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Une grande programmation attend les festivaliers sur les pelouses de l’hippodrome de Longchamp pour ce dernier jour de Solidays. Il est 15h30, le public répond déjà à l’appel. Alors qu’hier à la même heure, le site semblait encore endormi, le festival prend aujourd’hui un aspect de fourmilière. Cette excitation s’explique probablement par le concert de Rilès programmé à 16h sur la scène de Bagatelle. 

 Le rappeur entre sur scène débordant d’énergie, en courant et sautant, un drapeau noir portant son logo à la main. Plusieurs danseurs  noir vêtus lui font suite.  La foule, qui attendait jusqu’alors patiemment sous un soleil pointant timidement le bout de son nez se met à crier de joie en acclamant l’artiste. Ce dernier enchaîne ses morceaux dans un show dynamique et chorégraphié.  Lui qui s’était produit sur cette même scène Bagatelle  en 2018, revient en terrain conquis pour interpréter ses nouveaux titres et les tubes qui ont fait son succès comme Brother.

Après les effets pyrotechniques de Rilès, c’est un autre type d’explosion qui attend les festivaliers. En effet, les minutes suivant le set de Suzanne sur la scène Paris, sont consacrées à la traditionnelle color party de Solidays. Pendant que Luc Barruet rappelle les engagements du festival, des sachets de poudres colorées sont distribués aux festivaliers. Harangué par les dernières musiques du moment ainsi que des personnalités comme Denis Brogniart et Hugo Décrypte, le public trépigne d’impatience. À la suite d’un compte à rebours, les milliers de festivaliers exultent et transforment l’hippodrome de Longchamps en une explosion de couleurs.

Dans un registre beaucoup plus monochromatique, Eddy de Pretto et sa scénographie entièrement composée de vert, font leur grand retour à Paris après un Zenith triomphale quelques semaines auparavant. Le chanteur, particulièrement touché par l’accueil que lui réserve l’audience, n’hésite pas à abonder le public de remerciements. Casquette vissée sur la tête, l’artiste alterne les morceaux de son premier album et du dernier sorti en 2021. Sur son tube La fête de trop, le public de  Solidays accompagne, à gorges déployées, Eddy de Pretto pour faire raisonner la chanson dans toute l’île de France.

 Alors que les dernières notes raisonnent sur la scène Bagatelle, les festivaliers sont déjà en route vers leur prochain concert. Ninho, PLK, Rone ou Folamour, il y en a pour tout le monde. Alors que les files d’attentes commencent à s’allonger devant les stands de nourriture, une foule s’amasse sous la tente Dôme : Rone entre sur scène dans quelques minutes. Le boulonnais joue à domicile ce soir. Les envolées poétiques de sa musique accompagnent parfaitement le soleil qui se couche sur Longchamps.

C’est à la nuit tombée que le maitre des lieux fait son apparition. Habitué du festival avec de nombreuses participations à son actif, -M- vient présenter son nouvel album Rêvalité et jouer ses classiques. Comme à son accoutumée, l’atmosphère de ce dimanche soir est très familiale, et les tubes de Matthieu Chedid participent à cette ambiance bon enfant. Entre deux de ses compositions Gail Ann Dorsey, la bassiste qui accompagne l’artiste et qui faisait partie des musiciens de David Bowie, apporte au public de Solidays une version très émouvante de Life on Mars.

Cet ultime jour du festival parisien se termine de manière festive au son d’I Will Survive, pour un dernier moment de communion pendant ce week-end. Trois jours où l’engagement et la musique se sont partagés la scène, sous le ciel parisien qui est resté bien sage.

Écrit par Baptiste de La Barre


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Printemps de Bourges - 2022
Printemps de Bourges 2022 – Crédit photo : Louis Comar

Le Printemps de Bourges et de retour ! En ce 19 avril 2022, le festival qui donne le top départ de la saison des festivals ouvre ses portes pour une édition en configuration normale. La ville grouille de cette énergie propre à ce monument de la culture française. Les stands de bijoux, tee-shirts, porte-clés gravés et autres sarouels la disputent à ceux de ripailles, du sandwich raclette aux ramens. Les visages sont nombreux et variés, des jeunes bambins aux joues rosies par l’excitations à ceux qui ont connu les premiers premiers printemps il y a 46 éditions de ça, et leurs joues parfois rosies par quelques breuvages d’adultes. Il faut dire que l’évènement particulier fait vibrer toute une ville comme un coeur qui bat la chamade alimenté d’un oxygène d’une pureté sans limite : la musique.

Une performance éternelle et pas artificielle

Premier soir des festivités oblige : un concert unique se tiendra  sur le festival. Il aura lieu au W, le fameux chapiteau géant installé pour l’occasion. A 20 heures l’assemblée est invitée à y prendre place pour découvrir deux compositions made in France offertes par leurs plus grands patriarches. La salle est emplie de chaises, pas une seule n’est vide. Au contraire, certains sont contraints de se tenir debout, privés de places pour pouvoir profiter du spectacle. « Je ne comprends pas ceux qui sont assis à un concert. » ironise  un suisse qui a fait le déplacement spécialement pour profiter de ce nouveau printemps « Il faut vivre ça debout ».

Gaetan Roussel- Printemps de Bourges - 2022
Gaëtan Roussel au Printemps de Bourges 2022 – Crédit photo : Louis Comar

D’ailleurs dès que l’occasion lui sera donné, il partira se perdre devant la scène, au creux d’une foule d’anonymes heureux. C’est Gaëtan Roussel qui ouvre le bal. Là dans le noir, le grand monsieur passe entre les rangs agitant une lampe torche pour mieux éclairer les festivaliers « Est-ce qu’il y a un public ce soir ? » lance-t-il « Oui » « Parfois je suis un peu sourd, il faut répéter ». Le bonhomme sait gérer son audience, c’est indéniable. L’effet Roussel est immédiat, et il n’a pas besoin d’un titre entier pour déjà embraser le W. L’espace avant scène est empli et imprégné de cette atmosphère bon enfant loin de tous les soucis du quotidien. Le meneur de Louise Attaque délecte l’audience d’une chaleur concentrée. Très vite il reprend les titres emblématiques de la formation qui l’a mené au succès « Ton invitation » et « Léa » se succèdent. Evidemment tout le monde chante en choeur. Les plus réticents à danser se retrouvent pourtant propulsés sur des ressorts devant leurs chaises, hypnotisés par la bienveillance se dégageant de cette scène peuplée de point d’interrogations géants. A scénographie simple, performance généreuse. Le talentueux monsieur Roussel s’appuie, il faut le dire sur une troupe de musiciens rodés qui savent donner de belles couleurs printanières à des titres connus et aimés de tous. Pas besoin d’ailleurs d’être fan de son répertoire pour se laisser emmener aux vent de sa set list. Loin des « Nuits parisiennes » qu’il interprète d’ailleurs volontiers, c’est à une folle nuit berruyère que l’audience est confrontée. Dehors, il fait encore bon, le soleil est parti emplissant derrière lui son air réparateur et ses effluves de printemps.  Il en sera de même pour le concert de Gaëtan Roussel qui laissera ses marques dans les esprits. Cette belle invitation, ponctuée de chaleureux remerciements se conclut sur « Help myself (Nous ne faisons que passer) ». Un passage qu’il aura été si bon traverser.

Gaetan Roussel- Printemps de Bourges - 2022
Gaëtan Roussel au Printemps de Bourges 2022 – Crédit photo : Louis Comar

Rockeurs de père en fils

Si une tête d’affiche ouvrait les festivités, ce sont deux têtes, hydre indomptable de la chanson française qui lui succèdent en la personne de Dutronc père et Dutronc fils. Avec ses allures de vieux rockeurs aux indécrochables lunettes de soleil, le père, possède la scène de toute sa puissance acquise au court des années. Anciennes vieilles canailles aux côtés de  Johnny Hallyday et Eddy Mitchell, le monsieur a tous les airs du loubard au grand coeur. D’ailleurs sur scène un décors entre studio d’enregistrement et bar domine les festivités. Sur ce dernier, des portraits : ceux d’un père et d’un fils mais aussi justement de Dutronc et Mitchell copains comme cochons. Et ce décors a toute son importance notamment parce qu’il raconte visuellement ce à quoi prétend ce concert : offrir une part d’intimité et sûrement transmettre le flambeau à la plus jeune génération : Thomas. Pas avant néanmoins d’avoir transmis au fiston quelques derniers tour de passe à passe et surtout au public une très belle leçon de live. La voix si particulière du père, encore plus rauque (ou rock) qu’à l’accoutumé met d’ailleurs tout le monde d’accord.

Gaetan Roussel- Printemps de Bourges - 2022
Printemps de Bourges 2022 – Crédit photo : Louis Comar

Parfois debout, parfois accoudés à ce bar créé, les deux hommes aiment à discuter, inviter à leur intimité, avec l’aisance de ceux qui ont eu mainte fois à se dévoiler sur les plateaux de télévision. Les grandes tubes de Dutronc défilent, joués avec facilité face à un public plus que réceptif qui en connait chaque mot. D' »Et moi, et moi, et moi » qui ouvre le concert en passant par « L’opportuniste », « il est cinq heures » ou encore « J’aime les filles » les classiques s’enchainent transmis par deux générations aux nombreuses générations présentes, elles, côté public. Les deux maîtres de la soirées n’hésitent à dédier une chanson à la femme la plus importante pour eux « Sa mère, Fraçoise Hardy ». De quoi resserrer les liens entre artistes et public.  Thomas Dutronc de son côté dévoile ses titres, parfois seul sur scène pour mieux en capter la lumière. Humble pourtant, il n’a de cesse de la porter sur ceux qui l’entourent : ses musiciens. Ne perdant jamais une occasion pour rappeler le talent d’un guitariste, d’une violoncelliste  ou  d’ajouter qu’il marche dans les pas d’un grand homme. Le chanteur officie tant sur la pointe des pieds qu’il semble presque s’excuser parfois de sa présence scénique. C’est pourtant cette alliance forte réfléchissant au futur en évoquant avec grâce un passé musical entré dans l’ADN de toute la planète France qui crée une magie indomptable. Et c’est pour ces mêmes raisons, que le Printemps de Bourges, joyau élégant conjuguant au passé, au présent et futur la scène français, pourra se targuer d’avoir superbement ouvert son édition 2022.


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Elektric-Park_2021
Photo : Louis Comar

L’été 2021 aura été marqué par deux phénomène que tout à chacun voudrait rares : le soleil et les festivals auront été aux abonnés quasi absents. C’est peut-être pour ça qu’une belle bande d’optimistes a décidé de tout miser sur une rentrée qui aurait à elle seule toutes les saveurs de l’été. Parmi ces idéalistes, le célèbre Joachim Garraud qui a choisi le premier weekend de septembre pour offrir aux férus de musiques électroniques, non pas un mais deux jours de festivités sous le soleil du festival Elektric Park. Cette configuration est une première pour le festival qui relève son pari haut la main et rassemble une foule immense emprunte d’une jeunesse en quête de liberté et de convivialité.

Just do the Dance

Au programme donc beats, DJ set, pyrotechnie et beaucoup de couleurs.

Elektric-Park_2021
Photo : Louis Comar

Une fois n’est pas coutume, il faudra se lever tôt pour se rendre à l’Elektric Park. A défaut de faire la fête toute la nuit, c’est un moment gorgé de soleil qui sera proposé aujourd’hui avec une fin de partie relativement tôt. Il faut alors penser à maximiser sa présence sur place. D’ailleurs pas besoin d’attendre d’atteindre le fameux évènement pour que les très nombreux festivaliers  – près de 30 000 personnes avaient  répondus présents à l’invitation – se mettent dans l’ambiance.  Les transports en commun acheminant à l’Ile des Impressionnistes respirent d’ores et déjà la bonne humeur en ce début de journée lumineuse. Quelques uns engloutissent leurs munitions à coup de bières et de sandwichs avalés à la volée. D’autres rient franchement dans leurs tenues aux couleurs sucrées.

La file d’attente sera dense et compacte les deux jours. La fête a manqué à tout le Monde durant ces trop nombreux mois d’enfermement. Alors , le temps d’un weekend, il faudra mettre tous ces souvenirs et toutes ces mauvaises pensées loin là-bas et les noyer sous une montagne de musiques amplifiées et de danses effrénées. Dès l’entrée sur le site, une chose est certaine, il ne sera pas difficile de faire abstraction du reste du Monde. L’Ile des Impressionnistes se constitue en un îlot de bonne humeur, d’amusement et de sourires.

Shots, déguisements et soleil

Outre les shorts, crop tops, robes à fleurs, tee-shits pastels et autres torses dénudées, de nombreux festivaliers ont répondus présents aux consignes données : venir déguisés. On croise un avatar par ci, des aliens par là, un requin ailleurs … Sur la grande scène la foule compacte ondule et se déhanche, inspirées, elle se déchaîne même. Les jets de poudres colorées y sont nombreux tout comme les lâchés de confettis offerts par le festival. Le décors instagramable regorge d’une bonne humeur éméchée que de simples clichés filtrés ne sauraient pourtant reconstituer. Plus loin, trois autres scènes font l’éloge de DJ confidentiels venus du Monde entier. Un manège à sensations fortes a été installé, les food trucks sont légion et quelques stands de vêtements s’ajoutent au décors.

Un premier jour musclé

Le samedi est le terrain de liberté de la précision et du pointu. Exit, les sets grands publics, ceux là auront leur place le dimanche. En ce premier jour, les beats tamponnent fermement sans jamais décroître. D’un bout à l’autre de l’évènement, la musique est forte, elle n’appelle pas simplement avec délicatesse à se mouvoir. Non, elle ordonne avec une certaine force aux mouvements frénétiques. Polo & Pan pourtant coutumiers de moment chill qui riment avec électro soft et après-midi dans l’herbe envoient cette fois des gros sons, ne lésinent pas sur les basses et

Elektric-Park_2021
Photo : Louis Comar

profitent comme tout à chacun des nombreux effets mis à disposition des DJ. Busy P, accompagné de Molécule, fait honneur à se réputation et s’amuse au court d’un set pointu, travaillé et offre une véritable leçon de maîtrise de la scène sous un lancé de flammes. Molécule qui offrait d’ailleurs au Chorus des Hauts de Seine un show à 360 degrés propose une expérience ici tout aussi immersive à coup de beats balancés et de rythmiques puissantes. Purple Disco Machine dénote d’un ton en offrant à l’assistance un moment un brin plus grand public, des mélodies connues sur lesquelles il est bon chanter à tue-tête et l’excellent « Hypnotized » que l’on doit à Sophie and the Giants. Le masqué Vladimir Cauchemar électrise la nuit face à une foule déchaînée et inaltérable. Plus sombre que ses compères, il balance sans discontinuer des mélodies puissantes, frénétiques et s’adresse aux experts. Le tout tabasse fort et ce n’est pas le passage de maître de cérémonie, Joachim Garraud, qui contrarie la tournure de cet énorme évènement qui pourrait fort s’apparenter à un concours de beats tant la machinerie aux rouages serrés ne fait que s’accentuer avec le temps. Pour peu, il serait facile de s’imaginer en bord de mer au cours d’une longue et belle fête aux effluves de burgers, rosé, Jagermasteir, bières et autres poulets croustillants. Les pelouses sont envahies, certains

Elektric-Park_2021
Photo : Louis Comar

s’y comptent dans mots d’amour yeux dans les yeux, langues dans les bouches, d’autres y enterrent sous des tas des feuilles leurs amis endormis trop tôt. Un stand de paillettes permet de retrouver parmi la foule des visages scintillants. Hasard du calendrier, les villes aussi scintillent puisqu’un feu d’artifice organisé par une commune limitrophe vient compléter le tableau et embellir le set de Bloody Beetroots qui joue cette fois-ci en DJ set et n’offrira qu’un nombre limité de ses compositions. En revanche, l’intarissable musicien semble monté sur ressorts s’autorisant de nombreux sauts dans les airs. Le tout est ponctué par un speaker qui chauffe les foules et des lancements entre les plateau au compte à rebours dignes d’un nouvel an.

Un dimanche pour chanter

Si le samedi était le territoire de l’électro rythmé et puissant, le dimanche s’ouvre sur des festivités un brin plus mainstream. C’est d’ailleurs Salut C’est Cool qui lance le top départ de cette journée qu’aucune goutte de pluie ne saurait voler. Toujours aussi déjantés, prêts à improviser et à chanter des paroles perchées, ceux qui sont aujourd’hui en duo se donnent corps et âme. « Techno toujours pareil » fonctionne toujours aussi bien alors que sous le soleil qui tape, tape, tape, toute la foule chante en choeur en sautant joyeusement. Un ballon gonflable est l’occasion de créer de nouvelles paroles et des messages forts sont scandés : après tout il est vrai qu’on peut tout mettre dans un smoothie. La boisson healthy n’est pourtant pas au coeur des préoccupation de ce moment aussi drôle qu’hors sol. Aujourd’hui, le festival fermera ses portes à 21 heures et il ne s’agirait pas d’en perdre une seule minute. Alors on fait la fête vite mais on la fête bien. On célèbre tout, le droit d’être dehors, les amours d’été, les amitiés retrouvés, les rires ingurgités, les relations qui se créent, les feuilles encore vertes, comme celles qui tombent, les ententes fusionnelles et les connexions communes, la musique, la fin du Monde comme si on y avait enfin échappé et la vie, loin des murs qui enferment.  Les shots se suivent sur la plateforme VIP et dans la fosse compacte qui se dessine en circle pits. Ofenbach séduit l’assistance en mixant des tubes populaires. En un espace temps convivial, les DJ permettent à toute l’assistance de chanter sans avoir le temps de reprendre son souffle. Ce même souffle qui manque au cours de fous rires partagés.

De Kungs à Bob Sinclar

C’est au tour de Kungs de prendre les platines. La star est l’une des plus attendues et s’offre un set carré et pointu loin du simple bal populaire. L’Elektric Park Festival connait les couleurs qui se marient à la foule. C’est ainsi que des confettis rouges, bleus, jaunes, violets sont lancés dans les airs. Alors que les festivaliers plongent dans le bruit distillé par des enceintes puissantes, l’évènement prolonge l’été à coup d’enceintes poussées à leur apogée. Et portés par le soleil, ils dansent pour voir Klingande et son set inoubliable entre vibration et maîtrise. Les coups de soleil sont aussi nombreux que les coups de tempos alors que Joachim Garraud joue son deuxième set du festival. C’est pourtant à l’immense Bob Sinclar de conclure la soirée. Il ne manque pas de distiller ses tubes planétaires de « World, Hold On (children of the sky) » à « Rock this party (Everybody dance now) ». Pas le temps de se reposer sur un transat, il faut encore profiter, retenir les effluves, retenir le moment qui ne peut que finir trop tôt. C’est à 21 heures qu’il faudra quitter cette 11ème édition avec de très nombreux souvenirs en tête et quelques reels pour mieux se les rappeler. La température extérieure n’a pas tellement diminuée pas plus que celle des corps échauffés. Et alors que les oreilles bourdonnent, qu’il est bon de se rappeler qu’on n’est pas seuls et que la musique en plus d’attiser les mouvements unie à l’unisson.


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Le 26 mars 2021, le groupe de pop français L’impératrice a dévoilé « Tako Tsubo« , son deuxième album. Alors qu’ils effectuent un marathon de prestations lives décoiffantes à travers toute la France, Flore Benguigui et Charles de Boisseguin se sont entretenus avec Pop & Shot

Quelques heures avant leur concert au Printemps de Bourges 2021, au coeur du bruyant espace interview du festival, les deux compères se livrent avec beaucoup de franchise sur leur nouvel album, le marché de la musique et leurs engagements.

Flore et Charles du groupe L'Impératice
Flore et Charles de L’Impératice

marquer encore le coup en montrant qu’on arrive à exister

Le 26 mars dernier vous avez sorti « Tako Tsubo », est-ce que vous pouvez nous en parler, comment vous le décrivez ?

 

Charles : Déjà c’est notre deuxième album, c’est toujours le plus difficile à sortir je trouve. Parce que le premier c’était assez spontané, on voulait explorer le format chanson. Avec le deuxième, l’idée c’était de créer vraiment une rupture par rapport à ce qu’on a fait avant. Une rupture à la fois dans le fond, dans le message, dans les textes, parce que « Matahari » était un disque très « hors sol » qui jouait beaucoup sur la sonorité des mots, les images, l’univers un petit peu flou mais poétique, etc. Maintenant, l’idée c’est d’être un peu plus utile, plus conscient dans la façon dont on  parle de certaines choses. Rupture aussi dans la composition, l’arrangement, le style de morceaux. Il y a beaucoup de « breaks », avec des changements de direction dans les morceaux, c’était une envie de se diversifier et d’illustrer le propos du titre « Tako Tsubo ». C’est un album qui a beaucoup plus de concept que « Matahari ». C’est aussi un album sur lequel on a décidé d’assumer beaucoup plus nos influences, là où on était très franco-français, assez pop française sur l’album précédent, là on explore beaucoup plus le hip-hop, la soul, le funk, le jazz, les couleurs harmoniques ont changé, tout a un peu changé, même la production.

 

Flore : Je rajouterai aussi une rupture dans la production, l’enregistrement de l’album. « Mathari » c’est un album qui avait été enregistré live, alors que « Tako Tsubo » c’est un album qui n’a pas du tout été enregistré en live et qui en plus a été extrêmement retravaillé par Charles pendant le premier confinement. On avait tout enregistré avant, sauf « Submarine » qui a été enregistré pendant le confinement. C’est donc une autre approche, on est allé beaucoup plus dans les détails, on s’est penché sur les moindres petits détails dans l’album.

 

Charles : On a essayé d’aller beaucoup plus loin dans le process, on a essayé de faire attention à tout, parce qu’on a eu le temps de le faire.

 

Flore : Alors que d’habitude on n’a jamais le temps !

 

Charles : Je dirais aussi que c’est un album hors format par rapport à ce qui se fait maintenant. C’est toujours une fierté, on n’essaye pas d’être différents, je pense qu’on l’est de base par nos influences, en étant un groupe. L’idée, c’est de marquer encore le coup en montrant qu’on arrive à exister en sortant des sentiers battus, c’est ce qui rend le groupe pérenne. (Ndrl : Cela va bientôt faire 10 ans que le groupe existe)

les gens ne veulent pas se mouiller à signer un groupe

Justement, dans « L’équilibriste » vous dites « J’aurai voulu être un rappeur, ou musicien d’ordinateur » « Un disque d’or en moins d’une heure ». Est-ce que vous trouvez ça plus facile de faire comme tout le monde ? Le « succès facile »

 

Flore : C’est très ironique, je me moque dans ce morceau.  L’idée ce n’est pas de tirer dans les pieds de nos confrères. Non seulement nous sommes un groupe, mais en plus on est signé en indé chez Microqlima et c’est génial. Je pense que pour rien au monde on changerait notre modèle et on n’a pas envie d’être des rappeurs. Mais c’est que l’on ne vit pas la même chose que des types qui sortent des productions comme ça, qui sont signés en major. Nous, on a beaucoup plus d’étapes à passer, on fait beaucoup plus les choses nous-même, un peu avec des bouts de ficelle parfois, c’est beaucoup de travail. Le fait d’être un groupe c’est de plus en plus rare, parce que ça coute beaucoup plus cher. Donc les gens ne veulent pas se mouiller à signer un groupe alors qu’ils peuvent signer un chanteur ou rappeur solo qui leur coutera beaucoup moins cher.

On disait ça dans le morceau pour se moquer, mais au fond on est très bien dans ce qu’on est. Ce qui fait notre force avec L’Impératrice c’est qu’on se sent tous à notre place là où on est et il n’y en a aucun qui a envie de faire sa carrière solo, en tout cas pour l’instant (rires). On est une vraie équipe très soudée, on est vraiment une famille quoi.

ce système ne laisse pas la possibilité à de jeunes artistes de se diversifier

Charles : Je reviens sur cette idée d’ironie. C’est plus une façon de pointer du doigt les tendances et cette façon dont les médias vont essayer de prolonger à chaque fois ces tendances, les nourrir jusqu’à les épuiser. Il ne suffit pas d’une grande culture musicale ou socio-culturelle pour remarquer que tout est cyclique. On pointe du doigt ce système qui ne laisse pas la possibilité à de jeunes artistes de se diversifier, parce que y a un message très clair qui est donné par ces tendances : si tu veux marcher faut rester dans la tendance et pas faire autre chose. Et c’est dommage.

en tant qu’artiste indépendant on devrait boycotter Spotify

Dans une interview, vous disiez que « la manière de consommer de la musique avait beaucoup changé », est ce que cela influe votre manière de faire de la musique ?

 

Flore : Je ne sais pas si ça influe ce que l’on fait, évidement la manière de consommer la musique a changé, les gens n’écoutent pas les albums en entier par exemple. Le streaming fait que les gens écoutent le top 5 d’un artiste, un morceau, un single, mais pas un album dans sa totalité. Alors que nous par exemple on a fait un album concept (« Tako Tsubo ») où tout est lié, tout se répond, donc si on avait composé un album en fonction de comment le public consomme la musique on n’aurait pas fait ça.

 

Charles : On aurait sorti des EP, on aurait sorti des morceaux par deux ou trois tous les deux mois.

Flore : Avec un gros clip à chaque fois ! Nous, on ne compose pas en fonction de ça, sinon on se serait perdu.

soit tu prends le train en marche soit tu te fais rouler dessus.

Charles : Ça me fait penser au patron de Spotify (Ndrl : Daniel Ek) qui a décidé de mieux rémunérer les artistes les plus prolifiques, et il encourage à ça. Il va réorienter les versements en fonction des artistes qui vont sortir le plus de disques par an car c’est ça qui va alimenter et créer de la nouveauté sur la plateforme. En soit c’est dégueulasse comme système et d’ailleurs en tant qu’artiste indépendant on devrait boycotter Spotify pour cette raison-là. On ne le fait parce que c’est bien plus fort que nous. Mais on est dans une tendance où il y a des espèces de gros tracteurs qui avancent et qui te roulent dessus, soit tu prends le train en marche soit tu te fais rouler dessus. On a quand même décidé de sortir un album, ce qui est complètement illogique en 2021 comme format.  Mais traditionnellement, les médias veulent des albums pour pouvoir en parler, le public veut un objet aussi.

Flore : Il y avait vraiment une cohérence entre tous ces morceaux de « Tako Tusbo », ça aurait été absurde d’en sortir qu’une poignée…

Charles : Tu ne vends pas un bouquin par chapitre sur un an par exemple.

Flore : Par exemple on a un amour pour le vinyle, c’est quelque chose qui pousse à écouter les albums en entier.

Charles : Mais il y a une démarche différente. Les gens font la démarche d’acheter un vinyle. Tu sais pourquoi tu y vas, c’est un objet qui prend de la place chez toi, un objet auquel tu donnes une place de choix. Avec Spotify on t’a suggéré un morceau, tu n’y portes pas la même attention. Par exemple, je n’ai pas du tout le même rituel avec un vinyle qu’avec un album digital sur Spotify.

Sur « Tako Tsubo », je voulais raconter des choses

Vous parlez aussi d’engagement, vous êtes plus engagés sur cet album, est-ce que c’est une sorte de maturité qui vous le permet enfin ? Est-ce que c’est quelque chose que vous vouliez faire avant ? Des idées qui sont venues dans le groupe au fur et à mesure ?

Flore : Non, ce n’était pas quelque chose qu’on voulait faire avant. Justement, avant on était très clair sur le fait qu’on voulait rester en retrait et on voulait faire des chansons qui sonnent. J’ai commencé à écrire en français quand on a fait « Matahari », donc je n’étais pas à l’aise avec l’idée de raconter des choses, je voulais plutôt que ça sonne et que ça groove. Ça allait beaucoup plus avec l’utilisation de ma voix qui était beaucoup plus utilisée comme un instrument à cette époque. Sur « Tako Tsubo », je voulais raconter des choses, c’était un vrai parti pris que les textes aient du sens. C’est le travail avec Fils Cara qui m’a permis ça, il m’a apporté beaucoup lui, qui, en tant que rappeur a l’habitude d’avoir du son et du sens alors que moi je n’avais que du son.

ça brouille les pistes.

Vous parliez du vinyle tout à l’heure. Pour « Tako Tsubo », la pochette a été faite par Ugo Bienvenu. Qu’est-ce qui vous a plu dans cette identité graphique, pourquoi ces trois personnages ?

Charles : Ugo nous avait contacté il y a longtemps à l’occasion du festival d’Angoulême, il avait proposé de nous dessiner pendant qu’on jouait, mais finalement ça ne s’était pas fait. Il n’était pas encore très connu à cette époque, c’est d’ailleurs à ce festival là qu’il a gagné le grand prix pour sa bande dessinée « Préférence Système ». On l’a relancé plus tard parce qu’on voulait échanger avec lui du format de la pochette de l’album, on trouvait que c’était une

Tako-Tsubo_L'impératrice
Tako Tsubo – L’impératrice

bonne manière d’aller voir quelque chose de différent. Ugo a un univers qu’on aime beaucoup, un peu science-fiction, rétro futuriste. Il a donc eu l’idée d’illustrer l’album en représentant les trois Moires. Avec ces personnages de la mythologie grecque, il y a une métaphore du fil de la vie, avec une des Moires qui tisse le fil, une qui le déroule et une qui le coupe. Ugo trouvait ça assez malin d’illustrer l’album comme ça, sachant que « Tako Tsubo » c’est un album de rupture.

 

Flore : Ce que je trouve intéressant c’est que ça brouille les pistes, encore. Déjà qu’on est six, on s’appelle L’Impératrice, les gens ne savent pas si c’est une personne, six personnes, etc. Et là le fait de mettre trois personnes sur la pochette, je trouve ça chouette, ça offre des couches de lecture différentes, ça brouille les pistes.

 

« Tako Tsubo » c’est le syndrome des cœurs brisés, vous parlez aussi de burn-out. Est-ce que c’est quelque chose que vous avez aussi dans la musique, parce y a beaucoup d’artistes qui parlent de burn-out dans la musique, de difficultés.  Est-ce que c’est quelque chose que vous vivez aussi ?

Flore : Évidement que c’est quelque chose que l’on vit, on travaille beaucoup et le fait que l’on fasse beaucoup de choses nous-même ça nous surcharge. Par contre ne n’était pas du tout ça qu’on voulait exprimer dans l’album. Le « Tako Tsubo » c’est vraiment un truc qui touche des gens, mais c’est pas la même chose, c’est plus une émotion trop intense.

 

Merci !

 


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