Charli XCX aurait pu traverser un long hiver créatif suite à son brat summer. La chanteuse britannique se sentait vidée après l’écriture et la tournée de son album phare. Peur de la page blanche, peur de l’incapacité de produire de la musique : le succès fulgurant de l’ultime party girl l’avait laissée épuisée. Et puis finalement, voilà que les saisons se sont enchaînées. Après l’été de toutes les audaces, saison qu’elle demandait lors de son show parisien à We Love Green de rendre éternelle, voilà que les bourgeons ont pointé leur nez. La musicienne profite de ce mois glacial de novembre 2025 pour nous teaser un album à la froideur et la précision sans commune mesure qui viendra accompagner un film : « Wuthering Heights ».
L’hiver de Charli XCX et son parfum d’infini
Pour réanimer la créativité de la pop star il a fallu du lourd. C’est le réalisatrice Emerald Fennell qui la contacte. La cinéaste prépare un nouveau film « Hurlevent » (Wuthering Heights en V.O) et l’affaire promet le meilleur. Il faut dire qu’avant ça on la retrouvait derrière la caméra de la série à succès Killing Eve et plus récemment de l’immense Saltburn, conte obscure, moderne, devenu culte dès sa sortie. Quand on voit les tournants scénaristiques et la puissance des scènes du long-métrage (peut-on oublier la scène du bain ?), il parait logique de retrouver Charli aux commandes de cette nouvelle bande-originale. Il faudra néanmoins s’armer de patience pour pouvoir découvrir l’intégralité de l’album qui est prévue pour 13 février 2026. Il n’empêche que d’ici là les extraits des premiers morceaux dévoilés sont tout simplement sublimes et d’une noirceur profonde comme seule Charli XCX sait en donner à la pop.
Charli XCX, Jacob Elordi et Margot Robbie
C’est donc loin de l’hiver que notre histoire débute. La chanteuse a toujours la tête dans son été vert fluo. Elle enchaîne les tournées, raconte qu’elle pense que sa prochaine sortie sera sûrement un flop. Puis vient décembre 2024 et la mise en relation avec la réalisatrice. La lecture du scénario l’inspire immédiatement. L’album concept prend forme. Tout comme le casting qui réunit Jacob Elordi et Margot Robbie.
Deux extraits radicaux et gothiques, à l’opposé de brat charli xcx
Un premier extrait est dévoilé mi novembre 2025 intitulé House. Et surprise, on retrouve aux côtés de Charli l’immense John Cale (qui était membre du Velvet Underground jusqu’en 1968). Le titre renferme un esprit expérimental propre aux deux musiciens. Il se construit comme un amuse-bouche, une bande-annonce qui donne envie d’en écouter beaucoup plus. Sa première moitié porté par Cale intrigue par sa noirceur, sa puissance de composition. L’entrée dans cette lente conversation musicale de Charli XCX hypnotise. Le titre est radical. Nous voilà prêt.es pour la suite.
Charli xcx - Chains of Love (Official Video)
Quelques jours plus tard est dévoilé « Chains of Love », le cœur du projet. On retrouve à la production Finn Keane, avec qui elle a travaillé sur brat. Le titre, plus accessible que son prédécesseur mais à la pop sombre sophistiquée et assorti d’un clip et publié en même temps que la bande-annonce du film. Plus proche de la musique synth-pop que l’on connait à Charli, il annonce une toute nouvelle ère pour la chanteuse. L’hiver lui va aussi bien que l’été au teint.
C’était très certainement l’un des films les plus attendus de cette année. Le Frankenstein de Guillermo del Toro et sa créature interprétée par Jacob Elordi, la coqueluche actuelle…
Austra est de retour ! Après une longue période de blocage créatif lié à une rupture douloureuse, la musicienne de talent signe en novembre 2025 un nouveau jet…
Kneecap sait déchainer les passions ! Le groupe originaire de Belfast défraie les chroniques, déchire les foules et surtout n’a jamais sa langue dans sa poche. Ce 11 novembre, la formation complétait ses quatre dates parisiennes commencées deux mois plus tôt par un l’Elysée Montmartre plein à craquer. L’occasion de défendre son dernier album en date « Fine Art » mais surtout l’indépendance des peuples et des langues, partout dans le monde. Retour sur un concert sous forme de meeting politique.
Kneecap – Elysee Montmartre Paris 2025 – Photo : Louis Comar
Le Kneecap effect
Souvenez-vous d’août dernier. Rock en Seine accueillait le trio Kneecap sur sa plus petite scène. Et voilà que d’un coup, l’info se mettait à circuler, sur la presse, dans les médias, sur les réseaux sociaux. Le groupe pro-Palestienien comme il était appelé, simplement résumé, allait se produire dans le festival francilien. Un procès était alors en cours contre la formation pour avoir brandi le drapeau du Hezbollah sur scène. Mais voilà c’était bien le sujet de la guerre Israélo-Plastienniene qui était au centre du débat. Le groupe jouait-il en faveur du terrorisme s’interrogeait notre gouvernement non informé qui découvrait les fameux rappeurs ? Comme d’habitude en passant complètement à côté du véritable message de Kneecap et de sa réelle force à parler d’oppression et de liberté des peuples. L’opération eu un coût pour le célèbre festival : coupe de subventions par deux fois, le maintient valait donc son addition salée. Et côté public ? Une folie incroyable ! Une foule immense qui prenait d »assaut la petite scène, à tel point qu’il fallait jouer des coudes, d’astuces et de pointes de pieds pour apercevoir la formation. Et en dehors de cette tournure politique ? Le rap plus qu’efficace du groupe avait déjà son goût de trop peu. Il fallait donc voir ça dans un cadre plus accessible, ce Kneecap Effect. Et voilà comment, entre engagement et musique plus que punchy, le groupe remplissait quatre dates parisiennes entre Trianon et Elysée-Montmartre.
Kneecap – Elysee Montmartre Paris 2025 – Photo : Louis Comar
Le nord de l’Irlande en plein Paris !
D’entrée le ton est donné. Rien ne fera taire Kneecap, pas même les deux procès gagnés poussant d’ailleurs la foule à crier, plus tard dans la soirée des « DEUX ! ZERO! » pour célébrer ça. Un écran noir ouvre les festivités. Dessus un message sans équivoque rappelle qu’Israël est toujours en train de commettre un génocide. Avant d’ajouter que la France en est complice en permettant au gouvernement israélien d’acheter des armes. « Free ! free ! Palestine » s’écrit d’entrée la foule comme elle le fera à de nombreuses reprises ce soir. Toujours cagoulés aux couleurs de l’Irlande les compères s’engagent sur scène. « ITS BEEN AGES » ouvre les festivités entre phrasé puissant et sonorités de plus en plus techno. Le courant s’invite avec le temps qui passe dans le répertoire des compères. D’un show rap, nous voilà maintenant propulsés dans un univers plus proche de la rave où lumières, écrans et bruitages nous tiennent plus éveillés que la meilleure des drogues. Pas besoin d’attendre longtemps pour que l’indépendantisme irlandais prenne place dans la salle. Le titre « Fenian cunts » résonne déjà pleinement en début de setlist. Le terme fenian est une insulte qui étaient adressée aux personnes qui prônait la réunification et l’indépendance de l’Irlande. Dans la salle d’ailleurs nos voisins sont venus en masse représenter leur pays. Lorsque le groupe interroge quand à l’origine de son audience, nombreuses sont les mains à se lever à l’évocation du mot « Irlande ».
Kneecap – Elysee Montmartre Paris 2025 – Photo : Louis Comar
Kneecap – Elysee Montmartre Paris 2025 – Photo : Louis Comar
Kneecap – Elysee Montmartre Paris 2025 – Photo : Louis Comar
Kneecap – Elysee Montmartre Paris 2025 – Photo : Louis Comar
Toute la soirée, sera évidemment tournée autours de thématiques politiques et chaque mot est ainsi choisi avec précaution. Mo Chara, Móglaí Bap et DJ Próvaí préfèrent ainsi parler de Nord de l’Irlande plutôt que d’Irlande du Nord, un vocabulaire volontairement militant. Rien d’étonnant quand on sait que la formation voit ses débuts inspiré par un tague « cearta » (droits) peint en marge de la marche pour les droits de la langue irlandaise par Naoise Ó Cairealláin et un ami. L’ami arrêté refusera de parler une autre langue que l’irlandais à la police. Cette histoire donne naissance au premier titre du groupe « C.E.A.R.T.A » qu’on a le plaisir d’écouter ce soir en milieu de set.
Militants et trèfles à quatre feuilles kneecap
Kneecap – Elysee Montmartre Paris 2025 – Photo : Louis Comar
Les drapeaux ? Kneecap dit vouloir les éviter alors lorsqu’ils sont en nombre dans la salle, le groupe s’en amuse mais ne les prend pas sur scène. Voilà qui devrait soulager leur avocat ! On pourrait ne pas savoir ce qu’ils veulent dire, s’amusent à expliquer les enfants terribles d’un ton goguenard. Et puis, pas besoin de drapeaux pour lâcher tout ce qu’ils ont à dire. Voilà donc qu’on retrouve dans la foule le drapeau palestinien en majorité, mais aussi le breton, le basque. Et le groupe ne manque pas de saluer toutes les langues opprimées. Main dans la main, ce sont des frères d’armes! Côté set list, on retrouve seulement cinq titres issus de leurs albums, le reste leur permet d’explorer leurs sonorités et leur large répertoire. On s’amuse clairement sur « Your sniffer dogs are shite » et ses paroles sans équivoque. Les voir affichées sur grand écran permet quelques sourire. Sur scène, la formation harangue la foule sans fin. On en profite pour se mettre à chanter, avec le trio « Un kilomètre à pied ça ouuuse, ça ouuuuse les souliers ! » L’opération se poursuit longuement tout comme l’évocation de slogans anti-fachistes criés à travers la salle. On le disait, le concert à tout du meeting politique. Et c’est aussi tout l’intérêt de ce show sans demie-mesure qui ne se refuse rien et sait faire des doigts d’honneurs géants aux oppresseurs. C’était le punk qui avait ce rôle fut un temps et aujourd’hui le rap prend clairement le relais. Le rap seulement ? Pas vraiment, les copains de Fontaines D.C ont les mêmes idées et les expriment tout aussi fort. D’ailleurs, le duo avec Grian Chatten « Better way to live » fait aussi partie du programme de ce soir. On aurait adoré voir le chanteur débarquer sur scène, mais aucun espoir n’était permis sur le sujet. Il apparaitra à la place en vidéo.
Kneecap – Elysee Montmartre Paris 2025 – Photo : Louis Comar
Dernière farandole techno ! kneecap
Le groupe sait aussi remercier. Lui qui taclait la France en ouverture du bal, ne manque pas de la remercier de les laisser jouer. Ce n’est pas le cas en Allemagne ou en Hongrie où ils sont black-listés. Voilà qui fascine. Que l’art puisse encore déranger, au point de se voir censurer. Pourtant Keecap loin de prôner le terrorisme, se bat pour la liberté, la vie. Fiers représentants de peuples opprimés, de culture que l’on tente d’éteindre. Les combats indépendantistes cherchent à valoriser l’unité de chacun.e. Ils le disaient à Rock en Seine et le répètent à chaque occasion, le groupe prône la paix et l’amour.
Kneecap – Elysee Montmartre Paris 2025 – Photo : Louis Comar
Après avoir aussi profité de la date pour présenter un nouveau titre, il faut le dire, le nouvel et troisième opus approche rapidement, il est temps de conclure. « H.O.O.D » et « The Recap » sont là pour amorcer la clôture juste après quelques rappels scandés qu’ici personne n’aime la police. Mais il fallait tirer sa révérence en très grandes pompes ! Et rappeler encore une fois, qu’ici l’indépendance des peuples et de l’Irlande en tête de liste est le mot d’ordre. Le groupe se lance ainsi dans une reprise d’un chant révolutionnaire irlandais : « Come out, Ye Black and Tans ». Seulement, sous leurs micros, le titre prend carrément des allures technos. Parce qu’outre les messages, martelés avec soin, il faut savoir s’amuser. Alors, la soirée prend une dernière fois des airs de fête foraine géante, cathartique et délurée. Ca pogotte et ça slam généreusement, groupe inclus, aucune limite n’existe en ces dernières minutes. Cette liberté, elle continuera d’exister bien au-delà de cette fête à l’Elysée Montmartre. L’art n’est pas fait pour être accroché dans vos salons, la musique n’est pas faite pour danser. C’est un cri de rage et d’espoir qu’on porte collectivement.
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Les injonctions faites aux femmes sont nombreuses. Parmi elles, il faut savoir rester digne, se taire face aux relations abusives. Elles doivent rester gentilles et douces en toute occasion dit-on. Et si la dignité prenait place lorsque l’on s’exprime ? Avec son nouvel album, « West End Girl », sortie surprise du 24 octobre, Lily Allen brise tous les tabous. Elle y raconte son divorce avec l’acteur David Harbour, avec force détails. Elle y libère sa parole, pour elle, pour toutes. Et livre en plus de ses secrets, un album pop à la force indéniable et à l’écriture brillante.
West End Girl : who’s that girl ? Lily allen
Fin novembre sortira enfin la dernière saison de « Stranger Things », le super show Netflix tirera une révérence plus qu’attendue. Et les bruits de couloirs sont nombreux, pronostics et espoirs peuplent les conversations en ligne. C’est pour cette actualité que l’on devrait parler de David Harbour qui y interprète Jim Hopper, le père d’adoption d’Eleven. Seulement voilà que Lily Allen vient bousculer les attentes et profite de son nouveau né pour dénoncer tous les comportements toxiques qu’a eu l’acteur envers elle. Le couple se mariait en 2020 à Las Vegas après deux ans de relation avant d’annoncer sa séparation en décembre 2024. La musicienne n’a jamais eu froid aux yeux et a toujours su, à raison, exprimer ses ressentis. On l’a connue en 2006 avec le doux amer « Smile », puis en 2008 alors que son single « Fuck you » peuplait les ondes. Celui-ci était un doigt d’honneur géant enrobé dans une pop pastel adressé aux hommes du parti national britannique. Cette fois-ci, le « Fuck you » qui nous intéresse comprend 14 titres d’une honnêteté brutale. La presse à scandale ne pourra pas y ajouter un mot. Son divorce, elle le livre en exemple, sa douleur n’est pas un gossip, c’est le cri d’une femme et l’invitation à crier en groupe.
Ecrit en 10 jours de décembre alors qu’elle est plein divorce, elle y crache tous ces mots : les mensonges, les infidélités en tête de liste. Loin d’être une vengeance, elle y produit un catharsis révolutionnaire. D’ailleurs, et nous y reviendrons, la pop y est complètement novatrice. Dix jours pour composer une telle merveille, voilà qui laisse rêveur.se mais la douleur est un terreau riche pour l’écriture. Dans ses textes Lily Allen dévoile son mariage ouvert : les règles y étaient simple explique-t-elle dans le titre « Madeline ». Les conjoints pouvaient aller voir ailleurs, mais seulement s’il était question de payer pour les relations intimes. Seul.es les inconnu.es étaient accepté.es, il fallait de la discrétion et que l’affaire ne se répète pas. Pourtant, voilà qu’elle découvre grâce à une photographie que son mari entretient une liaison avec celle qu’elle appellera « Madeline » sur l’opus et à laquelle elle fait aussi référence sur le morceau « Tennis ».
De douleurs et de couleurs Lily allen
Tornade de sentiments, ce nouveau jet a été accouché dans la plus grande des douleurs pour la chanteuse. Et pourtant, l’immense force de Lily Allen est sa capacité a toujours savoir créer une pop sucrée. Pour ce cinquième album publié après sept années d’absence, la musicienne n’a rien perdu de son écriture haute en couleurs. L’introduction, sur le titre éponyme « West End Girl » pourrait évoquer un doux réveil au printemps dans une vie parfaite, une forme de candeur bienveillante. On se croirait dans une comédie musicale mettant en scène la femme au foyer des années 50 pleinement épanouie dans son rôle. Seulement voilà que les paroles s’en mêlent. Derrière ce sourire musicale, celui certainement qu’on tente d’imposer aux femmes en toutes circonstances, voilà que l’acidité pointe le bout de son joli nez. Au court de cette thérapie collective, les rythmes changent, un brin de hip hop s’invite sur « Nonmonogamummy » (en feat avec Specialist Moss) et l’éléctro fait de très nombreuses apparitions. On retrouve même une ballade sublime « Just Enough », comptine triste et envoûtante. Les émotions passent avec la même clarté dans ses lyrics que dans sa capacité à composer. Les rythmiques y changent alors que les refrains frappent fort. Mention spéciale au titre « Beg for me », sa précision d’écriture surnaturelle et son refrain qui fait d’évidentes merveilles. Les bruitages sont légion au cours de l’opus : téléphone, sonnerie et même quelques moments parlés comme des apartés d’une narratrice omniprésente qui partagerait ses pensées en temps réel.
Si l’on parle d’un exutoire, c’est aussi parce que Lily Allen ne se contente pas de raconter son histoire. Elle raconte une histoire plurielle, celle d’autres femmes qui ont comme elle accepté un mariage ouvert par peur de perdre l’être aimé. La chanteuse profite par ailleurs de sa notoriété pour briser tous les tabous. Elle arrête son podcast sur la BBC pour entrer en cure de soins et prend le remps de l’expliquer à ses auditeur.trices. Puis, elle avoue avoir replongé dans les troubles alimentaires, confie sa relation instable à la nourriture. Des propos d’autant plus importants, qu’ils permettent de libérer la parole sur la santé mentale, d’inspirer le plus grand nombre. La honte est un sentiment qu’il faut combattre pour mieux accepter les mains tendues.
Un récit sucré pour une addition salée Lily allen
Lily Allen - West End Girl (Visualiser)
Les titres de l’albums se découpent comme une histoire qu’on nous raconte entièrement. Aucun détail n’est épargné. la tristesse exprimée sur des titres comme « Ruminating » prend entièrement sens lorsque la chanteuse prend conscience de la trahison sur « Pussy Palace » ou encore « Tennis ». Le premier narrant le lieu dédié au sexe que gardait secrètement son ex-mari, le second à une photographie le représentant en train de jouer au tennis avec sa maîtresse. L’élément qui lui permettra de tout comprendre. Le grand final se fait sur « Fruityloop », référence aux céréales préférés de David harbour. La chanteuse y répète en boucle tel un mantra « It’s not me, it’s you ». Il y a un parallèle sans équivoque à faire entre cette phrase et la série « You ». C’est sur ces mêmes mots que s’arrête le show qui mettait en vedette sur Netflix Joe, le stalker (et on en dira pas plus pour ne pas spoiler). Lorsque cette phrase est énoncé par cet homme toxique, elle vient annoncer son incapacité à se rendre responsable de ses actions. Ils sonnent comme une un rejet des conséquences, une excuse que l’on se donne. Elle prend une toute autre allure, un sens radicalement opposé dans la bouche de notre chanteuse. Cette fois-ci, elle se fait rassurante, réelle, puissante. On apprend aux femmes à culpabiliser, se rendre toujours responsables de tous les maux, de tous les échecs. Lily Allen rend à son ex-mari sa responsabilité, elle permet également aux femmes blessées à s’autoriser à faire de même. Il est évident que « West End Girl » restera un album important dans le temps pour cette raison en partie. Parce qu’il redéfinie les injonctions de la société tout en apportant une nouvelle définition à la pop. Et de l’amertume et des besoins de dire « Fuck you », voilà qu’enfin il sera possible de sourire pleinement.
Et voilà déjà un an d’écoulé depuis le dernier MaMA Music & Convention ! Sans qu’on ne s’en rende compte, les saisons sont passées, et les feuilles sont…
Moins de catastrophes nucléaires, plus de mélodrames
El refugio atómico de quoi ça parle ?
Quand un groupe de milliardaires se terre dans un bunker de luxe pour échapper à un conflit mondial sans précédent, une vieille querelle entre deux familles refait surface.
El refugio atómico, est-ce que c’est bien ?
Vous pensez avoir une bonne tolérance aux série b ? Vous aimez quand ça n’est pas prise de tête ? Vous adorez rire devant un soap que vous suivez ? Vous avez survécu au visionnage entier de Riverdale ? Ah non c’était moi, continuez d’applaudir pendant qu’on poursuit. Eh bien, il faudra quand même vous accrocher pour tenir l’intégralité de la saison 1 de la nouvelle série de la team à qui l’on doit « La Casa de Papel ». Et pourtant, vous auriez tord de ne pas aller jusqu’au bout tant il y a matière – involontaire – à rire devant ce refuge atomique et ses occupants. Tout commence pourtant avec force tension dramatique et réalisation qui en fait des caisses. Les espagnoles se sont trouvés, souvent à juste titre ces dernières années, une très belle capacité à faire du cinéma et donc une certaine cote en la matière. Les mélodrames issus de nos voisins pullulent aujourd’hui sur Netfix et on en redemande ! Voilà donc que le duo Alex Pina et Esther Martinez Lobato revient en force avec ce qu’ils savent faire de mieux, un mélange audacieux entre tele novela et le casse du siècle. Et le tout vient à s’offrir 4,1 étoiles sur Allocine a l’heure où ces lignes sont écrites. Qui a mis 5 étoiles à cet affligeant spectacle ? Tout le monde a-t-il un immense sens de l’humour et a-t-il rit à gorge déployé en s’infligeant cette série ? C’est là que réside le seul mystère entourant ce show dont chaque scène sera aussi prévisible qu’il touche au comble du ridicule. Mais revenons plutôt sur le crime, avec quelques petits spoilers pour mieux cerner la totalité du problème.
Ils ne vont pas coucher ensemble, mais seulement parce qu’ils sont de la même famille
Que l’apocalypse débute (et détruise tout espoir au passage)
Au commencement il y a deux familles ennemies / amies. Amies de longues date oui, même si ça sera plus complexe une fois qu’on aura bien compris que tout le monde couche à peu près avec tout le monde mais passons, nous n’y sommes pas encore. Mais aussi … ennemies, depuis que le fils unique d’une des deux familles a tué dans un accident de la route la fille aînée de l’autre famille. Elle était aussi l’amour de sa vie. Enfin pour le début parce que après faut des tensions sexuelles et amoureuses mais voilà on y reviendra. En toute logique, et comme un message éminemment malin et politique, les tensions géopolitiques explosent et bim une guerre nucléaire éclate. Clin d’oeil à l’actualité, c’est ingénieux. Heureusement un petit groupe d’ultra-riches dont nos deux familles vont se retrouver dans un drôle de refuge pour survivre. Mais les tensions sont là, que va-t-il se passer ? Je pars en spoilers direct de la fin de l’épisode 1, vous m’excuserez mais j’ai besoin d’en parler et si je fais pas ça ici, mes proches vont encore devoir subir. En réalité tout ça n’est qu’une mise en scène, un subterfuge finement pensé pour arnaquer les riches et leur piquer leur fric. A la tête de ce plan, Minerva (Miren Ibarguren), sa meuf Julia (Alicia Fernandez), son frère Ciro (Alex Villazan) et des complices oubliables mais nombreux.ses. Malin non ? Non ! Vous vous souvenez quand dans la saison 3 de « Prison Break » vous vous disiez que c’était impossible que Michael puisse avoir toute sa vie tatouée à ce point dans le temps ? Est-il médium et lit-il l’avenir sur ses tatouages ? Se fout-on de nos gueules ? Là pareil, ça n’a aucun sens mais direct, sauf qu’on n’a pas attendu plusieurs saisons pour que la logique nous quitte. Au revoir, cohérence, la bise à tes proches. Donc tout a été pensé. A la seconde près. Une intelligence artificielle qui fait tout (Roxane de son petit nom) , y compris scanner les personnalités des gens pour faire des visios avec leurs potes à l’extérieur et leur … piquer du fric évidemment. Mais aussi une tonne de mises en scène : un film tourné pour faire croire à l’apocalypse, un abris qui tremble, un rocher qui détruit un bar (pauvre bar), des tenues spéciales et même plus tard, dans ma nouvelle scène préférée de l’histoire du cinéma : une fausse société et une fausse boite de nuit. Le but ? Faire investir aux collaborateurs de nos riches résidents dans des fausses start-up pour détourner des milliards. Je sais que bon si on chipote, il n’y a plus de série, je sais qu’on peut se permettre quelques petites libertés pour le divertissement, j’ai aussi tenu tout « Pretty Little Liars », je suis rodée quand même. Presque invincible. Mais quand même pourquoi le plan coûte-t-il aussi cher voir plus que l’argent qu’ils vont voler ? Bon certes le plan est supposé être financé par l’argent que les ultra-riches ont mis dans la construction de l’abris atomique. Mais, et je veux pas la jouer rabat-joie hein, je crois qu’il a fallu un petit billet pour réellement le construire cet abris.
Un plan en bleu et orange
L’abris atomique s’amuse El refugio atómico
Donc, une fois que les riches sont bien piégés à l’intérieur et qu’on s’assure qu’ils ne voudront pas sortir pour ne pas mourir irradiés, les choses sérieuses peuvent commencer. Comme dans la « Casa del Papel », on va donc voir des scène sous forme de flash back où le plan est mis en place, où tout a été pensé et évidemment où le plan merde. A ça près que chaque personnage est tellement insupportable qu’on ne sait pas trop pour qui on est. Les horribles riches ? Leurs enfants un peu plus « gentils » ? Les brigand.es ? On ne sait pas. Toujours est-il qu’alors qu’ils pensent que tous leurs ami.es et familles sont morts, tous ne pensent qu’à deux choses : boire des coups et avec qui on couche ? En un épisode, on se tape deux séparations direct à la bien. Les révélations attendues pleuvent mais déclarées comme si on n’avait rien vu venir. Et ça va s’enchainer, à coup de règlements de comptes et de phrases trop écrites qui tombent bien à plat. Du type, « L’amour est une supercherie ». Voilà, ça laisse penseurs. Vous reprendrez bien un peu de philosophie et de leçon de vie ? J’espère que oui parce que il y a matière. On avait pas autant philosophé depuis la grande série des phrases toutes prêtes de « Dawson » et ses grandes visions de la vie verbeuses du haut de ses 16 ans. Rien n’est épargné. La grand-mère bisexuelle qui va chauffer la nouvelle ex-femme du riche tombeur, Guillermo (Joaquin Furriel) , lui-même amant de la femme de son pote (mais les amis c’est pour la vie et pas l’amour, nous dit-il) et même l’idylle entre la jeune soeur médecin, Asia (Alicia Falco), et l’assassin de sa soeur, Max (Pau Simon) qui était on le redit était son amant. A un moment il y a une scène de tension sexuelle dans des toilettes où les deux font semblant de commencer leur histoire d’amour pour élaborer un plan, parce qu’ils se savent écoutés. Mais il y a une double lecture parce que Asia voudrait vraiment se le faire mais lutte contre ses sentiments. Et il faut la voir. Il faut ressentir ce moment de malaise au moins une fois dans sa vie. Ca coupe tout sentiment de honte après. Si quelqu’un a pu porter ça sur grand écran, vous pouvez danser sur les tables et vous vautrer, ça choquera plus personne. Si vous avez suivi la série, vous savez de quoi je parle. Sinon, je comprends bien que toutes ces coucheries vous perdent. Pour autant, on en a même pas fait le tour.
Tu la sens la tensions dramatique là ?
Mais le plus croustillant tient du milliard, non pas d’euros, mais d’incohérences qui peuplent ce plan pas franchement clair. Bon tu les gardes enfermés deux semaines dans l’abris, mais il se passe quoi quand ils sortent ? Au début t’as dit que tu rationne les verres mais après c’est open bar, pourquoi ? Bon t’a entrainé un collaborateur en Thaïlande pour le faire signer un contrat mais comment as-tu créé une fausse boite de nuit et une fausse start up ? Combien ça a coûté ? Et bien sûr, notre préféré à toutes.tous comment Ingrid est-elle présente et en Espagne et en Thaïlande en même temps ? Autant de questions qui viennent peupler nos esprits bien perturbés. Et pourtant, il faut l’admettre, avec ses énormes filtres et tenues bleues et oranges (l’effet télévisé pour donner l’impression d’un spectacle qualitatif) et ses retournements de situations prévisibles, on a toujours envie de savoir où ça va aller. Un peu comme ceux qui s’arrêtent pour regarder les accidents de la route. L’appel du glauque, la curiosité de la catastrophe sûrement. Il est impossible de détourner les yeux et de ne pas se laisser porter par ce spectacle pré-mâché, mal écrit et produit avec un énorme budget.
El refugio atómico | Bande-annonce officielle VF | Netflix France
Et la saison 2 d’ » El refugio atómico » alors ?
Si les scénaristes ont bien pensé à une saison 2, le final ne laisse planer aucun doute sur le sujet, l’annonce officielle n’a pas été faite. Il faut dire que le budget de la série est colossal et que pour s’assurer de son renouvellement, le géant du streaming Netflix doit s’assurer de sa rentabilité. Son entrée dans le top 10 des séries les plus regardées lors de sa mise en ligne pourrait permettre à Netflix et Vancouver Media de donner leur feu vert. Reste à penser qu’avec les immenses décors et la mise en place du projet, le tournage de cette saison 2 devrait durer longtemps et que nous n’aurions pas de nouveaux épisodes à se mettre sous la dent avant 2027 à minima. Beaucoup de spéculations, peu d’informations, mais seuls les visionages, de la série en entier, permettent le renouvellement. Alors prenez le temps de regarder, j’ai besoin de savoir qui couchera avec qui par la suite, et ce que prévoit le reste de ce plan hors de prix !
La force, voilà le mot qui qualifie le mieux les performances de Yungblud. Une force émotionnelle, une tornade, une mise à nu, aussi littérale qu’imagée. Parce que son…
playlist octobre Braxe + Falcon et Phoenix : UFOs playlist octobre C’est la très jolie surprise de cette rentrée ! Les icônes de la French touch forment une…