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Julia Escudero

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C’est aux couleurs de l’Irlande qu’il faut se parer pour célébrer cette dernière journée de Rock en Seine. Une journée Up to 90 comme le dit l’expression irlandaise pour dire bouillante (up to 90 degree). Trèfles à quatre feuilles peuplent en effet les parterres du festival verdoyants pour mieux accueillir deux des plus gros noms d’une dernière journée très attendue. Le premier Kneecap, a beaucoup fait parler de lui notamment en raison de nombreuses polémiques autour de leur engagement pour la cause Palestinienne et de leurs  procès. Le second, Fontaines D.C est devenu de loin la plus grande sensation rock du moment. En dehors des deux comparses et leurs performances fracassantes, la journée est allée de coup de cœur en coup de cœur. Impossible de rater l’envoûtante Sharon Van Etten and the Attachement Theory, de ne pas se laisser envoûter par Sylvie Kreush, de ne pas pogoter avec Fat Dog ou de danser aux côtés de Dylan Minette et son groupe Wallows ou de finir la journée avec la tête d’affiche : Queens of the Stone Age. On vous emmène avec nous pour debrifer ce moment dont il est difficile de redescendre.

Fontaines D.C : une si belle romance !

FONTAINES D.C.
Fontaines D.C par Olivier Hoffschir pour Rock en Sein

Que s’est-il donc passé ? Il y a 3 ans, Fontaines D.C s’offrait la scène Cascade (aujourd’hui Revolut, les choses changent trop vite) face à un public d’adeptes, compacts oui mais surtout indé. Les voilà qui aujourd’hui prennent d’assaut la grande scène et la remplissent, à ras-bord. Difficile de se frayer un chemin au milieu du public souvent estampillé au couleurs du groupe. Rose et vert donc. Ce sont elles qui donnent le premier indice sur ce qui a retourné toutes les cartes. La sortie de l’album « Romance » l’année dernière, un changement de label et voilà que la groupe de Grian Chatten est sorti de son territoire de rois du pop punk indé. En lieu et place la formation est devenue icône du mouvement et n’est pas sans rappeler la puissance d’Arctic Monkeys en terme d’aura et de succès. A Rock en Seine, l’affaire ne manque pas, faisant du groupe un concurrent sérieux en terme de notoriété à la tête d’affiche du soir : Queens of the Stone Age. Côté scène c’est un set assez simple qui attend la foule, pas de gros effets scéniques, pas d’énorme mise en scène, peu de temps de prise de parole. Parce que finalement ce qui porte Fontaines D.C, c’est la musique elle même. Ainsi, le groupe choisit de tout miser sur une set list aux petits oignons dans laquelle les tubes se succèdent. Une entrée immense sur « Here’s the thing » met tout le monde d’accord alors que les minutes qui suivent ne laissent pas le temps de reprendre son souffle tant toute l’assemblée chante à pleins poumons : « Jackie down the line », magistral suit avant d’enchainer : « Boys in the Better land », « Televised Mind », « Roman Holiday »… Combien ont-ils de hits ? Leur discographie n’est-elle finalement pas que succession étourdissante de tubes fédérateurs sans aucune fausse note ? On passe de l’excellence de « Skinty Fia » à la beauté révolutionnaire et désarmante de « A hero’s death ». « Romance », qui est loin d’être oublié pour autant n’ pas seulement redéfinie le statut du groupe en terme de notoriété, il a aussi rabattu ses cartes musicales. La mélancolie, la beauté sombre et introspective a fait place à quelque chose de plus brut et instinctif, loin des évidentes influences the Smiths-iennes du groupe. Les voir basculer de façon si radicale, si évidente dans l’hyper notoriété donne ce sentiment de vivre l’histoire de la musique. De ce genre de concerts dont on parlera encore dans des décennies pour mieux dire j’y étais ! Le dernier single dévoilé du groupe « It’s Amazing to be young » s’offre une place au centre du live. L’immense « Favourite » (issu de « Romance ») aux notes à la Oasis est l’occasion pour Fontaines D.C de le dédicacer à leurs comparses de Kneecap qui jouaient juste avant eux sur la scène Bosquet. Comme eux, le groupe affiche en fin de concert d’immenses slogans « Free Palestine », écho au drapeau qui peuple la scène depuis les toutes premières minutes. Les trois derniers titres arrivent déjà. Un malaise dans la foule interrompt les festivités alors que tout le public applaudit quand la personne est en sécurité. « In a Modern world », le titre le plus puissant du dernier album résonne enfin et prend aux tripes. Avant de se dire au revoir on se chante « I Love you » et l’assistance dans toute sa puissance et sa beauté personnifie cet amour viscéral, fou que seul le live sait offrir. Enfin, la crise d’angoisse de Grian Chatten, le premier extrait de l’excellent « Romance », résonne. « Starbuster » met tout le monde en transe. Ici cette sincérité à se confier résonne autrement. L’angoisse se partage et se dissout, les douleurs sont devenue une fête que l’on ne voudrait jamais quitter.

SYLVIE KREUSCH : girl crush fontaines d.c

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Sylvie Kreusch – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis

Pour cette cinquième et dernière journée de Rock en Seine, le rendez-vous avait été fixé un peu plus tôt qu’à l’accoutumée. Certains auraient pu céder à la tentation de quelques heures de sommeil supplémentaires, mais le soleil éclatant et l’excitation encore bien présente ont suffi à faire lever les plus récalcitrants. C’est Sylvie Kreusch qui avait l’honneur d’ouvrir le bal.

À 13h40 précises, la chanteuse belge fait son entrée, vêtue d’une robe blanche scintillante bordée de fourrure. On s’interroge sur la manière dont elle supporte une telle tenue sous cette chaleur écrasante… mais très vite, la question s’efface. Sa voix cristalline, légère et limpide, apporte une bouffée de fraîcheur aux festivaliers déjà rassemblés. Et soudain, on réalise que le sommeil pourra bien attendre.

Plus tard dans son set, elle s’octroie même un petit bain de foule, armée d’un parapluie au motif de pastèque. Un geste simple, mais fort, par lequel elle affirme avec élégance son soutien à la cause palestinienne. Car ce sont souvent ces petites marques symboliques qui ouvrent la voie aux grandes avancées.

FAT DOG : chiens sans laisse fontaines d.c

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Fat Dog – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis

15h40 sonne, et c’est le signal : C’est l’heure de courir vers la Grande Scène, parce que Fat Dog va commencer.

Originaire du sud de Londres, le groupe s’est taillé une sacrée réputation en un temps record. Moins d’un an après la sortie de leur premier album Woof, ils enchaînent déjà les festivals aux quatre coins du globe. Leur passage au Trabendo en avril dernier avait laissé un parfum de chaos joyeux. Alors, autant dire qu’on les attendait de pied ferme.

fat dog rock en seine
Fat Dog par Kevin Gombert

Joe Love, le chanteur, débarque sur scène clope au bec et bière à la main, les bras tendus avec une nonchalance affirmée. Le groupe s’installe, un extrait théâtral résonne, voix caverneuse à la Vincent Price… puis surgit le hurlement d’introduction : « Vigilante » explose. Dans la foule, les premiers pogos se forment. Chris Hughes, derrière les synthés, se jette rapidement dans le public, dirigeant les corps comme un maître de cérémonie, mains en pinces de crabe pour dicter la chorégraphie du pogo.

Tout le concert se joue dans ce rapport direct, charnel, avec le public. Quand ce n’est pas Hughes qui plonge dans la foule, c’est Joe Love qui passe la quasi-totalité du set dans les bras des spectateurs. Cette proximité transpire d’authenticité, et rend Fat Dog immédiatement attachants : on a envie d’être de leur bande. Mention spéciale au violoniste, qui délaisse soudain son instrument pour offrir une improbable démonstration de breakdance, achevant de rendre le moment totalement fou.

Kneecap : The Wind That Shakes Rock En Seine fontaines d.c

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Kneecap – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis

Tiocfaidh ár lá! Ohlala! Sans doute l’un des concerts les plus marquants, sinon le plus marquant, de cette édition 2025.
À 18h25, Kneecap doit monter sur la scène du Bosquet. Problème de riche pour les festivaliers : à 19h25, Fontaines D.C. démarre sur la Grande Scène, à l’autre bout du site. Dilemme classique des festivals : quitter Kneecap avant la fin pour filer voir Fontaines ? Ou rester jusqu’au bout et assumer d’arriver en retard ? Réponse en fin de récit.

Mais avant même que la première note ne retentisse, impossible d’ignorer le contexte. Kneecap n’est pas un groupe comme les autres. Leur soutien affirmé à la Palestine leur a déjà valu d’être écartés de plusieurs festivals et même bannis de Hongrie pendant trois ans. Mo Chara, lui, est actuellement poursuivi après avoir brandi un drapeau du Hezbollah en concert. Autant de polémiques qui, loin de les affaiblir, nourrissent leur aura : celle de la nouvelle génération du punk irlandais, rebelle, fière et impossible à faire taire.Rock en Seine, lui, n’a pas cédé. Le festival a choisi de maintenir Kneecap à l’affiche. Un geste fort, qui sonne comme un soutien non seulement à leur musique, mais aussi aux causes qu’ils portent, palestinienne et irlandaise en tête.

C’est dans ce climat chargé que le public se presse devant la scène du Bosquet. L’attrait du scandale joue son rôle : beaucoup sont venus « voir ce qu’il va se passer ». Mais d’autres sont là pour témoigner ouvertement leur soutien, drapeaux irlandais et palestiniens à la main, keffiyeh sur les épaules.

Dès 18h10, l’attente devient compacte, presque étouffante. On se faufile difficilement dans le crash, tandis que les voix s’élèvent déjà : « Free, Free Palestine! ». Le ton est donné, l’heure suivante appartiendra à l’Histoire.

18h25. 3CAG explose dans les enceintes. Dans le crash, c’est la cohue, les photographes se bousculent comme rarement pour cette scène. Avant même l’arrivée du groupe, des slogans apparaissent, traduits en français :
« Israël commet un génocide contre le peuple palestinien. Plus de 90 000 personnes ont été assassinées en 22 mois. Le gouvernement français est complice : il vend et facilite le commerce d’armes à l’armée israélienne. »

Puis le rituel commence. DJ Provaì arrive en premier, cagoule tricolore irlandaise vissée sur la tête. Mo Chara et Moglaì Bap suivent aussitôt, et la clameur monte d’un cran. Quelques sifflets surgissent : un petit groupe d’opposants tente de troubler le set. Rapidement, la sécurité les isole et les évacue. La tension est palpable, mais Kneecap ne plie pas. Au contraire, ils redoublent d’énergie et martèlent leur message. Pour eux, le constat est limpide :
« C’est plus facile de se concentrer sur un groupe de rap irlandais que sur le réel problème : un génocide est en train d’avoir lieu et tant que rien ne se sera fait, nous ne nous tairons pas. »

Mais ce concert, malgré son poids politique, reste avant tout une célébration. Moglaì Bap rappelle avec fierté que ce sont des Françaises qui ont offert à l’Irlande son drapeau tricolore. Parce que Kneecap, c’est aussi ça : une force révolutionnaire qui redonne souffle à une langue en danger. L’« Effet Kneecap » a relancé l’usage de l’irlandais, jadis menacé de disparition presque totale, et leur rap abrasif le propulse à nouveau sur les lèvres d’une génération entière.

Et cette joie, elle est là : dans leurs rires, leur complicité et l’énergie contagieuse de leurs morceaux. Le public scande leurs textes, mélange d’anglais et d’irlandais, repris à pleins poumons par une foule franco-irlandaise en communion totale. Mo Chara s’en amuse : « Il y a des Irlandais dans le public ? » — « Oui ! » — « Et des Bretons ? » Moglaì Bap s’émerveille du goût des escargots à l’ail, pendant que DJ Provaì, goguenard, lance un « Allez les Bleus ! » repris par la foule.

Côté setlist, on est servis. Une large part de Fine Art, leur dernier album, ponctuée en fin de concert par deux classiques absolus : H.O.O.D. et Guilty Conscience. Et pour conclure ? Leur tout dernier single, The Recap.
Réponse au dilemme originel donc : nous sommes restés jusqu’au bout, incapables de lâcher une seconde de ce qui restera comme un moment historique du festival. Parce qu’au-delà des polémiques et des slogans, une certitude demeure : le punk est d’abord une manière de vivre, de résister, de croire. Et nul mieux que les Nord-Irlandais ne peut en incarner la fierté, la rage et l’espoir.

 


Chappell Roan
crédits : Louis Comar

Hot ? Go ! Lorsque les portes de Rock en Seine s’ouvrent ce 20 août, la course pour obtenir le premier rang du concert de Chappell Roan est effrénée. La star américaine offrait ici sa seule date en France après une annulation d’un Bataclan moins d’un an plus tôt. De la petite salle parisienne à un parc de Saint Cloud plein à craquer, il n’y aurait donc qu’un pas. Sur le chemin, des décorations florales, la fameuse fontaine siglée des lettres du festival et la sensation d’un retour à la maison après un an d’absence. Où est passée l’année écoulée d’ailleurs ? Avant d’avoir le temps de se plonger dans les souvenirs des dernières saisons,  nous voilà propulsé.es dans un bain de lives 100% féminins où les belles surprises se succèdent pour mieux préparer le  la venue de la très attendue princesse du Midwest. Un moment grandiose, qu’on vous propose de décrytper ensemble.

Chappell Roan : Le sacre du papillon monarque 

Chappell Roan
crédits : Louis Comar

Oh… Chappell. On t’attendait. Depuis l’annulation de ton concert au Bataclan en septembre dernier, ton ascension a pris des allures de météore. Révélation de l’année aux Grammy, tu redessines les contours de la célébrité : tu reprends ton image, tu t’arroges le droit d’exister malgré les diktats de la notoriété, tu imposes ton souffle libre, tes tenues folles, ton droit d’aimer. Redoutée par quelques-uns, chérie par une multitude, tu offres à la pop un vent de fraîcheur qui n’est pas sans rappeler l’ouragan Gaga de 2009.

Mais l’heure n’est pas à la comparaison de deux femmes talentueuses. Gaga poursuit son règne, une couronne forgée depuis quinze ans, et toi, Chappell, tu t’élances enfin. Telle un papillon monarque sorti de sa chrysalide après presque dix ans de carrière, ton envol est fier, majestueux, et amplement mérité.

Chappell Roan
crédits : Louis Comar

Il est 21h45 quand la princesse du Midwest déploie ses ailes… enfin, 21h55, mais on ne lui en tiendra pas rigueur : le retard, ça arrive aux meilleur·es. Et puis, elle apparaît. La scène s’ouvre comme un livre de conte : en château de conte de fées, les écrans projettent un ciel étoilé, des galaxies, des pégases. Dans le public, un cri fuse : « C’est Disneyland, en fait ! » (ok, j’avoue c’était moi).

Le show s’ouvre sur « Super Graphic Ultra Modern Girl« . Le décor est planté. En costume inspiré de son papillon totémique, sceptre à la main, Chappell surgit telle la reine-mère d’une nuée de Belle-Dames prêtes à tout embraser. Ce soir, Chappell “The Giver“ Roan se donne tout entière et son public parisien lui rend la pareille. Surtout, que surprise de la cheffe ? Elle chante tous les morceaux de son excellent premier album The Rise and Fall of a Midwest Princess, en plus de ses tout aussi excellents « The Subway », « The Giver » et bien sûr, « Good Luck, Babe »!

Chappell Roan rock en seine
crédits : Louis Comar

Ce concert, c’est 1h30 de plaisir du début à la fin. Aucun creux, aucune latence. Tout est réglé à la minute près. On pourrait déplorer le manque de spontanéité auquel certains gros shows à l’américaine nous ont désormais habitué.es, mais parfois, d’en avoir plein la vue, ça fait du bien. Parfois, se laisser éblouir, se noyer dans la démesure, c’est nécessaire.

Chappell Roan
crédits : Louis Comar

L’art est connexion. Il entraîne, déstabilise, resserre les liens, et tourbillonne en nous. Il nous fait hurler, pleurer, danser et tout lâcher. C’est pour ça qu’on vient là, qu’on se retrouve sous la pluie, les chaussures boueuses et le bas du dos qui craque à force de se tordre dans tous les sens. C’est pour ça qu’on se regarde dans les yeux et on se découvre pousser des ailes qu’on ne pensait pas avoir. C’est ce que nous a offert Chappell ce soir. Enfin, ça et une reprise de “Barracuda“ de Heart.

Chappell Roan
crédits : Louis Comar

Ce moment d’extase s’achève sur “Pink Pony Club“ et là, on lâche tout : Pyrotechniques, paillettes, étoiles, quelques litres de sueur. Les yeux encore exorbités par tout ce qu’on vient de voir, on rit, on tremble, on brûle et on se dit : “J’en veux encore, encore, encore, encore !“ Merci Chappell.

Luvcat ouvre le bal  chappell roan

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Luvcat -Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis

Le bal des monstres s’ouvre à 17h, et c’est Luvcat qui donne le ton. La Liverpuldienne a déjà tout d’une grande : bercée par l’atmosphère feutrée des cabarets et des chapiteaux, elle entraîne le public dans ses ballades macabres, où se mêlent gothique et romantisme.

On l’avait déjà remarquée en octobre dernier, lorsqu’elle assurait la première partie de The Last Dinner Party. Preuve que le rock d’aujourd’hui commence enfin à se conjuguer au féminin. Accord de proximité ou de surnombre ? Cela reste à trancher.

Vêtue d’une robe blanche à volants, de collants résille et de talons, elle ensorcelle une foule qui connaît déjà ses textes par cœur. Le sommet de son set arrive avec Matador, son tout premier single, dévoilé début 2024.

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Luvcat -Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis

Suki Waterhouse : les fleurs de l’indie de pop chappell roan

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Suki Waterhouse – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis

Il n’aura pas fallu longtemps pour que Suki Waterhouse passe du conseil indie qu’on se transmet entre connaisseurs aux plus grandes scènes. En 2022, la londonienne publiait un premier album addictif : « I can’t let go ». Les fans de pop mélancolique s’y retrouvaient hanté.es par des notes qu’on ne pouvait laisser partir. Loin d’être une inconnue, la musicienne avait déjà fait ses preuves au cinéma. Impossible de ne pas souligner le plaisir de la retrouver aux crédits d’ « Orgueil et préjugés et zombies », après tout, on aime les zombies ici. C’est pourtant une atmosphère toute autre qui attend les festivaliers de la Grande Scène.

La chanteuse profite d’une belle esthétique 70’s. Une sorte de rêve guimauve, qui ferait de Penny Lane d’ « Almost Famous » la maîtresse de scène. Un beau retournement de situation pour qui connaîtrait le film, pas groupie, groupe vedette. Entourée de bulles géantes pastels et d’écrans aux filtres solaires, Suki Waterhouse est hypnotisante, renonçant aux petites cases dans lesquelles on enferme les artistes habituellement. L’indie pop, en cette appellation sublime, renferme la possibilité de varier les facettes et les plaisirs. Ainsi notre chanteuse pousse la voix autant qu’elle pose ses notes chaleureuses, se raconte avec douceur puis sur des rythmes endiablés. »OMG » est d’ailleurs l’occasion d’emporter la foule dans un tourbillon hors du temps et de l’espace. La voilà qui évoque sa présence à Londres et l’actualité musicale qui nous a fait vibrer tout l’été : la reformation d’Oasis. On la vit un peu avec elle ce soir alors qu’elle s’offre une cover du culte « Don’t look back in anger ». Tout le festival chante en coeur. Ici, on mettra nos vies dans les mains non pas de groupes de rock mais de reines de la pop. En commençant par Suki, jusqu’à son ultime titre : « Good Looking ».

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Suki Waterhouse – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis

Sofia Isella : the future is female (and Sofia) chappell roan

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Sofia Isella – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis

Nouvelle année, nouvelle scène. C’est donc sur la scène Horizon, la seule à tourner ce soir en dehors de la Grande Scène que l’on découvre la performance de Sofia Isella. Si premières scènes, la chanteuse s’est déjà fait une sacrée réputation via Tiktok. Un filon en or pour la découverte musicale, incontrôlable pour le milieu qui doit aujourd’hui compter dessus pour repérer ses talents. Couverte de boue, la musicienne féministe dévoile une vision artistique complète dès ses toutes premières notes sur le titre « Hot Gum ».

Seule face à la pluie, ses gestuels, sauvages, violentes, révoltées se vivent comme un cri militant pour l’autonomisation de la femme. Puissante, elle y prend les pleins pouvoirs osant les mélanges des genres. De sa pop hantée, aux accents gothiques, ressort l’âme de ce qu’Ethel Cain sait parfaitement évoquer. D’ailleurs ici et en aparté, le clash Ethel vs Lana déchire la rédaction. Dans le paysage Sofia, loin de la pop mélancolique, lui préfère les rythmiques endiablée, celles d’une guerrière et martèle à coup de batterie ses messages. « Tout le monde soutient les femmes jusqu’à ce qu’elle fasse mieux que vous » chante la musicienne sur le titre « Everybody supports woman » grand absent de la setlist ce soir. Elle fait pourtant bien mieux que la plupart de la scène actuelle que se soit sous nos yeux ou en studio. La pluie s’intensifie, nos émotion tout autant. « The Doll People » permet au set de s’offrir une montée en puissance redoutable. En bout de course, la musicienne s’offre un bain de foule et le vit comme un exutoire. Un tout dernier titre résonne alors comme une promesse qu’on ne pourra contredire : « I looked the future in the eyes, It’s Mine ».

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Sofia Isella – Rock en Seine 2025 – Crédit Photo @Pénélope Bonneau Rouis

Texte : Pénélope Bonneau Rouis et Julia Escudero


Playlist ete 2025 : découvrez notre sélection de 5 titres

Miles Kane : « Electric Flower », dans ta playlist d’été !

PLAYLIST ETE 2025Moitié sensuelle et profondément rock des excellents The Last Shadow Puppets, Miles Kane est aussi doué en solo qu’aux côtés de son comparse Alex Turner. La bête de show scénique (faites vous du bien, ne ratez pas son prochain concert près de chez vous) sera de retour dans les bacs le 17 octobre prochain. L’album intitulé « Sunlight in the shadows » promet d’être un concentré de glam-rock psychédélique. Féru de rock 60’s et 70’s, notre homme gère sa carrière d’une main de maître depuis 2004 ! Cette fois-ci c’est sous le soleil de Nashville que son nouvel album a été conçu. Il faut dire que le chanteur est l’un des rares rockeurs à composer des titres entrainants et plein de vie tout en leur injectant une véritable touche créatrice. « Electric Flower » a été composé dans une atmosphère festive, avec Dan Auerach à la production. Concrètement les rythmiques suaves peuplent ce morceau.  Injection en intraveineuse de bonne humeur, le single de 2 minutes 38 ne prend pas de détour et joue d’une efficacité redoutable. L’hymne des beaux jours, peuplé de quelques notes rétros et élégantes pour rendre l’été bien plus beau.

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Idles : « Rabbit run » (issu de la B.O de « Caught Stealing »), dans ta playlist d’été !

PLAYLIST ETE 2025C’est l’alliance dont on avait besoin sans le savoir, la réunion qu’il nous fallait sans jamais avoir osé la demander. Les génies d’Idles, maîtres incontestables du post-punk font leur grand retour au crédit de la bande originale du prochain film de Darren Aronofsky qui s’intitulera « Caught Stealing ».  D’après les premier éléments, le film sera une comédie mafieuse et mettra à son affiche Austin Butler. On en attend évidemment beaucoup du papa de « Black Swan » et « The Whale ». Et tout autant d’Idles après l’excellence bluffante de « Tangk », leur dernier album. Le réalisateur confiait vouloir doter son film d’une sensibilité punk et en faire une « montagne russe d’amusement ». Qui de mieux donc que la formation britannique pour habiller le récit ? Dans ce premier extrait de cette BO,  intitulé «Rabbit run », Idles joue sur les gammes du punk new-yorkais des années 90. Plus sombre qu’à l’accoutumé, les notes y sont tordues, puissantes, et rampent sous la peau plus vite que celles des titres de leur opus « Crawler ». Idles s’y révèle hypnotisant et dévoile sa puissance brutale et ses combinaisons métalliques coup après coup. Immanquable en attendant le nouvel album qu’ils ont déjà commencé à enregistrer !

IDLES - Rabbit Run (Official Lyric Video) playlist ete

Chappell Roan : « The Subway », dans ta playlist d’été !

PLAYLIST ETE 2025 Que de hits pour Chappell Roan ! La musicienne débarquait en 2023 avec un premier opus « The Rise and fall of a midwestern princess » et elle se plaçait directement en tête de toutes les charts en quelques battements de cils. Il faut avouer que son style bien à elle, sa façon de créer de la pop évidente, avait tout pour la placer au rang de super star dès ses débuts. Un peu à la façon d’une Lady Gaga, devenue idole en un seul titre pour à tout jamais rester l’une des plus grandes reines de la musique actuelle. Chappell Roan, elle n’avait sorti que deux singles depuis la sortie de son album : « Good luck babe » et « The Giver ». L’attente avait donc été longue !  « the Subway » est une balade aux envolées lyriques qui va crascendo. Elle joue clairement sur les gammes musicales de la mélancolie et pour cause : il y est question de rupture. Les bridges en demie-teinte font écho aux refrains plus dansants qui savent toujours monter en puissance. La chanteuse y confie attendre le jour où son ex deviendra enfin « une fille parmi tant d’autres dans le métro ». Titre plus classique dans sa discographie que ne pouvaient l’être les réussis « Pink Pony Club » et « Hot to Go », le morceau s’aventure du côté d’une façon très américaine de traiter la rupture dans la mélodie pop. Une composition qui met la puissance de la voix en avant tout en personnifiant le sentiment par des ascensions musicales. Ce single avait déjà été dévoilé il y a plus d’un an au Governor’s Ball et avait été interprété depuis à plusieurs reprises en festival. En attendant que la France ne puisse le découvrir en live à Rock en Seine pour une date unique, les fans pourront se délecter d’un nouveau clip, une rareté pour la chanteuse. Quoiqu’il en soit, le métro new-yorkais fait arrêt cet été à la station des coeurs brisés pour y chanter à plein poumon avec Queen Chappell.

Chappell Roan - The Subway (Official Music Video) playlist ete

The Last Dinner Party : « This is the killer speaking », dans ta playlist d’été !

PLAYLIST ETE 2025L’ascension de The Last Dinner Party a été vertigineuse. Le groupe de rock féminin s’est propulsé en tête des Charts avec un premier et il faut leur admettre très bon album « Prelude to ectasy » publié en 2024. Un single « Nothing Matters » au refrain franchement bien écrit avait suffit pour créer la hype, avant même que le reste ne soit dévoilé. On passera donc sur les mauvaises langues criant au produit fabriqué pour se concentrer sur une vérité inébranlable, The Last Dinner Party gère ses compositions autant que sa présence scénique. Le tour des festival d’été en France, dont un récent Lolapalooza faisant preuve. C’est le 17 octobre (une bien belle date en matière de sorties) que sera dévoilé le nouvel opus des musiciennes  dans son intégralité: « From the Pyre ». A quoi va donc ressembler ce deuxième jet arrivé si vite ? « This is the killer speaking » donne un début de réponse. The Last Dinner Party y sont gourmandes puisque le titre dure 4 minutes 54, soit beaucoup plus que les 15 secondes que voudrait nous imposer Tiktok. Côté sonorité, il est est, comme d’accoutumé, très théâtrale et s’offre à mesure qu’il avance une énorme montée en puissance. L’ombre de Queen pourrait certainement planer sur ce morceau hanté. Il semble d’ailleurs,  chercher à ensorceler sur ses couplets alors que le refrain franchement entrainant, respire la bonne humeur. Avec ce single visuel au piano digne d’un bon cabaret, The Last Dinner Party sublime son esprit rock et réaffirme son style à part. A ajouter à sa playlist idéale de l’été donc.

The Last Dinner Party - This is the Killer Speaking (Official Video) playlis ete

Big Thief : « Incomprehensible », dans ta playlist d’été !

PLAYLIST ETE 2025 Le 5 septembre sera un grand jour puisque Big Thief dévoilera le très attendu successeur de « Dragon New Warm Montain I Believe in you ». La formation, devenue trio, n’a jamais vraiment pris de pause mais a consacré ces dernières années à la création d’albums solos. En plus de prendre un moment pour assister le roi de la folk, Tucker Zimmerman dans la création d’un opus qui respire pleinement l’amour. Big Thief est bien plus qu’un groupe au sens stricte du terme. Comme nous l’expliquait Buck Meek, ils évoluent au sein d’une immense communauté artistique dont Big Thief ne serait qu’un simple élément. C’est cette communauté qui habite leurs titres folk rock qui touchent à la country, elle les inspire, les élève. Pour ce nouvel album intitulé « Double Infinity » et son étrange pochette à citron vert, le groupe s’est entouré d’un grand nombre de musiciens connus pour leurs recherches sonores. Ce qui parait très cohérent quand on connait bien le groupe d’Adrianne Lenker qui aimé à constamment développer sa créativité (le plus souvent possible au contact de l’humain et de la nature). La musicienne à la voix de velours et son acolyte Buck Meek sont par ailleurs tous deux amoureux, peut-être est-ce là qu’il faudra trouver cet infinie X 2 aussi puissant que la lettre d’amour qu’était « Bright Future » le dernier album solo de la chanteuse. Deux extraits sont déjà disponibles et on vous recommande chaudement l’écoute d’«Incomprehensible », longue tirade bien menée, exempt de toute structure classique. Cette balade solaire, pleine d’une umière tamisée propre au groupe, saura se frayer une place dans vos coeurs et esprits et même y créer une pointe de nostalgie. On a eu la chance de pouvoir écouter en avance l’intégralité de l’album et on a hâte de pouvoir vous raconter ce moment qui privilégie l’indie folk. On nne manquera pas de mettre en avant les titres marquants de cette pépites dont le petit frère musical de « Litlle Things », second titre de ce joli nouvel essai. En attendant, reste à écouter ces deux premiers extraits, en appuyant sur repeat à l’infini (deux fois).

Big Thief - Incomprehensible (Official Lyric Video) playlist ete

We were liars, ou Nous les menteurs en VF est la nouvelle série teen qui fait sensation sur Amazon Prime. Le show inspiré du livre de E. Lockhart s’est offert une très belle campagne marketing et profite en plus à l’écriture de la présence de Julie Plec (Vampire Diaries, Scream) et de Carina Adly Mackenzie (The Originals , Roswell New-Mexico). Autant de promesses d’un moment taillé pour la télévision, de dialogues verbeux qui ne pourraient être pensés par des adolescents de 15 ans, de tensions dramatiques…. Et pourtant, même si on y retrouve autant les qualités que les défauts des shows qui ont valu le succès à ses deux créatrice, la série est un voyage doux-amer dans lequel il est aisé de se laisser prendre. Mieux que ça, ce thriller dramatique réussi ses paris et plongera le spectateur dans un long moment d’empathie et de questionnements. Forcément, on en redemande ! Critique et infos sur une potentielle saison 2 en fin de papier.

we were liars cadence sinclairWe were liars de quoi ça parle ?

La riche famille Sinclair, apparemment parfaite, passe chaque été sur son île privée au large des côtes du Massachusetts. Mais cette année, quelque chose va se produire pour Cadence, 15 ans.

We were liars est-ce que c’est bien ?

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les menteurs au complet

We were Liars pourrait de prime abord sonner comme un bon vieux plaisir coupable. Toutes les cartes sont là : la rivalité dans la sororité des trois mères qui composent la famille presque royale des Sinclair, l’amour naissant l’été, l’île paradisiaque, le groupe d’amis tous plus beaux les uns que les autres, les têtes blondes … Et pourtant, la série a bien plus à offrir qu’une suite de clichés déjà vus.  Notamment parce qu’en arrière plan d’une famille hautement privilégiée se cache un drame qui pourrait résonner dans bien plus de coeurs que prévu d’entrée de jeu. La série suit donc Cadence (Emily Alyn Lind), première-née des petits-enfants Sinclair. Narratrice  peu fiable, la jeune-fille que l’on avait déjà vu dans la suite du déjanté The Baby-sitter, tente à tout prix de se remémorer les souvenirs de l’été passé suite à un drame qu’elle ne peut identifier. Un été semé comme toujours de traditions familiales, toutes sous forme de compétitions plus ou moins malsaines mais perçues par la famille comme ce qui régit la normalité de leurs vies. Chez les Sinclair, l’amour se gagne et est constamment remis en question. Du moins celui du patriarche qui tient aussi les cordes du porte-feuille, Harris (David Morse). Sauf que tous les amours ne se gagnent pas et voilà que cet été là, Gat (Shubham Maheshwari) , neveux du compagnon de l’une des trois soeurs, ami fidèle depuis l’enfance du groupe de trois cousins auto-baptisé les « Liars », a bien changé. L’entrée dans l’adolescence fait donc basculer le coeur de Cadence. Et cet amour naissant, avec un membre de la classe moyenne, d’origine indienne, va bousculer tous ses codes, forçant nos petits menteurs à repenser doucement mais sûrement leurs privilèges, à s’interroger sur le racisme ambiant dans lequel ils existent. Et pour étayer le show, de nombreux secret viennent s’ajouter à l’affaire. Tromperies, divorce houleux, héritage parti en fumée, évènement grave et violent, rapports douloureux mères-filles … les rebondissements ne manquent pas pour étayer le spectacle.

We were liars : un énième teen show ?

we were liars gat mirren johnnyIl y a quelque chose de souvent malhonnête à la critique du teen show. Vu comme un sous-genre sans intérêt, le critique intègre devra toujours en dire le plus grand mal, le critique qui veut du click, lui, se contentera de jouer sur des pseudos-révélations sur les histoires d’amour. Pourtant il y a un véritable plaisir à regarder ces spectacles reflets d’une adolescence qui n’existe pas et n’a jamais existé, d’y trouver des problématiques vraiment intenses sur fond de premières romances. Et ici, le spectacle est loin d’être évidemment exempt de défauts mais il regorge aussi de qualités. La première étant que la trame de fond, que s’est-il passé l’été 16 à un petit quelque chose de la saison 1 d’How to get away with murder ? ou de la première saison d’Elite. Et si le schéma est déjà vu, il accroche toujours à condition qu’on se prête au jeu. Aussi le show sait créer des personnages attachants au moins pour les deux cousins Johnny (Joseph Zada) et Mirren (Esther Rose McGregor) et  amene le spectateur à se prendre pour un Sinclair le temps d’un été qu’on semble vivre ensemble. C’est aussi à ça que servent les teen dramas. Quelque part en parallèle de la réalité dure, froide, parfois cruelle de l’adolescence, on vit à travers des personnages imaginaires un quotidien exaltent, qui constitue à l’âge adulte un souvenir chéri.

We were liars : dans l’ombre de Dawson

we were liars bess sinclairIl faudra tout de même faire preuve d’un semblant de lucidité dans cette chronique, néanmoins plutôt très agréablement surprise par la série Amazon Prime du moment. Nous les menteurs, en français est l’oeuvre de Julie Plec et de Carina Adly Mackenzie. Nous le disions, on doit au tandem, des shows comme Vampire Diaries, The Originals, Roswell New-Mexico (la nouvelle génération). A l’origine il y avait Dawson et ce show était écrite par un certain Kevin Williamson. Il était aussi l’auteur de Scream, puis de Vampire Diaries sur lesquels travaillerait Julie Plec. Le rapport ? Evident et détonnant quand on se penche sur toute l’écriture des dialogues. Dans chaque film ou show cité si dessus, les adolescents se parlent comme de grands littéraires, cherchant toujours l’occasion de monologuer des heures de façon si verbeuse, que ça en devient comique. Aucun adulte ne parle comme ça dans la vie quotidienne, les adolescents encore moins ! Autre trait commun : le constant besoin de s’exploser ses quatre vérités en continue dans les liens familiaux. On se fait se psychanalyser en cherchant à se faire le plus mal possible en continue, tout le temps. Damon et Stephane vs Bess, Penny et Carrie, même combats. Les soeurs se balancent des horreurs et continuent de sourire comme les frères vampires. Le conflit familiale obsède nos scénaristes jusqu’à l’indigestion. On retrouve en plus au casting Candice Accola (Caroline de Vampire Diaries et de The Originals) autant dire qu’on était prévenu.es ! Pour autant si cet aspect, un brin ridicule vous amuse (c’est notre cas), le visionnage de cette saison devrait se faire en un rien de temps avec un véritable plaisir, qu’il ne faudra jamais rendre coupable. On vous invite à bien tenir jusqu’à la fin. Le retournement de situation bien amené promet une relecture de la série et soyons honnête son petit saut de larmes. Pas besoin de mentir au moins sur ce sujet.

We were liars : et une saison 2 alors ? (SPOILERS DANS CETTE PARTIE)

we were liars nous les meteursAttention si vous n’avez pas fini la saison 1, il faudra arrêter votre lecture maintenant puisque pour parler d’une suite, il faut évidemment parler de la fin … allons-y !

On spoile maintenant ! Gat et les cousins Sinclair ont donc tous péri dans le terrible incendie qui a ravagé la maison familiale ! Un feu lancé par Cadence (seule survivante) et les menteurs dans l’espoir de purifier les tensions familiales et de mettre un terme à leurs nombreux privilèges. Déjà c’était une idée de merde, il faut le dire et en plus le message passé reste très discutable. Ca fait un peu fable d’un autre temps : attention jeunes-gens si vous remettez en question les privilèges et les richesses détenues par une famille très blanche vous risquez la mort ! On repassera en terme de conviction sociale et d’appel à se révolter pour un monde meilleur. A partir de là, le roman de E. Lockhart n’a pas de suite. L’histoire s’arrête là. Mais, les producteurs et scénaristes du show, eux, envisagent une suite. Les pistes abordées? Elles tiennent dans la toute dernière scène, celle entre Carrie et son fils Johnny, qui laisse sous-entendre que les menteurs sont maintenant des fantômes, coincés sur l’île. D’autres éléments, notamment une discussion entre Beth et Carrie laisse entrevoir ce qui pourrait arriver dans le suite. On pourrait ainsi reprendre la trame du livre Family of Liars et cette fois suivre le 16ème été des mères, alors adolescentes sur l’île qui lui aussi renferme son lot de secrets. De son côté Julie Plec tease d’autres évènements : « Après le final de la saison 1, et le choix de Cadence de refuser l’héritage de sa familleelle doit maintenant affronter le monde extérieur et vivre avec sa culpabilité et les conséquences du rôle qu’elle a joué dans la tragédie familiale. Ce sera un long parcours pour elle. Et j’ai hâte de pouvoir en dire plus à ce sujet dans les saisons à venir »  Reste à attendre l’avis d’Amazon Prime sur une potentielle saison 2. Et à se demander si cette dernière saurait enrichir l’univers ou au contraire le perdre en le faisant trop trainer en longueur.

We Were Liars - Official Trailer | Prime Video