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Grandma's Ashes - The Fates
Grandma’s Ashes – The Fates

Le premier EP des Grandma’s Ashes est un condensé de ce que ce trio francilien fait de mieux, un best-of de leurs 3 années d’existence. Les trois rockeuses maitrisent le live à la perfection, mais avec « The Fates », c’est en conditions studio que l’on a l’occasion de découvrir leur univers mélangeant « Rock, goth et une touche d’absurde ».

 

« A.A », le premier des cinq titres est une invitation à entrer dans cet EP. Envoutant et très travaillé, ce morceau est une belle introduction à l’univers des Grandma’s Ashes. Les riffs, ancrés dans le style rock stoner, rappellent l’amour du groupe pour le live et lancent parfaitement les hostilités. Une attention toute particulière est donnée aux voix sur l’ensemble des morceaux composés. Cela se retrouve tout particulièrement sur l’énergique et psychédélique « Radish Cure » où le chant d’Eva nous emporte complètement.

 

à la lignée d’un enterrement et d’un sketch des Monty Python

 

Le trio aime placer des touches d’humour dans ses titres, on peut même dire que les trois artistes emportent l’auditeur dans “un voyage en train fantôme à la lignée d’un enterrement et d’un sketch des Monty Python.” Après nous avoir parlé de poisson rouge dans « A.A », c’est au tour de Fiona de Shrek d’être mise avant dans « Song for Fiona ». Sans trop savoir pourquoi, ce morceau reste dans un coin de la tête. C’est sûrement grâce à sa belle construction, ses passages mélodieux habillement alliés à une instru où la disto est très présente.

Impossible de s’exprimer sur « The Fates » sans aborder le single « Daddy Issues ». C’est un titre terriblement efficace qui mélange de belle manière des passages stoner, prog et mélodiques. Pour Éva, Myriam et Édith, ce morceau (comme beaucoup d’autres d’ailleurs) est une sorte « d’exutoire super efficace pour parler de thèmes qui leurs pèsent ». C’est ainsi qu’avec beaucoup de pudeur mais aussi de dérision, elles parlent dans « Daddy Issues » de « problèmes de papa ».

 

C’est un premier EP très structuré qu’offrent les Grandma’s Ashes, et c’est tout logiquement qu’il se referme sur « Outro », un titre entièrement instrumental qui montre tout le talent et la technique du groupe.

Avec « The Fates » le jeune trio Grandma’s Ashes signe un premier EP de très bonne qualité. Il est le fruit de trois années de travail et d’expérimentations, reflétant parfaitement l’exigence d’Éva, Myriam et Édith envers leur musique. Les « petites » Grandma’s Ashes ont sorti un grand EP avec « The Fates », faisant honneur aux illustres artistes (Black Sabbath par exemple) déjà passés par ces studios Ferber où l’EP a été enregistré.


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Duo-luke-pritchard-ellie-rose
Duo – crédits photo : Josh Kern

Luke Pritchard, vous le connaissez déjà puisqu’il s’agit du chanteur du célèbre groupe de rock britannique The Kooks. Marié à la sublime et talentueuse Ellie Rose, le musicien décide en 2020 de se lancer dans un tout nouveau projet en couple cette fois, baptisé DUO. Le 18 décembre ces amoureux fous dévoilaient leur premier album, une ode poétique et rock à la pop française à la cinématique encrée, aux guitares élégantes et à la sensualité à fleur de peau. Un jeu de séduction en musique magnifique, coup de coeur d’une fin d’année qui avait besoin de faire rêver. C’est sur Zoom, au réveil avec un thé chaud dans la main que le charmant couple a donné rendez-vous à l’équipe de PopnShot, deux ans après une rencontre parisienne avec le leader des Kooks. Un moment pour parler de musique, d’industrie musicale et de ses abus de pouvoir, de culture, de crise du Covid, d’amour et de scène française. Interview.

PopnShot : Bonjour, comment ça va ce matin ?

Luke Pritchard: Très bien et vous, c’est une belle matinée froide ici à Londres et à Paris ?

PopnShot : TouT va bien, nous n’avons plus besoin d’utiliser d’attestations de déplacement pour sortir en ce moment c’est déjà un début …

Luke Pritchard: Des attestations ? Vous avez un rationnement avec un nombre d’attestations limitées par jour c’est ça ?

PopnShot : Non pas du tout, on jure juste sur l’honneur qu’on sort pour une bonne raison.

Luke Pritchard et Ellie Rose: Vraiment ? (rires)

PopnShot : Mais revenons plutôt à l’actualité qui nous intéresse aujourd’hui, celle de la sortie de votre tout premier album. « Duo » est sorti en deux temps, un premier Ep, puis un second et enfin l’album constitué de ces deux entités. Comment le décririez-vous ?

Ellie Rose : Nous voulions créer une histoire d’amour en trois partie. le premier Ep regroupe les premiers morceaux que nous avons écrit. Globalement lorsque nous nous sommes rencontrés. le second a été écrit un peu plus tard alors que l’album lui a été fini durant le premier confinement.Ce sont les trois étapes de notre relation amoureuse.

PopnShot : Comment ça marche de travailler en couple ? Est-ce que vous vous compléter sur la création ?

Luke Pritchard: Parfois oui. C’est quelque chose que je recommanderai à n’importe qui de travailler avec son partenaire.

Ellie Rose: moi pas (rires).

Luke Pritchard : Il y a des hauts et des bas mais la musique est une expérience psychique de haut niveau donc quand on travaille là-dessus ensemble ça vous rapproche. Evidement on a des moments plus compliqués mais dans l’ensemble on s’est beaucoup amusés.

PopnShot : Si vous deviez vous décrire mutuellement avec un morceau de n’importe quel artiste, lequel choisiriez-vous ?

Luke Pritchard : « I’ll be seeing you » ( de Françoise Hardy et Iggy Pop Ndlr) parce que c’est un standard et un classique du jazz.

Ellie  Rose: Et j’aime Velvet Underground « I’ll be your Mirror ».

On a voulu parlé de ces hommes terrifiants de l’industrie musical et leur dire de partir.

PopnShot : Pour cet album vous vous êtes inspirés de la musique française des années 60. Pourquoi cette période artistique vous a-t-elle cette importance pour vous ?

Ellie Rose : Le pourquoi est une bonne question. Je pense que nous aimons l’aspect théâtral et décadent de cette période. On écoute beaucoup de Françoise Hardy, de Jane et Serge … Je pense aussi que la musique est très liée avec les films et que la pop française des années 60 a une belle esthétique qui fait rêver.

Luke Pritchard : Les arrangements y sont décadents et luxueux mais ils sont amusants, invitent au jeu. C’est une chose que nous aimons tous les deux dans cette scène. On s’est aussi inspirés de la scène française moderne qui a beaucoup de niveaux d’écriture.

Ellie Rose : Oui, les français le font mieux!

PopnShot : Vous avez un morceau intitulé « Lolita, no ». En France, la chanteuse Alizée chantait un morceau qui s’appelait aussi « Moi…Lolita » et comme France Gall quand elle chantait «Les sucettes à l’anis », elles étaient de très jeunes-filles qui ne comprenaient pas le caractère sexuelle des paroles qu’elles chantaient. Musicale on a souvent joué sur ce paradoxe sensualité, naïveté. Est-ce également une forme qui vous intéresse ?

Ellie Rose : La chanson d’Alizée est en fait l’une de mes chansons préférées (Luke la chantonne Ndrl). Le clip c’est un peu comme emmener sa petite soeur en boite et c’est tellement cool. Mais notre titre à nous est moins une histoire de candeur sexualisée puisque je ne suis plus une adolescente et aussi parce que c’est une histoire inversée. C’est d’ailleurs pour cette raison que Luke dit « Lolita, no ». C’est l’opposée de ce type d’histoires.

PopnShot: Cette fois c’est la femme qui domine …

Ellie Rose : Exactement, c’est moi qui prend le dessus et qui rejette Luke.

on a été maltraités par certaines personnes et ça nous fait du bien de pouvoir sortir au grand jour et d’en parler en musique.

PopnShot : Est-ce que ça fait écho aux mouvements féministes actuels ?

Ellie Rose : Honnêtement ça parle de l’industrie musicale. J’ai grandit dans cette industrie, j’y suis depuis que je suis très jeune. Et quand on s’est rencontrés avec Luke nous étions à l’opposé. Si j’entrais dans une pièce les choses se seraient passées très différemment que lorsque Luke entrait dans une pièce remplie de professionnels de la musique. On a voulu parlé de ces hommes terrifiants de l’industrie musical et leur dire de partir.

DUO
pochette d’album de “DUO”

PopnShot : La première chanson de l’album « Don’t Judge » est supposé être un doigt d’honneur aux personnes qui jugent, qui critiquent, c’est également l’ouverture de l’album. Que pouvez-vous nous dire sur ce titre ?

Luke Pritchard : Les paroles de celle-ci ont été écrites par Ellie. Et c’est un peu dans le même esprit. Lorsque l’on s’est connu notre couple n’a pas vraiment été soutenu par les gens autour de nous, on se sentait exclus. Cette chanson peut parler à beaucoup de monde, ça peut parler d’un coming out homosexuel par exemple. Ce titre est un mantra qui dit aux gens de se mêler de leurs affaires.

Ellie Rose : Et puis on a été inspiré par beaucoup de nos rencontres. On rencontrait des gens, on leur décrivait ce qu’on ressentait. J’ai par exemple parlé à un ami gay qui m’a dit ‘je ressens la même chose’. Lui aussi ne veut pas qu’on le juge.

Luke Pritchard: Les paroles que se soient les refrains ou les couplets jouent sur la perception des gens. On leur dit qu’ils devraient s’intéresser plus à leur propre vie. C’est une forme de combat, on a été maltraités par certaines personnes et ça nous fait du bien de pouvoir sortir au grand jour et d’en parler en musique. Mais on a aussi fait cet album pour nous, pour s’amuser.

PopnShot : Vous avez un titre intitulé « The French House » qui est aussi le nom du pub dans lequel vous vous êtes rencontrés. Est-ce que ce titre est particulièrement intime ?

Ellie Rose : Cette chanson parle de chercher sa moitié.

Luke Pritchard : Faire des choses banales devient particulièrement beau quand on est amoureux. Mais oui on s’est rencontré dans ce petit pub qui s’appelle le French House, un endroit très sympa. Ils ne servent que des demis de bière, ce qui est très sophistiqué puisque les pintes deviennent chaudes avant d’avoir pu les boire en entier.

Ellie Rose: On n’a même pas pu y entrer en fait. Le lieu était tellement plein qu’on s’est retrouvé devant. On est resté dehors (rires). Mais la devanture est vraiment jolie, bleue et ancienne.

Luke Pritchard : C’est là que j’imagine que l’on se retrouvera quand on sera morts. C’est morbide (rires). Notre musique a vraiment été inspirée par la scène française donc c’est un beau moment, un clin d’oeil sur l’album.

que le gouvernement aille se faire foutre, les gens veulent de la musique dans leur vie!

PopnShot : Cet album est une grande lettre d’amour. Finalement qu’est-ce que l’amour pour vous ?

Luke Pritchard : C’est aussi difficile à décrire que la vie je pense.  Mais tu sais le reconnaître.

Ellie Rose : C’est quelqu’un qui sort les poubelles pour toi.

Luke Pritchard : C’est le boulot des hommes selon elle.

Ellie Rose : Non ce n’est juste pas mon boulot.

Luke Pritchard : C’est surtout se préoccuper plus d’une personne que de soi-même. Mais c’est très profond, il y a beaucoup de formes d’amour. C’est une question complexe.

PopnShot : La crise du Covid est une véritable catastrophe pour l’industrie culturelle et en particulier musicale en France, comment vivez-vous ça au Royaume-Unis ?

Ellie Rose : Des choses tristes se sont passées cette année, pour nous comme pour tout le monde mais nous avons eu beaucoup de chance parce qu’on vit ensemble, que nous avons fait un album. C’était une chance pour nous comme pour notre entourage puisque nos proches étaient impliqués dans la conception de l’album. Ça nous a tenu occupés et c’est d’autant plus important alors que l’industrie musicale souffre beaucoup. Et pour toi Luke ça t’a permis de faire une pause dans des tes tournées …

Luke Pritchard : C’est un congés sabbatique forcé. C’est très triste de ne pas jouer en live, de ne pas pouvoir écouter de musique en live. On voudrait tourner pour promouvoir notre album mais d’un autre côté on a été tellement entourés. Il y a tant de gens qui ont voulu se joindre à nous, nous aider. L’album s’est conçu comme un patchwork, on avait 4 titres avant le premier confinement. Mais ce confinement nous a forcé à écrire l’album. Malgré tout on aimerait que le gouvernement soit plus présent, nous aide plus. Je ne sais pas si c’est pareil en France mais ici on a un problème profond avec le gouvernement qui n’aide pas les arts. Et c’est un très mauvais message à envoyer aux gens puisqu’ils ne se contentent pas de ne pas aider l’art financièrement, ils disent que l’art ne sert à rien. Moi je pense qu’il compte tellement et que c’est important de se le rappeler … Avec tout ça, qu’ils aillent se faire foutre, les gens veulent de la musique dans leur vie. HAHAHAH


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Alice Animal
Crédit Yann Orhan

Pas facile d’être mise sur un piédestal pour la tornade blonde Alice Animal. La rockeuse prépare son album qui paraîtra au printemps et en donne un avant-goût avec son single “Tes éléphants roses”. Si l’heure de l’émancipation féminine ( et féministe) a sonné depuis quelques années, la chanteuse suit le mouvement refusant “un amour qui détruit”, d’être l’addiction d’un regard et d’un seul homme.  Aidée d’une guitare aussi électrique que féline, la chanteuse joue de sa voix suave pour scander comme un hymne son besoin d’indépendance à l’aide d’un texte écrit par Pierre-Yves Lebert. “I will survive” chantait Gloria Gaynor en 1978 se plaçant dans l’histoire comme l’icône de la femme forte quittée et pourtant plus forte seule. Autre époque, autre moeurs, avec une métaphore filée sur l’addiction, Alice Animal s’émancipe, n’ayant besoin que d’être elle et de s’assumer. A trop être aimée on se perd et parfois il est bon de rappeler à ces messieurs qu’une femme n’est pas une héroïne, elle a simplement besoin d’être elle-même. C’est au cours d’un road movie brutal à la “Telma et Louise” qu’elle illustre son propos. Pas de voyage en solo pour notre rockeuse qui préfère enchaîner son compagnon de route dans son coffre pour mieux s’en débarrasser plus tard. De quoi faire le deuil de feu une relation destructrice. En attendant de se plonger corps et âme dans son univers en 2021  sur l’album “Tandem” découvrez  que le sauvage “Tes éléphants roses’.

 


Découvre le clip de “Tes éléphants roses”


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we hate you please die

Dès sa découverte au Printemps de Bourges 2019, une certitude s’est installée : We Hate You Please Die allait devenir un incontournable de la scène indé rock française. Il faut dire que le quatuor mixte envoyait du très lourd passant du lo-fi au screamé au court d’une performance artistique et jusqu’au-boutiste où la tiédeur était exclue.

Un premier album “Kids are lo-fi” paru en octobre 2018 allait en ce sens peuplé d’expériences musicales déjantées et de titres puissants. Un EP ” Waiting room” était quant à lui publié en mai 2020. Ces galettes, loin d’être passées inaperçues permettant ainsi à la formation de s’offrir quelques très jolis tremplins dont un prix Chorus qui lui sera officiellement remis le 1er octobre 2020. La qualité est là et elle ne trompe pas.

Il faut dire que les musiciens engagés ( que ce soit sur les causes sociétales ou écologiques) confèrent au punk rock garage une note transcendantal.  On n’écoute pas tant We Hate You Please Die qu’on ne le vit. Vibrant, moderne, dans l’air du temps, le groupe a su rapidement se faire une place évidente dans une scène riche, réinventant le rock qui commençait à sérieusement manquer au paysage musical actuel.

Un clip sous LSD pour “Figure it out”

Finalement,  le groupe a décidé de donner une nouvelle vie au morceau “Figure it out”, titre à part dans sa bande son puisqu’il côtoie avec succès le fuzz psychédélique, en lui offrant un clip. Ce morceau hallucinogène de plus de 7 minutes invite à un tour de montagnes russes. On débute doucement bercé par quelques notes de ballade avant que guitare et batterie ne se déchaînent, que le psyché ne prenne le dessus sur la voix, que les 70’s ne copulent avec les années 2020. La montée semble sans fin et les loopings font loi.  Il fallait les tenir ces 7 minutes sans perdre le cap et l’auditeur, le pari est pourtant relevé haut la main.

Pour l’habiller, le groupe a choisi un cartoon aux couleurs criantes qui pourrait tout aussi bien être l’imagerie d’un cerveau sous LSD. Il est signé par le réalisateur et illustrateur Julien Brunet. En ces temps de restrictions sans fin, ce “Figure it out” sonne comme une dernier souffle de liberté nécessaire.


Les concerts à venir

01/10/20 : Festival Chorus

Paris 02/10/20 : Festival Qui Sème Le Son

Parthenay 08/10/20 : Plein Air

Tulle 06/11/20 : Le Tangram, Evreux


Bandit Bandit Trianon 2019

Inouïs du Printemps de Bourges 2020 : top 5 de nos coups de cœur à découvrir d’urgence !

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