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Quand on le rencontre, Jaune se décrit avec un grand sourire comme un artiste lunaire. La faute peut-être à l’éloge qui lui est réservée dans la presse et qui le répète inlassablement. Loin de pouvoir pourtant se décrire en un seul mot, la musique du batteur Jean Thévenin est bourrée de qualité: arrangements parfaitement maîtrisés, rythmiques joliment posées, mélodies bien faites qui savent entrer dans la tête tout en y ajoutant une touche de créativité fort à propos. Le musicien et homme de l’ombre du fleuron de la pop française de François and the Atlas Mountain à Petit Fantôme, s’offrait ses premiers pas en tant que chanteur en 2016 avec La Souterraine. 

Le 18 janvier 2019, le musicien revenait avec un nouvel EP La Promesse, qui s’y l’on en croit son communiqué de presse a été entièrement composé sur un piano désaccordé. Celui qui tournait avec François and the Atlas Mountain y propose 5 titres inspirés qui s’enchaînent avec une belle cohésion. De Buenos Aires à la perte d’un ami tout comme la maladie d’Alzheimer de son père, Jaune puise son inspiration dans sa vie, ses souvenirs et n’hésite pas à aborder des thématiques très fortes.

Le 6 février, il vous invite à sa release party au Hasard Ludique, à Paris.

Pour le seconder, David Numwami s’offrira un passage scénique. Celui qui a notamment travaillé aux côté de Charlotte Gainsbourg ouvrira la soirée grâce à ses jolies compositions pop expérimentale.

Bonus du Hasard Ludique: les happy hours sont programmées jusqu’à 20 heures et on peut déguster un cocktail moderne en grignotant une cuisine maison. Si cette information parait secondaire, elle ne l’est pas tant que ça en concert.

Les préventes pour le concert de Jaune sont encore disponibles pour seulement 10 euros. Pour ce prix là, laissez vous aller à la découverte, promis très bientôt, il faudra compter beaucoup plus pour le voir jouer dans les plus grandes salles françaises.

Pour écouter l’EP c’est par ici que ça se passe.

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I AM STRAMGRAM 2018 album tentacles
DR I AM STRAMGRAM

« Trois baudets » pour trois concerts. Dans ce petit théâtre à deux pas de la Machine du Moulin Rouge et de la Cigale, la programmation mise sur les artistes francophones pour des soirées conviviales et originales où de très jeunes talents se frottent aux artistes connus. Trois artistes aux styles très variés pour trois concerts : une quinzaine de minutes pour le premier, trente pour le second et une bonne heure pour le dernier. Reportage sur la soirée du 6 juin 2018 avec à l’affiche Victor Osair, Fictions et I AM STRAM-GRAM

Osair et Fictions : chanson à cors et pop-electro galactiques

fictions

La salle est petite et c’est pour cela qu’on l’aime. À peine calée dans notre siège, Victor Osair monte sur la scène, guitare à la main, accompagné… de deux cornistes aux patronymes aussi originaux que leurs instruments : Jean Wagner et Hippolyte de Villèle. La voix de Victor est posée, le style élégant. Les textes s’envolent en même temps que les envolées pénétrantes des cors qui s’accordent parfaitement à la chanson à texte de Victor, construisant subtilement un décor quelque peu dramatique.

Une petite pause plus tard, nous voilà en face de Fictions. Jeune duo au style un peu ado, lui au chant, elle derrière une basse. Le ton est donné dès le premier morceau. Fictions veut nous faire danser aux sons des années 80. Des basses rythmées, des petites lancées de synthétiseurs, les chansons de Fictions ont des airs de soirée de fin du monde. La voix écorchée nous emporte dans un univers oscillant entre mélancolie et électro intergalactiques. Fictions fait bouger les têtes et les jambes. Une très bonne surprise. 

I AM STRAMGRAM, quand la magie opère entre musique ambitieuse et intimiste

Les spectateurs vont et viennent et ceux qui restent ont alors la chance de voir l’apparition d’I AM STRAMGRAM qui clôturera la soirée. Vincent Jouffroy arrive souriant, décontracté, à l’aise sur la scène. Quelques présentations et blagues plus tard avec son unique acolyte à la batterie, le concert commence et c’est le moment de se prendre une claque.

I AM STRAMGRAM démarre doucement par Safes. Le Bordelais chauffe sa voix à fleur de peau sur cette balade mélancolique évoquant le temps qui passe. Sa voix, souvent répétée par effet, comme un tourbillon à l’infini, transporte immédiatement. Ils ne sont que deux sur scène, mais remplissent tous l’espace. Le timbre est chaude, les textes en anglais surprennent par quelques phrases en français soufflées avec les tripes. Arrive la chanson Camelia, I AM STRAMGRAM nous emporte alors définitivement dans son monde lyrique et nostalgique bien à lui. Tout au long de sa performance, la guitare folk aux arrangements electro et les chants planants l’accompagnent, nous plongeant dans un univers construit de rêves éveillés, de regrets et d’espoir.

Un brin de folie pour un concert tout en délicatesse
i am stramgram trois baudets paris

Puis Vincent hésite, mais se décide à nous offrir un morceau qui va crescendo où la guitare sèche se fait rock balançant du riff furieux en une décharge d’émotion. L’énergie est libérée, la salle est captivée. Vincent, décidément doté de multiples talents qui ne cessent de nous étonner, s’amuse de sa prestation. Pour calmer le jeu, il entame Saut de ligne, chanson douce traitant du thème surprenant des « scripts doctors » (auteurs qui améliore les scénarios), suivi d’une chanson d’amour où la douceur des cordes doublée au chant poignant de Vincent font une fois de plus son effet. Les morceaux s’enchainent ensuite avec toujours cette envie de nous faire partager cette musique à la fois ambitieuse et intimiste.

Le concert se finit sur Pack your toys. Un goodbye tout en délicatesse qui me donne qu’une seule envie : revenir pour un prochain concert.

On vous en avait déjà parlé et on est toujours aussi content de le faire. Retrouvez quelques sessions acoustiques et l’interview de Vincent par ici !

 

20h17, t’as un peu peur d’être en retard mais t’es presque arrivé au Point Ephémère. Tu t’avances, doucement même si tu es impatient de voir SAINT MICHEL.

 

Tranquillement tu rentres. Soulagement, tu oses presque te convaincre qu’on t’a attendu ! Tu commandes une bière au bar et là un jeune homme, vêtu d’un pantalon argenté, débarque sur scène, il se présente et puis, parlons peu parlons bien, il envoie la musique.

 

Julien Granel est seul mais il n’a besoin de personne pour faire ressentir toute cette énergie qui émane de lui. Sur des sons électroniques, d’un modernisme inouï, il pose une voix qui traduit une maîtrise énorme alors même que son corps semble vouloir bondir. Avec ses textes poétiques autour de la nature, il s’impose avec conviction.
Première Partie Saint-Michel 2018
Toi, tu as déjà commencé à taper du pieds depuis les premières secondes et tu n’es pas au bout de tes surprises. Les morceaux s’enchaînent et, infatigable, Julien fait continuellement monter ton envie de danser. Si tu es comme moi, tu fais parti des gens qui n’ont pas regardé autour d’eux avant de reprendre avec Julien Granel une chorégraphie endiablée guidée par cette musique électronique et pop.
 

Et puis quatre voies envoutantes, cristallines et parfaitement synchronisées lancent le concert, tu ne peux pas te tromper, c’est SAINT MICHEL.
Philippe Thuillier, figure emblématique du groupe présente son dernier album, « The Two Of Us ». Sur scène il est accompagné d’un batteur et de deux claviers+voix : Elisa Jo et Elodie (du groupe Holy Two).
L’ensemble est planant, les voix sont exploitées comme des instruments à part entière. Douces, calmes, elles tempèrent un rythme bien présent. Mais elles savent aussi prendre le dessus et se faire hip hop avec sensualité sur le morceau Church (chanté par Closegood sur l’album).

 

Chaque membre du groupe a sa place sur scène et chaque voix son rôle à jouer. Tous s’expriment, les sonorités se complètent, le tout est hétéroclite mais toujours dans le ton.
Concert Saint Michel 2018

 

Ne te prends pas trop au sérieux, SAINT MICHEL c’est tout en décontraction. C’est sur ce crédo qu’ils entament une reprise de « Seras-tu là » de Michel Berger. Et là tu es presque content de ne pas connaître les paroles pour pouvoir profiter pleinement des voix dont tu ne te lasses pas.

 

Et vient la fin de la soirée. Quoi ? C’est pas parce que je reste dans la salle que le spectacle va reprendre ? Dommage, on aurait pu danser toute la nuit nous !

 

Heureusement, l’album est sorti le 9 mars 2018. 

 


 

 

Feu! Chatterton 2018

Nous sommes le 5 février 2018 et c’est un grand jour.

Le groupe de Feu! Chatterton nous a en effet convié à faire un tour dans son studio de répétition pour se faire une petite écoute en avant première de quelques titres de son nouvel opus à paraître.

La suite de la soirée? Quelques verres et des mac and cheese dans un pub pour parler musique, séries TV, voyage et beignets d’oignons.

Nous, c’est un petit groupe de 4 blogueurs musique, des passionnés curieux de voir ce que la tornade Feu! nous réserve pour la suite. Ainsi RocknFool, Vague Parallele, La Bande Sonore et PotesCast, tous d’excellents médias que je vous conseille très très fortement ( allez-y vite), était de la partie pour une soirée qui allait laisser un souvenir impérissable. Souvenir comme le titre du premier extrait du nouvel album de Feu! Chatterton que tu peux écouter ici. ( tiré du manuscrit les « Jeux de mots pour les nuls »)

Le studio en lui-même, situé dans un local blindé de références à la pop culture et d’une énorme représentation de Super-Man, est assez petit ( conviviale, chaleureux, étroit, pas grand, limité en place, cosy, à taille humaine mais pour un nombre limité d’humains).
Nous voilà donc les uns à côté des autres aux milieu des instruments, prêts à se glisser au cœur d’une répétition. Et c’est une expérience tellement surréaliste, tellement intime, qu’elle en est forcément magnifique. Silencieusement, nous voici invités à voir tâtonner et créer. Voici donc qu’un groupe rodé et superbe en live, tente timidement d’appréhender ses nouveaux titres.
Voilà maintenant cette bande de perfectionnistes qui cherche à créer ce que le grand public verra sur scène. Le sourires s’échangent, « on fait comme si vous n’étiez pas là alors.. » Et c’est parti.
« L’oiseau », « Souvenir », les deux premiers morceaux interprétés coulent de source. L’idée de jouer « Ginger » se réfléchit. Les questions se posent, « Sinon on refait un morceau du premier album. » non mais non, ce ne serait pas jouer le jeu, aller « Ginger » mais pas en entier hein? Quoi que… Les notes s’enchaînent, toutes et le titre prend vit sous nos yeux (oreilles) sans les faux pas redoutés.

L’ivresse

« Si on allait boire des verres! » Cette sommation est accueillie avec joie par l’assistance. Fini le stress, on apprendra d’ailleurs plus tard que le groupe ne savait pas vraiment qu’il allait devoir interpréter en live ses nouveaux morceaux, bonjour les discussions. Entre le studio et le bar, les langues se délient avec facilité. Une journée entière en studio pour nos petits génies de la chanson française, n’aura pas suffit à satisfaire les perfectionnistes qu’ils sont. « On aurait bien aimé boire des verres vers le Batofar, confie Arthur, mais voilà les quais sont inondés. » Comme si les éléments n’étaient pas suffisamment contre nous, ce soir là, il neige sur Paris. La ville prend alors des accents poétiques tout comme la musique de Feu!. Ce froid c’est également l’occasion pour Arthur et Raphaël de se remémorer le « pire concert » du batteur. Le groupe était en effet invité à jouer à Tignes dans les montagnes en plein hiver… en extérieur.  » J’ai dû jouer comme un bourrin pour pouvoir tenir mes baguettes, c’est bien loin du jeu que j’aime avoir avec Feu! » s’amuse-t-il à raconter.

Dans le pub, il fait bien meilleur, le groupe prend place sur une grande table en bois sur ses chaises affreusement hautes. quand on est petits.

« What do you want to drink? » demande la serveuse. « A Ginger beer! » répond une grande partie de la tablée, en clin d’œil au dernier morceau écouté.  » Tu es à l’aise avec l’anglais Arthur? »  » Moyennement je connais mieux l’espagnol mais j’avais peur d’être mal poli si je lui répondais en français. » L’espagne, tiens, c’est justement là qu’est parti notre chanteur cet été. Mais pas que. Un voyage à Naples au hasard, réservé sur un coup de tête parce que c’est vers là que partait son bateau espagnol et les souvenirs de moments passés à Grenade, dans l’Alhambra et dans la ville sont évoqués. L’Italie, l’Espagne, tant de destinations qui lui évoquent l’enfance et sa douceur. C’est en déambulant là-bas que s’est écrit  » L’oiseleur », le nouvel opus de la formation. C’est au cour de déambulations solitaires qu’il  prend des notes rapides, des photos écrites en quelque sorte qui alimentent les textes de ses chansons. Les voyages fascinent notre nouvel ami, il rêve de tournée au Japon et en Russie, raconte l’Équateur, l’image qu’il s’en faisait et la réalité qu’il y a découvert.

Il est facile de discuter avec l’équipe. Diplômés de grandes écoles, leur parcours atypiques donnent naissance à des sujets sans fins. Clément qui a fait Maths Spé et qui vient de passer un doctorat en physique se lance dans une longue discussion sur le clonage. « C’est impossible à réaliser un véritable clone, parce que même avec le même code génétique, l’environnement est un facteur déterminant. Rien ne peut aujourd’hui faire que deux personnes clonées soient identiques. » Scientifiques nos discussions? Pas seulement. C’est « Stranger Things » qui a retenu son attention ces derniers temps, puisqu’aujourd’hui la SF ne le fait plus rêver. Elle part de constats moroses, ses histoires se terminent mal. Avec la douceur qu’on connait à la formation, le discours tenu par Raphaël pourrait rappeler sa musique, celle qui fait chaud au cœur.

Après avoir mangé quelques nachos et des mac and cheese,  mais pas d’oignon rings ils étaient du mauvais côté de la table, une pose cigarette s’impose. D’ailleurs tiens, pour amadouer Arthur qui a vécu au Mexique, rien ne vaut une belle assiette de nachos au cheddar. Le chanteur en prend une dans sa bouche mais ne l’allume pas. « J’ai arrêté de fumer. » Oui mais, pour autant la cigarette c’est bien le seul moment durant lequel notre société nous autorise  à ne rien faire. » Maintenant quand je rêvasse à ma fenêtre sans ma cigarette, il y a une certaine légitimité qui se perd. »

Les verres s’enchaînent, une nouvelle tournée permet de se réchauffer et de se mettre à l’aise.  « Vous avez regardé ‘The Fucking end of the world’? c’est vraiment top »,  Oui oui ça l’est. Des phrases se chevauchent et se croisent, conseils artistiques, analyses et souvenirs de rencontres passées avec le groupe, de concerts… « Allez voir le dernier  ’50 Shades of Grey’ la meilleure comédie involontaire de ce siècle. » reste pourtant le conseil le plus sage donné ce soir-là.

Les heures passent trop vite et il faut déjà penser à partir. Reste la musique pour se Souvenir de ces jolis moment. Ca et puis l’impatience de voir en live les premiers pas dont nous aurons eu la chance d’être témoins. Tant pis pour les oignon rings, si rien ne marche plus Arthur se lancera dans la fabrication de mac and cheese en Ecosse. Ou pas, aucune chance que ce nouvel opus ne soit pas un carton. Feu! Chatterton a bien l’intention de vous permettre de voyager à travers la beauté et la poésie. Avec la douceur de l’enfance aussi haut que volent les oiseaux.

Feu! jouera au Bataclan le 9 avril prochain. Une bonne occasion de contempler le résultat des ces répétitions.

Feu! Chatterton 2018


Photos: Kévin Gombert