Vinyles indispensables: Pourquoi faut-il avoir « Abey Road » des Beatles dans sa discothèque ?

Écouter un vinyle est le meilleur moyen de (re)découvrir un album. L’objet culte, la pochette, l’attention qu’il faut lui apporter, la qualité et la chaleur du son, tant d’éléments qui permettent une lecture globale de l’œuvre. D’autant plus que la tentation de passer un morceau n’est pas de mise dans ce schéma. C’est pourquoi Pop&Shot vous présentera régulièrement ses choix de vinyles indispensables.

C’est naturellement que mon premier choix s’est porté sur « Abbey Road » des Beatles. Paru le 26 septembre 1969 (le 1er Octobre aux US) il reste comme étant l’achèvement des Fab 4.

Première raison: sa pochette. Sûrement l’une des plus cultes de tous les temps, mais aussi aussi l’une de celles qui a fait le plus parler d’elle.

Deuxième raison : pour la qualité irréprochable de l’enregistrement, réalisé sur un 8 pistes, et de son arrangement, toujours chapeauté par le « 5ème Beatles » Georges Martins.

Mais surtout nos quatre garçons dans le vent nous ont offert dans cette dernière session d’enregistrement leurs plus beaux adieux.

Cet album a la particularité d’être coupé en deux parties distinctes. La face A est clairement influencée par Lennon alors que la face B a plus l’empreinte de McCartney. « Something » et « Here Comes the Sun », de leur côté, font exception puisqu’ils restent les meilleurs morceaux composés par Georges pour les Beatles.

La face A s’ouvre sur le classique « Come Together », où chacun a su créer une harmonie. On en retient le riff de basse de Paul mis très en valeur par la batterie de Ringo. Ce qui est frappant, c’est la capacité des Beatles à écrire des morceaux qui pourraient tous être des singles.

La plupart des tracks ont été écrits lors des enregistrements du « White Album » et de « Get Back ». Mais John, Paul, Georges et Ringo voulaient travailler ensemble une dernière fois pour créer un album « the way we used to do it »(« comme avant »).

Et ces morceaux, qui étaient loin d’être des rebuts, s’inscrivent parfaitement dans la lignés d’un « Sgt Peppers » ou du « White Album ».

Leur complicité avait certes disparue, mais leur l’harmonie et leur symbiose musicale, elles étaient restées bien présentes.

La face B s’ouvre sur « Here Comes The Sun ». Lennon absent de cette piste permettra à Georges, qui l’avait composée chez un certain Eric Clapton, d’en faire des morceaux phares des Scarabées. Suivis de « Because », et de sa fantastique harmonie à « 9 voix » de Georges, Paul, John, et de Ringo, qui bien que silencieux était dans la pièce lors des nombreuses répétition.

Vient le medley. A mon sens la meilleure partie de l’album. Les morceaux, enregistrés en une seul prise, sont courts ou inachevés. Mais le travail commun, la participation des membres à ce projets ont permis un mini opéra de 16 minutes.

Le fait d’avoir « travaillé comme de vrais musiciens » a permis, si l’on en croit un Harrison taquin de construire ce passage d’ « Abbey Road » comme un tout. Le Medley, et l’album, par la même occasion se clôturent par « The End ». Le point final d’une décennie artistique.

Pour faire ses adieux, chaque membre conclut par un solo instrumental. Même le discret Ringo se risque à l’exercice alors qu’il s’avouait peu friand de « ce genre de démonstration ».

Enfin nos trois musiciens finissent par un solo de guitare, enregistré ensemble. La quintessence d’une carrière où chacun y va de sa personnalité. Puis arrivent ces dernières paroles signées McCartney « and in the end, the love you take is equal to the love you make » (« et à la fin, l’amour que tu prends est égal à l’amour que tu fais »). Son ex-meilleur ami Lennon qualifiera ce vers de cosmique.

15 secondes de vide et comme un dernier cadeau, « Her Majesty », retentit. Sur ce dernier geste, les Beatles tirent encore une fois leur épingle du jeu en créant et en imposant au monde de la musique les pistes cachées.

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