Qui aurait pu prévoir une telle trajectoire à Cameron Winter ? Son groupe Geese sortait en 2021 un premier album Projector au succès surtout indé et réservé aux fans de post punk. Dans la lignée 3d Country 4D Country, leur second né connaissait un sort similaire. La qualité était pourtant là, toujours au centre des compositions. Tout comme l’exceptionnelle voix de son meneur : l’incroyable Cameron Winter. A seulement 24 ans, le chanteur a retourné toutes les cartes. Parmi ses fans Paul Thomas Anderson, Nick Cave, Cillian Murphy … parmi ses ami.es, Olivia Rodrigo. Derrière sa voix si particulière, le chanteur rassemble et bouleverse. Un premier album solo Heavy Metal s’inscrit dans la continuité de l’immense succès du troisième opus de sa formation : Getting Killed. Les raisons de cette soudaine prise de notoriété ? Les mauvaises langues plaideront pour un putch sur les réseaux sociaux orchestré par une bonne équipe de communication. Peut-être que les new-yorkais ont effectivement su tirer les bonnes cordes et se servir comme il le faut du numérique. Il n’empêche qu’en matière de vérité, Geese touche à la perfection. Getting killed fait de la formation le premier groupe de rock de la Gen Z. Et derrière masse de formules toutes faites, la beauté d’un road trip musical, puissant, construit et bordélique, hallucinant et hors cases. Un trip sous acide, un périple qui croise le post punk et lui injecte une dose puissante d’émotions et des tirades lancinantes. En son âme la voix d’un génie. De celles qui divisent et qu’on ne croise que trop peu. Heavy Metal porte mal son nom. Rien n’y sonne comme le fameux courant musical. En lieu et place : une majesté à la pureté rare. Un cantique, une invocation. L’album peuple les nuits d’automne, résonne comme un appel à déambuler sous la pluie, convoque au divin et vient percuter les coeurs. Il fallait alors le confronter au live. Et c’est ainsi qu’est né le premier album live de Cameron Winter. Un opus a vous faire sauter quelques battements de coeur pour ne pas en lâcher une note.
Cameron Winter : Live at Carnegie Hall, une réussite totale
Il a seulement 24 ans. Ce jeune âge répété comme un mantra vient s’échouer sur une toute autre réalité. Cameron Winter convoque du haut de sa courte carrière la puissance de l’inimitable Nick Cave. Sa capacité à concentrer ses douleurs en des morceaux, à créer l’équivalent musical d’une grande messe. On touche les cieux avec l’icône et le jeune prodige vient fouler ses pas sur ce premier essai en live. Le 9 octobre notre chanteur publiait cet album bijoux. C’est pourtant bien plus tôt, en décembre 2025 qu’il immortalisait cette prouesse dans la salle de Carnegie Hall située à New-York. Avant lui Louis Armonstrong, Billie Holliday, Edith Piaf, Nina Simone, Pink Floyd ou encore Bob Dylan avaient déjà foulé ses planches. D’ailleurs dès son premier titre « It All fell in the River », Winter s’offre quelques mimiques dylanesques. Un légère inclinaison dans la manière de s’amuser avec des percées de voix. Avec pour seule arme un piano / voix, le musicien vient à promettre un moment d’excellence dans lequel l’intimité est reine. L’instrument est le terreau, sur lui pousse une voix. Celle qui monte dans ses retranchements, celle que personne ne saurait imiter. Le voyage se concentre évidemment sur Heavy Metal, mais pas seulement. Le musicien dévoile trois inédits : « ItAll Fell In The River », «Emperor XIII In Shades » et « If You Turn Back Now ». Chaque titre profite en outre d’une nouvelle interprétation. Ils se réinventent et s’appréhendent d’une toute autre façon, comme seuls les plus grands savent encore le faire. Si le piano y est un divin compagnon de route, il sait aussi être un ami sur lequel Cameron Winter s’amuse comme sur « The Rolling Stones » en début de set.
Concert divin et percés théologiques cameron winter

Le vocabulaire christique peuple les textes de Winter, qu’il s’agisse de ceux de Geese comme le veut notamment sa référence à Jeanne D’arc sur « Long Island City here we come » ou en solo. Ainsi le titre « $0 » sur lequel le musicien proclame avec ferveur comme lors d’une épiphanie : « God is real » est l’un des temps centraux de son immense prestation. Perte de foi ? Retrouvailles avec celle-ci ? Le chanteur reste discret sur le sujet et ce même lorsque la question lui est posée en interview. Qu’importe finalement, puisque le divin c’est lui qui l’apporte. L’expérience de l’écoute de son album pousse à une transe qui pourrait bien tous nous faire crier « Hallelujah ». La comparaison avec Leonard Cohen et la profondeur de ses compositions parait ainsi encore plus évidente. Et puis la première prestation live solo de notre homme était aussi dans une église, à St Matthias à Londres. Au milieu des paroles dédiées aux « Lord » ou encore à « Jesus », notre homme frôle également la perfection sur « Drinking age » et ses envolées au piano. C’est pourtant sur « Vines » que Winter choisit de quitter son discret public qui ne s’offre que quelques applaudissements entre chaque titres. Le morceau a une place centrale dans le vie de notre chanteur. Ecrit à 16 ans et composé en piano / voix, c’est lui qui a lui a permis de s’attirer les regards de son label. Le tire introspectif parle de façon crue de ses émotions. Les vignes c’est aussi le symbole de ce qui s’accroche pour aller chercher la lumière. Avec cet album, il suffira donc de s’accrocher à la voix de Cameron Winter pour le toucher pleinement. Rien ne sera plus beau cet hiver, et tous ceux qui suivront. Le chanteur n’est pas seulement celui qui aura donné à le Gen Z son premier groupe de rock. Il est celui qui a enfin brisé tous les codes pour offrir au Monde sa nouvelle étoile du berger.
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