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Julia Escudero

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Il était une fois Hayley Williams. La meneuse de Paramore offrait au monde sa vision du rock depuis 2004. Une vision jamais trahie, qui a toujours su se renouveler et parfois frôler avec la pop sans y plonger entièrement. Pour sa première date de festival européen, la chanteuse avait choisi We Love Green comme terreau. Un moment puissant, sincère et intimiste malgré l’immense public rassemblé. Bienvenu.e à sa bachelorette party en plein air.

We Love Green 2026 - Jour 2 - Hayley Williams - Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 2 – Hayley Williams – Crédit photo : Louis Comar

Hayley Williams : modèle essentiel pour punk rock princess perdue

Dans les années 2000, le rock était en plein essor. La scène pop punk était partout. Dans nos films et séries, dans nos coeurs et nos vies. On portait des chaussures de skate, des baggys et des t-shirts de groupes. Nous étions un petit groupe qui se sentait un peu à part, on parlait déjà un peu de santé mentale à notre manière. On cherchait à ressembler à nos idoles, à connaître leurs goûts, on découvrait le punk à travers leurs yeux. Ces yeux là étaient tous masculins. C’est en 2004 que Paramore se lance. Les autres membres du groupe, tous des mecs, étaient alors anxieux d’accueillir une fille au sein de la formation. Un fille ça sait faire du rock ? Du punk ? Il y avait bien les Distillers, rare exception mais de là à parler de scène populaire… Hayley Williams a alors tout changé. Comme Avril Lavigne mais sans jamais tomber dans son penchant mainstream, elle osait se frotter à un monde de mec et souvent à faire mieux qu’eux. Notre musicienne ne s’est jamais trahie et a offert un modèle à part entière à toute une génération. Les plus gros noms de nos scènes ont partagés ses concerts, ses feats et Paramore est devenu l’un des groupes les plus connus de son époque. Après avoir affiché son nom à la BO de « Twilight », le groupe s’offrait même les premières parties du Era’s Tour de Taylor Swift. Les deux chanteuses ont quasiment le même âge et perdurent, voir même explosent en notoriété, combattant les clichés de l’âgisme qui sévit. On peut exister bien plus fort passé 30 ans quand on est une femme nous disent-elles aujourd’hui sans le souligner. Forte d’un nouveau public entre swifties maintenant convaincues et de celles et ceux qui l’adulent depuis leurs 15 ans, voilà notre meneuse débarquée en solo. Elle publiait en 2025, un superbe album, moderne, dansant, accessible et pourtant pointu : Ego Death at a Bachelorette Party. Et c’est pour défendre cette pépite à à l’image DIY mais à la production soignée qu’elle prenait d’assaut en ce samedi 6 juin, la scène de la Clairière de We Love Green.

We Love Green 2026 - Jour 2 - Hayley Williams - Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 2 – Hayley Williams – Crédit photo : Louis Comar

Hayley Williams ou la fête où nous sommes tous égaux

Point de gros décors ni d’artifices ne viennent peupler la prestation d’Hayley Williams ce soir. Il est 22 heures lorsque la musicienne débarque sur scène. Attendue, elle l’est. D’ailleurs elle ne manquera pas de souligner sa surprise à voir autant de monde face à elle pour sa première date en festival européenne. « Je ne m’attendais pas à ça » confie-t-elle, touchante. D’une sincérité redoutable, elle confie d’ailleurs penser au Japon lorsqu’elle est triste avant d’ajouter « Maintenant, je penserai à ce moment ». Celui-ci s’écrit dans un jeu d’ombres et de lumières. Des intermèdes rouges viennent la dessiner avant de mieux la révéler, cette bachelorette party aurait-il pris les allures d’une soirée pyjama ? On s’y raconte sans rougir, en toute confiance. Côté set-list, la chanteuse ne laissera pas passer un seul titre de Paramore. Venue jouer ses compos, c’est uniquement son dernier opus qui sera interprété, dans le désordre. Sur les 20 titres qui le composent, 14 seront joués ce soir. Le reste de sa discographie, Petals for Armor et  Flowers for Vases / Descansos (2020 et 2021) ne trouveront à aucun moment une petite place. Voilà qui donne lieu à un set très cohérent et à l’esthétique unique. Hayley Williams n’officie pas uniquement derrière le micro. Habituée à jouer en groupe, elle donne la réplique à ses musiciens et les rejoint entre clavier et guitare. En live, sa voix de soprano, qu’elle travaille depuis ses 13 ans se révèle. Enterre-t-elle sa vie de jeune fille ? Pas vraiment, la chanteuse a avancé dans son style, son registre. Sa maturité scénique se ressent par une forme d’habitude, la pratique invite à la perfection. Et pour autant, elle semble toujours s’émerveiller d’être là, d’être écoutée. La foule lui répond volontiers. Les premiers rangs chantent, sautent, dansent, lui tendent des pancartes en une immense fête. Et puis si l’ego est mort, on peut bien laisser de côté toutes les barrières, celles qui nous bloquent, nous empêchent de se laisser complètement aller. La foule prend le plie sur « Disappearing Man » et son intro qui s’ouvre uniquement sur sa voix. « Hard », ses beats rythmés et son refrain emprunt de pouvoir permet de monter dans les sommets. Le morceau qui donne son titre à l’album vient se placer en milieu de set, obsédant. « Good Ol’ Days » intervient en bout de course alors que notre chanteuse s’offre quelques pas de danse. Si elle prend peu de temps pour s’adresser à son public, elle n’en a pas moins une véritable générosité scénique de tout instant et joue pleinement avec et pour son audience. La soirée se termine sur « Parachute »  et ses instruments sur le fil du rasoir. La montée en puissance est radicale et diablement efficace. Alors que les spectateur.trices quittent la scène de la Clairière pour se frayer une place au milieu de la fosse de Theodora, la question vient à se poser : Hayley Williams ne serait-elle pas la boss lady ? Celle qui aura montrer qu’aucune porte ne doit être fermée pour les femmes et qui aura su redéfinir les codes du punk en éclipsant tous les  à priori sur son passage.

We Love Green 2026 - Jour 2 - Hayley Williams - Crédit photo : Louis Comar
We Love Green 2026 – Jour 2 – Hayley Williams – Crédit photo : Louis Comar

Si Lady Gaga rencontrait le succès dès la sortie de son immense premier opus, The Fame  et sa suite The Fame Monster au titre si évocateur,  son Born This Way allait tout changer pour elle. Et pas pour elle uniquement d’ailleurs mais aussi pour toute une communauté qui verrait en elle une porte parole. Porté par un hymne résolument queer – mais pas que – cet opus majeur de la pop fêtait en mai 2026 ses 15 ans. L’occasion de revenir sur la genèse d’un album toujours d’importance publique.

lady gagaUn album aux propos toujours aussi essentiel -préambule

Avant de plonger pleinement dans l’univers du second né de Lady Gaga, il est essentiel de rappeler que la voix portée par Born this way est toujours de première importance aujourd’hui. Le titre phare de l’album qui lui donnera son nom est instantanément devenu un hymne LGBT+  Si quinze ans plus tard, certaines lignes ont bougées, ce n’est en rien une vérité générale et le besoin de porter la parole de la communauté et de la représenter est toujours aussi essentielle. A l’heure où ces lignes sont écrites, le Sénégal vient d’adopter une loi réprimant encore plus sévèrement l’homosexualité. L’homophobie étatique y est telle qu’elle devient une priorité gouvernementale. Des peines de 5 à 10 ans de prison sont ainsi appliquées en plus d’une véritable persécution quotidienne des personnes LGBT+. Malheureusement, ce n’est qu’un exemple d’injustices et d’atrocités commises envers une communauté de personnes de part le monde. En mai, la communauté européenne a notamment renoncé à interdire les thérapies de conversion, préférant inciter ses états membres à agir par eux-mêmes. L’égalité, la liberté totale n’est acquise nulle part dans le monde. Toutes les manières de faire bouger les lignes sont importantes. Les artistes comme Lady Gaga, dont la voix porte, sont primordiaux et permettent de créer des safe spaces plus que nécessaires. En espérant célébrer la prochaine décennie de cette album avec plus d’avancées majeures.

Née pour tout changer lady gaga

Lady Gaga Born this wayStefani Joanne Angelina Germanotta s’était toujours destinée à un immense succès. Dès ses 4 ans, elle apprenait le piano. A ses 13 ans, la voilà déjà qui composait et s’offrait des scènes ouvertes. Alors qu’elle est encore au collège, elle gagne le prix de chant d’un concours de jazz. Le lycée est moins clément pour la future Lady Gaga. Elle y souffre de harcèlement scolaire, ses camarades moquant son physique qu’ils jugent atypique. Rien dans le harcèlement scolaire ne se justifie jamais et la douleur de cette situation la marque à jamais. C’est en partie pour cette raison que la chanteuse écrira par la suite son second album, le culte Born this way.  Ce morceau et son titre éponyme aux propos multiples deviendra par la suite un hymne culte, d’une importance majeure. Non seulement pour toute personne qui se sent différente, une incitation grand public à oser s’affirmer et être soi. Mais c’est aussi et surtout un immense morceau pour la communauté LGBT+. Replongeons-nous dans le contexte. Nous sommes en 2010 lorsque Lady Gaga débute la composition de cet album. Les temps sont alors différents. Le mariage pour tous.tes est encore interdit aux États-Unis, il faut attendre 2015 pour qu’il soit légiféré. Il en va de même en Europe. De son côté Lady Gaga est en plein tournée pour The Monster Ball Tour. En un seul album, la musicienne s’est propulsée au statut de super star. A tel point que de grandes universités donnent des cours sur sa stratégies marketing. Tous ses morceaux sont déjà cultes. Gaga joue du piano avec ses pieds, talons vissés dessus. Le monde est fasciné. Elle est, c’est connu, la relève de Madonna. Ce succès ne sort pourtant pas de nulle part. Des années de galères le précèdent. Signée chez Def Jam records à seulement 19 ans, elle voit son contrat se faire annuler en seulement 3 mois sans plus d’explications (la maison de disque avait du flaire on se le dit). Auditions à répétitions, scènes rock du Lower East Side mais surtout début en tant que choriste de Mika, son premier soutien, précède son immense succès. La voilà donc en 2010 sur les routes, en train de composer pour son futur album. La plupart des titres seront d’ailleurs enregistrés sur la tournée.

Née pour créer le single parfait lady gaga

Lady Gaga Born this wayBien souvent les artistes prennent le temps de composer l’album entier avant que le single phare finisse par pointer le bout de son nez. Ce n’est pas le cas de Lady Gaga, loin de là. Born This Way qui donnera son titre à l’album est le premier qui lui vient, à la grande surprise de Dave Russell qui enregistrera ses voix et mixera le titre. Il expliquera par la suite comment ce dernier a lancé l’album. Il faut dire qu’il lui a fallu seulement 10 minutes pour en écrire le premier jet.  La Mother Monster le fait ensuite écouter à son ami de longue date le blogueur Perez Hilton. Il le qualifie immédiatement d’hymne gay. Il estime également à juste titre que le morceau pourra être universel et touchera un grand nombre de personnes. Et il a raison. La musicienne, elle, veut parler de liberté absolue. Elle veut un titre entier, au franc-parler qui ne se cache pas derrière une forme de poésie pour amoindrir son propos. Il faut aller droit au but.  Elle explique d’ailleurs : « En revenant au début des années 90, quand Madonna, En Vogue, Whitney Houston et TLC faisaient de la musique qui donnait du pouvoir aux femmes, à la communauté gay et à toutes les communautés privées de leurs droits, les paroles et les mélodies étaient très poignantes, très gospel et très spirituelles et j’ai dit : c’est le genre de disque que je dois faire. C’est le disque qui va secouer l’industrie. Il ne s’agit pas de la piste. Il ne s’agit pas de la production. Il s’agit de la chanson. » Il faudra néanmoins 50 prises pour créer le titre parfait. Pour Lady Gaga le morceau est d’importance capitale. Elle y fait tomber sa carapace, se montre en tant qu’elle-même et s’y affirme pleinement. La même chanteuse qui joue constamment de tenues grandiloquentes et d’artifices y tombe – un peu – le masque. Elle y parle d’elle certainement mais aussi, comme le soupçonnait Perez de la communauté LGBT+. Elle confiait d’ailleurs à l’époque revenir de ses concerts émue de ses échanges avec ses fans. Nombre d’entre eux témoignent de parcours difficiles, de difficultés de s’affirmer dans une société qui veut toujours pointer du doigt voire broyer les différences. Elle réalise alors qu’elle peut agir à son échelle, agir de façon significative en musique. Un précepte entièrement fondé. La musique et sa grande visibilité tient un rôle central en terme d’ouverture d’esprits, de « normalisation ». Elle permet la réflexion et s’adresse à la masse.

C’est à l’occasion de la cérémonie des 53ème Grammy Awards que le titre est joué pour la première fois en direct. Lady Gaga y arrive dans une sorte d’œuf, un incubateur avant de se dévoiler entièrement. Cette éclosion aura un rôle majeure.

En Malaisie, où à l’heure actuelle, les personnes LGBT+ sont horriblement réprimées, punies, emprisonnées, le titre est évidemment censuré. Les paroles « gay, straight, or bi, lesbian, transgender » sont supprimées sur les radios. Gaga répond plus fort et demande à son public sur place de s’affirmer, de se battre pour ses droits. Côté média, elle sera également la première personne à utiliser le mot « transgenre » à la télévision à l’occasion de son invitation au SuperBowl en 2017. Une avancée majeure.

Lady Gaga - Born This Way (Official Music Video)

Née pour crée un album intemporel lady gaga

Un grand single peut suffire à lancer un album mais la Queen ne s’arrête pas là. Le 15 avril 2011, elle dévoile son second single, l’immense Judas. Elle y parle de la douleur et des trahisons que lui a fait subir son ex. Elle explique sortir grandie de cette histoire. Son clip, lui, met en scène Gaga en tant que Marie de Magdala et offre le récit d’une nouvelle conquête de Jerusalem au risque de faire grincer des dents les religieux trop impliqués. Le titre en lui-même multiplie les influences entre house, dubstep et tribal techno sans jamais rejeter son patrimoine pop. Suivent encore deux singles avant de dévoiler l’intégralité de l’album au monde. Le premier, The Edge of Glory est publié deux semaines avant la sortie de l’opus et est inspiré par le décès de son grand-père. Enfin Hair clôture le compte à rebours, une semaine seulement avant le grand lancement. Born this Way est publié le 23 mais 2011. Sa version classique comporte 14 titres alors que le deluxe, lui, monte à 23 pistes dont six remixés. L’album est évidemment un succès commercial instantané. En fin d’année il cumule plus de 2,1 millions d’exemplaires vendus aux États-Unis et plus de 5,5 millions d’exemplaires dans le monde. Comme le veut le star system, la Mother Monster enchaîne les récompenses, ainsi le clip de son single titre reçoit deux awards aux MTV VMAs et lui permet d’apparaître aux côtés de Brian May, le guitariste de Queen. Le groupe est l’une de ses principales sources d’inspiration puisque c’est à lui qu’elle doit son nom et au titre Radio Gaga. S’en suit une tournée mondiale en 2012 au court de laquelle elle se brise la hanche ce qui la forcera à annuler une partie de ses dates de concerts mais aussi à rester en fauteuil roulant. Nommée comme étant la personne la plus célèbre du monde au Guiness des Records 2013, elle crée aussi son propre réseau sociale LittleMonster.com. Ses little monsters sont alors légion, si nombreux qu’il changent et redéfinissent tous les codes. Sa force et celle de sa communauté n’ont de cesse de faire bouger les lignes. Lady Gaga est aujourd’hui tant une personne qu’un mythe. Loin de pop stars plus classique, la force de son message donne à sa musique plus de corps. Si l’histoire n’a pas débutée par Born this Way, c’est bien lui qui aura su lui donner une nouvelle écriture, plus limpide. La voix d’une grande dame qui lutte avec l’art comme arme pour un monde pluriel où chacun.e peut s’affirmer avec fierté. Nous sommes né.es pour voir ce vœux être exaucé. 


Le brat summer est terminé. Oubliez le vert flashy et les folles nuits de party girls. L’artiste avait laissé plané le doute sur la teneur de son nouvel album, successeur de « Wuhering Heights », et également B.O de « Hurlevent ». Ce sera finalement le noir et le blanc qui définiront sa nouvelle ère. « Rock Music » est la première entrée dans le renouveau de la star.  L’occasion de faire le point sur une carrière à colorimétrie variée.

Charli XCX rock musicCharli XCX , printemps haut en couleurs pour un été éternel

Charlotte Aitchison de son vrai nom a pris le temps de se créer un trône au palais des reines de la pop. C’est en 2006 qu’elle se lance dans la musique. Dès ses 14 ans la chanteuse crée ses propres titres, compose et publie ses créations sur le Saint Graal de l’époque, son MySpace. Son nom de scène, elle le tient de son pseudo MSN. Toute une époque qui ne l’empêche en rien, bien au contraire, de toujours s’encrer dans son époque contemporaine. Notre party girl fait ses débuts sur scène dans des raves, voilà qui permet déjà de mettre un premier pas vers un futur vert. Après quelques sorties confidentielles, il faut attendre 2012 pour qu’elle dévoile une première mixtape : « Heartbreaks and Earthquakes ». C’est l’année du décollage de sa carrière.

Charli XCXElle chante  alors en duo avec Icona Pop sur le titre aujourd’hui culte « I Love it ». Enfin, 2013 lui permet de sortir un premier album « True Romance » qui s’attire les éloges de la critique musicale. A juste titre, Charli XCX redéfinie immédiatement la pop et sait parler avec une honnêteté rare de ses histoires d’amour. La route est tracée et c’est un printemps fleuri qui attend la chanteuse. On la retrouve en 2013 aux côtés d’Iggy Azalea sur « Fancy », un titre qui ne quittera jamais son répertoire et même ses concerts. Les singles font mouche, sa carrière se lance à la fois de façon fulgurante mais tout en gardant certaines proportions. Les salles qui l’accueillent restent de moyenne capacité. Elle s’offre d’ailleurs un Trabendo de Paris et un passage au Main Square pour son album « Sucker » publié en 2014. C’est aussi l’air pour elle du morceau « Boom Clap » à la redoutable efficacité pop. On le retrouve dans la B.O de « Nos Etoiles Contraires ». Parce que Charli aime aussi le cinéma. Et elle le rappellera à de nombreuses reprises, que se soit en donnant  de sa voix pour le doublage de « Angry Birds » ou de son visage notamment pour la série « Gossip Girl ». En 2026, elle sera même à l’affiche du film du visionnaire barré Greg Araki « I Want you Sex », tout un programme à prévoir quand on connait les deux personnages.

Charli XCX Côté musique, albums et collabs s’enchainent. La chanteuse aime tout particulièrement se confronter à ses pairs et créer conjointement. On la retrouve notamment aux côtés de Bebe Rexha, Cardi B ou encore Rita Ora. Plus tard, elle tease la sortie de son troisième album sur le titre « Boy » en compagnie d’un nombre impressionnant d’artistes allant de Caroline Polachek à Caroline Rae Jepsen. En juin 2019 elle fait un feat avec BTS sur le morceau « Dream Glow ». Charli XCX aime à se confronter à d’autres pointures de la musique et ses invités sur les différentes versions de brat ne feront que confirmer cette appétence pour la musique en équipe. L’album « Crash » est publié en 2022, c’est le dernier avant l’explosion complète de sa carrière et l’album qui fait d’elle une icône intouchable.

brat et la suite

Charli XCX rockC’est en février 2024 que Charli XCX dévoile le premier extrait de brat, « Von Dutch ». Le son est à l’opposé de sa dernière sortie, elle,  beaucoup plus douce. L’album frôle avec l’expérimental. Ce sale gosse, traduit en français, vient défier tous les pronostics, toutes les actualités et devient une véritable révolution de la pop. L’esprit de la party girl, rétro, jusqu’au-boutiste, clin d’œil aux années 2000 y fait un retour fracassant qui sent autant la liberté que la sexualité. La couleur verte fluo qu’elle utilise redéfinit tout son univers. Très rapidement tout le monde finit par s’en parer et elle devient la couleur plus tendance du moment. Très vite la fièvre brat summer se déploit et promet de laisser les beaux jours vivre éternellement. A l’automne 2024, elle publie les remixes de ce même album et invite comme toujours de nombreux artistes à la rejoindre. Ainsi Troye Sivan, Addison Rae, The 1975, Kesha ou encore Billie Eilish s’invitent sur « Brat and it’s completely different but also still brat ». Toujours avec Billie Eilish, elle sort le titre « Guess » qui est un succès immédiat.

Charli XCXA la suite de cette élévation vitesse éclair, elle pronostique des années avant son retour en musique. Impossible pour elle de savoir si elle retrouverait l’inspiration et serait même capable de taper aussi fort. C’est finalement grâce au cinéma que notre musicienne choisit de faire son premier retour. En effet, elle signe la B.O du film « Wuthering Heights » ou « Hurlevent » en VF avec un casting cinq étoiles : Jacob Elordi et Margot Robbie. Le film est une adaptation libre du livre « Les hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë signée par la réalisatrice du choquant « Saltburn » : Emmerald Fennel. Mélodies sombres et épiques viennent illustrer un récit qui est dans la lignée de « Roméo + Juliet » de Baz Lurman. Le résultat sombre, froid et magnifique pourrait bien sonner le début de l’hiver de Charli. A moins que ….

nuances noires et blanches pour rock music

Ce vendredi 8 mai, Charli XCX crée l’évènement en annonçant la vieille la sortie de son nouveau single intitulé : « Rock Music ». L’artiste qui avait déjà vécu un leak sur brat avait tout fait cette fois pour que ce nouveau tournant soit dévoilé en ses termes et conditions. Seul un petit teaser avait alors fait son apparition sur Instagram. Des talons, une guitare  qui se fait détruire, du noir et blanc. Ce revirement semble bien reprendre la sobriété de brat. La couleur verte est partie, la sobriété  et l’élégance sont de mise. A l’image de la robe noire ornée de quelques fleurs qu’arborait la star au Met Gala.

Charli xcx - Rock Music (Official Video)

Côté sonorités, les rumeurs et informations allaient dans tous les sens. Charli XCX avait dans un premier temps parlé d’un album rock cette fois-ci. Voilà qui aurait pu couler de source après son feat avec John Cale (ex Velvet Underground)  en ouverture de « Wuthring Heights ». Mais cette info avait par la suite été démentie par l’intéressée. Celle qui avait peur de la panne d’inspiration, qui disait ne pas savoir quoi faire après son magistral brat regorgeait en réalité d’idées. Sur Instagram, la star expliquait avoir composé l’album en seulement 10 jours à Paris : « Moi, Alex et Finn à Paris, rue Boyer, l’année dernière. On a passé dix jours ici à enregistrer. Aidan et Alaska sont venus. Alex a mixé au défilé McQueen. On a joué quelques morceaux pour des amis au studio. On est allés au cinéma. On a mangé plein de steaks-frites. Je me suis sentie vraiment inspirée ».

B(l)ack to rock music charli xcx

charli XCX Rock MusicConcrètement, ce premier titre, intitulé « Rock Music » va plutôt dans le sens de son premier teasing. Non pas seulement par son titre, si explicite, mais surtout par l’omniprésence de guitares. Sauf que Charli XCX ne fait jamais rien comme tout le monde. Son rock respire la pop et surtout l’électro. Le morceau dure seulement 1 minutes 55 et pourtant joue d’une précision redoutable. Les riffs répétitifs s’y font obsessionnels, la montée en puissance surprend autant qu’elle définie le morceau. Loin de la noirceur de Wuthering Height, ce titre pourrait bien être la continuité de brat. Une autre facette des années 2000, un autre type de fête, celle plus rock mais tout aussi folle que les nuits électros des party girls. Le travail collaboratif y est de première importance. Alex et Finn qui co-signent le morceau sont mentionnés dès la couverture. Et puis le titre commence par les mots « me and my friends, we go out… ». Charli XCX enchante toujours par sa précision d’écriture, sa capacité à varier les textures en un seul morceau. Avec une touche bien à elle, elle crée un titre dansant, novateur et qui porte entièrement sa marque. Cette mise en bouche ne fait qu’attiser l’impatience d’écouter l’intégralité de son nouvel album. D’ici là qu’on se le dise, cet été ne sera pas fait de couleurs mais seulement de nuances noires et blanches.


Cameron Picton de My New Band Believe - Crédits Photo @ Pénélope Bonnea Rouis
Cameron Picton de My New Band Believe – Crédits Photo @ Pénélope Bonnea Rouis

My New Band Believe, c’est le nom du projet solo du bassiste de Black Midi, Cameron Picton. A la suite de la séparation du groupe, le musicien a cherché sa route, entre espoir et besoin de retrouver l’atmosphère créative d’un groupe. La voilà donc aux commandes d’un premier album créé en équipe et  sorti ce 10 avril. On y retrouve les membres du groupe déjanté et novateur Caroline mais aussi la touche qui faisait la spécificité technique de Black Midi. Bien moins costaud et réservé à un public averti que « Cavalcade », le chef d’oeuvre de sa précédente formation, Cameron Picton prend d’autres accents en solo. Il y raconte une histoire à la cinématographie évidente. Au programme une pépite qui sent bon les scènes des fins des années 60, les compositions solaires mais pointues et qui nous parlent d’histoires d’amour qui finissent mal … en général. Rencontre. 

Interview My New Band Believe

Pop&Shot :  C’est ton premier album sur ce projet solo, félicitations ! Comment pourrais-tu nous le décrire ?

My New Band Believe : Il est pratiquement entièrement acoustique, il n’y a pas d’électrique dessus. L’idée c’était de faire quelque chose de différent de ce qui était populaire entre les années 2010 et 2020.

Pop&Shot : Tu utilises beaucoup de cordes dessus. Qu’est ce qu’elles apportent à la musique selon toi ?

My New Band Believe : Il n’y a pas de guitare électrique et on obtient souvent beaucoup de substance grâce à leur utilisation. Les cordes en elles-mêmes en apportent beaucoup. C’est juste une façon différente d’obtenir un résultat similaire.

Pop&Shot : Tu voulais imaginer une nouvelle version de ce qu’un compositeur moderne fait. Quel a été ton cheminement ?

My New Band Believe : J’essayais d’aller à l’encontre de quelque chose. Ecrire de la musique est devenu cliché. Sans citer personne, beaucoup de musiciens populaires utilisent les mêmes méthodes. Du type s’inspirer d’Elliott Smith par exemple et amener sa musique de la pire façon possible. Et j’adore moi aussi ce musicien. Mais parfois, le choix de la production, copiée, ne fonctionne pas. Je voulais aller contre ça. Je me disais, ça n’a pas à être comme ça.

Pop&Shot : La musique d’Elliott Smith, elle est toujours triste. Ton album au contraire est un mélange. Les mélodies sont solaires, les paroles plus douloureuses. Tu voulais faire un album joyeux ?

My New Band Believe : Sans vouloir être cliché, il y a beaucoup de lumière et d’obscurité dans la vie. L’idée de beaucoup de mes morceaux est d’opposer des idées très différentes au même moment. Je n’y oppose pas une version heureuse et triste. J’y fais en sorte que tout arrive au même moment. J’essaie d’y installer une atmosphère très particulière.

Pop&Shot : Tout ça me rappelle le début des années 60. En écoutant je voyais du Bee Gees et Donovan…

My New Band Believe :  Oui, c’est vrai, je me suis beaucoup inspiré de la fin des années 60, la folk revival. J’y ai puisé beaucoup d’influences directes ! Comme Pentangle ou Fairfort Convention, qui ont été une véritable inspiration.

Pop&Shot : Dans cet album, tu prends les traits d’un narrateur qui n’est pas fiable. C’est un processus littéraire et je me demandais si tu avais un personnage en littérature auquel tu t’identifies ?

My New Band Believe : Effectivement mais dans l’écriture de mes morceaux je n’ai pas pensé à réellement créer des personnages. Dans mon esprit, je n’écrivais pas des personnages. En revanche, je voulais présenter des conversations ou des discours qui seraient dits à une seul personne étant donné que je suis le seul chanteur. Du coup qui dit quoi ? Et pour quelle raison ? Ce n’est pas évident. D’ailleurs la réponse peut varier sur une seule et même phrase. Je voulais créer un dialogue différent. Sauf que celui qui parle c’est seulement moi, sans faire pour autant des voix étranges quand l’interlocuteur change. Mais ce ne sont pas des personnages définis avec des caractéristiques particuliers.

Pop&Shot : Tu es le seul chanteur mais pas le seul musicien sur cet album, on retrouve d’ailleurs les membres de Caroline. C’est un projet solo mais au final ça n’en est pas un. Pourquoi ce choix de faire un projet en solo en groupe ?

My New Band Believe : Quand Black Midi s’est séparé, je me suis demandé ce que je voulais faire après. J’ai pensé à faire des concerts en solo mais c’est surtout devenu une excuse pour écrire des morceaux. Et pour moi c’est plus amusant d’écrire une chanson qui sera jouée en live qu’une chanson qui sera enregistrée. J’ai fait de la musique en solo mais ça ne m’a pas particulièrement intéressé. Je n’avais pas envie de faire une tournée solo. Depuis mon adolescence, j’ai toujours voulu être dans une groupe, j’aime beaucoup travailler dans cette dynamique. Du coup, quand je me suis lancé j’en ai parlé à Caroline. Pour moi c’était un processus créatif très naturel. Le truc, c’est qu’ils étaient en train de préparer leur prochain album au même moment et j’avais moi-même besoin d’une pause de l’industrie après Black Midi. Donc, j’avais déjà écrit des premières versions quand on a fini par travailler ensemble.

Pop&Shot : J’ai vu que tu avais posté sur Instagram tous les numéros importants de l’album, tu as fait sa numérologie. C’est quelque chose que tu pratiques ?

My New Band Believe : Je n’y crois pas  pour de vrai (rires) ! En revanche c’était une bonne manière de relier le single à l’album pour moi. Et puis c’était une façon amusante de mettre en avant tout le travail effectué par toutes les personnes qui ont bossé sur l’album. Je ne voulais pas énumérer les choses de façon trop factuelle et ennuyeuse. Et puis c’était très drôle à écrire.  On pourrait sortir des chiffres sur absolument n’importe quoi. Il y a évidemment quelques fois où la connexion entre des gens et les chiffres est pertinente mais le reste est rapidement absurde.

Pop&Shot : L’album est venu après une nuit de maladie dans un hôtel en Chine. Tu y a aussi la vision du nom de ton projet. Comment tout ça s’est matérialisé pour toi ?

My New Band Believe : J’ai eu effectivement une fièvre très intense. J’étais réveillé. J’ai écrit beaucoup de choses, des bouts de conversations, des lignes tirées de magazines, des répliques, tant que je les trouvais intéressantes. Et je voyais ce qui ressortais de tout ça au milieu de ces rêveries. Et le nom My New Band Believe est sorti de tout ça et me paraissait approprié.

Pop&Shot : On retrouve dans ton nom de projet le mot Believe (croire), et tu dis dans ton kit press que c’est aussi une promesse pour le futur malgré l’anxiété actuelle. Je me demandais, en quoi crois-tu aujourd’hui et quelle promesse espères-tu faire au futur ?

My New Band Believe : Je travaille beaucoup sur mon approche de la musique et du live en ce moment. Il y a deux ans de ça, je travaillais beaucoup sur mon enregistrement et sur le fait de créer un objet qui pourrait être dupliqué à l’infini. Alors que ce que je fais là est quelque chose de très axé sur le moment. Il n’y a pas l’idée d’aller d’un point à un autre. Mais je pense que le nom de mon projet me donne de la flexibilité sur ce sujet. Ça ne cherche pas à suggérer quoi que se soit d’autre.

Pop&Shot : Le titre Love Story, le morceau central de l’album, a été pensé à Saint Pancras ?

My New Band Believe : L’intro du morceau oui ! J’avais écrit une intro qui allait. Mais j’ai dit à Finn Carter, le pianiste du groupe, qui était à la Clock Tower dans Saint-Pancras, pourquoi tu n’improviserais pas quelques intros et si c’est bien je les publierai ? Il en a fait 5 et on a choisi d’en utiliser une.

Pop&Shot : Love story, le morceau a une fin très titre, mais toutes les histoires d’amour ont une fin triste.

My New Band Believe : Oui c’est impossible de ne pas en avoir…

Pop&Shot :  En faisant mes recherches, je suis tombée sur une interview que tu avais fait avec Black Midi en 2022. Tu y parlais de l’IA dans la musique et tu disais que si c’était accessible pour tout le monde tu penserais à en utiliser pour tes compositions. Aujourd’hui , elle a pris une vraie place dans l’industrie de la musique. Pour toi est-ce un moyen à utiliser ?  Les artistes doivent-ils en avoir peur ?

My New Band Believe : J’avais oublié avoir parlé de ça. Mais je n’en ai jamais utilisé.  Je me souviens au moment du premier album de Black Midi d’avoir vu un clip d’un network qui reprenait un bout d’un morceau et qui tentait de le poursuivre. Et le résultat était incroyable. C’était fou, ça prenait un morceau lambda et ça partait loin, sur quelque chose de complètement différent, et ça avait l’air intéressant à ce moment là. Mais aujourd’hui les choses ont changé. Et c’est aussi chiant quand les choses obtiennent un accès aussi simple parce que ça veut dire que n’importe qui peut faire n’importe quelle musique. C’est vraiment dommage que des musiciens utilisent ça. En tout cas, ce n’est pas pour moi.

Pop&Shot : Les morceaux des IA sont maintenant disponibles sur les plateformes de streaming, certains musiciens ont peur d’être remplacés. Tu en fais partie ?

My New Band Believe : Non, peut-être si les robots pouvaient un jour jouer des instruments devant nous directement dans une pièce. Mais ça n’intéresserait pas les gens. Je pense qu’il faudra beaucoup plus se concentrer sur la musique live.