaid’s Tale” qu’est-ce que c’est?

“La servante écarlate” en français est une série américaine crée par Bruce Miller et diffusée depuis avril 2017 depuis la plateforme Hulu. Elle est l’adaptation du roman de Margaret Atwood publié en 1985.
 

De quoi ça parle?

Dans un futur proche, la pollution a entraîné une baisse dramatique des naissances et a fait chuté la fertilité. Un groupuscule d’extrémistes religieux fondamentalistes qui prend ses racines dans l’ancien testament, les Fils de Jacob, ont profité de la situation pour prendre le pouvoir. Suite à un coup d’état, les Etats-Unis ne sont plus. A la place est née la république de Gilead. Là les homosexuels, les penseurs, les médecins, les prêtes et les révolutionnaires sont pendus sur la place publique. Là, les femmes ont été démise de leur citoyenneté. Elles ne peuvent occuper que quatre places dans la société: les épouses (femmes de dirigeants), les  Martha (qui s’occupent de la maison) et les servantes en rouge (les femmes fertiles qui ont l’obligation de procréer avec le maître de la maison) qui sont entourées par les tantes.
Là vit June, l’héroïne de notre histoire, elle même servante et enlevée à son mari et à sa fille pour servir. Là commence la lutte pour survivre de celle qu’on nomme maintenant Defred ( puisqu’elle appartient au commandant Fred Waterford)…

 

 

scène de la cérémonie Handmaid's tale
“la cérémonie”

 

 

Donc finalement “Handmaid’s Tale” c’est encore une dystopie?

Impossible de répondre à cela par la négative. Il est vrai que de la dystopie on a mangé depuis qu’“Hunger Games” a battu des records aux box offices et que “Divergente” n’a fait qu’accentuer la tendance. Ces mises en garde contre le totalitarisme font pourtant office de métrages Disney en comparaison de la puissance avec laquelle est martelé le message de la “Servante écarlate”. Puisque, bien loin de s’adresser à un public adolescent, c’est ici les adultes qui sont visés. Attention, il n’y a pas d’âge pour commencer à réfléchir et si tant est qu’on ait le cœur bien accroché alors on peut commencer la série très jeune.

 

En effet, un épisode, un seul suffit à vous mettre en PLS. La couleur y est instantanément donnée à grand renforts d’images choquantes.

 

J’ai toujours été une grande partisane de l’utilisation de la violence dans l’art ( et uniquement dans l’art) pour marquer les esprits et défendre une idée. Au cinéma cette dernière dérange et choque. Un esprit dérangé est un esprit qui se souvient et parfois qui pense ( coucou “Dark Touch” qui réussissait savamment à mélanger violence et sentiments pour parler de l’inceste et que tu peux retrouver dans notre sélection de 31 films d’horreur à voir). Ici un premier épisode suffit à instaurer un malaise qui tord le ventre: viol, dépersonnification- l’héroïne porte le nom de son propriétaire-, mutilation -les femmes qui lisent ont la main coupées, celle qui se rebellent,  l’œil arraché -, pendaison, rien n’est épargné au spectateur qui révolté dans son fauteuil subit, comme les femmes de Gilead, l’atrocité d’une dictature.

 

D’accord on encaisse mais tout ça pour dire quoi?

 

 

 
Déjà en premier lieu, la réponse évidente: pour parler des droits des femmes. Aujourd’hui, bien loin d’être tabou, le féminisme est sur toutes les lèvres. Certaines pour garder les clichés “les féministes ces chiennes de garde”, d’autres pour plaider pour  l’égalité. Le débat est tellement présent que bien au delà du hashtag #balancetonporc et autre #metoo, le féminisme devient un slogan de tee-shirts ( si si vraiment). Au milieu de tout ça, des sujets dont il faut parler et de la déformation qui en est faite du fait d’être reprise en masse par la dictature de l’opinion ( le bon avis de tout le monde sur les réseaux sociaux) le débat est-il toujours d’actualité?

 

Toujours, l’avortement en 2017 reste un sujet contesté: de Trump à la Pologne en passant par des associations de lutte contre l’IVG comme les Survivants,les exemples sont nombreux. Dans la série, la devoir de concevoir est abordé. C’est bien ce que dit Fred à June: “En concevant vous faites ce pourquoi vous avez été conçue”.

 

Plus encore, le statut de la femme pose encore problème dans le Monde. Le Malawi à titre d’exemple possède encore des camps d’ “initiation sexuelle” pour fillettes comme le dépeignait un reportage signé Le Monde en juillet 2017.  En Inde en 2012 le viol collectif d’une jeune fille de 23 ans, Jyoti Singh, dans un bus provoquait une prise de conscience massive dans son pays. Sans pour autant convaincre la totalité de la population. L’égalité hommes/ femmes et un débat qui concerne tout le monde. “La servante écarlate” est une façon comme une autre d’entrer dans le débat, de parler autours de soit de ces problématiques, de s’enrichir des opinions de chacun.
C’est à ça que sert l’art après tout. Parler, réfléchir, débattre.

 

A l’instar d’un “New-York unité spécial” ( ne riez pas) très encré dans les problématiques actuelles ( impact médiatique sur une affaire de viol, anti-vaccination, viols en université). Notre “Handmaid’s Tale” pousse à s’interroger à la fin de chaque épisode  sur ce qui est tolérable ou non. Où les dérives commencent-elles? Nous rendons-nous compte des dangers constants qui s’opposent à la liberté ( d’agir? de penser?)

 

C’est bien un miroir qui nous est tendu lorsque les flash back nous permettent de découvrir l’avant coup d’état. Les protagonistes ne voient pas de dangers lorsque des mesures liberticides sont prises suite à une attaque terroriste, ils pensent encore pouvoir agir lorsque les femmes sont déchues de leur droit à travailler, ils comprennent sans comprendre la folie qui s’empare des femmes incapables de concevoir ou donnant naissance à un enfant qui ne vivra que quelques heures.
la servante écarlate Handmaid's tale
extrait de la série “Handmaid’s Tale”

 

Loin de s’arrêter à la question de la place de la femme, ici représentée par des personnages forts et pourtant asservis, la série pose également la question de l’extrémisme religieux et de la dictature.

 

L’occasion de peser la chance qu’on peut avoir à vivre dans un pays libre et de ne pas oublier à quel point cela est précieux. La démocratie est un équilibre. Il semblerait que la question de la révolte des foules se pose régulièrement d’ailleurs dans le monde des débats virtuels. Sur Twitter, je lisais qu’un internaute s’interrogeait sur les esclaves en Lybie. Pourquoi ne se révoltent-ils pas? ” Personne ne les force à être esclaves” écrivait-il. Sans entrer dans un débat sociétal précis, “La servante écarlate” se pose cette même question. Est-il possible de se révolter? Quels en seraient alors les conséquences? Comment cela pourrait-il être faisable de se taire? Nous qui sommes habitués à nous exprimer.

 

Hollywood et ses consœurs ont habitué le public à des héros forts, capables de se sortir de tout. “Handmaid’s Tale” prend le pli de parler de personnages vrais. Les femmes modernes, les grandes gueules, les mêmes qui cherchaient des dates sur Tinder avant la dictature, les mêmes qui étaient indépendantes, aujourd’hui n’ont plus qu’un but: survivre. Survivre même passivement. June, l’héroïne, le dit dans un épisode:”J’aurai aimé que cette histoire me montre sous un meilleur jour”.

 

Mais elle n’est pas le seul visage des hommes et des femmes de Gilead. Serena Waterford, la femme du commandant fait partie de ceux qui étaient pour la révolte. Ancienne auteure, elle incitait les femmes à reprendre une place plus traditionnelle au sein du foyer. Aujourd’hui privée de ses libertés au nom d’idéaux qu’elle défendait, la voilà forcée d’adopter une nouvelle posture. Quels seront alors ses choix, ses positions?  Quelle position son mari adoptera-t-il face à elle?
 

 

Celui qui fait parti des bourreau l’est-il uniquement?
Tant de personnages gris à appréhender et à comprendre qui se dessinent loin des clichés des super-héros traditionnels.

 

Spectateurs au cœur bien accrochés, capables d’empathie et de supporter la violence, physique et psychologique à l’écran, ne manquez pas cette perle.

 

 


Et la suite?

 

Pour ceux qui ont déjà fini la saison 1, sachez également qu’une saison 2 se prépare. En effet après les huit Emmy Awards reçus par la série en septembre 2017, impossible de ne pas souhaiter poursuivre l’aventure pour la production. Lâchant par la même occasion le roman de Margaret Atwood, qui ne lui a pas écrit de suite, le show reviendra sur vos écrans en avril 2018.

 

En attendant et pour patienter, sachez qu’un autre roman de la même auteure “Alias Grace” vient également d’être adapté pour le petit écran. Si l’on en croit la critique injustices et pistes de réflexions devraient à nouveau être réunies.
De quoi poursuivre le débat…

 

Pour aller plus loin, on te parle ici des méchants de séries TV les plus bad ass.