Tag

diego philips

Browsing

Durant les plusieurs jours et semaines de post-confinement, quoi de mieux pour nous accompagner en cette période de réadaptation qu’une œuvre capable de nous reconnecter au monde ? Le nouveau projet de Diego Philips et son groupe, un premier album nommé « Tides », se propose d’assurer ce rôle, non pas tant qu’il ait été créé dans ce but, mais plutôt du fait qu’il soit sorti au moment du déconfinement et que sa substance se révèle être composée de pensées sur les émotions et les sentiments humains, devenus plus qu’essentiels en cette période, ainsi que d’échappées musicales rappelant la délicatesse d’une idylle convoitée.

 

Présentation

Mais avant de plonger dans cette œuvre et de vous dire pourquoi elle est tant réussie, intéressons-nous d’abord à ses créateurs. Diego Philips est un artiste originaire de Belgique ayant décidé de développer sa carrière de musicien à Londres en Angleterre. Avec son groupe, The Pretty Boys, ils font leur chemin en indépendance totale depuis 2015, l’année où tout a commencé pour eux. Le groupe s’est ensuite élargi, de trois à six membres: Jay Dano (guitare), Jordan Liardon (basse), Piotr Paszkiewicz (batterie), Jakub Rokosz (percussions), Paul Dilhon (piano).  Sensibles à différents styles musicaux, leur vision créatrice n’est pas arrêtée, et s’étend à mesure qu’ils s’évertuent à construire et agrémenter leur propre univers, aussi bien complexe que raffiné. Diego Philips se dit inspiré par des artistes tels que Bob Dylan, Tame Impala ou encore Earth, Wind and Fire. Après un EP nommé « Burning Places », sorti en 2014, dans lequel on y percevait déjà un talent affirmé, c’est aujourd’hui que Philips et son groupe se lancent réellement et dévoilent leur premier gros projet, l’album « Tides », qui nous a séduit dès la première écoute. Laissez-nous vous en dire quelques mots.

 

Une aventure musicale complète et cohérente

« Tides » comporte dix titres, dont plusieurs interludes qui viennent apporter de la consistance au projet, et se révèle être d’une forte cohérence. En effet, on y sent une construction réfléchie, une logique de continuité, un monde qui se forme à mesure que l’on pénètre plus profondément dans l’œuvre. Si l’album débute avec son morceau le plus pêchu, le génial « Smile », dont le final revigorant aura définitivement raison de votre éventuel ennui, c’est pour ensuite prendre réellement le temps de construire quelque chose de particulier avec les morceaux suivants, sorte de longue balade brillamment établie. Les deux interludes entre ce premier morceau et « Where did you go ? » sont tout sauf inutiles, puisqu’elles viennent contrebalancer avec la dynamique du début et instaurer en douceur une atmosphère particulière dont on ne perdra jamais le fil jusqu’à la fin de l’album. L’enchainement des quatre magnifiques « Where did you go ? » (petit coup de cœur pour celle-ci), « Pretend », « The Sun » et « A Song » est probablement la plus belle réussite de « Tides », qui parvient ici à créer une ferveur progressive, toujours délicate mais jamais ennuyante, dont l’apogée atteint par la bouleversante construction de la longue chanson (plus de huit minutes) « A Song » vous procurera à coup sûr quelques frissons, portée par une mélodie obsédante et deux solos de guitares joliment exécutés.

« When I Feel the Moon » et « Into the Dark » clôturent l’album sur une touche exquise, comme en apesanteur, dans un sentiment aussi bien porté vers la mélancolie que l’espoir. L’album est déjà terminé que l’on souhaite en connaître la suite. 36 minutes d’intense voyage, d’énergie retrouvée, de rêves convoités et de sentiments déclamés ; le tout réunit sous la forme d’une aventure musicale complète et réfléchie. La production y est d’ailleurs pour beaucoup, tantôt réconfortante, tantôt inquiétante, assurée par James Yates. Ainsi qu’une masterisation prise en charge par Guy Davie ayant travaillé avec des artistes comme Michael Kiwanuka.

 

Une poésie portée par une voix rêveuse

« Tides » laisse place à la profondeur, l’amplitude et la complexité des sentiments humains par des textes efficaces et empreints d’une poésie notable, inspirés par des artistes comme Léonard Cohen, Bob Dylan ou encore l’écrivain et poète Charles Bukowski, dont Diego Philips confirme l’influence. On y navigue parmi l’amour et la perte, entre lesquels figurent également d’autres thèmes lui étant chers, comme l’ambition, la spiritualité ou encore la distraction et l’éloignement de ses rêves, comme par exemple lorsqu’il chante de manière poignante « the sun is gonna take you away from your dreams » (le soleil va t’éloigner de tes rêves) dans « The Sun », référence au mythe d’Icare afin de symboliser sa réticence à l’industrie musicale : avoir de l’ambition tout en restant sur ses appuis, ne pas voir trop grand quitte à s’éloigner de ses propres valeurs et au risque de se brûler les ailes. Diego Philips exprime ainsi la vie d’une voix rêveuse. Comme une caresse. Maitrisée. Profonde. Dont la qualité des morceaux parvient à en dévoiler toutes les subtilités.

 

Vers la lune

« Tides » est sincère. Et c’est ce qui en ressort avant tout. Comme une intime expérience introspective. Est-ce le fait d’être totalement indépendant, sans label ni contrat ni manager, qui pourvoie à l’album cette authenticité ? Ou simplement l’indéniable talent de ses créateurs ? Probablement l’alliance des deux, intimement liés.

Album "Tides" de Diego Philips

D’un homme contemplant la lune sur la magnifique pochette de l’album, nous traversons en l’intérieur de ce dernier les étapes l’ayant amené ici, telle une ombre portée par l’éclat de cet objet céleste occupant l’intégralité du cadre, prête à fusionner avec lui, dans un regard que l’on ne voit pas mais que l’on devine épanoui. Cette illustration est une belle porte d’entrée dans cette musique toute aussi imagée. On y ressort plein d’étoiles dans les yeux et les oreilles, avec le sentiment que Philips et son groupe a encore beaucoup à offrir. En attendant le retour des concerts et tout ce qui s’ensuit, écoutons « Tides », réécoutons-le plusieurs fois même, afin d’en imprégner toute la douceur et les subtilités. La lune vous attend. Et le périple vous réserve une bien belle surprise.

 

 

View this post on Instagram

 

Sometimes in life, we smile. Sometimes we cry. These pasts weeks have been strange times. Oscillating between joy, sadness, and contemplative dullness. Loads of ceiling staring and questioning, bad news and feelings of helplessness but also good news, tender moments and ecstatic happiness. When @jarred_figgins and I started working on the video for “Where did you go?”, we had no idea that his vision would feel so relevant today. The result is a soft introspective journey through what seems to be some scarily unexpected and current feelings. Head to my Facebook or Youtube channel to watch it live on Thursday at 6pm (UK time) On Friday at 7 pm (UK time) I will make a small acoustic performance in my living room, by myself (and my limited audience). Feel free to join the Livestream. 📷 @rewomotion #musicphotography #singersongwriter #art #portrait #portraitphotography #photoshoot #londonmusician #musicians #photooftheday #photography

A post shared by Diego Philips (@dphilips) on

By Léonard Pottier


Qu’est-ce que l’essentiel ? 20 artistes débattent autours de ce mot qui a marqué 2020

Un mot : essentiel, a beaucoup occupé l’espace médiatique et politique depuis le début de…

Album après Album #5 : quelques albums extraordinaires à découvrir pour accompagner son déconfinement

 Album après album #5. Quoi de mieux en cette période si particulière que de dédier…

6 artistes de rock indépendant qui valent le détours et leurs albums qu’il faut écouter

Il fait beau dehors, il fait chaud,  mais nous voilà confinés dans notre salon.  Pour…