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Julia Escudero

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TIME CUT FILMTime Cut, c’est la sortie de cet automne 2024 sur Netflix ! En lien avec Halloween, le film d’Hannah Macpherson promet un mélange des genres et surtout grâce au voyage dans le temps de se (re)plonger dans une version sucrée de l’année 2003. Un bonbon acidulé prometteur qui joue sur les pas de « Totally Killer » (lui avec à son affiche Kiernan Shipka) dispo sur Amazon. Ce dernier propulsait une adolescente dans les années 80 pour arrêter un tueur masqué. Notre nouveau film propose l’exact même concept mais en remettant au goût du jour une toute autre époque. Et bien que le film soit assez décevant (on va détailler le pourquoi), il permet de s’offrir une bonne dose de nostalgie. Ou pas tant que ça, pour les personnes qui étaient elles-même adolescentes en 2003, comme moi.  On en parle !

Time Cut de quoi ça parle ?

Sans le vouloir, une ado de 2024 remonte le temps jusqu’en 2003, quelques jours avant le meurtre de sa sœur par un tueur masqué. Peut-elle changer le passé sans détruire l’avenir?

TIME CUT Bande Annonce VF (2024) Madison Bailey

Time Cut est-ce que c’est bien ?

Petite production adolescente sur Netflix qui se veut super légère, Time Cut ne promet pas de grandes attentes si ce n’est de passer un agréable moment sans se prendre la tête. Un film de SF plus proche de teen movie en somme qui flirte avec l’horreur du slasher en proposant de mettre à son affiche un tueur masqué mystère. Voilà ce qu’on espère en cliquant sur lecture sur la célèbre plateforme de streaming. Il porte en plus en son affiche deux des starlettes du moment : Antonia Gentry (Ginny & Georgia aussi sur Netflix) et Madison Bailey ( Outer Banks toujours sur la plateforme).

TIME CUT NETFLIXDans les faits, le film souffre d’énormément de lacunes. Difficile de dire si l’écriture de scénaristes paresseux préférant le chemin de la facilité lui a fait du tord. Ou si tout simplement beaucoup de scènes ont été coupées au montage rendant le tout incohérent. Qu’on soit claires sur le sujet, l’absence de cohérence tient au fait que les réactions des personnages eu égard à leur situation n’a absolument aucune logique. Admettons que Lucy (Madison Bailey ), la jeune soeur conçue comme un bébé de remplacement à Summer (Antonia Gentry) décédée 20 ans plus tôt, ne se choque pas d’avoir voyagé dans le temps. Allez, on n’est pas là pour développer ça. Admettons encore que Quinn (Griffin Gluck), l’acolyte décide de croire l’histoire du voyage dans le temps sans émettre la moindre surprise. Mais que tout ce petit monde s’attache les uns aux autres en un quart de seconde, décide de changer le court de l’histoire avec une énorme facilité, prenne des décisions majeures sans jamais vraiment les expliquer ne donne aucune âme au récit.  A tel point que les personnages sont souvent forcés d’expliciter avec lourdeur leurs motivations en deux phrases et en répondant aux questions des autres. Et par autres, il faut comprendre que tout tourne autour d’un même trio. La réalisation ne prend aucune direction particulière et très vite le tout devient surtout lourd. Difficile de s’interroger sur qui est derrière le masque du tueur quand on ne prend pas, par exemple, le temps de ne présenter un florilège de personnages. Les lignes se dessinent donc très rapidement. Pour autant, on serait tenté de se dire que ce n’est pas tant le suspens qui viendrait ici à compter. Ce serait plutôt de créer un décalage entre une époque et une autre et d’y ajouter de l’humour. D’humour il n’y a pas vraiment. On a surtout une succession de quelques scènes propres aux teen movies (hello l’essayage de vêtements) en ne laissant rien de spécial se dégager de chacune d’entre elles. L’histoire d’amour à peine évoquée, les motivations d’un final qui ne fait pas sens s’il ne se développe pas un peu, l’amour à l’Américaine : c’est la famille suffit à tout justifier comme un mantra qui ne peut souffrir d’aucune objection, tout est effleuré sans aucune finesse. En la matière Totally Killer, lui aussi pourtant moyen réussissait mieux son paris d’honnête divertissement qui ne dit rien de particulier mais se déguste comme un plat de coquillettes au beurre. Un plat sans saveur qui peut pourtant réjouir à l’occasion. Mais il faudra surtout admettre que tout l’intérêt de « Time Cut » réside dans son avis de faire revivre l’année 2003  et lui donner l’image d’une grande époque. La nostalgie prend-elle alors ?

Time Cut, perception en tant qu’ancienne ado de 2003

TIME CUT LUCYC’est peut-être avec « Stranger Things » que tout a commencé, à moins que ce ne soit l’industrie de la mode qui en a décidé ainsi. Toujours est-il que les années 90 ont vécu ces dernières années un retour en force spectaculaire. On les voyait partout. Leurs idoles, leurs stars, leurs snacks, leurs vêtements, leur style musicale. Toute cette époque ressemblait à un moment magique et émouvant. Ma théorie tenait au fait que les trentenaires d’aujourd’hui sont aussi celles et ceux qui créent le monde actuel. Les dix dernières années, ils faisaient donc revivre leur jeune adolescence, estimée comme un temps heureux , la jeunesse permettant d’idéaliser une période dont on ne saisissait pas tous les enjeux.

Les années 2000 comme le veulent la tradition étaient elles délaissées à leur statut de passé ringard dont on ne parlait plus. Et puis, des indices ont commencé à apparaitre. Elles revenaient. On se sent à l’abris, on croit qu’on ne sera jamais cette ado d’un passé fantasmé et bim, une production Netflix vient d’un coup vous dire que le retour des cocktails à plusieurs étages était un avertissement. Vous êtes vieux / vieille à ce point, on va parler de votre époque comme d’un passé lointain. Je m’interdit pourtant de vivre dans une nostalgie faussée, d’un bonheur imaginaire lié au temps qui passe. Mais puisque Time Cut tient à me replonger dans ce passé, on pourra bien s’amuser à faire un comparatif entre film et réalité. D’autant que le film lui se contente d’aborder rapidement sa période par quelques effets de couleurs et d’images sans même chercher à creuser ce qui faisait sa spécificité quand on la vivait en tant que lycéen.ne.

Je suis so yesterday

AVRIL LAVIGNE HILARY DUFFLe retour en 2003 devra donc avoir sa BO, Hilary Duff et Avril Lavigne en tête de casting si l’on en croit le métrage. « Complicated » de la canadienne écouté à travers les écouteurs du walkman tenu par l’un des personnages sur le support CD, sous forme de mixtape ! S’il vous plait, laissons le CD où il est, le support vinyle offre un véritable intérêt en matière de son et d’appréhension de l’album, le CD nettement moins (mais c’est toujours mieux d’acheter la musique en physique je vous l’accorde).  Je me suis perdue pardon, reprenons. Donc le B.O de notre adolescence était en  réalité plurielle. Le monde lycéen se divisait en genre de castes et la musique comme la mode permettaient en grande partie de savoir à laquelle on appartenait. Le rock vivait alors une sorte d’âge d’or porté en grande partie par les courants alternatifs. C’était avant les émos, et pourtant les thématiques étaient proches. On écoutait beaucoup de pop punk, sur des walkmen c’est vrai. On chantait qu’on était « In Too Deep » avec Sum 41 que le monde était compliqué, la vie, les parents avec Simple Plan, Blink 182 (qui copiaient fort les Cure avec « I Miss You »), Good Charlotte, The Offspring, on se moquaient des « American Idiot » avec Green Day, on se sentait sombres avec Slipknot et Korn. Dans notre univers privilégié occidental, on chantait nos peines avec Linkin Park, Evanescence. Le rock n’était pas le seul courant existant évidemment. Eminem venait de sortir son « Eminem Show » et jouait dans « 8 miles », en France Diam’s et Sniper cartonnaient. Pour le reste on écoutait déjà Beyoncé, indémodable, les Black Eyed Peas, Outkast et Michelle Branch. Tout ce petit monde manquait quand même sérieusement la B.O  de « Time Cut » pour la parfaire, je tiens à le dire.

Et les vêtements dans tout ça ? Le film se focalise là encore sur une définition unique de la mode pas forcément représentative de toute notre adolescence. Les grosses ceintures que portent nos deux héroïnes étaient bien de la partie. Les jogging colorés à la Juicy Couture aussi et quelques jeans très serrés, souvent à l’image des créations de chez Diesel ou le Temps des Cerises voir de Guess (originaux comme modèles similaires repris par des grands groupes type H&M). Mais comme nous le disions, les rockeurs avaient à leur actif une grande part de ce qu’était le style à avoir. On portait parfois des cravates comme Avril Lavigne, souvent des bagguys type Dickies et des grosses chaussures de skate. On essayait d’ailleurs d’en faire du skate pour être cool. Mais on y arrivait peu. On blindait nos Eastpack de patchs et badges. On s’identifiait facilement à Lindsay Lohan dans « Freaky Friday » qui est un bon cliché de ce qu’était un.e adolescent.e en 2003.  On dessinait le signe Anarchy sans le comprendre.

Bring my 15’s back to life

FREAKY FRIDAYOn était pourtant moins politisés que la jeunesse actuelle. On l’était un peu évidemment, avec des ambitions sociales, de l’anti-racisme, la lutte contre le suicide (aujourd’hui  ajoutée à la compréhension de la dépression et des maladies mentales) qui passait beaucoup par la musique. Nos artistes préféré.es quand on écoutait du rock parlaient facilement de droits LGBT + et on s’y sensibilisaient. Bientôt les emo boys  iraient entièrement dans ce sens, créant une très grande représentation de sexualités fluides et/ ou queer. La question de la sexualité est il faut le dire très brièvement abordée dans « Time Cut ». C’était moins simple en 2003 qu’aujourd’hui en matière de préjugés mais du travail avait été fait et les adolescents étaient en majorité ouverts et bienveillants à ces questions, les progrès sur le sujet datant de quelques années avant nous. Même si tout était loin d’être parfait, il ne faut pas le nier, les blagues de nombre de séries et films le prouvent.

On rejetait le modèle de nos parents, la carrière sans sens, le travaille à horaires déterminées, le 9 à 5 comme chantait Good Charlotte. On vénérait les weird kids en regardant « Daria » et on trichait sur notre âge pour aller voir le reboot de « Massacre à la Tronçonneuse » avec Jessica Biel. C’est l’année durant laquelle Buffy a tiré sa révérence (on voit bien une affiche de la série dans la chambre de Summer d’ailleurs). On regardait beaucoup  « American Pie »  ses suites et en riant de blagues concernant une flûte, notre sens de l’humour était souvent lourd.

C’est aussi l’année qui a vu naître  » The OC », on rêvait d’être adoptés par les Cohen et de manger des bagles, en France du moins. Je vous parle d’un temps durant lequel les petits pains n’avaient pas débarqués dans l’Hexagone. Enfin si le film moque le bruit d’un modem, il faudra rappeler qu’on avait Internet. On y passait une vie à parler sur MSN. On y mettait des pseudos pour dire discrètement ce qu’on ressentait et on s’y parlait des heures durant entre ami.es. Les SMS étaient limités, on parlait en langage dit SMS avec des mots genre « kwa ? » pour utiliser le minimum d’espace et ne pas payer deux textos. Désolée pour les dégâts qu’on a causé à l’orthographe.

Alors quitte à être complètement daté.es n’hésitez pas à l’avenir, balancez-nous le grand jeu dans les prochains films, on veut tous les souvenirs de notre jeunesse.  On est prêt.es à se souvenirs en évitant j’espère de romantiser unne époque. « Bring me to life » crieront alors mes 15 ans et Evanescence.


Vous avez dit MaMA Music & Convention ? Comme toujours le festival rime avec découvertes. Des coups de coeurs, des dates qu’on voudrait ne pas voir s’arrêter, des picotements dans la poitrine, la scène permet de mieux s’approprier l’univers de celles et ceux qui la font vivre et de se créer des béguins musicaux. Certain.es dans le brouhaha ambiant du quartier sortent immanquablement leur épingle du jeu. En cette deuxième journée, comme des coeur d’artichauts, on a forcément eu des coups de coeur. En plus les coeur dans l’artichaut, c’est ce qu’il y a de meilleur. Il faut qu’on vous en parle !

Saint DX : The perfect date

Saint Dex Mama 2024
©Kévin Gombert

Bien se présenter, c’est aussi savoir soigner son entrée. En la matière Saint DX sait y faire. Le musicien n’ouvre qu’une petite fenêtre dans le rideau qui le dévoilera et s’y glisse dans un halo de lumière. Plutôt sage le crooner des temps modernes, ses lunettes greffées sur le nez et prenant le temps d’installer son cadre. D’entrée la musique fait mouche, une pop sophistiquée et référencée aussi accessible que bien écrite. Et si la production s’en mêle … nous voilà conquis.es ! Pour renforcer sa performance, le musicien à qui l’on doit l’album « Unmixtape » mais aussi la co-production de 7 titres de Damso, se pose un long moment derrière son piano et y dévoile sa voix de velours.  Maintenant en marcel, les lunettes en moins, Saint DX parait bien moins sage mais ne fait que gagner en intensité scénique. Serait-ce déjà « L’amour fou » comme son titre en duo avec Squidji ? Très probablement. L’amour flou ce sera pour plus tard quand la fatigue arrivera et que les yeux commenceront à piquer !

Saint DX
©Kévin Gombert

Martin Luminet : des rires aux larmes

MARTIN LUMINET MAMA 2024
©Kévin Gombert

La meilleure arme pour séduire c’est sûrement l’humour. Rire ensemble. Dis ainsi voilà qui parait commun et pourtant comme il est difficile de faire rire. Le rire est ce qu’il y a de plus humain. Le reste des vivants manquent de possibilité en la matière. La musique peuple la nature, le rire notre microcosme humain. Et c’est peut-être pour ça que Martin Luminet mérite tout le succès qu’il a enfin aujourd’hui. Parce que ses performances lives convoquent des mélodies si instinctives qu’elles en deviennent naturelles avec des interactions profondément drôles pour tous.tes. Ses textes, franchement poétiques, viennent parler à tous les coeurs et clairement aux nôtres. Il y a du Fauve dans ses mélodies. Un honnêteté sans fin, une plume précise qui fonctionne à tous les coups. Ses rythmiques ont l’efficacité que l’on prêtait au collectif culte seulement Martin Luminet, plus mélodique, joue sur une modernité sans fin. Polaroïd musical d’une société au présent qui vient à toucher les esprits. Ses refrains viennent s’y insérer avec évidence et on ne peut qu’hautement recommander d’écouter en boucle son album « Après deuil(s) ». Maintenant qu’on a les larmes aux yeux Martin les sèche une dernière fois : » Bon pour la transition je vais pas vous demander de vous occuper en parlant, vous faites ça tout le temps ici les pros » lance-t-il avant de nous inviter à voir ce qui se passe à la place quand on écoute sans papoter. Il prend une grande gorgée d’eau « Vous avez raison de parler, il se passe rien, on se fait chier ! » Jamais avec toi Martin !

 

Jean : l’honnêteté pour séduire

Jean mama 2024
©Kévin Gombert

C’est sur la scène du Backstage by the Mill que Jean participe à ce speed dating géant qu’est le MaMA. L’ambiance y est tamisée, un nuage enfumée permet de se dévoiler avec douceur. Voilà qui tombe parfaitement. Parce qu’avec Jean,  tout tournera autour de la sincérité et de la précision. les mots utilisés comme des armes se déversent. La musique lui permet de lâcher ses mots. Le protégé d’Odezenne a un néo rap d’une précision qui frappe juste à chaque phrase. Le clair obscure habite ses titres et vient résonner dans les coeurs. On se comprend, sa musique se déroulant comme un échange riche. Les têtes tournent et se tournent pour mieux le suivre. La nuit pourrait ne jamais s’arrêter alors que ses tranches de vie, ses ressentis viennent habiter nos âmes et parfois même se faire l’écho de nos sentiments. Jean lirait-il dans nos pensées ?  « Les nnon-dits », comme le titre de son morceau, il n’y en aura pas. Et n’est ce pas ce que l’on souhaite pour démarrer la meilleure des relations musicales ? « Arrête de faire comme si » chante-il, ici il n’y a pas de place pour les faux semblants.

DVTR : folies à deux

Si la folie à deux du Joker et de sa Lady Gaga n’ont pas conquis les coeurs, c’est parce que le vrai grain de folie en duo vient en réalité du Canada. La tornade punk en français dans le texte ne laisse jamais souffler son audience, l’entraînant dans un tourbillon intarissable. Les têtes tournent forts, plus que sous l’influences de quelques verres de vins que ce soit au Bar à Bulles ou en off chez The Mixtape. Son nouvel album et le premier pressé sur vinyle « Bonjour (BIS) » vient habiter les esprits et ne se permet aucune restriction. Il n’y aucune limite à cette dinguerie partagée. Cette folie à cent.  On saute, on danse, on crie. Et on ose tout dire. Il faut s’amuser, très sérieusement s’amuser. Alors la tornade vient frapper bien plus fort que la pluie qui s’abat en trombes sur Paris en cette seconde journée. On parle de fruits frais et de couleur de peau, on emmerde la police ! Ce rendez-vous sauvage à deux voix est de ceux qui pourraient finir derrières les barreaux. L’amour fou on vous dit !


The Driver Era @ L’Olympia – Paris – 2024 – Crédit photo : Louis Comar

The Driver Era, c’est le projet des frères Lynch, Ross et Rocky. Le premier, et lead singer de la formation, vous le connaissez déjà du  petit écran. Il était sur Disney Channel dans « Austin&Ally » mais aussi sur Netflix à l’affiche des « Nouvelles aventures de Sabrina » où il jouait Harvey Kinkle, l’amoureux de l’héroïne des premières saisons. En cette soirée du 7 octobre 2024 à Paris, le petit ami idéal proposait un show bien plus chaud que les flammes de l’enfer souvent évoqué dans la série. Un concert ensorcelant qui a fait disparaitre comme par magie les températures bien trop froides de ce mois de septembre.

You Keep Us Up Tonight

Il aura fallu attendre pour découvrir les frères Lynch sur scène ce soir. Attendre certes en bonne compagnies puisque deux premières parties s’étaient données pour mission de chauffer la salle parisienne avant que celle-ci ne tombe dans l’emprunte brûlante du « X Girlfriend Tour ».  Et c’est bien d’un rendez-vous galant dont il est question ce soir, peut-être même d’une histoire d’amour, du type qui se solde avec un bon soupçon de « X » (wink wink) . Voilà donc qu’à 21 heures 45, les lumières s’éteignent et que les frères Lynch décident de ne pas y aller par quatre chemins en débutant leur set par « Touch », un morceau qui n’est pas encore sorti dans sa version enregistrée. Voilà qui n’empêche pas la fan base de répondre à l’invitation par quelques cris et la preuve que chaque titre ce soir sera connu par cœur par l’assistance. Les tee-shirts de The Driver Era y sont d’ailleurs légion. « Touch » vous dites ? Et ensuite ? « You Keep me up at night » suit alors que la foule compacte occupe tant les premiers rangs que le fond de l’Olympia semble s’être vidé. Il commence à faire chaud ici, pourtant jusqu’au quatrième titre « Dont walk away », le jeu de nos dates reste relativement classique. Un chaleureux ( lui aussi) « Bonjour Paris » vient ponctuer ses premiers instants, avant que Ross ne confie avoir attendu toute la journée pour ce moment qui est enfin là.

The Driver Era @ L’Olympia – Paris – 2024 – Crédit photo : Louis Comar

Ce n’est qu’une rapide mise en bouche à vrai dire. Le menu sera bien plus causant, les échanges allant bon train au fur et à mesure de la soirée. Comme poussés par quelques verres qui enivrent et permettent aux langues de se délier. L’entente passe parfaitement avec le public. Ce rendez-vous galant se passe de mieux en mieux.

Heart of ours

Les cœurs battent maintenant à l’unisson comme vient à le rappeler le titre « Heart of Mine » mais aussi les cris de joie qui viennent ponctuer, telles des virgules, toutes nouvelles introduction de morceau. On commence maintenant à bien se connaître avec Ross Lynch, les minutes sont passées, on s’est présentés, il faut se mettre à l’aise. Alors voilà notre chanteur qui déboutonne l’intégralité de sa chemise pour dévoiler ses abdominaux. Impossible de mentir sur le sujet, l’apparition de ce torse n’est pas une simple réponse au thermomètre qui est monté d’un cran ( même si tout le monde a oublié la pluie qui tombe dehors maintenant).  Il s’agit surtout pour lui de jouer de ses atouts, si parfaits qu’ils semblent encore plus magiques que les sorts de Sabrina et de ses tantes.

The Driver Era @ L’Olympia – Paris – 2024 – Crédit photo : Louis Comar

Peut-être parce que la country est la mode, surement parce de fait tous les accessoires qui vont avec se trouvent partout, très certainement parce que Beyonce a sorti « Cowboy Carter » récemment mais voilà bien que notre chanteur en plus d’être à demi vêtu a ajouté sur sa tête un chapeau de cowboy. Accessoire idéal pour aller avec ses riffs solaires mais aussi pour s’essayer à un medley qui commencera par rendre hommage à Queen B. « Say My Name » des Destiny’s Child ( le groupe qui a fait connaitre la super star) résonne maintenant, « Nobody Knows »suit alors que « I Got a feeling » conclut l’instant. « I got a feeling that tonight is gonna be a good night » sonne comme la plus brûlante des promesses. Les cœurs s’embrasent suite à cette dernière, Croix de bois croix de fer, si je mens je vais en enfer. Son personnage dans Sabrina sauvait bien des âmes de ces abîmes et pourtant, nul doute que les fans de The Driver Era y suivraient les frères Lynch sans poser plus de questions. Un petit passage par « Malibu » extrait de l’album « Summer Mixtape » permet de faire entrer encore plus de soleil dans la salle. Il faut dire que la formation a le sens des mélodies accrocheuses entre une pop accessible, quelques éléments électro et un soupçon de rock dansant. Le rendu transpire bien plus la bonne humeur que les abdos de notre chanteur qui si quelqu’un l’avait oublié dans la salle a tombé le haut il y a un moment. D’autres reprises viennent ponctuer le moment, « Need You Tonight » d’INXS et « Birds of a Feather » de Billie Eilish en fin de set.

Un baiser pour se dire au revoir

The Driver Era @ L’Olympia – Paris – 2024 – Crédit photo : Louis Comar

Au court de ce set endiablé, Ross Lynch, personnification s’il en est de la luxure, en a profité pour prouver ses talents de musiciens, grattant ses cordes de guitares avec une vigoureuse énergie et passant, en groupe cette fois, derrière les piano, sourire angélique aux lèvres. Ce rendez-vous s’est donc passé à merveille. En plus d’en apprendre plus sur les talents de nos hôtes, on a pu découvrir que le meneur de la formation avait écrit une chanson pour une ex copine parisienne. Evidemment, le coup de cœur est facile dans la ville de l’amour.  Il reste encore un peu d’énergie à la foule pour danser une dernière fois et se laisser entièrement conduire dans le road trip proposé par The Driver Era . « Preacher Man » résonne puis deux titres de Ross Lynch, qui laissent présager la fin de soirée : « Can’t do it without you » puis  « On My Own ». Et comme tout bon premier rendez-vous, il faudra sceller nos au revoir sur un baiser, et ça tombe bien puisque c’est  » A Kiss » qui conclut la setlist. Le morceau est à retrouver sur un EP qui inclut le titre « Forever Always » et qui ce soir résonne comme la fin d’un joli conte. La chaleur n’a pas quitté la salle et le staff de l’Olympia a prévu en quantité des verres d’eau à disposition pour toute l’assistance. Il en faudra encore bien plus pour éteindre l’incendie The Driver Era.


PRIX JOSEPHINE 2024 BONNIE BANANE
©Kevin Gombert

Il est en France une tradition de prix décernés par l’industrie dont la justesse des lauréats semble parfois manquer de cohérences. Des découvertes qui n’en sont pas, des albums oubliés, la pluralité musicale de notre pays effacée. En ce sens le Prix Joséphine fait office d’OVNI dans le paysage. En 2024, il célébrait sa troisième édition et faisait face à son succès fulgurant étant même dans l’obligation de refuser certaines accréditations tant la demande était forte.

Concrètement, des journalistes musicaux font un premier tri des albums français qui ont marqué l’année via une liste de candidats. Cette année 350 artistes ont candidaté et envoyer leurs album. Un lourd travail pour le jury chargé de réduire ce nombre à 40. C’est finalement un jury composé d’artistes qui a la lourde tâche de choisir 10 finalistes parmi les albums qui leur sont proposés puis de sélectionner un ou une seul.e gagnant.e. Une démarche originale qui permet aux artistes valoriser d’autres artistes en ayant pleinement conscience de leur travail et de leur processus créatif. Cette année,  Disiz était le président de ce jury et particulièrement ravi de pouvoir effectuer ce travail de sélection et de récompense. Autre particularité, il récompense l’album qui marque une année et se base uniquement sur le format album. A ces côtés, un jury pointu dont les échanges ont été d’après son président fournis et houleux. On y trouvait Adé, Agoria, Irma, Dinos, Izïa, Léa, Bachar Mar-Khalifé, Maïa Colette, Rone et November Ultra.

C’est d’ailleurs November Ultra, première lauréate du prix, qui a joué les maîtresse de cérémonie le temps de la soirée, profitant des interludes du live pour interviewer les artistes mais aussi échanger sur leur profession commune et leur processus créatif.

C’est le 26 septembre en partenariat avec Fip Radio que le prix Joséphine révélait donc son grand lauréat à la suite des performances lives des 10 finalistes. Il est essentiel de relever la grande qualité de la sélection. La diversité y était de mise, faisant la part belle à des courants musicaux pluriels, des albums divinement écrits et produits mettant en lumière une nouvelle scène en pleine éclosion d’une immense richesse.

And the winner is …

PRIX JOSEPHINE 2024 BONNIE BANANE
©Kevin Gombert

C’est Bonnie Banane qui remporte le prix Joséphine 2024 pour son album Nini, un condensé de modernité, brouillant les pistes et les genres pour mieux ressembler à la personnalité déluré de la chanteuse. Cette dernière n’a pas manqué de remercier toute son équipe, dont celle du studio Motorbass, avant de … faire tomber son prix !

Le prix Joséphine en profitait pour présenter son nouveau prix, remis par les jeunes de 18 à 20 ans sélectionnés par le pass culture. C’est ce jury à part qui récompensait sur scène Luidji pour sa musique à fleur de peau et sincère.

Retrouvez le palmarès du Prix Joséphine 2024

PRIX JOSEPHINE 2024 BONNIE BANANE
©Kevin Gombert

A noter que les 10 finalistes sont toutes et tous les gagnant.es du prix.

  • Bonnie Banane – Nini
  • Clara Ysé – OCEANO NOX
  • Crystal Murray – Sad Lovers And Giants
  • ELOIDernier Orage
  • Irène Drésel
  • Lala &ce – Solstice
  • LORD$ – Speed It Up
  • Lossapardo – If I Were To Paint It
  • Luidji – Saison 00 :
  • Sophye Soliveau – Initiation