Feu! Chatterton: Quelques verres et un moment en studio plus tard ( Reportage)

Feu! Chatterton 2018

Nous sommes le 5 février 2018 et c’est un grand jour.

Le groupe de Feu! Chatterton nous a en effet convié à faire un tour dans son studio de répétition pour se faire une petite écoute en avant première de quelques titres de son nouvel opus à paraître.

La suite de la soirée? Quelques verres et des mac and cheese dans un pub pour parler musique, séries TV, voyage et beignets d’oignons.

Nous, c’est un petit groupe de 4 blogueurs musique, des passionnés curieux de voir ce que la tornade Feu! nous réserve pour la suite. Ainsi RocknFool, Vague Parallele, La Bande Sonore et PotesCast, tous d’excellents médias que je vous conseille très très fortement ( allez-y vite), était de la partie pour une soirée qui allait laisser un souvenir impérissable. Souvenir comme le titre du premier extrait du nouvel album de Feu! Chatterton que tu peux écouter ici. ( tiré du manuscrit les « Jeux de mots pour les nuls »)

Le studio en lui-même, situé dans un local blindé de références à la pop culture et d’une énorme représentation de Super-Man, est assez petit ( conviviale, chaleureux, étroit, pas grand, limité en place, cosy, à taille humaine mais pour un nombre limité d’humains).
Nous voilà donc les uns à côté des autres aux milieu des instruments, prêts à se glisser au cœur d’une répétition. Et c’est une expérience tellement surréaliste, tellement intime, qu’elle en est forcément magnifique. Silencieusement, nous voici invités à voir tâtonner et créer. Voici donc qu’un groupe rodé et superbe en live, tente timidement d’appréhender ses nouveaux titres.
Voilà maintenant cette bande de perfectionnistes qui cherche à créer ce que le grand public verra sur scène. Le sourires s’échangent, « on fait comme si vous n’étiez pas là alors.. » Et c’est parti.
« L’oiseau », « Souvenir », les deux premiers morceaux interprétés coulent de source. L’idée de jouer « Ginger » se réfléchit. Les questions se posent, « Sinon on refait un morceau du premier album. » non mais non, ce ne serait pas jouer le jeu, aller « Ginger » mais pas en entier hein? Quoi que… Les notes s’enchaînent, toutes et le titre prend vit sous nos yeux (oreilles) sans les faux pas redoutés.

L’ivresse

« Si on allait boire des verres! » Cette sommation est accueillie avec joie par l’assistance. Fini le stress, on apprendra d’ailleurs plus tard que le groupe ne savait pas vraiment qu’il allait devoir interpréter en live ses nouveaux morceaux, bonjour les discussions. Entre le studio et le bar, les langues se délient avec facilité. Une journée entière en studio pour nos petits génies de la chanson française, n’aura pas suffit à satisfaire les perfectionnistes qu’ils sont. « On aurait bien aimé boire des verres vers le Batofar, confie Arthur, mais voilà les quais sont inondés. » Comme si les éléments n’étaient pas suffisamment contre nous, ce soir là, il neige sur Paris. La ville prend alors des accents poétiques tout comme la musique de Feu!. Ce froid c’est également l’occasion pour Arthur et Raphaël de se remémorer le « pire concert » du batteur. Le groupe était en effet invité à jouer à Tignes dans les montagnes en plein hiver… en extérieur.  » J’ai dû jouer comme un bourrin pour pouvoir tenir mes baguettes, c’est bien loin du jeu que j’aime avoir avec Feu! » s’amuse-t-il à raconter.

Dans le pub, il fait bien meilleur, le groupe prend place sur une grande table en bois sur ses chaises affreusement hautes. quand on est petits.

« What do you want to drink? » demande la serveuse. « A Ginger beer! » répond une grande partie de la tablée, en clin d’œil au dernier morceau écouté.  » Tu es à l’aise avec l’anglais Arthur? »  » Moyennement je connais mieux l’espagnol mais j’avais peur d’être mal poli si je lui répondais en français. » L’espagne, tiens, c’est justement là qu’est parti notre chanteur cet été. Mais pas que. Un voyage à Naples au hasard, réservé sur un coup de tête parce que c’est vers là que partait son bateau espagnol et les souvenirs de moments passés à Grenade, dans l’Alhambra et dans la ville sont évoqués. L’Italie, l’Espagne, tant de destinations qui lui évoquent l’enfance et sa douceur. C’est en déambulant là-bas que s’est écrit  » L’oiseleur », le nouvel opus de la formation. C’est au cour de déambulations solitaires qu’il  prend des notes rapides, des photos écrites en quelque sorte qui alimentent les textes de ses chansons. Les voyages fascinent notre nouvel ami, il rêve de tournée au Japon et en Russie, raconte l’Équateur, l’image qu’il s’en faisait et la réalité qu’il y a découvert.

Il est facile de discuter avec l’équipe. Diplômés de grandes écoles, leur parcours atypiques donnent naissance à des sujets sans fins. Clément qui a fait Maths Spé et qui vient de passer un doctorat en physique se lance dans une longue discussion sur le clonage. « C’est impossible à réaliser un véritable clone, parce que même avec le même code génétique, l’environnement est un facteur déterminant. Rien ne peut aujourd’hui faire que deux personnes clonées soient identiques. » Scientifiques nos discussions? Pas seulement. C’est « Stranger Things » qui a retenu son attention ces derniers temps, puisqu’aujourd’hui la SF ne le fait plus rêver. Elle part de constats moroses, ses histoires se terminent mal. Avec la douceur qu’on connait à la formation, le discours tenu par Raphaël pourrait rappeler sa musique, celle qui fait chaud au cœur.

Après avoir mangé quelques nachos et des mac and cheese,  mais pas d’oignon rings ils étaient du mauvais côté de la table, une pose cigarette s’impose. D’ailleurs tiens, pour amadouer Arthur qui a vécu au Mexique, rien ne vaut une belle assiette de nachos au cheddar. Le chanteur en prend une dans sa bouche mais ne l’allume pas. « J’ai arrêté de fumer. » Oui mais, pour autant la cigarette c’est bien le seul moment durant lequel notre société nous autorise  à ne rien faire. » Maintenant quand je rêvasse à ma fenêtre sans ma cigarette, il y a une certaine légitimité qui se perd. »

Les verres s’enchaînent, une nouvelle tournée permet de se réchauffer et de se mettre à l’aise.  « Vous avez regardé ‘The Fucking end of the world’? c’est vraiment top »,  Oui oui ça l’est. Des phrases se chevauchent et se croisent, conseils artistiques, analyses et souvenirs de rencontres passées avec le groupe, de concerts… « Allez voir le dernier  ’50 Shades of Grey’ la meilleure comédie involontaire de ce siècle. » reste pourtant le conseil le plus sage donné ce soir-là.

Les heures passent trop vite et il faut déjà penser à partir. Reste la musique pour se Souvenir de ces jolis moment. Ca et puis l’impatience de voir en live les premiers pas dont nous aurons eu la chance d’être témoins. Tant pis pour les oignon rings, si rien ne marche plus Arthur se lancera dans la fabrication de mac and cheese en Ecosse. Ou pas, aucune chance que ce nouvel opus ne soit pas un carton. Feu! Chatterton a bien l’intention de vous permettre de voyager à travers la beauté et la poésie. Avec la douceur de l’enfance aussi haut que volent les oiseaux.

Feu! jouera au Bataclan le 9 avril prochain. Une bonne occasion de contempler le résultat des ces répétitions.

Feu! Chatterton 2018


Photos: Kévin Gombert

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