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Concert et politique - crédit photo Louis Comar
Lambrini Girls Rock en Seine – crédit photo Louis Comar

Aller à un concert c’est pour se détendre, doit-on vraiment nous parler de politique ? Cette question, loin d’être la nôtre, on y a été particulièrement confronté.es ces derniers temps. En cause, une vidéo que l’équipe de Pop&Shot réalisait à Rock en Seine suite au concert de Lambrini Girls. Le groupe de punk anglais y arborait un fond de scène avec écrit « Fuck Marine Lepen » et profitait de son show pour balancer ses messages engagés contre l’extrême droit et pour les droits des personnes trans. Un set important, en plus d’avoir été un live bouillant à vivre. Toujours est-il que les défenseurs de l’extrême droite française ont profité de ce post sur Facebook pour nous lâcher quelques 1500 commentaires plein de haine. Au milieu d’un tissus auquel il serait impossible de répondre (parce que les termes « elles puent la pisse » et  » buveuses 8.6 chaude » ne constituent pas un avis assez intéressant pour faire le charme d’un débat intelligent), cette question a donc surgi à de nombreuses reprises. Un concert peut-il être un simple lieu d’amusement ? La musique ne pourrait-elle pas simplement être de la musique et se détacher de tout propos sur la société qui l’entoure ?  Et l’affaire de Mackelmore, exclu des premières parties d’Ed Sheeran en raison de son soutien à la Palestine, n’a fait qu’enflammer le débat. Une occasion pour nous d’explorer ce vaste sujet et d’y apporter un début de réponse. De Billie Holliday à Dolly Parton en passant par Lady Gaga, Madonna, Thom Yorke, Elvis Presley, Oasis, les Sex Pistols ou encore Mackelmore, on fait un petit tours du sujet. Pardon, mais du coup les termes « pue la pisse » ne feront donc plus partie du débat. Mais merci à vous aussi les sniffeurs d’écrans pour votre contribution.

L’art est-il politique ? concert et politique

Concert et politique - crédit photo Louis Comar
crédit photo Louis Comar

On vit une époque où on nous dit que tout est politique. Un terme repris avec tant de force qu’il finit parfois par perdre celles et ceux qui le lisent. Peut-être donne-t-il aussi le tournis. La prise de conscience est souvent douloureuse. Pourtant les faits sont là : le contexte est primordial. L’existence même d’un projet musical dépend de son environnement politique. Le simple fait de pouvoir se produire sur scène et d’en faire un espace libre d’expression n’est pas anodin. Les dictatures brûlent les œuvres, en font des moyens de propagande, font taire celle et ceux qui les critiquent. L’art est toujours le miroir de son environnement. Il en est la réponse, l’analyse, la critique, porteur de révoltes et de messages. Il est, pour le plus grand nombre, notre éducateur sentimental et intellectuel. Et dans ce tourbillon, la musique est son émissaire le plus efficace et certainement le plus direct.

Littérature, musique, politique

Concert et politique - Palestine crédit photo Louis Comar
Crédit photo Louis Comar

On aura vite fait de balayer l’idée que le punk puisse avoir mot au chapitre en terme de politique. Qu’en savent ses représentant.es ? Et puis où serait donc la musicalité dans un courant incompris ? Le mépris de classe veut qu’on catalogue les arts et registres. Certains mériteraient donc plus d’attention et de respect que d’autres. Au risque de surprendre (non), la contre-culture punk n’est pas la seule à dénoncer. Au contraire, toute l’histoire de l’art regorge d’exemples en ce sens.  Chères élites, votre ami Jean de La Fontaine, utilisait déjà son art pour moquer le roi Louis XIV à travers une satire qui utilisait le masque des animaux  pour mieux donner sens à son propos. Victor Hugo parlait de la peine de mort dans « Journal d’un condamné » pour ne pas citer l’évident « Les Misérables ». On pourra aisément ajouter « Germinal » de Zola à cette courte énumération.  L’idée n’étant pas de perdre de vue notre thématique, on évitera de fouiller dans l’immense terreau littéraire qui grouille d’exemples en la matière. Le questionnement sur l’art est l’une des grandes thématiques en philosophie. Il n’a pas vocation à être beau et à s’accrocher dans son salon. Evidemment, il peut être beau – parfois sublime mais ce n’est pas sa raison d’exister. Si tout est politique qu’en est-il d’artistes qui refuseraient de prendre position sur scène ? Nous reviendrons plus tard sur le cas Ed Sheeran pour mieux parler de Thom Yorke. Le monde actuel exige une transparence constante. Le meneur de Radiohead en a payé les frais après avoir refusé d’offrir son soutien à  la Palestine pendant un concert. Un membre de l’audience l’avait interpellé en lui demandant de s’engager aux cotés de Gaza. Le chanteur qui a pourtant  pour habitude de se tenir du côté des opprimés avait alors choisi de ne pas répondre à cette demande. Ce n’était selon lui pas le bon moment. Une absence de prise de position qui avait été vécue comme une trahison envers la cause et qui a été reprise en boucle sur les réseaux sociaux.  Le monde actuel laisse finalement peu de place aux opinions mitigés et c’est aussi parce que les thématiques que nous rencontrons sont de toute gravité et requièrent une profonde urgence. La crise écologique et les guerres ne sauraient attendre.

Oasis, les Beatles, la représentation des classes sociales

Il n’empêche qu’il n’y a pas toujours nécessité à parler pour être l’émissaire d’une idée.  Même sans rien dire, la notoriété de certains artistes ne sont pas sans sens.  Oasis et les Beatles partagent une aura commune. Les deux groupes viennent des couches populaires de villes industrielles d’Angleterre, respectivement Manchester et Liverpool. Aujourd’hui, malgré les millions, le franc-parlé des frères Gallagher et leur refus de jouer le jeu d’une certaine manière bourgeoise d’afficher sa fortune font échos pour  des millions de fans. Ils s’identifient à une attitude, une éducation, un espoir de chances. Il y a une véritable défiance, une lutte des classes qui se joue en l’attachement à des groupe. Et leur capacité à remplir des stades en quelques secondes sont l’héritage de cette attitude. Liam est le représentant d’un Manchester ouvrier et, lorsqu’il refuse de jouer la carte du media training pour rouler des mécaniques, le charme opère. Et ce malgré les 400 millions de bénéfices engendrés par la tournée de réunion d’Oasis. Les prix  actuels des billets de leur tournée 2027 et l’utilisation des prix dynamiques  en 2025 vont à contre-sens de ce qui fait leur célébrité. Peut-on représenter une classe sociale et l’exclure en même temps d’un accès à la culture ? L’augmentation actuelle démesurée des prix des concerts est politique. Certes une tournée paye un immense nombre d’intervenant.es et de lieux et ces profits ne vont pas uniquement dans les poches de l’artiste. Il n’empêche que la musique doit rester populaire et accessible au plus grand nombre.

Concert et politique - crédit photo Louis Comar
Shaka Ponk – Crédit photo Louis Comar

La regrettée Dolly Parton, qui nous a quitté cet été avait elle aussi une image de première importance. Certes, la musicienne était ouvertement engagée sur de nombreuses causes (santé, éducation, soutien aux démunis …) mais son look à lui seul en disait long. En choisissant un style extravagant, perruque blonde et franc parler qui sent le chewing-gum, en refusant le « bon goût » de la bourgeoisie, en gardant « l’attitude » de la fille issue de la pauvreté qu’elle était, Dolly a acquis un statut d’idole.  Sa façon d’être, elle ne l’a jamais tronquée. Ce refus des codes et conventions, c’est aussi une façon de faire rêver – un exemple inclusif. Ce naturel, elle était connu pour l’amener avec elle sur scène où elle prenait plaisir à beaucoup échanger avec le public, notamment sur son enfance dans la pauvreté au Tennessee. Elle aimait à plaisanter sur son apparence en disant :  » Ça coûte beaucoup d’argent pour avoir l’air aussi bon marché. » Une façon de rappeler qu’on doit être fier.es de nos origines.

Une longue histoire de musique, de luttes et de révoltes concert et politique

Concert et politique - crédit photo Louis Comar
Crédit photo Louis Comar

Cette histoire de lutte sociale ne date pas d’hier. Elle habite l’histoire de la musique et en est le cœur. Lorsque Billie Holliday chantait « Strange fruit », elle ne parlait pas – spoiler alert – d’un fruit. Elle parlait du lynchage de la communauté afro-américaine dans le Sud des États-Unis. Cet étrange fruit, c’est la métaphore d’un homme pendu à un arbre. Le titre est d’ailleurs, à sa sortie en 1939, perçu comme une  déclaration de guerre en plein mouvement pour les droits civiques.  Il est interprété pour la première fois au Café Society à New-York, un jazz club particulièrement progressiste. À cette occasion les lumières s’y sont éteintes, le service s’est arrêté, et c’est dans le plus grand des silences qu’elle entamait son titre. Une histoire abominable de racisme abjecte hante, comme on le sait, les racines du blues. Ce crie de libération est issu des chants de travail des esclaves afro-américains. D’abord chanté pendant le labeur pour exprimer une douleur collective, il devient post abolition une façon de raconter et de commémorer la misère, l’errance.  Tous les courants qui en découlent, le rock parmi eux, ne pourront jamais se revendiquer d’être entièrement apolitiques.

Autre légende, autre positionnement. Elvis Presley a toujours refusé de s’engager sur le terrain de la politique, se voyant comme une « simple » chanteur. Il refusait de prendre position sur les sujets qui touchaient son époque. La guerre au Viêtnam en tête de liste. Il expliquait ne pas vouloir diviser son public et pour autant… sa petite histoire inscrite dans une bien plus grande histoire disait toute autre chose. Dans une Amérique conservatrice et ségrégationniste, il popularisait le blues et le gospel. Sa gestuelle sexualisée lors de ses concerts bousculait la morale des années 50. Et tout cela a impacté la société Américaine à grande échelle.

Et le punk dans tout ça ?

Lambrini Girls
Lambini Girls crédit photo Louis Comar

L’histoire même du punk est intimement liée aux luttes contestataires. Sans nécessairement incarner un courant politique particulier, le genre est né de l’opposition à l’establishment anglais. Au programme donc, nihilisme et anarchie. Existant comme une contre-culture, il crée  un sous-genre à la fin des années 70 au Royaume-Unis. : le Oi!.  C’est une réponse à la commercialisation du punk originel qui à force de se vendre devient, aux yeux de certain.es, trop bourgeois. Les jeunes des quartiers populaires s’y retrouvent comme les skinheads – à l’époque non politisés- . Puis les différences explosent. Là où les Sex Pistols prônaient l’anarchie au UK, défiaient la reine d’Angleterre sur « God Save the Queen », l’accusant même d’être la source de la crise économique du pays, le Oi! se divise. Certains groupes se plongent dans l’idéologie néo-nazie. En réponses d’autres groupes du même courant mais de gauche comme The Burial affichent fièrement leur  position anti-raciste. D’autres groupes de punk créent ensemble des rassemblement contre le fachisme. Ils prennent d’assaut les scènes et se retrouvent en concerts pour dénoncer le racisme. Parmi ceux qui y participent on retrouve The Clash, Buzzcocks, Steel Pulse, The Ruts … Lambrini Girls sont donc les dignes héritières d’une histoire qui ne demande qu’à être entendue.

Vitalic - Fnac Live - 2022
Vitalic au Fnac Live 2022 – Crédit photo : Louis Comar

La lutte pour l’équité durant les concerts est une arme essentielle. Le meilleur moyen de transmettre un message est évidemment d’en parler, beaucoup, tout le temps. Ils sont l’occasion de parler au plus grand nombre et de créer des consciences.  Vitalic l’expliquait à juste titre dans une interview qu’il nous accordait en rapprochant concerts et raves : « Le disco des années 70, les chants des esclaves noirs dans les champs de coton. La musique est politique. La rave, ce n’est plus très nouveau, mais c’est un peu la nouvelle forme de prise de liberté sans demander l’autorisation. »

Free Palestine !

Concert et politique -Fontaines D.C. crédit photo Louis Comar
Fontaines D.C. – Crédit photo Louis Comar

Aujourd’hui, tous les yeux sont tournés vers Ed Sheeran. Pour rappeler les faits, Mackelmore, qui ouvrait sur la tournée du célèbre musicien, s’en est fait exclure. En cause, ses déclarations de soutien à la Palestine et à la population de Gaza pendant le spectacle. Tout en rappelant que dénoncer Israël n’était pas attaquer la communauté juive, le musicien s’est attaqué au génocide en court. Des propos qui n’étaient pas au goût de Pink. Après que cette dernière s’en est plainte sur les réseaux sociaux, la sanction est tombée. De son côté Ed Sheeran a vu tous les artistes qui devaient assurer ses premières parties se désister et sa prise de position très molle sur le sujet n’a fait que renforcer l’indignation du public. Mackelmore a choisi de son côté de reverser tous les cachets de cette tournée à des association venant en aide à la Palestine. Le sujet est de prime importance et rappelle que la liberté de parole, même sur des espaces scéniques, n’est pas sans conséquence. Et si cette parole dérange, si elle agite, c’est parce qu’elle est vitale. Kneecap ne dira pas le contraire. Le groupe irlandais a lui aussi soutenu la Palestine lors de chacune de ses représentations scéniques. Accusée d’apologie du terrorisme pour avoir brandi lors d’un concert un drapeau du Hezbollah, la formation a vécu de nombreux procès. Mais elle est surtout à l’origine de la perte de subvention de l’Ile-de-France pour Rock en Seine. La région a en effet fait pression sur le festival pour qu’il déprogramme le groupe en 2025.  Une demande refusée et un acte fort de la part de l’évènement dont les conséquences s’inscrivent dans le long terme. Les artistes profitant de la scène pour parler de la situation palestinienne sont nombreux. Fontaines D.C, les potes de Kneecap affichent le drapeau à chacun de leurs lives, Hayley Williams scande des « Free Palestine » pendant ses représentations…

La pop popularise la sensibilisation

La défense des minorités et des opprimés est omniprésente. En la matière, la pop n’est pas en reste. Et c’est d’autant plus pertinent qu’elle vient toucher un public varié et souvent dès le plus jeune âge. Les Spice Girls en sortant le Girl Power ont permis à toute une génération de jeune-fille de se confronter pour la première fois au féminisme. Et ce sur album comme sur les planches. Impossible d’oublier leur concert à Paris-Bercy en 1998 et leur interprétation de « Two become one », qui traitait de rapports protégés.

Concert et politique -
Madonna – crédit photo Louis Comar

Autre époque, autre histoire. Nous sommes en 1986, l’épidémie de SIDA bat son plein à New-York. Les morts sont nombreux, la stigmatisation d’une violence sans nom. Le Pyramid Club, célèbre salle artistique de la Grosse Pomme, organise un gala de soutient à Martin Burgoyne, ami, colocataire et premier manager de Madonna. Il est atteint du VIH, les frais médicaux aux États-Unis sont hors de prix, impossibles à financer. Andy Warhol et Madonna participent activement à cette soirée et en profitent pour briser un mythe alors tenace : on peut partager la même pièce qu’une personne malade sans risque. C’est l’une des nombreuses actions qu’a eu Madonna pour lutter contre l’épidémie et l’ostracisation des personnes qui en étaient victimes.

La scène pour les droits LGBTQIA+ concert et politique

Lady Gaga
Lady Gaga – crédit photo Louis Comar

Elle est également et a toujours été une alliée de taille pour la communauté LGBTQIA+.  En 2012, elle se produit en Russie alors que la répression y est au plus fort. Elle profite de son concert pour défendre ouvertement les droits de la communauté. Une action qui lui vaudra des poursuites et des menaces de sanctions de la part des autorités locales. Mais qu’importe, le message est passé et est entendu.

Elle est loin d’être la seule à avoir profité de ses concerts pour donner de la voix à ce sujet. En 2023, le groupe The 1975, de passage à un festival en Malaisie, critique ouvertement la criminalisation des relations homosexuelles dans le pays. En guise de protestation, Matt Healy embrasse son bassiste Ross MacDonald face au public. Les autorités locales arrêtent alors immédiatement le concert et annulent le reste du festival. Plus tard, elles attentent un procès contre les musiciens et mettent même en place de nouvelles lois pour éviter que ce type d’évènement ne se reproduisent. Pour les personnes sur places, victimes d’un gouvernement criminel en leur égard, ces voix qui s’élèvent pour les représenter et leur offrir un autre réalité sont de première nécessité.

Concert et politique - crédit photo Louis Comar
The 1975 _ crédit photo Louis Comar

Impossible évidemment d’aborder le sujet sans évoquer Lady Gaga. Alliée depuis ses  débuts, elle n’a de cesse de défendre la communauté à chacune de ses apparitions. Sur son Mayhem Ball Tour, elle arborait notamment une traîne arc-en-ciel géante. Au moment de la sortie de l’album « Born this Way » et toujours en Malaisie, Les paroles « gay, straight, or bi, lesbian, transgender » sont supprimées sur les radios. Gaga répond plus fort et demande à son public sur place de s’affirmer, de se battre pour ses droits. Côté média, elle sera également la première personne à utiliser le mot « transgenre » à la télévision à l’occasion de son invitation au SuperBowl en 2017. Une autre scène, visible elle sur les écrans du monde entier.

Et le féminisme concert et politique

Si le sujet est si vaste qu’il mériterait un véritable ouvrage pour le traiter entièrement il faut bien lui donner une fin. Difficile en cette rentrer 2026 de le clore sans évoquer le Daisy Chain Fields. Le festival créé à l’initiative d’Olivia Rodrigo se tenait en Californie le 29 août. Sa particularité ? Une programmation 100 % féminine. Un évènement qui s’inscrit dans la continuité du Lilith Fair créé par Sarah McLachlan en 1997. Il était une réponse à une industrie musicale sexiste et aux promoteurs qui affirmaient alors qu’un festival uniquement composé de femmes serait un flop. Sheryl Crow, Tracy Chapman, Jewel, Fiona Apple, Erykah Badu ou encore Missy Elliott avaient alors prouvé que ces aprioris étaient aberrants. L’évènement fut une succès critique et commercial. Aujourd’hui Olivia Rodrigo vient ajouter sa pierre à l’édifice. Elle invite Chappell Roan, Doechii, Garbage, The Breeders, Mitski, Bikini Kill, Santigold, Stevie Nicks, Rachel Chinourir pour ce qui est sans nul doute, l’un des évènements les plus importants de l’année. Pour aller plus loin, elle rend le festival entièrement caritatif. Les artistes s’y produisent gratuitement, les fonds sont reversés à dix associations venant en aide aux femmes et aux jeunes-filles.

Concert et politique - rock en seine crédit photo Louis Comar
Rock en Seine – crédit photo Louis Comar

Certes, le concert reste un lieu de plaisir, un moment pour s’échapper, pour s’aérer et pour se laisser aller. Mais il est impossible de mettre culture, art et politique dans des paniers différents. La politique d’un pays permet ou non à un artiste de se produire sur scène. Le simple fait qu’il soit possible de voir des femmes jouer sur scène est le résultat de luttes et de révoltes. Le fait de pouvoir s’y exprimer sans censure, de pouvoir chanter sur tout sujet est une prise de liberté et de droits. Celui de se rassembler, de faire la fête. Le budget alloué à la culture qui permet la création d’évènements est un enjeu de taille chaque année. Il faudra toujours des artistes pour parler au nom des plus démuni.es et pour rappeler la chance que nous avons de vivre en un lieu et une époque qui permet simplement de pouvoir aller les voir se produire. Une chance  dont la fragilité est tangible.  Une notion à garder en tête à l’approche de chaque élection.


Lambrini girls à Rock en Seine Photo : Louis Comar

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C’est sans nul doute la plus belle surprise de l’année jusqu’à maintenant : the Fooler, le nouvel album du californien Nick Waterhouse, actif dans la musique depuis une dizaine d’années (37 ans aujourd’hui), touche la perfection. C’est d’autant plus surprenant que nous n’attendions rien de lui particulièrement, sans cesse mitigés par ses productions depuis que nous l’avons découvert avec son troisième album, sur lequel figurait le fameux « Katchi », repris ensuite avec Ofenbach dans une version mastodonte aux plusieurs dizaines de millions d’écoutes. Aujourd’hui, en plus de nous offrir son œuvre la plus aboutie, le chanteur parvient à donner à cette dernière une odeur de classique. Oui the Fooler est déjà un petit chef-d’œuvre, dont la qualité dépasse à des années lumières ses précédentes compositions. Son récent concert à la Boule Noire, dans un cadre très intimiste, était là pour en témoigner.

the fooler nick waterhouseL’artiste et son bijou poli 

Amateur d’une musique dont les IA doivent ignorer l’existence, celle du vieux Rythm & Blues américain mélangé à un grain de soul et un autre de Rock’n’Roll, Nick Waterhouse a fait sa marque de fabrique sur cet aspect légèrement arriéré,  avec une image de crooner en chemise se baladant dans des salons mondains américains des années 40/50/60. Symbole d’une Amérique classe, propre, éclairée de nuit en ne perdant rien de sa superbe… Nick Waterhouse a donc toujours été tourné vers le passé, mais avec une justesse que l’on peut difficilement lui reprocher. Le rôle lui colle à la peau.

Ce dernier album, son 6e, est le marqueur de l’évolution du personnage. Plus profond, plus sincère encore, plus attentif aux détails. The Fooler est à propos d’un endroit, d’une vie qu’il a vécu, et dont il souhaite se détacher. Il s’agit de San Francisco, où il s’est installé à l’âge de 20 ans. Dans cette ville fantasmée qu’il ne reconnait plus désormais, il dépeint dans son album les fantômes qui le traversent. Un endroit disparu, dont les souvenirs et la mémoire parlent encore, mais avec quelle vérité ? Ce contexte et récit donnent à l’album une teinte particulière, aussi sombre que luxuriante, entre la nostalgie et le besoin d’avancer.

Pour l’aider à faire entendre cette part intime et authentique, Nick Waterhouse a fait appel au producteur Mark Neill, star de la scène post-punk de la côte ouest, qui en est évidemment pour beaucoup quant à la perfection d’ensemble. La musique de Nick n’a jamais sonné si classe et si belle. C’en est même impressionnant tant le son éclaire avec justesse les émotions délivrées par les compositions.

Sur scène, le choix des lieux semble entrer en cohésion avec l’esprit de l’album. La Boule Noire, plutôt connu pour ses concerts  de la scène actuelle orientés rock ou rap, a accueilli l’artiste californien le 25 avril dernier. Une bien belle surprise quand on connait la petite capacité de la salle, et de l’ambiance intimiste qui y règne. Une chance de pouvoir voir un tel artiste dans ce cadre. Rien ne semble être laissé au hasard pour faire resplendir comme il se doit ce nouvel album. Accompagné de trois autres musiciens, d’une rigueur implacable, Nick a donné un concert formidable, avec des versions fidèles à l’album. 

L’évidence criante comme source de fascination

Nick Waterhouse boule noire
©Julia Escudero

Dans ce Fooler où tous les astres s’alignent pour donner naissance à un joyau, le plus important reste sans nul doute celui des compositions. Magiques par leur évidence soudaine, si bien que la première écoute vous emportera déjà bien loin, les 10 chansons qui forment cet album sont dignes des plus grands maitres d’écriture musicale américaine. Comment est-ce même possible de viser si juste ? Venons-nous-en à nous demander. L’enchainement de l’ensemble, sans une seule seconde en deçà du reste, nous transporte dans un climat typiquement américain, d’une sensibilité et beauté extrême, BO parfaite des films de George Cukor et de Joseph L. Mankiewicz. Il y a à l’écoute de the Fooler, sentiment que l’on retrouve sur scène, une impression de plénitude ultime, comme une seconde peau qui viendrait enlacer vos plus belles attentes, et vous couvrir de plaisir. De « Hide and Seek » à « It Was the Style » en passant par « Late in the Garden », l’album ne fait que répéter inlassablement sa perfection en affirmant délicatement l’originalité de chacune de ses pièces.

Sur la scène de la Boule Noire, les morceaux de l’album se sont enchainés avec tout autant de grâce et de subtilité. Lunette de soleil sur les yeux, Nick Waterhouse est venu, accompagné de sa lumière tamisée, nous rappeler la signification du terme fascination. The Fooler a tout d’un grand.


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Astéréotypie – « Aucun mec ne ressemble à Brad Pitt dans la Drôme »

Déjà élu meilleur titre d’album français de l’année si ce n’est au-delà, le nouvel album du collectif Astéréotypie a la carrure d’un grand. Aucun mec ne ressemble à Brad Pitt dans la Drôme vient tout juste de sortir vendredi 29 avril dernier et sera présenté en live à la FGO Barbara le 05 mai pour sa release party. Même si aucun sosie de Brad Pitt n’a non plus été aperçu de notre côté, on doit absolument vous dire pourquoi ce projet est à ne pas rater.

 

 

 

Ils sont nombreux au sein du collectif. On y compte neuf personnes, dont quatre à la partie texte/chant : Claire Ottaway, Yohann Goetzmann, Stanislas Carmont et Aurélien Lobjoit. Ceux-là sont réunis autour d’une même affection pour les mots, au delà de leur autre point commun : être atteints du trouble autistique. D’autres les accompagnent aux instruments : Christophe L’Huillier (guitare), Arthur B. Gilette et Eric Tafani (membres du groupe Moriarty en charge des textures sonores à la guitare et à la batterie), Benoît Guivarch (claviers et synthés modulaires) et Félix Giubergia (l’homme de l’ombre). A eux tous, ils forment ainsi Astéréotypie, né il y a une dizaine d’années à l’Institut Medico-Educatif suite à des ateliers d’écriture desquels ont surgi l’évidence d’une union artistique et musicale, entre éducateurs et auteurs de textes prometteurs. Depuis, ces derniers sont soutenus par un rock saillant et pulsatif, ayant mené à plusieurs concerts puis à un premier album en 2018, intitulé l’Énergie Positive des Dieux. Quatre ans après, le collectif revient plus fort que jamais, bien décidés à retourner la production musicale française.

Journaux intimes partagés

Avec quatre voix et identités aussi distinguées, lesquelles assurent chacune l’interprétation de morceaux bien spécifiques, l’album a la qualité d’être extrêmement composite. Chacun des quatre en avant-scène détient ses moments à soi, comme des journaux intimes partagés mais toujours dans le respect de l’intimité et de l’univers de l’autre, sans d’autres interventions que les mots et pensées de celle ou celui qui les façonne. Viennent ainsi à nous des bouts d’existences variés, reliés par une musique non pas seulement d’accompagnement, mais de véritable pousse à bout. Celle-ci les oblige à tout donner, tant la composition instrumentale place la barre haute. Ce croisement entre nombreuses forces plurielles fait la beauté du projet, qui parvient en outre à garder une impressionnante cohérence d’ensemble. « Aucun mec ne ressemble à Brad Pitt dans la Drôme » est d’ailleurs une chanson avant d’être le nom de l’album. Claire Ottaway en est l’autrice et l’interprète. Elle signe le titre le plus marquant et iconique de ne nouveau projet, mais ne fait pas d’ombre au reste, lui aussi de très haute volée.

Monde à l’envers retourné

Dans leurs manières de dire et d’écrire, nos quatre narrateurs surréalistes jouent de leur capacité à exprimer ce qui leur passe par la tête dans des fantaisies singulières du quotidien. Sourire inévitable. Derrière, l’appui musical leur rend particulièrement honneur grâce à des compos aussi stéréo-atypiques que les textes. Le tout forme un drôle de mélange qui, lorsqu’on commence à y goûter avec cette folle entrée en matière « Le Pacha », donne envie d’aller crier un bon coup dans la rue pour réveiller tous les endormis de la vie monotone et désenchantée. Tout est ici dans le désordre, ou plutôt sans ordres. Véritable réservoir des impossibles possibles. Les phrases burlesques s’enchaînent jusqu’à faire espoir.  « La vie réelle est agaçante » martèle Claire Ottaway. Un autre monde s’ouvre alors, dans lequel Paul McCartney est open pour jouer en première partie au Parc de Sceaux. On aurait préféré Lennon, mais le collectif ne va tout de même pas jusqu’à ressusciter les morts.

Ca balance dans la drôme

A la place, Stanislas Carmont préfère plutôt dresser un arbre généalogique des billets de banque sur le titre « 20 euros » où il déclare non sans ironie sa flamme au pognon. Le clip, sorti 2 jours avant le deuxième tour de la présidentielle, l’imagine d’ailleurs président. Réalisation sur-vitaminée pour musique épileptique. Le tout impressionne par son ampleur, comme c’était déjà le cas pour le clip précédent du titre éponyme. Qu’il fait du bien de voir telle qualité chez des groupes qui n’ont pas forcément de grands moyens. L’effort du collectif pour créer quelque chose de singulier sur cet album est considérable.

Côté son, le rendu fout de sacrés claques, grâce une production furieuse. Les textures vont piocher aussi bien dans une électro hypnotique que dans un rock charnu. On y croise Alan Vega en marchant aux abords de l’Allée Sauvage de Beak (« Reine d’un sort »). Voilà qui est revigorant, en attendant de se faire taper par le fantôme énervé de Sonic Youth.

La course dure 37 minutes et n’épargne pas grand-chose, et vaut amplement le coup. Ça respire le lâcher-prise (dans les règles de l’art), la bonne humeur, la nouveauté, le rock et tout ce qui va avec. Astéréotypie fait de son Brad Pitt introuvé l’un des plus puissants albums français de ces derniers mois, voire années. Et ce que l’on en tire, c’est qu’aucun collectif ne ressemble à Astéréotypie dans cette drôle d’industrie.


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Luca Wilding
Luca Wilding par Louis Comar

C’est en écoutant Leonard Cohen que  le britannique Luca Wilding se découvre une envie de devenir auteur-compositeur. Celui qui n’avait pas touché d’instrument dans sa jeunesse est alors touché par la grâce du maître canadien. C’est donc sans surprise que notre prodige anglais marche sur les pas d’un autre compositeur tout aussi brillant : Jeff Buckley. Il lui emprunte, outre ses références musicales, sa légèreté, sa beauté, son sens de la mélodie et sa douceur. Au court de ses compositions, Luca Wilding , invite avec simplicité à marcher sur l’eau. Sa voix aérienne et envolée se pose avec la douceur d’une berceuse, masse les âmes et convoque l’intime. Pour les porter, à pas de velours, il ajoute une guitare sèche qui sublime la grande pureté de ses compositions. A la vie, celui qui a grandi entre Devon et Londres ressemble étrangement à un certain Roger Hodgson jeune. Il lui emprunte tout autant son immense talent que ses cheveux longs. Luca Wilding évoque bien des références qui touchent au céleste comme son immense « Nobody Game »qui a le raffinement folk de « What he wrote » de Laura Marling. Loin de simplement emprunter à tous, le musicien s’offre un univers onirique bien à lui qu’il défendra très prochainement sur son  EP « To » dont la sortie est prévue pour le 27 novembre. De passage à Paris au Pop Up du Label le 18 octobre 2021, le talentueux Monsieur Wilding en a profité pour prouver que sa folk aérienne bouleverse autant en concert que sur album. L’apogée de ce moment passé en sa compagnie dans un cocon, était, il va s’en dire l’interprétation d' »Heartachers » qu’il vous faudra écouter d’urgence pour toucher à la perfection et à la délicatesse de la blancheur de la neige à venir.

Oete : l’oiseau rare

Oete à LA BOULE NOIRE
Oete ©Kévin Gombert

Retenez bien ce nom, Oete, il y a fort à parier qu’il fera bientôt partie de ces artistes que public et médias s’arrachent. En attendant de retrouver cet indomptable troubadour en haut de toutes les affiches, qu’il est bon profiter de sa confidentialité pour se repaître de la beauté de son répertoire et de sa candeur. Le pOETE  de 22 ans dévoilait en septembre un single alliant la grâce du meilleur de la chanson française, conjuguant au plus que parfait la douceur avec la rythmique dansante et intitulé « La tête pleine ».  Difficile de l’écouter sans en sortir la tête emplie de ses notes qui s’immiscent dans les esprits et les coeurs. Ses premiers pas virevoltants y inspirent la fraîcheur des débuts et la détermination des plus grands. Le jeune homme a le sens de l’introduction qui happe, du refrain qui frappe fort et surtout la juste mesure de la voix qui transperce. Avec son timbre grave reconnaissable entre tous, il dépeint les sommets de l’amour. Ce nouvel essai réussi fait suite à l’immense « HPV », son premier jet dévoilé. Depuis ce colibri s’élève note après note alors que son premier opus se fait déjà douloureusement attendre. Si le suspens parait insoutenable, il est aisé de se délecter de son univers en live.  En concert, l’oiseau rare promet un moment aussi jovial qu’hypnotisant. Impossible de détourner les yeux d’une scène qu’il envahi intégralement, recouvre de ses merveilles disposées comme des cadeaux. « Pour faire le portrait d’un oiseau, il faut d’abord peindre une cage avec la porte ouverte » écrivait Prévert, bien inspiré alors que ces quelques mots n’ont de cesse d’évoquer Oete qui chante dans son répertoire à couper le souffle sa liberté chérie. « Ne pas se décourager, attendre, attendre s’il le faut la vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau.. » ajoutait-il alors qu’il semblait que le paysage musicale français attendait sans le savoir avec une patience silencieuse l’arrivée de notre prodige. « S’il chante c’est bon signe » serait-on tenter de conclure. Signe du moins que la chanson française a de beaux jours devant elle qui se dévoileront encore un peu plus le 23 novembre à la Dame de Canton à Paris. Ne le loupez pas.

Molly Burman : relève pop made in UK

Molly Burman pour la pias nite
Molly Burman ©Kévin Gombert

Le Royaume-Unis a toujours eu un sens inné de la pop. L’inventant, la sublimant, déterminant ses codes pour mieux les brouiller et surtout leur donnant ses lettres de noblesse. Sur cette scène plurielle, la part de féminité est importante et variée. Pourtant une certaine aura dansante et qualitative se dégage d’artistes qui ont su frapper fort : Kate Nash ou encore Lily Allen sont de celles-là. Et un peu plus tard, sur leurs traces, voilà que débarque la boule d’énergie Molly Burman. Originaire d’une famille de très grands musiciens ( sa mère était chanteuse pour Shane macGowan, son père a joué aux coté de Paul Cook des Sex Pistols dans Chiefs of Relief), la musicienne suit leur traces tout en se construisant son propre univers. A seulement 19 ans seulement, elle s’impose de par ses notes sucrées, ses accords bien construits et son sens aiguisé du refrain. Repérée par le label Pias, signe de qualité s’il en est, elle chante son quotidien en liant une âme féministe à la dérision propre à nos voisins Outre-Manche. Renouant avec une certaine époque des années 2000, convoquant l’esprit adolescent tout en y alliant une touche de modernité, la chanteuse appelle avec sa voix calibrée et son accent qui fait plaisir aux oreilles à la suivre titre après titre. Ce décalage rétro-moderne pourrait bien devenir la bande originale de « Sex Education » tant la talentueuse Molly Burman en porte l’âme. Accessible et pointue, elle signait à l’occasion du retour des Pias Nite post Covid, une performance touchante et colorée où l’humour flirtait avec l’âme du bal et le professionnalisme aiguisé. Naïveté et danse y font si bon ménage. Une découverte à suivre de près.

Ottis Coeur : cross my heart

Ottis Cœur_Luis Escudero Gimenez
Ottis Cœur par Luis Escudero Gimenez

Un single et son clip en poche pour « Je marche derrière toi » et voilà qu’Ottis Coeur est déjà au centre de toutes les attentions. Il faut dire que le duo sait tordre les codes pour mieux les reconstruire. Loin de suivre les idées reçues, le tourbillon déchaîné emprunte à Brigitte sa symbiose et sa symétrie musicale, cassant cet esprit chanson pour créer un chant des sirènes rock où les rythmiques dominent. Alors que le premier EP de la formation verra le jour fin novembre 2021, les copines ont déjà su s’attirer les ferveurs des plus grands en figurant à la sacro-sainte liste des Inouïs du Printemps de Bourges 2021. Qualités vous dites ? Le pluriel est effectivement de mise. Outre leur sens du single instantané et leur capacité à créer des hymnes au delà des morceaux, Ottis Coeur sait aussi transmettre ses messages.  Dans leur titre « Coeur à Corps », le groupe offre un vibrant dialogue à elles-mêmes évoquant le corps, cet allié que la société traite comme un ennemi dès qu’il ne répond pas aux critères de beautés qu’elle a injustement fixé. Spontanée, la joyeuse troupe offre une performance rétro-moderne où la fougue des années 90 devient l’écho d’une nouvelle génération qui frappe fort. La formation porte bien son nom tant elle touche les coeurs, parle à la tête, somme les jambes de danser. Leur sincérité fait mouche, leurs titres sentent bon les bulles de chew-gum acidulées aux couleurs pastels, qui collent au corps lorsqu’elles explosent. Impossible ici, de se détacher de leurs notes une fois qu’elles s’invitent dans les esprits. Tant mieux, puisque le duo devient addictif en quelques accords seulement. Vous voilà prévenus.


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