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Julia Escudero

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Depuis qu’il a sorti son titre à succès «Halcyon Birds », Jérôme Fagnet , plus connu sous le nom de Broken Back enchaîne les succès. C’est à l’occasion de la deuxième soirée des Nuits Claires de Marie-Claire au Yoyo de Paris, et dans la loge qu’avait occupé Peter Doherty la veille, que le musicien à accepté de répondre à nos questions. Il nous confit ses rêves, parle de l’enfant qui rêvait d’être adulte qu’il était, mais aussi de l’adulte qui rêve d’être à nouveau un enfant qu’il est aujourd’hui et en profite pour parler musique et buisiness de son œil d’expert. Rencontre avec un artiste à la dualité forte.

Tu as été nommé dans la catégorie Victoires de la performance scénique de l’année, ça ressemble à quoi un live de Broken Back ?

 J’ai invité deux musiciens à monter sur scène avec moi. Sam à la batterie et Akemi à la basse, guitare, synthé, chant. Donc un live de Broken Back, c’est trois personnes sur scène pour s’occuper des arrangements que je faisais à la base seul quand j’enregistrais à Saint Malo.

 Tu as fait un paquet de concerts dernièrement…

 Une centaine de dates à peu près, et il y en a à peu près une centaine d’autres de prévus avec l’album.

 Comment tu appréhendes le live maintenant ? Est-ce que tu te sens plus à l’aise ?

 J’ai toujours abordé le live avec cette excitation, un challenge pour moi de passer de ce confinement virtuel où tout a commencé avec des vues, des likes, du streaming à quelque chose de beaucoup plus tangible, fort, humainement parlant. Mais j’ai toujours eu cette envie du live. Je sens une évolution entre le premier concert et le concert d’hier (NDLR : à Saint Malo, à La Nouvelle Vague), je sens qu’il y a une progression, que j’ai encore des choses à apprendre et je souhaite continuer à chaque fois à apprendre de nouvelles choses.

 

 Quel rôle a joué Internet au début de ta carrière ?

 En fait ça a commencé avec mes premières démos que j’ai posté sur Internet, que j’avais écrites et enregistrées dans mon petit studio à Saint Malo. Au tout début, il n’y avait quasiment pas de vue sur les vidéos et puis à partir d’un moment les gens ont commencé à les partager, à se les approprier. Ça a commencé à monter…

 C’est monté d’un coup ? Il y a eu quelque chose en particulier qui a fait que ça a eu du succès ?

 Le déclic a eu lieu sur SoundCloud un jour. J’étais en révision de partiels à Lille, car j’étais en cours là-bas, et j’ai vu que c’est passé de 5 vues par jour à 1500 puis le lendemain de 1500 à 2000, etc… ça a commencé à monter et ça venait en fait de la Côte Ouest des États Unis et du Canada en premier, puis après ça s’est étendu au reste du monde.

Tu faisais quoi comme études à Lille ?

 J’étais en école de commerce, je faisais un Master en entrepreneuriat. J’avais deux start-ups. Une que j’avais monté quatre ans avant que tout commence, qui était une agence de communication et une autre, De Rigueur, qui est une marque de maroquinerie.

 Ce sont des activités que tu as réussi à maintenir ?

 En fait j’ai monté une troisième structure, mon label, Broken Back Inc. De Rigueur, je suis toujours actionnaire, très minoritaire. J’ai fermé ma toute première entreprise, l’agence web. Je me concentre pleinement à être sur la route, les concerts, l’écriture, la musique…

 Ça sert d’avoir cette expérience-là ? Concrètement, le business ça sert dans la musique ?

 Oui beaucoup. Dans le sens où je retrouve une grosse part d’entrepreneuriat dans la manière dont on  démarre une carrière musicale sur le web aujourd’hui, comment on écrit, comment on la produit. Et donc mon background scolaire me sert beaucoup à appréhender ça sereinement et à me focaliser sur la partie artistique, car l’autre partie, la partie gestion de projet j’ai eu une formation pour ça.

 C’est quelque chose dont on parle peu, le coté business dans l’art, mais il y a quoi comme éléments qui se retrouvent dans l’un comme dans l’autre ?

 En fait à partir du moment où tu es producteur d’une œuvre, tu es obligé d’être une structure, tu ne peux pas être une personne physique. Tous les revenus liés à la composition d’une œuvre vont à une personne physique, donc Jérôme Fagnet. Producteur ça doit être une structure et compositeur également. Si tu composes ta musique tu n’as pas besoin de monter une boite mais si tu composes, enregistres et détiens les masters de ta musique tu as besoin de monter une boite. Du coup monter une structure, ça veut dire rédiger les statuts, gérer tout l’administratif, faire des demandes de subventions, faire en sorte qu’administrativement tout soit en place au niveau de ta boite pour quand tu sors ton album. Car quand tu dois faire des déclarations de cachets, il y a une grosse part admin. Il y a une part marketing, quand je sors tel morceau, est ce que je sors avec une vidéo avec, gérer les réseaux sociaux qui est quelque chose qu’on retrouve dans l’entrepreneuriat. Une partie finances forcément… Un label par définition est une entreprise. Et dans la musique en indé on retrouve des choses similaires même si c’est à plus petit niveau. C’est en ça que ma formation m’a servi, en ayant assez de connaissances pour appréhender tout ça facilement et plus me concentrer sur la partie artistique.

Repartons sur quelque chose de plus artistique. Du coup, toi c’est une blessure qui est à l’origine du projet, dans quel état d’esprit étais tu quand ça a commencé ? Qu’est ce qui a fait que tu t’es dit « tiens je vais commencer à écrire et faire de la musique » ?

 Je me suis bloqué le dos pendant mes études. Pendant huit mois, j’avais le bassin déplacé et je ne pouvais plus bouger, j’ai eu une longue période de convalescence. Ça a vraiment été la musique mon exutoire, j’avais fini, à force, par abandonner l’idée de guérir. La manière de m’en sortir, ça aura vraiment été d’écrire et de composer de la musique. Avant, je faisais du tuba, donc c’était vraiment beaucoup plus compliqué avec les problèmes de dos (rires). Donc j’ai pris une guitare et j’ai commencé à apprendre la guitare, ensuite j’ai eu envie de chanter, puis ensuite de composer, et ensuite d’enregistrer les compositions que je chantais et jouais. Une fois que j’ai eu mes premières maquettes, je me suis dit pourquoi pas les poster, et tout a commencé vraiment comme ça, par cette volonté de m’échapper …

 Le premier extrait de ton premier EP se nommait « The Happiest Man in the World », pourquoi ce titre ?

C’est une chanson qui pose la question «  Qui est l’homme le plus heureux du monde ? » et j’ai tenté d’en dégager un texte qui laisserait plusieurs interprétations, c’est un texte assez ouvert. Le clip fournit une explication, qui pour moi est la vision du bonheur, enfin celle qu’on peut chercher à atteindre. Dans ce clip, on peut voir un personnage, cheveux au vent, un grand enfant qui roule le long d’une piste de décollage qui symbolise la vie, il est à bord d’un tricycle qu’on peut rattacher à l’enfance, son éducation, ses valeurs. Donc il est accroché à son tricycle comme il serait rattaché à ses valeurs, il parcourt la vie et il est confronté à plusieurs scénettes rattachées aux sept pêchés capitaux et on se demande comment il va réagir par rapport à ça. Goûter au bonheur, c’est traverser la vie, tout en étant accroché à ses valeurs, à ses proches, qui sont pour moi le ciment du bonheur…

 Une autre de tes chansons parle des sept pêchés capitaux, est ce que c’est une problématique qui te parle ?

 C’est plus un emprunt. L’autre chanson qui en parle c’est « Got to go » et « Better Run », et c’est une fable et ce n’est pas du tout autobiographique. C’est une fable, se voulant humoristique, racontant l’histoire d’un bon samaritain des temps modernes, tout gentil, etc… Mais qui rêve de devenir un bad boy ! Qui a ce grain de folie en lui mais qui n’arrive pas à l’exprimer, personne ne le croit, donc il décide d’aller jusqu’en Enfer, de passer un pacte avec le Diable et dans « Better Run », il remonte des Enfers et il se rend compte que ça n’a pas du tout marché et qu’il est toujours aussi gentil. C’est une histoire qui est plus burlesque, elle aborde une thématique qui me permet de parler de ce grain de folie qu’on a en nous, ce « Kids go first », ce grain de folie qu’on a en nous et dont on a qu’une envie, le faire sortir…

 Et toi l’enfant en toi, de quoi avait-il envie ?

 Il ne rêvait pas du tout d’être chanteur, ça je n’y aurais jamais cru, même si on m’avait dit il y a quatre ans que je serais là avec vous à parler, je ne l’aurais pas cru du tout! Moi, depuis tout jeune, ce qui me plaisait c’était de monter des projets, l’entrepreneuriat m’a toujours intéressé. Je continue de m’éclater là-dedans, au travers de la musique et de vivre ce métier fou qu’est ce métier de chanteur et qui avec mes yeux d’enfant était un métier un peu rêvé comme astronaute. Je n’ai jamais osé imaginer que ça pourrait être vrai un jour…

 C’est marrant ce décalage, parce que tu parles de garder l’enfant qui est en soi, mais l’enfant que tu étais, il est plutôt rationnel…

 C’est une thématique que j’aborde aussi dans « Young Souls » qui parle de ce paradoxe pendant l’enfance entre la volonté quand on a plus jeune de devenir adulte. J’avais la volonté de grandir, j’étais super fier quand on me disait « Monsieur » et je voulais avoir des responsabilités. Alors que maintenant je rêve de regouter, ne serait-ce qu’une seconde, à l’époque de mes douze ans ou pour moi le bonheur sur Terre c’était de manger mon goûter après une partie de foot avec mes potes. En fait, c’est ce qu’on a de plus précieux. Le glissement entre ces deux états c’est vraiment la perte de l’insouciance, c’est quelque chose qu’on n’a pas vraiment conscience d’avoir quand on est plus jeune, c’est quelque chose qu’on a conscience d’avoir perdu quand on est plus âgé. C’est de cette petite part d’insouciance que je parle dans de nombreux titres dont « Young Souls ». Mais oui, j’ai toujours été partagé entre cet enfant qui voulait devenir adulte et cet adulte qui veut garder l’enfant qui était là.

 Tu traites de beaucoup d’histoires différentes dans tes chansons. Est-ce que tu dirais qu’il y a une trame globale dans tes chansons ou chaque chose doit-elle être prise séparément ?

 Je pense que le liant dans l’album, celui qui m’a permis de choisir le nom de celui-ci, qui est éponyme, et qui est Broken Back, c’est que c’est l’état d’esprit dans lequel j’ai composé chacune des chansons. Pas forcément les thématiques abordés dans les chansons mais l’état d’esprit dans lesquels elles ont été créés. Le liant se trouve plus au niveau musical qu’au niveau des textes. Cet état d’esprit est un peu aigre doux, ce qui donne pas mal de chansons avec un ton assez nostalgique.

« Je rêverais de pouvoir faire une collaboration électro avec Petit Biscuit » 

Tu as dit à plusieurs reprises dans des interviews que la folk était une histoire, est ce qu’il y a des morceaux qui toi, dans ton histoire, t’ont beaucoup parlé ?

 « Skinny Love » m’a beaucoup parlé et a été assez inspirant dans sa manière dont il a été écrit. Pendant longtemps je n’ai pas compris ce que ce morceau voulait dire, et ce que j’aime beaucoup, c’est que ce texte a été écrit avec la volonté de la part de l’auteur d’avoir une clef d’interprétation. Et tant qu’il ne la donne pas, chacun a sa propre idée d’interprétation et on se retrouve avec 5-6 idées de ce qu’elle veut dire. Au final, ce n’est pas ce qui compte. L’auteur sait pourquoi il l’a écrit, connaît l’interprétation originale, ça ne veut pas dire qu’il y en a qu’une seule. C’est ce que j’ai essayé de faire dans pas mal de chansons, j’essaie toujours de faire un texte qui soit à la fois fermé avec une clef d’interprétation mais qui soit aussi ouvert afin que les gens puissent se l’approprier et que la chanson puisse les servir et devenir une petite partie d’eux.

 Tu parlais de rêveries, d’ambition. Tu as dit que tu rêvais de faire l’Olympia. Ça va se faire. Quel effet ça te fait ? Et quels rêves te reste-t-il encore aujourd’hui ?

 Je dirais que c’est plus des lieux. Les Vieilles Charrues, je rêve de faire les Vieilles Charrues. L’Olympia évidemment. Mon premier rêve c’était de faire La Nouvelle Vague à Saint Malo, on l’a fait il y a un an et demi, on l’a refait hier. C’était tout un symbole pour moi. L’Olympia, c’est en train de se faire, c’est un nouveau rêve qui est en train de se vivre et dont j’essaie de savourer chaque moment. Après mes prochains rêves… C’est plutôt des collaborations… Je rêverais de pouvoir faire un titre avec LP, de faire une chanson avec elle. Ou de faire une collaboration plutôt électro avec Petit Biscuit. C’est plutôt des rencontres mes rêves maintenant plutôt que des lieux, car d’expérience maintenant, je me suis rendu compte que les plus beaux moments les plus beaux concerts ne sont généralement pas dans les lieux les plus symboliques mais on a parfois des super surprises dans des toutes petites salles avec 50 personnes et ou on passe de super moments. Évidemment, j’ai hâte de l’Olympia, hâte de profiter de la soirée, tout comme j’avais hâte hier de jouer à Saint Malo parce qu’on était à la maison. Mais je sais aussi qu’on va vivre de super soirées, de super concerts avec mes musiciens sur la route, dans des endroits auxquels on ne s’attendait pas…

 Il nous reste une dernière question : Quel morceau représente le plus ce que tu vis en ce moment ? Un morceau de toi, un morceau de quelqu’un d’autre… Tu va jouer dans un festival avec de gros noms, tu as pleins de dates de prévu, quel morceau représente le plus ce que tu vis en ce moment ?

 Je ressens beaucoup de choses c’est dur… (Rires). Je dirais vraiment le diptyque dans mon album de « Got to go » et « Better Run », ce qu’on disait sur cette petite part de folie qu’on a en nous. J’ai vraiment envie de prendre beaucoup de recul sur ce qui se passe parce que je suis vraiment en train de vivre un rêve et je n’ai pas envie de passer à côté parce que j’étais trop focus. Je savoure pleinement tout ce qui se passe et c’est vraiment l’état d’esprit du personnage qui se rend compte qu’il a vraiment envie de laisser sortir cette petite part de folie qu’il a en lui. C’est ce qui symbolise le mieux : sortir son petit grain de folie !

 

 

(Re) découvrez également notre reportage du premier soir des Nuits Claires de Marie-Claire avec Pete Doherty en tête d’affiche.

 

Lundi 27 mars, Linkin Park faisait une surprise de taille à ses fans. Le groupe débarquait en effet dans la toute petite salle du 118, située dans les locaux de leur maison de disque Warner, pour répondre aux questions de leurs admirateurs et des présentateurs Virgin Radio.

C’est sous une lumière brûlante que deux membres emblématiques de la formation Mike Shinoda et Chester Bennington étaient présents. Des spots un peu chauds si l’on en croit les chanteurs. « On pourrait faire cuire un œuf sur ma tête et les micros sont brûlants » s’est amusé à raconter Chester.

Au programme, une ambiance conviviale et proche de la petite foule ainsi qu’un showcase piano voix de 4 chansons.

Le public a ainsi pu se délecter de « Heavy», «Battle symphony» puis des classiques « What I’ve done » et « Burning down ».

Un beau moment presque contrarié par un Chester blagueur qui s’étonnait d’avoir constamment sa “braguette ouverte” ces derniers temps. Sa crédibilité en prend un coup… ou pas, dès que le chanteur se place derrière un micro pour balancer quelques notes, tout le monde est immédiatement happé, fasciné. La voix puissante du musicien est sans comparaison possible l’une des plus belles du rock actuelle. Aussi juste et puissant en live qu’en album, sublimé par le piano de Mike, le chanteur est suivi par les chuchotements d’une foule qui refuse de monter le ton.

Le tout séparé par des interludes de questions/ Réponses tout à fait passionnantes. Côté public les fans de la première heure avaient fait des kilomètres pour vivre ce moment privilégié.

De part et d’autre, certains racontaient venir de Bordeaux ou encore Toulouse alors que d’autres ironisaient “Je viens du 16ème pour ma part.”

Toujours est-il qu’une ambiance particulière régnait dans la pièce. Celle que l’on retrouve lorsqu’une équipe de fans dévouée s’est donnée rendez-vous. Impossible ou presque pour les présentateurs d’apprendre des informations nouvelle à notre assistance tant tous semblaient connaître les faits et gestes de Mike et Chester par cœur. Ainsi lorsque le présentateur Virgin aidé de sa fidèle assistante s’amuse à lancer un jeu entre les compères qui aidés de panneaux doivent dire qui de l’un ou de l’autre est meilleur à telle ou telle activité, la foule répond avec eux.

Impossible vous dites ? Impossible n’est pas Linkin Park puisque les deux musiciens avaient pris le parti de révéler un maximum de nouveautés à leurs fans. Ainsi a-t-on appris que Mike Shinoda s’est déguisé en Teen Wolf lors de l’une de ses soirées qu’il organise chaque année pour Halloween ou qu’il était Bob l’éponge pour son enterrement de vie de garçon. De son côté Chester a confié avoir pleuré comme un bébé devant le film « Logan » racontant avec humour que durant la projection se trouvait à ses côté un pure gangsta américain tatoué accompagné de sa copine … et que lui aussi a fini la séance en larmes.

On apprend également que c’est Chester qui cuisine le mieux, ajoutant qu’il est un “véritable chef” enfin on apprend… voilà une chose que les fans au vue de leurs cries semblent bien savoir tout comme le fait que c’est Chester qui a le plus fait la fête dans sa jeunesse “J’ai assez fait la fête pour chacun d’entre vous” ajoute-il.

Mais c’était aussi l’occasion pour eux de parler du nouvel opus « One more light ».

Parmi les informations à retenir, on apprenait que l’album était baptisé comme l’une de ses chansons pour la toute première fois et que son message principal est le suivant  “Si tout va mal et que tu es au plus bas, reprends toi et bats toi.” L’opus qui a été composé dès que Chester s’est remis de sa blessure au pied qui a « ruiné ma vie! ». L’album en tant que tel parle de la perte, le groupe ayant perdu une amie de longue date travaillant dans leur maison de disque des suites d’un cancer. Voilà pourquoi l’album s’interroge “Est-ce important si une lumière s’éteint au milieu de toutes ces étoiles ?”A cela, Linkin Park répond ” Ça m’importe.”  “Il n’y a rien de plus inspirant que les moments difficiles” explique Chester. Et cet album a été composé autours de difficultés: des pertes, des décès, les séquelles d’une immobilisation. 

 

Mais la nouvelle direction pop, clairement audible lors de cette session acoustique risque-t-elle de desservir le groupe et de « ruiner son héritage ? » C’est Chester qui s’est chargé de rassurer l’assemblée. Il raconte comment sur Internet il découvrait ce commentaire un peu particulier mais qui peut parler à certains férus du groupe. « Celui qui avait écrit ça avait 14 ans. « Meteora » a 14 ans, notre premier album « Hybrid theory » est sorti il y a au moins 15 ans, comment quelqu’un de plus jeune que notre premier album peut-il parler de notre héritage ? » ironise-t-il.

C’est sur une séance de dédicaces, de selfies et de quelques pleurs de joies que s’est achevée cette heure incroyablement dense.

Vivement le 19 mai 2019 qu’on puisse écouter l’intégralité de cette pépite dont les légendaires rockeurs ont le secret !

 

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Ici, on aime le cinéma de genre, d’ailleurs on aime le cinéma tout court et tout les genres. Pourquoi le préciser? Parce qu’en fouillant la toile pour en savoir plus sur ce fameux « Grave », j’ai pu voir moults avis de chroniqueurs détestant le genre ou même, allez hop, n’ayons pas peur des mots, le cinéma d’horreur.

L’autre raison qui fait que j’évoquerai brièvement cet amour pour ce cinéma particulier est que, « Grave » a été visionné sous le prisme de l’impatience et de la bienveillance. L’ayant raté à Géradmer, c’est bien le premier jour de sa sortie en salles obscures que votre rédactrice s’est jetée dans la salle.

Naïve et pensant encore qu’en France nous pouvions avoir de la curiosité pour un cinéma à part, j’imaginais déjà une salle comble pour cette séance. Et puis bon, c’était bien le cas lors de mon second visionnage de l’excellent « Split » qu’il faut absolument aller voir si ce n’est déjà fait.

« Grave » raconte donc les déboires de Justine (Garance Marillier), jeune surdouée et végétarienne convaincue qui entre en école de vétérinaire. La même que ses parents ont fait et celle dans laquelle elle retrouve sa sœur aînée, Alexia (Ella Rumpf) déjà bien intégrée. Bizutée, Justine est forcée de manger pour la première fois un morceau de viande (un rein de lapin cru qui plus est). Cet incident réveil en elle un appétit dévorant pour la chair humaine.

Véritable bête de festival, « Grave » fait office de premier de classe dans le genre, raflant tous les prix qu’il convoitait un à un. Pourquoi un tel engouement?

Peut-être parce que le film cherche à multiplier les thématiques intelligentes et modernes. A force de métaphores, d’entendus et de sous-entendus, le film finit même par se perdre dans les très nombreuses thématiques qu’il aborde.

Le poids de la famille est pourtant l’un des fers de lance de notre métrage. Justine est poussée. Elle l’est par ses parents, un mère qui impose à ses enfants d’être végétariens et les poussent vers sa propre école. Une sœur présente qui pousse à l’extrême émancipation, apprend à la trop naïve, trop bonne élève trop vierge Justine à s’assumer. Quels sont les véritables choix ici d’une héroïne fragile ?

Vierge vous dites ? « Grave » peut aussi être perçu sous l’œil de la sexualité. Celle du coloc gay de Justine, Adrien ( Rabbah Nait Oufella). Celui qui en parallèle de l’envie de viande humaine poussera notre Justine vers des envies de chair ( non ceci ne compte pas comme un jeu de mots foireux). Et puis hop lâchons-nous (ceci n’est pas un spoiler): c’est lui qui aura cette réplique forte intéressante lorsque Justine commence à se cacher dans son envie de manger de la viande (animale pour le coup) : Justine « Ce sandwich c’est du porc tu sais. », Adrien  (l’acteur qui le joue est d’origine maghrébine) « Oui et alors?» Hop Hop, dehors les clichés.

Un parti pris pro-végétarien

Mais « Grave » est surtout, et contrairement à ce que d’autres pourront dire ça et là, un bon parti pris pour vous inciter à choisir la purée au steak à la cantine. D’entrée un petit débat entre les jeunes étudiants vétérinaires ne laisse d’ailleurs pas de doute à ce sujet. Sous l’œil médusé de ses camarades, l’héroïne défend avec passion que violer un gorille est pour elle un crime aussi grave que le viol d’une femme. Ses camarades sont médusés par ce constat. Et donc manger un homme vous choque à ce point plus que le sort des animaux ?

Du cannibalisme oui mais sous le regard des autres. L’improbable aspect de « Grave » c’est aussi ce regard de l’autre, ce jugement constant que subit notre héroïne, jamais livrée seule face à elle-même dans cette puberté cannibale. Quels que soient ses actes, Justine est toujours regardée et même entourée. Un choix réellement original.

Des métaphores, des métaphores, mais finalement « Grave » c’est bien ou pas ?

« Grave » est surprenant. Surprenant parce que malgré des scènes très dures, il ne bascule jamais complètement dans la violence. Surprenant parce que son pitch promet une violence inouïe mais justifiée sauf que le film n’explose jamais. Ses personnages non plus, quelque part déconnectés de l’horreur. Miroir d’une société ( parce qu’encore une fois le film veut faire passer des messages) ou choix scénaristique? Ce manque de montée passe peut-être à côté de quelque chose.

Sortie de salle, il est possible, comme ce fut le cas pour moi, de retenir les défauts du film. Il n’en est pas exempt tant il veut trop en dire, tant il ne va pas assez loin. Vraiment ? Oui vraiment, certaines scènes prennent certes au tripes, mais le gore, l’ignominie touche surtout au domaine de la fable.

Pourtant, s’il y a tant à en dire c’est surtout parce que les promesses sont là, l’originalité aussi et la capacité à toucher un large public également. Le cinéma d’horreur a la force de pouvoir faire passer des messages forts mieux que n’importe quel autre genre. Comme les contes le faisaient en leur temps avec leurs morales « jeune-filles/ jeunes-hommes ne désobéissez pas sinon voilà ce qui pourrait vous arriver »… La peur, la gêne, le choc sont de bons éléments pour parler morale. Puisque c’est bien en jouant avec les frontières de l’immoral qu’on en comprend le mieux les limites. Et en ça « Grave » est une réussite et un très beau premier né pour sa prometteuse réalisatrice, Julia Ducournau.

Pour en savoir plus: “Grave” est un carton selon les Inrocks.

et la chronique de Première.

 

 

A la rédac, on en est fans! Après les avoir découvert en première partie du Point Ephémère ultra complet d’Half Moon Run, les canadiens de The Franklin Electric sont de retour avec l’envoûtant « Blue Ceilings ». Au programme 11 titres dont on ne voudrait surtout pas voir la fin et qui magnifient la folk. Tour à tour aérien, vitaminé, puissant, l’album est un MUST HAVE dans toute bonne discographie et un classique en puissance.

Pour gagner ce joli petit orgasme auditif, rien de plus simple, il te suffit de laisser un commentaire ci-dessous. Bonne chance!