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Kasabian par Neil Bedford, 2026
Kasabian par Neil Bedford, 2026

Le 17 juillet dernier devait sortir le neuvième album de Kasabian, avant que celui-ci ne soit reporté au 4 septembre. Les fans les plus dévoués pépient encore d’impatience, et ont su se sustenter sur les quelques singles déjà sortis comme l’excellent « Nothing Better Than This », qui nous encourage, entre autres, à continuer de rêver. Nous avons rencontré Sergio Pizzorno lors d’un entretien sur Zoom. Il est souriant, chaleureux et laisse entrevoir dans ses réponses ce plaisir rafraîchissant d’un homme qui aime créer et partager son art avec son public. Si la musique semble être son feu le plus ardent, il n’hésite pas à exprimer son admiration pour de grands cinéastes. Qui sont-ils ? Vous le saurez bien assez tôt en lisant notre interview ci-dessous.

Pop&Shot : Bonjour Sergio, félicitations pour le nouvel album de Kasabian, ACT III. Il devait sortir le 17 juillet dernier et finalement, vous avez décidé de le sortir le 4 septembre. Qu’est-ce qui a entrainé ce choix ? Est-ce que c’était un choix difficile ? 

Sergio Pizzorno (chanteur de Kasabian) : Il y avait quelques détails qui manquaient. On avait fini l’album mais je n’en étais pas 100% satisfait. Puis, je me suis dit que cet album serait disponible ensuite pour toujours, alors il peut attendre quelques semaines de plus avant d’être dévoilé, pour qu’il devienne la meilleure version possible de ce que l’on avait en tête. À mes yeux, la vie d’un album a lieu avant que tu le sortes plutôt qu’après tu vois ? Le processus de création et ensuite après la sortie, ça ne t’appartient plus.

Pop&Shot : Tu as déclaré que les albums étaient éternels et que ce que certains considéraient comme un chef-d’oeuvre, ou du moins un produit fini, restaient pour toi des oeuvres qui ne demandaient qu’à être revisitées, voire retravaillées, notamment en live. Dans ce cas, y-a-t-il des morceaux de Kasabian que tu aimerais réécrire ? 

Sergio Pizzorno : (rires) Euh… je vais dire non, parce que c’est une chose très dangereuse que de trop s’attarder sur un tableau qu’on a fini. On risquerait de tout gâcher et rajouter trop de peinture… En fait, j’essaye de voir les chansons de Kasabian comme des photos. Des moments qu’on a vécu capturés en instantané, comme une preuve de où nous étions artistiquement à cet instant. J’aime penser que tu deviens meilleur avec le temps, tu apprends de tes erreurs. Donc bien sûr, quand j’écoute d’anciens morceaux qu’on a fait, je vois tout ce qu’il y a corriger mais ce sont des photos, des preuves de notre existence et de notre parcours. Tu vois quand tu regardes une photo des années 70 ? L’énergie y est folle ! L’esthétique, les vitrines, les décors… mais ce qui rend ça encore plus beau c’est que ça capture une époque qui n’est plus là.

Pop&Shot : Oui, parce que le passé est facile à idéaliser. J’aime bien dire que ce qui rend le passé beau, c’est que je n’y étais pas. C’est intéressant que tu mentionnes les années 70, parce que c’est une période qui inspire encore beaucoup les musiciens de notre génération. 

Sergio Pizzorno : Oui ! Ce qui est fou, c’est qu’on recycle tout, on est dans une boucle où tout finit toujours par revenir. C’est difficile d’avoir de nouvelles idées, et que celles-ci soient bien perçues en leur temps. Alors, on réutilise, on fait référence. Et les années 70 sont certainement une période que l’on trouve parfaite pour ça. On est tous coincés d’une certaine manière.

Pop&Shot : Et quand on regarde le cinéma des années 70, le Nouvel Hollywood notamment, on voit qu’ils avaient aussi des époques dont ils s’inspiraient beaucoup, comme les années 30, avec des films comme Bonnie and Clyde, Paper Moon ou The Sting… Et tout ça me permet de me lancer sur la prochaine question : dans votre musique, on ressent des inspirations très diverses ; la pop, l’electro, le gospel, le hard rock… comment est-ce que tout cela se met en place ?

Sergio Pizzorno : Je pense que l’on vit dans une époque où la musique est particulièrement facile d’accès.  On a tout à portée de main maintenant. Inévitablement, si tu es curieux, que tu veux faire de bons albums et que tu veux continuer à découvrir des choses, tu te laisses vite entrainer. J’aime la musique, qu’importe sa forme, donc je n’aime pas l’idée qu’on puisse nous catégoriser et respecter les règles d’un genre ou d’un autre. Tu devrais avoir le droit de t’exprimer, qu’importe la forme que ça prend, même si ça diverge de ce que tu as pu faire avant. Parfois, expliquer une oeuvre est le pire service qu’on puisse le rendre d’ailleurs. Tu ne peux pas expliquer une sensation, tu la ressens, alors je transfers cette émotion sur un album. On parlait de films à l’instant et c’est marrant parce que j’ai l’impression que la musique est une connexion émotionnelle sans genre qui racontera toujours une histoire. Un morceau d’electro peut te faire ressentir la même chose qu’une ballade au piano, après tout! Bien sûr, un album peut partir dans tous les sens et ça peut être confondant pour la personne qui l’écoute. Mais c’est comme quand on parle de morceaux « needle drops » dans les films, qui changent toute l’atmosphère de l’intrigue.

ACT III de Kasabian, à paraître le 4 septembre 2026
ACT III de Kasabian, à paraître le 4 septembre 2026

Pop&Shot : En plus, tu disais que ce nouvel album existait dans un univers très cinématographique. Tu parles d’ailleurs de Stanley Kubrick et David Lynch comme inspirations directes…

Sergio Pizzorno : C’est aussi quelque chose qui s’est beaucoup présenté dans les années 70 : un réalisateur qui monte, produit et écrit ses films. Ils ont le regard sur tous les aspects du film et il y a beaucoup de groupes qui enregistrent leur musique mais n’ont pas la main sur la production, par exemple.  Quelqu’un comme Lynch ou Kubrick, ou même Tarantino, avaient une vision et allaient jusqu’au bout de celle-ci. Pour moi, tous les aspects de la création sont importants à chapeauter : la pochette, les clips, le live… tout ça existe à l’intérieur du monde de cet album, de ce que représente Kasabian à l’instant T, et j’ai besoin de voir toutes les étapes. Ces trois réalisateurs ont fait les films qu’ils voulaient faire et ne portent pas d’intérêt à ce que la critique ou le public vont en dire. Je trouve ça magnifique! On vit dans une période où on est très portés sur l’opinion de l’autre, à regarder les statistiques des réseaux sociaux, des plateformes de streaming… est-ce que les gens ont cliqué sur le bon lien ? Et c’est… mon dieu, c’est épuisant! Ça ne rend pas le processus très stimulant…

Pop’n’Shot : Oui, je comprends. « Act III » est le 9ème album de Kasabian et j’ai l’impression qu’aucun projet ne ressemble au précédent…

Sergio Pizzorno : (rires) Oh!

Pop’n’Shot : Ah! C’était un compliment… si jamais ! 

Sergio Pizzorno : Non, justement, merci parce que c’est notre objectif en tant que groupe d’essayer de se réinventer.

Pop’n’Shot : Et donc, est-ce que tu considères « Act III » comme une sorte de sommaire, un hommage à une carrière très éclectique en terme de choix musicaux ? 

Sergio Pizzorno : Oui, je pense. C’est marrant parce que quand tu commences les interviews pour un album, tu as une vague idée de ce que tu veux dire, une sorte de plan disons, et au fur et à mesure des entretiens, ça s’affine et c’est presque à ce moment-là que tu comprends réellement de quoi parle ton album et ce qu’il représente. La manière dont j’écris mes chansons depuis le début se reflète dans l’évolution de Kasabian et de ce que l’on a fait. Appeler l’album ACT III, c’est pour définir toute notre carrière jusqu’à présent. Pour le dixième album, on redémarrera le vaisseau et on le fera atterrir ailleurs… C’est l’image que j’ai dans la tête du moins.

Pop’n’Shot : Au théâtre, l’acte III est généralement celui où se déroule le climax de la pièce… 

Sergio Pizzorno : Dans cette période, enfin disons les six dernières années, oui c’est le troisième acte des six dernières années. On fait table rase.

Pop’n’Shot : Et dans « Nothing Better Than This », tu dis littéralement « continue de rêver, rêveur. » et « The Guru and the Time Crypto Machine » semble parler de l’éducation et de la transmission. Est-ce que tu es optimiste à propos du futur ?

Sergio Pizzorno : Je pense que oui. Je crois que les jeunes feront les bonnes choses. Les vieilles générations paniquent toujours mais les jeunes s’en sortent toujours, ils trouvent toujours une solution. Je leur fais confiance. Comme on l’a fait quand on était jeunes. En vieillissant, certains oublient ce que c’était que d’être rêveur et optimiste et j’ai une confiance infinie en la jeunesse.

Pop’n’Shot : Aujourd’hui on pense adorer dire « que les jeunes veulent plus travailler », mais de son temps Socrate le disait déjà.

Sergio Pizzorno : Mais oui, c’est cette même vieille phrase insensée qu’on me balançait à l’époque aussi et qui revient encore aujourd’hui… c’est épuisant. Mais on doit croire aux jeunes. Chaque génération s’en est sortie, avec ses moyens.

Pop’n’Shot : Ils s’en sortent dans leur contexte avec les revendications de leur époque.

Sergio Pizzorno : Exactement ! Merci ! C’est génial ce que tu as dit sur Socrate et les grecs, ça reflète exactement cette mentalité des anciennes générations qui oublient leur jeunesse.

Pop’n’Shot : Aujourd’hui, on vit dans ce que j’aime appeler une ère d’hyperconnexion : on voit tout, de tout le monde, tout le temps, de notre voisin à notre pop star préférée, mais dont on comprend de moins en moins les codes à cause de la vitesse d’execution et le besoin compulsif de curation d’une existence parfaite sur les réseaux… Toute époque a connu sa part de curation, mais si tu compares à ce qu’il se passait il y a dix ans, on voit une différence dans notre manière de percevoir le « contenu » – on peut venir à un stade où on ne demande plus de nouvelles de ses proches parce qu’on pense avoir tout vu ce qu’il y avait à savoir sur Instagram. Comment perçois-tu ce rythme en tant qu’artiste dont on « consomme » l’art et dans ta propre vie de « consommateur » ?

Sergio Pizzorno : Bonne question. Je pense que dans de nombreuses manières, comme Kasabian a commencé avant cette période des réseaux sociaux, on a eu moins à divulguer que d’autres. À nos débuts, l’exigence était de faire de la bonne musique et de savoir la jouer sur scène. C’était là que s’arrêtait la demande. Cette transition vers les réseaux sociaux a changé la forme de l’art. La première chose que les gens vont voir ne sera plus ta musique, mais ton profil Instagram ou TikTok et c’est tout une autre forme d’art. C’est le genre de choses, pour lesquelles, selon moi, j’ai été chanceux parce que j’ai pu être plus secret et pas trop me montrer. Ça me va, parce que je ne suis pas le genre de personne à partager ma vie privée. Je préfère être énigmatique! Si tu commences aujourd’hui, j’ai l’impression que tu n’as plus trop le choix. En terme de connexion, c’est génial de voir le pouvoir et le contrôle que tout ça a sur notre attention et je suis un peu inquiet que toute cette créativité et cette imagination soient réprimées par tout ça. J’ai deux jeunes garçons et j’essaye de trouver comment leur expliquer que c’est pas idéal de passer 12h devant un téléphone, mais j’ai l’impression de passer pour un vieux fou en disant ça (rires). Je trouve juste que l’ennui est la meilleure source de créativité et tout ça est aspiré par le vortex des réseaux sociaux. Si seulement, il y avait une grosse prise de courant que l’on pouvait juste débrancher pour se débarrasser de tout ça.

Pop’n’Shop : J’ai dans l’idée que les générations futures vont saturer de tout ça et progressivement se détacher de tout ça, surtout avec l’arrivée massive de l’IA et la fiabilité des images qui s’en retrouve remise en cause.. Ou alors pas du tout, et le rythme va encore plus s’accélérer. 

Sergio Pizzorno : Je pense que c’est le talon d’Achille de la nature humaine depuis le début, toujours au bord  de deux choses : le génial ou le désastre. Mais quand on se pose la question : « quand est-ce que je me suis senti vraiment bien? » Personne ne répondra : « ces 5h que j’ai passées sur mon téléphone hier » – ils parleront du concert où ils sont allés, de la plage qu’ils ont visité, etc… Ce genre de choses simples. Personne ne passera les douze plus belles heures de sa vie sur Snapchat…

Pop’n’Shop : On arrive à la fin de cette interview, alors je te propose de partir sur une dernière note un peu plus optimiste– 

Sergio Pizzorno : Oui. Enfin ! Non ! Je tiens à le dire : je suis optimiste sur ce que tu viens de dire, sur les gens qui finiront éventuellement par lâcher leurs téléphones. On a commencé une tournée d’été là et le public est assez jeune. L’énergie est incroyable, tu peux pas même pas imaginer ! Je regarde cette foule de jeunes qui passent un moment fantastique, heureux d’être là. C’est magique à observer. Qu’un public nous renvoie cette énergie aussi brute est phénoménal. C’est incroyable ce que ça procure à l’énergie d’une pièce quand tout le monde se débarrasse de son téléphone. La culture, c’est dur à saisir, c’est quelque chose d’immatériel et la culture d’aller en concert est loin de disparaitre, alors oui je suis optimiste.

Pop’N’Shop : Et maintenant, une dernière question pour la route. Tu aimes le cinéma, quel est le film que tu conseillerais là ? 

Sergio Pizzorno : UN film ? C’est dur… euh… Non mais je vais trouver… Récemment, j’ai regardé un film avec mes fils, Little Miss Sunshine. Tu l’as vu ? C’est un film magnifique, on a beaucoup aimé. Oh et aussi, je suis allée voir Obsession. J’adore ce courant de films d’horreur modernes qui émerge.

ACT III, le nouvel album de Kasabian sortira le 4 septembre prochain.

Préparation des questions : Pénélope Bonneau Rouis et Adrien Comar


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Adrien Comar, journaliste

top album 20241. Amyl and the Sniffers – Cartoon Darkness

L’australienne et ses australiens ont réussi avec cet album à affiner leurs compositions : c’est moins bourrin, c’est plus varié – résultat : c’est génial. Le tout avec la même rage, la même énergie, la même riot grrrl, Amyl and the Sniffers 2.0, on en redemande !

  • IDLES – TANGK
  • English Teacher – This could be Texas
  • Charli xcx – brat
  • METZ – Up on Gravity Hill

Top concerts 2024  :

LCD SOUNDSYSTEM TOP ALBUMS 2024
LCD SoundSystem – Rock en Seine 2024 @ Louis Comar
  • LCD Soundsystem –  Rock en Seine
  • Porridge Radio – Centre Georges Pompidou
  • Nick Cave & the Bad Seeds – l’Accor Arena

Pénélope Bonneau Rouis, journaliste & photographe

top album 20241. IDLES – TANGK
Difficile de passer à côté de cette bombe qu’est Tangk. Sans perdre leur puissance,
malgré une nouvelle direction musicale remarquable, le groupe bristolien laisse la
rage de côté pour explorer une autre émotion forte. L’amour se glisse ici dans tous
les recoins de cet album, avec toute sa vitalité, sa tendresse, sa force. Idles a bien
changé depuis Brutalism, mais une chose est sûre, leur énergie, elle, est intacte.
Bref. Love is the fing.

  • Florence + The Machine – Symphony of Lungs
  • Vera Sola -Peacemaker
  • The Last Dinner Party – Prelude To Ecstasy
  • Fontaines D.C. – Romance

Top concerts 2024 :

PJ Harvey - @Pénélope Bonneau Rouis
PJ Harvey – @Pénélope Bonneau Rouis
  • Stevie Nicks – Ziggo Dome, Amsterdam
  • Anohni & The Johnsons – Philharmonie de Paris
  • PJ Harvey – Gunnersbury Park, Londres

Léonard Pottier, journaliste, community manager

top album 20241. Kit Sebastian – New Internationale
Il fallut attendre leur troisième album pour que je découvre enfin la magie Kit Sebastian. Le duo franco-turc, composé de Merve Erdem et Kit Martin, m’ayant laissé jusque là relativement indifférent, m’a cette fois-ci comblé d’un bonheur inattendu. « New Internationale » est une perfection. Sa qualité de composition et de production se dévoile au fil des écoutes, jusqu’à faire de cet opus, sous ses airs mielleux et légers, un monument de l’année 2024. Comme l’indique son titre, les influences vont piocher dans différents coins du monde : Brésil, Ethiopie, Indonésie… au service de morceaux astucieux, accrocheurs et réconfortants. Chacun d’eux vous restera en tête très longtemps.
« New International » fait de ses subtilités sa force majeure et de ses compositions une évidence. Nouvel album de chevet.

English teacher – This Could Be texas
Geordie Greep – The New Sound
Sylvie Kreusch – Comic trip
Anton Serra & Goomar – C’est grave Docteur ?

Top concerts 2024 :

King Hannah - La Maroquinerie - Photo : Théophile Le Maitre
King Hannah – La Maroquinerie – Photo : Théophile Le Maitre

 

  • King Hannah, La Maroquinerie
    Marc Ribot, l’Orangerie (Bruxelles)
    Vampire Weekend – Adidas Arena

Théophile Le Maitre, vidéaste, photographetop album 2024Yellow Days  – Hotel Heaven

Hotel Heaven est un pur produit des années 70’s, comme s’il avait été enregistré par Phil Spector. Yellow Days entreprend un sublime hommage à John Lennon, particulièrement dans son travail sur la voix, tout en proposant quelque chose de parfaitement original. Les sept chansons invitent au lâcher prise, par un groove funk et des paroles légères. Une production bluffante qui vous tient en haleine le temps d’une petite demi-heure, c’est le meilleur album de Yellow Days à ce jour, et pour les fans, il existe une extended version de plus d’une heure.

  • Vince Staples – Dark Times
  • Idles – TANGK
  • Grande Mahogany – As Grande As
  • Saya Gray – QWERTY II

Top concerts 2024 :

  • RVG – 11/09/2024, Le Hasard Ludique
  • AIR – 17/08/2024, La Route du Rock
  •  Cimafunk – 13/07/2024, Les Nuits de Fourvière

 

Louis Comar, photographe

top album 20241.  Fontaines DC – Romance

Un album intense et addictif qui fait passer le groupe Irlandais dans une autre dimension. Les 11 titres sont transcendent et ne demandent qu’à être vécus en live.

  • The Vaccines – Pick-Up Full of Pink Carnations
    Soft Play – HEAVY JELLY
    Frank Carter and The Rattlesnakes – Dark Rainbow
    Justice – Hyperdrama

Top concerts 2024 :

Miles Kane – La Cigale 2024 – Crédit photo : Louis Comar

 

 

  • Miles Kane – Cigale 19/02/2024
    Maneskin – Rock en Seine 22/08/2024
    Nick Cave – Accor Arena 17/11/2024

 

Kevin Gombert, photographe

top album 2024 1. Leon Bridges – Leon

Ce nouvel album de Leon Bridges explore les racines de sa musique. On plonge dans un univers très soul / rnb des années 60. L’influence de la scène texane et de la Louisiane est plus forte que jamais dans ses compositions. « Leon » est un chef d’œuvre intemporel qui marquera par sa qualité et sa production presque parfaite. Avec ce 4ème LP, Leon Bridges fait bel et bien parti des grands noms de la soul au même titre que Bill Withers ou Sam Cooke.

  • Bill Ryder-Jones – IECHYD DA
  • Fontaines D.C. – Romance
  • Micheal Kiwanuka – Small Changes
  • Kamasi Washington – Fearless Movement

Top concerts 2024 :

Lana del Rey à Rock en Seine 2024 @ crédit : Louis Comar
Lana del Rey à Rock en Seine 2024 @ crédit : Louis Comar
  • Nick Cave – L’Accor Arena
  • Paul McCartney – La Défense Arena
  • Lana Del rey – Rock en Seine

 

Julia Escudero, rédactrice en chef

top album 20241. Bill Ryder Jones – IECHYD DA

Il n’aura pas fallu longtemps pour déterminer de l’album qui gagnerait la première place de mon année 2024. IECHYD DA est sorti en janvier et n’a, malgré de très belle sorties cette année, jamais perdu sa place dans mon classement. En cause, un opus à fleur de peau qui profite de l’immense sensibilité et de l’honnêteté radicale de Bill Ryder Jones. Le musicien qui est aussi producteur touche la perfection sans jamais basculer dans l’hyper démonstration. Une lumière tamisée, une douceur amère peuplent et hantent ses compositions trop personnelles pour ne pas transpercer les cœurs. Pour ne rien gâcher, le morceau de l’année  » This can »t go on » vient parfaire l’instant. Comme si Bill Ryder Jones avait voulu personnifier toutes nos émotions. A notre santé, donc.

  • Hamish Hawk – A Firmer Hand
  • Vampire Weekend – Only God was above us
  • English teacher – This could be Texas
  • Adrianne Lenker – Bright Future

Top concerts 2024 :

Crédit photo : Louis Comar
  • Nick Cave -L’ Accor Arena
  • Anohni & The Johnsons – Philharmonie de Paris
  • Bill Ryder Jones – la Maroquinerie

 


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2021, c’est terminé ! Malgré son lot de péripéties, notamment pour le monde de la…

Pour la reprise progressive des concerts entamée il y a à peine quelques semaines, les deux soirées d’IDLES à l’Élysée Montmartre étaient parmi les plus attendues de la sphère rock. On sait à quel point le groupe anglais de post punk mené par Joe Talbot est taillé pour la scène. On était présent pour la deuxième date. Alors, IDLES en live : still a beautiful thing ?

Un contexte de chaleureuses retrouvailles amorcées par BAMBARA

C’était à Pigalle, dans le quartier foisonnant des salles de concerts, aka l’endroit idéal pour se remettre dans le bain (de sueur). L’Élysée Montmartre, jolie salle refaite à neuf il y a quelques années, accueillait deux soirs de suite, le 28 février et 01 mars, les cinq mecs fous furieux d’IDLES (qui ne l’oublions pas, ont aussi un grand cœur), après des mois et des mois de report. Chanceuse coïncidence, c’était également la première semaine sans masques obligatoires dans les salles.

Heureux du lieu, de l’ambiance, de la bière. De belles retrouvailles. A 20h, Bambara investit la scène. Groupe de post-punk (enfin, de rock quoi) venu de Brooklyn, ils captent l’attention de l’Élysée en un rien de temps. Faut dire qu’ils sont loin d’être des novices. Quatre albums et un EP à leur compteur. Cela donne une première partie pleine de classe et d’agitation. Dans son élégant pull Kashmir, le chanteur étire son wild singing et tient la scène comme un petit prince. Les morceaux défilent dans une force bien mesurée, avec un son plus que correct. De quoi à la fois nous foutre une petite claque et nous laisser le temps d’apprécier le moment. On aura le droit à « José Tries to leave » en bouquet final, histoire de nous asséner le coup fatal. Grand morceau. Groupe à suivre. Rendez-vous le 30 mars 2022 à la Boule Noire.

IDLES prend les commandes 

La suite, vous la connaissez. IDLES est à l’heure. Good point. Les caméras sont prêtes, puisque France Télévisions diffuse le concert en direct. Joe Talbot et ses hommes entrent en scène avec modestie et entament « MTT 420 RR », premier morceau de leur nouvel album Crawler, dont vous pouvez retrouver notre chronique juste ici. Construit comme une belle introduction, faisant écho à « Angel » de Massive Attack, il permet d’ouvrir subtilement le show, et de contraster avec cette image de brute épaisse avec laquelle le groupe aime si bien jouer. Le micro de Joe est réglé pour que sa voix nous tape de pleine face, au point qu’elle écorche presque les oreilles, mais que voulez-vous, c’est IDLES, on est au courant que le chanteur aspire à lui seul une bonne partie de l’identité du groupe. « Are you ready for the storm ? ». Et comment ! Le prédit orage sera instauré par « Car Crash ». Mais bizarrement, ça ne prend que moyennement, surement du fait que le morceau joue sur un rythme assez lourd et particulier, qui fonctionne bien en studio, mais a du mal à s’élancer sur scène. Le moteur ronronne encore.

Le vrai départ se fera sur « Mr. Motivator » qui est une valeur sûre. Ca commence à prendre vraiment et dès lors, ça ne s’arrêtera plus. La suite peut-être facilement imaginée : la salle aura droit à un grand best-of d’1h30 de leur carrière. IDLES pioche dans chaque albums, avec les tubes qui leur appartiennent : « Mother », « Never Fight a man with a perm », « Grounds »… Rien de très surprenant. Le public est friand de cela. Et le groupe a toujours joué avec cette formule. Marché conclu entre les deux.

Crawler préfère la brasse au crawl

Au delà de ce marché pourtant, Crawler donnait l’espoir d’une chose légèrement déviée de ses habitudes. C’est du moins ce que certains pouvaient attendre. Plus fouillé et nuancé, ce dernier album était arrivé à une sorte de paroxysme de leur style, grâce à de jolies compositions et un bon équilibre d’ensemble. Sur scène, on l’attendait beaucoup, avec cette idée que le groupe mettrait l’accent dessus, peut-être pour amener un peu d’inattendu, ou du moins une saveur surprise. Malheureusement, la prestation live entraine IDLES comme un aimant vers l’aspect bourrin et compagnie pour lequel il sont adulés. De ce point de vue, les morceaux de Crawler sont noyés dans l’ensemble, et n’amènent rien de particulier. « When the Lights Come On » et « The Beachland Ballroom » passent au beau milieu comme des étoiles filantes sans que le coup ne soit marqué. Dommage. Et tant pis. Tout est pris au même niveau sans que rien ne se démarque. C’est aux fans de piocher selon leurs goûts personnels. On notera tout de même une sympathique interprétation de « Meds », issu aussi de Crawler, dont les coups fugaces de batterie et de guitare remplissent bien leur rôle. Le morceau éponyme, quant à lui, fait très peu effet. Peut-être parce que Joe Talbot ne tient pas bien son refrain…

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IDLES sous formules mathématiques

Pour le reste, IDLES remplit ni plus ni moins son rôle : énergie boostée, pogos enflammés et morceaux tubesques connus sur le bout des doigts par la salle. Le tout avec un son relativement compressé et très direct, de quoi se foutre les tympans en l’air pour quiconque se trouve dans les axes de réception. Niveau jeu de scène, inutile d’en faire des caisses, Joe Talbot sait y faire en matière de présence, tandis que les fourmis s’agitent beaucoup derrière, au point que le guitariste rejoint la fosse sur un morceau. Rien à redire ici, ambiance et énergie sont menées d’un coup de maître. IDLES détient une belle vitrine à eux cinq. C’est un groupe qui a de la gueule sur scène.

On passe un bon moment certes. Mais quoi de plus ? Tout est mécanique, appris par cœur. Le groupe recrache avec puissance, sans jamais que cette puissance ne prenne aux tripes et n’aille nulle part ailleurs que dans l’attendu. A force, c’est un peu ennuyant, même si on se raccroche toujours aux morceaux les plus revigorants : « Never Fight a man with a perm », « Danny Nedelko », « WAR »… Il faut dire qu’on ne se lassera jamais de ceux-là. Mais dans l’ensemble, IDLES ne décolle jamais tout à fait, et reste dans l’exécution presque minutée des versions studios. Groupe taillé pour la scène qui, à force de taillages, ne laisse plus beaucoup de places ni à la force de l’immédiateté ni à l’excitation de l’inopiné. Nous avons affaire à un bourrinage sous formules mathématiques, c’est à dire l’opposé du chaos. Attention tout de même à ne pas tomber dans les recettes de grand-mère… On ne voudrait pas que Ultra Mono se transforme en Ultra Dodo. Bon, le risque est tout de même faible avec IDLES.

Le dernier morceau, « Rottweiler » laissera toutefois un sentiment positif, grâce à une escalade sonore réussie qui dévie de la version studio. En quelques minutes, les défauts relevés jusque là (c’est lorsqu’on aime que l’on est le plus critique) sont presque pardonnés et revient alors cette folle sensation d’être là au sein d’une foule en transe, devant un groupe qui, somme toute, sera parvenu à s’imposer comme une référence du rock actuel. Finalement, et en y repensant, c’était tout compte fait une belle chose oui…


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A l’occasion de leur premier concert depuis le confinement, qui eut lieu mercredi 07 octobre…

Le Fort Saint Père ouvrait ses portes ce jeudi 15 août à l’un des festivals les plus rock de tous les festivals d’été : la Route du rock ! Avec sa programmation pointilleuse (certaines éditions plus que d’autres), le festival s’adresse aux amoureux de gratte et de bonne musique, généralement impatients et curieux d’y trouver des concerts intenses et mémorables. Cette année, c’est à de jeunes groupes que la Route du Rock a proposé de monter sur scène (Fontaines DC, Idles, Black Midi…), sans évidemment oublier les têtes d’affiches sans qui il est toujours difficile de séduire totalement le public non averti : Tame Impala, Hot Chip, Metronomy (la pop a manifestement beaucoup de succès). Réparti sur quatre jours (un à la Nouvelle Vague et trois au Fort saint père), la Route du rock 2019 a réellement débuté le jeudi 15 août, où plusieurs concerts étaient attendus au tournant ! On vous fait le point sur cette première soirée au fort.

POND

Il est 18h30. Pond entre sur la scène des remparts (la plus petite des deux scènes, mais tout de même assez grande pour accueillir du monde). Le groupe australien semble attendu, puisqu’une foule s’est déjà formé devant la scène. Pas toujours simple de faire l’ouverture d’un festival, mais Pond n’a peur de rien et ouvre le bal de manière intense. Un son impeccable et des morceaux puissants, quoi de mieux pour se lancer ? Leur pop à caractère bien trempé se propage dans tout le fort et annonce la couleur de la soirée. On attend impatiemment la suite !

FONTAINES DC

19h20. Scène du fort. Les jeunes irlandais, dont l’excellent premier album « Dogrel » est sorti il y a quelques mois, sont décidés à nous en mettre plein les oreilles. Dans la lignée du post punk, leurs morceaux sont courts et s’enchaînent avec fulgurance. Le concert débute relativement calmement, avant de rapidement s’exciter, avec des morceaux comme « Too Real » ou encore « Hurricane Laughter ». Pour couronner le tout, le groupe semble complètement ailleurs, notamment le chanteur qui ne cesse de faire les cent pas sur scène et d’adopter un air d’adolescent égaré. Aussi étrange que cela puisse paraître, cette attitude a considérablement renforcé leur prestation ! Un certain charme se dégage de cette indifférence, face à leur musique qui elle, fait tout le contraire. Présent, investi et énergique, leur rock a tout pour exciter la foule. Pari réussi pour le jeune groupe. Un bel avenir se dessine devant eux.

IDLES

Il est 20h30. Scène du fort. Idles, groupe anglais au succès croissant depuis un an environ avec la sortie de leur deuxième album « Joy as an act of Résistance », entre sur scène sous l’impatience de la foule qui ne manque pas de faire sentir son excitation. La première chanson donne le ton : le chanteur, chargé comme une pile, semble vouloir casser des gueules (de préférence des gueules de fachos, comme il l’exprime à plusieurs reprises en parlant notamment des connards à la tête du gouvernement de son pays et du Brexit qu’il ne semble pas avoir bien digérer). « Vive la solidarité européenne » scande t’il. Il chante comme une bête et vient taper son micro sur l’ampli pour nous faire entendre deux fois plus fort la musique. Manque de pot, ça ne change strictement rien. Le guitariste lui, en short maillot de bain, est tellement à fond qu’il se jette dans le public dès le premier morceau. Doucement j’ai envie de dire… Tu n’es pas Jimi, ni Jimmy… Montre nous d’abord ton talent, puis ensuite saute nous dessus. Pas l’inverse. Bref, Idles m’embête. J’aime certains de leurs morceaux, j’ai apprécié leur dernier album, mais quelque chose m’a toujours bloqué. Une impression d’entendre toujours la même chose, avec seulement deux ou trois morceaux qui se détachent du lot (« Never Fight a man with a perm » par exemple, ou « Danny Nedelko »), puis une attitude légèrement tape à l’œil, avec un chanteur dont la voix, certes originale, devient rapidement agaçante, même si elle convient relativement bien aux morceaux. Idles me gêne, car j’ai du mal à me faire un avis sur eux. Et ce concert à la route du rock n’a pas arrangé les choses et a confirmé mes impressions : ce ne sont pas des génies, et leur musique risque de s’essouffler rapidement. J’espère me tromper, et je ne manquerai pas d’écouter avec attention leur prochain album qui devrait paraître fin 2019/début 2020.

 

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Un week end calme et reposant – route du rock 2019 @idlesband #routedurock #teufeurs #galettesaucisse

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Néanmoins, leur concert fut loin d’être mauvais. Et c’est lorsque Fontaines DC est venu se joindre à eux que le show a pris une autre tournure. Véritable frénésie, les deux groupes nous ont offert un instant de rock mémorable, où tout le monde jouait intensément de son instrument, dans un esprit de cohésion et d’éclate jouissive. Clou du spectacle. Apothéose. Le meilleur moment de la soirée. Dommage qu’il eut été si court. 

TAME IMPALA

22h40. Scène du fort obligatoire pour les Australiens aux millions de fans. La voilà la tête d’affiche de la soirée. Kevin Parker et sa troupe sont mondialement connus depuis quelques années maintenant, et ont un grand succès ici en France. Avec trois albums à leur compteur, dont le dernier « Currents » date d’il y a quatre ans, et un autre album à venir très prochainement, le groupe avait de quoi assurer dignement son show ! Depuis longtemps quelque peu réservé sur ce groupe, n’y trouvant pas forcément le grand talent qu’on ne cesse de leur assigner, je n’avais pas d’attentes particulières concernant leur prestation. Un groupe parmi d’autres, dont les morceaux dernièrement sortis m’ont laissé plus ou moins indifférent. Malgré cela, un souvenir me restait encore en mémoire : leur concert à rock en seine il y a quatre ans de cela, où je les avais trouvé très bons ! Ça n’a pas manqué cette fois encore : ce fut excellent.

Tame Impala est un groupe fait pour la scène. Ils ont les moyens, et ne s’en privent pas. Beaucoup de lumière, beaucoup d’effets psychédéliques, mais surtout un son irréprochable et une excellente maîtrise de leurs compositions dont beaucoup d’entre elles, je suis forcé de l’avouer, sont d’une grande satisfaction. « Let It Happen » (leur meilleur morceau), « Feels like we only go backwards », « Eventually » (leur deuxième meilleur morceau), et évidemment « Elephant » … Autant de morceaux qui m’ont permis de reconsidérer ce groupe avec lequel j’étais fâché depuis quelque temps. La scène sublime les artistes, Tame Impala en est le meilleur exemple. Merci pour ce concert de haute qualité.

BLACK MIDI

00h15. Scène des remparts. Après les étoiles que nous a mis dans les yeux Tame Impala, il fallait bien redescendre sur Terre. Ne vous inquiétez pas, Black Midi en fut chargé. Abrupt, sec et éprouvant, le rock des quatre garçons anglais qui forment black midi, dont le premier album vient de paraître, a tout pour déconcerter le public au premier abord. « Dans quoi je me suis embarqué ? » beaucoup ont dû se demander… Dès le départ, le ton est donné : « 953 » a tout d’un grand morceau et n’a rien à envier aux meilleurs morceaux de hard ou de métal, et il faut avouer que sur scène, c’est quelque chose ! Puissant et sans fin, « 953 » nous offre directement le meilleur de black midi. Le reste vaut-il autant le coup ? Mis à part quelques moments où le temps se fait long et l’ennui tend le bout de son nez, le groupe se voulant probablement trop dans l’excès, ce dernier assure son concert très honorablement. Il faut dire qu’ils ont de quoi nous surprendre avec un premier album aussi risqué qu’étrange. Belle révélation.

Cette première soirée se termine ici, n’ayant pas pu rester au-delà, et ayant donc loupé les deux autres concerts de la soirée, dont celui de Jon Hopkins, sur lesquels je ne pourrais malheureusement rien vous dire.

Quoi qu’il en soit, la Route du rock 2019 a offert une excellente première soirée a son public venu nombreux (à en juger les files d’attentes pour s’abreuver). La qualité des artistes présents atteste de la qualité du festival qui, d’année en année, continue à séduire autant.

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