Tag

rock

Browsing
Alice Animal
Crédit Yann Orhan

Pas facile d’être mise sur un piédestal pour la tornade blonde Alice Animal. La rockeuse prépare son album qui paraîtra au printemps et en donne un avant-goût avec son single « Tes éléphants roses ». Si l’heure de l’émancipation féminine ( et féministe) a sonné depuis quelques années, la chanteuse suit le mouvement refusant « un amour qui détruit », d’être l’addiction d’un regard et d’un seul homme.  Aidée d’une guitare aussi électrique que féline, la chanteuse joue de sa voix suave pour scander comme un hymne son besoin d’indépendance à l’aide d’un texte écrit par Pierre-Yves Lebert. « I will survive » chantait Gloria Gaynor en 1978 se plaçant dans l’histoire comme l’icône de la femme forte quittée et pourtant plus forte seule. Autre époque, autre moeurs, avec une métaphore filée sur l’addiction, Alice Animal s’émancipe, n’ayant besoin que d’être elle et de s’assumer. A trop être aimée on se perd et parfois il est bon de rappeler à ces messieurs qu’une femme n’est pas une héroïne, elle a simplement besoin d’être elle-même. C’est au cours d’un road movie brutal à la « Telma et Louise » qu’elle illustre son propos. Pas de voyage en solo pour notre rockeuse qui préfère enchaîner son compagnon de route dans son coffre pour mieux s’en débarrasser plus tard. De quoi faire le deuil de feu une relation destructrice. En attendant de se plonger corps et âme dans son univers en 2021  sur l’album « Tandem » découvrez  que le sauvage « Tes éléphants roses’.

 


Découvre le clip de « Tes éléphants roses »


we hate you please die

Dès sa découverte au Printemps de Bourges 2019, une certitude s’est installée : We Hate You Please Die allait devenir un incontournable de la scène indé rock française. Il faut dire que le quatuor mixte envoyait du très lourd passant du lo-fi au screamé au court d’une performance artistique et jusqu’au-boutiste où la tiédeur était exclue.

Un premier album « Kids are lo-fi » paru en octobre 2018 allait en ce sens peuplé d’expériences musicales déjantées et de titres puissants. Un EP  » Waiting room » était quant à lui publié en mai 2020. Ces galettes, loin d’être passées inaperçues permettant ainsi à la formation de s’offrir quelques très jolis tremplins dont un prix Chorus qui lui sera officiellement remis le 1er octobre 2020. La qualité est là et elle ne trompe pas.

Il faut dire que les musiciens engagés ( que ce soit sur les causes sociétales ou écologiques) confèrent au punk rock garage une note transcendantal.  On n’écoute pas tant We Hate You Please Die qu’on ne le vit. Vibrant, moderne, dans l’air du temps, le groupe a su rapidement se faire une place évidente dans une scène riche, réinventant le rock qui commençait à sérieusement manquer au paysage musical actuel.

Un clip sous LSD pour « Figure it out »

Finalement,  le groupe a décidé de donner une nouvelle vie au morceau « Figure it out », titre à part dans sa bande son puisqu’il côtoie avec succès le fuzz psychédélique, en lui offrant un clip. Ce morceau hallucinogène de plus de 7 minutes invite à un tour de montagnes russes. On débute doucement bercé par quelques notes de ballade avant que guitare et batterie ne se déchaînent, que le psyché ne prenne le dessus sur la voix, que les 70’s ne copulent avec les années 2020. La montée semble sans fin et les loopings font loi.  Il fallait les tenir ces 7 minutes sans perdre le cap et l’auditeur, le pari est pourtant relevé haut la main.

Pour l’habiller, le groupe a choisi un cartoon aux couleurs criantes qui pourrait tout aussi bien être l’imagerie d’un cerveau sous LSD. Il est signé par le réalisateur et illustrateur Julien Brunet. En ces temps de restrictions sans fin, ce « Figure it out » sonne comme une dernier souffle de liberté nécessaire.


Les concerts à venir

01/10/20 : Festival Chorus

Paris 02/10/20 : Festival Qui Sème Le Son

Parthenay 08/10/20 : Plein Air

Tulle 06/11/20 : Le Tangram, Evreux


White Riot. Dans l’Angleterre de la fin des années 70, en pleine apogée punk, le fascisme gagne de plus en plus de terrain. Au travers d’un racisme décomplexé, le National Front fait preuve d’un nationalisme à toutes épreuves en embrigadant le plus de monde possible, dont la jeunesse, sa principale cible, dans des pensées conservatrices et réactionnaires. L’Angleterre connait à ce moment-là une période difficile, avec une situation économique désastreuse et un fort taux de chômage. La presse de droite ne manque pas de réveiller la peur en criant que le pays s’apprête à être envahi. Pour éviter la soi-disant catastrophe, le National Front parcoure les rues, les sorties d’écoles et d’universités, organise des manifestations et des marches… Leur but est simple : faire sortir les étrangers d’Angleterre. En parallèle, la répression policière envers les minorités s’accentue et installe un climat de tension extrême dans le pays.

En réponse à cette paranoïa réactionnaire, le punk va prendre les rênes de la révolte. Avec l’émergence de Rock Against Racism, mouvement politique au nom explicite, l’Angleterre bénéficiera d’une campagne de taille afin de contrer les élans fascistes d’une partie du pays, dont certaines figures de proue de la musique, comme Eric Clapton, Rod Stewart ou encore David Bowie, auraient encouragés de manière plus ou moins claires et explicites. White Riot, le nouveau documentaire signé Rubika Shah, se propose de revenir sur cette période de contestation d’une Angleterre divisée en deux.

 

White Riot En Echo avec la société d’aujourd’hui

Pour faire le récit de cette lutte antifasciste de la manière la plus authentique et honnête possible, la réalisatrice a choisi de se tourner vers le genre du documentaire. Témoignages, images d’archives et captations de concerts sont donc au rendez-vous afin de nous baigner dans la réalité de cette époque qui, malheureusement, résonne grandement avec le monde d’aujourd’hui où, on le rappelle, le racisme perdure plus que jamais et soulève encore très légitimement de nombreux combats de toutes parts dans le monde, et cela d’autant plus depuis la mort atroce de Georges Floyd à Minneapolis il y a quelques semaines seulement. Ainsi, White Riot bénéficie du climat du monde d’aujourd’hui, une société au bord de l’implosion, où l’intérêt pour les luttes antiracistes, non pas inexistant auparavant, loin de là, connaît néanmoins aujourd’hui un fort et magnifique rebond. Le film fait ressurgir le passé comme pour appuyer d’autant plus la réalité d’aujourd’hui qui, en l’espace de 40 ans, n’a pas bougé d’un poil. Les minorités continuent d’être persécutées et réprimées dans le silence général. Là où White Riot trouve sa solution en nous vantant les mérites de la musique dans la lutte contre les inégalités, il en est tout autre pour la réalité d’aujourd’hui qui ne risque pas de venir à bout de ses problèmes aussi facilement. Plus personne pour mener l’insurrection ou société tellement gangrenée que rien n’est plus à espérer ? C’est un autre débat. Concentrons-nous plutôt sur le contenu du film, son fond et sa forme.

 

Le rock est politique par essence

Retraçant l’histoire du mouvement Rock Against Racism, de sa création jusqu’à son apogée avec le tant attendu festival ayant réuni entre autres les Clash, Steel Pulse et Tom Robinson à Victoria Park, le film s’évertue à nous faire saisir la complexité du travail de communication ayant mené jusqu’à ce fameux point d’orgue où 100 000 personnes se sont réunies contre les poussées nationalistes du pays. Le chemin tumultueux et agité de Rock Against Racism, via tout d’abord de modestes fanzines distribués dans des concerts pour ensuite parvenir à rallier de plus en plus de monde, n’aura pas été vain puisqu’il sera parvenu à vaincre les pensées conservatrices de ses opposants par la musique et par le nombre, allié à l’Anti League Nazi. Rock Against Racism prend de l’ampleur et devient le principal mouvement de protestation. Comme le dit le créateur du projet : « c’est comme un train au bord duquel tout le monde monte ». L’alliance entre différents styles musicaux, allant du punk au reggae, est probablement la plus belle chose réussite de ce mouvement qui aura su privilégier une lutte intersectionnelle. Les blancs se rendent soudainement compte que le racisme existe en Angleterre et se doivent d’apporter leur soutien aux minorités qui en ont besoin, d’où le titre du film, lui-même tiré du fameux titre des Clash. Grâce aux témoignages d’acteurs importants du mouvement, nous sommes en mesure de saisir ce qu’était réellement ce mouvement, son essence et son aspiration : « nous voulons une musique rebelle, une musique de la rue, une musique qui anéantit la peur de l’autre, une musique de crise, une musique qui sait qui est l’ennemi ». Ainsi, tout passe par la musique qui, on le comprend, est l’arme principale pour lutter contre le nationalisme. Pour ce qu’il montre de cela, le film est digne d’intérêt, car il n’y a pas plus belle forme d’émancipation que celle dont le rock est la mère. Et en désignant ce dernier comme un état d’esprit et non plus simplement comme un genre musical, le film réussit son pari en nous montrant que la musique a le pouvoir de changer le monde oui, tant qu’elle dépasse son propre statut. Le rock sera toujours politique, plus que tout au monde et White Riot est une ode à cette pensée.

 

Un traitement aux limites visibles

Néanmoins, le film connait plusieurs lenteurs et baisses de régimes tout du long, prisonnier des limites de sa forme qui, petit à petit, a tendance à nous faire décrocher. Les images d’archives qui donnent régulièrement vie au genre documentaire, manquent à l’appel. Ici, White Riot semble plusieurs fois à court de contenu et ce ne sont pas les témoignages des quelques mêmes intervenants, dont les paroles ont tendance à tourner en rond, qui sauront nous tenir en haleine pendant une heure et demi (un peu moins). Le rythme relativement plat ne retranscrit pas avec assez de poigne et de volonté toute cette rage bouillonnante de l’époque. Le rock contre le fascisme. Deux mots que tout oppose. Rien qu’en les entendant, on s’imagine déjà des enceintes explosées, des gens fous furieux, de la jouissance, des esprits ravageurs portés par l’amour de la musique et essayant de mettre fin à la haine et aux inégalités, où l’utopie trouve enfin l’arme nécessaire pour se penser réelle. Le film reste trop bon enfant, à moins que ce ne soit réellement l’esprit du mouvement qui, dans ces cas-là, est fait pour être vécu et uniquement vécu. Car le regarder de loin n’a pas l’effet escompté. Même si le sujet reste intéressant en lui-même, il lui manque dans ce traitement une profondeur ainsi qu’un réel désir de nous faire voyager dans le temps : plus d’archives et plus de musique (live surtout) pour nous faire vibrer au rythme de l’époque auraient été préférables.

Aussi n’est-il pas dangereux de s’aventurer dans un sujet comme celui-ci, qui ne bénéficie pas de beaucoup de contenu, le temps d’un film complet ? Car sinon les Clash, Steel Pulse et Tom Robinson, qu’aura-t-on retenu en terme de musique ? La dernière prestation de « White Riot » des Clash lors du festival final peut-être. Autrement cela, aucun moment musical à proprement parler ne porte dignement le film dont on sent rapidement les limites liés à la forme et à son contenu. Quant au passage sur David Bowie et sa fameuse phrase en faveur de l’arrivée d’un leader fasciste, reprise dans le résumé du film, il ne constitue qu’un grain de sable vite oublié dont on ne cherche pas à expliquer plus en détails ni les raisons ni le contexte. Soi-disant l’une des causes de la naissance du mouvement, en plus du soutien plus explicite de Clapton pour un suprémaciste (lui c’est une autre histoire), cette phrase de Bowie aurait mérité des éclaircissements, au lieu d’être ainsi passée à la trappe. Bowie souhaitait-il réellement voir un leader fasciste arriver au pouvoir ? Ne faisait-il pas plutôt l’état des lieux d’un pays au bord de la catastrophe ?

Quoiqu’il en soit, White Riot peine à faire sentir toute la ténacité d’une génération à lutter contre l’un des plus grands maux de l’humanité, même s’il a la qualité de relater un épisode marquant de l’histoire de l’Angleterre de ces années-là. Mais si à la sortie, vous n’avez pas envie de vous refaire toute la discographie des Clash, il faudra vous faire une raison.

SONY DSC

 

By Léonard Pottier


melodie lauret à quoi tu penses quand tu m'adores ?

Tout n’est finalement pas à jeter en 2020. La preuve ? Ces 10 artistes qui ont profité de cette année farfelue pour composer et publier des morceaux variés, qualitatifs, hautement travaillés. Vous allez en être fous. Notre scène indépendante a du talent, elle est l’une des plus créative au Monde, aimons la, écoutons la, protégeons la, soutenons la.

 Atalhante – Yellow Devil: la relève du rock

Quatuor parisien rock mené par Sarah et Maxime, Atalhante donne de nouvelles couleurs couleurs au rock en lui apportant une belle touche de modernité.  Entre guitares vibrantes, voix puissantes et interludes phrasées au féminin ce « Yellow Devil » donne une nouvelle définition du rock, casse les codes sans bouder ses influences. Inspiré et pêchu il fait la part belle à ce groupe de scène qui a déjà œuvré au Bus Palladium, Supersonic, Truskel … Inspiré par le Velvet Underground, les Pixies, Pink Floyd ou encore Radiohead, le groupe crée l’alliance parfaite et tant attendu entre rock déjanté et pop française aux accents hip hop. Un plaisir à écouter en boucle. Un premier Ep est attendu pour le mois de septembre 2020.

 

Ralph of London – Dotty : brit-pop populaire

Décrite comme « Do it yourself », la musique de Ralph of London fait se rencontrer scène britannique et valenciennoise. Leadé par un auteur-compositeur, multi-instrumentiste originaire de la capitale anglaise, le groupe crée une britpop bienvenue aux refrains profondément accrocheurs. Le nouveau titre de la formation, « Dotty » parle de faire des folies par amour. Et les folies sont au rendez-vous d’un clip hallucinant qui porte à l’image un morceau travaillé, produit et savamment écrit. Ralph of London compte bien également apporter une touche de réflexion sur le monde de la britpop rappelant à travers son dernier album « The Potato Kingdom » que la pop est avant tout populaire.  » Tout est rien, la vie est une patate » argumentent-ils pour expliquer ce titre inspiré par « Les Mangeurs de pomme de terre » de Van Gogh.

Space Dukes – Hit you : rock précis

En voilà un savant mélange des genres que celui que propose Space Dukes et ce pour notre plus grand plaisir. Loin de se contenter de suivre les codes d’un courant musical, le groupe parisien convoque le jazz, le rock psyché et la space pop pour un résultat détonnant. Qualitatif comme sait l’être le meilleur des pépites indées, accessible, soigné, dansant, addictif. Il faut dire que la troupe a étudié ensemble au conservatoire de Paris, plus précisément dans le département jazz du 17ème arrondissement. Une belle carte de visite.  Après une année de concerts dans la capitale et un passage au Hasard Ludique, le groupe revient avec un tout premier EP cosmique « Clear the Air » sorti le 10 juillet : une douceur pour les mélomanes, amoureux de beaux arrangements et de voix suaves.

Cafe bizarre – Beautiful losers : 80’s revisitées

Ne vous y méprenez pas, Café Bizarre assume pleinement ses références. Le groupe les a digéré et n’a de cesse de les revisiter, les moderniser, leur mettre une couche de vernis brillante pour mieux les sublimer à la mode de 2020. Pavement et Pixies font office de Demis-dieux pour les musiciens, et cette particularité leur donne une sacrée carte de visite. Cette dernière s’entend dans les notes rock acidulées, langoureuses et dans les guitares rythmées que proposent nos compères. Si « Beautiful Losers » est un hommage à Leonard Cohen, c’est bien à l’immense Morrissey et aux Smiths que l’on pense dans l’intonation chantée. Beaucoup de références me direz vous ? Pas d’inquiétudes pourtant, Café Bizarre a su créer son propre univers, éviter le pièges des imitations évidentes et offre son propre breuvage noir, serré avec un touche de sucre.

September Again – Circles : mélancolie et brutalité

Et si la nouveauté venait du mélange des genres ? Il se pourrait bien que cette idée séduise tout particulièrement les impressionnants September Again qui couvent leur projet depuis 2012. Si deux années annonciatrices de l’Apocalypse semblent avoir été propices à September Again, c’est peut-être aussi parce que leurs sonorités sombres ont cet aspect chaotique qui subliment les émotions les plus noires. C’est en 2017 que sort le premier LP du groupe « Insomniac », un voyage prenant entre apaisement et cris du cœur, pointu, rock, essentiel. De retour à l’été 2020 avec l’album « From nothing to nowhere », la formation n’a rien perdu de sa fougue brutale. Une déferlante d’émotions sauvages aussi douce et enragée qu’une averse automnale. Et ce n’est pas l’hallucinant « Circles » qui pourrait faire mentir cet adage, montagnes russes garanties.

Maine in Havana – Cimarron : une voix à se damner

Une note et vous voilà sous le charme de Maine in Havana. Allez-y, cliquez, écoutez, laissez vous subjuguer par cette voix rauque. Elle semble tout droit sortir des marécages de Louisiane, elle en a la force quasi mystique. C’est pourtant à Montpellier que se forme ce groupe qui mélange volontiers folk, blues et rock. Les orgues vintages y rencontrent des sonorités psychédéliques, le tout avec une harmonie et une intensité retentissantes. Les paroles poétiques du combo se déclament en anglais telle une prophétie, il est impossible de détourner son oreille de  cette oeuvre jusqu’au-boutiste dont les notes enivrent autant qu’un bon whisky hors d’âge.

No Money Kids – Lost Generation ( feat the Toxic Avenger) :dance it yourself

On ne présente plus les excellents No Money Kids. Les voilà de retour aux côtés de the Toxic Avenger avec un morceau qui transcende les codes de la pop électro  » Lost Generation ». Au programme un titre dansant, moderne, joliment produit, au refrain accrocheur. Le rock est également de la partie alors que No Money Kids qui a fait à de nombreuses reprises ses preuves sur album comme sur scène se définie de cette vague Do It Yourself, touche à tout et en contrôle complet de son oeuvre. Le résultat est addictif  et servi par un clip rétro-futuriste tout aussi soigné que le morceau proposé. A écouter en boucle cet été.

Tazieff – Kubik : néo cold wave

La cold wave se réinvente à Paris. C’est bien ce que prouve l’excellent trio parisien Tazieff. Derrière ses compos aux sonorités froides et résolument rock, on pourrait retrouver la précision chirurgicale punk des excellents Murder Capital. Mais pas seulement, novateur, le groupe revient avec un EP  » Is this Natural? » porté par un premier single d’une puissance rare « Kubik ». Au programme guitares saturées, riffs sombres, voix grave qui n’a pas à rougir face au meilleur de The Cure et son charismatique leader Robert Smith. Impossible de ne pas se laisser dévaster par cette prouesse vibrante qui noue les tripes. Travaillé de bout en bout, cet extrait promet un EP magistral et déjà culte.

Mélodie Lauret – A quoi tu penses quand tu m’adores ? :  poésie acérée

Belle alliance artistique que celle de Mélodie Lauret et l’illustratrice Eloise Coussy qui signe ici ce clip coloré. Si vous êtes passés à côté de la chanteuse, elle sortait en novembre son premier EP « 23H28 ». La prodige aux textes acérés comme des lames de rasoirs et vifs comme savent en écrire  les esprits bien faits ne compte pas s’arrêter là et dévoile un extrait de son prochain EP, dont les rythmiques pourraient évoquer Fauve et Odezenne dans une version 2020 féminine . Moderne, addictif, ce « A quoi tu penses quand tu m’adores ? » ne mâche pas ses mots et profite du flow rythmé de la chanteuse pour appuyer son propos. Celle qui est également metteur en scène  signe un titre fort en émotions, écorché, à fleur de peau. Avec son engagement féministe, ouvertement queer, la chanteuse chante un amour universel, parle à tous et fera, c’est certain, beaucoup parler d’elle.