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Laëtitia Trehet

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Le 12 mars 2019, je retournais au café de la danse pour assister au concert de Marvin Jouno, premier concert à la suite de la sortie de son deuxième album « Sur mars » en février dernier. J’ai découvert Marvin Jouno en 2016 par son single «Quitte à me quitter» qui supportait son premier album «L’avalanche». Je n’avais jamais eu l’occasion de voir l’artiste sur scène. C’est enfin chose faite. Voici qui en ressorti !

La première partie du show fut assuré par le fort sympathique groupe Powerdisc aux looks et accords au synthé sortis tout droit des années 80. Quelques chansons enjouées plus tard, Marvin arrive sur scène, tatouage « S/Mars « sur le bras, habillé comme ses musiciens tout de noir, comme si la place était avant tout laissée à la musique. Marvin entame avec énergie Clap de fin comme première chanson. Son petit air entêtant chauffe tranquillement la salle, puis nous rentrons dans le vif du sujet avec l’obsédant Atterrir. S’ensuit “Sur Mars”, “Danse”, “Autant”. Marvin incarne son album, voyage mélancolique teinté d’autotune et de saxophone. Marvin Jouno ancre la chanson à texte dans un contexte contemporain, nous raconte notre époque d’un regard sensible et personnel. Ses paroles résonnent en nous, les airs sont faussement dansants comme si l’on ne pouvait totalement se détacher de cette nostalgie et amertume qui trainent dans les mélodies. 

 

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“Danse, danse, danse… 🎶 #surMars #MarvinJouno #live #cafédeladanse #Paris

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S’en suit un mélange de chanson du deuxième album, mais aussi du premier «Antoine de 7 à 9»,  «l’avalanche» . Au bout d’une heure de show, la salle est conquise, Marvin est aussi complice  avec ses musiciens qu’avec son public, nous entraine avec facilité dans son monde, l’émotion l’accompagne sur “Le silence”, ballade portée par des rifts de guitare incisifs mais aussi sur des morceaux percutants comme On refait le monde. Marvin ne joue pas et vit sa musique et ses paroles, exprime sa sensibilité sur la très intimiste et sublime “Décembre à la mer” et la version acoustique de “Sur Mars”. L’honnêteté et la voix Marvin m’ont transporté le temps de cette soirée qui est passée à toute allure.

Si l’album était une réussite, le concert pour ma part l’est peut-être plus. La tournée ne fait que commencer, courez-y ! 

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Je dois l’avouer, j’aime le cinéma français et spécialement la comédie. Lorsque je regarde un film humoristique français, j’ai un peu l’impression de revenir à la maison. Pourquoi ? Parce que j’en connais par coeur les codes. C’est donc avec à l’esprit tous les scénarios habituels que je suis allé découvrir l’univers du réalisateur Julien Guetta avec Roulez jeunesse . Je suis bien heureuse de m’être trompée sur mes pronostiques.

eric judor roulez jeunesse 2018

Annoncé pour le 25 juillet 2018, Roulez jeunesse nous présente la vie d’Alex joué par Eric Judor (qui endosse exclusivement cette fois-ci la casquette d’acteur), 43 ans, dépanneur de métier dont la vie va basculer lorsqu’il dépanne une jeune femme sur le bord de la route. Alors que celle-ci l’invite chez elle, elle disparait le lendemain matin, laissant Alex dans une maison où vivent trois enfants. Pour notre dépanneur débute une journée pas comme les autres.

De la comédie au drame : un film tout en sensibilité.

eric judor roulez jeunesse 2018
Copyright Ivan Mathie

Le film commence par une série de portraits des clients d’Alex. À travers ces petits bouts de vie, nous en découvrons un peu plus sur le personnage. Vivant à côté de chez sa mère, célibataire, il semble pris dans une routine et une vie qu’on pourrait qualifier de facile, mais nous comprenons rapidement que ce n’est pas aussi simple. La mère d’Alex gère la société dans laquelle il travaille. Nous percevons alors une relation plus complexe, avec son emploi et les autres, qu’il n’y parait. Lorsqu’il se retrouve seul avec trois enfants à gérer, Alex tente de faire au mieux sans fuir totalement ses responsabilités.

Un personnage nuancé d’Éric Judor tient à merveilleux. La première partie du film nous entraine dans un rythme effréné où, comme Alex, nous n’avons pas le temps de reprendre notre respiration. Ses petites lâchetés apportent son lot d’humour face à la situation difficile des enfants. Et c’est ainsi, en nous attachant à Alex et ces enfants terribles, que le film nous amène doucement vers un ton plus dramatique et un rythme plus posé. La vie n’est pas faite que de rire et le film oscille entre moments profonds et riches en émotions et des scènes plus cocasses. On regrettera peut-être une tension dramatique trop présente là où le sujet se suffisait à lui même. Mais le film casse avec délice les codes de la comédie française et évite avec finesse l’écueil du héros qui se prend en main à la suite d’une petite scène tristounette où il réalise son destin.

Des personnages féminins présents et fouillés.

Ici, pas de destin, Alex se bat pour ce qu’il croit juste sans pour autant changer sa façon d’agir ou dépasser ses limites. Et n’hésite pas à chercher de l’aide partout où il peut en trouver. Le film nous offre alors une belle palette de personnages féminins qui gravitent autour du personnage principal. Ce sont ces personnages qui détiennent les clés de l’avancée de notre héros. Si les enfants ont une mère introuvable qui brille partout par son absence, celle d’Alex est omniprésente, voir étouffante. C’est elle qui donnera le vie rythme de la vie d’Alex et par extension du film. C’est également grâce au personnage de Nelly qu’Alex finira par sortir la tête de l’eau, on pourra également mentionner Prune, personnage touchante de vulnérabilité ou encore Tina, la grande soeur avec qui Alex construira petit à petit une vraie relation amicale.

Finalement, pas de sauveur qui devint adulte. Julien Guetta réussit son pari de nous emporter dans son univers où rien n’est noir ou blanc. Si l’aventure permet au personnage principal d’ouvrir les yeux sur certains aspects de sa vie, c’est avant tout la force de la relation qu’il parvint à construire avec les enfants qui sera le véritable thème du film. Roulez Jeunesse est une ode à rester soi-même tout en acceptant ce que la vie peut nous offrir, de bon comme de mauvais.

Roulez Jeunesse 

Sortie le 25 juillet 2018.

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the guilty affiche avant première club des 300

Présenté en avril 2018 au festival international du film policier de Beaune, The Guilty est un huis clos danois qui a su séduire la presse en remportant le prix de la critique. Réalisé par Gustav Möller, The Guity se distingue des autres thrillers du genre par la force de son concept et une réalisation impeccable, la presque totalité du film se déroulant au téléphone. Ayant eu la chance de le voir en avant-première grâce à une projection du club 300 d’Allociné, je vous livre mes impressions sur ce film saisissant.

 

Un contexte stressant et prenant

 

Avec une première scène montrant la routine téléphonique du héros, le film nous plonge directement dans le vif du sujet. Asger Holm, un policier de Copenhague assigné au 112, le centre d’appel de secours de la police, reçoit toute la nuit des appels de détresse, mais surtout dépanne les couche-tard aux aléas de leurs sorties alcoolisées. Sa soirée bascule quand il reçoit un coup de téléphone d’une jeune femme lui faisant comprendre qu’elle vient d’être kidnappée. Asger n’aura que son poste téléphonique pour tenter de la retrouver et de la sauver…

Dés les premières minutes, le ton est donné, Asger passe ses nuits le casque sur ses oreilles, entendant et comprenant plus que ce que ses interlocuteurs ne veulent bien lui donner comme indications. Particulièrement bien travaillés, le son et les sonneries de téléphones permettent une immersion rapide et sensorielle. Les multiples bruits au bout du combiné sont omniprésents et nous aident à comprendre la réalité de son métier ainsi qu’à nous immerger complètement dans l’histoire.

Ces quelques premières minutes nous donnent aussi quelques indices sur le personnage central qui portera le film du début à la fin. Ancien inspecteur, on se doute quAsger a été placé au centre d’appel contre sa volonté, il cherche à se racheter d’une manière ou d’une autre, et du moins à s’échapper de sa condition d’employé téléphonique. On le voit las, énervé et mal à l’aise par sa situation, avant qu’un ultime coup de fil ne le fasse plonger dans une affaire qu’il prendra personnellement sans tenir compte des procédures standards de la police.

 

Une mise en scène complexe dans peu d’espace

 

asger dans the guilty

 

Le film se déroule donc de bout en bout au téléphone, on frissonne avec Asger, on attend, on a peur. Le cadrage très serré sur son visage nous indique ses pensées à chaque seconde. Ses silences nous en apprennent plus sur sa psychologie que ses paroles. Les dialogues primordiaux dans ce genre d’exercice sont excellents, on devine, on perçoit à demi-mot.

Le film, à petit budget, se déroule dans deux pièces distingues, la première suréclairée où Asger évolue avec ses collègues et la deuxième, sombre, ou il cherche seul, à l‘abri des regards et des oreilles, sa rédemption dans cette croisade qui semble perdue d’avance. Dans cette deuxième partie du film, Iben la jeune femme kidnappée devient un  personnage plus central, véritable écho d’Asger. Le stress monte, notre claustrophobie dans cette pièce sans lumière augmente autant que celle d’Asger, obligé de rester devant son écran, impuissant physiquement, littéralement incapable  d’aider et d’intervenir.

Les attentes, les sonneries sont brillamment gérées, on se surprend à taper des doigts sur notre siège en espérant que le téléphone soit décroché. La tension monte au rythme de révélations au même titre qu’un sentiment détestable de culpabilité face à la situation. Car à l’instar de son titre, c’est bien la culpabilité le véritable liant entre les personnages. Les actions de chacun dérapent, les protagonistes tentent de se rattraper malgré des combats personnels difficiles. Et c’est peut-être le dernier plan qui nous révèle le plus l’un des ressorts de cette soirée d’angoisse : s’évader de sa culpabilité… au téléphone.

Malgré quelques longueurs à la fin, The Guilty est un film policier qui sait prendre le spectateur avec lui pour l’emmener dans cette enquête à distance. Grâce à l’utilisation intelligente du téléphone qui nous permet de nous projeter dans les scènes, mais aussi de dissimuler des indices visuels, le film nous dévoile autant qu’il cache certaines vérités pour mieux nous surprendre ensuite. On saluera également le jeu d’acteur impressionnant de Jakob CEDERGREN qui nous fait croire durant cette heure et demie à cette course contre la montre. Un très bon moment de cinéma.

 

The Guilty sorti prévue le 11 juillet 2018.

Plus d’avant-premières? Découvrez notre critique de “L’île aux chiens”!

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