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la Boule Noire

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mama festival 2021
Photo : Louis Comar

Depuis deux ans Pigalle s’était endormie. Ces dernières semaines quelques vibration la faisaient timidement sortir de son sommeil. Et puis un jour, le grand réveil a – enfin- pointé le bout de son nez. Le MaMA festival & convention 2021 était là pour rendre au quartier son incursion dans le monde merveilleux de la musique live. Évènement emblématique du quartier, incontournable pour les professionnels de la musique et les amateurs de programmations pointues, ces trois jours étaient là pour rassembler, rencontrer et profiter de concerts (presque) comme avant. Nous y étions.

Se parer de jaune, vert et rose 

Pandémie oblige, le pass sanitaire est obligatoire pour rentrer dans les lieux nombreux du festival. Ainsi le marathon dans Pigalle commence chaque jour par la récupération du précieux sésame à l’entrée du Trianon : un petit bracelet aux couleurs du programme de la journée. Ce ne sera pas la seule salle concernée par la très dense programmation du MaMA. Cette année, en plus des bars, du FGO Barbara et des évènements en OFF, huit salles ont été réquisitionnées pour profiter pleinement des festivités. Quelques trois de moins que lors de précédentes éditions. Exit le Bus Palladium et le Carmen, la faute sûrement à imputer à la pandémie et aux jauges réduites. Malgré tout la Boule Noire, la Cigale, le Backstage ou encore la Machine ne dérogent pas à la règle et font partie des lieux qu’il est bon retrouver.

Une journée au MaMA, ce n’est pas uniquement de la musique, c’est aussi une quantité de professionnels, quelques 6589 cette années parmi lesquels labels, programmateurs, tourneurs, bookeurs, RP, etc., venu profiter de cette grand messe conviviale autour de vitrines musicales et de conférences. Il faut aussi compter sur des entrepreneurs venus présenter leur projet sur les stands de ce salon hors normes. D’ailleurs, le féminisme est grandement mis en avant pendant ces trois jours : l’application Safer présente sur le site qui a pour but d’alerter en cas d’agressions en festivals ( une bonne idée après les nombreux scandales connus notamment au Hellfest), les affiches contre le harcèlement réparties sur tous les sites du festival et le projet Lapee récompensé par le MaMA Invent RIFFX qui lui a pour but de créer des urinoirs (roses) pour les femmes en festival .

Une chose est sûre, dans cette partie Convention de l’évènement, il y a du beau monde. Que ce soit la ministre de la Culture Roseline Bachelot et son passage le jeudi ou bien Jean-Michel Jarre, Étienne de Crecy et Ben Barbaud, ils sont nombreux à avoir fait le déplacement.

Il mixait du piano debout.

S’il y a bien une chose que tout le monde vous dira au MaMA, c’est que vous allez marcher. Cette édition ne déroge pas à la règle, c’est un vrai marathon. Comme toute course il y a une ligne de départ, et c’est Laake, à la Cigale qui est chargé de sonner le début des hostilités. L’artiste surprend et impressionne avec son show. Posté devant son piano à queue agrémenté d’un synthé, d’un pad et d’autres appareils pour rajouter des sonorités électroniques, il ne se ménage pas. Debout, il est entouré d’un orchestre et comme un chef il mène ses troupes à la baguette pour livrer une époustouflante prestation qui laisse le public sans voix. L’électro y est soigné, mis en valeur, les sonorités sont variées, les compositions pointues. Laake est de ces claques qu’il fait bon prendre. Il est une prise de dialogue entre les courants et les instruments, polyglotte du langage universel qu’il sublime au grès de ses notes.

La course ne fait que commencer, plus de 121 groupes jouent cette semaine. Le MaMA c’est un festival empli de surprises, mais aussi de quelques déceptions… C’est notamment ce qu’il se passe dans la tête des spectateurs restés bloqués à l’entrée du concert de Thérèse. L’artiste se produit dans le cadre intimiste du théâtre de dix heures, enceinte bien trop petite pour le public venu la voir en nombre. Il faut dire que l’artiste chouchoute des foules est promise à un grand avenir et que son show déplace en masse. Qu’à cela ne tienne, il faudra changer de salle pour ne pas perdre une minute de la soirée.

Des déceptions comme celle-ci il y en a quelques-unes. C’est par exemple aussi le cas avec la sensation Terrier. L’artiste programmé au théâtre des Trois Baudets attire les foules et voit malheureusement bon nombre de ses fans coincés devant les portes la salle. Cela fait partie du MaMA, c’est le jeu.

Un rythme effréné pour des rencontres au sommet.

Entre deux concerts il faut traverser tout Pigalle. Passer de la Cigale à la Machine du Moulin rouge c’est 5 minutes à pieds selon Google Maps. En temps de MaMA c’est au moins 30 minutes. Déjà il faut slalomer entre les gens sur le trottoir,

mama festival 2021
Photo : Louis Comar

mais surtout en profiter pour échanger avec les très nombreux acteurs du milieu présents sur site. Quel plaisir de discuter au détour d’une ruelle avec le très talentueux Œte, auteur charismatique de chansons françaises aux qualités et à la candeur subjuguantes, de rire aux éclats avec Carole Pelé  , musicienne arty aux sonorités urbaines maîtrisées qui mélange les genres et l’expression plastique, de boire un verre avec Coco Bans, la franco-américaine à la pop survoltée ou bien de retrouver  l’inénarrable, engagée et virtuose Thérèse au bar de la cantine après son concert. Ce quartier et ce festival ont une âme et cela passe par ces échanges.

C’est avec beaucoup d’émotion qu’il faut se confronter au terrible dilemme d’enrichir ces moments ou de retourner dans une salle de concerts. Pourquoi choisir quand on peut faire les deux ? Le Backstage by The Mill et Ko Shin Moon tendent leurs bras vers les spectateurs pour les inviter à se retrouver entre amis autour d’une pinte de Guinness. Le duo au sonorités arabisantes et indiennes emporte l’audience vers des contrées lointaines. L’immersion est là. Les instruments traditionnels couplés à des sons électroniques fonctionne particulièrement bien ensemble. Point de surprise tant la modernité musicale s’inscrit dans ce mélange des nations et des sons. Un terrain qu’il est bon de voir exploiter par le duo hypnotisant qui invite autant à la danse qu’au voyage.

Le temps file, il ne faut pas rater la jeune Dirtsa qui se produit juste à côté dans une Machine du Moulin Rouge bien remplie. L’artiste est proche de son public, souriante et n’hésite pas à partager sa vie entre deux titres pleins d’énergie. Véritable machine à remonter le temps, elle propose des compostions à la force d’une certaine Mary J Blidge s’osant parfois à flirter avec les Fugees. Sans plagier ces références, la musicienne apporte avec une énergie bien à elle, une touche de modernité à ces années musicales prolifiques, rappelant aussi que la r’n’b est de retour et qu’il a gagné avec le temps les lettres de noblesses qui ne lui étaient pas accordées lorsqu’il était conjugué au passé.

De l’autre côté, à la Cigale c’est Sopico qui transmet toute son énergie à la foule compacte. La sensation rap de la soirée est bien là et propose un concert fidèle à sa réputation : énergique, joyeux et plein de sincérité. Il faut pourtant noter que face à l’engouement acquis avec son premier essai « Slide », le reste de l’album peine à s’inscrire dans un tel coup de génie, au risque de tomber dans des travers urbains bien connus de tous. Le nouvel âge d’or du rap français lui vaut pourtant une attrait partagé par une foule conquise en demande de cette typologie artistique.

Juste en dessous à la Boule Noire, c’est un tout autre registre. Le Noiseur est bien plus triste que son collègue du dessus, mais n’hésite à faire un peu d’humour noir tout en second degrés pour détendre l’atmosphère de la salle. Le temps fort de ce set chanson pointu s’invite dans ses pointes de second degrés. Une légère ré-interprétation de « Je m’appelle Hélène » ne manque d’ailleurs pas de mettre en joie une salle  comble et réceptive. Ses mélodies et son timbre rauque empruntent d’ailleurs régulièrement au rock pour parfaire une atmosphère mélancolique.

Du très bon et de l’excellent.

Au MaMA il y a des concerts, des rencontres mais aussi de belles invitations. En effet, en OFF de nombreux organisateurs prennent d’assaut les bars et lieux alentours pour présenter leurs institutions. Non loin de l’Élysées Montmartre, sur le trajet du bus 85 ce sont les organisateurs des Francofolies qui sont présents. Plus haut dans Pigalle, dans le joli bar du Progrès la maison de disque et distributeur Baco Records prend l’apéritif avec ses partenaires et quelques curieux. Ces moments de partages et d’échanges, si caractéristiques du festival permettent de lancer comme il se doit le deuxième jour des festivités.

La Machine du Moulin Rouge attend ce soir les férus de (très) bonne musique. Le premier artiste à se produire sur cette scène, nouveau nom sur toutes les lèvres, Lulu Van Trapp est la coqueluche du MaMA 2021. Une performance pour FIP au Trianon plus tard et voilà la bande propulsée à la Machine. Sur place les lumières rouges se font échos de sonorités en deux teintes. Rouge (lumières) Rita Mitsouko, à  laquelle s’ajoute la fougue des débuts du groupe le plus sexy que la France ait connu. Mais aussi  bleu, sans candeur mais avec une énergie plus rock lorsque la formation passe à l’anglais. Les 4 musiciens ont une fougue sensuelle en live qui donne à la salle bétonnée une intimité  usuellement propre aux bars clandestins. La faute à une chanteuse à la voix de velours qui s’ose même à un bain de foule en fin de set. Ses puissantes montées lyriques donnent un ton de diva aux accords rythmés d’un groupe qui ose et qui réconcilie avec beauté une France sulfureuse du passé avec une Angleterre à la sagesse relative.

Ce jeudi affiche complet, il est encore plus compliqué que la veille de rentrer dans les salles. La faute à cette programmation éclectique qui séduit. Entre deux devantures criardes aux néons scintillants, se dresse fièrement le théâtre des Trois Baudets. À l’entrée de celui-ci, un petit hall d’accueil où l’ambiance début 20esiècle du bar et son jukebox font office de sasse entre la folie du monde extérieur et la légèreté de la musique de David Numwami. L’artiste instaure dès son entrée sur scène une proximité déconcertante avec le public. Aviez-vous déjà vu un musicien venir serrer la main des spectateurs du premier rang ? Eh bien il l’a fait. Dans un registre aussi urbain que dansant, il transporte la salle assise dans un voyage solaire et plein de vie.

Côté Backstage les gagnants des précédentes éditions des Inouïs font leur show. Parmi eux,  l’époustouflant Vikken, tire une nouvelle fois, comme sur le Printemps de Bourges, son épingle du jeu. Le chanteur sublime l’électro, ré-invente le chanté phrasé. Son set intimiste même dans une salle pleine, touche droit au coeur. Ses textes sont le support de riffs profondes et puissantes alors qu’il distille avec force un message à marteler propre à la tolérance et la bienveillance sur la transidentité. A écouter d’urgence.

La soirée avance et une agitation se fait ressentir dans les rues de Pigalle. Tout le monde semble se diriger au même endroit : dans notre chère Machine du Moulin Rouge. La foule se tasse devant les portes et joue des coudes pour rentrer dans la salle devant le regard patient des agents de sécurité. C’est comme si tout le monde avait besoin de sa dose de post punk. Pour administrer cette dose se sont les si talentueux Structures qui se présentent. Devant une salle débordante, le quatuor livre une prestation patronne. Sueur, crowdsurfing, bières volantes et musique enivrante, l’atmosphère rappelle les sous-sols des pubs londoniens. Structures frappe très fort ce soir et réinvente la notion de tête d’affiche. Pas besoin d’avoir des années de carrière derrière soit pour rassembler et fédérer les foules autour de la musique. Sans glisser un mot entre ses titres, le groupe galvanise une audience plus que captive, en sueur et en joie, exaltée, aussi électrisée que les guitares qu’elle écoute.

Les retrouvailles ne font que commencer

Pendant ces trois jours de festival, ce sont 45 nationalités représentées qui se retrouvent sur les espaces conventions et les 10 scènes de l’évènement. Dans la majestueuse salle de la Cigale, November Ultra est là pour présenter ses titres. Armée de sa guitare et de sa voix de velours, l’artiste propose un concert que le public contemple avec intérêt. Celle qui est passée par le tremplin de Rock en Seine ou encore la scène de l’Olympia en première partie de Pomme, n’hésite pas à plaisanter avec l’audience. Elle propose aux spectateurs ayant le permis une chanson correspondant parfaitement à la bande originale d’un film pendant une scène de trajet en voiture. Sauf qu’il faudra la chanter dans sa tête après le concert car le titre n’est pas encore sorti. Tant pis pour les futurs trajets en voiture donc ! Outre les plaisanteries, la chanteuse émeut l’assistance à coup de guitare acoustique soignée et de voix structurée qui n’est pas sans rappeler une certaine Adèle.

À l’autre bout de Pigalle, au Backstage by The Mill, des sonorités hispaniques se font entendre. Ojos sont bien présents pour scander leurs titres. La formation anciennement connue sous le nom d’Holy Two livre une prestation solide quelques semaines après leur concert réussi en première partie de Thérapie Taxi à L’Olympia. Le duo a troqué sa pop pour des sonorités urbaines et des assonances latinos, moins sombres et bien plus dansantes que sur leur dernier projet.

Quelques mètres plus loin, dans la chaleureuse Machine du Moulin Rouge, Roseboy666 et ses invités font trembler le sol de la salle. Avec un DJ armé d’un chapeau en tulipe, le musicien fait le show et révèle des beats urbains accueillis par une foule ultra réceptive. L’occasion d’en profiter pour aller voir ce qu’il se passe à l’étage inférieur, dans la Chaufferie. Entre les machines et les smileys qui regardent le publics, la soirée Rappeuses en liberté bat son plein. Certains profitent de la musique, d’autres jouent à la marelle, le temps est à l’amusement et au partage. Le dispositif qui s’est couplé au MaMA pour cette édition propose un accompagnement de figures féminines du Hip Hop et propage l’esprit engagé de l’évènement.

Pour bien terminer la soirée Lucie Antunes accompagnée du collectif Scale a la lourde de tache de clôturer les concerts de la Cigale. La salle est comble, le public ne s’y trompe pas, c’est le concert à ne pas manquer ce vendredi. La prestation, enfin le show dantesques que présente l’artiste est une réelle expérience visuelle. Lucie Antunes est entourée de bras robotiques soutenant des barres led, le tout piloté en direct depuis la régie. L’effet est bluffant et donne à ce concert une dimension magistrale. Les mélodies et la pluralité des instruments utilisés ajoute à l’effervescence du moment, aussi pointu que calibré.

Aux sons des dernières notes de musiques jouées, une certaines mélancolie s’installe. Cette grande colonie de vacances qu’est le MaMA se termine déjà. Alors les 12 000 personnes présentes repensent à leurs coups de coeurs musicaux de la semaine, ces rencontres inattendues à un coin de rue, tous ces rires émanant du bar de la cantine, les coeurs se font lourds. Deux ans que ce festival n’avait pas eu lieu, ces retrouvailles en fanfares laissent de très beaux souvenirs et plein d’espoir pour la suite.


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mama festival 2018

MaMA Festival 2018: déambullations en musique (Retour sur 3 jours de découvertes que vous devez écouter!)

[list1][/list1] Du 17 au 19 octobre 2018, le MaMa festival investissait les salles du quartier…

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Du 17 au 19 octobre 2018, le MaMa festival investissait les salles du quartier de Pigalle et ses alentours pour présenter au public et professionnels les artistes qui vont compter dans les mois à venir. Au programme des performances dans tous les registres, dans une variété de salles hallucinante mais aussi des conférences et des débats. Retour sur trois jours de course aux lives, de découvertes, de retrouvailles et de rencontres qui nous laissent les jambes en compote et des étoiles plein les yeux.

Déambuler dans les quartiers de Pigalle

La Boule Noire, la Cigale, Le Carmen, le Backstage by the Mill, la Machine du Moulin Rouge, le Bus Palladium… Entre le Moulin Rouge et ses touristes, les sex shops qui amusent, les rues typiques, les boutiques d’instruments, les bars tendances et les brasseries, les salles du quartier de Pigalle prennent toutes vie en même temps, trois jours et trois nuits durant pour le MaMA Festival. La musique les unie et prend plusieurs visages au court de ces soirées-là. Pourtant, la ville elle-même, sa chaleur du premier jour, l’automne qui la gagne en fin de course, fait partie intégrante de cette expérience qui réuni une fois par an professionnels de la musique et public. De découvertes en découvertes, en courant d’une salle à l’autre, on découvre les derniers nées du quartier, un restaurant à lasagnes comme un traiteur mexicain, des bars bondés et branchés où l’on déguste une mozzarella de Buffala en sirotant du vin, des troquets et des restaurants à burgers aux couleur roses de leurs néons. Le quartier grouille de monde qui rient et vivent. On les aperçoit en changeant de salle, d’ambiance, de couleurs de décors et de musique. La vie bat son plein. Elle fait plaisir à voir. Pas d’arrêt dans ces lieux là pendant trois soirs. Il y a tant à découvrir et si peu d’heures pour se réaliser.

Du rock, du bon vieux rock avec MNNQNS!

Vous les connaissez? C’est normal! Voici un petit moment que MNNQNS a quitté le monde des artistes confidentiels pour entrer dans le panthéons de ces artistes qu’il faut avoir vu en live. Logique donc de les retrouver au MaMA ce mercredi 17 octobre. C’est au Backstage bu the Mill que la magie opère. Une salle bien remplie les accueille, pourtant il ne faut pas plus de deux titres du groupes pour qu’elle soit pleine à rebords. Cheveux aux vent à la mode des 70’s, le combo livre un live enragé, old school et maîtrisé. Ses compositions sentent bon le rock du CBGB, une pointe de punk à l’ancienne relevé par les sonorités new-yorkaises des Strokes. Sur scène la pression monte, on bouge volontiers aux rythmes des guitares qui se balancent. Si le rock s’essouffle aujourd’hui en France, il avait repris de jolies couleurs avec Last Train. Dans ce même mouvement, ce même amour pour ses classiques, MNNQNS est un allier de taille. Pas étonnant que le combo soit signé en Angleterre!

Petit oiseau pop: Naya

Pop&Shot l’avait rencontré à ses débuts. La jolie Naya, jeune-fille au talent incroyable nous avait alors fait le plaisir de nous interpréter en acoustique « Girl on the moon » son premier single. Lorsqu’on lui parle, cette passionnée des Beatles regorge de l’enthousiasme de la jeunesse. Lorsqu’elle chante, elle laisse son public bouche bée. Pourtant, les radios? L’industrie? ont décidé d’aller contre ses instincts de créatrices. En sort alors le titre « La fille de la lune », en version francisée (franglisée?) de son premier jet, avec quelques mots d’anglais et une mélodie quelque peu retouchée. La transformation se verra-t-elle sur scène? Réponse au Bus Palladium ce mercredi. Ses fidèles Doc Marteens à paillettes aux pieds, sa coiffure à la Princesse Leia sur la tête, toute habillée de blanc, notre prodige entre en scène. Adorable, sincère, généreuse, Naya a déjà tout d’une grande. Tout et même une touche de fraîcheur en plus. S’il est vrai que la pop folk que proposait la jeune fille semble plus lissée, notre petit brun de compositrice n’en reste pas moins une artiste entière. Véritable touche-à-tout, cachant bien toute forme de timidité derrière un grand sourire, elle alterne guitare et pédale de loop avec aisance. Adorable, elle propose même un morceau sur son chat. Naya a ce qu’il faut pour conquérir le cœur du jeune public, la preuve en est faite ce soir, mais elle devra pour ça suivre ses instincts et garder ce qui la rend unique.

Parenthèse dans un nuage avec Leonie Pernet

Le Backstage by the Mill déborde. Il fait chaud à l’intérieur. La foule est si dense qu’il est plus simple de fixer les écrans pour suivre le live que de regarder simplement la scène. Et pourtant dans ce chaos, des frissons naissent. Les notes de clavier emplissent la salle et la possèdent. A cela s’ajoutent les percussions. Avec une voix puissantes et des morceaux d’une beauté éclatante Léonie Pernet signe un tour de force musical à côté duquel il ne faut surtout pas passé. Aérien et maîtrisé, le concert donne envie de se jeter sur sa discographie intégrale. Reste à travailler les interractions avec le public, trop peu nombreuses, pour signer le sans fautes.

Le rap a de très beaux jours devant lui

Le hip hop est mort, vive le hip hop! C’est un retour fracassant pour les musiques urbaines qui s’annonce depuis quelques années. Le MaMA confirme la tendance avec sa soirée du mercredi soir à la Boule Noire. Pour y entrer, il faut faire une queue sans fin qui rejoint celle de la Cigale accueillant également le fleuron du rap urbain, dont Vald, mais hors MaMA ( il fallait quand même dire bonjour). Composé majoritairement d’adolescents et d’adolescentes, un public adulte se joint au mouvement. Au programme L’Ordre du Periph, Apollo Noir et Concrete Knives.

Beat box man: Saro investit la Cigale

La soirée démarre doucement ce jeudi 18 octobre. Il n’est pas si tard, il est pourtant déjà l’heure de faire la fête. C’est du moins ce que propose Saro devant une salle qui se remplit au fur et à mesure que les minutes passent. Seul face au public dans un lieu un brin trop sombre, le musicien propose de danser sur ses beats de DJ. Bruitages avec la bouche, loop, paroles répétées et instrument qui entonne des rythmes dansant s’enchaîne. Le musicien communique volontiers avec l’audience de son titre de champion du beat box « parce que je suis champion du monde » à celui pour son « meilleur ami qui est parti. », les titres s’enchaînent et la salle répond volontiers. Elle chante même quelques mots. La machine est lancée bien qu’à la longue, les morceaux semblent se répéter en boucle.

La Boule Noire déchaînée avec Lüt

La Boule Noire, LE croisement entre Pigalle la nuit et la musique. La petite salle en longueur la plus chaleureuse du quartier est aussi la seule à proposer des dessins à caractère SM sur ses murs. Une merveille hors temps en somme pour boire une bonne bière fraîche en écoutant du rock, du vrai. Ce jeudi c’est Lüt qui s’y colle et met toute son énergie à être à la hauteur du lieu qui l’accueille. Les guitares sonnent d’entrée de jeu alors que la voix se fait puissante, ça balance avec puissance et à peine deux morceaux plus tard,  voilà déjà le chanteur dans la foule. « Est-ce le meilleur concert de votre vie? » tente-il un peu trop rapidement. Pas de réponse, il faut faire la cour plus longtemps au public pour qu’il te suive sur ce terrain-là. Meilleur coup de live d’une vie ou pas, l’intention elle est là!

Arthur Ely, le Phonomuseum, un miroir et de l’urbain

En face de la Cigale, au milieu des boutiques d’instruments se cache un lieu magique: le Phonomuseum. Nous vous en parlions précédemment, le lieu retrace l’histoire de la musique enregistrée et des différents appareils permettant de l’écouter. Au milieu des appareils d’autre fois qui ont fait danser des générations de mélomanes et pas que, des chaises sont installées. Elles font face à une petite scène joliment décorées. On y trouve aussi bien des instruments qu’un miroir en pied. Celui qui s’apprête à monter sur scène s’appelle Arthur Ely. Arthur Ely. Il le dit à son entrée de scène et il le fait même chanter à l’assistance « Je dis Arthur, vous dites Ely. » Avec l’air enjoué, avec l’air déçu. Le jeune chanteur amuse son audience autant qu’il la captive. Barré et soigneusement habillé avec sa veste bleue et sa chemise à froufrous, le jeune homme joue de ses charmes et de ses notes. Sa confiance en lui est celle d’un habitué des scènes. Un brin enfant gâté le personnage, mais surtout déluré. Il balance son flow à pleine vitesse, lui donne des notes d’électros, emprunte des riffs à la pop, fait sourire et ne fait pas une fausse note. Si le patron du Phonomuseum affiche une mine ravie, c’est aussi le cas du chanteur qui s’amuse avec un public rapidement enclin à le suivre. On vous redit une fois de plus son nom est Arthur Ely, retenez le, il pourrait bien faire un carton prochainement.

Du hip hop et du gin avec Comme1Flocon

Le Carmen est une petite salle. Une salle sublime mais une salle minuscule. C’est pourquoi en temps de MaMA y entrer est un défi. Sa programmation y est pourtant léchée. Ce jeudi soir c’est THE SOIR. Nous voilà enfin entrés. Et hop. Grands miroirs, murs sculptés, la salle aux allures de boudoir vaut le détour. Son bar propose une variété de gins impressionnante. L’alcool y est distillé avec un nombre de saveurs à tomber par terre: thé fumé, matcha, safran… chaque bouteille fait briller les yeux. Sur scène c’est au tour de Comme 1Flocon de donner la tonalité de l’instant. Originaires de Suisse, le rappeur et son DJ assurent. On lève la main dès les premiers instants et le voilà déjà dans la foule. Quelques membres de l’assistance, déchaînés se prennent au jeu et se lancent sur ses notes. La Carmen vaut définitivement le détour.

Adam Naas. Le Bus Palladium. Et la magie opère

22 heures 30. Le Bus Palladium est plein à craquer. Si dehors les températures baissent, dedans la chaleur humaine fait l’effet d’un radiateur. Il arrive et tous les regards se tournent vers lui. Tee-shirt blanc, jean noir, boucle d’oreilles, cheveux frisés. C’est bien lui. Adam Naas, entouré de deux musiciens, se lance dans un premier titre à cappella. Le silence se fait, et puis des murmurent. « C’est chaud! », « C’est fou! », « C’est magnifique! ». L’expérience est sublime, elle le reste quand les claviers reprennent. Du grave à l’aigu, les tonalités changent et se mélangent. Il y a du Asaf Avidan dans l’air, cette capacité à générer du frisson, à sublimer son timbre avec aisance, à prendre à la pop et à la folk ce qu’elle a de meilleur. Mais il y a surtout du Prince dans les arrangements et la gestuel. C’est une évidence. Loin d’être aussi calme que ne le laisse entendre ses titres Adam Naas n’a peur de rien, un problème technique est pour lui l’occasion de raconter une très courte histoire « Une fois j’ai vomi sur mon caca. » Ah oui, ça se pose là. « Je vais vous appeler les pétasses. » poursuit le petit génie qui peut bien nous appeler comme il le souhaite du moment qu’il continue à chanter. Le final 40 minutes plus tard semble arriver en une poignée de secondes. Si les pétasses demandent un rappel, la salle elle rallume ses lumières. xoxo bitches!

 

The G et One Sentence Supervisor feat Bahur Ghazi

the g mama festival 2018 boule noire

Vendredi soir la Boule Noire ouvre avec deux groupes rock’n’roll. Le premier The G, est une Inouï du Printemps de Bourges et se la joue plutôt heavy metal, le second complètement psyché est venu avec un parasol pour créer son décors scénique. Avec ses dreds et ses guitares qui sonnent, The G ne révolutionne pas la genre mais propose une performance diablement efficace qui réjouit l’assistance. Malgré un nom incroyablement long, « hey tu veux venir voir One Sentence Supervisor feat Bahur Ghazi? » à dire sans le lire c’est compliqué, le combo s’en sort plus diablement bien. Les instrumentaux entraînent le public dans une transe sans fin et les interactions sont nombreuses.  Une petite proposition marshandising amuse même l’assistance « On vend des CD pour ceux qui savent ceux à quoi sert cet objet… »

One Sentence Supervisor feat Bahur Ghazi MaMA festival 2018 à la Boule noire

Roni Alter: un piano, une voix, et tellement de frissons

Roni Alter mama festival 2018 phonomuseum

Au Phonomuseum, la salle plein à craquer ne peut détourner les yeux de la scène. Logique c’est Roni Alter qui joue. Un musicien pour l’ assister, son piano, sa guitare et surtout sa voix. C’est tout ce qu’il faut à la belle en short léopard pour convaincre. Les morceaux se suivent mais ne se ressemblent pas alors que les interactions se font nombreuses. Douceur et puissance s’alternent au court de cette performance émouvante aux nombreuses surprises. Pour la première fois la chanteuse s’essaie à un morceau en français. Et pas n’importe lequel, c’est une reprise de PNL que choisit notre artiste.  » J’aime beaucoup PNL, je trouve que leur titre a tout d’une immense ballade. » Si d’instinct, il est plus facile de se dire que whattt? La chanteuse prouve largement son point de vue. En sort un morceau puissant servit par une voix qui sait sublimer les graves. On finit sur un titre plus joyeux, point trop quand même mais le joli sourire de Roni Alter suffit à transformer cette traversée pop en morceau dansant. Difficile ensuite d’accepter de la laisser partir.

God bless the craziness of Coco Bans

coco bans mama festival 2018 boule noire

De retour à la Boule Noire, la petite salle aux murs habillés de jeunes femmes à moitié nues. La tornade Coco Bans débarque alors sur scène. Ce petit brun de femme franco-américaine est une véritable boule d’énergie incontrôlable. Barrée, la musicienne enchaine en français, un bon nombre de blague qui la font rire d’un de ces rires contagieux. Le virus Coco Bans lancé, le public n’a plus d’autre choix que de se déhancher. Les premiers titres incroyablement pêchus mettent tout le monde d’accord. Il faut dire que la voix surpuissante de la chanteuse y est pour quelque chose. Le bouche à oreilles fait son travail. Voilà que d’un coup, la petite salle parisienne est pleine à craquer. Un temps plus calme vient alors, pour deux morceaux seulement. Mais deux morceaux instinctifs et puissants. Les larmes aux yeux, l’artiste entière confie que ce titre est écrit pour une amie.  « Elle venait de perdre son père et elle n’arrivait pas à le finir, elle m’a fait l’immense honneur de me demander de continuer à l’écrire pour elle. » Le résultat est bluffant. Les émotions de notre chanteuse, à fleur de peau, transpercent le public.  Une réussite totale!

Are you still having fun?

Eagle Eyes Cherry débarque au MaMA

eagle eye cherry le mama festival 2018 machine du moulin rouge

Changement de décors. Cette fois-ci le rendez-vous est donné à la Machine du Moulin Rouge. Madame Monsieur, connus pour avoir participé à l’Eurovision terminent leur set dans un costume rouge. La salle n’est pas encore remplie. Ca ne saurait tarder. La preuve, à peine Eagle Eyes Cherry débarque-t-il sur scène, plus de 10 ans après son dernier passage dans la capitale, qu’il est déjà impossible de circuler dans la salle. Assisté de ces musiciens, le chanteur n’a rien perdu de son talent. Au milieu de tous ces artistes internationaux, le set de l’Américain parait bien différent. Rodé, propre, parfaitement huilé, les musiciens d’outre-Atlantique sont des machines à créer du spectacle. D’ailleurs la recette est toujours aussi efficace. Le musicien communique régulièrement avec une foule de plus en plus dense. Elle répond à chaque interpellation, pousse pour se rapprocher de la scène, chante. Pour s’assurer de sa communion, le maître de cérémonie enchaîne les titres : »Falling in love again », « Are you still Having fun »,  l’excellent nouveau titre « Streets of you » ou encore  » Long Way Around » se succèdent. Le final en feu d’artifice se fait sur l’inoubliable « Save Tonight » face à une foule qui en connait chaque parole. Un moment de partage magique.

What the f****? Bobun Fever fait avoir des hallucinations

La soirée est bien avancée au Backstage By the Mill alors que Bobun Fever livre sa performance. Bobun peut-être puisqu’ils le disent mais fever certainement. En débarquant dans la salle, il est impossible de ne pas se demander ce qui se passe. Les membres de la formation à moitié nus ( body très très suggestifs et torse nus) semblent tout droit sortis d’un des club qui ornent le boulevard Pigalle. La musique en elle-même pourrait être la BO d’une rave. A consommer avec modération…

Photo :  Kévin Gombert

Nuits secrètes 2018: Temps forts et secrets dévoilés

Le moment tant attendu des Nuits Secrètes 2018 est enfin arrivé. Pendant trois jours et…

MaMA Festival jour 2: flâner à Pigalle de découvertes en découvertes (reportage)

Jour 2 du MaMA Festival dans le quartier de Pigalle ce 19 octobre. La température…

MaMA festival 2017: Jour 1, Cabadzi X Blier et autres découvertes en live

« Tu vas au MaMA Festival, tu vas écouter de la musique de bobo » lâchait un…