Top des méchants les plus « bad ass » des séries télévisées

On dit souvent qu’il n’y a pas de bon héros sans bon méchant à battre. Alors que l’heure est aux séries (cf le développement de Netflix et Amazon.com), dont la qualité d’écriture permet plus de surprises par rapport à des blockbusters de plus en plus interchangeables et formatés, Pop&Shot vous propose un panorama LOIN d’être exhaustif… 

 

Le méchant aux multiples facettes : Lorne Malvo (Fargo) 

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Fargo, saison 1. Tout comme dans True Detective, cette dernière est autonome . Dans cette petite ville du Minnesota, un tueur à gages, joué par Billy Bob Thornton, venu pour une petite affaire se retrouve à l’hôpital après un accident de voiture. Il fait la rencontre de Lester Nygaard (Martin Freeman), un habitant du coin complètement perdu, manquant terriblement de confiance en lui et se faisant marcher dessus par toute personne le croisant. Certes ce tueur à gages est, comme sa profession l’indique, un tueur mais pas totalement inhumain. Il est ému par cette soumission constante de Lester et tente de lui venir en aide, mais à sa manière, en le poussant à tuer. D’un point de vue purement manichéen c’est mal mais cela fonctionne pour Lester qui se sent finalement bien mieux dans sa peau après avoir cédé. Ce personnage est à part dans sa dualité.  Froid comme peut l’être un tueur à gages, mais pas que. Il est également très malin et manipulateur, se faisant passer pour qui il le souhaite. Au milieu de ses nombreuses fausses identités, il est finalement impossible de savoir qui il est vraiment. Un seul nom reste, Lorne Malvo, celui que les forces de l’ordre à sa recherche utilisent pour le désigner. Ce côté complexe  le rend tant humain et qu’iconique. On a envie de le détester et d’être lui en même temps. Le parfait méchant quoi.

 

Plus qu’un homme, une icone : Mister Rabbit (Utopia)

DR DeadHandyDesign

(SPOILER ALERT)

Qu’en est-il de Mister Rabbit? Le méchant de la meilleure série de tous les temps : Utopia (NDLR : cet avis n’engage que Jeremie, contributeur pour cet article). Là, on est très loin du manichéen. On est dans le méchant qui n’en est pas vraiment un, qui exprime un point de vue divergent des « gentils » et qui nous convaincrait au moins par moment d’être dans son camp. Il pense lui-même être un véritable gentil et vouloir faire le bien puisque son but et de sauver l’humanité sur le long terme. Face à la problématique écologique posée par la surpopulation humaine, il organise un complot mondial visant à stériliser 90% de l’humanité pour la sauver d’elle-même. Le véritable problème réside dans le fait qu’il croit que tous les moyens sont bons, mettant de côté tout questionnement éthique, pour appliquer son plan et ainsi sauver l’humanité en tant qu’entité. Ce qu’il y a d’encore plus intéressant avec Mister Rabbit, c’est qu’il n’est pas une seule personne. On apprend petit à petit qu’il est en fait une icône, une fausse personne incarnée selon les moments par plusieurs personnes réelles au point que même au sein de son organisation, les membres ne savent pas qui il est réellement. Et nous en tant que spectateur, on va de surprise en surprise, pensant enfin l’avoir découvert alors qu’en fait non. Et quand Mister Rabbit meurt, quelqu’un d’autre prend sa place en tant que Mister Rabbit, le rendant ainsi immortel.

 

Plus qu’un homme, un symbole : Numéro 2 (Le Prisonnier)

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« I’m not a number, I’m a free man ». Le célèbre cri de Numéro 6 (Patrick McGoohan) est inscrit au panthéon des répliques cultes de la culture populaire de ces dernières années. Mais pour le mettre dans cet état, il aura fallu compter sur l’obstination de celui qui est en charge du fameux Village dans lequel est retenu le Prisonnier. Une particularité de Numéro 2 est qu’il change quasiment à chaque épisode! Celui qui est mis en illustration, interprété par Léo McKern, a le privilège d’avoir tenu durant trois épisodes… En effet, échouant à chaque fois à obtenir les fameuses « informations » soit disant détenues par Numéro 6, le Numéro 2 est remplacé, tel un pion anonyme et dispensable de l’organisation voulant du tort au personnage principal du show. Rouage sans personnalité propre, il incarne le Système qu’a voulu fuir Numéro 6 et qui le rattrape. Pour rappel, au début, le personnage de Patrick McGoohan est un espion voulant se retirer des affaires et qui se fait kidnapper pour se retrouver dans le Village, où l’on ne cesse de vouloir obtenir des informations de lui. Numéro 2, incarnation du totalitarisme, qu’il vienne de l’Est ou de l’Ouest? Le contexte de Guerre Froide de la série est primordiale, mais il pourrait parfaitement être transposé à l’heure actuelle…. Comment? ça a déjà été fait? Je ne vois pas de quoi vous voulez parler….
Bref, en un mot comme en cent, peu importe si on réussit à mettre hors jeu Numéro 2, un autre viendra le remplacer implacablement

Deux versants de la folie : Cersei Lannister et Ramsay Snow ( Game of Thrones)

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Évidemment, cela ressemble à de la facilité que de citer Game of Thrones, monumental et influent show télévisé, tant qualitativement que culturellement. La qualité d’écriture de George R. Martin, l’auteur des bouquins d’origine y est vraiment pour beaucoup, chacun de ses personnages existant réellement et étant profondément humain. La série, pour cause d’adaptation aura parfois pris des libertés avec tel ou tel personnage, mais aura su créer au fil des ans des protagonistes dignes de ce nom, bien servie c’est vrai par un casting talentueux. Si dans Game of Thrones, on évite de verser dans le manichéen (à l’exception du personnage de Joffrey Lannister), deux figures auront finis par marquer le show : Cersei et Ramsay Snow. L’une par son évolution, inexorable et l’autre, par son vice, implacable.
Cersei tout d’abord. Dès son plus jeune age, elle porte sur son dos une prophétie qu’elle ne comprend pas très bien : « Reine tu seras, jusqu’à ce qu’en survienne une autre, plus jeune et plus belle, pour te jeter à bas et s’emparer de tout ce qui te tient le plus chèrement au cœur (…) Tu auras des enfants avec le roi, lui seize et toi trois.D’or seront leurs couronnes et d’or leurs linceuls » (entre autres joyeusetés) . Proposée en mariage à de nombreux seigneurs de Westeros qui la refuseront, elle finit par épouser celui qui monte sur le trône : Robert Baratheon. Qui la cocufie éperdument. Ayant trois enfants avec son frère jumeau, les mésaventures (oui on va essayer de ne pas spoiler pour ceux qui ne regardent pas la série ou ne sont pas au courant de ce qui a pu s’y passer) s’accumulant envers sa progéniture ainsi que sa Marche de la Honte vont finir par briser l’équilibre mental de celle qui est encore Reine officielle de Westeros et la pousser dans des retranchements bien dangereux, celle ci n’hésitant plus à éliminer toute concurrence sans faire de détails

A l’autre bout du continent imaginaire de Westeros, voici l’un des plus immondes fils de (CENSURE) que l’ont ai pu voir sur petit écran depuis bien longtemps. Violeur. Sadique. Tortionnaire. Malsain. Bourreau (SPOILER ALERTE! Ce n’est pas une saucisse de Strasbourg qu’il tient dans la main). Le pedigree du personnage interprété par Iwan Rheon est assez chargé et tout au long des quatre saisons durant lesquelles il a été dans le show il aura mis à mal avec délectation Théon Greyjoy (jusqu’à lui faire perdre son identité) et Sansa Stark (incarnation humaine du punching ball). L’épisode de « la bataille des Bâtards » en fin de saison 6 aura permis la rencontre et le duel au sommet entre l’une des plus détestables figures de Game of Thrones et l’une des plus adulées… Pour quel résultat? Si vous ne le savez pas encore, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Le méchant qui n’a pas confirmé : T-Bag ( Prison Break)

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Alors que la mode du revival va toucher la sorte d’étoile filante qu’aura été Prison Break durant les années 2000, retour sur un de ses personnages les plus marquants. Quelque chose à noter sur cette série est qu’elle n’aura fait illusion que le temps de sa première saison, voire de la deuxième… Et quelle illusion! Se souvenir que le générique de Faf La Rage était sur toutes les lèvres et que les tatouages de Michael Scofield sont rentrés dans l’imaginaire populaire. Mais comme beaucoup de séries avec un concept fort, elle n’a pas su s’arrêter et le concept de « à chaque saison, une nouvelle prison dont il faut s’échapper » a fini par lasser et étioler la portée du show au fil des années… A l’instar de la série, un de ses méchants a illuminé l’écran pendant cette fameuse première saison, avant de progressivement perdre de son intérêt voire tomber en ridicule (cf les différentes mutilations qui s’accumulent envers sa personne de saison en saison).
Enfant incestueux, psychopathe, violeur, meurtrier, chef de la bande de suprématistes blancs de Fox River, il impose sa présence avec une démarche féline et fait peser un danger constant sur chacun des protagonistes, sachant se montrer malheureusement pour eux indispensable au fameux projet d’évasion…

Ce personnage aux multiples facettes aura réussi à faire connaitre son interprète Robert Knepper qui aura depuis roulé sa bosse sur des projets aussi divers et variés que Heroes, Le Transporteur 3, Jack Reacher 2, Hunger Games ou bien encore la suite de la cultissime Twin Peaks! Un de ces solides interprètes qui n’aura jamais le premier rôle mais qui saura toujours jouer la partition qu’on lui confiera…

Le plus persuasif : Kilgrave ( Jessica Jones)

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On peut penser ce que l’on veut des séries Marvel pour Netflix ( Jessica Jones, Daredevil, Luke Cage…) mais s’il est une réussite quasi indéniable, cela aura été l’interprétation de David Tennant (BEST DOCTOR EVER!) dans le rôle de Kilgrave. Pourtant ce n’était pas gagné quand on sait que le matériau de base était ça … Mais le talent surpasse tout et même si la série en elle même perd beaucoup de son rythme au fur et à mesure de ses épisodes, chacune des apparitions de l’antagoniste de Jessica Jones finira par nous inquiéter.
En effet, un super méchant dont le pouvoir est…la force de conviction, ça semble pas si effrayant que ça dans un monde ou traînent Hulk, Thor et autres Iron Man? Kilgrave vous convaincra facilement du contraire et c’est au final un duel psychologique que se livreront Jessica Jones et lui tout au long de la saison 1…

 

Ennemis rapprochés : Les Daleks et Le Maitre (Dr Who)

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Les plus grands ennemis du Docteur sont ceux qui lui sont le plus intimement liés : les Daleks, éternels ennemis des Seigneurs du Temps et le Maître, dernier Seigneur du Temps encore en vie avec le Docteur. Si les incarnations différentes du Docteur Qui ont de subtiles différences au niveau du ton et de la personnalité, il y a bien une constante : l’ennemi c’est le Dalek. L’anecdote est connue : le créateur des meilleurs ennemis du Seigneur du Temps dit s’être inspirés des nazis pour ces créatures indifférentiables et à l’idéologie exterminatrice. Si avec le temps ils ont fini par souffrir du syndrome « Dr Fatalis » qu’on peut retrouver dans les comics (méchant au potentiel indéniable mais si souvent utilisé qu’il finit par perdre de son impact et de sa dangerosité justement), il me restera toujours en mémoire ce passage , tout en sobriété, montrant le danger qu’ils peuvent avoir…

Les ennemis séculaires des Seigneurs du Temps auront conduit le peuple du Docteur dans la Guerre du Temps qui aura fini par les détruire… Seul un autre survivant que le héros de la série BBC en aura réchapper… Le meilleur ennemi du Docteur : le Maître. Si lui aussi aura eu l’occasion depuis le retour de la série en 2005 de revenir sous différentes formes, son apparition lors de la période Tennant (BEST DOCTOR…oui bon d’accord je l’ai déjà dit) aura eu cela de touchant qu’il met le Docteur face à un dilemme : peut-on se résoudre à se battre jusqu’au bout contre le dernier de ses semblables? 

Le classique revisité : Moriarty ( Sherlock)

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Le meilleur ennemi de Sherlock Holmes aura peut être été raté dans le deuxième opus du film de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr et Jude Law mais force est de constater que l’incarnation d’Andrew Scott aura durablement marqué au fer rouge la série en elle même. En effet, les producteurs ne souhaitaient pas se faire rencontrer les deux antagonistes dès la saison 1, mais avec le talent de Scott (et celui de Cumberbatch il faut bien le dire), ils ont décidés de changer leurs plans. Pour le meilleur! L’apparition de Moriarty dans la scène de la piscine avec la sonnerie des Bee Gees donnera tout de suite le ton du personnage : désaxé, cabotin et jusqu’au boutiste. Le cliffangher de la fin de saison 2 est d’ailleurs l’un des meilleurs dans ce domaine de ces dernières années et il est du au génie diabolique du meilleur ennemi de Holmes. Conscient de l’impact qu’a laissé le personnage tel qu’il est incarné par Andrew Scott, les auteurs et producteurs n’auront de cesse de chercher à le faire revenir sous toutes les formes, heureuses (Did you miss me?) que moins heureuses (l’inénarrable dernier épisode de la dernière saison dont vous parlera très prochainement Julia)

Le plus esthète : Hannibal Lecter (Hannibal)

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Si Moriarty était directement impliqué dans l’une des fins d’épisodes les plus marquantes de ces dernières années, le Hannibal incarné par Mikkelsen est définitivement de la fin d’épisode la plus marquante de ces dernières années. Laissez de coté les quelques réussites de The Walking Dead, Game of Thrones,etc… Le show, injustement en manque de reconnaissance de Ryan Murphy, aura pendant trois saisons été un véritable OVNI dans le paysage audiovisuel. Esthétisant, lent, verbeux (au sens ou le Verbe a son importance), il est aux antipodes des canons audiovisuels contemporains. Le casting plus que solide (Mikkelsen, Fishburne, Dancy, Armitage, Dhavernas…) aura agréablement été servi par le scénario dont la progression aura été logique et implacable de bout en bout. Il y aurait surement beaucoup à dire sur la série en elle même (l’objet d’un prochain article?) , mais le sujet du jour reste celui qui donne le titre au show. Hannibal Lecter. Passé après Anthony Hopkins n’est pas chose aisée et le pauvre Gaspard Ulliel dans un prequel tombé aux oubliettes, et c’est tant mieux, pourra en témoigner. Pourtant en quelques scènes, on oublie tout ce qu’on a pu voir auparavant, ou plutôt on accepte de ne pas comparer les deux. Mikkelsen est Hannibal, SA version d’Hannibal (ou plutôt celle de Murphy) et inutile de dire que l’on ne pourra qu’être captivé par le raffinement, l’intelligence et les manières qu’il déploiera tout au long du récit dans le véritable jeu du chat et de la souris qu’il mène avec Will Graham. Un personnage intelligent et intelligemment élaboré dans une série qui l’est tout autant. Et plus la série prend de libertés avec le « canon », meilleur c’est, comme dans cette fin de saison 2 ou l’on pense voir se produire l’arrestation du cannibale et ou l’on assiste, au lieu de sa chute, à un retournement de situation le faisant se débarrasser d’en travers sa route la quasi totalité du casting principal de la série. Avec en prime un retournement de situation qui vous laissera la bouche grande ouverte. Estomaquant Hannibal!

 

Et vous quels sont vos méchants de série TV les plus marquants de ces dernières années?

Au passage un grand merci à Jérem’ le geek qui aura aidé pour l’élaboration de cet article.

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