Il est en France une tradition de prix décernés par l’industrie dont la justesse des lauréats semble parfois manquer de cohérences. Des découvertes qui n’en sont pas, des albums oubliés, la pluralité musicale de notre pays effacée. En ce sens le Prix Joséphine fait office d’OVNI dans le paysage. En 2025, il célébrait sa quatrième édition et faisait face à son succès fulgurant qui lui permettait de s’offrir un Olympia plein à craquer pour sa première fois en public.
crédits : Louis Comar
Prix Joséphine : un prix qui récompense la pluralité musicale
Concrètement, des journalistes musicaux font un premier tri des albums français qui ont marqué l’année via une liste de candidats. Cette année 300 artistes ont candidaté et envoyer leurs album. Un lourd travail pour le jury chargé de réduire ce nombre à 40. C’est finalement un jury composé d’artistes qui a la lourde tâche de choisir 10 finalistes parmi les albums qui leur sont proposés puis de sélectionner un ou une seul.e gagnant.e. Une démarche originale qui permet aux artistes valoriser d’autres artistes en ayant pleinement conscience de leur travail et de leur processus créatif. Cette année, Laurent Garnier était le président de ce jury et particulièrement ravi de pouvoir effectuer ce travail de sélection et de récompense. Le DJ était le premier à offrir à la musique électronique un Olympia quand il s’y représentait en 1998. Cette salle, particulière pour notre pays est toujours définie comme mythique. Alors quand il y revenait pour défendre la pluralité musicale qui était encore tabou il y a 30 ans, le musicien était particulièrement ému de voir l’ouverture musicale de la scène actuelle. Autre particularité, il récompense l’album qui marque une année et se base uniquement sur le format album. A ces côtés, un jury pointu dont les échanges ont été particulièrement fluides. Pas de dispute pour choisir sa grande gagnante, la chose semblait presque évidente.
Flore Benguigui aux commandes prix josephine
Flore Benguigui par Louis Comar
C’est Flore Benguigui, qui travaille aujourd’hui chez FIP, partenaire et présentateur du prix, qui a joué les maîtresse de cérémonie le temps de la soirée pour la deuxième fois consécutive. Elle a profité des interludes du live pour interviewer les artistes mais aussi échanger sur leur profession commune et leur processus créatif. Au programme : une véritable fraîcheur et une volonté de parler musique et politique pour la chanteuse qui n’a pas hésité à parler du génocide à Gaza dès ses premiers instants sur scène.
C’est le 30 septembre en partenariat avec Fip Radio que le prix Joséphine révélait donc ses grandes lauréat à la suite des performances lives des 10 finalistes Parmi elles et eux on retrouve : Arthur Fu Bandini, Blasé, Gabi Hartmann, Ino Casablanca, Laura Cahen (qui a aussi joué dans notre disquaire The Mixtape pour l’instant promo) , Marie Davidson, Miki, Oklou, Theodora et Wallace Cleaver. Il est essentiel de relever la grande qualité de la sélection. La diversité y était de mise, faisant la part belle à des courants musicaux pluriels, des albums divinement écrits et produits mettant en lumière une nouvelle scène en pleine éclosion d’une immense richesse.
And the winners are…. prix josephine
Theodora par Louis Comar
Le prix Joséphine remettait en premier son prix choisi par les jeunes de 18 à 20 ans sélectionnés par le pass culture. C’est ce jury à part qui récompensait sans surprise Theodora pour son album pluriel et puissant entre danse et douceur. La chanteuse très attendue a offert une véritable prestation de boss lady et a profité de son interview pour parler de la situation des femmes au Congo.
Oklou par Louis Comar
Et c’est Oklou qui remporte le remporte le Prix Joséphine 2025. Surprise et émue, la chanteuse n’avait pas préparé de discours mais respirait la sincérité. Son album « Choke Enough » mérite en effet l’attention qui lui a été portée ! A découvrir d’urgence.
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Zaho de Sagazan – Olympia Paris 2025 – Crédit photo : Louis Comar
Il est des artistes que l’on porte particulièrement dans nos coeurs. Pour leur répertoires, certes, mais aussi parce qu’on les a vu grandir. De celle qui chantait des mots qui nous touchaient à celle qui toucherait autant le ciel qu’un immense public. Zaho de Sagazan est de cell.eux là. Aurions-nous voulu la garder comme un secret confidentiel ? Celle qui nous aurait susurré ses mots doux à l’oreille et seulement à notre oreille ? Point du tout, la beauté des créations de la chanteuse gagnent à être partagées. C’est par le live, un certain concert à Solidays qu’elle avait pris nos coeurs. Non que ce fut la première fois qu’on la voyait, mais ce fut la première fois qu’elle venait nous transpercer. C’est par le live, plus précisément, ce dixième Olympia en ce 16 septembre qu’elle viendrait asseoir définitivement son statut de plus grand nom actuel de la chanson française. A fleur de peau, elle comme nous, elle y posait ses délicates ailes sur scène. Et c’est finalement, nous tous.tes qui aurions du mal à atterrir des heures après l’avoir vue. On vous embarque dans le vaisseau de ce magnifique dernier voyage.
Zaho de Sagazan – Olympia Paris 2025 – Crédit photo : Louis Comar
Inspiration, aspiration, décollage imminent zaho de sagazan
Il n’est pas coutume de parler à la première personne dans un report. L’exercice de résumer un concert se vit à la troisième personne, comme un spectateur passif qui retracerait une soirée. On y tente de capter l’essence d’un temps et de le faire revivre par les mots. Mais cette fois exceptionnellement, le je pourrait bien être de la partie. Non pas par égo, mais parce que la sensibilité de Zaho de Sagazan est si belle qu’elle se vit comme un moment personnel. Le je pourrait devenir alors collectif. Puisque chaque visage sera alors baigné de sa lumière, vivant notre multiplicité d’une soirée comme une unité partagée. Les concerts de la chanteuse sont toujours des havres de liberté, de ceux qui se découpent en un temps précis, un spectacle organisé qui laisse pourtant place à la spontanéité, à la vérité, à la nouveauté. Comme sur chaque set, notre merveilleuse hôtesse ouvre son bal sur « La fontaine de sang » derrière son piano. On inspire avec elle, le temps est suspendu à sa voix.
Zaho de Sagazan – Olympia Paris 2025 – Crédit photo : Louis Comar
Les machines se révèlent, celles qui nous permettront en arrière scène de vivre ce « Dernier voyage » comme elle le répète inlassablement. « La symphonie des éclairs (le dernier des voyages) » c’est le titre de la version étendue de son premier album sorti en 2023. Un titre particulièrement judicieux ce soir, en cette dernière à l’Olympia, fin de tournée et clap de fin pour ce spectacle si particulier. Plus tard, la chanteuse confira avoir tant grandi, tant changé pendant ce voyage de 4 ans. Elle évoquera un Trianon qui lui semble le miroir d’une ancienne Zaho. A ces mots les images pointent le bout de leur nez … du Printemps de Bourges, d’un Point Éphémère, du Chant de Marin, d’une consécration éclair, aussi belle et rapide que ceux qu’elle chante dans sa symphonie. Puis les Zéniths, l’ouverture des Jeux Olympiques. Grandie, notre Zaho super star et toujours si vraie, nous invite à quelques « Apiration » de cigarette. Un brin coquin le titre, alors que la salle de concert interdit de fumer. Je me passe de nicotine occupant mes lèvres à chanter avec elle à la place. La noirceur des lumières, parfois rosies, toujours tamisées vient créer un univers onirique. Le je collectif, maintenant installé, les perçoit comme un tour de magie.
Zaho de Sagazan – Olympia Paris 2025 – Crédit photo : Louis Comar
Zaho de Sagazan – Olympia Paris 2025 – Crédit photo : Louis Comar
Le langage des douleurs zaho de sagazan
« Ce n’est pas un concert joyeux » prévient la chanteuse. C’est en partie vrai. La première partie des performances de Zaho de Sagazan sonnent comme l’avènement de temps obscurs. On y partage d’abord les douleurs, le live devient un exutoire de ce je collectif. Dans la foule, les visages plongés dans l’ombre ne lâchent pas la scène d’une miette. Plus qu’un exutoire, le lieu est un tribunal. La chanteuse dénonce la manipulation en amour « Ceux là je les appelle les putains de vicieux! » lâche elle appuyant avec une force féroce sur le mot « Putain », il résonne dans les airs, personnifie nos colères et nous voilà en train de chanter sur « Les dormantes », son premier succès. On clame avec poésie notre rejet de ces putains de vicieux, le notes claquent dans les hauteurs comme des petite bulles pleine de détresse. Elles explosent, le plaisir de les voir disparaitre se diffuse, et on chante plus fort comme nous y sommes invité.es. Seraient-ce des larmes au coin des yeux des je collectifs ? « Langage » suit. A-t-on habituellement nombre de langages dans les relations qu’on ne saurait traduire ? Zaho de Sagazan y répond par ses « Je t’aime » portés par des accords sombres. Ses musiciens, bien plus que des co-pilotes, sont d’incroyables mages aux sortilèges finement orchestrés. La chanteuse qui a la bougeotte devient le personnage féerique de son vaisseau scénique. Les ombres et les lumières s’y font boudoir.
Zaho de Sagazan – Olympia Paris 2025 – Crédit photo : Louis Comar
Les confidences continuent. « Tristesse » comme toujours permet de faire basculer le concert dans une nouvelle ère. « Vous ne m’aurez pas ce soir » chante notre commandante, alors que le set se pare de ses premiers atouts électro. C’est par ce titre qu’elle avait su avoir mon coeur, par ce titre encore qu’elle saura mener la guerre de l’honnêteté face à la tristesse. Et si on la repoussait ? Et si le je collectif acceptait de perdre le contrôle ? Pas encore, le vaisseau a encore de la route à faire avant d’enfin tout laisser partir en danse endiablé. « La symphonie des éclairs » invite à l’introspection et alors vêtue d’une cape noire et blanche, la chanteuse laisse son micro à un fan qui lui chante son texte en arabe. La langage est universel, la compréhension parfaite et par la volonté des souffles des voix de toute l’assemblée nous volons parfaitement au dessus des nuages. Il y fait toujours beau parait-il. Au fond de la salle, une petite fille greffée sur les épaules de sa mère vient nous le confirmer. Il y fait un temps délicieux. « Old Friend » sera aussi de la partie. Il fut interprété en compagnie de Tom Odell quelques Olympia plus tôt, le 12 septembre. Si l’acolyte enchante la douce voix de Zaho, il n’en est pas moins aisé de « pleurer dans sa voix » unique.
Zaho de Sagazan – Olympia Paris 2025 – Crédit photo : Louis ComarZaho de Sagazan – Olympia Paris 2025 – Crédit photo : Louis Comar
Tout lâcher, bien au dessus des nuages zaho de sagazan
Nous le disions, les concerts de Zaho de Sagazan se découpent en des temps précis et déterminés. Les lois d’un bon spectacle, le résultat de mois de travail et de réflexion. Parfois ces préparatifs peuvent entraîner un ballet trop connu, qui pourrait sembler répétitif si on s’aventurait à le revoir plusieurs fois. Pourtant, à chaque performance de la chanteuse, la montée en puissance du concert, son découpage n’est que naturel. Impossible de s’en lasser ou de sentir une redite. Alors lorsque les choses s’accentuent, l’excitation vient avec elle. « Ne te regarde pas » vient donner le coup d’envoi de ce changement. Plus qu’un titre, le morceau est un ordre, asséné avec force. Il faut se lâcher, il ne faut pas se prendre au sérieux. Entre deux refrains envoûtants, la musicienne intime. « Je crois que vous ne comprenez pas les paroles ! » Arrêtez d’avoir peur, arrêtez de penser à … votre tenue, « ce qui vous sert de corps », ce que l’on pensera de vous, « ce corps que j’ai détesté », « C’est lui qui vous suivra toute votre vie », aux regards, à vos téléphones, aux autres. Vous n’êtes pas votre page Insta, vous n’êtes pas une image. Vous. êtes. un. corps ! Et il va falloir le bouger maintenant. D’autant que la chanteuse menace, les prochaines 20 minutes seront longues si on ne suit pas la consignes. Elles seront exclusivement électro et ça c’est fait pour être dansé ! En à un si logique claquement de hanches, nous voilà propulsé.es dans un club berlinois.
Zaho de Sagazan – Olympia Paris 2025 – Crédit photo : Louis Comar
La nuit y est folle, la musique coule à flot dans nos veines. Les larmes sont séchées, la solitude n’existe plus, le collectif n’est plus jugement, il est aimant, célébration et sueur. Quelle chaleur ! Il est un épisode qu’on n’explique pas . En 1518, une fièvre dansante a pris d’un coup un village. Les habitants ont dansé sans pouvoir s’arrêter jusqu’à en mourrir. Il est des fièvres contagieuse que l’on explique. Ici, sur « Dansez », répété en boucle, on chaloupe, on fringue, jusqu’à tuer nos démons, nos angoisse et notre tristesse. Le corps est poétique. Et il ne peut être vu des autres, puisqu’enfin il est collectif et immense comme un Olympia.
Zaho de Sagazan – Olympia Paris 2025 – Crédit photo : Louis Comar
Zaho de Sagazan – Olympia Paris 2025 – Crédit photo : Louis Comar
Un dernière pirouette et nous voilà donc au rappel. Dans une émotion sans retenue, Zaho de Sagazan parle de ses idoles et des ses inspirations. La voilà qui reprend d’ailleurs « Unintended » de Muse, transcendant l’interprétation de Mathew Bellamy. Mais la chose paraissait logique. Suit « Modern Love ». Non content d’être l’un des chef d’oeuvres du plus merveilleux et du plus culte des musiciens, David Bowie, il est aussi celui que la musicienne magnifiait au festival de Cannes. Les amours multiples, modernes, ont leur place ici. C’est à eux que les douleurs et la sueur ont laissé leur place, un concentré d’amour plus fort que les éclairs. Et de celui-ci né la reprise de Brigitte Fontaine « Ah que la vie est belle ». Elle en profite pour inviter son staff à la rejoindre sur scène, des pancartes dans les mains. On manifeste sur la scène de l’Olympia, on milite pour cette jolie vie. On y reconnait un visage, celui de l’attachée de presse (hello Patricia et merci) et on en découvre d’autres. L’atterrissage ressemble à une grande fête populaire. Ce dernier voyage touche à sa fin. Nous étions là pour un p’tit voyage de rien du tout, cette nuit ce n’était pas sage dit la chanson. Qu’importe l’arrivée et ses secousses, ce passage dans la galaxie Zaho nous aura changé.es. Les bagages des maux qu’on porte sur nos épaules y auront été laissés. Nous n’en avons plus besoin. La symphonie elle restera à jamais en nous.
Zaho de Sagazan – Olympia Paris 2025 – Crédit photo : Louis Comar
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Elle était plus qu’attendue, cette nouvelle saison de Mercredi sur Netflix. Depuis que Tim Burton avait décidé de mettre en avant les histoires de la fille Adams dans…
Et voilà que l’automne est déjà arrivé ! Si la saison n’a pas officiellement commencé, les températures elles invitent déjà à se lover dans son plaid et à regarder les feuilles tomber. On peut profiter de septembre pour reprendre ses force puisque, octobre juste après, sera le mois du MaMA Music et Convention ! Il promet une nouvelle édition placée comme toujours sous le signe de la découverte au gré de déambulations dans le 18ème arrondissement et le quartier de Pigalle. Et pour mieux savoir où aller dans toutes les salles qui y participent, l’évènement a enfin dévoilé la totalité de sa programmation . Il ne faut pas s’y tromper il a toujours le nez creux, repère les talents, annonce les carrières et offre de très beaux moments de scènes. Alors à vos agendas !
MaMA Music et Convention, réservez les dates !
Outre les nombreux concerts, ce festival pour le moins indispensable est l’un des plus beaux rassemblements professionnels de la musique en France. Entre les lives, rencontres, échanges, ateliers et conférences s’adressant à ses participants. Créé en 2010, l’évènement est l’un des plus importants de l’année. On y croise plus de Plus de 6 700 professionnel·le·s de la musique au grès de Plus de 150 concerts et showcases.
Prenez dès à présent vos agendas et notez les dates du 15, 16 et 17 octobre en rouge, vous ne voudriez pas manquer cette grande fête. Côté intervenants, le MaMA accueillera cette année des acteurs.trices majeurs de l’univers de la musique. Parmi elles et eux on retrouve : Cerrone, Azzedine Fall (Deezer), Solène Lory (YouTube), Gadi Oron (CISAC), Claire O’Neill (A Greener Future), Mary Megan Peer (peermusic), Jorge Brea (Symphonic).
En attendant de vivre ces trois très belles soirées de concerts, découvrez l’annonce des derniers de la programmation ci-dessous. Pour toutes les informations sur le festival, rendez-vous juste là.
Voilà un artiste qui a su se retrouver sous les lumières des projecteurs en seulement quelques battements de cils. Sombr n’a que 20 ans et pourtant, il a…
C’est aux couleurs de l’Irlande qu’il faut se parer pour célébrer cette dernière journée de Rock en Seine. Une journée Up to 90 comme le dit l’expression irlandaise…
En cette troisième journée de festival, l’astre soleil est au coeur des préoccupations. Non pas que la météo soit un réel enjeu, les températures sont après tout, plaisantes. Mais plutôt parce que deux astres rayonnants viennent se poser sur la Grande Scène du festival. La fée Aurora et le culte d’Empire of the Sun ont en effet brillé sur le festival. Une course émouvante jusqu’au coucher du soleil que l’on vous invite à (re)vivre.
Empire Of the Sun : Here comes the Sun
Empire Of The Sun – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis
rora
En cette troisième journée de Rock en Seine, la programmation, bien que toujours hétéroclite fait la part belle à l’électro. Mais pas seulement. La synthpop s’invite aussi à la journée avec la présence des très visuels Empire of The Sun. Le groupe de Luke Steele originaire d’Australie multiplie les albums comme les rayons d’un soleil depuis 2008 et tourne actuellement pour défendre « Ask that god », son dernier jet. Le soleil s’étend sur le domaine de Saint-Cloud lorsque la formation prend possession de la scène. Ce qui attend les spectateurs est un mélange habile de jeux d’écrans et de grosse mise en scène. D’ailleurs un visage tel une statut déchue peuple l’espace. Un oeuf géant s’ouvre alors sur l’écran et fait échos à deux petits oeufs posés sur scène. En arrière plan, deux danseurs aux costumes changeants s’offrent des chorégraphies barrés. Leurs tenues colorées varient, de dieux aux yeux multiples à un rond personnage aux longs poils, celles-ci sont constamment changées. Le moins qu’on puisse dire est que la scénographie perchée compte bien en jeter plein le vue aux festivaliers. Maitre de cérémonie habité, Steele se place en grand gourou d’un monde imaginaire où tout prend des accents de science-fiction. Face à ce décors, des visages maquillés d’un trait blanc, identiques à celui du chanteur, dansent aux côtés d’un Marsupilami, parce qu’après tout, nous sommes en festival. La synth-pop et le glam rock s’alternent de « Changes » qui ouvre le set, à « Half man » ou encore « Cherry blossom ». Le nouveau jet est de la partie, les anciens aussi alors que les notes électros donnent à l’ambiance musicale quelque chose de plus synthétique que ce qu’un live peut laisser normalement paraitre. Il s’agit ici plus d’un spectacle et d’une expérience hautement visuelle que d’une démonstration peuplée d’instruments. L’empire du soleil, bien différent de celui de Spielberg, étend son nombre de disciples quand vient le temps des singles. « We are the people » résonne assez vite en une apogée qui pourrait signer la fin d’un concert. Point du tout, au contraire, le live s’intensifie alors, le grand prêcheur qu’est Steele convoque les dieux pour mieux faire voler sa prestation, changeant de chasuble, du noir au blanc immense chapeau vissée sur la tête. Il ne semble alors plus vouloir quitter la scène lorsqu’il envoie sa dernière salve de morceaux : « Walking on a dream », « Standing on the shore » et le très connu « Alive ». Ses notes résonnent encore longtemps alors que la troupe évacue l’autel de la Grande Scène. Il fait beau, le dieu soleil est clément et l’empire lui a transmis toute sa force.
Empire Of The Sun – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis
Empire Of The Sun – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis
Empire Of The Sun – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis
Empire Of The Sun – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis
Aurora : une aurore pour réchauffer les coeurs
Aurora – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis
La petite boule de lumière qu’est Aurora n’a de cesse d’émerveiller. Comme la plus belles des aubes, elle réchauffe les coeurs, album après album, concert après concert. C’est pourtant au crépuscule que la chanteuse norvégienne fait son entrée scénique pour son troisième passage sur le festival Rock en Seine. Si un public de fans l’attend en trans, c’est Aurora qui a les larmes aux yeux. Son émotion si sincère, si belle, ne peut qu’entraîner à la suivre d’est en ouest. Notre astre rayonnant défiant les dimensions pour mieux prendre place aux quatre points cardinaux. Ces larmes, elles les explique : » C’est notre dernière date sur la tournée européenne, ça fait trois ans qu’on est sur la route. » Si nombreux.ses sont les artistes à promettre que cette date est toujours la plus importante, la sensible Aurora nous fait la croire. D’autant que la petite fée dans sa robe volante confie au public le ressentir dans tout son corps (ventre, corps et fesses inclus). De sa voix aérienne, toujours profondément sublime, elle chauffe les coeurs, qu’elle parle ou chante. Fascinante, touchante, elle vole plus sur scène qu’elle n’y danse. La messe d’Aurora n’est qu’appelle à l’amour. « Je bande pour la planète, je trouve l’écologie très sexy » s’amuse-t-elle. Les morceaux s’enchaînent, volant dans les airs pour frapper fort au coeur. « Running with the wolves » est l’occasion de parler de liberté, « Runaway » d’évoquer la souffrance du peuple palestinien. Emplie d’un amour qui s’étend jusqu’à chaque recoin du parc de Saint-Cloud, elle dédie sa musique à celles et ceux qui souffrent en silence et invite à s’ouvrir à ses proche. « C’est le plus beau des cadeaux que vous pouvez faire » commente-elle. C’est aussi vrai que le partage de sa musique est l’un des plus beaux cadeaux que l’on puisse offrir. « What happened to the heart ? » son dernier album en date en est l’ultime illustration. On pourrait regretter l’absence sur la setlitst du tire « Everything Matters » qui lui avait permis de ramener Pomme lors de son dernier passage à Rock en Seine. Seulement sûrement parce qu’effectivement laissé.es à fleur de peau par un tel moment de grâce, tout compte aussi pour moi. Jusqu’à ses derniers pas sur l’avancé scénique pour récupérer un dessin tendu par une fan dans la foule. Et surtout jusqu’au drapeau LGBT, qu’elle brandit fièrement avant de quitter la scène. La petite boule de feu vole jusqu’aux loges, laissant la nuit se propager sur le festival. La chaleur qu’elle laisse derrière elle permettra de tenir qu’importent les températures.
Aurora – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis
Aurora – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis
Aurora – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis
Aurora – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis
Aurora – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis
Aurora – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis