Tag

découverte

Browsing

Coups de coeur ! Avec l’automne qui s’est déjà bien trop vite installé, voilà que débarque le temps des amours qui s’invitent pour ne plus jamais repartir. Cette année 2021, ceux-là sont britannique et français, folk et chanson, rock et pop. Une chose est certaine, ils ont tout autant de couleurs à offrir que les feuilles restantes sur les arbres. A écouter en boucle et à découvrir sur scène.

Luca Wilding : la grâce de Jeff Buckley

Luca Wilding
Luca Wilding par Louis Comar

C’est en écoutant Leonard Cohen que  le britannique Luca Wilding se découvre une envie de devenir auteur-compositeur. Celui qui n’avait pas touché d’instrument dans sa jeunesse est alors touché par la grâce du maître canadien. C’est donc sans surprise que notre prodige anglais marche sur les pas d’un autre compositeur tout aussi brillant : Jeff Buckley. Il lui emprunte, outre ses références musicales, sa légèreté, sa beauté, son sens de la mélodie et sa douceur. Au court de ses compositions, Luca Wilding , invite avec simplicité à marcher sur l’eau. Sa voix aérienne et envolée se pose avec la douceur d’une berceuse, masse les âmes et convoque l’intime. Pour les porter, à pas de velours, il ajoute une guitare sèche qui sublime la grande pureté de ses compositions. A la vie, celui qui a grandi entre Devon et Londres ressemble étrangement à un certain Roger Hodgson jeune. Il lui emprunte tout autant son immense talent que ses cheveux longs. Luca Wilding évoque bien des références qui touchent au céleste comme son immense « Nobody Game »qui a le raffinement folk de « What he wrote » de Laura Marling. Loin de simplement emprunter à tous, le musicien s’offre un univers onirique bien à lui qu’il défendra très prochainement sur son  EP « To » dont la sortie est prévue pour le 27 novembre. De passage à Paris au Pop Up du Label le 18 octobre 2021, le talentueux Monsieur Wilding en a profité pour prouver que sa folk aérienne bouleverse autant en concert que sur album. L’apogée de ce moment passé en sa compagnie dans un cocon, était, il va s’en dire l’interprétation d' »Heartachers » qu’il vous faudra écouter d’urgence pour toucher à la perfection et à la délicatesse de la blancheur de la neige à venir.

Oete : l’oiseau rare

Oete à LA BOULE NOIRE
Oete ©Kévin Gombert

Retenez bien ce nom, Oete, il y a fort à parier qu’il fera bientôt partie de ces artistes que public et médias s’arrachent. En attendant de retrouver cet indomptable troubadour en haut de toutes les affiches, qu’il est bon profiter de sa confidentialité pour se repaître de la beauté de son répertoire et de sa candeur. Le pOETE  de 22 ans dévoilait en septembre un single alliant la grâce du meilleur de la chanson française, conjuguant au plus que parfait la douceur avec la rythmique dansante et intitulé « La tête pleine ».  Difficile de l’écouter sans en sortir la tête emplie de ses notes qui s’immiscent dans les esprits et les coeurs. Ses premiers pas virevoltants y inspirent la fraîcheur des débuts et la détermination des plus grands. Le jeune homme a le sens de l’introduction qui happe, du refrain qui frappe fort et surtout la juste mesure de la voix qui transperce. Avec son timbre grave reconnaissable entre tous, il dépeint les sommets de l’amour. Ce nouvel essai réussi fait suite à l’immense « HPV », son premier jet dévoilé. Depuis ce colibri s’élève note après note alors que son premier opus se fait déjà douloureusement attendre. Si le suspens parait insoutenable, il est aisé de se délecter de son univers en live.  En concert, l’oiseau rare promet un moment aussi jovial qu’hypnotisant. Impossible de détourner les yeux d’une scène qu’il envahi intégralement, recouvre de ses merveilles disposées comme des cadeaux. « Pour faire le portrait d’un oiseau, il faut d’abord peindre une cage avec la porte ouverte » écrivait Prévert, bien inspiré alors que ces quelques mots n’ont de cesse d’évoquer Oete qui chante dans son répertoire à couper le souffle sa liberté chérie. « Ne pas se décourager, attendre, attendre s’il le faut la vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau.. » ajoutait-il alors qu’il semblait que le paysage musicale français attendait sans le savoir avec une patience silencieuse l’arrivée de notre prodige. « S’il chante c’est bon signe » serait-on tenter de conclure. Signe du moins que la chanson française a de beaux jours devant elle qui se dévoileront encore un peu plus le 23 novembre à la Dame de Canton à Paris. Ne le loupez pas.

Molly Burman : relève pop made in UK

Molly Burman pour la pias nite
Molly Burman ©Kévin Gombert

Le Royaume-Unis a toujours eu un sens inné de la pop. L’inventant, la sublimant, déterminant ses codes pour mieux les brouiller et surtout leur donnant ses lettres de noblesse. Sur cette scène plurielle, la part de féminité est importante et variée. Pourtant une certaine aura dansante et qualitative se dégage d’artistes qui ont su frapper fort : Kate Nash ou encore Lily Allen sont de celles-là. Et un peu plus tard, sur leurs traces, voilà que débarque la boule d’énergie Molly Burman. Originaire d’une famille de très grands musiciens ( sa mère était chanteuse pour Shane macGowan, son père a joué aux coté de Paul Cook des Sex Pistols dans Chiefs of Relief), la musicienne suit leur traces tout en se construisant son propre univers. A seulement 19 ans seulement, elle s’impose de par ses notes sucrées, ses accords bien construits et son sens aiguisé du refrain. Repérée par le label Pias, signe de qualité s’il en est, elle chante son quotidien en liant une âme féministe à la dérision propre à nos voisins Outre-Manche. Renouant avec une certaine époque des années 2000, convoquant l’esprit adolescent tout en y alliant une touche de modernité, la chanteuse appelle avec sa voix calibrée et son accent qui fait plaisir aux oreilles à la suivre titre après titre. Ce décalage rétro-moderne pourrait bien devenir la bande originale de « Sex Education » tant la talentueuse Molly Burman en porte l’âme. Accessible et pointue, elle signait à l’occasion du retour des Pias Nite post Covid, une performance touchante et colorée où l’humour flirtait avec l’âme du bal et le professionnalisme aiguisé. Naïveté et danse y font si bon ménage. Une découverte à suivre de près.

Ottis Coeur : cross my heart

Ottis Cœur_Luis Escudero Gimenez
Ottis Cœur par Luis Escudero Gimenez

Un single et son clip en poche pour « Je marche derrière toi » et voilà qu’Ottis Coeur est déjà au centre de toutes les attentions. Il faut dire que le duo sait tordre les codes pour mieux les reconstruire. Loin de suivre les idées reçues, le tourbillon déchaîné emprunte à Brigitte sa symbiose et sa symétrie musicale, cassant cet esprit chanson pour créer un chant des sirènes rock où les rythmiques dominent. Alors que le premier EP de la formation verra le jour fin novembre 2021, les copines ont déjà su s’attirer les ferveurs des plus grands en figurant à la sacro-sainte liste des Inouïs du Printemps de Bourges 2021. Qualités vous dites ? Le pluriel est effectivement de mise. Outre leur sens du single instantané et leur capacité à créer des hymnes au delà des morceaux, Ottis Coeur sait aussi transmettre ses messages.  Dans leur titre « Coeur à Corps », le groupe offre un vibrant dialogue à elles-mêmes évoquant le corps, cet allié que la société traite comme un ennemi dès qu’il ne répond pas aux critères de beautés qu’elle a injustement fixé. Spontanée, la joyeuse troupe offre une performance rétro-moderne où la fougue des années 90 devient l’écho d’une nouvelle génération qui frappe fort. La formation porte bien son nom tant elle touche les coeurs, parle à la tête, somme les jambes de danser. Leur sincérité fait mouche, leurs titres sentent bon les bulles de chew-gum acidulées aux couleurs pastels, qui collent au corps lorsqu’elles explosent. Impossible ici, de se détacher de leurs notes une fois qu’elles s’invitent dans les esprits. Tant mieux, puisque le duo devient addictif en quelques accords seulement. Vous voilà prévenus.


Sélection de nouveautés musicales pour illuminer votre été 2021

Sélection de nouveautés musicales pour illuminer votre été 2021

SomElse Le 16 juillet 2021, SomElse pour « Being someone else » publiait à pas de velours…

BLACK LILYS

Sélection découvertes: 7 artistes français d’indie pop dont vous allez être fous

Nos artistes français ont du talent. Si la pluralité musicale se retrouve souvent du côté…

Structures music

A découvrir : 7 groupes de rock français (variés) qui envoient du lourd!

Seuls les anglais et les américains savent faire du vrai rock? Les guitares électriques ne…

 

 

La musique francophone a créativement parlant de très beaux jours devant elle. Les nouveaux arrivés de cette scène regorgent de talent, de créativité, osent, proposent et ce en empruntant à toutes les palettes comme tous les registres. Aujourd’hui, cette scène, ce futur, est fragilisée par une crise sans fin qui voudrait relayer au rang de non essentiels ces artistes magnifiques. L’art est pourtant notre salut, notre liberté, notre convivialité, notre âme et prend la température d’une instant pour lui offrir l’éternité. C’est cette diversité, ce message qu’il nous défendre. Pour protéger ce système faites des découvertes, partagez les, achetez de la musique, achetez des albums physiques, achetez chez vos disquaires, parlez de vos coups de coeur. Les six artistes ci-dessous sont bien la preuve qu’il faut se battre pour la musique. Faites du bien à vos oreilles.

Feathership : folk made in montreal

Nos amis canadiens savent écrire de la folk. Du type mélodique, envoûtante et qui prend au tripes. Ce ne sont pas les incroyables Half Moon Run ou Franklin Electrics qui nous feront mentir. La capacité à partager émotions et grands espaces nord américains peuplent leurs titres. Et si ces deux incroyables groupes commençaient à vous manquer, bonne nouvelle voilà que débarque Feathership, le projet du montréalais Jean-Philippe Sauvé. Plus pop que ses prédécesseurs, il partage néanmoins la même force nostalgique et poétique qu’eux. Pour preuve le premier extrait de son nouvel EP  : »The West Side » dont le clip aux couleurs poudrées a été réalisé par les soins de son frère Jean-François Sauvé. Avec son titre éponyme cet EP 4 morceaux vous propose une promenade en mer,  aujourd’hui voilà qui parait primordial. En anglais dans le texte et à travers la précision de ses notes, le musicien vous invite à sauter entre les vagues et vivre avec joie le mouvement de l’eau (« Saviour »), vous perdre dans l’immensité de l’océan (« The West Side »), s’offrir un bain de minuit tumultueux (« High Moon ») et à prendre le large sans retour (« Sun friend »).  Le globe-trotteur et surfeur rappelle que l’intensité des éléments est le meilleur écho à nos ressentis. La mer et l’art ne forment plus qu’un alors que les émotions à fleur de peau viennent elles surfer à la surface. A découvrir d’urgence.

Shaken Soda : rock déjanté

Où est passée la fièvre rock ? Pouvait-on se demander ces dernières années. Le grain de folie avait-il disparu au profit de mélodies lissée toujours empruntes d’une forme de tiédeur électro où tout était un peu mais pas trop ? Si la tendance s’inversait enfin ces dernières années, voilà que le débat prend définitivement fin avec les  délicieusement déjantés Shaken Soda. Les fous furieux publiaient leur premier Ep éponyme le 16 octobre 2020. Au programme cinq titres jusqu’au-boutistes portés par des riffs entraînants où bonne humeur côtoie instrumentales énervés. Les trois musiciens toulousains osent mélanger brit pop et ses voix aériennes au rock mordant citant parmi ses références Foals comme les Beatles, Arctic Monkeys aux côtés de Bloc Party. Un savant bordel, très joliment mis en forme qui vous donnera autant envie de sauter partout (« That Kind of feel ») que de chiller en profitant d’un flow maîtrisé et d’une capacité remarquable à faire du refrain (« Forest »). Un final plein de vie sur le tubesque « Keep on Running » obligera vos pieds à danser tout seuls. Une grande gorgée de Shaken Soda c’est sans doute le meilleur des remèdes anti-dépression liée à l’actualité morose. La musique nous sauvera tous.

Lombre : rap mélancolique

Les mélodies urbaines ont gagné beaucoup de terrain en France ces dernières années. C’est d’ailleurs via le Hip hop que le vent de fraîcheur a soufflé le premier dans un univers musical qui ne demandait qu’à se renouveler. Fauve avait déjà amorcé une certaine tendance : utiliser le phrasé sur des riffs modernes électro, jouer sur la mélancolie, toucher au slam, créer des instrumentales douces, réinventer le genre. Depuis leur pot de départ au Bataclan, la relève n’avait pas été assurée, leur nouveau projet Magenta s’éloignant de cette impulsion pour proposer autre chose. Pourtant le collectif ne pouvait pas rester sans progéniture et aujourd’hui voilà que Lombre débarque enfin, prêt à reprendre ces codes précis et à pourtant oser proposer de la nouveauté en les utilisant. Le chanteur emprunte aussi à Georgio, Big Flo et Oli et même Gaël Faye pour créer un son hybride et des riffs à la précision d’une lame de rasoir. Les texte tombent à point nommé, eux aussi soufflés comme une confidence, tendus, sincères et désillusionnés. Lombre signe avec « La Lumière du noir » son nouvel EP une œuvre où mélancolie et espoir se côtoient, où les émotions prennent forme et où la société ne broie plus l’humain en tant que personne. Il devait figurer à l’affiche de MaMA Festival annulé à peine quelques jours avant son édition 2020. La preuve s’il en faut que le musicien devrait bientôt faire beaucoup parler de lui.

We Hate You Please Die : tourbillon rock(s)

Vous êtes passés à côté de We Hate You Please Die ? Il faut d’urgence rattraper cette grossière erreur. Si le post-punk a aujourd’hui la côte chez nos voisins britanniques  Idles, The Murder Capital et autres Fontaines D.C ne sauraient nous faire mentir, la sauce devait également s’inviter dans l’Hexagone. Grâce à la formation c’est aujourd’hui chose faite, à quelques nuances près.  Non content de redéfinir les codes du rock français le quatuor convie le lo fi, scream volontiers, s’aventure vers le chemin du psyché, brisant toutes les barrières et frontières sur son chemin. Un pari qui paye : sélectionnés aux Inouïs de Bourges 2019 la troupe originaire de Rouen recevait le prix Chorus en octobre 2020. Son grain de folie scénique et jusqu’au-boutiste ne pouvant que convaincre jusqu’au spectateur le plus réticent de l’audience, allumant une flamme intarissable chez  quiconque s’aventurait à l’un de ses shows. Avec un premier album publié en octobre 2018 « Kids are Lo-Fi », le groupe ne se contentait pas de faire de jolies promesses pour l’avenir, il invitait titre après titre à une révolution interne peuplée de spirales tantôt mélancoliques, tantôt puissantes et offrait un véritable bijou . L’album signe le casse du siècle en un seul essai. We Hate You Please Die a cette force rare qui convainc tout le monde, qui ne laisse personne indifférent sur le banc de touche et qui rappelle que le rock est avant tout une énergie communicative. Plus de 7 minutes de l’époustouflant « Figure it out » sonnent d’ailleurs comme une onde de liberté aspirant tout sur son passage avec une maîtrise quasi surnaturelle de chaque note.  La liberté, c’est bien ce dont on a besoin aujourd’hui et comme toujours, elle se trouve au cœur des meilleurs albums du moment.

Temps Calme : expérimentations psychées

Voix aériennes, notes envolées, Temps Calme pourrait naviguer dans les  eaux froide de la cold wave et s’inspirer de son retour en force pour se faire sa place. Ce serait mal connaître le trio lillois que de les limiter à ce simple constat. le groupe emprunte mais ne copie pas, adapte et surprend. La preuve en est d’ailleurs apportée d’entrée sur le premier album du groupe « Circuit » sorti le 6 novembre 2020.  « Aquafalling » qui ouvre le bal et ses percussions enivrantes appelle l’oreille immédiatement. Précis le titre crée de la beauté à travers ses rythmiques joliment mises en place et fait appel au monde aquatique avec finesse et raffinement. Suivez le chant des sirènes sur les notes graves  répétées en boucle qui sonnent comme un appel à faire le vide atours de soi de « Dancing owl ». Il faut dire que la troupe connait ses gammes faussant les pistes du rock psychédélique pour mieux se révéler jazz ( avec la maîtrise instrumental que ça implique) tout en distillant ses effervescences tantôt pop tantôt électro.  Après un EP sorti au printemps 2019, Temps Calme revient plus fort que jamais avec cette galette aussi puissante que des montagnes russes qui laisse aussi bien place à la technique qu’aux émotions, qui n’est jamais prévisible, ne se répète jamais et n’est jamais convenue. Certains titres frôlent l’expérimental d’autres sont accessibles à tous, malgré cette grande disparité, le tout s’additionne parfaitement avec une logique millimétrée. Si 2020 a été une année pour le moins atroce, le temps de 10 titres, Temps Calme propose de goûter à la perfection et de finir en apothéose instrumentale. Déjà culte.

Aliocha : douceur et arts

Aliocha aime les arts et les invite à se rencontrer sans concession. C’est bien ce que prouve son premier essaie en français « C’est tout, c’est rien », relecture de son morceau « Forget My Blues » qui figurait sur son album « Naked ». Au programme du clip de ce titre hors normes : un jeu de caméra et de regards de face librement inspiré des « screens tests » d’Andy Warhol avec pour cadre l’Opéra de Paris et la participation d’une ballerine classique qui offre au tout une nouvelle dimension de douceur. Le chanteur (qui est également comédien) excelle à la composition se servant de son timbre fluet aux aigus maîtrisés pour proposer des morceaux à fleur de peau. Si en France le franco-canadien peut sembler confidentiel, outre-Atlantique il jouit d’une certaine notoriété étant le protégé du programme Rising Stars du TIFF qui se vante de rassembler les futures stars du cinéma. Si petits et grands écrans lui sourient, sa capacité à émouvoir et toucher avec sa musique sont autant d’atouts. Laissez vous bercer par son univers calibré, franchement beau et où les arts ne forment qu’une grande et même famille.


tazieff

A découvrir : 9 musiciens made in France (variés) dont vous allez être fous !

Tout n’est finalement pas à jeter en 2020. La preuve ? Ces 10 artistes qui…

6 artistes de rock indépendant qui valent le détours et leurs albums qu’il faut écouter

Il fait beau dehors, il fait chaud,  mais nous voilà confinés dans notre salon.  Pour…

BLACK LILYS

Sélection découvertes: 7 artistes français d’indie pop dont vous allez être fous

Nos artistes français ont du talent. Si la pluralité musicale se retrouve souvent du côté…

 

Album après album #3. Quoi de mieux en cette période si particulière que de dédier son temps libre à la découverte ? Certainement l’une des choses les plus stimulantes de notre existence. Chercher… Découvrir… Ne pas s’accommoder à quelconque confort, mais toujours se trouver dans un état d’esprit d’ouverture au monde, d’élargissement culturel, afin de faire jaillir un sentiment de satisfaction nous donnant l’impression de nous construire en même temps que notre cercle s’élargit. Voilà ce dont nous avons tous besoin, même sans nous en rendre forcément compte. Et quel moment plus adapté que celui que nous vivons en ce moment, confinés, à l’heure où absolument tout est disponible en ligne depuis chez soi !

Pour cette cinquième semaine (déjà !) de confinement, où les esprits s’échauffent et où le ras le bol général légitime commence à gagner de plus en plus de foyers (ce qui n’est pas une raison pour sortir davantage), beaucoup privés de toute forme d’épanouissement et gagnés par un ennui profond, il est grand temps de vous proposer l’épisode 3 de notre série consacrée à la découverte d’albums que nous tiennent à cœur, pour essayer de remonter le moral à ceux qui en ont besoin mais aussi pour vous faire voyager parmi des atmosphères diverses et uniques. Ces albums, choisis chaque semaine avec attention, comme nous le répétons à chaque fois, ne sont ni des classiques mondialement connus, ni des œuvres enfouies et secrètes inconnues de tous et de toutes. Ils font partie d’un juste milieu, entre évidence et confidentialité. Somme toute des classiques pour tous ceux qui voudront bien les reconnaître comme tel ! Il se peut évidemment que vous les connaissiez déjà, et c’est dans ce cas la parfaite occasion pour vous replonger dedans si l’envie vous prend. Cette semaine, ce sont deux albums intervenant tous deux à la fin d’une décennie que nous avons choisi de vous présenter.

 

ALbum n°1:  A WAY OF LIFE  (SUICIDE)

Troisième projet du duo le plus revêche de la musique moderne, A Way of life est avant tout une expérience unique en son genre, sans doute moins brutale et plus accessible que ne l’était déjà leur premier album, sorti en 1977, sobrement intitulé Suicide, météorite indescriptible ayant laissé une trace majeure sur toute la production musicale qui suivra, mais du moins toute aussi fulgurante. Dix ans séparent A Way of Life de Suicide, et le groupe composé d’Alan Vega et de Martin Rev ne semble pas avoir vieilli d’une ride. Au contraire, leur musique semble s’être dotée ici de nouvelles textures et profondeurs.  C’est un peu moins nerveux, tout aussi hypnotisant, et un peu plus abordable. Il y a toujours cette force spectaculaire, ce remue-ménage incessant et ce sentiment d’avant-garde qui se dégage de leur art, jamais soumis à quelconques formes de composition mais toujours attaché à l’enchère et à l’excès, jusqu’au point d’épuiser ses auditeurs. Oui, Suicide est une épreuve, faite de synthés primitifs, de répétitions et d’un chant aussi tortueux que bagarreur, crée par des mecs à l’attitude plus virulente que n’importe quel autre punk, mouvement auquel ils affirment d’ailleurs appartenir, sans que leur musique s’inscrive pour autant dans aucun genre particulier tant elle peut être rattachée à une multitude de styles variés : électro, rock, musique minimaliste, techno, new beat…  (ayons tout de même en tête qu’Alan Vega a eu l’envie de créer Suicide après avoir assisté à un concert des Stooges en 1969, précurseurs du mouvement punk). Mais c’est une épreuve nécessaire qui aura un fort impact sur votre manière de concevoir la musique, tant elle englobe tout un tas d’idéaux liés à une certaine forme de production et de composition : primaire, directe, violente, brutale, sauvage… Du rock à l’état pur, privé de tout artifices.

L’album attaque directement dans le dur, avec un « Wild in Blue » rugueux et revêche, sorte d’apothéose d’un savoir-faire ici totalement mûr, transcendé par un Alan Vega au plus haut de son intensité. Il ne chante pas, il donne son corps, son esprit et son âme à la musique qui rugit dans une répétition frénétique indomptable. Ce morceau est l’un des sommets de Suicide, tant il témoigne d’une démonstration de force de haute voltige qui vient assurer au groupe un retour réussi. Car on le sait déjà en écoutant ce premier morceau, l’album sera une claque.

La suite se gâte d’ailleurs avec des morceaux terriblement entêtants, dont les rythmiques et les mélodies aussi minimalistes que sauvages, comme on en a l’habitude avec le duo, trouvent une profondeur supplémentaire qu’auparavant, grâce à une production certes moins rentre-dedans mais davantage nébuleuse et inquiétante. L’album brille par sa maitrise tandis que sa noirceur prend constamment le dessus avec des compositions magistrales (« Rain of Ruin », « Dominic Christ »). C’est un concentré pur d’animosité, quelque chose d’à la fois terrifiant et sublime, de sombre et de lumineux… Bien que moins direct que le premier album, A Way of Life intègre plus de basse, plus de punch et s’affirme comme une œuvre à part et singulière, d’autant plus que deux morceaux en particulier retiennent notre attention, l’un pour sa beauté organique : « Surrender », une sorte de balade futuriste élevée par un cœur féminin des plus saisissants, et l’autre pour sa vivacité, « Jukebox Babe 96 », une sorte de rockabilly moderne sous drogue teinté de sonorités de l’espace.

A Way of Life est un bijou de la musique moderne, une œuvre grandiose qui continue encore aujourd’hui à faire effet et à influencer la production actuelle.

 

DOUBLE DOSE  (HOT TUNA)

Quittons maintenant l’univers tumultueux de Suicide pour s’intéresser à notre deuxième album de la semaine, Double Dose, un double album (d’où le titre) live de Hot Tuna, une musique plus classique et moins sauvage que celle de Suicide et qui, pourtant, procure elle aussi une belle claque à son écoute. Hot Tuna est un groupe américain composé de deux anciens membres de Jefferson Airplane : Jack Casady (basse) et Jorma Kaukonen (guitare) dont l’idée de départ est celle de jouer plusieurs classiques du blues réarrangé à leur manière. Leur premier projet, sorti en 1970, s’intitule Hot Tuna, un album live entièrement acoustique très réussi dans lequel ils interprètent principalement des reprises de blues. Double Dose intervient huit années plus tard, en 1978, et sonne comme l’aboutissement de leur travail, ici éclatant et concentré en un double album particulièrement jubilatoire. Malgré sa longueur (1h20), Double Dose n’admet aucun soupir et file tout du long à une vitesse éclair. Pas le temps de s’ennuyer une seconde, l’album est parfaitement construit et dosé, si bien que l’on se surprend à en redemander une dose lorsqu’il se termine. Les quatre premiers morceaux sont acoustiques et d’une beauté frappante, animés par la voix sensuelle de Jorma Kaukonen et son fluide jeu de guitare. La suite est entièrement électrique, un long chemin sans trêve, une continuelle avancée dans le merveilleux univers du blues, ici au meilleur de sa forme, allié à un rock fulgurant pour nous faire comprendre que ce dernier tire ses racines de là, du blues. Le rock et son essence même se joue dans nos oreilles. On y entend une musique traditionnelle à laquelle on a insufflé une intensité supplémentaire, un son détonant. Les morceaux sont d’une évidence implacable. Tout coule de source.

Double Dose a en réalité deux qualités principales qui lui permet de briller autant : des morceaux simples et terriblement efficaces, quelques-uns étant des reprises de certains classiques du blues (« Talking ‘bout you » de Chuck Berry ou encore « I can’t be satisfied » de Muddy Waters), ainsi que des musiciens fabuleux, dont la maitrise du rythme est ici primordiale. Tout ça élevé par une prise de son impeccable. Que faut-il de plus ?

« Funky #7 », en tant qu’ouverture du deuxième CD, donne directement la couleur : Double Dose ne passe pas par quatre chemins, il va à l’essentiel, prenant source à travers une musique aussi riche que complète et l’entraînant dans un tourbillon de guitare à la sauce rock’n’roll assumée. C’est net, c’est précis, c’est sublime.

By Léonard Pottier

Album après Album #Week 2 : quelques oeuvres musicales extraordinaires à écouter pendant son confinement

 Album après album #2. Quoi de mieux en cette période si particulière que de dédier…

Album après Album : quelques oeuvres musicales extraordinaires à écouter pendant son confinement #Week1

Quoi de mieux en cette période si particulière que de dédier son temps libre à…

Nos 100 meilleurs albums de la décennie

  Le voici, le voilà, notre classement des meilleurs albums de la décennie ! Après…

Structures musicSeuls les anglais et les américains savent faire du vrai rock? Les guitares électriques ne sont plus branchées si l’on en croit Le Monde ? Pour être qualitatif aujourd’hui, il faut du synthé et de l’électro ? Voilà une sélection de petit frenchies qui vont démonter une à une ces idées. Rock is not dead et sa renaissance se trouve dans l’Hexagone ! Promis, il y en aura pour tous les goûts.

Normcore: du rock californien à la sauce 90’s

Nostalgiques ? Vous aimez le rock US des années 90 ?  Alors pas de doutes, vous allez adorer Normcore. Formé à Montreuil en 2014, le groupe sait varier les plaisirs  et évoque avec finesse la scène indie rock alternative de ces années aujourd’hui si cotées. Comparés avec justesse aux inoubliables Weezer et même à Pavement, qu’ils citent volontiers, le combo revient en avril 2019 avec un nouvel EP  » Six Pack ». Au programme des riffs qui sentent bon le soleil et qui donnent envie de bouger nos popotins sans jamais nous prendre au sérieux. Et puisqu’en plus, la troupe propose un live survitaminé maîtrisé où règne la bonne humeur et les blondes bien fraîches, comme pourront en témoigner les spectateurs du Black Star à Paris, il ne vous reste plus qu’à vous laisser tenter. Normcore a délocalisé la Californie à Paris, le temps de 6 titres.

Booze Brothers : pour les amoureux de punk celtique

Le rock anglo-saxon, il trouve aussi ses racines dans les mélodies traditionnelles… à la sauce punk. Si Dropkiks Murphys sont les représentants de ce courant dans le monde, les Booze Brothers, eux le sont chez nous. Le groupe n’a d’ailleurs rien à prouver à personne puisqu’il fêtait ses 20 ans au mois de mars avec la sortie de « The Lemming Experience ».  Au programme, du punk rock celtique bien senti qui fait pogoter dans les pubs comme sur les plus grandes scènes de festivals.  Vous pouvez écouter leur discographie les yeux fermés, ou vous barder de tous vos plus beaux vêtements à motifs à trèfles puisque loin d’être simplement l’un des coups de coeur de la rédactions les Booze Brothers ont déjà conquis le coeur de Gogol Bordello, Lofofora et Millencoline pour qui ils ont ouvert.  Instruments traditionnels, voix puissante et guitares électriques, voilà la recette du meilleur des cocktails.

La Vague mélange les genres et en invente

Vous pensez qu’on a fait le tour des possibles dans le rock ? Qu’on a déjà tout entendu ? Qu’il n’est plus possible d’y être créatif ? C’est parce que vous ne connaissez pas encore La Vague. Le duo survolté sublime le genre, le tord, le recrée, lui invente de nouvelles formes. Pour se faire, il mélange des influences orientales à l’aide d’un tambour japonais à des rythmiques hypnotiques. Une fois pris dans les rouleaux de La Vague (ce jeu de mot devrait nous ouvrir des postes de rédacteurs dans toute la presse quotidienne régionale existante), impossible d’en sortir. Et pour cause, son incroyable leader, Thérèse fascine grâce à sa voix puissante. Secondée par le beaucoup trop talentueux John, le groupe sait communiquer en direct avec votre cerveau. Impossible de ne pas répondre à ce chant de sirène et de ne pas vouloir en écouter toujours plus. Une expérience puissante comme un ras-de-marée à vivre d’urgence en concert. Et promis j’arrête les jeux de mots.

Steve Amber: de l’indie rock psyché maîtrisé

Cette sélection fera plaisir aux amoureux de tous les courants rock, c’est une promesse et une promesse ça se tient. Puisque friends don’t lie, on le sait, on a aussi regardé Stranger Things. Pour tenir cet engagement, il est plus que temps de faire plaisir aux amoureux de l’indie rock psyché britannique avec Steve Amber. En concert le groupe, qu’il serait facile de comparer à Radiohead, puisqu’il faut comparer pour situer, subjugue. Les quatre jeunes membres de cette formation hybride ont déjà tout des (plus) grands. les finalistes du Grand Zebrock 2019 proposent une expérience sensorielle, un moment puissant, prenant, qui fait sauter, rêver et voyager et ce en live comme sur leurs 5 titres enregistrés « From A temple on the hill ». Un temple vous dites? Pas de doute, le culte de Steve Amber fera vite parler de lui.

Structures : new wave magistrale

S’il existe un gage de qualité pour les apprentis musiciens, c’est bien de faire parti des Inouïs du Printemps de Bourges. En 2019, n’en déplaise au Monde, le tremplin s’offrait une session de jeunes rockeurs tous plus talentueux les uns que les autres. Parmi cette brochette inoubliable, Structures arrive en tête des coups de coeurs. Et c’est bien normal, avec un show magistral, les compères oscillent entre un punk bien senti et une new wave salvatrice. Il y a du Joy Division dans leurs notes, auxquelles se mêle l’insouciance créatrice d’une jeunesse folle. Quelque part, alors qu’on l’écoute avec attention, le groupe devient le messager d’une grande nouvelle. Il est encore possible en 2019 d’être talentueux et insouciant, de grader l’attitude des rockeurs d’un autre temps, d’être sérieusement bon sans se prendre au sérieux. La musique comme un filtre de jouvence, c’est ce qui était promis et ce que des artistes comme Structures s’évertuent à rendre vrai. Leur EP « Long life » est déjà disponible.

Telegraph : la claque indie folk rock

Vous vous en souvenez peut-être. En 2009, Orange diffusait une publicité qui expliquait qu’un mot pouvait avoir plusieurs significations. Parmi eux, le mot claque désignait à la fois le geste et la sensation face à une oeuvre d’art puissante. L’écoute de l’incroyable « Broken Bones » de Telegraph ainsi que le visionnage de son clip sous forme de court-métrage ne manquent pas de rappeler la seconde interprétation de ce mot. Il faut dire que le frangins Julien, Mathieu et Maxime tapent très fort. Puissant comme ont pu l’être les meilleurs singles de Blink 182 qui auraient croisé la bande d’Imagine Dragons, les mélodies de la fratrie oscillent entre indie rock, pop, électro et n’hésitent pas à emprunter à la soul comme à l’urbain. En sort un contenu explosif, vibrant, une lettre d’amour puissante à la musique qui n’hésite pas à aborder des sujets d’une importance capitale: se battre pour le monde qui nous entoure. Tout un programme qui vous fera écouter à n’en pas douter les morceaux de Telegraph le doigt sur le touche repeat.

We Hate you please Die : scream paritaire 

Comme leurs copains de Structures, We hate you please die font partie de la sélection 2019 des inouïs du Printemps de Bourges. On vous l’avait prouvé avec La Vague, le rock peut aussi séduire lorsqu’il est porté par une femme. Ici, l’énergie de la fibre féminine de la formation est sublimée par les parties screamées portées par son acolyte masculin. En ressort une énergie brute, à fleur de peau et impossible à maîtriser. Cette transe improbable sait porter la détresse froide de moments screamés qui transpercent le coeur comme l’énergie débordante du punk garage qui appelle aux pogos. En sort des prestations folles, hypnotiques, enragées et des morceaux qui marquent le corps et l’esprit. Du haut de ses 24 ans de moyenne d’âge et avec à son actif un premier album Kids are lo-fi sorti en octobre 2018, le groupe donne un souffle de modernité à un courant qui vivait sur ses acquis. Hypnotisant!

30 day song challenge

30 day – song challenge, la playlist de la rédac (à toi faire la tienne)

    Des challenges sur Internet, il en existe beaucoup. Ils tournent sur nos réseaux…

nouvelle scène française artistes français

Nouvelle scène française: 6 artistes à écouter d’urgence

C’est la rentrée! En voilà une phrase bien déprimante qui ne fait pas plaisir à…

La playlist vulgaire est là! (du bon son, des paroles encore meilleures)

La playlist vulgaire est arrivée!!!   Dans la chanson, le texte c’est quand même vachement…