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octobre 2025

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Un an après son dernier album « La Pieva », Barbara Pravi nous propose un nouveau titre inédit : « Où es-tu ?», morceau entêtant et lumineux qui explore la perte et la quête de l’être aimé. 

Barabra PraviQui es-tu Barbara Pravi ? 

L’auteure-compositrice-intereprète française s’est révélée au grand public lors de sa participation au concours de l’Eurovision de la chanson en 2021 avec son titre phare « Voilà ». Elle réussit à amener la France en deuxième place du classement. Au fil des années, elle s’engage de plus en plus en faveur des femmes, publiant ainsi chaque 8 mars depuis 2022 une nouvelle chanson inédite débordante d’émotions et de sincérité pour célébrer cette journée internationale des droits de la femme. 

Grâce à cette nouvelle médiatisation du concours de l’Eurovision de la chanson, la chanteuse voit sa carrière s’accélérer en publiant de nombreux EPs et en produisant 2 albums studio dont le plus récent est « La Pieva », sorti 2024. Cet album est une ode émotionnelle d’une sincérité pure abordant son héritage familial et sa vision du monde tout en étant d’une sensible complexité. 

« Où es-tu ?»,  comment es-tu ? barbara pravi

Barbara Pravi interview
Barbara Pravi interview

Le 24 octobre 2025, Barbara Pravi revient sur la scène musicale, avec un nouveau titre « Où es-tu » en s’attaquant au mal causé par la fin d’une histoire d’amour et au besoin de tourner la page même si on ne le veut pas. La chanteuse  crée un refrain entêtant abordant son désir d’être avec la personne aimée à travers une mélodie profondément pop. C’est ce que l’équipe de Pop&Shot a pu découvrir dans les locaux de son label, Universal Music France le temps d’un showcase intimiste débordant de sensibilité. Voilà qui ne peut qu’attiser le besoin de la voir en concert au plus vite ! Et voilà qui tombe bien. 

Après de nombreuses dates de concerts avec le « la Pieva Tour » Barbara Pravi va présenter un live inédit au Zénith de Paris le 26 mars 2026 pour clôturer cette magnifique tournée. C’est la première fois que l’artiste foule du pied cette salle iconique . 

Si vous souhaitez la découvrir en live n’hésitez pas et dépêchez vous de prendre vos billets il n’en reste pas beaucoup !!


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En octobre, l’artiste suisse Nemo sera de passage à L’Alhambra de Paris pour un concert s’annonçant haut en émotions et en sensibilité. Artiste engagé il aborde des sujets divers à travers ses titres, comme la santé mentale qui se retrouve alors mise à l’avant dans ses paroles. 

Nemo, multi-instrumentiste hors normes  

Nemo AlhambraDepuis son enfance, Nemo est un passionné de musique, il joue du violon, du piano et de la batterie en plus de chanter. C’est en 2016, à l’âge de 17 ans qu’il se retrouve mis sous les feux des projecteurs, en tant que rappeur grâce à une apparition sur la radio SRF virus. Suite à cette soudaine viralité, il sort deux EPs, dont son premier clownfisch se classe à la 95e place des charts musicales en Suisse. Il continu son incroyable ascension en remportant de nombreux prix, comme celui de la meilleure performance en concert de l’année.

C’est en 2020 qu’un changement s’opère, passant du suisse allemand à l’anglais dans ses chansons. Il décide alors d’aborder des sujets plus personnels dans ses chansons : son identité de genre et sa place dans le monde. En 2024, il représente son pays au concours de l’Eurovision de la chanson. Il remporte la victoire avec The Code qui mêle le rap, drum and Bass et opéra. Sa chanson aborde les cadrans binaires de la société dont il faut se libérer, la non-binarité étant au coeur de se titre. Il en profite par ailleurs pour faire son coming out non-binaire. Son dernier projet en date est un EP Whatever feels right sorti en 2022.

Gagne tes places pour le concert de Nemo à l’Alhambra 

C’est pour ça que Popnshop souhaite de te faire gagné des places pour toi et  la personne de ton choix pour le concert de Nemo le 30 octobre 2025. 

Une bonne occasion pour découvrir cet artiste ou pour le redécouvrir !!

Pour participer commente cet article en nous indiquant pourquoi tu souhaite assister au concert ! Maximise tes chances en jouant sur notre Instagram ! 

Les gagnant.es seront contactés par mail. Bonne chance !! 

Texte : Romy Haber


Mumford and Sons - Elysee Montmartre Paris 2025 - Crédit photo : Louis Comar

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Paper Moon (1973) de Peter Bogdanovitch
Paper Moon (1973) de Peter Bogdanovitch

Dans l’Amérique cabossée de la Grande Dépression, Peter Bogdanovich filme un duo d’escrocs au grand cœur : Ryan et Tatum O’Neal, père et fille à l’écran comme à la ville. Paper Moon est une arnaque sentimentale, une fable sur la tendresse maquillée et la survie par la ruse. On y apprend qu’il existe mille façons d’aimer, même quand on n’en connaît aucune.

Sortez vos mouchoirs : magie du cinéma en cours

Il faut toujours revisiter ses classiques. Surtout si ceux-ci ont fait pleurer votre mère quand elle avait votre âge. Attention, n’y voyez pas là un sadisme de ma part, ni un complexe d’Œdipe mal soigné. Oh non. Les larmes dont je parle ne viennent pas d’une tristesse écrasante suite à un dénouement déchirant. Je ne parle ni du Choix de Sophie ni de Titanic. Deux films que je n’ai pas (encore) vus.

Les larmes dont je parle, vous les connaissez, j’espère, autant que celles qui nous montent lors de la scène de la porte dans Titanic — pas besoin de voir un film pour en connaitre sa scène la plus marquante manifestement. Je parle des larmes qui nous montent face à la beauté d’un plan, d’un paysage, d’une nostalgie, d’un duo, de la relation peu conventionnelle d’un père et de sa fille. Enfin, plus que de larmes, je parle d’un film : Paper Moon.

It’s only a paper moon…

Dans l’Amérique prohibée des années 30, Addie Loggins (Tatum O’Neal) perd sa mère dans un accident de voiture. Elle a 9 ans et se retrouve seule ; dans les environs, tout le monde s’accorde à dire que la défunte était une femme de petite vertu. C’est sur son enterrement que s’ouvre le film. Face à la caméra, un visage d’enfant dur et impassible, filmé légèrement en contrebas, les yeux rivés sur la tombe. À ses côtés, seulement un prêtre et deux voisines. L’éloge funèbre est vite perturbée par l’arrivée en fanfare d’un étranger au volant d’une voiture crapotant, au bord de la panne technique. Pffffrrtt pffrrrt, clac ! Il se gare, ferme la porte et marche un peu trop gaiement vers la cérémonie. Le plan est fixe. On le voit visser son chapeau sur ses boucles blondes, enfiler sa veste à la hâte, arracher les fleurs d’une tombe. En quelques secondes, le portrait de Moses Pray (Ryan O’Neal) est dressé. On comprend vite qu’il est l’un des anciens amants de la mère d’Addie et qu’il est donc peut-être le père de cette dernière. Mais il est plus que ça : goguenard, voleur, charmeur, toujours légèrement marginal et désaccordé avec le monde qui l’entoure. Les aventures peuvent commencer.

Paper Moon (1973) de Peter Bogdanovitch
Addie Loggins (Tatum O’Neal) – Paper Moon (1973) de Peter Bogdanovitch

Ne tombons pas dans l’écueil de paraphraser un film, ainsi revenons juste sur quelques détails pour saisir l’enjeu de l’histoire. À contre-cœur, Moses ‘Moze’ Pray se voit confier la garde d’Addie pour l’emmener à St Joseph, Missouri, chez sa tante. On passera la folie de voir des voisines laisser partir une enfant avec un inconnu. Disons que c’est une facilité narrative… et une autre époque, peut-être. Sauf que ce qu’elles ignorent, c’est que Moze est un voleur à la petite semaine. Magouilleur de première, il a lancé une entreprise de fausses bibles à revendre aux femmes fraichement veuves et à qu’il fait croire qu’elles ont été commandées (mais pas encore payées) par leurs maris peu avant leur mort. Dès la scène suivante, en utilisant Addie à son insu, il fait chanter le frère de l’amant marié de sa mère (qui était au volant au moment de l’accident), et obtient 200$ « pour aider l’enfant ». Il s’achète aussitôt une nouvelle voiture. Addie, plus maline qu’il ne le pense, réclame plus tard ses 200$ et l’intrigue du film commence dès lors : Moze doit lui rembourser son argent, sinon elle le dénonce à la police. Une animosité s’installe entre les deux, mais qui se dissipera peu à peu avec toutes les arnaques qu’ils mettent en place.

Paper Moon (1973) de Peter Bogdanovitch
« I want my 200$! »

Paper Moon ou L’Amérique de la jeunesse perdue

Paper Moon révèle plusieurs choses. Il aborde la relation filiale, la peur du rejet, le besoin de connection et le rapport à l’arnaque comme manière de survivre. Paper Moon met en scène des personnages esseulés dans un pays qui leur fait faux bond : une enfant traumatisée, endeuillée qui ne l’exprime jamais. Un beau-parleur plus vulnérable qu’il ne le laisse croire. Une danseuse prostituée qui n’a aucune perspective d’un avenir meilleur. Une adolescente exploitée et mal-traitée par la danseuse. Ils habitent une Amérique dépeuplée, sur des routes interminables, où tout est éphémère, accidentel, fragmentaire.

C’est évidemment le personnage d’Addie qui nous frappe le plus. La performance est inoubliable, tout en retenue et dureté. À peine orpheline, elle fait face à une réalité terrifiante : personne ne veut d’elle et elle se retrouve dans la voiture de cet inconnu qui est peut-être son père, qu’elle sait qu’il est son père et qu’elle sait qu’il sait qu’il est son père. Pourtant il refuse. Il se refuse cette éventualité en surface, alors qu’au fond de lui, quelque chose remue, s’affirme, devient une évidence que cette enfant est sa fille. Peut-être pas de sang, d’accord admettons que ce ne soit pas sa fille, mais la relation dépasse très vite ces liens-là et devient la connection tant espérée de ces deux âmes. Tout est éphémère, je le disais. Sauf eux.

Dans le creux d’un regard

Attention, ne vous laissez pas avoir par ces prémices. Paper Moon n’est pas un film dramatique, mais il n’en est pas pourtant excessivement comique. Il se cale juste au creux de tout ça, aussi doux-amer qu’un mélange des genres puisse être. Il vous fera plus sourire qu’autre chose tant les personnages sont attachants.

Ça parle beaucoup dans le film, ça râle beaucoup aussi. Ça s’engueule, ça panique et ça se recentre. Mais c’est dans les regards que tout se joue. La photographie du grand chef opérateur László Kovács (Easy Rider, Ghostbuster, etc) est une addition parfaite à la narration du film. Celui-ci est esthétiquement sublime, épuré et composé d’assez peu de personnages. Ce film parle de deuil, sans jamais prononcer le mot, ni lâcher une larme. Dans ce road-movie, on voyage léger et on garde le passé sous le tapis. Addie vit avec le fantôme de cette mère que les autres prenaient de haut. Qu’est-ce que ça fait d’elle, sa seule enfant ? Sa seule enfant, dont on se débarrasse en la confiant à un inconnu.
Addie est consciente de la réputation de sa mère. Elle sait que Moze a été avec elle. Elle ne comprend pas exactement comment il l’a été, elle est trop petite, mais elle comprend qu’il l’a été suffisamment pour être éventuellement son père. La scène des 200$ est significative sur le sujet : « Rencontrer une femme dans un bar ne veut pas dire que tu as automatiquement un enfant derrière ! » lui lance-t-il, presque hargneux. « C’est possible.. » répond-elle, à court d’arguments. Son regard dans cette scène est plein de naiveté et d’espoir. Il s’agit d’un des rares moments dans le film où l’on peut entr’apercevoir une once de naiveté dans l’attitude de cette enfant. Elle veut une figure parentale à laquelle elle peut se rattacher. Et Moze est le seul qui s’offre à elle.

Paper Moon (1973) de Peter Bogdanovitch
Paper Moon (1973) de Peter Bogdanovitch

Chaque visage est caressé d’une lumière douce, porté par un regard teinté de tristesse et de désespoir. L’Amérique prohibée est le parfait arrière-plan pour ces personnages désemparés. Ballotée à l’avant des différentes voitures de Moze, Addie ne laisse, elle, paraître ouvertement aucune émotion, aucun besoin d’affection. C’est son regard qui le fait pour elle, sa petite voix rauque, toujours prête à aboyer plus fort que le chien d’en face. Ne pas montrer sa faiblesse, ne pas montrer ses doutes face à celui qui se refuse d’être son père (alors que vraiment ils ont la même tête). Le même qui tente tant bien que mal de cacher son affection grandissante pour l’enfant.

Bad Father Figure

Moze s’impose comme la figure paternelle à la fois émotionnellement absente et attentionnée. Tantôt égoïste, tantôt avenant, il n’accorde son affection à Addie qu’en petites coupures. Il n’hésite pas à la tâcler, lui disant sans gêne qu’il ne l’aime pas, puis se ravise, et par le geste, l’attention, le regard lui dit exactement l’inverse. Parce que, très vite, l’homme se laisse attendrir par les ruses d’Addie. L’entente se fait naturellement et sans grand effort. Ils s’impressionnent l’un et l’autre en permanence.

Des détails ne trompent d’ailleurs pas ; des gestes d’affection, une complicité instinctive, immédiate. Est-ce que ce sont les acteurs, réellement père et fille dans la vraie vie, qui s’oublient ou sont-ce les personnages eux-mêmes qui s’oublient ? Il l’attrape par l’épaule, la surveille, et la regarde toujours avec douceur quand elle regarde ailleurs. Elle s’en rend compte et ne lui rend qu’une fois qu’il ne la regarde plus. Tout est contenu et pourtant ça explose en permanence. Ça explose dans leurs yeux : Quand il lui dit que c’est une belle enfant qui ressemble à sa mère, on comprend qu’Addie n’avait jamais été vraiment complimentée et ne sait pas comment l’appréhender.

Quand Moze rencontre Trixie au carnaval, et qu’il passe la soirée à payer pour la voir danser, Addie et lui se disputent. Elle s’énerve parce qu’il lui échappe et elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas en quoi elle ne lui suffit pas, alors qu’elle n’a que lui. C’est la deuxième fois qu’une figure parentale lui échappe. Addie voit en Trixie une rivale qui met en péril sa seule stabilité. Elle craint qu’elle ne lui vole l’attention de Moze, son seul repère au monde.

Au bal des rêveurs

Je le disais en début d’article : Moses Pray a quelque chose de désaccordé du reste du monde. Il est sans cesse à contre courant de ceux qui l’entourent. Toujours bien habillé, ses vêtements détonnent pourtant. De tous les personnages masculins, il a le style le plus exubérant. Costume légèrement trop grand à carreaux, chemise à rayures, cravate à pois, d’autres fois à fleurs. Le motif est omniprésent et reflète sa vie, toujours en mouvement, faite de bric et de broc. Lui aussi est esseulé. C’est un homme qui ne vit que de l’éphémère. Il survit grâce à ses mots et sa souplesse. On ignore d’où il vient, son accent change en milieu de film (mais si on a vu Barry Lyndon on sait que les accents c’est pas le fort de O’Neal père). Il traverse l’Amérique de ville en ville. Rien ne dure. Ses voitures changent sans cesse.

Moses Pray, tombeur de ses dames ? Assurément, mais c’est en partie pour fuir la misère et la solitude. Le passage avec Trixie Delight n’est pas si drôle qu’il le laisse paraître. Madeline Kahn est évidemment sensationnelle et délivre une performance à la croisée du burlesque et du grotesque. En danseuse de carnaval, on comprend très vite que c’est une prostituée qui ne dit pas son nom. Le seul à ne pas (vouloir) comprendre ? Moze.

De son côte, Trixie Delight sait qu’elle est vouée à une vie horrible, instable, de pauvreté et de promiscuité forcée. Elle sait que cette idylle avec Moze ne peut pas durer et qu’elle finira par la saboter. Elle abuse d’Imogene, adolescente noire résignée sans le sou qui travaille gratuitement, silencieusement pour elle. Trixie s’en prend à plus faible qu’elle pour se donner une quelconque importance. De son côté, le plan d’Addie pour s’en débarrasser est égoïste, oui, mais c’est un instinct de survie. Elle ne doit pas, elle ne peut pas perdre Moze. Quand elle envoie Moze à l’étage, elle semble presque regretter, comme si elle savait qu’elle lui faisait de la peine. L’arnaque n’est pas montrée comme une farce dans Paper Moon. Ce n’est pas une faiblesse d’âme mais leur seule chance de survie. C’est leur ultime ressource.

Quand Moze apprend que Trixie l’a « trompé », son visage ne renvoie pas de la colère, ni de la rage, mais du désespoir. Il a le coeur presque brisé. Il s’était refusé de voir que ça ne pouvait pas durer, que cette idylle n’était pas réelle. Il était dans le déni et se retrouve trahi et blessé. Le charmeur s’est menti à lui-même pour entretenir une illusion d’aisance.
C’est la scène suivante, où pour la première fois Moze n’a pas « le coeur à préparer un mauvais coup » que l’on obtient la première temporalité du film. Deux mois se sont écoulés avec Trixie Delight. Ça fait donc deux mois qu’il pensait s’être trouvé une femme, enfin. C’est dans cette période qu’il s’achète sa plus belle voiture. Il vit pour la première fois dans l’illusion d’une vie stable.

Quand le blondinet devient cendré : brûlez vos idoles

Réviser ses classiques, c’est aussi dépoussiérer certains records. Quand Paper Moon sort en salles en 1973, le monde redécouvre Ryan O’Neal sous un nouveau jour. Il n’est plus l’amoureux niais et endeuillé de Love Story (1970), il n’est plus non plus le blond idiot de Peyton Place. Nous sommes trois ans avant le dévoilement de Barry Lyndon et avec Paper Moon, il donne l’impression d’être un bon acteur. Il n’a jamais été aussi beau, aussi bon et il apporte au personnage de Moses Pray, une malice pétillante dans le regard et une éloquence de charmeur. Tête de fouine, beau-parleur, toujours poli, toujours bien mis, il est prêt à bondir, à soutirer le moindre sou au moindre passant. Et on a du mal à en détacher le regard.

Le bellâtre était déjà dirigé par Bogdanovitch dans l’excellent What’s Up, Doc? l’année précédente, avec Barbra Streisand. Il y jouait une version 70s de Cary Grant dans Bringing Up Baby, et elle de Katharine Hepburn. Une rapide visite de sa filmographie nous informera que Ryan O’Neal excelle particulièrement lorsqu’il est en duo ; pas assez de substance en tant qu’acteur, bon miroir, jolis yeux, il ne rebondit réellement que si quelqu’un d’autre est là pour le rattraper. Et, Paper Moon en est l’exemple le plus flagrant. Sauf que cette fois, c’est sa fille qui commande. Tatum O’Neal marquera dès son premier film, l’ego boursoufflé de son père et l’Histoire au fer rouge. Lors de la cérémonie des Oscars de 1974, elle se voit remettre l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Elle a neuf ans et devient la plus jeune comédienne récompensée. Cela fait cinquante et un ans et Tatum porte encore cette couronne. Une réussite qui ne le fera pas briller à la maison, puisque O’Neal père n’était finalement pas le parent modèle qu’on aurait imaginé. Derrière le vernis de charme, Ryan O’Neal s’est révélé être un père tourmenté et violent, alternant fascination et cruauté envers ses enfants comme envers ses compagnes. Oui, si le film célèbre la complicité fragile d’un père et d’une fille, la vraie vie, elle, s’écrira autrement. Brûlez vos idoles, qu’on vous a dit, même quand celles-ci ont l’oeil vif et la moustache lustrée.

Paper Moon (1973) de Peter Bogdanovitch
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playlist octobre

Braxe + Falcon et Phoenix : UFOs playlist octobre

Braxe + Falcon et Phoenix Ufos
playlist octobre
C’est la très jolie surprise de cette rentrée ! Les icônes de la French touch forment une superbe alliance, un peu comme les ligues de super-héros, pour créer un titre aérien à la douceur infinie. Baptisé « Ufo » et paru le 23 septembre, il est le premier né d’ «UFOs» dont on attend impatiemment les écoutes. Les cousins Alain et Stéphane Quême, copains de toujours des compères de Phoenix viennent célébrer cette amitié de longue date avec la sortie de ce premier single conjoint. D’ailleurs cette franche camaraderie vient s’afficher sous nos yeux émus grâce au clip de Warren Fu qui signe le clip mettant en scène les  souvenirs communs de nos 6 amis. Et côté morceau ? On retrouve la touche élégante de Phoenix, sa capacité à osciller entre électro et rock avec une délicatesse folle. Mais aussi la précision créative de Braxe et Falcon. La répétition est maitresse alors que la mélodie s’invite à pas de velours dans nos esprits. Pouvions-nous seulement en attendre moins de ceux qui faisaient leurs premiers pas aux côtés de Bangalter (Daft Punk) et de ceux qui clôturaient les JO ? Pour couronner le tout, le projet sort sur le label de l’excellence : Domino Records.  Le titre scande ne pas croire aux miracles, plutôt aux OVNIS. En l’écoutant, on serait plutôt tenté de croire aux deux… au moins en matière de compositions.

Geese : Getting Killed playlist octobre

Geese : Getting Killed playlist octobre
Est-ce que Geese a sorti l’un des meilleurs albums de l’année ? Mais très certainement ! Et dans le top 3 d’ailleurs. « Getting Killed » porte divinement son nom tant l’opus est une tuerie. Il est élégant, raffiné, costaud mais accessible, n’allons pas jusqu’à dire mainstream, se serait un odieux mensonge. Ce nouveau Geese est un voyage, une odyssée plurielle qui se vit dans son absolue totalité, qu’importe le nombre de claques qui peuplent le périple. Le rock s’y fait sauvage, brut, honnête et si moderne qu’il retourne toutes les cartes. La légende dit qu’il a pris en forme en seulement dix journées de sessions enflammées. Cette pure merveille, qui nous vient tout droit de Los Angeles est empli de chaos. Nietzch disait qu’il fallait beaucoup de chaos en soit pour accoucher d’une étoile qui danse. Celle-ci danse et brille de mille feux. Rarement pluralité et cohérence n’avaient autant résonné conjointement dans une galette. Chaque titre est une surprise et un émerveillement. Le quatuor new-yorkais mené par Cameron Winter ( et sa voix si bouleversante) signe ici son meilleur album. Non que la barre n’avait jusque là était placée très haut. Simplement la prouesse de « Getting Killed », sa capacité à se redéfinir, en font un objet sonore tout simplement parfait. Attention pourtant, cette prouesse ne s’adresse pas à toutes les oreilles, il saura satisfaire le public averti et demande de s’y plonger à plusieurs reprises pour pleinement s’y épanouir. Il n’empêche qu’une fois embarqués dans le wagon, la beauté des paysages ne pourra que couper le souffle. Jusqu’à un immense dernier morceau : « Long Island City Here I Come », proposition de plus de 6 minutes qui ne se donne aucune limite. C’est puissant, viscérale, bordélique, logique, onirique, profondément magique. Kenneth Blume à la production magnifie l’album d’une décennie. On lâche l’écrit pour reprendre notre voyage psyché-punk, vous venez voir du pays ?

Fred Again + Amyl and the Sniffers : You’re a Star playlist octobre

Fred Again + Amyl and the Sniffer : You’re a StarFred Again est-il en train de s’offrir un tournant résolument punk ? Et dire qu’on nous disait le rock mort. Prends ça dans tes dents, le oui dire ! L’une des plus grandes stars de l’électro du moment invite ainsi sur le premier extrait de son nouvel album, le groupe le plus punk et libre de ces dernières années. Avec en son centre l’ébouriffante Amy Taylor, le groupe originaire de Melbourne est profondément électrique, résolument féministe et indomptable. Evidemment l’alliance des deux est une machine de guerre. Parfaitement rodée, puissante, indomptable,  obsédante. Nul doute que ce titre marquera les générations et que les sirènes sonores qui le peuplent feront longuement transpirer tout.es celles et ceux qui se déhancherons dessus. Concrètement ce titre est le premier extrait de la série USB002. Ce nom est celui d’un album infini alimenté par Fred Again depuis la sortie de « USB » paru en 2022. Le musicien en profitera pour dévoiler un nouveau titre chaque semaine sur une période de dix semaines. Et puis pour fêter cette sortie comme il se doit une rave surprise sera également organisée chaque semaine dans des villes différentes. Faire la fête est politique, dit-on. Comme le punk, la rave est une prise de liberté, une révolte. Tout fait parfaitement sens. Et l’album ? Il sortira en vinyle le 12 décembre.

Better Joy : At dusk playlist octobre

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Le coup de coeur indie pop de ce mois s’appelle Better Joy et mérite d’y prêter l’oreille. Si les influences ne sont pas toujours gages de qualité, celles de la musicienne résonnent tout particulièrement et viennent hanter ses compositions. On y retrouve aussi bien les riffs hantés de The Cure que l’excellence rock de Mazzy Star ou encore la douceur de Phoebe Bridgers. Le tout peut parfaitement cohabiter dans une cohérence portée par une voix de velours. Bria Keely, de son véritable nom, y pose une guitare à fleur de peau. Celle qui débutait la musique par le chant et le piano s’est mise à la guitare à l’université et n’a depuis plus lâché l’instrument. Les titres frapperont forts chez les amateurs de pop bien écrite à la précision millimétrée. D’autant plus qu’aujourd’hui, c’est la scène pop qui est la plus vectrice d’émotion. Et dans la catégorie, ce second EP, qui fait suite à « Heading Into Blue », place la barre très haut. Chacun des 6 morceaux qui prennent place sur l’EP résonnent comme une nouvelle forme d’affirmation de soit. Les titres y sont lumineux et pourtant, leurs messages puissants les dessinent en clair-obscure. La promenade y est douce,  évidente et intemporelle. Il n’est d’ailleurs pas surprenant de retrouver la chanteuse en première partie dAmy Macdonald. Les deux musiciennes partagent l’évidence tubesque, la faculté à émerveiller avec une guitare et une voix. Point de fioriture, juste l’excellence. Et puis l’un des titres sur l’EP s’appelle « Big Thief », parce que l’art est le plus grand des valeurs et collecte nos âmes. Rendez-vous le 31 octobre, pour un Halloween peuplé de titres qui tuent et de morceaux hantés.

Good Neighbours : Blue sky Mentality playlist octobre

Good Neighbours : Blue sky MentalityLa nouvelle sensation rock nous vient, sans surprise il faut l’admettre, d’Angleterre. Nos meilleurs voisins d’Outre-Manche n’ont eu besoin que d’un seul titre : « Home » pour devenir viraux et gravir toutes les étapes du succès. En cause, un rock accessible, hyper solaire, accrocheur, aux refrains qui fricotent sérieusement avec la pop. Les compères Scott et Oli qui étaient voisins de studios à Londres citent volontiers MGMT et Passion Pit comme source d’inspiration. Une folle envie de faire revivre une scène des années 2000 et de s’éloigner des balades douces qui habitent traditionnellement leur quartier les a poussés à la composition. Pari réussi avec ce premier album de 14 titres où chaque morceau résonne comme un énorme banger. On y retrouve en ouverture « Keep it Up » qui cartonnait lors de son interprétation à Rock en Seine. Cette mise en bouche à la vibe rétro évoque la bonne humeur des années 90 (et même le classique S Club 7 pour celles et ceux qu’il l’ont en mémoire). Le chemin entamé, et voilà que la route est belle ! La production puissante va s’ajouter pour faire de ce premier jet un classique et une arme de séduction massive. Accessible, elle sort l’artillerie lourde et invite chacun.e dans la danse. Les gimmicks en intro de « Walk walk walk » par exemple et leurs répétitions sulfureuses accrochent immédiatement les esprits. Sous leur ciel bleu, les garçons ont le sens du refrain qui tape fort. Ecrit sur la route, loin du boulot qu’ils ne pouvaient plus supporter, l’album sent bon la liberté. On s’y amuse franchement, jusqu’à « Wonderful Life », avant dernier titre de l’opus, porté par un clavier aérien. La vie peut être belle en musique, reprendre des couleurs qu’on lui oublie trop souvent. Finalement la fête des voisins, c’est aussi de la créativité.


sombr I Barely Know Her

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