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Julia Escudero

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Difficile aujourd’hui de passer à côté du phénomène Barbara Pravi. La chanteuse à la voix de cristale, mystifiée par l’Eurovision a plus d’une corde à son arc. Le 6 septembre, elle sortait un album inspiré – entre autre – par son héritage familial intitulé « La Pieva », ode émotionnelle à fleur de peau, hommage à son passé où les paroles poétiques trônent en leur centre. L’opus pensé pour le live lui permet de toucher un large public qui s’identifie à sa personnalité entière. C’est d’ailleurs cette même entièreté qui habitera notre conversation toute l’interview du long. Si on a pris le temps de parler de musique, d’inspiration et de son tournage avec Claude Lelouche, notre échange s’est rapidement politisé. Deux femmes qui parlent comme elle aime à le rappeler c’est politique ! Nos deux voix se sont ainsi mêlées pour parler journée international du droit des femmes, droit à l’avortement, condition des femmes en Iran, seconde guerre mondial et engagements. Un échange riche, à lire.

Barbara Pravi interview
Barbara Pravi interview

Pop&Shot : Bonjour, comment vas-tu  ?  Ta journée commence bien ?

Barbara Pravi : Très bien merci !

Pop&Shot : J’avais hâte de te rencontrer pour parler de ton dernier album « La Pieva ». Une réussite qui amène à beaucoup de questions. A la base c’était une histoire d’héritage familiale, c’est ça ?

Barbara Pravi : A la base oui. Je savais pas par où commencer quand j’ai commencé à écrire et je suis allée dans mes racines serbes, du côté de mon grand-père. Après ça ne parle pas que d’héritage, c’est un album qui est beaucoup plus complet et complexe mais c’était le point de départ.

P&S : Une de tes arrière, arrière grand-mère était chanteuse, tu penses que ça t’a destinée à la musique ?

Barbara Pravi : On parle d’une gitane dans les années 1700 donc je sais pas si on peut se projeter et dire que ça me destinait à une carrière dans la musique. Par contre, ce qui est sûr c’est qu’il y a un lien. Il y a quelque chose dans mes veines de presque un peu mystique dans l’endroit de la transmission, de la femme, de la voix.

C’est pas des blagues la musique. C’est à la fois très léger et très lourd.

P&S  : Il y a une forme de nostalgie dans la manière dont tu composes. On retrouve dans tes compositions la façon de travailler le texte qu’on avait dans la chanson française à sa grande époque. Pourquoi cette importance des paroles ?

Barbara Pravi :  Je crois qu’une bonne chanson, ça traverse les âges. Hier j’étais avec un auteur qui travaillait pour plein d’artistes notamment Johnny et il me racontait que Johnny lui avait dit ‘Applique toi parce que moi ta chanson je la chanterai encore dans 30 ans’. C’est vrai. Tu peux pas laisser sur le côté les mots… C’est pas des blagues la musique. C’est à la fois très léger et très lourd. Et je pense que les mots traversent les temps. A l’époque ils savaient écrire des chansons sublimes, on est peut-être un peu plus lazy aujourd’hui, évidemment pas tout le monde. Mais on laisse peut-être plus de place à des textes plus lazy, américanisés en fait. Avec moins de mots, plus de sons que de sens. Moi je fais plutôt partie de la team Bescherelle prof de français.

P&S  : Tu te racontes beaucoup en musique. Comment ça fonctionne pour toi ? Est-ce que parfois rechanter une ancienne chanson va faire revenir des souvenirs douloureux ? Au contraire est-ce thérapeutique pour toi ?

Barbara Pravi  : Les deux. C’est toujours plus thérapeutique qu’autre chose. Après c’est le travail d’interprète. A chaque fois que je chante le Mal Amour, ça ré-ouvre un imaginaire vécu avec des sons, des odeurs, des images que je vois devant les yeux. C’est ce qui me permet de chanter mes chanson avec toujours une émotion juste.

Même dans les larmes, même dans la catharsis, ce que le public me renvoie, c’est l’amour

P&S : Tu es artiste de live. Est-ce difficile pour toi de te dévoiler face à un public ?

Barbara Pravi  : Quand t’es sur scène t’as une empathie générale mais elle n’est pas dirigée, donc moi je donne ce que j’ai à donner et je reçois en retour une grande boule d’énergie. Du coup je ne suis pas impactée par le ressenti de chaque personne, je le suis par le groupe. L’énergie d’un groupe pendant mes concerts, c’est surtout de l’amour. Même dans les larmes, même dans la catharsis, ce que le public me renvoie, c’est l’amour, les merci. Je suis envahie par cette énergie.

P&S : Parmi les messages que tu portes et qui te tiennent à coeur, il y a le féminisme. Tous les 8 mars, tu fais quelque chose de particulier pour cette journée. L’année dernière, tu avais traduit ton texte en français et arabe. Comment est née cette tradition ?

Barbara Pravi  : Ca a commencé quand j’avais fait une ré-écriture de « Kid » d’Eddy de Pretto il y a 8 ans je crois et j’avais choisi cette date parce que c’était la journée internationale du droit des femmes et les année qui ont suivi je me suis rendue compte que c’était devenu un rendez-vous pour le public et pour moi avec le public. D’ailleurs à cette période là je sais plus ou moins ce que je vais faire en mars et là je sais pas encore. Ca me vient toujours, chaque 8 mars, quelque chose vient. C’est devenu un rituel et j’aime beaucoup les rituels. On a tous et toutes des vies un peu zinzin et c’est important d’avoir des petites maisons, des points d’encrage. Le 8 mars c’est un dialogue pour moi avec le public et mon féminisme. Et quand je regarde, je me rends compte de l’évolution qu’a eu ma pensée et c’est comme des photos.

Je crois que c’est pas n’importe quoi de faire un enfant. Ça doit partir d’un désir profond et si ce n’est pas le cas je souhaite qu’on puisse avorter.

P&S : L’année dernière, le 8 mars était particulier, puisqu’il y a eu l’entrée du droit à l’avortement dans la constitution, c’est un sujet dont tu as parlé en musique. Qu’est ce que tu penses que cette inscription dans la constitution va changer pour les générations futures ?

Barbara Pravi  : Il n’y aura pas de débat autour de l’avortement. Moi j’aurai aimé grandir en sachant déjà que faire l’amour avec quelqu’un déjà tu avais pas besoin de te marier avec et que c’était pas grave, que ça permet de se découvrir, de découvrir son corps. C’est hyper important de découvrir sa sexualité quelle qu’elle soit. Il faut passer par la découverte de son corps et par la découverte du corps de l’autre et ce sont les religions qui ont fait en sorte de salir ce don de soit, de l’autre, d’approche de l’autre. Mais c’est beau de faire l’amour avec quelqu’un, quel que soit le quelqu’un. Et j’aurai aimé qu’on me dise que quelque fois ça arrive de tomber enceinte et de pas le choisir et que c’est important de désacraliser ça. Je parlais il y a peu avec un garçon qui a été élevé dans la religion catholique hyper poussée. Il me disait « moi si la nana avec laquelle j’étais tombait enceinte, ok elle avorterait si elle a envie mais moi ça me ferait chier ». Bha putain ça m’a énervée qu’il dise ça ! J’avais envie de prendre sa tête et de lui éclater contre le sol ! Je voulais lui dire « frère t’as 23 ans, t’es en 2024, tu peux pas dire un truc pareil ». Je trouve ça grave qu’il le pense. On devrait toutes et tous faire ce qu’on veut avec notre corps avec comment on est, comment on se sent. Moi j’ai 31 ans aujourd’hui et si je tombais enceinte, je sais pas si je le garderai. J’aimerai vivre dans un Monde où je fais un enfant parce que c’est avec quelqu’un que j’aime, parce que je l’ai choisi, parce que j’ai les moyens de l’accueillir. Parfois c’est un choix parce qu’on ne pourra pas subvenir à ses besoins. Je crois que c’est pas n’importe quoi de faire un enfant. Ca doit partir d’un désir profond et si ce n’est pas le cas je souhaite qu’on puisse avorter.

P&S  : Ce qui est incroyable c’est que ce soit quelqu’un de si jeune qui te dise ça…

Barbara Pravi  : C’était fou ! Vraiment j’étais là, mais on est où là ? Et à moi me dire un truc pareil ? Et puis il me l’a dit avec tellement de naïveté que je pouvais pas être fâchée non plus trop. Je voyais que c’était vraiment ce qu’il pensait. Qu’il est contre, il disait « je me rends compte, que si j’ai une meuf qui tombe enceinte et qu’elle avorte je serai super triste. » Ca retourne le problème, j’étais là je vais pas aller pleurer pour toi frérot ! T’es fou ou quoi ?  Tu sais ce que c’est d’avorter ? Tu sais comme ça fait mal ? Tout le monde ne le vit pas forcément pareil. Mais tout de même c’était le monde à l’envers, ça m’a énervée.

Barbara PraviP&S  : T’as réussi à dialoguer quand même ?

Barbara Pravi  : Oui parce que c’est pas quelqu’un qui est fermé au dialogue  et moi non plus. Mais parfois ça devrait même pas être des dialogues, c’est comme ça et c’est tout. Ca va aussi que moi j’ai 31 ans et que je m’en fous mais tu vois un mec qui dit ça à sa nana qui aurait le même âge que lui et qui culpabilise déjà de devoir avorter, ça donne quoi comme discussion honnêtement ? Ca donne une meuf qui va devoir réconforter son mec ? Non mais ta race, vas !

Je pense qu’on ne peut pas connaître le courage qu’ont les femmes en Iran, au Liban, en Ukraine. Dans tous ces pays ravagés par la guerre, les injonctions, toute forme de domination sur leurs corps et esprits

P&S  : Tu es aussi d’origine iranienne. On a tous.tes vu les images de la jeune fille en Iran qui s’est dénudée pour faire face à un gouvernement oppressif et liberticide. Elle a fait ce geste au péril de sa vie. Je me disais que tu aimerais peut-être en dire quelque chose ?

Barbara Pravi  : Je pense qu’on ne peut pas connaître le courage qu’ont les femmes en Iran, au Liban, en Ukraine. Dans tous ces pays ravagés par la guerre, les injonctions, toute forme de domination sur leurs corps et esprits. Je pense que ce sont les pays où les femmes sont les plus courageuses au Monde, c’est là-bas qu’on trouve le centre névralgique du courage. Et nous on saura jamais ce que c’est parce en France. C’est hyper important ce qu’on fait, on se bat pour le droit à l’avortement, l’égalité des salaires, les droits des LGBT, on a d’autres combats qu’on peut mener à bien parce que nos combats vitaux ont déjà été menés. Mais t’imagine en Iran, les femmes peuvent pas sortir dans la rue sans le voile. Mahsa Amini s’est faite assassiner il y a deux ans parce qu’elle avait enlevé son voile en public. Donc on est sur d’autres sphères de combat et de courage. Quand les iraniens et iraniennes sont descendu.es dans la rue pour protester contre sa mort, il y a des milliers de femmes qui se sont fait arrêtées, torturées, violées. Et elles allaient quand même dans la rue parce qu’elles pensaient plus grand qu’elles. A un moment le soit n’existe plus. Le combat il existe pour les générations à venir parce que tu sais que toi t’es déjà mort.e.

C’est comment on va faire pour changer en profondeur notre pays. C’est hyper fort. J’espère que nous en France, on connaîtra pas ça.

P&S  : Quand on efface ton existence à ce point, qu’as tu à perdre ?

Barbara Pravi : Ta vie elle vaut plus rien donc tu la dédies à quelque chose de plus grand que toi qui est la cause humaine. C’est comment on va faire pour changer en profondeur notre pays. C’est hyper fort. J’espère que nous en France, on connaîtra pas ça. Je me suis toujours demandé, s’il y avait une troisième guerre mondiale, est ce que je serai du côté des résistants ? Qu’aurais-je fait pendant la seconde guerre mondiale ? On en sait rien. Je voudrais te dire que j’aurai été résistante, mais comment le savoir ? Là-bas ils sont confrontés à ce genre de questions là.

P&S  : En Afghanistan aussi où les règles s’empirent en continue, avec les femmes qui n’ont plus le droit de se parler.

Barbara Pravi  : C’est n’importe quoi !

L’art est politique, il l’a toujours été et même la légèreté dans l’art est politique.

P&S  : Tu penses qu’à notre échelle, par exemple toi en tant qu’artiste, on peut réellement faire bouger les choses en en parlant ?

Barbara Pravi  : C’est difficile, on vit dans un Monde où on croule sous l’information et la désinformation. Il faut bien choisir ses causes et il faut connaître les sujets pour parler. Sinon ça ne sert à rien. C’est pour ça que j’ai choisi le modèle du témoignage, que tout ce que je  raconte ce sont des choses que je sais, vis, sens. Je ne parlerai jamais de ce que je ne connais pas. Je me sentirai illégitime. L’art est politique, il l’a toujours été et même la légèreté dans l’art est politique. Ceux qui disent qu’ils ne veulent pas écrire de chansons engagées mais légères c’est politique aussi. Parce qu’en Iran, même la légèreté n’existe pas dans la rue. Sans le savoir on fait tous de la politique.

Pardon mais n’importe quelle femme en train de parler, nous deux en train de parler, c’est politique.

P&S : Etre apolitique c’est une chance, ça veut déjà dire que tu peux te le permettre.

Barbara Pravi  : Bien sûr ! En Iran les femmes n’ont pas le droit de chanter en public, de parler en public. Elles ne peuvent pas s’exprimer en dehors de leurs maisons. Pardon mais n’importe quelle femme en train de parler, nous deux en train de parler, c’est politique. C’est juste qu’il faut le regarder avec les bonnes lunettes.

P&S  : Tu mettais aussi en avant des histoires de femmes oubliées …

Barbara Pravi  : Oui je faisais ça sur Instagram à un moment donné. J’ai arrêté par manque de temps. Je mettais la lumière sur des destins de femmes. Je voulais parler de Georges Sand par exemple. On connait pas assez la vie de cette femme qui est extraordinaire. C’était une comtesse  qui a quitté sa vie pour aller à Paris, porter des pantalons, se faire nommer Georges Sand pour pouvoir écrire et être reconnue comme un homme. Elle savait que si elle s’appelait Aurore, les gens liraient pas son bouquin et c’était une des premières féministes bad ass.

Barbara Pravi La PievaP&S : En parlant de tes canaux d’expression tu t’es aussi mise au cinéma, comment s’est passé cette expérience là ?

Barbara Pravi  : C’est un peu de la cours de récré pour moi puisque j’ai pas eu de rôle compliqué qui demande beaucoup de travail etc… Lelouche il filme la réalité donc j’étais moi-même, habillée avec mes fringues, je m’appelle Barbara. C’était une expérience surtout humaine extraordinaire, des gens qui sont encore mes ami.es aujourd’hui. Claude c’est quelqu’un que j’aime profondément. J’aimerai qu’un mec me regarde un jour comme il me regardait lui, c’est trop beau. Il aime les gens véritablement et il arrive à choper l’essence des gens.

P&S  : Comment tu t’es retrouvé à travailler avec lui ?

Barbara Pravi  : Il m’a appelée, il m’avait vu à l’Eurovision, il avait entendu parler de moi et il m’a appelée, puis il m’a invitée à déjeuner et puis voilà.

P&S  : J’ai vu que tu parlais en interview de Montmartre, ce quartier a quelque chose de particulier, d’artistique. Tu entretiens quel rapport avec lui ?

Barbara Pravi  : C’est ma maison. D’ailleurs je déménage là pour retourner dans le 18ème. Mon rêve ça a toujours été de vivre à Montmartre. Mes ami.es sont là, je me balade dans les rues et je les connais toutes par coeur. L’air y est différent pour moi, la sensation de mes chaussures y est différent.

P&S  : Dernière question, tu écris un livre, ça en est où ?

Barbara Pravi  : C’est presque fini. C’est une saga familiale, ça se passe sur trois époques, 1915, 1947 et 2028 et c’est une jeune femme qui part à la quête d’un objet qui a été oublié dans sa famille depuis des générations.

P&S : Hâte de le lire et merci pour tout !


Khruangbin, l’inclassable OVNI musical, aura pris son temps pour s’attirer les regards des plus grandes institutions. Groupe instrumental fondé en 2010, il s’offre en 2024 une nomination en tant que ‘best new artist’ aux Grammy Awards. Le terme de nouveauté peut bien faire sourire tant les qualités musicales de la formation ont déjà su s’attirer l’intérêt des mélomanes aux oreilles fines. Deux collaborations avec Leon Bridges plus tard, beaucoup de mélodies qui invitent au voyage et voilà que le trio s’offraient deux Olympia de Paris en novembre 2024.  Leur dernière pépite en date « A la Sala » sortait pour le plus grand plaisir général au mois d’avril 2024. Il était temps d’en parler !

Khruangbin GrammyKhruangbin, citoyens du monde

Avec ce nom peu commun, Khrangbin fait imaginer des origines du Moyen-Orient. Ce qui sera vrai pour ses influences est loin de l’être à la vie. Le trio prend en réalité ses origines au Texas. Laura Lee, Mark Speer et DJ Johnson aiment à mélanger leurs influences. La musique sous leurs doigts experts prennent des tournures parfois soul, parfois rock, parfois psyché et s’inspirent toujours de musique du Monde, loin des codes auxquels nous sommes d’ordinaire habitué.es. C’est en 2004 que Speer et Johnson se rencontrent alors qu’ils sont tous deux employés par l’église locale. Quelques verres dans un bar plus tard et Speer confie son obsession pour les musiques du Monde, admettant avoir passé un temps fou dans son enfance sur Encarta et sa très large sélection musicale. En 2007, Speer rencontre Laura Lee avec laquelle il partage un fort intérêt pour la musique afghane. C’est d’abord lui qui l’incite à commencer la basse alors qu’elle jouait déjà du piano et la guitare. Ce nouvel instrument lui permet de rejoindre la tournée de Yppah en première partie de Bonobo … où jouait déjà Speer. Une tournée commune qui les rapproche à la suite de quoi nos deux musicien.nes décident de former leur projet musical. Ils invitent Johnson à se joindre à eux à la batterie.  Après leur premier concert, Laura Lee qui étudiait alors le thaïlandais propose de nommer le groupe comme son mot favoris dans cette langue : Khruangbin ce qui veut dire avion. Ce qui pourrait paraitre étrange, mais il faut lui reconnaitre sonne particulièrement bien. Pour expliquer ce choix, le groupe ajoute que ce nom est une belle manière d’évoquer leur immense pluralité musicale qui tire ses inspirations du Monde entier et donc du voyage.

Khruangbin, des albums et du cœur

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Un premier EP, « History of a Flight » voit le jour.  Puis une compilation en 2013 qui permet de retrouver le titre « Calf born in Winter  » déjà présent sur l’EP. Ce morceau est d’ailleurs le premier a susciter l’intérêt du public. Enfin en 2015, le groupe publie son premier album, l’incroyable « The Universe Smile Upon Us » et ses nombreuses références à la musique thaïlandaise des années 60.  Le succès critique est au rendez-vous et les experts ne passent pas à côté du talent de la formation. Un second opus suit le pas en 2018 et s’intitule  » Con Todo el Mundo ». Un album dont le titre s’inspire d’une très belle histoire, celle du grand-père mexicain de Laura Lee qui lui demandait « Comment tu m’aimes? » et qui acceptait pour seule réponse  » Con Todo el Mundo » ( » avec le Monde entier »). En 2018, Khruangbin ouvre pour Leon Bridges, une information importante puisqu’elle donnera naissance à une collaboration sur deux EPs divins, « Texas Moon » et « Texas Sun ». Deux chef d’œuvres absolus sur lesquels on reviendra. « Mordechai » en 2020 marque un tournant pour le groupe qui se retrouve signé sur le label extrêmement qualitatif qu’est Dead Ocean. « Ali » en 2022 lui permet une collaboration avec Vieux Farka Touré. En 2024, donc, celui qui lui vaudra l’intérêt mérité des Grammy Awards voit le jour. « A la Sala » (au salon) s’inscrit dans la continuité de « Mordechai », son dernier opus sans collaborateur. Celui-ci lui avait valu le fort intérêt du grand public. Khruangbin livre en 2024 un album plus posé et moins festif,  une réflexion musicale et instrumentale sur son parcours. Un album qui lui offre le Monde cette fois-ci à porté de main, ou peut-être d’une simple pièce et lui donne les prémices de son avenir, à la vitesse de la lumière.

Khruangbin aux Grammy

Le groupe se voit annoncer le 8 novembre 2024 sa nomination en tant que meilleur nouveau artistes aux Grammy Awards 2025. Ils seront au coude à coude avec Benson Boone, Doechii, Chappell Roan, Raye, Sabrina Carpenter, Shaboozey et Teddy Swims. Des très gros noms de la scène actuelle viennent se confronter au trio. Reste à espérer que si la formation n’est pas si nouvelle que ça, cette exposition lui permettra de venir toucher un très large public.

Coup de cœur et astres texans

KHRUANGBIN TEXAS SUNReste à profiter de cette mise en avant pour mettre à nouveau en lumière les deux immenses EPs « Texas Sun » et « Texas Moon » réalisés en collaboration avec l’une des plus grandes voix de la soul actuelle : Leon Bridges. En 2019, le trio texan allie son style planant allant jusqu’à la transe à la voix sublime du chanteur.Les deux, il faut le dire partagent une obsession pour les grandes étendues du sud américain. Et surtout du Texas, état emblématique de l’imaginaire collectif américain, du Rodéo à Houston en passant par l’évidence du rock’n’roll. (Mais dont on n’oublie pas pour autant toutes les limites politiques liberticides et rétrogrades dont ils peuvent être capables). Toujours est-il que l’état a largement inspiré les musiciens. Ensemble, la formation allie la musique planante, aérienne et très créative de Khruangbin à la mélancolie magique de Leon Bridges. Les ciels immenses du Sud Américain, son histoire s’y trouvent sublimés. On y oublie les âges et les décennies, les mélodies nous transportant sur une route sans fin qui suit les étoiles. C’est en 2022 que « Texas Moon » pendant et second volet de sa version solaire voit le jour. Ce second essai confère sûrement à une plus grande intimité entre les artistes liant leurs histoires et leurs mélodies en un voyage qu’il ne faudra surtout pas manquer.

Le tout forme un miracle de cohérence et de beauté où voix et instruments se sont rarement aussi bien répondus. . A écouter en boucle pour un voyage au bout de la galaxie.


Pluie à grosses gouttes, mélancolie, feuilles qui tombent. L’automne est déjà bien installé. Et l’été en demi teinte n’aura même permis de faire le plein de vitamine D pour mieux vivre l’approche de l’hiver. Heureusement, côté albums, la fin de l’année 2024 permet de concocter la playlist parfaite pour sublimer cet automne. On te parle d’amour, d’intempéries qui ne s’arrête plus, d’élégance et de sensualité pour habiller tes oreilles cet automne !

Tucker Zimmerman – Dance of Love : de l’amour dans la playlist

PLAYLIST AUTOMNE TUCKER ZIMMERMANLa nature, la vie, les relations, l’amour, la beauté d’instants perçus sous le spectre de la convivialité. Il n’y a rien d’étonnant à découvrir derrière la douceur des notes de « Dance of Love », l’âme de Big Thief. Adrianne Lenker y pose sa voix alors que son groupe vient accompagner l’incroyable Tucker Zimmerman, folkman de génie, pour ce qui s’avère être l’album le plus apaisant de l’année. Comme pour ce qui est vrai pour ses compères, notre hôte nous prend par la main pour une promenade le long d’un chemin où tranquillité et apaisement règnent. Les feat avec lji et Twain viennent  ajouter leur touche de magie à l’opus de celui qui est né à San Francisco et réside aujourd’hui à Liège. Tucker Zimmerman, s’il n’est pas connu du grand public profite de la reconnaissance de ses pairs. David Bowie lui-même le disait trop qualifié pour la folk et plaçait son album Ten songs parmi ses 25 albums cultes. Ce n’est pas Adrianne Lenker qui dira le contredire, voyant en lui l’un des plus grands compositeurs de notre époque. Sa voix répond à la perfection à celle de son idole. Les morceaux y ont  l’esprit d’un feu de camps comme ce que l’on peut entendre sur « Spud Infinity » ( sur Dragon new Warm Montain I Believe in You, la dernière merveille en date de Big Thief). Ce « Dance of love » porte parfaitement son nom. L’amour multiple y prend une forme solide. On y aime tout et tout le monde sans que rien ne puisse venir éteindre ce sentiment. Avec une rentrée survoltée, un automne qui a commencé bien trop tôt, ne laissant presque aucune place au soleil, cet album résonne comme un élixir nécessaire. Un espace vital en dehors du cadre du temps et de l’espace mais surtout un rappel que l’humanité est belle et que l’amour est en réalité partout, tordant nos corps dans une danse inarrêtable.

Tucker Zimmerman - Burial At Sea (Official Video)

One True Pairing – Endless Rain : un peu de pluie dans la playlist

PAYLIST AUTOMNE ONE TRUE PAIRINGOne True Pairing c’est le projet solo de celui qui fut le chanteur de Wild Beasts. Pour qui connait le groupe de génie, l’information suffira amplement à se ruer sur la discographie de Tom Fleming de son vrai nom. Sa voix, rauque et caverneuse porte en elle une puissance qui bouleverse. One True Pairing, c’est aussi le nom que l’on utilise pour décrire l’amour parfait entre deux personnes, souvent dans le cinéma et les série. Et ce coup de cœur cinématographique c’est aussi celui que l’on éprouve à l’écoute de sa musique. Ce n’est pourtant pas la plénitude de l’amour qui lui a fait composer son dernier né « Endless Rain » paru le 25 octobre. Au contraire, le musicien s’est inspiré d’une descente aux enfers. Fin 2019,sa vie personnelle connaît de nombreux bouleversements, les finances sont au plus bas et il pleut non stop depuis une semaine en Cumbria où il se trouve. Lui vient alors l’idée de cet album qui, il faut le dire,  correspond également parfaitement à l’air du temps de cet automne 2024 beaucoup trop pluvieux. Pour nous aussi la pluie semble être sans fin. A défaut de la célébrer, nous pourrons donc la chanter aidé.es par la beauté des mélodies de One True Pairing. Sur ce dernier et à l’image du single « Human Frailty », les intempéries qui viennent illustrer nos humeurs se dessinent. Le son fait aisément naître des images dans nos esprits. Promenade complexe et pourtant accessible ce « Endless Rain » en impose par son écriture maîtrisé et cette voix, véritable phare au milieu de la tempête. Impossible de passer à côté de sa puissance, mise à disposition de mélodies douces et envolées. Il ne faudra d’ailleurs pas rater « Frozen Food Center » en fin de galette, qui réussi à créer l’équilibre parfait entre harmonie posée avec délicatesse et force vocale. Une nuage de douceur, ode à nos démons, qui viendra laver nos peurs et peines et garder nos âmes au sec.

One True Pairing - A Landlord's Death (Official Video)

Hamish Hawk – A Firmer Hand : de l’élégance dans la playlist

PLAYLIST AUTOMNE HAMISH HAWKLe parfait album automnal est paru en été. Le 16 août, en toute discrétion le chef d’œuvre  » A Firmer Hand » a pointé le bout de son nez. Il s’incorpore dans une paysage musical sublime et particulièrement développé cette année peuplé des génies Thinderstick, Bill Callahan et Nick Cave. De ce très beau panel, celui d’Hamish Hawk a l’élégance de s’offrir des percées lumineuses, aussi bien écrites que celles qui font l’immensité et la classe de Baxter Dury. Il ne faut pas croire pour autant qu’Hamish Hawk emprunte aux styles de ces musiciens de renom. Non, il se crée son propre univers, aussi mélodique que puissant, pousse une voix grave à la noirceur hypnotisante et offre sans aucun doute l’un des meilleurs albums de l’année. Cet opus est également le successeur d' »Heavy Elevator » sorti en 2021. Sans honte, sans limite, le chanteur y vide son sacs et y déverse ses mots. Il y expose tous ses non-dits. Et finalement, il y parle de ses relations avec les hommes: qu’ils soient ses amis, amants, collègues ou de sa famille famille, toutes y sont passées au crible. « Je me suis dit que c’était le corps de l’album. Le fait qu’il me rende nerveux me dit que c’était la bonne chose à faire » commente-t-il. Toujours est-il que force et tendresse s’y côtoient dans un opus à la modernité sans fin et à l’intemporalité indiscutable. Une prouesse d’écriture et de production, sophistiquée, immanquable cet automne donc, mais surtout cette l’année.

Hamish Hawk - Men Like Wire (Official Video)

Warhaus – Karaoke Moon : de la sensualité dans la playlist

PLAYLIST AUTOMNE WARHAUSS’il est une valeur sûre, qui ne déçoit jamais, ce sont bien toutes les créations des acolytes de Balthazar. En groupe, quelle maîtrise, quelle classe, quelle capacité de composition ! Mais aussi en solo. Cette année J. Bernardt gratifiait le monde d’un excellent opus, « Contigo’, une réussite de chaque titre, rappelant son génie créatif. Il manquait donc à 2024, un nouveau Warhaus, Marteen Devoldere de son vrai nom. Voilà qui sera chose faite juste avant la fin de l’année, histoire de s’assurer que 2024 soit une réussite après tout. Le 22 novembre « Karaoke Moon » dévoilera toutes ses facettes et ses 10 titres au Monde. Plus sensuel que son prédécesseur « Ha ha Heartbreak », il magnifie ses rythmiques et s’offre un périple solaire pour trancher avec la noirceur de la saison. Dessus, Marteen Devoldere explore son timbre et son phrasé-chanté. Il y crée notamment une époustouflante tirade en l’honneur de « Jim Morrison », convoquant son génie poétique et s’offrant un chœur jubilatoire sur son refrain. Les chœurs d’ailleurs, sont nombreux sur cette pépite qui convainc dès sa première minute. Si le single « No Surprise », initialement crée pour être une véritable piste disco, laisse entrevoir l’influence de Sade, il n’est que l’un des nombreux visages d’un karaoké pluriel. On y découvre d’ailleurs une piste instrumentale qui met le piano en son centre. Warhaus nous confiait en interview ne pas se laisser inspirer par la musique d’autres compositeurs.trices. Il le prouve titre après titre, mettant sa singularité au profit de ses créations. Nous voilà en train de voguer avec lui dans les airs, charmés tels des serpents à sonnette sur « Zero Code One ». Il semble impossible de comprendre comment le génie a pu frapper si peu de temps après la sortie de son dernier joyau, un album de rupture enregistré à Palerme suite à une séparation amoureuse et publié en 2022. Pourtant Warhaus a encore tellement à dire.  Chaque morceau est une épopée captivante jusqu’à « Emely », classique instantané et au démarrage lent et à l’ascension phénoménale. Un dernier cadeau pour que les couleurs ocres de l’automne vous aident à décrocher la lune.

Warhaus - No Surprise (Official Video)

MAMA 2024 _ LOUIS-COMAR
MaMA Festival 2024 – Photo : Louis Comar

Tous les ans et presque quoi qu’il arrive (on n’a pas oublié le COVID), une certitude persiste : nous nous retrouverons pour les grands rassemblement musicaux. Les festivals, d’été ou non, bien sûr, des plus indés aux plus gros. Chacun a son rôle, sa part, à jouer. Parmi eux, l’un a une place bien spéciale : le MaMA Music & Convention. Vitrine géante déployée à Pigalle et les quartiers alentours, elle permet à toute une profession de venir se rencontrer et de présenter un nouveau panel musical qui compte bien inscrire son nom dans l’histoire de la musique en France. Et tous les ans, public, pro et médias courent les rue de Pigalle et alentours pour venir voir jouer ces nouveaux visages. Ils répondent sans cesse à un bruit de couloir omniprésent qui promet de faire LA découverte à ne pas manquer..

Oui mais, à force ne perd-t-on pas de vu le pourquoi ? Pourquoi le musique est importante? Pourquoi écouter tous ces noms , voir ces nouveaux visages ? Quel est l’enjeu derrière ? C’est en fin de journée que Léman, programmé à la Boule Noire répondra finalement le mieux à ces questions. Une salle comble le regarde alors que l’entrée à son spectacle aura été particulièrement compliquée. Trop de queue, beaucoup d’attente, de la pluie. Après tout le musicien s’est fait connaître sur Tik Tok et de nos jours, la réseau social est roi. Le voilà donc qui s’élance sur scène pour un ultime titre. Les oreilles se braquent sur la scène …

Leman - MAMA 2024 _ LOUIS-COMAR
Leman – MaMA Festival 2024 – Photo : Louis Comar

Adieu la musique ?

Le chanteur nous raconte alors avoir obtenu un rendez-vous dans un grand label, un rendez-vous difficile à obtenir. Avant d’y aller, il était emballé, mais sur place le rendez-vous se passe mal, très mal. Les mots échangés sont mauvais, son travail, dans lequel il met son âme est entièrement remis en question. Il pense à tout arrêter, écrit un dernier titre qu’il intitule « Adieu la musique ». Il y décrit l’amour qu’il met dans ses compositions, la crainte d’un avenir qui s’efface, les difficultés à s’insérer dans ce monde, la compétition rude, les nombreux talents qui se côtoient pour si peu d’élu.es.  Il le fait en poussant sa voix dans ses retranchements, ses mélodies qui évoquent la pop de Tim Dup pour arme. Son texte, il faut le dire très littéral , a la grâce d’une honnêteté à fleur de peau, la candeur de la jeunesse et le besoin de sortir ses mots tels qu’ils le touchent.

Leman - MAMA 2024 _ LOUIS-COMAR
Leman – MaMA Festival 2024 – Photo : Louis Comar

Et finalement, loin de faire ses adieux à la musique voilà que Léman est là, face au public du MaMA, et des programmateurs de grands festivals  qui si on croit leurs dires dans la trop longue fil d’attente sous la pluie, pensent à  mettre son nom à l’affiche de leur festival. Alors au delà de l’aspect rendez-vous professionnels, au delà d’années entières de musique qui se construisent ici en cette période, une chose vient frapper les esprits. Le MaMA sert à réaliser les rêves de celles et ceux qui font rêver les autres sur scène . Il aide à lancer les carrières, redonne à la musique ses lettres de noblesse, rend la découverte immense. Et finalement d’adieux, il n’y a pas. Il y a au contraires bien des manières de la faire vivre la musique et elles se dévoilent ce soir !

Leman - MAMA 2024 _ LOUIS-COMAR
Leman – MaMA Festival 2024 – Photo : Louis Comar

Faire vivre la musique

La musique, elle vit à travers un premier coup de coeur, une jolie histoire d’amour qui se dessine. Celle de notre rencontre avec The Haunted Youth. Le groupe du belge de Joachim Liebens dévoile à la Cigale des titres aussi hantés que le nom qu’il porte. Faire vivre la musique, oui et même la faire respirer à pleins poumons, serait-on tenté.es de se dire en écoutant l’indie pop aérienne que proposent nos hôtes. On pourrait évoquer si l’on souhaitait les comparer, l’âme lumineuse de Big Red Machine, mais aussi ce sentiment d’être pris par la main pour un grand voyage que sait promulguer José Gonzàlez ou pourquoi pas la précision de composition d’Half Moon Run. La musique de The Haunted Youth est une boule d’énergie, pure et vibrante, la voix douce de notre leader vient à apaiser les spectateurs.trices. Inspirez, expirez, laissez vous porter. The Haunted Youth, boule d’oxygène scénique s’occupe d’alimenter votre cerveau, il fait ensuite le chemin jusqu’à vos coeurs. Il fait  mouche, rappelle que la Belgique a bien des talents et que l’indie rock parle à tous.tes.

Le corps de la musique

Le corps alimenté, les muscles doivent l’être aussi. Rien de telle qu’une petite course à travers les salles pour se faire. On leur donne au détour un peu de crêbanini (pourquoi choisir entre les propositions de plats à emporter histoire de ne jamais s’arrêter ?) et on va développer son cardio. Avec Madam à la Machine du Moulin Rouge par exemple. Trio de rock féminin énervé et survolté. Madam le revendique, la musique, elles la font avec leurs tripes. Et ce soir, elles seront celles du MaMA, imprimant leurs mélodies au plus profond de nos entrailles, déchirant tout sur leur passage pour mieux laisser vivre le rock.

Madam - MAMA 2024 _ LOUIS-COMAR
Madam – MaMA Festival 2024 – Photo : Louis Comar

Kids Return, si cinématographique sur albums sera nos yeux le temps d’une performance à la pop réellement populaire. Avec eux, ce soir à la Cigale, nous pourrons voir trois de leurs nouveaux morceaux, une réussite, avant un  premier extrait de l’album officiellement dévoilé au mois de novembre prochain. Avec Kids Return, les mélodies intemporelles, fixent des images dans les esprit. On les écoute avec les yeux ou bien on les voit avec les oreilles.

Et nos jambes ? Elles se déhanchent maintenant à la Nouvelle Eve alors que les performances défilent pour la soirée Alias qui y invite Adrien Soleiman, BelleJazzClub, Livaï & Cosmo. La salle c’est aussi celle où « Emily in Paris » a été tourné, offrant au personnage de Mindy une résidence. Voilà qui devrait parler aux expert.es mais aussi mieux évoquer l’aspect cabaret luxueux qu’est la salle. Une partie du public, assis à des tables, assiste aux concerts en tenue de soirée. Le lieu un poil guindé déborde de bouteilles de bières, preuve d’une soirée du MaMA. Deux univers s’y croisent et le jazz rassemble les époques, derrière les instruments de nos musiciens de blanc vêtus.

Nouvelle Eve - MAMA 2024 _ LOUIS-COMAR
Nouvelle Eve – MaMA Festival 2024 – Photo : Louis Comar

Enfin nos mains, elles sont sur nos bouches alors qu’on admire la prestation d’Inès Souki à la Boule Noire. Puis dans les airs et en train d’applaudir la pop urbaine de notre musicienne ce soir vêtue d’un ensemble blanc et de collants rouges. Ravie d’être là, elle entraîne le public dans une proposition nouvelle de chanson pop, radicalement tournée vers le futur. Elle mélange les genres avec audace, et on lève les mains, encore et encore pour mieux la remercier.

INES SOUKI - MAMA 2024 _ LOUIS-COMAR
INES SOUKI – MaMA Festival 2024 – Photo : Louis Comar

On dit avec eux tous.tes des chaleureux bonjour à la musique. Ce soir, tout son corps aura été sollicité. Demain et après-demain encore, nous lui dirons encore et encore bonjour et nous écrirons à nouveau son futur. Quelle période incroyable pour être en vie !