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Rock en seine

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Lorde à Rock en Seinephoto par Louis Comar
Lorde à Rock en Seine
photo par Louis Comar

Quand on travaille dans le milieu musical depuis longtemps, qu’on a la chance de vivre énormément de concerts, il arrive à terme qu’on les ressente différemment du grand public. On y porte un oeil plus professionnel, on les regarde du fond d’une fosse avec une certaine habitude, presque statiques et tout y est analysé. Les concerts comme celui que Lorde a donné ce 27 août à Rock en Seine sont de ceux qui changent radicalement la donne. Ils ont le pouvoir de vous replonger corps et âme dans l’état de fan. Un état hautement satisfaisant. Cet article ne sera peut-être pas vu d’un oeil objectif, sacro-saint mot que l’on souhaite trouver dans un reportage. Il sera  plutôt conté du point de vue de deux jambes qui ont sauté une heure et demie durant, d’une bouche qui ne cessait de chanter et d’yeux humides de joie.  Mais finalement ces sentiments, ceux qui nous font nous sentir plus que jamais vivant, n’est-ce pas objectivement, la meilleure des façons de raconter un concert ?  Vous voilà prévenu.es, cette fois, on en parle avec le coeur, le tripes et non le cerveau….

Here comes the Lorde

Les menaces de pluie sont encore présentes sur Saint-Cloud et nos vêtements sont trempés. La tempête qui s’est déchaînée cet après-midi ne nous a pas épargné.es. Mais voilà que Lorde débarque enfin. L’heure de Lorde a sonné et on en oublie tout, la pluie, la gadoue, le reste de nos vies. D’ailleurs, en grande prêtresse elle conjure le mauvais temps, pas une goutte ne tombera  son set durant. Elle chante très rapidement son premier succès « Royals ». La sobriété des premiers instants ne laisse en rien présager de la grandeur de la scénographie qui nous attend. Seuls deux danseurs accompagnent notre puissante meneuse et même en se débarrassant rapidement de ce titre, elle ne laisse déjà planer aucun doute quant à l’immensité de son aura. Il faut dire que ce gros single est loin d’être son favoris et on peut bien la comprendre avec une discographie si complète. On peut enfin passer aux choses sérieuses et entrer de plein pieds dans l’immense « Virgin » dernier né de Lorde. Un chef d’oeuvre de la pop, aussi sophistiqué qu’accessible. Taillé comme un album indé, écrit pour magnifier le genre. « What was that » entame la course alors que suit rapidement « Broken Glass ». Un titre sur lequel la chanteuse se livre sur ses troubles du comportement alimentaire et le fait d’accepter cette maladie qui est sienne pour mieux en guérir. Un morceau d’autant plus important avec le retour tragique que l’on connait actuellement de l’Heroine chic et les débats autour de la santé d’Ariana Grande. Tout le concert du long, Lorde balancera à coup de paroles importantes des sujets qui iront toucher tous les coeurs. Pour autant, le live lui ne laissera rien paraître de l’extrême sensibilité de sa compositrice. Quelques larmes coulent déjà sur les visages. La prêtresse échange volontiers avec la foule, comme dans une jolie tirade dans laquelle elle expliquera son amour pour Paris. Venant d’une toute petite ville en Nouvelle-Zélande, la ville des lumières lui semblait un rêve impénétrable lorsqu’elle était jeune. Et la voilà aujourd’hui qui la prend d’assaut et en est, le temps d’un concert, la lumière la plus vive (même si certes, ici c’est Saint-Cloud).

Lorde of the Stage

Non que chaque titre ne soit jusque là un banger et que chaque note ne soit pas chantée au mot près, il n’empêche que c’est un pure bonheur que d’écouter enfin « Buzzcut Season ». Le morceau profite d’un tempo tout particulier en live, une sorte de version hybride et l’affaire prend immédiatement. On frissonne volontiers en chantant les paroles, « Make-believe it’s hyper real », parce que la manière dont Lorde place le mot Hyper real est si particulier. Il donnerait l’envie subite de se la graver dans la peau en un joli tatouage comme une opposition au Monde du paraitre qui nous entourre. Il y quelque chose dans cette prononciation qui donne à ce terme une importance capitale. On regarde autours de nous et on se permet de détourner les paroles du titre quelques secondes lorsqu’elle évoque son « Favourite friend ». Ne serait-ce pas celles et ceux qui nous entourent ce soir ? Ce trop plein d’émotions est si hype réel qu’il en devient tangible. Tout comme la scénographie qui s’est révélée. Lorde qui chante collée contre une vitre face camera. Cette même caméra qui la suit en gros plan même lorsqu’elle boit de l’eau. D’immenses cubes lumineux qui ne cessent de changer de positions, faisant même voler notre Lorde dans les airs, des jeux de lumières infinis. A son image, tout est carré mais jamais surfait. Veste retirée, on voit maintenant les paillettes légères qu’elle a placé sur tout son corps. Point trop d’artifices, de maquillages, de tenues de scènes ou de gros décors. Il y a quelque chose d’aussi brut que sincère qui vient peupler ce spectacle. Puisque la chanteuse arrive parfaitement à cumuler les deux, le vrai show spectacle et le vrai concert qui centre tout sur la musique. Son naturelle la rend magnifique. La voilà qui introduit maintenant son album culte « Melodrama », certainement un fan’s favourite avec le titre « Le Louvre ». La dernière fois qu’elle était à Paris pour son concert au Zénith en plein hiver, elle était souffrante. « J’étais un zombie » précise notre Mona Lisa avant d’expliquer avoir trouvé de la force dans toute l’énergie que le public français lui donne toujours. « Hard Feeling » est également de la partie mais c’est surtout la pause douceur sur « Liability » qui marque. Evidemment ce n’est pas l’occasion de reposer nos voix, peut-être juste nos jambes qui ne sautent plus quelques secondes durant.

Sa majesté des foules

Lorde à Rock en Seinephoto par Louis Comar
Lorde à Rock en Seine
photo par Louis Comar

Voilà bien longtemps qu’une heure et demie n’était pas passée aussi vite.  Le concert arrive bientôt à sa fin mais il lui reste encore une dernière séquence à couper le souffle. Quelques très jolis effets scéniques dont une vestes qui balance des lasers rouges, faisant de la musicienne et de ses pas de danse, la gardienne des lumières de la soirée. Mais aussi l’affichage continu des battements de son coeur sur écrans géants. De plus en plus rapide à mesure qu’elle se déchaine. Comme les nôtres sans en douter. « Supercut » résonne maintenant dans tout le parc de Saint-Cloud, sur scène les lumières sont bleues. Nos esprits sont perdus dans un tourbillon musicale. Si nos pas sont aléatoires, il faut se rappeler que dans nos têtes « We do everything right ». Pas le temps pour nos talons de toucher le sol voilà que débarque « Team », single puissant du premier né de Lorde , le parfait « Pure Heroine ».  La chanteuse s’y raconte et y donne corps à l’amitié. Un sentiment puissant qu’elle raconte de façon cinématographique. La claque est pleinement prise et on voudrait arrêter le temps pour que ce moment perdure encore et encore.  Ce premier album, c’est aussi l’histoire de sa vie dans une petite ville de Nouvelle-Zélande comme l’avait expliquer Charli XCX à un interviewer qui l’avait prise pour Lorde en lui demandant de quoi parlait son tube « Royals ». Charli, sans sourciller avait répondu comme s’il n’y avait pas de confusion. L’amitié des deux est actée. D’ailleurs l’enfant terrible de la pop l’avait invitée à la rejoindre sur « brat », plus précisément sur le titre « Girl, so confusing » qui est justement interprété ce soir. La bande de Lorde se détend sur scène, fume une petite clope. Et voilà que« Green Light » débarque.  C’est par lui que commence « Melodrama », comment ne pas tomber immédiatement amoureux.se de cet album ? Evidemment sur scène tout est vert … comme le brat summer qui aurait pris un nouveau visage. Combien de mega tubes a donc cette chanteuse ? Chacune de ses compositions frappe si fort et si juste. « David » vient clôturer la page « Virgin » pour ce soir. A cette occasion un drap géant est envoyé dans la foule pour que ses fans écrivent dessus, des ressentis, des sentiments.  Une manière de figer le ressenti de l’instant.

Lorde à Rock en Seinephoto par Louis Comar
Lorde à Rock en Seine
photo par Louis Comar

Surtout, sur les écrans apparaissent les termes « I don’t belong to anyone ». Et pour toutes les personnes prêtes à tout pour être aimé.es, celles et ceux qui ne savent jamais dire non, mettre des limites, les mots deviennent immédiatement un mantra. Tout comme un rappel pour les femmes hétéros de garder leur liberté face aux hommes. On ne voudrait pas voir arriver cette fin, mais quand les premières notes de « Ribs » résonnent, il faut bien admettre que leur appel est plus fort que la tristesse. Lorde s’élance alors dans la foule et vient chanter son dernier titre au milieu de son public, en trans. « You’re the only friend I need » répète-elle en boucle alors qu’on se demande si ce seul ami ne serait pas finalement la musique. Cette passion dévorante, obsédante pour des mélodies, des albums et des sons, qui peuplent nos vies et leurs donnent tout son sens. Celle qui éponge nos douleurs et fait résonner nos rires (« ’til our ribs get tough »). Chaque artiste peut avoir cette place centrale et cette capacité pour quelqu’un. Celle de nous rappeler pourquoi on se lève chaque jour et pourquoi on se bat. Je vous souhaite de trouver votre Lorde, ce soir j’avais la mienne.

 

Ndlr : Un merci tout particulier à Marion qui nous a permis d’apprécier cet incroyable concert dans les meilleures conditions possibles et à Louis d’avoir trouver la meilleure place et pour les superbes photos.


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kid cudi rock en seine
crédits photo : Louis Comar pour Rock en Seine

What a time to be alive ! comme le disait Drake sur sa mixtape. C’est aussi ce que fait ressentir chaque année la période des festivals. Clôture de la période estivale, lancement de la rentrée, Rock en Seine s’offre une place particulière pour celles et ceux qui le pratiquent chaque année. Plus qu’une programmation pourtant toujours immense, c’est en réalité une expérience puissante qui appelle à un retour sous forme de pèlerinage.  Alors certes, cette année comme depuis trois éditions celui-ci sur cinq jours prend aussi les traits d’un marathon. Mais de ceux bien plaisants qui font de la fatigue un plaisir et presque une exploit. Surtout quand on atteint la trentaine bien passée et qu’on se découvre des resources plus importantes qu’on ne le croyait. La pilule de l’excitation. Celle de la découverte et de la redécouverte scénique, dans un univers peuplé de personnes heureuses de se rassembler en un même lieu : le parc de Saint-Cloud. Pour sa seconde journée, celle du jeudi 21 août 2025, le festival remet son titre de maudit sur le tapis et souffre de deux annulations. La première, celle d’Asap Rocky avait pu être annoncée assez tôt pour que Kid Cudi prenne la relève. La seconde, Doechii, seulement quelques jours plus tôt avait néanmoins fait grincer des dents nombre de festivaliers. Restait tout de même quelques beaux noms à l’affiche pour promettre à la journée d’être inoubliable.

Montell Fish : une très belle découverte

Montell Fish rock en seine
crédits : Olivier Hoffschir pour Rock en Seine

Les festivités commencent sur la scène Revolut avec la performance de Montell Fish. Avec trois albums à son actif, le musicien américain a déjà su fédérer autour de lui une bande d’afficionados. Si la devant scène ne déborde pas, nombreux.ses sont ceux à s’être déplacé.es. Et pour cause le musicien sera la plus belle claque de la journée. Sa neo soul aux accents r’n’b est complètement hypnotisante. Du rythme and blues, il reprend le sigle de façon littérale. Rythme marqué et soutenu, qui appelle à ne pas décrocher son oreille de chaque note, mélodies sombre, puissantes, époustouflante. Sa voix vient se calibrer sur la pureté soul. Récemment, la question m’a été soulevée, soul et folk même combat pour ethnies différentes ? En tant que fan absolue de folk, je ne pourrai répondre que par l’affirmative. Celle-ci allant souvent s’acoquiner avec le rock pour créer le pont entre modernité et encrage passé. La soul elle, va parfois toucher au blues, lui-même origine du rock. Les identités musicales, leurs miroirs et pourtant leurs différences fascinent. Tout comme le set de notre homme donc. Ce dernier profite de son concert pour interpréter son dernier album en date « Charlotte » paru en 2024. Sa prestance impressionne autant que la puissance de son timbre. A longueur de textes il aborde psychologie et spiritualité. Ses morceaux prennent même la force du gospel. En fin de set le voilà qui se jette dans le public et va au contact du premier rang. Deux jeunes femmes lui touchent la main, se regardent en une explosion de joie d’une petite seconde avant de s’assurer d’avoir immortalisé le moment sur leurs téléphone. 2025, tu sais être belle et triste en même temps. Loin des écrans, Monttell Fish livre une musique qui brouille la ligne du temps et de l’espace, on est en amour.

La Grande Scène ouvre les hostilités quant à elle avec le live de la française Enchantée Julia. Egalement compositrice de néo soul, elle profite surtout d’un entourage de musiciens solide. La basse en tête de ligne excelle dans son interprétation. Elle est par ailleurs rejoint sur scène par le rappeur Prince Waly dont la côte n’a de cesse de grimper. « C’est elle la star aujourd’hui, on applaudit Enchantée Julia » rappelle-t-il. Effectivement avec sa voix de velours, le doute n’est pas permis.

Et le programmation s’accélère

Mk.Gee rock en seine
crédits : Olivier Hoffschir pour Rock en Seine

Les déambulations s’arrêtent, la courses aux concerts commence. Il fallait absolument, sur la scène Revolut, elle encore, découvrir sur scène le nouveau joyau indie : Mk.Gee. Depuis la sortie de son premier album studio « Two star & the dream police », le scène lo fi n’a d’yeux que pour lui. Il faut dire que cet opus a une esthétique léchée et hyper soignée. La production parfaite fait la part belle à une voix lancinante qui puise du côté de l’immensité de Kurt Vile. Bien plus doux dans ses notes Michael Todd Gordon de son vrai nom, joue d’une grande précision. Cet aspect pointu se retrouve en live. Il serait de très mauvaise foi d’en dire du mal puisque la talent de composition et de gestion des instruments est bien là. Pourtant le show contemplatif laisse en dehors un public non averti. Les titres s’enchainent, c’est beau, c’est propre mais en live, le manque de puissance se fait sentir.

Pas le temps de niaiser, à peine le set fini qu’il est déjà l’heure de retrouver les très attendus Vampire Wekend sur la Grande Scène. Le groupe sortait l’année dernière l’excellent (et le mot est faible) « Only God was above us », concentré moderne de ce que nos vampires savent faire de mieux du rock indie qui touche à la pop baroque.  Leur album « Modern vampires of the city » portait bien son nom. C’est d’ailleurs en évoquant leur merveilleux dernier jet que le set s’ouvre sur le très réussi « Ice cream piano ».  Les superlatifs pourraient s’enchainer, pour avoir vu le groupe lors de leur dernier passage parisien en salle à l’Adidas Arena, le set ne peut être qu’à couper le souffle. En salle, le groupe s’ose même à un long medley de reprises suggérées par le public te repris à sa sauce. Un régal. En festival, il offre un joli best off de ses nombreux succès. Des pépites comme « White Sky », « This Life » ou encore l’inoubliable « A Punk » défilent face à un public qui chante évidemment à tue-tête.  Comme tout le monde à le droit de venir s’amuser, un technicien se laisse même aller à une petite danse sur scène piquant la vedette au groupe. Et pour celles et ceux qui s’amusent ici pour la première fois ?  Le chanteur prend le temps d’interroger la foule sur qui verrait ici ses premiers concerts. Il interpelle alors une jeune fille : « Tu penses quoi de la musique live ? » pour mieux lui dédicacer son prochain morceau. « Oxford Coma » et son rythme follement entrainant signe le début de la fin du show. C’est pourtant « Walcott » issu de l’album éponyme du groupe qui clôt une heure lumineuse en présence d’un groupe dont le génie n’a eu de cesse de s’intensifier.

and and and Night !

kid cudi à rock en seine
crédits photo : Louis Comar pour Rock en Seine

Nous le disions, c’est Kid Cudi qui avait accepté de prendre la relève d’Asap Rocky pour clôturer la journée. Un fort beau nom à la carrière légendaire bien que ses derniers albums pouvaient laisser à désirer ayant perdu en capacités créatives. Le moment était d’autant plus important pour le musicien que ce jeudi était la veille de la sortie de son tout nouvel album : « Free ». L’occasion d’offrir d’ailleurs des débuts scéniques au titre « Mr. Miracle », les exclues ça fait toujours plaisir. Dans le rap, parfois on performe. C’est un mot qu’avait utilisé Kanye West pour décrire son étrange prestation non chantée à l’AccorArena. Et voilà  que Kiddy l’utilise à nouveau ce soir. Ses trois premiers titres dont le lancement sur « Often, I have theses dreamz » se fait d’ailleurs d’une étrange manière. Il les performe, certainement. C’est à dire qu’il commence son morceau, le coupe, parle, essaie de chauffer la foule, court partout, reprend le morceau depuis le début, dans ce qui pourrait interroger et faire apparaitre dans nos esprits quelques points d’interrogations. Mais voilà, il performe. Pas toujours juste malheureusement, mais que sait-on vraiment des performances ? Et puis, Kid Cudi est un habitué des scènes et ça sent. Le showman fédère quand même une bonne partie de l’audience qui voit en tout ça un grand moment festif, ce qui n’est pas faux. Alors, généreux, le musicien originaire de Cleveland offre par deux fois le titre « Day’n’Nite », un classique il est vrai. Bon, on est loin du compte qu’est le légendaire live de « Niggas in Paris » de Jay-Z et Kanye West à l’AccorArena mais on a le temps de chanter les paroles avec joie. « and, and, and night »… et puis il fait nuit. Deux medley suivent, la foule se chauffe. Et puis finalement, tombe le plus gros tube du musicien « Pursuit of Happiness (Nightmare) ». On ouvre sur les rêves, on clôtures sur les cauchemars, les choses sont bien faites. N’empêche que toute l’audience prend un immense plaisir à danser et sauter dans les tous sens, Saint-Cloud se pare de sa meilleurs tenue de club… C’est donc plutôt un rêve. D’ailleurs il se fait tard, il est temps de rentrer pour mieux rêver à la journée de demain, elle aussi peuplée de concerts.


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Lana Del Rey, il avait suffit de l’évocation de son nom à l’hiver dernier, promise en tête d’affiche de Rock en Seine, pour faire tourner toutes les têtes. Reine d’une vision à part de la pop, la chanteuse iconique avait rempli l’intégralité du festival en un temps records. En seulement quelques clignements d’yeux et nombre d’aventures de vie, le 21 août était enfin arrivé promettant un show qui ne pouvait s’avérer que grandiose. Parfois la réalité dépasse les attentes. Ce sera le cas ce soir-là alors que le spectacle d’une élégance rare oscillait entre ode aux amours difficiles, grand messe puissante et communion peuplée de noeuds et de fleurs. On vous raconte.

Lana del Rey à Rock en Seine 2024 @ crédit : Louis Comar
Lana del Rey à Rock en Seine 2024 @ crédit : Louis Comar

Born to live

Les feuilles mortes jonchent déjà le sol du parc de Saint-Cloud. Où est passé l’été ? Pourrait-on se demander. Pour tout habitué.e de Rock en Seine l’évènement est synonyme de rentrée. De celles qui promettent les meilleures années. Ce mercredi, alors que le festival a commencé particulièrement tôt et promet 5 belles mais intenses journées, l’air sent ce parfum de renouveau. Il permet de faire un point sur une année écoulée, ses attentes, ses réussites, ses histoires, ses amours, ses ami.es. Et pour coller parfaitement à ce sentiment qui parfois prend l’allure de la nostalgie, souvent celle de l’espoir, il ne pourrait y avoir meilleur alliée que Lana Del Rey. Ses mélodies cinématographiques, leur beauté à couper le souffle qui co-habitent collectivement avec nous depuis depuis 2010 et la sortie de son premier album.

Lana del Rey à Rock en Seine 2024 @ crédit : Louis Comar
Lana del Rey à Rock en Seine 2024 @ crédit : Louis Comar

L’attente a déjà duré des mois mais il faut encore patienter un peu. Un demie heure environ sur la pointe des pieds ou collé.es à la scène. Les rumeurs présageant d’une arrivée en moto, comme à Coachella seront finalement démenties. Le retard immédiatement oublié lorsque Lana Del Rey fait son entrée scénique avec la légèreté d’une ballerine, volant presque dans les airs sur « Body Electric » qu’elle n’avait pas interprété en concert depuis 2018. Ce qui est vrai les premières secondes sera vrai pendant presque deux heures de concert, à chaque geste – méticuleux et gracieux- de la musicienne, les public réagit au centuple. Seulement ses moments d’euphories et les applaudissements viendront troubler le silence instauré sur Saint-Cloud. Chaque oeil, chaque oreille est tournée vers la scène.

Coco Del Rey, un parfum raffiné

Dans sa robe noire Coco Chanel, divine (la robe), la sublime Elizabeth Grant (elle aussi divine) propose un spectacle d’une rare sophistication. Les danseuses qui l’accompagnent tournoient sur un anneau géant telles des gymnastes et font tourner les têtes. De son côté, la musicienne choisit chacun de ses mots, chacun de ses mouvement avec autant de précision que de délicatesse. A elle seule, elle convoque l’image de la femme fatale du cinéma de l’âge d’or Hollywoodien. Sa douceur émeut, sa perfection cinématographique promet de vivre le live comme une photographie. Chaque minute est un instant figé qui pourrait être érigé en peinture. « Without you », « West Coast  » (du génial « Ultraviolence ») et « Doin’ time » défilent et sont suivis de quelques  » I love you so much » susurrés à toutes les oreilles attentives.

Vient le temps de cultissime « Summertime Sadness ». L’air qui s’est rafraîchit, l’été qui doucement s’endort, fait le plus bel écho au morceau. Impossible de ne pas penser aux premières heures de « Born to die », son lancement en 2012, l’effervescence  autour de l’album  mais aussi les critiques. Lana Del Rey était-elle sincère ? C’est une machine montée de toute pièce, elle a changé son style musical… disaient les mauvaises langues. La vérité est que Lana Del Rey, plus qu’un personnage est une oeuvre d’art à part entière. De la beauté de ses boucles qui retombent à l’immense classe de ses morceaux, de l’imagerie qui l’accompagne, à chacune de ses postures. Tout est pensée, calculé comme une performance, une entité plus qu’une simple chanteuse. La femme fatale, sensible et à la perfection d’un autre temps vient se frotter à une modernité indéniable et un grain de folie touchant. Des vidéos viennent accompagner la performance et peuplent le décors végétal qui abrite également en son sein un pianiste de génie.

Marcher sur l’eau

Lana del Rey à Rock en Seine 2024 @ crédit : Louis Comar
Lana del Rey à Rock en Seine 2024 @ crédit : Louis Comar

« Ride » est interprété puis l’immense « Born to die » sur lequel Lana Del Rey laisse le public chanter. Coté chorégraphies, les danseuses assurent la majeure partie du spectacle, la prêtresse de la soirée s’offrira quand même quelques acrobaties sur une barre de pole dance installée là et un moment spectaculaire en position allongée qui lui permet de flotter dans des eaux imagées. La foule en est certaine maintenant, la divinité Lana pourrait bien marcher sur les eaux. Son interprétation de « Chemtrails over the country club » ne faisant que renforcer cette certitude. Attentive à son public, désireuse de lui offrir un environnement sécurisé, elle interrompt son show par deux fois pour signaler à la sécurité des malaises côté public. Le démarrage de « Did you know there’s a tunnel under Ocean Blvd » en sera d’ailleurs retardé. Un morceau qu’elle adore chanter comme elle le dit, faisant la part belle à ses choristes qui excellent. Et on ne saurait dire trop de bien de cette incroyable prouesse qu’est l’album dont est extrait ce titre, son dernier né qui passe de la mélancolie au hip hop avec une grâce qu’elle seule maîtrise. L’indémodable Lana dont la modernité habite chaque titre.  Après un saut pour saluer « Norman Fucking Rockwell », l’icône américaine entonne son  titre le plus connu.

Lana del Rey à Rock en Seine 2024 @ crédit : Louis Comar
Lana del Rey à Rock en Seine 2024 @ crédit : Louis Comar

Psaumes et jeu vidéos

Il y a deux ans le domaine de Saint-Cloud accueillait un évènement mystique, la messe de Nick Cave. Prêcheur habité qui marchait sur les foules, redéfinissant le live et se hissant parmi les plus beaux moments d’extase dont on puisse avoir souvenir. Ce soir, Lana Del Rey offre un moment tout aussi spirituel, tout aussi puissant. Il est son pendant bienveillant face à un public où noeuds dans les cheveux et fleurs sont légion. L’interprétation de « Video Games » pourrait bien faire écho au « O Children » de Nick Cave. Il a du moins le même pouvoir fédérateur et il est aisé de se surprendre à avoir les larmes aux yeux. Il prend en ses dernières instants des montées lyriques à la beauté subjuguante. Un hologramme de la chanteuse prend son relais le temps d’un dernier titre, celui même qui permet de dire au revoir avant le rappel. C’est finalement sur « It’s just a burning memory » de The Caretaker que ce moment précieux comment un diamant se conclut. Et quel parfait titre pour se dire au revoir alors que le souvenir brûlant de ce concert à la mélancolie sublimée viendra hanter nos jours et nos nuits de l’année à venir que l’on souhaite aussi intense que ces premiers pas vers l’automne.

 

Lana del Rey à Rock en Seine 2024 @ crédit : Louis Comar
Lana del Rey à Rock en Seine 2024 @ crédit : Louis Comar

Rock en Seine se poursuivra jusqu’au 25 août au Domaine de Saint Cloud.


Christine and the Queens Rock en Seine @ Pénélope Bonneau Rouis

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Vendredi 25 août 2023 marquait la deuxième journée de cette vingtième édition de Rock en Seine. Retour à un format plus classique avec cette fois toutes les scènes d’ouvertes et une programmation mettant en valeur des artistes établis tels que Christine and the Queens ou bien encore Placebo. Une journée durant laquelle la question de l’image aura été questionnée.

La programmation d’une journée de festival est un travail relevant de l’orfèvrerie. Il faut mettre en avant la tête d’affiche prévue pour le dernier ou l’avant dernier créneau du soir tout en réussissant à maintenir l’attention et l’engouement du public tout au long de l’après-midi. Si Placebo était fortement attendu, le public du domaine de Saint Cloud aura eu droit à des rafraîchissements aux saveurs variées pour rester en haleine tout au long de cette deuxième journée de festival.

Quelques nuances de performances musicales

Pas besoin forcément de sophistication pour toucher au but. Cela s’applique parfaitement à Turnstile, car si la ficelle est aussi fine que les gros rif de guitare envoyés depuis la scène Cascade en plein milieu d’après-midi par le groupe de Baltimore, l’objectif de bien secouer et d’éviter toute torpeur estivale est parfaitement rempli.

Par volonté de contraste avec cette première expérience de la journée, Bertrand Belin se pose là, tant sa performance sur la Grande Scène n’était que, justement, contraste. Voix suave aux accents Bashungiens posée sur un rythme enjoué plein de percussions par un artiste dans un total look retro-classique déclamant des lignes profondes comme « Tu veux ma haine ? Tu veux mon amour ? » ou bien encore «  Je viens d’une longue lignée d’alcooliques… ». Surprenante curiosité hautement recommandable donc.

De surprise, il n’était pas vraiment question avec les Viagra Boys tant leur entrée en scène cochait toutes les cases de ce que l’imaginaire populaire peut attendre d’un groupe punk rock. Clope au bec, bouteille de bière à la main, allure savamment négligée, Motherfuckers déclamés comme des signes de ponctuations, le groupe de Sebastian Murphy, torse nu et arborant un pantalon de jogging digne d’un truand d’Ex Yougoslavie sorti d’un film de Guy Ritchie aura livré une performance digne de l’image qu’il s’évertue à donner. Mais il ne faut pas s’arrêter à l’image donnée, car à la grande surprise de beaucoup de spectateurs, ces mêmes Viagra Boys ne se priveront d’aller saluer les Boygenius lors du début de set de ces dernières.

Au vu des échos entendus près de la Grande Scène, beaucoup auront eu plaisir à aller voir hier après midi le « supergroupe » emmené par Julien Baker, Phoebe Bridgers et Lucy Dacus : Boygenius. Si les trois artistes ne se réunissent qu’occasionnellement, menant des carrières solo, la synergie entre les trois américaines était impressionnante tant elles auront su s’effacer et se mettre en valeur à tour de rôle en fonction des différents morceaux permettant à chacune d’entre elles de s’exprimer en fonction de ses sensibilités et de ses propositions musicales aux influences diverses mais baignant dans une esthétique recherchée comme étant un hommage à des années 90 fantasmées. De la folk à la pop onirique, l’alliance de ce trio transcende les registres de chacune de ses participantes. Il faut dire qu’il est un plaisir à retrouver sur scène l’icône Phoebe Bridgers, aujourd’hui figure forte de la pop indé et son homologue Julien Baker, douce esthète folk. Boygenius est une réussite totale qui sait écrire ses balades et créer un univers qui fait mouche autant sur scène donc que sur son très beau premier album « The Record ».

C’est avec le goût délicieux de la transgression que l’on peut parler de la performance de Flavien Berger. Avec une désinvolture que seuls les grands peuvent se permettre, il aura ainsi maîtrisé son set tout en improvisant(?) une descente dans la foule, déambulant dans cette dernière avec un discours fleurant bon le méta. Jouant avec maitrise de l’absurde comme un Philippe Katerine d’il y a quelques années, Flavien Berger aura autant amusé qu’enjaillé les spectateurs de la Scène Cascade.

Silly Boy Blue Rock en Seine @ Pénélope Bonneau Rouis
Silly Boy Blue Rock en Seine @ Pénélope Bonneau Rouis

Le rendez-vous est donné sur la Scène du Bosquet pour accueillir Silly Boy Blue, l’enfant prodige de Rock en Seine qui y avait déjà joué en 2019 à ses tout débuts comme elle aura plaisir à le rappeler. Toute la beauté qu’il y a à la retrouver  sur scène tient à sa capacité à garder sa candeur et sa fraîcheur scénique tout en distillant un univers qui lui est propre. Derrière ses nombreuses interventions, la chanteur masque une pointe de timidité. Il faut dire que le public s’est déplacé en masse pour assister à sa performance. Côté voix, le timbre aérien pop rock de la musicienne frappe fort. C’est d’autant plus vrai sur « The Fight » et « Teenager », deux de ses premiers singles qui font toujours mouche tant leur émotion passe avec aisance à travers ses auditeurs. Et ça c’est aussi grâce à la capacité qu’a la chanteuse à alterner douceur et refrain foutrement bien écrit qui entre aisément en tête. C’est pour défendre « Eternal Lover » qu’elle se produit ce soir, impossible pour autant d’oublier son EP « But you will ». Phrase tirée du film « Eternal Sunshine of the Spotless Mind » et promesse faite par le personnage de Kate Winsley à celui de Jim Carrey, tu arrêtera de m’aimer voulait-elle dire. Elle sera à utiliser à l’inverse pour Silly Boy Blue, qui trace son chemin vers les étoiles, jusque sur la grande scène… »you will ».

 

Christine and the Queens : the queen is dead, long live the king

Christine and the Queens Rock en Seine @ Pénélope Bonneau Rouis
Christine and the Queens Rock en Seine @ Pénélope Bonneau Rouis

Il n’est pas aisé pour un artiste de se détacher de son postulat de base, de le faire évoluer et d’en sortir une œuvre aboutie et un véritable projet artistique. C’est pourtant bien ce qu’a fait Christine and the Queens en cette deuxième soirée, proposant ainsi la meilleure performance de la journée voir même du festival. La plus clivante aussi tant l’objet ici interprété fait l’effet d’un OVNI  qui a pu diviser les spectateurs, en perdre certain.es pour en émerveiller d’autres. Il faut dire que le chemin du musicien a été compliqué à comprendre pour le grand public. D’abord il fut Christine, puis  Chris, puis Redcar pour mieux revenir à Christine. Il avait également fait parler de lui récemment dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux entre pleurs et colère où il évoquait sa trans identité et le refus massif des gens à comprendre son parcours et à s’approprier à un art renouvelé loin de accessibilité des début et de fait moins mainstream. Ce terme est certainement un gros mot quand on pense au parcours d’un chanteur qui avait toujours mis la barre très haut quand il s’agissait d’offrir un spectacle de qualité et des titres à fleur de peau à son audience. On le retrouve donc aujourd’hui avec un nouvel album en anglais « Paranoïa, Angels, True Love » désireux d’interpeller et d’être très bavard en terme de messages donnés sur scène. Cette dernière est jonchée de statuts et en s’élançant sur les planches avec une fierté qui frappe fort, il surprend d’emblée. Rapidement son petit veston tombe en un geste politique révélant un torse aux muscles saillants, lorsqu’il harangue la foule c’est d’ailleurs en l’appelant « camarade ».

Les premiers instants ne trompent pas. Tout à partir de ce moment confère au grandiose, le musicien chante pour ses statuts s’adresse en particulier à la statut du lion  (un animal que l’on retrouvait aussi dans les paroles de « Saint-Claude »)  puis aux autres. Le moment est artistique, d’une excellence pointue, intellectuel mais surtout sensible. Christine and the Queens se joue des genres, enfile une longue jupe rouge, toujours le torse nu, court, virevolte, danse, exulte ses démons et personnifie la paranoïa. Tout est grandiose, jonché de couleurs rouges, comme un appel profond alors que voix et instruments frappent fort, les guitares se perdant dans des montées en puissance maîtrisées, elles aussi hors genres et registres. Le chanteur casse toutes les barrières, celles fixées par le format d’un live, d’un album, d’une industrie, d’une société qui aime les cases. Sous fond de lumières bleues obscures, il enfile ses ailes d’ange (déchu ou s’élevant dans les cieux?). Les frissons viennent à parcourir ceux qui hypnotisés reçoivent cette œuvre d’une sincérité troublante où l’image est aussi centrale que son vecteur : la musique. Il faudra vivre cette heure à bout de souffle, se laisser entraîner dans cette spirale où la douceur la dispute à l’intensité et enfin couronner roi ce renouveau de Christine and the Queens.

Placebo : cure nostalgique

Tête d’affiche de la soirée, c’est à 23 heures que les très attendus Placebo, seuls artistes à remplir la Grande Scène ce soir. Un quart d’heure avant le début de la performance, le duo demande au public de ne pas filmer sa prestation sur ses smartphones. « C’est difficile pour nous de connecter avec vous derrière vos écrans, vivez le présent » argue un Brian Molko diffusé sur des écrans géants. C’est donc smartphones en poche, sauf pour les plus rebelles des spectateurs que débute ce live. Le groupe, nous l’avions déjà vu par trois fois, au Live 8, à Bercy, en festival et à chaque fois une sensation de performances aux trop nombreux défauts, d’un manque. Mais il faut savoir laisser à nouveau sa chance. Dans l’instant présent donc, là où Brian Molko invite à la rejoindre, le groupe joue sur une scénographie sobre portée par des jeux d’écrans aux couleurs brouillées et autres effets marqués d’une époque. Il faut dire qu’en place depuis 94, le groupe a vu les modes et façon de faire du live évoluer. En France, Brian Molko aime à s’adresser à son public dans la langue de Molière, d’ailleurs comme il s’amuse à le dire « On est une groupe européen » et bim, le Brexit, dans tes dents. Pour démarrer son affaire, le groupe préfère bouder ses classiques pour mieux présenter d’autres titres. Topo, côté foule, c’est plutôt calme, l’audience écoute attentive, sans rien filmer pour mieux se ré-approprier une air. La voix de Molko est reconnaissable entre toutes, tout comme le son sur le fil d’un rock triste qui a toujours été sur le fil et qui lui aussi est le reflet d’une époque dans laquelle Molko parlait ouvertement de sa bisexualité offrant une des rare proposition queer et glam sur le devant d’une scène rock mainstream et lissée. Il faut attendre 10 titres pour que résonne l’un des plus gros hits des musiciens « Too May Friends » critique des relations tissées en ligne et donc accroché un public moins expert. Sauf que comme à chaque fois, les gros hits sont aussi l’occasion de voir un certain problème de tempo dans le passage au live des titres. Une justesse fébrile peut-être comme une difficulté à faire cohabiter taille des textes et tempo en un seul espace. Les écrans déforment les visages qui changent de couleurs, voir tombent dans un effet « pluie ». Difficile de ne pas penser au clip de « The Bitter end » qui figure sur la setlist tout comme « Song to say goodbye » avant le rappel. Evidemment, la foule réagit fortement aux retrouvailles avec ces titres passés dans le domaine public. Le final se fera sur « Running Up that hill ( a deal with god) », leur reprise de Kate Bush (mais ceux qui savent se souviennent surtout de son utilisation dans « Newport Beach » après la tragique mort de Marrissa, que personne n’a jamais pardonné, hein Mischa Barton ?), pont indéniable pour les nouvelles générations qui ont pu le redécouvrir dans « Stranger Things » mais que Molko et sa bande avaient réinterprété des années plus tôt. Placebo garde la touche d’un temps, ses souvenirs, les nombreux moments à refaire surface en les écoutant. Aucun médicament ne permet pourtant de remonter le temps, même pas un placebo.

Texte : Alexandre Bertrand / Julia Escudero

Photos : Pénélope Bonneau Rouis


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