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Julia Escudero

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Lorde à Rock en Seinephoto par Louis Comar
Lorde à Rock en Seine
photo par Louis Comar

Quand on travaille dans le milieu musical depuis longtemps, qu’on a la chance de vivre énormément de concerts, il arrive à terme qu’on les ressente différemment du grand public. On y porte un oeil plus professionnel, on les regarde du fond d’une fosse avec une certaine habitude, presque statiques et tout y est analysé. Les concerts comme celui que Lorde a donné ce 27 août à Rock en Seine sont de ceux qui changent radicalement la donne. Ils ont le pouvoir de vous replonger corps et âme dans l’état de fan. Un état hautement satisfaisant. Cet article ne sera peut-être pas vu d’un oeil objectif, sacro-saint mot que l’on souhaite trouver dans un reportage. Il sera  plutôt conté du point de vue de deux jambes qui ont sauté une heure et demie durant, d’une bouche qui ne cessait de chanter et d’yeux humides de joie.  Mais finalement ces sentiments, ceux qui nous font nous sentir plus que jamais vivant, n’est-ce pas objectivement, la meilleure des façons de raconter un concert ?  Vous voilà prévenu.es, cette fois, on en parle avec le coeur, le tripes et non le cerveau….

Here comes the Lorde

Les menaces de pluie sont encore présentes sur Saint-Cloud et nos vêtements sont trempés. La tempête qui s’est déchaînée cet après-midi ne nous a pas épargné.es. Mais voilà que Lorde débarque enfin. L’heure de Lorde a sonné et on en oublie tout, la pluie, la gadoue, le reste de nos vies. D’ailleurs, en grande prêtresse elle conjure le mauvais temps, pas une goutte ne tombera  son set durant. Elle chante très rapidement son premier succès « Royals ». La sobriété des premiers instants ne laisse en rien présager de la grandeur de la scénographie qui nous attend. Seuls deux danseurs accompagnent notre puissante meneuse et même en se débarrassant rapidement de ce titre, elle ne laisse déjà planer aucun doute quant à l’immensité de son aura. Il faut dire que ce gros single est loin d’être son favoris et on peut bien la comprendre avec une discographie si complète. On peut enfin passer aux choses sérieuses et entrer de plein pieds dans l’immense « Virgin » dernier né de Lorde. Un chef d’oeuvre de la pop, aussi sophistiqué qu’accessible. Taillé comme un album indé, écrit pour magnifier le genre. « What was that » entame la course alors que suit rapidement « Broken Glass ». Un titre sur lequel la chanteuse se livre sur ses troubles du comportement alimentaire et le fait d’accepter cette maladie qui est sienne pour mieux en guérir. Un morceau d’autant plus important avec le retour tragique que l’on connait actuellement de l’Heroine chic et les débats autour de la santé d’Ariana Grande. Tout le concert du long, Lorde balancera à coup de paroles importantes des sujets qui iront toucher tous les coeurs. Pour autant, le live lui ne laissera rien paraître de l’extrême sensibilité de sa compositrice. Quelques larmes coulent déjà sur les visages. La prêtresse échange volontiers avec la foule, comme dans une jolie tirade dans laquelle elle expliquera son amour pour Paris. Venant d’une toute petite ville en Nouvelle-Zélande, la ville des lumières lui semblait un rêve impénétrable lorsqu’elle était jeune. Et la voilà aujourd’hui qui la prend d’assaut et en est, le temps d’un concert, la lumière la plus vive (même si certes, ici c’est Saint-Cloud).

Lorde of the Stage

Non que chaque titre ne soit jusque là un banger et que chaque note ne soit pas chantée au mot près, il n’empêche que c’est un pure bonheur que d’écouter enfin « Buzzcut Season ». Le morceau profite d’un tempo tout particulier en live, une sorte de version hybride et l’affaire prend immédiatement. On frissonne volontiers en chantant les paroles, « Make-believe it’s hyper real », parce que la manière dont Lorde place le mot Hyper real est si particulier. Il donnerait l’envie subite de se la graver dans la peau en un joli tatouage comme une opposition au Monde du paraitre qui nous entourre. Il y quelque chose dans cette prononciation qui donne à ce terme une importance capitale. On regarde autours de nous et on se permet de détourner les paroles du titre quelques secondes lorsqu’elle évoque son « Favourite friend ». Ne serait-ce pas celles et ceux qui nous entourent ce soir ? Ce trop plein d’émotions est si hype réel qu’il en devient tangible. Tout comme la scénographie qui s’est révélée. Lorde qui chante collée contre une vitre face camera. Cette même caméra qui la suit en gros plan même lorsqu’elle boit de l’eau. D’immenses cubes lumineux qui ne cessent de changer de positions, faisant même voler notre Lorde dans les airs, des jeux de lumières infinis. A son image, tout est carré mais jamais surfait. Veste retirée, on voit maintenant les paillettes légères qu’elle a placé sur tout son corps. Point trop d’artifices, de maquillages, de tenues de scènes ou de gros décors. Il y a quelque chose d’aussi brut que sincère qui vient peupler ce spectacle. Puisque la chanteuse arrive parfaitement à cumuler les deux, le vrai show spectacle et le vrai concert qui centre tout sur la musique. Son naturelle la rend magnifique. La voilà qui introduit maintenant son album culte « Melodrama », certainement un fan’s favourite avec le titre « Le Louvre ». La dernière fois qu’elle était à Paris pour son concert au Zénith en plein hiver, elle était souffrante. « J’étais un zombie » précise notre Mona Lisa avant d’expliquer avoir trouvé de la force dans toute l’énergie que le public français lui donne toujours. « Hard Feeling » est également de la partie mais c’est surtout la pause douceur sur « Liability » qui marque. Evidemment ce n’est pas l’occasion de reposer nos voix, peut-être juste nos jambes qui ne sautent plus quelques secondes durant.

Sa majesté des foules

Lorde à Rock en Seinephoto par Louis Comar
Lorde à Rock en Seine
photo par Louis Comar

Voilà bien longtemps qu’une heure et demie n’était pas passée aussi vite.  Le concert arrive bientôt à sa fin mais il lui reste encore une dernière séquence à couper le souffle. Quelques très jolis effets scéniques dont une vestes qui balance des lasers rouges, faisant de la musicienne et de ses pas de danse, la gardienne des lumières de la soirée. Mais aussi l’affichage continu des battements de son coeur sur écrans géants. De plus en plus rapide à mesure qu’elle se déchaine. Comme les nôtres sans en douter. « Supercut » résonne maintenant dans tout le parc de Saint-Cloud, sur scène les lumières sont bleues. Nos esprits sont perdus dans un tourbillon musicale. Si nos pas sont aléatoires, il faut se rappeler que dans nos têtes « We do everything right ». Pas le temps pour nos talons de toucher le sol voilà que débarque « Team », single puissant du premier né de Lorde , le parfait « Pure Heroine ».  La chanteuse s’y raconte et y donne corps à l’amitié. Un sentiment puissant qu’elle raconte de façon cinématographique. La claque est pleinement prise et on voudrait arrêter le temps pour que ce moment perdure encore et encore.  Ce premier album, c’est aussi l’histoire de sa vie dans une petite ville de Nouvelle-Zélande comme l’avait expliquer Charli XCX à un interviewer qui l’avait prise pour Lorde en lui demandant de quoi parlait son tube « Royals ». Charli, sans sourciller avait répondu comme s’il n’y avait pas de confusion. L’amitié des deux est actée. D’ailleurs l’enfant terrible de la pop l’avait invitée à la rejoindre sur « brat », plus précisément sur le titre « Girl, so confusing » qui est justement interprété ce soir. La bande de Lorde se détend sur scène, fume une petite clope. Et voilà que« Green Light » débarque.  C’est par lui que commence « Melodrama », comment ne pas tomber immédiatement amoureux.se de cet album ? Evidemment sur scène tout est vert … comme le brat summer qui aurait pris un nouveau visage. Combien de mega tubes a donc cette chanteuse ? Chacune de ses compositions frappe si fort et si juste. « David » vient clôturer la page « Virgin » pour ce soir. A cette occasion un drap géant est envoyé dans la foule pour que ses fans écrivent dessus, des ressentis, des sentiments.  Une manière de figer le ressenti de l’instant.

Lorde à Rock en Seinephoto par Louis Comar
Lorde à Rock en Seine
photo par Louis Comar

Surtout, sur les écrans apparaissent les termes « I don’t belong to anyone ». Et pour toutes les personnes prêtes à tout pour être aimé.es, celles et ceux qui ne savent jamais dire non, mettre des limites, les mots deviennent immédiatement un mantra. Tout comme un rappel pour les femmes hétéros de garder leur liberté face aux hommes. On ne voudrait pas voir arriver cette fin, mais quand les premières notes de « Ribs » résonnent, il faut bien admettre que leur appel est plus fort que la tristesse. Lorde s’élance alors dans la foule et vient chanter son dernier titre au milieu de son public, en trans. « You’re the only friend I need » répète-elle en boucle alors qu’on se demande si ce seul ami ne serait pas finalement la musique. Cette passion dévorante, obsédante pour des mélodies, des albums et des sons, qui peuplent nos vies et leurs donnent tout son sens. Celle qui éponge nos douleurs et fait résonner nos rires (« ’til our ribs get tough »). Chaque artiste peut avoir cette place centrale et cette capacité pour quelqu’un. Celle de nous rappeler pourquoi on se lève chaque jour et pourquoi on se bat. Je vous souhaite de trouver votre Lorde, ce soir j’avais la mienne.

 

Ndlr : Un merci tout particulier à Marion qui nous a permis d’apprécier cet incroyable concert dans les meilleures conditions possibles et à Louis d’avoir trouver la meilleure place et pour les superbes photos.


Ariana Grande est-elle malade ? Doit-on la laisser tranquille ? S’inquiéter de sa santé serait-ce encore commenter le corps des femmes ? Alors que la chanteuse vient de publier son très attendu album Petal, les réseaux sociaux s’enflamment bien plus sur ce sujet que sur les mélodies elles-mêmes. Certes l’album bat tous les records et se classe dans les tous les tops Spotify. Il n’empêche que le clip du titre éponyme est celui qui fait jaser. On y retrouve Ariana Grande qui dénonce justement l’acharnement dont elle est victime. Elle y raconte images à l’appuie les pressions qui sont les siennes, le jugement continu que lui renvoie sa fan base et ses détracteurs. Elle y dénonce ne jamais être à sa place, tronçonne ses maux. Ariana Grande parle de célébrité. C’est ce qu’elle connait, depuis qu’elle est bien trop jeune. La célébrité précoce sacrifie toujours ses enfants. Elle brise, Britney Spears en aura été l’illustration suprême. Mais cette célébrité, elle n’est pas nôtre. Ce message, même si on l’entend est celui qui vient fausser le débat. De même en est-il du fait de savoir si nous devons ou non nous octroyer le droit de commenter le corps de la chanteuse. Parce qu’alors qu’elle dénonce avec ferveur notre envie de juger son image, c’est bien squelettique qu’elle apparait à l’écran. Le mot n’a rien d’insultant, il n’a pas notion de jugement de valeur. Il est ici un constat froid, le squelette de sa cage thoracique apparait sous nos yeux aussi impuissants qu’influençables. Et l’affaire a un horrible goût de déjà vue. De ce regard que l’on posait anciennement sur le corps de Nicole Richie au début des années 2000. Elle aussi argumentait, comme Ariana être simplement à son poids de forme. L’heroine chic peuplait alors nos vies, comme les site pro-Ana pour pro Anorexie. Voilà qui fut le cas également pour Taylor Swift quelques années plus tard qui croulait sous les TCA. Elle même promettait aller très bien, renvoyant l’idée au grand public qu’être bien c’est surtout être très mince. Encore et encore, le schéma se répète. Et avec lui l’envie d’accuser les femmes qui en sont autant les victimes que l’étendard. Ces célébrités qui peuplent nos vies et font bonne presse à une minceur si extrême qu’elle tient, quasi toujours, du trouble du comportement alimentaire. Et donc, rappelons-le de la maladie. Que doit-on faire d’elles ?

ariana grande 2026
ariana grande 2026

Ariana Grande, une pause loin des regards

Les réponses vont bon train. D’autant qu’aujourd’hui la parole s’étale sur tous les réseaux sociaux. Chacun.e y va de son avis, retrace son vécu, parle en toute liberté de TCA comme de laisser tranquille leurs artistes chouchoutes. D’autant plus maintenant qu’Ariana Grande a annoncé qu’elle comptait prendre une pause à la fin de sa tournée Eternal Sunshine en septembre, renoncer à la comédie musicale « Sunday in the park with George » à laquelle elle devait participer à Londres en septembre 2027. Il est temps pour elle de s’éloigner des lumière explique-t-elle, elle souhaite se retirer un temps de la vie publique. Elle serait lassée de lire les commentaires sur son physique, souffrirait trop de ce qui en est dit. Il faudrait, nous dit-on conclure en beauté ses spectacles et enfin se reposer.

Certain.es s’offusquent, pleurent alors dans des vidéos. A cause des détracteurs, leur idole ne sera plus présente pour elles et eux. Une idée insoutenable. Il aurait fallu lui foutre la paix. Il ne faudrait pas se demander à quel point sa santé bascule sous nos yeux depuis plusieurs années. Il ne faudrait pas relever la minceur extrême du casting de « Wicked ». Même si la chose semble bien funeste. En plaçant cette notion on confond toujours le concept de commenter le corps d’une femme, ce qu’on ne souhaite plus faire, et taire la maladie et ses conséquences sur la société.

ariana grande 2026
ariana grande 2026

Blâmer les justes coupables

Il est pourtant temps de se poser les bonnes questions. Comment en tant que société peut-on à ce point raconter la valeur de la maigreur continuellement au point de créer comme repère, comme modèles des artistes que l’on a rendu malades ? La réalité se trouve sur nos réseaux sociaux chaque jour. Alors que l’on voit continuellement des publicités vantant les mérites d’un probiotyque pour perdre du poids, de conseils silhouettes, de comparatifs de corps suite à une perte de poids qui serait le secret du bonheur. Le problème vient d’images vantant une obsession maladive pour le sport que l’on ne pratiquera jamais assez, des calories que l’on compte. Pratiquer une activité sportive c’est excellent évidemment, ça l’est moins quand ça tourne à la culpabilisation liée aux résultats et à l’idée que tout le monde pourrait s’il s’entraîne assez avoir le même corps. Le problème est dans les tailles présentes en boutique de vêtements qui mettent de côté n’importe quelle personne qui ferait plus d’un XL. De mots distillés chaque jour : Summer body, regret d’avoir mangé du sucre, blague sur la prise de poids dès que l’on mange. Remplacer le plaisir alimentaire par l’idée de s’être lâché.es. Nous sommes dans une société régie par le contrôle de soi, constant. Par l’obsession de l’image. Et la perfection de l’image doit se faire dans la difficulté et la souffrance. On pointe du doigt Ariana Grande parce que trop maigre pour ne se demander ce qu’il l’a conduite à perdre ce poids. Et pour oublier que dans le sillage de ce qu’elle vit, qu’on ne prétendra pas connaitre, elle s’expose à l’oeil influençable d’un public jeune qui peut imaginer sa maigreur comme une critère de beauté. On maintient sous nos yeux l’image de la très jeune femme que l’on a connu, au risque de dire que ce qui est beau chez une femme c’est d’avoir un corps adolescent pour ne pas dire enfantin. On crée un fantasme qui ne saurait évoluer. Ni grandir, on interdit aux femmes de prendre la place. On le fait tous et toutes, sans le vouloir, parce qu’on nous a appris que le « beau » est primordial et que le beau est synonyme de mince.

ariana grande 2026
ariana grande 2026

RIP Body Positive movement, parti trop tôt

S’il ne s’agit jamais de juger d’un corps mince- chaque morphologie doit être équitablement célébrée-  il est faut aujourd’hui admettre que celui d’Ariana Grande ne correspond plus au simple critère de minceur. Son corps semble souffrir de dénutrition, ce qui peut être très grave.  L’anorexie, en plus d’entraîner de grandes souffrances, tue. Elle n’est pas la première, elle est l’un des nouveaux visage de ce fléau. On n’oublie pas Whitney Houston entre la fin des années 90 et le début des années 2000 que la pression avait poussée à une maigreur extrême accentuée par la prise de drogues. L’inquiétude aujourd’hui est autant lié à Ariana Grande et sa santé qu’au miroir tendu à notre société. Le body positive n’aura pas tenu la route plus de 5 minutes. Il aurait pourtant été l’une de nos meilleures luttes. Mais, il faut souffrir. Si Ariana Grande ne doit pas être mise au bûcher c’est parce qu’elle est victime, de propos aliénants. Tu dois être mince, plus toujours plus, aura-t-elle entendu comme nous sur chaque pub, écran et sûrement de la part de son entourage professionnel. Et puis, tu es maintenant trop maigre lui dit-on aujourd’hui. Malgré tout ses efforts, elle ne serait jamais assez bien. Nous ne sommes pas là pour la diagnostiquer, il va de soit. Souffre-t-elle d’anorexie ? La maladie a elle-même plusieurs formes. Et elle peut aussi venir des nombreux chocs rencontrés par l’artiste entre l’attentat dont a été victime son concert, la perte de Mac Miller… Son poids peut avoir des sources multiples, et cela relève de son intimité.

Un ancien journal de bord qu’elle tenait en ligne, dévoilant ses secrets pour rester « Healthy » semble bien pointer pourtant vers une obsession induite sur la quantité d’aliments ingérés. Mais qu’importe finalement les motifs de cette maigreur, il faut s’en inquiéter avec bienveillance. Pour qu’elle se sente le droit de guérir, d’exister, de ne plus souffrir. Il ne faut pas juger la chanteuse mais bien notre regards sur les corps, notre rapport au poids et comment celui-ci a été induit.

ariana grande 2026
ariana grande 2026

Praise Jameela Jamil

L’actrice Jameela Jamil, grande prêtresse féministe a toujours eu les mots justes. L’ancienne actrice de l’immense « The Good Place » a elle-même souffert d’anorexie. Après avoir visionné le clip de Petal, elle a, à très juste titre pris la parole pour dénoncer une glamourisation de l’anorexie : « Si nous commentons son corps, nous risquons de nuire à sa santé mentale, ce qui serait terrible, et personne ne le souhaite » puis d’ajouter : « Si nous ne commentons pas son corps, nous risquons de normaliser cette image auprès de centaines de millions d’adolescentes, d’enfants et même d’adultes influençables qui consomment son contenu. Un contenu qui met délibérément en avant ses os et sa silhouette menue à l’aide de ceintures et de corsets ». Elle en profitait pour ajouter que les photos d’Ariana Grande, et de son clip tournent aujourd’hui sur des sites pro-Ana et est montré comme modèle par de jeunes-filles qui en font un objectif. « Elle est en train de mourir sous nos yeux » alerte alors la comédienne à très juste titre.

Pour Ariana, Nicole, Lana, Taylor, Kelly et nous

Aujourd’hui Il faut surtout offrir au Monde le droit de se laisser aller, d’abandonner cette aliénation collective. Remercier la vie d’avoir accès à de la nourriture qui nous maintient en vie. De ne pas vivre une période de famine, ou dans un pays qui souffre de le faim, ce qui n’est pas le cas partout dans le Monde. Il faut faire du soin de la santé mentale, le premier critère de beauté. Rendre l’apaisement roi, il faut lâcher nos corps, les laisser vivre et les aimer collectivement. Le summer et le winter body serait ceux qui sont les nôtres. Nos imperfections doivent enfin devenir nos critères de beautés. Il faut accepter de vivre sans scruter nos images. Pour Ariana, Nicole, pour Taylor, Lana, Kelly Osbourne. Pour nous toutes et tous.

KJ Apa ou quand un homme prend la parole

 

Quelques mots sur KJ Apa qui livrait récemment un témoignage essentiel. Le comédien mais aussi chanteur (puisque l’on sait qu’il est également Mr Fantasy, secrètement pas si secrètement) s’offrait un moment de confidence avec son ex co-star de Riverdale Cole Sprouse. Il en profitait pour raconter être un personne qui tombe rapidement dans les addictions. Pour illustrer le propos, il racontait alors qu’en plein confinement alors qu’il devait reprendre le tournage de Riverdale, il devait surveiller son corps pour retrouver celui d’Archie. Un corps qui devait être « parfait » donc, comprendre sec et très musclé. Mais voilà que notre acteur isolé pour ne pas risquer d’attraper le COVID avait envie de manger. Un soir, il commanda, nous dit-il, un gros menu Mac Do. Oui mais pris de remords après en avoir mangé, le voilà qui jette ses reste et urine dessus. Histoire de s’assurer de ne pas en manger de nouveau. Il explique également qu’il se faisait alors souvent vomir à cette époque. Ce soir là, la faim le reprend. Il se jette sur sa poubelle et vient à manger les morceaux que l’urine n’a pas touché. Ce qu’il en conclut, c’est bien qu’il est le problème. Qu’il ne peut se laisser aller sans tomber dans l’addiction, dans l’excès. Son témoignage est essentiel parce qu’il rappelle que la pression sur le corps des hommes existe tout autant. Elle est juste différente. On attend d’eux une musculature idéale, là encore sans que la moindre trace de graisse ne vienne pointer son nez. Cette attente, si peu réaliste participe au développement de troubles du comportement alimentaire. Le problème n’est pas l’envie de KJ Apa de manger un big Mac ou plusieurs. Le problème est la culpabilité qu’il éprouve à cette idée. Le problème est l’attente que l’on met sur son corps et la pression qu’il met sur l’idée de manger certains types de repas. L’addiction et la frustration peuvent facilement se lier en un tout néfaste. Il faut que l’on change nos regards pour que les célébrités que l’on regarde puissent s’autoriser à vivre autrement. Et qu’elles nous aident aussi à libérer nos corps. Il faut que le poids ne soit pas plus un poids si lourd sur nos consciences.


Kasabian - Salle Pleyel Paris 2026 - Crédit photo : Louis Comar
Kasabian – Salle Pleyel Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar

Nouvel acte pour un nouvel empire

Sommes-nous en train d’assister au début d’une nouvelle ère pour Kasabian  ? En matière de théâtre, le troisième acte signe la résolution ou le moment du climax. Si Kasabian est loin de donner ses dernières répliques, son « Act III » prévu pour le 4 septembre 2026 s’annonce déjà comme un tournant majeur dans une carrière longue de 22 ans. Les britanniques étaient longtemps vus comme la véritable relève d’Oasis. Un brin impétueux, génies de la brit pop aux capacités fascinantes. Sur cette longue période, les albums n’ont eu de cesse de s’enchainer. Avec huit productions déjà dans les bacs, ce neuvième opus promet d’être un nouveau tournant. Si chaque album de la formation a toujours été l’occasion de se renouveler, celui-ci pourrait bien puiser son inspiration dans son impressionnante discographie qui s’écrit comme une machine à hits imparable et parfaitement huilée.

Une odyssée ? Ce ne serait pas surprenant tant la formation va puiser dans l’univers cinématographique pour dévoiler ses nouveaux contours. Le clip du titre « Great Pretender », single déjà dévoilé est par ailleurs inspiré de deux films : « 2001, odyssée de l’espace » et le culte « Mullholand Drive ». Autre single déjà révélé, celui de « SUPERPOWERS » dont le clip a été dirigé par l’omniprésent et charismatique leader Sergio Pizzorno. Ce dernier avait pris la relève en 2020 de Tom Meighan, qui avait été évincé (à juste titre ) du groupe suite aux plaintes de son ex-femme concernant des violences conjugales. Un changement majeur qui a permis à Sergio de s’approprier la totalité du projet lui donnant une toute nouvelle dimension.

Comme ce fut le cas sur ses derniers jets, le groupe va puiser dans une source musicale très variée pour faire de ses compositions des super hits. Comme sur leur second né, « Empire », la formation varie les genres et balance autant de pop que d’électro, de heavy rock, gospel ou encore des sons plus orientaux. Le résultat est toujours spectaculaire et promet une rentrée boostée par une avalanche de hits.  Mais avant de reprendre le chemin de l’école – ou du travail- il était temps de se laisser pleinement aller à l’été et au chant des cigales. Bien plus fourmis que cigales, notre joyeuse troupe profite, elle, des beaux jours pour s’offrir une belle tournée des festivals. Et en France ? C’est en salle qu’elle avait choisi de dévoiler quelques bribes de son nouvel acte. Et si on levait le rideau ?

Kasabian sous les projecteurs de la Salle Pleyel

Ce 29 juin alors que le canicule avait enfin quitté la capitale pour laisser place à une chaleur bien plus acceptable, le rendez-vous était donné à la Salle Pleyel de Paris. La chaleur allait bien y revenir, plaisante cette fois, sous le coup d’un concert entre brit pop et électro complètement hallucinant. Point besoin de grosse scéno pour séduire, le groupe de Sergio Pizzorno se suffit à lui même et profite de l’énergie hors normes de son frontman pour créer l’évènement. D’ailleurs, la performance a bien plus des airs de one man show  greffé sur des ressorts que de celle d’une formation entière. Hypnotisant, notre chanteur prend la totalité de l’attention et n’aura de cesse une seule seconde d’arpenter les lieux, de sauter partout, d’aller chercher jusqu’au plus récalcitrant des spectateurs pour le plonger dans le bain. La disposition de Pleyel et sa mini fosse, pas franchement rock n’a pourtant pas réussi à enlever quoi que se soit à l’engouement du public.

Parmi eux et elles, un large panel d’âges, les cheveux gris côtoyant joyeusement les plus beaux sourires adolescents. Mention particulière à une jeune fille au balcon, qui n’a cessé de danser collée à la barrière avec ses deux potes. Puisqu’en matière de spectacle, du moins sur ce genre de prestations, l’énergie tient autant à celle du groupe qu’à celle de la salle. De son côté, notre Sergio sous ses airs un brin blasé y va de tous les superlatifs pour distribuer généreusement sa force. Peut-on dire qu’il en fait un peu trop à coup de « C’est le meilleur concert qu’on a fait » ou de déclarations d’amour répétées en boucles ? Peut-être mais qu’importe le flacon tant qu’on a l’ivresse. Et celle-ci est bien présente. En cause, la set-list qui va joyeusement piocher dans la large discographie du groupe. Tous les albums verront ainsi certains de leurs titres interprétés à l’exception de « The Alchemist’s euphoria » publié en 2022. Et il faut dire, qu’à voir la performance s’écrire, une pensée vient à rester à l’esprit : le groupe est une giga machine à mega hits. Du coup, l’ennui se voit entièrement proscrit de l’heure et demie que nous vivrons ce soir-là.

Après un démarrage sur « Hey Jude » des Beatles – mais Oasis voulait être le nouveau Beatles et si Kasabian est le nouveau Oasis alors tout fait sent – le groupe décide d’attaquer par « Club Foot ». Grand admirateurs du sport (et du club de Leicester)  qui fait autant vibrer le UK que nos coeurs de frenchies, en pleine coupe du Monde, la boucle est bouclée. D’autant plus que Sergio aborde son meilleur maillot Zidane sur scène. Pour qui aime autant le rock que le ballon rond, le moment est précieux. Et pour qui comme moi reste dubitative sur ce sport, l’instant pourrait bien être à la clémence et se laisser aller à dire foot sans y voir un soucis (ou à l’écrire mais ceci est une autre histoire).  Le reste du concert vient à s’écrire comme un giga best-off et même une fête populaire. Quelques reprises viennent à ajouter leur touche de piquant dans la soirée comme sur « You’re in love with a Psycho » qui permet d’insérer « We are your friends » de Justice vs Simian en outro. La fête prendre même les traits d’un chant collectif sur « L.S.F » en bout de parcours à coup de refrain prolongé et repris sous les consignes du frontaman par les rangs du haut, puis du milieu, puis de devant …. vous avez l’idée.

Kasabian - Salle Pleyel Paris 2026 - Crédit photo : Louis Comar
Kasabian – Salle Pleyel Paris 2026 – Crédit photo : Louis Comar

Au milieu on ne peut que se réjouir d’avoir pu chanter rapidement sur l’excellent « Shoot the Runner » qui vient bien nous shooter en plein coeur pour mieux laisser nos jambes se mouvoir en des pas saccadés. « SUPERPOWERS » faisait quant à lui un début réussi bien que trouvant timidement son public. Mais n’est ce point toujours le cas sur une première en live ? Quelques sondages passé sur qui suit la formation depuis ses débuts et nous voilà déjà projetés sur un final sous forme de rappel en trois titres. Trois actes encore ?  Un coup classique pour trois derniers moments de plaisir jusqu’à l’apothéose sur « Fire ». Point besoin de pyrotechnie pour allumer le feu, ni de feu Johnny. d’ailleurs  Les chaleurs m’auront laissée sujette à des troubles du jeu de mots discutable. Laissons donc passer l’été, la rentrée s’annonce déjà comme sublime puisqu’elle promettra d’enfin écouter ensemble cet « Act III ».


We Love Green 2026 - Jour 2 - Theodora - Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 2 – Theodora – Crédit photo : Louis Comar

Les titres, nous avons coutume de les choisir. Mais pas avec Theodora, on ne discute pas avec la boss, on lui obéit lorsqu’elle donne ses consignes. Alors, tout naturellement, lorsqu’elle donne en début de set sa nouvelle définition de la soirée rappelant que ce soir c’est We Love Boss Lady, on l’écoute et renomme tout, nos articles et fichiers à l’unisson de cette revendication. D’autant plus qu’elle est hautement pertinente. Passée de la petite scène du festival à la Main Stage ( la scène de la prairie) en seulement un an, la chanteuse a relevé tous les défis. Le devant de scène est plein à craquer. D’un public varié, aussi fasciné par la boss que venu s’amuser.

We Love Green 2026 - Jour 2 - Theodora - Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 2 – Theodora – Crédit photo : Louis Comar

Theodora : la queen de We Love Green

Theodora s’offre un immense décors, aussi fou que ses compositions et son personnage. Sublime dans sa tenue qui pourrait bien faire penser à une Poison Ivy, elle s’impose. Son aura envahi le festival. La boss veut faire le show et elle le fait parfaitement. Lorsqu’elle lance les festivités sur « 243 KMH » tout le monde chante. Chaque mot. Sans exception. Voilà qui sera vrai sur la totalité d’un concert survolté et peuplé de quelques feats : Meryl, Disiz et D-Juno viennent ainsi se greffer à une grande fête populaire.

We Love Green 2026 - Jour 2 - Theodora - Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 2 – Theodora – Crédit photo : Louis Comar

Si « Big boss lady » est interprété tel un hymne en deuxième position de sa set-list, « KONGOLESE » lui permet plus tard de rappeler qu’elle est aussi « Une congolaise née ici ». Ses racines, sa défense des femmes dans chaque gestes et propos peuplent un univers festif, immense et puissant. Fait rare en concert, lorsqu’elle décide de traverser la foule elle indique qu’une chose est certaine : « On va pas se toucher ». Elle traverse alors tout le public pour chanter avec ses fans sans que personne ne la touche. Theodora, on la respecte, elle décide, on dit oui. Et surtout, elle a raison, Billie Eillish elle-même le racontait, les chanteuses peuvent subir les gestes déplacés dans le public. Au milieu de gros artifices, les morceaux défilent à toute allure. On danse autant sur « Des mythos » que « Go » ou « Spa ».  D’autant que les chorégraphies de ses danseurs et les siennes sont calibrées à la perfections. Impressionnantes, festives, elles semblent aussi spontanées que travaillées. L’univers de Theodora, son immense succès, sont autant de bouffées d’air frais dans un paysage qui ne demande qu’à se renouveler. La clé de son succès tient surement autant à une personnalité puissante qu’en des écritures de titres simples, hyper accessibles et qui viennent percuter le plus grand nombre. L’enchainement final de son concert d’une heure et quart sur « ZOU BISOUS », « Miss Kitoko » et « Fashion Designa » fonctionne divinement. La chanteuse en profite par ailleurs pour présenter et remercier l’immense équipe qui l’accompagne.  Alors que cette grande fête continuera de chauffer longtemps les coeurs de celles et ceux qui y étaient, on te fait revivre en photos ce moment survolté et on t’envoie quelques ZOU BISOUS.