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Festival d’Avignon

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C’est un coup de grâce qui a parfait la clôture du festival d’Avignon 2026. Pour la première fois en quatre-vingts éditions, un spectacle de cirque était présenté dans la cour d’honneur du Palais des papes. Cette programmation audacieuse et symbolique a pourtant toute sa place dans le festival imaginé par Jean Vilar dans un projet de démocratisation de la culture. Car il n’y a rien de plus beau et de plus propice que le cirque pour conjuguer les arts, les émotions et les publics. Ainsi, le collectif XY a investi l’emblématique scène de ses vingt-trois artistes pour proposer un moment suspendu.

@Christophe Raynaud de Lage

AU SEUIL DE L’EFFONDREMENT

Jonché de portés acrobatiques impressionnants, ce spectacle fragile et humble est porté par des circassien·nes d’une immense sensibilité. Sur un plateau nu, les colonnes humaines se font et se défont au gré de chutes dansées et de sauts virevoltants. Interrogeant la fragilité de nos sociétés et de notre environnement, le collectif XY construit des images marquantes d’une beauté et d’une tendresse folle. Sur le pas d’une société qui évolue, qui se meut de rencontres et d’individus, ce spectacle met en jeu la place de l’individu au sein du groupe.

@Christophe Raynaud de Lage

FRAGILITÉ ACROBATIQUE

À cette performance extrêmement touchante s’est ajouté un moment hors du temps. Alors que les deux-milles spectateurices, leur âme d’enfant retrouvée, retiennent leur souffle à chaque acrobatie réalisée, on entend des « wow » et des rires au sein de cette foule habituellement très disciplinée. Puis vers la fin de la représentation, un porté est râté et un des artistes chute. Tout en douceur, celui-ci s’y est repris à trois fois, avant que la cour d’honneur explose de joie et mette fin à son apnée. Cette fragilité, cette imperfection, cette vulnérabilité, c’est peut-être ce qu’il y avait de plus beau à montrer en cette édition placée sous le signe du doute et de la question. Dans un art où beaucoup se joue sur la performance et l’ampleur des cascades, ces ratés et cette résilience sont une immense leçon d’art et de sensibilité qui ont profondément ému les spectateurices du festival, toustes immédiatement debout au noir final.

@Christophe Raynaud de Lage

UN THÉÂTRE BRÛLANT

Le collectif XY, comme la presque totalité des compagnies que nous avons vues durant le festival, a prolongé son spectacle d’un mot politique sur les baisses des subventions à la culture. Car la réalité du festival d’Avignon est aussi celle-ci, dans un milieu précarisé qui voit ses budgets amputés de millions d’euro, le spectacle vivant est extrêmement fragile. Ainsi, rien ne garantit que les prochaines éditions puissent avoir lieu dans les mêmes conditions, ou simplement lieu. L’appel de l’ensemble des artistes présent·es sur le festival est simple : allouer 1% du budget de l’État à la culture. Sans cela, ce sont des milliers d’emplois et de vies qui disparaissent, des milliers de rendez-vous artistiques et collectifs qui meurent à petit feu. Alors, si chaque spectacle semblait jouer sur la pointe des pieds, au pas du monde, craignant la falaise du fascisme, c’est parce que la peur est réelle est concrète. Nous garderons en tête une dernière image au palais des papes, cri doux-amer d’un monde naviguant à l’aveugle : deux-mille personnes silencieuses et attentives écoutant le collectif XY chanter a capella dans le majestueux théâtre pour défendre que, « jamais, on n’arrêtera un peuple qui chante ».


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Olivier Maillet - 35 Minutes
Crédits photo : Simone Perolari

Trois ans après sa mort, Olivier Maillet monte sur la petite scène de l’Essaïon pour présenter ce qu’il aime appeler « son autobiographie posthume ».  Après avoir survécu à un arrêt cardiaque en 2019, le comédien se confie avec humour et légèreté sur le jour où il a vu la mort en face. Il présentera de nouveau son spectacle lors du Festival OFF d’Avignon à partir du 7 Juillet 2022 dans la salle de la Luna. 

Olivier Maillet est mort, vive Olivier Maillet.

Olivier Maillet est comédien, auteur, chanteur, prof de théâtre, metteur en scène. Bref, il est plein de choses. Mais ce qui le singularise un peu, je dis bien un peu, c’est qu’il a claqué une bise à la mort et en est revenu. Vivant.

Le 4 Juin 2019, à 50 ans, le comédien se retrouve à l’Hôpital Bichat en service réanimation. Victime d’un arrêt cardio-respiratoire, son cœur s’arrête pendant 35 minutes. Les médecins, disons-le, ne sont pas spécialement optimistes pour son cas. Même s’il revient, ce sera dans quel état? Seul 0,1% des victimes de ce genre d’attaques en ressortent indemnes. Et lui, il fait partie de ce petit pourcentage. Après des mois de réanimation, d’hallucinations, de coma, de rééducation, Olivier Maillet – Super Maillet comme il aimait se présenter enfant – sort de l’hôpital. Relativement indemne, il décide de raconter son plus long voyage dans un spectacle, 35 Minutes. 

Rendez-vous en terre inconnue

Il est 19h quand on entre dans la petite salle de l’Essaïon située en plein cœur du Marais, dans  le 4ème arrondissement. Cette cave aménagée en théâtre est pittoresque. Les vieilles pierres, typiques du 4ème, se croisent, s’empilent, entourent la scène et le public. Le peu de luminosité rend le cadre encore plus intimiste, l’odeur d’humidité aussi.

Olivier Maillet arrive sur scène. Il n’y monte pas puisque la scène n’a pas d’estrade, à hauteur du public. Les bruitages d’hôpitaux, de bips-bips incessants, de pas précipités, de voix alarmées et d’appels téléphoniques catastrophés rythment son entrée. Illusion comique plutôt tragique.

Crédits photo : Simone Perolari

Aède accordéonné

Il récite ensuite – non, il vit- son texte, savamment écrit. Cette expérience est une épopée et il l’a rédigée comme telle. Cette épopée mêle comédie, tragédie et burlesque d’une manière touchante, émouvante. L’auto-dérision et le recul dont fait preuve le comédien à l’égard d’un sujet aussi lourd sont admirables, pouvant sûrement choquer certains spectateurs peu sûrs de ce qu’ils étaient venus voir.

Mais comme le dira lui-même l’auteur à la sortie du spectacle, dans la brasserie du Chat Zen, rue Saint-Merri: « J’aime le mélange des genres, surtout des mauvais genres ».

Son spectacle se termine en musique, avec une chanson de Jacques Higelin, jouée à l’accordéon.

En dire plus sur le contenu de la pièce serait gâcher le plaisir de la découverte de futurs spectateurs. Olivier Maillet se produit tous les lundis et les mardis à l’Essaïon, jusqu’au 28 Juin et à partir du 7 Juillet au Festival d’Avignon OFF.


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