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Champs Elysées Film Festival

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La dixième édition du Champs Elysées Film Festival avait un goût bien particulier. L’évènement qui se tenait du 14 au 21 septembre 2021 sur la plus belle avenue du Monde célébrait un très bel anniversaire mais était également l’occasion de faire revivre le cinéma dans une période post-Covid encore incertaine qui nous avait appris que l’art et la culture n’était pas si essentiels que ça. Et pourtant, à en juger par les spectateurs qui se sont rués sur les lieux proposant de (re)vivre la culture en commun, par les films qui ont été au centre des occupations durant les confinements et couvre-feux, il se pourrait bien que l’adage mente.

Récompenser un cinéma exigent

Et ce n’est pas Sophie Dulac, présidente du festival qui dira le contraire lors de la cérémonie de clôture de l’évènement. « Notre travail est essentiel pour apprendre aux nouvelles générations à réfléchir, développer un esprit critique et ne pas croire tout ce qu’on nous dit. » lance-elle avant une salve d’applaudissements. Le cinéma choisi pour officier n’était autre que le cinéma du Drugstore du Publicis, lieu central puisque munit d’une salle obscure et de sa fameuse terrasse. « Le cinéma est fait pour se regarder en salle!  » ajoute militante et avec la poigne qu’on lui connait la maîtresse de cérémonie de noir vêtue.  Les prix sont nombreux et récompensent un cinéma pluriel. Chaque vainqueur prend le temps de remercier le jury et le public avec émotion.  « Queen of Glory » empoche deux récompenses alors que sa pétillante réalisatrice venue des Etats-Unis avec son bébé de sept semaines amuse l’assistance en expliquant qu’elle aurait dû se maquiller pour l’occasion. « L’énergie positive des Dieux » remporte lui aussi deux prix alors que Laetitia Moller, sa réalisatrice, dépeint un métrage qu’elle a commencé en allant chercher sa caméra dans un collisimo sans savoir comment elle allait mettre en scène cette histoire musicale. C’est aussi un cinéma engagé, encré dans une société actuelle qui est récompensé. Un cinéma miroir du Monde dans lequel on évolue et qui pousse à la réflexion comme aime à le rappeler la présidente du festival dotée de fleurs par son équipe ‘Merci, c’est pour ça que je travaille avec eux. » dévoile-t-elle. Elle en profite pour faire la part belle aux nombreux bénévoles et à l’équipe du festival qui s’est battu cette année pour faire exister l’évènement et fédérer le public parisien autour d’un cinéma exigent. Un pari relevé haut la main depuis dix ans maintenant, trait d’union entre deux nations et le rapprochement de leur analyse de chaque époque.

« Rien à foutre » : une dernière projection au plus proche du vrai

Qui dit cérémonie de clôture dit cinéma. C’est un film français « Rien à foutre » sous-titré en anglais qui a la lourde de tâche de clôturer l’évènement. Le film de Emmanuel Marre et Julie Lecoustre suit la vie d’une hôtesse de l’air (Adèle Exarchopoulos)  employée par une compagnie low-cost (Wing) vivant sa vie au jour le jour et se réfugiant dans les paradis artificiels pour oublier ses douleurs. Un véritable soucis de réalisme et d’intimité avec son héroïne sont au coeur des préoccupations de cette oeuvre qui multiplie les gros plan pour mieux centrer son propos sur les ressentis d’un personnage blasé qu’il ne juge jamais. Les dialogues sont parlés : pauses, réflexions, fautes, tout est mis en scène avec la justesse de la vie au point d’en oublier la caméra pour mieux se focaliser sur le vrai. L’humour est au rendez-vous autant qu’un sentiment doux-amer lors de cette fuite en avant sensible.  L’actrice principale dans le rôle de Cassandre est très juste et sait se rendre aussi attachante que déroutante. Elle devient l’amie que l’audience a autant envie de secouer que de suivre dans une folle soirée alcoolisée. Pourtant il pourrait être reproché au métrage sa durée qui comble de longs moments parfois vides par des scènes qui s’étirent et manquent d’appuyer un propos. « Rien à foutre » est l’histoire d’un moment de vie qui saura séduire un public pointu, adepte d’un cinéma particulier mais pourrait à contrario laisser sur le carreau un public désireux de découvrir une action plus diffuse, plus proche de l’écran que du monde qui l’entoure.

 

Le Champs Elysée Film Festival se raconte en musique entre Kiddy Smile et Sônge

Champs-Elysees-Film-Festival-2021
Photo : Louis Comar

Place au cinéma indépendant oui mais aussi à la musique indépendante. Le festival pointu a comme chaque année posé ses valises sur le rooftop du Publicis pour faire la part belle à des DJ sets face à l’Arc de Triomphe. Un monument mis en beauté cette année par Christo et Jeanne-Claude « Qu’on aime ou qu’on aime pas ça fait parler. » en profite pour lancer amusée Sophie Dulac lorsqu’elle remercie le lieu.

Le 20 septembre c’est à Kiddy Smile, également membre du jury courts-métrages, de prendre les rênes de la soirée. Au programme dans ce cadre aussi luxueux que paradisiaque : un véritable soin porté à la volupté. Les sens y sont mis en avant : de la beauté pour les yeux avec un espace carré et végétalisé qui fait rêver, le goût y est sollicité avec ses pizzas truffées, salades composées et autres tiramisu, mais aussi l’ouïe. L’exercice du DJ set peut s’avérer compliqué puisque l’artiste y gomme son répertoire pour mieux valoriser celui d’autres qui doit être l’équilibre entre son reflet et sa faculté à faire danser. Cléa Vincent et Silly Boy Blue, elles, avaient  toutes deux choisi de proposer un set mainstream qui poussait à chanter. Kiddy Smile, sans surprise, casse les codes et change de registre. Vêtu d’un long manteau argenté et noir, l’impressionnant artiste électrise le dance-floor. Les sons y sont pluriels, ils prennent des accents world, électro, hip hop, sont connus de tous ou des plus pointus. Les températures clémentes permettent de danser sur les toits, Paris sous les pieds. Dans ce cadre, la culture devient un luxe alors que les mélodies elles, s’adressent au plus grand nombre. Kiddy Smile a cette force folle, celle qui consiste à allier ces deux univers. A être aussi radicalement chic que radicalement ouvert à tous. Son set de haute volée sent la haute couture autant que la fête dans les rues. La fin de cette avant-dernière soirée laisse à tous les chanceux qui ont pu y assister des étoiles plein les yeux , de petites rires aux coins des lèvres, signe de fous-rires partagés, et des jambes emplies de fourmis signe indiscutable d’une folle nuit passée à danser.

Un dernier Sônge

Songe au Champs Élysées film festival
Photo : Louis Comar

Pour son tout dernier acte, il faudra attendre un peu. C’est en effet aux alentours de minuit que le dernier bal du festival ouvre ses portes. Cette fois c’est à Sônge de prendre les platines. Côté rooftop, le  temps s’est rafraîchit mais la pluie, elle, a bien compris qu’elle n’avait pas le précieux sésame pour monter sur la terrasse. Pour moins frissonner, il est possible de déguster une coupe ou une douceur sucrée. C’est une option qui fait sens un premier temps, avant que le lieu ne devienne un dancefloor géant. Dans l’assistance, les personnalités croisent les professionnels. La sublime Agathe Rousselle (Titane) également membre du jury est une des lumières que l’on croise dans les hauteurs. Vêtue d’un costume noir à la pointe de la mode et de longues boucles d’oreilles scintillantes, elle profite du moment tout comme Olivia Merilahti

Songe au Champs Élysées film festival
Photo : Louis Comar

(ancienne The Do, aujourd’hui en solo avec Prudence). Lieu de paix où tous se mélangent, la célébrité ici, est mise de côté. Les chasseurs d’autographes et de selfies ne sont pas conviés. Au contraire tous les convives sont les stars choyées de la soirée. La musique se distille dans les âmes et tout prend un accent festif alors que même « La Macarena » est jouée. Une partie de l’assistante, dominante, danse franchement, déchaînée et bienveillante. Alors qu’une autre profite de son escapade dans les hauteurs pour mieux profiter une dernière fois de la vue et de la nuit. Difficile de quitter ce lieu magique et de retourner à un quotidien plus banal lorsque les musique et les derniers projecteurs s’éteignent. Rien à foutre serait-on tenté de se dire, les souvenirs eux resteront longtemps en mémoire alors que la prochaine édition, cette fois-ci, il faut l’espérer dans des conditions normales, n’arrivera jamais assez vite.


Champs Elysées Film Festival 2021

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Champs Elysées Film Festival: un lundi sous le soleil et trois projections plus tard

Saint Frances: confidences entre femmes Parler des femmes au cinéma en 2019, un sujet d’actualité…

How to talk to girls at parties en ouverture du Champs Elysées Film Festival 2018 : Do More Punk To Me!

Mardi 12 juin 2018 se déroulait dans la salle du Gaumont Marignan la cérémonie d’ouverture …

 

saint frances film

Saint Frances: confidences entre femmes

Parler des femmes au cinéma en 2019, un sujet d’actualité me direz-vous? Peut-être et pourtant il y a encore beaucoup à dire sur la question de la femme et de sa représentation actuelle. Après des tentatives de les mettre à l’honneur, de les montrer sous les traits de super-héroïnes fortes ou de personnages badass voilà que débarque le fin et plaisant Saint Frances qui aborde le sujet avec un tout autre registre, celui de la comédie dramatique. On y suit les aventures de Bridget, 34 ans, serveuse paumée dans la vie qui voit tout son entourage avancer, là où elle, stagne sans vraiment avoir l’envie d’aller plus loin. Elle se voit confier la garde de Frances par ses deux mamans le temps d’un été alors qu’elle a recourt à une IVG. Cette parenthèse estivale permet à ces quatre femmes de créer des liens et d’exposer leurs forces et leurs faiblesses.

Le ton est donné dès les premières minutes, alors que l’héroïne est en opposition complète avec un homme expliquant qu’il préfèrerait se suicider que de n’avoir ni famille, ni carrière. Bridget, elle, est loin de ça. Loin d’aspirer à la stabilité demandée par la société, faisant pression sur les trentenaires, elle déambule sans but précis dans la vie. Saint Frances n’épargne alors plus rien au spectateur, réussissant le pari fou de maîtriser pleinement les émotions qu’il souhaite leur véhiculer. Les tabous sautent et on parle sans complexe et sans jugement aucun des règles, de l’IVG, du corps de la femme qui subit seule les désagrément qui suivent, de l’allaitement, de la dépression post-partum, du regard sur la religion, d’athéisme, de couples homosexuels. Pourtant et malgré la présence de tous ces éléments, le métrage est avant tout une comédie légère, d’une sympathie et d’une douceur plaisante. Les plaisanteries de la jeune Frances et ses bêtises, les gênes des protagonistes sont abordés avec bienveillance, rappelant aux femmes dans la salle que la perfection n’existe pas et qu’elles devraient parler plus librement des problématiques qui entourent ce corps fait pour procréer. Il est alors facile de se prendre d’affection pour chacune d’entre elles, de comprendre leurs ressentis et de se sentir accueilli(e)s dans leurs univers les bras ouverts. Les scènes émouvantes sont joliment écrites, on rit souvent, pas de ce rire gras qui cherche à séduire dans la plupart des comédies. Non, de celui que l’on peut avoir au détour d’une rue ou d’un moment du quotidien. Le métrage n’oublie pas pour autant de balancer ça et là quelques réflexions bien senties qui laissent une marque quant au rapport d’un homme impuissant face à une IVG, aux difficultés des jeunes mères ou aux bonnes et mauvaises raisons qui poussent à vouloir ou non le devenir. Une pause douceur plaisante et bien construite, pleine de sang et de pipis qu’on ne contrôle pas, vraie, accessible, à découvrir absolument.

A noter que le jury du festival est également tombé amoureux de ce film qui remporte le prix du public et le prix de la critique. 

réalisé par: Alex thompson avec: Kelly O’Sullyvan ( attendrissante Bridget mais également scénariste), Charin ALvarez ( Maya), Lily Mojekwu, Ramona Edith Williams ( la tumultueuse petite Frances) et Laura Fisher. 

L’angle mort : nous sommes tous invisibles

  Dans une France aux allures apocalyptiques, où l’obscurité de la nuit semble déteindre sur le jour, le monde tourne lentement. Entre existences monotones et quotidiens marqués par l’ennui et l’affaiblissement, les travaux pénibles et laborieux ainsi que les difficultés relationnelles gouvernent les hommes. Dominik Brassan, le héros ou plutôt anti héros du film, essaie de s’en sortir tant bien que mal à l’intérieur de cet univers inconfortable, avec ce que l’on pourrait imaginer être un avantage: le pouvoir d’invisibilité. Peu commun me direz-vous, et sûrement amusant ! Il doit en faire, des folies ! En réalité, ce pouvoir, loin d’être super comme dans certains films débiles et horriblement faux, est ici un lourd fardeau pour le personnage, qui ne sait pas vraiment quoi en faire, sinon se faire chier à… ne pas être là. La difficulté à utiliser sa capacité l’entraîne à ne le faire qu’occasionnellement, pour se cacher des autres ou au contraire, les espionner. Mis à part traîner nu (et oui, les vêtements ne se volatilisent pas eux) dans les couloirs de son immeuble, Dominick s’emmerde, et n’arrive pas à trouver un partenaire de vie pour égayer son existence, sinon cette mystérieuse voisine aveugle qui semble l’apercevoir même invisible. Vérité ou mirage ? Le film brouille les pistes, et questionne le spectateur sur la solitude, l’identité, l’amour et la quête de soi. Mieux que de se vanter auprès de tous de ce don extraordinaire, Dominick le garde pour lui et prend le contrepied des fantasmes et délires liés aux pouvoirs magiques, comme ont pu le faire avant lui la série « Misfits » ou le film « Chronicles ». Tout le monde l’est déjà un peu de toute manière, invisible, sur cette Terre. Entre penser l’être et l’être réellement, il n’y a qu’un pas.

  A la fois proche des personnages et très distante d’eux à certains moments, la caméra nous rappelle que nous ne sommes jamais très loin de disparaître nous aussi.Un beau travail sur le son a été effectué pour rendre audible cette atmosphère lourde et obscure. Sa réalisation originale et malicieuse, signée par le duo Patrick-Mario Bernard et Patrick Trividic, fait de « L’angle Mort » un cercle fermé duquel il est difficile de sortir sans avoir l’impression d’être soi-même avalés par l’invisibilité.

Océan par Océan : témoignage d’une transition

Océan que nous avons d’abord connu sous le nom d’Océane-Rose-Marie présentait ce lundi en séance spéciale du festival son film documentaire éponyme. Un film dans lequel il retrace sa transition « f to m », du genre féminin au genre masculin. Tout d’abord de manière terre-à-terre grâce aux rendez-vous médicaux mais aussi avec tout l’affect que cela implique grâce à de nombreuses conversations intimes avec ses proches : amis, soeurs et parents.

Ce film c’est avant tout la volonté d’ouvrir la voie à un cinéma qui parle librement de la communauté LGBTQI+. Il s’est affirmé comme une nécessité pour l’acteur-réalisateur lorsqu’il propose un scénario de comédie sur un transgenre enceint à ses producteurs. Ils le refusent catégoriquement. Un choix que l’on regrette parce qu’on le sait, les comédies sont le meilleur moyen de toucher le grand public. Même si elles ont moins de valeur informatives qu’un documentaire, elles ont plus de chance d’être vues.

Mais un documentaire, c’est une autre façon de s’adresser au public. Océan met de côté sa pudeur et va chercher au plus profond de sa sincérité, ne cache rien: les étapes de sa transition, ses doutes jusqu’à la violence des mots de ses proches. Il ne cache rien non plus de l’agacement face à ses amis qui se trompent sur le pronom à employer, des actes banalisés qui ne sont pas sans conséquences sur les personnes transgenres.

Le film est à la fois une proposition de savoir vivre ensemble et un témoignage pour mieux comprendre ces transitions dont on parle encore trop peu. Le film qui réunit les épisodes déjà disponibles sur France TV Slash sortira en octobre dans les salles de cinéma alors allez-y, nous avons encore beaucoup à apprendre !

Texte: Philippine Berda, Léonard Pottier, Julia Escudero

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Champs-Elysées Film Festival

Du 18 au 25 juin 2019, la plus belle avenue du Monde et surtout la plus célèbre avenue parisienne fera comme chaque année la part belle au cinéma avec le Champs-Elysées Film Festival.

Et pas n’importe lequel puisque c’est le cinéma indépendant américain et français qui est mis à l’honneur par le Champs-Elysées Film Festival. Crée en 2012, l’évènement rassemblera comme chaque années un public expert et amateur autours d’avant-premières, de master class, de soirées spéciales et de conférences. En plus des projections, le public pourra rencontrer ses idoles et ceux qui font ce cinéma à part. Jeunes prodiges et grands noms se croiseront ainsi sur les Champs-Elysées puisque nombreuses sont les salles de l’avenue à être mises à contribution. L’année dernière, les festivaliers ont ainsi pu rencontrer, entre autre noms prestigieux présents sur les tapis rouges, Chloé Grace Moretz et Tim Roth.

Mais le cinéma ne sera pas le seul mis à l’honneur. En effet, les disciplines se croiseront et la musique, elle aussi aura son rôle à jouer. Puisqu’après les films, les showcases prendront le relais. Et pas dans n’importe quel lieu! En effet avec une vue imprenable sur l’Arc de Triomphe, le rooftop du Publicis accueillera une série de showcases et DJ sets:

  • mercredi 19 juin à 22H30: Isild La Besco & Guests
  • jeudi 20 juin à 22H30: Adam Naas
  • vendredi 21 juin dès 22 H30: Hervé et Petit Fantôme en DJ set
  • samedi 22 juin à 22 H30: Irène Dresel
  • dimanche 23 juin à 17H30: Claire Laffut

A noter que pour la première fois, le festival laissera carte blanche aux labels indépendants afin qu’entre deux performances, ils puissent faire découvrir aux festivaliers les playlists de leurs nouveaux artistes.

Pour ce qui est de l’ouverture et de la clôture, le festival voit les choses en grand. Au programme avant-première suivi d’une soirée musicale open bar, petits fours et lieu qui met des étoiles dans les yeux.

Qui dit étoiles dit paillettes (logique tout ce qui brille est bien beau) et qui dit paillettes dit Corine et son « Happening disco » à la Maison du Danemark le 18 juin dès 23 heures.

Quant au grand final il accueillera sur scène les DJ sets de Sônge et de Fishback le 25 juin au Théâtre Marigny. Histoire de danser en sirotant une coup de champagne rafraîchissante.

Comment assister à ces (très) beaux évènements?

En se procurant des pass bien sûr!

  • l’accès aux showcases est réservés au pass illimités ( 49 euros/ 35 euros – de 26 ans)
  • et au pass illimités Week-end ( 39 euros/ 30 euros – de 26 ans)
  • les soirées d’ouverture et de clôture sont elles au tarif de 35 euros ( 20 euros avec le pass ilimité)

Pour venir danser avec nous en face de l’Arc de Triomphe, rendez-vous sur le site de la billetterie. 

A noter que la programmation des films projetés sera bientôt dévoilée. Restez connectés!

Retrouvez nos reportages de l’édition 2018 ici

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Mardi 12 juin 2018 se déroulait dans la salle du Gaumont Marignan la cérémonie d’ouverture  du Champs Elysées Film Festival 2018 qui met à l’honneur les productions indépendantes de France et d’Amérique. En guise d’apéritif une apparition de Tim Roth ( Reservoir Dogs, Little Odessa, Pulp Fiction) et la présentation du jury présidé par Serge Bozon (réalisateur de Mods, la France ou bien encore du récemment sorti Madame Hyde). Pour le dessert, était prévu les fous furieux de Faire en showcase à la Maison du Danemark. Le plat de résistance a consisté en la projection du dernier film de John Cameron Mitchell  » How to talk to girls at parties« . Retour sur cette soirée d’ouverture du Champs Elysées Film Festival 2018.

Le Champs Elysées Film Festival est le « bébé » de Sophie Dulac, on le sent jusque dans la voix de la fondatrice et présidente. Quand il s’agit de rappeler les notes d’intentions et la raison d’être du festival. Quand il s’agit de parler de la genèse du projet à la lumière de l’événement Un dimanche de cinéma, fruit du partenariat entre la Mairie de Paris et les cinémas Gaumont, qui verra la projection d’un classique du cinéma français en plein air sur les Champs Elysées. La reprise d’une idée formulée il y a quelques années par Sophie Dulac mais hier l’heure n’était pas à la polémique mais aux festivités pour ouvrir ce Champs Elysées Film Festival 2018!

Affiche officielle de l’édition 2018 des Champs Elysées Film Festival

Champs Elysées Film Festival 2018 : Présentation

Tim Roth tout d’abord a fait son entrée sur scène, le temps de dire quelques mots malgré un petit problème de micro et de faire un selfie avec une salle conquise. Le meilleur moyen de teaser sa masterclass qui aura lieu vendredi soir et sa mise à l’honneur avec la projection de trois de ses films –Meantime, un de ses premiers rôles, Little Odessa, le classique de James Gray et The War Zone, sa seule réalisation- au cours d’une rétrospective. Ce fut ensuite le tour de passer à la présentation des membres du jury long métrage et court métrage. Le jury long métrage, présidé par Serge Bozon est composé de Naidra Ayadi (César du meilleur espoir en 2012), Sébastien Betbeder(2 automnes 3 hivers, Marie et les naufragés et Le Voyage au Groenland),  Damien Bonnard (Rester Vertical.), Judith Chemla ( Camille Redouble, Le sens de la fête), Pierre Deladonchamps( Nos Années Folles) mais aussi Ana Girardot ( Simon Werner a disparu, Ce qui nous lie). Le jury court métrage, présidé par la réalisatrice de Réparer les vivants, Katell Quillévéré, est composée de Hubert Charuel, Esther Garrel, Christophe Taudière et enfin Arnaud Valois. Les présentations ainsi effectuées, place à un taquin John Cameron Mitchell multipliant les plaisanteries pour parler de son quatrième film et officiellement débuter la septième édition du Champs Elysées Film Festival !

Champs Elysées Film Festival 2018 : How to talk to girls at parties en avant première!

Zan ( Elle Fanning) et Enn ( Alex Sharp) partageant plus que de la musique
Tout Droits Réservés

1977 : trois jeunes anglais croisent dans une soirée des créatures aussi sublimes qu’étranges. En pleine émergence punk, ils découvriront l’amour, cette planète inconnue et tenteront de résoudre ce mystère : comment parler aux filles en soirée… Et le moins qu’on puisse dire c’est que le trio formé par Enn ( Alex Sharp), John (Ethan Lawrence) et Vic  (A.J Lewis) est qu’ils sont très loin d’avoir trouvé la clé de ce mystère et de s’en approcher au début du film. Pathétique trio d’ados apprentis punks ( Enn va quémander une avance sur son argent de poche à sa mère pour aller à un concert en tout début de film) qui vient d’échouer à rejoindre une after et perdu au milieu de la banlieue londonienne un vendredi soir… C’est alors que les trois punks rentrent dans une maison ou se passe une fête pour le moins étrange….

Si je vous dis, sans réel spoils, Punks, Aliens, Latex, Fluo, Romance, Fist, Parentalité, Cannibalisme et Coming of age movie, ça ressemble à un gros foutoir,non? Absolument. Et c’est ce qu’est How to talk to girls at parties. Est ce que cela veut donc dire que le film est raté ou bien bourré de défauts? Et bien non! Et c’est en cela que le film et surtout la mise en scène de John Cameron Mitchell est remarquable. Véritable maelstrom d’idées, prenant régulièrement le contre pied du chemin qu’il semblait emprunter quelques minutes auparavant, How to talk to girls at parties désarçonne et emporte avec lui le spectateur tout au long des 142 minutes de ce véritable voyage.

Elle Fanning et Alex Sharp dans How to talk to girls at parties
Tout Droits Réservés

Le background du mouvement punk est progressivement délaissé au fur et à mesure du film, n’était il qu’un prétexte mi nostalgique mi folklorique pour rechercher un peu d’originalité? Pourtant, il suffit de quelques répliques pour dresser un portrait du mouvement punk en 1977. Les Clash ont signé chez NBC et l’un des trois héros jure qu’il ne pardonnera pas cette trahison. Le personnage de Boadicea, incarnée par une Nicole Kidman déchaînée ( et cabotinant un tantinet), sorte de gardienne du temple punk, pure de chez pure, est une ancienne de chez Vivienne Westwood qui met en avant des jeunes groupes prometteurs en espérant qu’une chose : qu’ils signent pour un label.  » Ta métaphore présente quelques contradictions » assène le personnage de Zan ( superbe Elle Fanning) à Enn qui tente de lui expliquer ce qu’est le punk. Portrait d’un mouvement révolutionnaire qui déjà périclite…

Zan ( Elle Fanning) développant son « individualité »
Tout droits réservés

How to talk to girls at parties est-il alors une bluette, un « Romeo et Juliette avec des aliens et des punks » comme le décrit le réalisateur lui même ? Pendant toute une partie, il l’est, notamment quand le personnage de Zan obtient 48 heures de permission pour découvrir le monde des humains. Mais, John Cameron Mitchell réussit à ménager suffisamment ses effets pour laisser le spectateur s’attendrir juste ce qu’il faut pour s’attacher aux personnages et passer ensuite à autre chose. How to talk to girls at parties nous parle de nombreux sujets, notamment aussi de politique lors d’un échange entre les « parents » de Zan en fin de métrage. Prenant des risques, John Cameron Mitchell réussit un numéro d’équilibriste en ne tombant jamais dans aucun écueil qui aurait pu lui tendre les bras (cf la scène de duo), notamment au niveau de l’esthétique du film.

Champs Elysées Film Festival 2018 :  Conclusions de film et de soirée

Et si How to talk to girls at parties était tout bonnement un coming of age movie ? La question se pose tant, en un weekend, deux des trois punks adolescentins se révèlent avoir grandement mûris lorsqu’on leur pose une question similaire au titre du film et que leur réponse est à des années lumière de ce qu’ils auraient répondu au début du film. Oui, dorénavant, pour certains d’entre eux, ils sauront quoi dire aux filles quand ils seront en soirée… Si le film d’ouverture des Champs Elysées Film Festival 2018 est un coming of age-movie, c’est l’un des plus attendrissants et surtout barrés qui soient. Un film punk ? La question peut se poser mais pour cela encore faudrait-il définir ce qu’est vraiment le punk, et si ce genre de considérations pouvait encore se trouver dans la tete des spectateurs en se rendant du Gaumont Marignan jusqu’à la Maison du Danemark, très vite les chanceux participants au showcase ont eu quelque chose d’autre à penser.

Est ce du lieu, magnifique il faut le noter? La qualité du service? Irréprochable. Absolument pas. Tout a été balayé, pour le plus grand plaisir d’une partie du public par la tornade Faire ! Refusant les clichés et les étiquettes, et loin de chercher à savoir si on navigue dans le rock ou l’electro, le trio a étalé sa « Gaule Wave » pour un public très rapidement conquis et enthousiaste. Si certains showcases recueillent un enthousiasme poli de la part du public, il n’en était rien à la Maison du Danemark, tant plusieurs dizaines de spectateurs se déhanchaient, voire plus, avec entrain au son des  » Mireille se rappelle« , « Marie Louise » ou encore « Anastasia« . Un lieu élégant, de la nourriture sophistiquée, du très bon champagne et un public sautant au son de  » Mireille se rappelle Mireille se rappelle Mireille se rappelle Qu’elle était bonne à l’université !« . Et si c’était FAIRE, le moment punk de la soirée d’ouverture des Champs Elysées Film Festival 2018 ?

Pour se faire une idée sur FAIRE