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Paris, la boule noire, 3 novembre 2019.

Nina June: pop d’Amsterdam

 « Cette chanson rappelle qu’il faut toujours être en mouvement » voilà qui va bien à Nina June qui ouvre pour The Franklin Electric ce soir. Avec une voix claire et aidée d’un simple clavier,  la belle hollandaise envoûte une Boule Noire bien trop vide pour la qualité du spectacle qui y est proposée ce soir. Ce soir d’ailleurs, le Canada et les Pays-Bas se rencontrent. C’est sûrement parce qu’on ne connaît pas assez les merveilles musicales qui sortent de ces beaux pays que le mot est trop peu passé. Le plus on est de fous dit le proverbe. Et bien il ment. Religieusement à l’écoute, ceux qui ont fait le choix judicieux de se déplacer ce soir se délectent des notes merveilleuses qui émanent de la scène. En grande prêtresse, la blonde à la combinaison pantalon rose prend le temps de communiquer entre chaque morceaux et transperce les cœurs. Les mélodies touchent la pop aériennes, se font une place dans les têtes, chantent avec douceur le mouvement et l’hiver. Il fait noir dehors, l’automne sent la mélancolie. Elle est ici sublimée. On pense à Agnes Obel évidemment alors que la chanteuse monte dans les aigus sans jamais surjouer ni se contenter d’imiter. Et lorsque la pop se fait plus entêtante, on pense volontiers à Sia et autres Kathy Perry. Un moment intime, sincèrement beau qui transforme la boule noire en un foyer chaleureux propre à l’introspection.

The Franklin Electric: concert folk et live amical

 


The Franklin Electric commencent fort. La salle se lève d’un bon alors qu’un premier titre énergique fait immédiatement danser ses adeptes. Le chanteur prend d’ailleurs la température: « Ça va ?» balance-t-il dès son premier essai. Communiquant comme on sait l’être outre Atlantique, voila notre chanteur qui se place au clavier pour interpréter un titre issu de son premier album. Surprise ( ou pas c’était attendu) la magie opère. Franklin Electric crée de ces musiques d’espace qui massent votre cerveau, appellent votre cœur à manquer un battement le temps de mieux écouter une note. Les lumières roses et tamisées illuminent notre quatuor folk.

« On n’est pas venu depuis longtemps mais Paris est le dernier arrêt de notre marathon à travers l’Europe. » avant de poursuivre « Nous étions dans le 11 ème arrondissement le soir où il y a eu l’attaque au Bataclan, nous avons une véritable histoire d’amour avec votre ville. » Le temps de souhaiter un bon anniversaire à Sandra, une de ces amies que l’on se fait sur la route et voilà que le groupe enchaîne sur « I’ve been here before » bande originale idéale s’il en est pour enchanter vos road trips. Sur ces nouveaux morceaux, le groupe qui prend le temps de demander au public s’il souhaite lui poser une question, se fait plus pop que sur sa dernière galette « Blue cellings ». Moins folk, moins arien mais également plus abordable à un large public. Pas le temps de se reposer avec nos showmen. D’ailleurs chanteur et guitariste descendent dans la foule pour interpréter en son centre le titre « In your heart, In your mind ». La foule l’encercle, se délecte de chaque seconde.

La voilà dans son salon et les visages inconnus deviennent à présent des visages amis unis par la force de mélodies puissantes et savamment portées par nos canadiens. Et il est enfin l’heure d’écouter « Just like you », extrait de « Blue cellings », parfait album folk qui s’offre le luxe d’être spectaculaire de bout en bout. Les titres de cette opus manquent d’ailleurs cruellement à ce show, seul ombre au tableau d’une performance particulièrement calibrée et rudement menée par ces sympathiques musiciens. Avec la force de ses titres, The Franklin Electric méritent une Boule Noire pleine à craquer, il ne serait que justice que lors de leur prochain concert parisien, le show se joue à guichets fermés. Si justice doit être prochainement rendue, on ne peut que se réjouir d’avoir pu profiter de ce trésor en petit comité, entre amis en se murmurant les paroles comme un secret que l’on partagerait.

pochette gliz

Que les apparences soient belles puisqu’on ne juge que par elles, disaient le dicton. S’il disait vrai, il permettrait à Glitz de ne s’attirer que des éloges.

En effet, les rockeurs jurassiens misent sur une bonne dose d’originalité pour séduire et attirer les regards. Un pari réussi, l’album inoubliable s’offre le luxe de posséder trois pochettes différentiables à découvrir à l’aide de filtres couleurs fournis dans la pochette. Bleu, jaune et rouge donnent lieu à des ambiances et des graphismes variés, changeant d’atmosphère en un clin d’oeil. Une couleur est changée et tout votre univers est repeuplé.  Alors que l’industrie du disque joue toujours la carte de la prudence faute de ventes, l’effort à lui seul mérite d’être noté.

Originalité toujours, puisque Gliz est un mot invité par les compères, nul besoin donc d’aller chercher une définition au concept, vous ne la trouverez pas. Et puisqu’il est question d’originalité et d’apparences, Gliz se permet même le luxe de changer les instruments propres au rock, faisant jouer sa ligne de basse par un tuba et d’ajouter, tiens tant qu’à faire, un banjo électrique à l’affaire. Mais le dicton ment: on ne juge pas uniquement sur les apparences et encore moins en ce qui concerne la musique.

Pour Glitz le chose tombe plutôt bien, puisque derrière ses apparences soignées, le trio signe une galette rock « Cydalima » ( sorti le 14 juin) des plus esthétiques. Le rock s’y invente sans cesse, se crée et se tord. On y croise des bribes blues, des riffs écorchés et rugueux, des inspirations britanniques, avant de prendre les routes poussiéreuses de l’Amérique, guitares électriques sur le dos.

Le titre « Fast Lane » pourrait ainsi déjà être un classique alors que ces rythmiques croisent le blues, lui empruntent sa profondeur et ses démons. « Kids from Nowhere » provoque chez son auditeur le besoin incontrôlable de bouger en rythme. Inspirée et aérienne, la voix se sublime sur  » Marvel » atteignant alors son apogée pour mieux murmurer ses exquis messages au creux de l’oreille de son auditeur . Tout tombe sur sous le sens, de cet opus savamment  construit comme une promenade rythmée au gré de routes obscures, résolument rock et de danses en trans.

Tel un bonbon « Cydalima » est aussi beau d’apparence que dans ses profondeurs. Chaque couche se dégustant avec une gourmandise sans fin.

Envie de déguster un peu de ce précieux élixir rock sur scène?

 

Gliz en concert parisien en septembre 2019

 

Gliz par Djé Dunet
Photographie Djé Dunet

Retrouvez la formation sur les planches de l’Espace B de Paris le 24 septembre pour un live détonnant.

Toutes les informations sur ce concert qui accueillera également  The Devils sont disponibles sur la page Facebook de l’évènement.

 

Découvrez « Cydalima », premier extrait de ce premier album

 

Half moon Run

L’automne  peut avoir autant de charme que l’été. La preuve puisque la mélancolie des feuilles mortes sera couverte dès la rentrée par les sonorités indie rock d‘Half Moon Run.

En effet, après le succès de l’excellent « Sun leads me on »  réalisé par Jim Abbiss et certifié disque d’or en 2017, les canadiens reviennent dès la fin de l’année 2019 avec une nouvelle pépite. Cette fois-ci c’est Joe Chiccarelli que l’on retrouve à la réalisation. Un must quand on sait que le bonhomme a déjà travaillé pour Adèle et The Strokes.

Un premier extrait, « Then Again » , et son clip sont déjà disponibles. Habitué à déverser  des flots aériens et à proposer une expérience charnelle mettant tous les sens en éveil, Half moon Run ne manque pas de retrouver ses bonnes habitudes sur ce nouveau morceau. Un brin plus envolé qu’à l’accoutumé, le quatuor accélère ses instruments et invite les tonalités pop rock à se joindre à cette ronde aux allures folk.

Désireux de toujours se perfectionner et d’explorer la musique dans son ensemble, les montréalais ont dévoué tout leur temps libre, entre deux opus, à la recherche musicale.  Des propos appuyés par Conner Molander via le communiqué de presse de l’album: « En gros, nous revoyons tout ce que nous savons sur la façon d’être un groupe. C’est un peu comme si on recommençait. Bien sûr, les jams ont changés, mais l’essence demeure la même. C’est comme dans une relation, les gens sont en constante évolution et les relations qui durent sont celles qui évoluent.»

Half Moon Run – Then Again

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En concert à Paris!

Réservez également d’urgence votre 14 novembre puisqu’Half Moon Run profitera d’une tournée internationale pour faire un crochet parisien au Trianon. Ce soir là, pas besoin d’attendre la fin de la première partie pour entrer dans la salle puisque l’excellent Leif Vollebekk ouvrira les festivités. un concert tout en douceur mené par des experts, et probablement la meilleure nouvelle musicale à attendre  de cette fin d’année 2019. Vous voilà prévenus, il ne faudra pas venir se plaindre si vous le manquez. D’ailleurs, Les places sont déjà disponibles. 

 

 

La Maison Tellier au Trianon 15 mai 2019
©Carolyn.C-Tous droits réservés

Le Trianon de Paris accueillait ce mercredi 15 mai les frères Tellier, unis dans le
monde de la musique sous le chaleureux nom « La Maison Tellier ». Cela fait quinze ans
qu’ils défendent énergiquement sur scène et en studio leur univers musical n’ayant jamais
cesser d’évoluer au fil des années. Leur dernier projet, sorti en mars dernier, s’appelle
« Primitifs Modernes » et les frères étaient bien décidés à nous dévoiler toute sa force et son
émotion sur scène.

Mais avant leur apparition, le groupe avait invité Emily Marsh pour assurer la
première partie du spectacle. Seule, vêtue d’une chemise blanche et d’une guitare, la jeune
femme a interprété plusieurs chansons de son répertoire. D’une présence envoutante, dotée
d’une voix affirmée et d’un son de guitare accrocheur, Emily Marsh a réussi, en l’espace
d’une demi-heure, à nous séduire entièrement, maitrisant à la perfection tous les aspects de
son univers musical. Sur la dernière chanson, elle demande au public : « vous embrassez le
premier soir ? ». Quelqu’un répond « même avant ! ». La salle est déjà enthousiaste et, pour
sûr, prête à embrasser l’ultime morceau de la chanteuse. La première partie se clôture sur une
note agréable, et, quand les lumières se rallument, le public a doublé. Les frères ne devraient
plus tarder.

La Maison Tellier au Trianon 15 mai 2019
©Carolyn.C-Tous droits réservés

20h45. Pile à l’heure. Des ombres avancent sur la scène. Le décor est simple,
reprenant la pochette de « Primitifs Modernes » : une vieille télévision avec une main
lumineuse sur l’écran, qui n’est pas sans rappeler Videodrome (1983) de David Cronenberg,
film dans lequel une hallucination donne à voir au personnage principal l’étirement d’un écran
télévisuel par un corps, lui donnant du relief. Alors que les membres présents sur scène, à
savoir le guitariste (Raoul Tellier), le bassiste (Alphonse Tellier) et le batteur (Alexandre
Tellier), s’installent et se préparent, une voix nous parvient. Ce n’est pas celle du chanteur.
C’est une voix enregistrée, semblable à celles que l’on entend généralement dans les films
spatiaux (tels que 2001, High Life, Solaris…), une voix énigmatique qui nous plonge
directement dans un univers fait d’éclairages sombres et de mystères. Souhaitent-ils nous
envoyer dans l’espace ? On trépigne d’impatience.

La Maison Tellier au Trianon 15 mai 2019
©Carolyn.C-Tous droits réservés

Les membres déjà sur scène entament alors à eux trois un morceau du nouvel album :
« Fin de race », dont la première partie est constituée d’un riff de guitare planant. L’intensité
grimpe au fur et à mesure tandis que l’arrivée du chanteur se fait attendre. Quand ce dernier
apparaît enfin, on sait que le concert peut réellement commencer. Les instruments baissent
d’un volume ou se coupent, et laissent place à la voix mélancolique d’Helmut qui entame les
paroles de la chanson. « Fin de race » se poursuit, avec l’intensité d’un début de concert, où le
public respire savoureusement l’atmosphère mise en place par le groupe, parmi l’excitation
commune.
Helmut prend la parole. Il sera bavard tout du long de la soirée. C’est leur première
fois au Trianon nous dit-il, et comme toutes les premières fois, cela risque d’être parfois maladroit. On ne leur en voudra pas. Le plaisir de jouer dans cette salle à Paris se lit dans le
ton de sa voix, et il ne manquera pas de le rappeler plusieurs fois au cours du concert. C’est en
plus l’anniversaire d’Alexandre Tellier, le batteur. Personne dans la famille n’a eu le droit à
un cadeau aussi magique qu’une soirée comme celle-ci, lui glisse-t-on en rigolant.

La Maison Tellier au Trianon 15 mai 2019
©Carolyn.C-Tous droits réservés

Helmut Tellier nous annonce ensuite qu’ils sont ici pour nous présenter leur nouvel
album, dont ils semblent fiers (et ils ont de quoi !), mais ne négligeront pas pour autant leurs
anciennes compositions. Leur mission est claire : transformer ce mercredi soir en samedi soir.
Autant l’annoncer d’avance : c’est une mission réussie. Plus que cela même. Cette soirée ne
s’est pas seulement transformée en samedi soir, mais en tous les jours de la semaine, au
travers desquels l’émotion, la beauté, le calme, la danse et la frénésie se mélangent et
fusionnent pour construire un ensemble cohérent, porteur de diverses sensations.
Assurée par des chansons telles que Ali ou Les Apaches, deux morceaux de leur
nouvel album, l’excitation pure était bel et bien au rendez-vous, celle qui fait frétiller de
satisfaction le public en lui faisant délivrer ses plus beaux mouvements de corps à l’écoute
d’un rock tonique. La prestation des musiciens, après qu’Helmut eut quitté la scène l’espace
de quelques minutes pour laisser le devant de la scène à ses frères, ne nous a également pas
laissé indifférent, notamment par son impressionnante montée en puissance.
Au milieu de cette énergie débordante, le groupe a su par ailleurs nous offrir des
instants d’apaisement. C’est le cas par exemple avec la magnifique « Exposition Universelle »
(chanson présente sur l’album Beauté pour tous, 2013), jouée par Helmut, Raoul et Léopold
Tellier (trompette), et dont la douceur d’interprétation a su ravir un public également désireux
d’entendre certaines mélodies du passé, lui permettant aussi de se rendre compte que le
groupe n’a rien perdu de sa force tranquille. La voix du chanteur nous atteint directement,
notamment grâce à une très bonne qualité sonore (autant le micro que les instruments), et cela
encore plus sur l’un des derniers morceaux, qu’il décide d’interpréter seul sur scène, guitare à
la main. « Haut, bas, fragile » (album Avalanche, 2015) est l’un des moments les plus
poignants du concert, où tout le monde reprend en chœur les paroles clôturant une chanson
lourde en émotions : « la joie du simple fait de vivre ».
« On a souvent été qualifiés de groupe depressivocool » nous dit Helmut au milieu du
concert. Ils semblent assumer ce titre sans quelconque amertume, et en rigolent
chaleureusement, s’amusant même à décrire les types de public qu’ils retrouvent dans leurs
concerts (public longue mèche, public courte mèche, public bourré…). Le public parisien les
réunit tous, s’amusent-t-ils à dire.
Le chanteur ajoute ensuite que « Les Primitifs Modernes » est un album sur
l’adolescence, avant de décrire le phénomène du « dernier choisi » dans les équipes de sport
au collège/lycée, contre lequel il se positionne en mentionnant une adolescente qu’il a jadis
connu, souvent victime de cette humiliation silencieuse, et qu’il souhaite retrouver durant
cette tournée. On lui souhaite bon courage. Tout ce discours pour introduire « Laisse les
dire », le sixième morceau percutant du dernier album, l’une des plus fortes et intimes
performances de la soirée.

La Maison Tellier au Trianon 15 mai 2019
©Carolyn.C-Tous droits réservés

Les morceaux de l’album s’enchaînent durant tout le concert, de « Chinatown » au
tout début de la soirée à la chanson titre de l’album dans la deuxième moitié du concert, en
passant par la sublime « Prima Notte ». Après 1h30 de show intense, un rappel est forcément
demandé. Le groupe revient pour quelques morceaux, terminant par la deuxième partie de la
dernière chanson de l’album : « Les Sentinelles » (le morceau est divisé en deux), clôture
parfaite d’une soirée enivrée musicalement parlant. Après une photo, les frères quittent
définitivement la scène, leurs t-shirt probablement humides suite à cette danse de longue
durée. On espère seulement que celui de Raoul Tellier, arborant la mythique pochette de
l’album « Marquee Moon » de Television, n’a pas endommagé les télévisions.
Humble, honnête et généreux, le concert de la Maison Tellier nous a offert presque
deux heures de show parfaitement maitrisé, où chacun semblait ravi d’être présent, autant le
public que les musiciens. A la fois vibrante et touchante, cette famille musicale est, comme l’a
dit le chanteur, maintenant une horde. Une horde ne risque pas de s’essouffler de sitôt.
« Primitifs Modernes » a encore bien des choses à nous révéler…