Panic! Reverse, Le Cinéma à l’Envers : « chez nous il y a pleins de gens qui participent et qui n’ont rien à gagner. C’est vraiment pour le plaisir de créer. »

Alors que pour son édition 2017, le Panic! Reverse vit la fin de sa première phase ( envoi des affiches fictives avant le 2 avril 2017!) , Pop&Shot a rencontré Lionel Le Pallec, coordinateur du festival afin qu’il nous parle un peu plus du projet. Interview.

DR Panic! Reverse le cinéma à l’envers

Comment le festival est né ?

Il est né en 2010, de l’idée de deux brillants Lyonnais qui ont eu une idée de Festival qui s’appelait le Festival à l’Envers. L’idée était d’habiller les cadres d’affiches d’un cinéma en restauration, ils ont fait peindre directement ou coller les grandes affiches en façade du cinéma et ils ont proposé aux réalisateurs d’illustrer ces métrages avec des courts métrages. Puis après, ils m’ont laissé le bébé et j’ai décidé de transposer le festival de Lyon à Paris. Mais vu qu’on peut participer de n’ importe où, on s’en fout un peu. On a changé le nom et on s’est associés à Panic Cinéma. A l’époque c’était une séance de cinéma de genre tous les samedis, maintenant c’est une fois par mois avec Karim Debbache, c’est un chroniqueur et monteur ciné, c’est au Forum des Images. Ça rassemble une communauté de cinéphiles un peu déviants, de tout genre, du polar au porno, en passant par le fantastique et l’horreur. On s’est associés avec eux, pour faire en marge de leur séance une fois par mois un festival une fois par an.

 

Naturellement, Panic! Reverse  s’est donc retrouvé à être un festival associé au genre ?

En fait ça s’oriente tout seul dans le cinéma de genre. Parce que quand tu crées une affiche, tu vas la créer en rapport avec le cinéma de genre. Ça ne sera pas associé à un cinéma plus commercial ou au niveau des affiches tu retrouveras deux têtes de stars de chaque côté sans rien d’autre. Ça s’oriente tout simplement vers le cinéma de genre, avec beaucoup de zombies en ce moment… On reçoit beaucoup de choses étiquetées « genre », parfois à tort ou à raison… Horreur, frissons, amour ou bien parfois grosses conneries, genre « Les nonnes zombies venues de l’Espace » par exemple.

 

Comment on fait pour participer ?

Il y a deux phases. On appelle en début d’année les graphistes, illustrateurs, maquettistes à participer. Ils inventent un titre, l’affiche, ils nous l’envoient avec visuels, crédits, etc… A la fin de ce premier temps, le jury choisit dix affiches. Et ensuite les réalisateurs choisissent et font une bande annonce à partir de l’affiche. Au début, on laissait carte blanche aux réalisateurs, bande annonce ou même court métrage. On a restreint et ça colle mieux : fausses affiches, fausses bande annonces…

 

Comment t’es-tu retrouvé sur le projet ?

Je bossais sur une plateforme de vidéo, je leur ai demandé d’être partenaires, car je trouvais le projet assez cool. Je me suis retrouvé impliqué sur le projet car les deux fondateurs ont fini par lâcher le projet pour des raisons professionnelles.

 

Comment se passe la sélection du jury ?

On essaie d’avoir un jury éclectique, de professionnels évidemment, étant donné que le projet mêle dessin, illustration, graphisme, comédie, production, médias… Cette année, on a Bastien Vivès, à la présidence du jury, un auteur de BD très talentueux. On a Zeynep Jouveneaux, programmatrice au Forum des Images, super salle de ciné qui appartient à la Ville de Paris et qui est dans les Halles…. Alexis Bernier à UFO Distribution. Régis Brochier, rédacteur à nanarland, site sur les mauvais fils sympathiques…… Gilles Stella, co présentateur de Chroma, une websérie sur le cinéma de genre. Auparavant on a eu en membres du jury, Jean Solé, auteur de BD et fondateur de fluide glacial, Julien Séri réalisateur de films, Coralie Trinh Thi

Bastien Vivès, président du Jury 2017
DR Babelio

 

Une fois que les membres sont sélectionnés, comment ça se passe ?

On les réunit en deux fois. Juste après la fin de la première phase, vers le 4 ou le 5 avril, on les réunit pour sélectionner les dix affiches avec un processus de notes, etc… Et ensuite on les réunit, à la fin de la deuxième phase c’est à dire fin septembre ou début octobre. On a pas encore déterminés encore, et dans ce laps de temps, les réalisateurs ont le temps de nous envoyer leurs courts métrages. On les réunit pour le jury vidéo et généralement, on enchaîne pour une raison pratique parce que ça les fait venir deux fois déjà, donc on essaie de ne pas les solliciter trop.

Sur quels critères vous déterminez qui a gagné ?

Ils sélectionnent les affiches selon la qualité, l’originalité et selon aussi, la faisabilité en films. Alors c’est de moins en moins compliqué avec l’évolution de la technique mais en 2010-2011, c’était assez restrictif. Par exemple, maintenant c’est beaucoup plus simple de modéliser des dinosaures en effets spéciaux qu’à l’époque. Evidemment, ça reste beaucoup plus compliqué qu’un film sur un mec qui va aux toilettes, parce que bon, t’as juste besoin d’un mec… et de toilettes !

Le principe, c’est qu’en gros, tu as dix affiches et les réalisateurs choisissent ?

En gros, oui. Les réalisateurs choisissent les affiches en ligne, aussi en expo. Mais notamment chez Potemkine, qui expose tout ce qui est cinoche, librairie, café, c’est près du Canal Saint Martin. C’est là-bas qu’on fait l’expo. On est aussi partenaires du festival BD6né, un petit festival qui se passe dans le 20ème arrondissement et chaque année, ils font du ciné et de la BD qu’ils mêlent…

Est-ce que c’est arrivé qu’une fois un court métrage devienne un « vrai » long métrage ?

C’est arrivé une fois avec Zombin Laden. La bande annonce était super, elle a fait genre un million de vues en un mois.Ce sont des producteurs américains qui ont fait un long métrage en à peine quelques mois, sauf qu’ils l’ont fait sans demander l’avis de celui qui avait fait le court métrage… Ils se sont largement inspirés de sa bande annonce mais lui, il s’en fout complètement.

Zombin Laden
DR Panic Reverse

Quel est ton film préféré ? Et quel film t’a marqué dernièrement ?

Alors c’est Il était une fois la Révolution. Un western de Sergio Leone qui se passe pendant la Révolution Mexicaine…. Sinon, le dernier film qui m’a marqué c’est Her… Super cool. Dur de s’identifier de s’identifier. Super cool Verhoeven. Et là je vais aller voir Grave… Vous l’avez vu ?

 

Oui… Le film est fait pour en discuter, et il reste à voir.
Est ce qu’il y a une affiche, une bande annonce qui t’a dernièrement marqué ?

Oui… Alors Zombin Laden. En même temps, moi j’ai un coup de cœur pour l’humour, j’aime bien les trucs rigolos. On a une team qui s’appelle la Whaat, ils nous font des films depuis deux ans, à se pisser dessus, ils ont fait « No Dick » notamment, l’histoire d’un mec qui n’a pas de bite et qui la cherche car il n’en a plus. Je ne cherche pas à influencer mais les deux fois où ils ont participé, ils ont finis dans le tiercé gagnant.

No Dick
DR Panic! Reverse

Est ce qu’il y a un artiste faisant des affiches qui t’a marqué ?

Justement… Il y a Gilles Vranckx, l’artiste qui a fait L’étrange couleur des larmes de ton corps qui est un affichiste super cool. Sinon, il y a les affiches de Laurent Melki, celui qui a fait toutes les anciennes couvertures de Mad Movies, Freddy,  Vidéodrome, La nuit des morts vivants. Les affiches de Johnny, celles du Cirque Bouglione… On reconnaît bien sa touche. Il y a au final assez peu de films qui essaient de te créer quelque chose, bien souvent ils essaient de te créer quelque chose plutôt que de créer une œuvre. 95% des affiches c’est une image avec une star, un visage, quelque chose de marquant. Il y a Mondo par exemple ou tu vas avoir de fausses affiches de films qui fait quelque chose de vraiment original.
A notre niveau, au niveau des affiches qui sont produites, on va faire un petit shop par exemple sur le site et on va faire quelque chose pour faire en sorte de les vendre car on a beaucoup de demandes.

La magnifique affiche réalisée par Gilles Vranckx
DR

Il y a un prix Univerciné un peu spécial ?

Oui c’est vrai. Car Dailymotion au début nous parrainait, maintenant c’est Universciné.com, on a un prix qui leur est consacré. Ils gagneront pleins de choses mais chez nous il y a pleins de gens qui participent et qui n’ont rien à gagner. C’est vraiment pour le plaisir de créer. Aux affiches, c’est un peu tout le monde qui se disent « tiens c’est marrant »… Mais c’est vrai que c’est sassez éclectique. Ils sont contents, ils sont fans du genre et jouent avec du sang donc sont contents… …

 

Panic! Reverse Reverse, donc ça veut dire à l’envers… Quelle question tu aimerais qu’on te pose ?

Oh là ! Je ne sais pas ! Parce que… Elles étaient bien vos questions ?!  J’aimerais qu’on me demande dans quel endroit on va faire la projection parce que… Pour l’instant je ne sais pas même si j’ai une petite idée en tete…

2 réponses to “Panic! Reverse, Le Cinéma à l’Envers : « chez nous il y a pleins de gens qui participent et qui n’ont rien à gagner. C’est vraiment pour le plaisir de créer. »

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