Après avoir siroté une bière sur les rails désaffectés du Hasard Ludique, le public pénètre dans la petite salle de concert non climatisée du bâtiment. La sueur perle sur les visages et les t-shirts s’humidifient. Mais rien de tout ça n’altèrera l’énergie de Francis of Delirium ou celle de son public, embarqué avec lui. 

francis of delirium
Francis of delirium par Shade Cumini

Pop, rock et héritage 90s

Francis of Delirium réunit la chanteuse et guitariste luxembourgeoise Jana Bahrich, Jeff Hennico à la basse et Denis Schumacher à la batterie. C’est principalement grâce à leur album « Lighthouse » (2024) qu’ils sont parvenus à se propulser sur le devant de la scène. Ils ont ainsi ouvert les concerts du groupe The 1975 ou encore d’Alanis Morissette, deux références dont l’influence sur l’univers de Francis of Delirium est notoire.  Avec des sonorités travaillées à la fois rock et pop,  Francis of Delirium propose un mélange empli d’espoir et de mélancolie. Leur dernier album « Run Run Pure Beauty » , propose une dimension plus politique et sociale en plus de conserver l’identité musicale décrite précédemment. Des ballades, des chansons plus pêchues, d’autres assez mélancoliques, le résultat est varié et ne perd à aucun moment en intensité !

francis of delirium
Francis of delirium par Shade Cumini

La bombe scénique

Le moins qu’on puisse dire c’est que Francis of Delirium est un groupe qui éclot vraiment sur scène. Si l’écoute de l’album sur les plateformes nous avait déjà envoûté, on ne peut comprendre totalement ce qu’est Francis of Delirium qu’en voyant leurs concerts. L’écoute de l’album laisse entendre une chanteuse réservée et un groupe assez discret : il en est tout autrement sur scène. Francis of Delirium déploie une énergie folle notamment pour créer du lien avec son public. Ici, pas de hiérarchie entre les artistes et le public, le groupe échange avec les spectateurs et l’amuse. Résultat : leur arrivée provoque un sourire immédiat et une détente totale. Des échanges loufoques avec trois fans amiénois qui les suivent régulièrement, des compétitions organisées entre les deux côtés de la salle pour élire celui qui criera et dansera le plus… Francis of Delirium paraît extrêmement rôdé. Cette énergie contamine bel et bien son public qui met de côté sa timidité du début pour danser et sauter au rythme des chansons vitaminées et des refrains lumineux comme Little Black Dress ou Its a beautiful life, issues de leur dernier album. Le projet précédent, « Lighthouse » est également mis en avant avec First Touch et Real Love, des ballades qui embaument la salle.

francis of delirium
Francis of delirium par Shade Cumini

Simplicité, douceur et émotion

Sur scène, ils ne sont que trois, mais aussi quand ils se déplacent en tournée. On avait déjà été marqué par la polyvalence de Jana qui crée et dessine son propre « merch » et réalise certains de ses clips. On apprend hier, lors d’un bref problème technique de caméra, que c’est Jeff le bassiste qui s’occupe de la captation lors des concerts. Après une brève plaisanterie et des applaudissements chaleureux, le concert repart de plus bel. La chanteuse, le batteur et le bassiste sont accompagnés à certains moments par une bande sonore. Celle-ci est parfaitement dosée et les transitions entre la bande et le live sont très fluides. Le tout apporte vraiment beaucoup de profondeur. Notamment l’ajout de chœurs qui enveloppe la voix de Jana. En effet, comment parler de Francis of Delirium sans parler de la voix de Jana ?  Pendant toute la durée du concert, sa voix suave parsemée d’envolées lyriques nous a fait monter les larmes. Le passage récurent à la fin des refrains de l’ accord majeur à l’ accord mineur apporte cette touche de mélancolie aux chansons du groupe. Ce procédé nuance leur identité, à la fois joyeuse et émotionnelle. Mention spéciale à sa reprise de Mad World qui a ouvert la chanson Requiem for a dying day. Cette chanson parle de fait de la destruction de notre monde politiquement et écologiquement. Un choix intelligent et subtile qui a sublimé leur chanson déjà percutante.

Le groupe quitte la scène après une dernière chanson « Damned », faisant sauter toute la salle. On en sort ainsi à la fois amusé et détendu mais aussi profondément touché et ému. Avec une seule hâte, y retourner !


Francis of Delirium Run Run Pure Beauty

Run Run Pure Beauty : l’échappée belle de Francis of Delirium 

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