Greener Grass: comédie absurde et housewives very desperates à l’Etrange festival

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L’ Etrange Festival a posé ses valises au forum des images de Paris pour faire la part belle au cinéma de genre mais pas que. L’un de plus étranges films de cette édition 2019 n’est autre qu’une comédie complètement barrée « Greener Grass » de Jocelyn DeBoer et Dawn Luebbe. Le duo féminin adapte ainsi son court-métrage du même nom pour en faire l’une des comédies les plus décalées que l’on aie vu ces dernières années.

 

Greener Grass de quoi ça parle?

Jill et Lisa vivent dans un quartier de banlieue idyllique. Lorsque Jill, dans un geste altruiste, offre son nouveau-né à Lisa, la paranoïa la submerge, tandis que ses peurs et ses angoisses se dénouent rapidement.

 

Greener Grass: est-ce que c’est bien?

 

Quelques secondes suffisent au métrage pour mettre les spectateurs dans l’ambiance loufoque de cette banlieue américaine propre et lissée où chaque défaut d’une société ultra-normée est décuplé. Les deux réalisatrices prêtent ainsi leurs traits à leurs personnages principaux. Sur un filtre ultra-coloré et un grain année 80, nos deux housewives offrent un dialogue aussi absurde qu’un roman de Boris Vian. Nombreux sont ceux à se frotter à la comédie à s’y casser les dents: Greener Grass n’est pas de ceux-là, elle réussit où d’autres échouent à être réellement drôle et décalée, à s’offrir le luxe d’être un OVNI complet. Un prix reçu au festival de Sundance vient d’ailleurs prouver ce point.

Le film pousse tous ces propos à leur paroxysme. Qu’est-ce que la norme dans une banlieue américaine? Et bien c’est ce que les autres estiment être normal semble répondre les réalisatrices qui se jouent des apparences. On y suit Jill, qui après avoir donné sa petite fille perd doucement pieds. Sa descente aux enfers et à contre-pied de Lisa qui elle profite des défaites de sa voisine pour gravir les échelons et devenir la « housewife » la plus en vue du quartier.

Le film a été comparé à du David Lynch par différents médias lors de ses précédentes projections. Difficile d’aller à leur encontre. Cette oeuvre complexe n’épargne en effet rien au spectateur qui assiste au scènes les plus incroyables gérées pourtant par les protagonistes comme quelque chose d’absolument normal. D’un enfant qui se transforme en chien pour le plus grand plaisir de son père, au divorce parce que les copines pensent que ça peut être une bonne idée en passant par un transport uniquement en voiturettes de golf, un bébé ballon et un vomi socialement acceptable, le fantastique côtoie de près cette oeuvre aussi acide que pastelle.

La télévision nocive pour les enfants y est pointée du doigt tout comme la bêtise accablante de certains programmes proposés sur petits écrans, tout y est moqué. Et qu’importe toutes les bonnes intentions que l’on aura l’important étant d’être bien jugé par son voisinage, de mettre le bon nombre de couches dans les plats que l’on cuisine, de ne pas être humilié par ses enfants et d’avoir l’air européen.

A tout moment nos anti-héros gardent un sourire qui ne décolle jamais de leur visage et arborent un appareil dentaire. C’est le cas de tous les adultes qui ne se comportent pas mieux qu’une bande d’adolescents, qui cherchent à se parfaire et qui s’imitent sans cesse.  C’est d’ailleurs sur ce plan de sourire forcé et d’appareil dentaire que s’ouvre ce métrage à tiroirs dont chaque scène pourrait être un sketch savamment écrit.

Face à une histoire de cette acabit, il n’y a rien d’étonnant à retrouver au casting D’Arcy Carden, drôlissime Janet de The Good Place en maîtresse d’école baptisée Miss Human. Tout comme Janet, ce personnage ne perd jamais son sourire et semble proposer d’éduquer les enfants par des biais moins bienveillants qu’il ne le faudrait.

Greener Grass n’est également pas sans rappeler Black Mirror et son épisode « Chute Libre » où Lassie se voit dégringoler à toute vitesse les échelons sociales suite à de mauvaises notes sur son comportement. Dans sa trame narrative du moins puisque le film dénonce une société aussi absurde que ses scènes et non les dangers des nouvelles technologies.

Difficile de trop en dire sans risquer de spoiler les éléments clés de ce film profondément drôle, déroutant et à voir absolument.

Une sortie américaine est déjà prévue le 18 octobre, en France, comme toujours, la question d’une sortie en salles obscures reste encore un mystère.

 

L’Etrange Festival se clôturera le 15 septembre 2019, rendez-vous au Forum des Images.

Découvrez le trailer de Greener Grass

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