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Mary in the Junkyard, c’est le secret indie qu’on se transmet depuis cet été. Les murmures se sont fait denses. Le trio américain dévoilait en effet aux beaux jours son très efficace Role Model Hermit et venait alors rafler tous les cœurs. Au programme un folk-rock brumeux et une voix qui s’inscrivait comme une lumière dans une tempête bourrée d’émotions. Restait à vivre cette retraite d’ermite en live pour se laisser complètement emporter dans le clair-obscure de notre formation. Ce 5 octobre, à la Bellevilloise de Paris c’était enfin chose faite.

MARY IN THE JUNKYARD BELLEVILLOISE 2026 ©Kevin Gombert
MARY IN THE JUNKYARD BELLEVILLOISE 2026 ©Kevin Gombert

L’ermite à la rencontre du grand public mary in the junkyard

Un secret nous disions. Pas si bien gardé. En ce lundi, la salle de la Bellevilloise est pleine à craquer. Sa cours comme sa salle débordent. Tout le monde est prêt à vivre l’expérience Mary in the Junkyard. Pour son périple, le groupe propose au merch quelques petits chapeaux de marin à son effigie. Un clin d’œil à sa pochette en noir et blanc. Certains membre de l’audience le vissent sur leurs têtes, les autres s’entassent déjà, partout dans la salle, parfois sur la pointe des pieds pour mieux voir. Il est 21 heures, les lumières s’éteignent et le voyage débute.

La musique de Mary in the Junkyard est de celles qui prennent aux tripes. Il faut donc retenir son souffle quelques instants lorsque résonne « Mantra III » en ouverture du set. C’est aussi lui qui ouvre l’album. Et l’opus est particulièrement bien construit, particulièrement pensé. Sa progression vers les abysses et la folk envahi chaque note de notre périple, divinement. Le live se permet de casser cette navigation rodée et offre une autre façon de se prendre les vagues en plein visage. Si les deux premiers titres suivent le cour qui leur avait été attribué en studio, la suite se vit dans un tout nouvel ordre. D’ailleurs, le passage en live aurait pu effrayer. La musique percutante de la formation, portée par de très beaux changements de textures doit aussi de sa superbe à une production particulièrement léchée. La scène n’enlève pourtant rien à la technique, on peut pleinement souffler et s’engouffrer dans le brouillard, les instruments et surtout la voix – et quelle voix ! – sont à la hauteur de toutes les attentes.

Confidence à grande échelle

Il y a une impression de lire un journal intime lorsque l’on écoute l’immense Role Model Hermit. Le fait que les titres semblent composés avec candeur y est pour beaucoup. La lumière qui se terre dans chaque recoin de chaque mélodie également. Cette sensation de faire partie de la bande, se retrouve pleinement en live. Avec ses ailes d’ange sur le dos, Clari Freeman-Taylor, la chanteuse, rappelle la Juliet interprétée par la délicate Claire Danes du Romeo + Juliet de Baz Luhrman. Cette vision de l’amour version années 90’s envahi la totalité de la Bellevilloise. Le set fait de plus un tour dans la (courte) discographie du groupe et ses EPs. Ainsi, « Ghost », issu de « This old house » est très vite interprété. Notre maison pour la soirée, est plus industrielle qu’ancienne mais abrite parfaitement le caractère indé de la soirée. Côté public, les trentenaires sont majoritaires dans une assemblée très calme. La musique appelle à une écoute religieuse et seuls quelques ami.es envouté.es s’osent à des pas de danse au fond de la salle. Le groupe pousse sa méditation vers le futur et notre retraite spirituelle s’offre un passage par un tout un nouveau titre « Windy Willows ». Il ne faut pas attendre longtemps pour écouter en live l’un des singles phares de ce très bel album : New Muscles. Une invitation à travailler de nouveaux muscles en dansant sur ce titre, un brin plus joyeux que ses compères. Sur scène, les complicité entre la chanteuse et de la bassiste Saya Barbaglia  transporte. Tout comme l’utilisation régulière d’un violon qui complète parfaitement l’écueil musical qui nous est ici conté. Ces confidences, elles s’étendent au public. Clari Freeman-Taylor lui demande « pour le première fois » de choisir entre deux titres « Seek and Detroy » et « drain ».  Choisir c’est renoncer dit-on. Mais pas cette fois, puisque les deux seront interprétés. Il faut combler nos envies et besoins.

Terminal Landing mary in the junkyard

Justement comparé à Adrianne Lenker, le groupe est loin d’être une copie conforme de la carrière de la meneuse de Big Thief. D’ailleurs cette soirée ne fait que marquer leurs différences. Big Thief inscrit son registre dans des notes rondes, chaque douleur est le reflet d’une lumière encore plus intense. Mary in the Junkyard est bien plus sombre. Leu musique oscille plus facilement entre « Terminal Paradise » et « Blurred view » si l’on devait les placer sur le répertoire de Big Thief. Et c’est aussi vrai ce soir, la country n’est pas de la partie, la folk qui brise le cœur, elle, est la star du moment.  « Thou Shlat Sprout » a une place toute particulière dans le set. Sa composition comme une comptine qui se répète a des traits enfantins. Impossible d’en détourner l’oreille, impossible de cacher notre obsession. Le morceau fusionne avec le chant des sirènes. « Crash Landing » ne fait que renforcer ce sentiment d’absolu. Le titre est un tournant sur l’opus, son plus sombre volet. Et ce soir il est la quintessence du merveilleux. Sa beauté laisse béa. Le départ est promis dans deux titres, tout comme un moment à partager avec le public entre signatures et conseils de visites parisienne. « On va toujours dans le même bar quand on est ici, on aimerait voir autre chose ». Une dernière plaisanterie avant la fin et nous voilà embarqués dans le tumultueux « Mouse ». Le titre qui conclut l’album et le live. Une dernière promesse murmurée, un dernier instant de beauté alors que l’on retient notre souffle. Le violon s’envole dans les airs, le rivage est maintenant loin et le périple était emprunt de magie. Il est bien difficile Il est bien difficile de jeter l’ancre mais qu’il fut bon prendre le large !

MARY IN THE JUNKYARD BELLEVILLOISE 2026 ©Kevin Gombert
MARY IN THE JUNKYARD BELLEVILLOISE 2026 ©Kevin Gombert

mary in the junkeyard role model hermit

Mary in the Junkyard : « Role model Hermit », l’album qui a conquis mon coeur

Il est de ces albums qui vous emportent. Un puissant vent dont la beauté se…

Adrianne Lenker - Credit : Germaine Dunes

Adrianne Lenker conjugue aimer au futur pour « Bright Future » (chronique)

Aimer Big Thief, c’est faire partie d’une communauté. On y partage un amour de la…

big thief dragon new warm mountain i believe in you

Big Thief redonne foi au pays des rêves sur : « Dragon new warm mountain I believe in you » (chronique)

Il était une fois un monde dans lequel tout devait aller vite. Les albums devaient…

Pluie à grosses gouttes, mélancolie, feuilles qui tombent. L’automne est déjà bien installé. Et l’été en demi teinte n’aura même permis de faire le plein de vitamine D pour mieux vivre l’approche de l’hiver. Heureusement, côté albums, la fin de l’année 2024 permet de concocter la playlist parfaite pour sublimer cet automne. On te parle d’amour, d’intempéries qui ne s’arrête plus, d’élégance et de sensualité pour habiller tes oreilles cet automne !

Tucker Zimmerman – Dance of Love : de l’amour dans la playlist

PLAYLIST AUTOMNE TUCKER ZIMMERMANLa nature, la vie, les relations, l’amour, la beauté d’instants perçus sous le spectre de la convivialité. Il n’y a rien d’étonnant à découvrir derrière la douceur des notes de « Dance of Love », l’âme de Big Thief. Adrianne Lenker y pose sa voix alors que son groupe vient accompagner l’incroyable Tucker Zimmerman, folkman de génie, pour ce qui s’avère être l’album le plus apaisant de l’année. Comme pour ce qui est vrai pour ses compères, notre hôte nous prend par la main pour une promenade le long d’un chemin où tranquillité et apaisement règnent. Les feat avec lji et Twain viennent  ajouter leur touche de magie à l’opus de celui qui est né à San Francisco et réside aujourd’hui à Liège. Tucker Zimmerman, s’il n’est pas connu du grand public profite de la reconnaissance de ses pairs. David Bowie lui-même le disait trop qualifié pour la folk et plaçait son album Ten songs parmi ses 25 albums cultes. Ce n’est pas Adrianne Lenker qui dira le contredire, voyant en lui l’un des plus grands compositeurs de notre époque. Sa voix répond à la perfection à celle de son idole. Les morceaux y ont  l’esprit d’un feu de camps comme ce que l’on peut entendre sur « Spud Infinity » ( sur Dragon new Warm Montain I Believe in You, la dernière merveille en date de Big Thief). Ce « Dance of love » porte parfaitement son nom. L’amour multiple y prend une forme solide. On y aime tout et tout le monde sans que rien ne puisse venir éteindre ce sentiment. Avec une rentrée survoltée, un automne qui a commencé bien trop tôt, ne laissant presque aucune place au soleil, cet album résonne comme un élixir nécessaire. Un espace vital en dehors du cadre du temps et de l’espace mais surtout un rappel que l’humanité est belle et que l’amour est en réalité partout, tordant nos corps dans une danse inarrêtable.

Tucker Zimmerman - Burial At Sea (Official Video)

One True Pairing – Endless Rain : un peu de pluie dans la playlist

PAYLIST AUTOMNE ONE TRUE PAIRINGOne True Pairing c’est le projet solo de celui qui fut le chanteur de Wild Beasts. Pour qui connait le groupe de génie, l’information suffira amplement à se ruer sur la discographie de Tom Fleming de son vrai nom. Sa voix, rauque et caverneuse porte en elle une puissance qui bouleverse. One True Pairing, c’est aussi le nom que l’on utilise pour décrire l’amour parfait entre deux personnes, souvent dans le cinéma et les série. Et ce coup de cœur cinématographique c’est aussi celui que l’on éprouve à l’écoute de sa musique. Ce n’est pourtant pas la plénitude de l’amour qui lui a fait composer son dernier né « Endless Rain » paru le 25 octobre. Au contraire, le musicien s’est inspiré d’une descente aux enfers. Fin 2019,sa vie personnelle connaît de nombreux bouleversements, les finances sont au plus bas et il pleut non stop depuis une semaine en Cumbria où il se trouve. Lui vient alors l’idée de cet album qui, il faut le dire,  correspond également parfaitement à l’air du temps de cet automne 2024 beaucoup trop pluvieux. Pour nous aussi la pluie semble être sans fin. A défaut de la célébrer, nous pourrons donc la chanter aidé.es par la beauté des mélodies de One True Pairing. Sur ce dernier et à l’image du single « Human Frailty », les intempéries qui viennent illustrer nos humeurs se dessinent. Le son fait aisément naître des images dans nos esprits. Promenade complexe et pourtant accessible ce « Endless Rain » en impose par son écriture maîtrisé et cette voix, véritable phare au milieu de la tempête. Impossible de passer à côté de sa puissance, mise à disposition de mélodies douces et envolées. Il ne faudra d’ailleurs pas rater « Frozen Food Center » en fin de galette, qui réussi à créer l’équilibre parfait entre harmonie posée avec délicatesse et force vocale. Une nuage de douceur, ode à nos démons, qui viendra laver nos peurs et peines et garder nos âmes au sec.

One True Pairing - A Landlord's Death (Official Video)

Hamish Hawk – A Firmer Hand : de l’élégance dans la playlist

PLAYLIST AUTOMNE HAMISH HAWKLe parfait album automnal est paru en été. Le 16 août, en toute discrétion le chef d’œuvre  » A Firmer Hand » a pointé le bout de son nez. Il s’incorpore dans une paysage musical sublime et particulièrement développé cette année peuplé des génies Thinderstick, Bill Callahan et Nick Cave. De ce très beau panel, celui d’Hamish Hawk a l’élégance de s’offrir des percées lumineuses, aussi bien écrites que celles qui font l’immensité et la classe de Baxter Dury. Il ne faut pas croire pour autant qu’Hamish Hawk emprunte aux styles de ces musiciens de renom. Non, il se crée son propre univers, aussi mélodique que puissant, pousse une voix grave à la noirceur hypnotisante et offre sans aucun doute l’un des meilleurs albums de l’année. Cet opus est également le successeur d' »Heavy Elevator » sorti en 2021. Sans honte, sans limite, le chanteur y vide son sacs et y déverse ses mots. Il y expose tous ses non-dits. Et finalement, il y parle de ses relations avec les hommes: qu’ils soient ses amis, amants, collègues ou de sa famille famille, toutes y sont passées au crible. « Je me suis dit que c’était le corps de l’album. Le fait qu’il me rende nerveux me dit que c’était la bonne chose à faire » commente-t-il. Toujours est-il que force et tendresse s’y côtoient dans un opus à la modernité sans fin et à l’intemporalité indiscutable. Une prouesse d’écriture et de production, sophistiquée, immanquable cet automne donc, mais surtout cette l’année.

Hamish Hawk - Men Like Wire (Official Video)

Warhaus – Karaoke Moon : de la sensualité dans la playlist

PLAYLIST AUTOMNE WARHAUSS’il est une valeur sûre, qui ne déçoit jamais, ce sont bien toutes les créations des acolytes de Balthazar. En groupe, quelle maîtrise, quelle classe, quelle capacité de composition ! Mais aussi en solo. Cette année J. Bernardt gratifiait le monde d’un excellent opus, « Contigo’, une réussite de chaque titre, rappelant son génie créatif. Il manquait donc à 2024, un nouveau Warhaus, Marteen Devoldere de son vrai nom. Voilà qui sera chose faite juste avant la fin de l’année, histoire de s’assurer que 2024 soit une réussite après tout. Le 22 novembre « Karaoke Moon » dévoilera toutes ses facettes et ses 10 titres au Monde. Plus sensuel que son prédécesseur « Ha ha Heartbreak », il magnifie ses rythmiques et s’offre un périple solaire pour trancher avec la noirceur de la saison. Dessus, Marteen Devoldere explore son timbre et son phrasé-chanté. Il y crée notamment une époustouflante tirade en l’honneur de « Jim Morrison », convoquant son génie poétique et s’offrant un chœur jubilatoire sur son refrain. Les chœurs d’ailleurs, sont nombreux sur cette pépite qui convainc dès sa première minute. Si le single « No Surprise », initialement crée pour être une véritable piste disco, laisse entrevoir l’influence de Sade, il n’est que l’un des nombreux visages d’un karaoké pluriel. On y découvre d’ailleurs une piste instrumentale qui met le piano en son centre. Warhaus nous confiait en interview ne pas se laisser inspirer par la musique d’autres compositeurs.trices. Il le prouve titre après titre, mettant sa singularité au profit de ses créations. Nous voilà en train de voguer avec lui dans les airs, charmés tels des serpents à sonnette sur « Zero Code One ». Il semble impossible de comprendre comment le génie a pu frapper si peu de temps après la sortie de son dernier joyau, un album de rupture enregistré à Palerme suite à une séparation amoureuse et publié en 2022. Pourtant Warhaus a encore tellement à dire.  Chaque morceau est une épopée captivante jusqu’à « Emely », classique instantané et au démarrage lent et à l’ascension phénoménale. Un dernier cadeau pour que les couleurs ocres de l’automne vous aident à décrocher la lune.

Warhaus - No Surprise (Official Video)

Tindersticks : «Trouver le rythme, c’est l’enjeu principal» (Interview)

« Soft tissue ». C’est le nom du nouvel album de Tindersticks, aussi doux que son titre…

buck meek interview

Buck Meek : « Aux Etats-Unis, tout le monde est un peu orphelin culturellement. » (Interview)

Buck Meek, connu pour être le lead guitare des excellents Big Thief, a aussi une…

Warhaus FNAC LIVE

Warhaus : « Je voulais déguiser ma tristesse et la rendre jolie. » (Interview)

Si le nom Balthazar vous dit quelque chose, peut-être connaissez vous Warhaus, le projet solo…

Les albums qu'on attend pour 2024Pour finir l’année en beauté et se préparer pour 2024, on vous fait un petit topo des album qu’on attend en 2024. Premiers extraits à l’appuie, cette nouvelle année promet d’être riche en très belles sorties.

MGMT –  » Mother Nature »

Ils sont de retour ! MGMT reviendra avec un cinquième album studio, « Loss of Life » le 23 février 2024. Un opus qui fait suite à « Little Dark Age » publié en 2018. Le duo composé d’Andrew VanWyngarden et de Ben Goldwasser avait su conquérir le monde avec leurs excellents albums « Oracular Spectacular » et « Congratulation » sortis en 2007 et 2010. De ces pépites, le grand public retient l’évident « Kids », merveille électro-pop mais aussi la bombe « Time to Pretend » à l’élégance inoubliable. Aujourd’hui, le groupe promet 10 titres avec à la production Patrick Wimberly (Beyoncé, Lil Yachty) et un premier featuring annoncé avec Christine and the Queens.  Pour mieux présenter ce nouveau projet, nos deux acolytes ont déjà dévoilé un premier extrait  » Mother Nature ». On y retrouve l’élégance mystique qu’on leur connait, le sens du couplet bien écrit et proprement produit. Aérien et évident, le titre prend son temps et profite d’une grâce lumineuse qui frappe juste. Il monte en puissance dès sa deuxième minute ajoutant un timbre plus rock à une composition qui se tient de bout en bout et promet un retour aux accents pop porté par un véritable renouveau. Le mois de février sera très doux cette année.

Pépite – « L’été »

Pépite c’est la pop française aussi rétro que moderne, « Les mots Bleus » de Christophe remis au goût du jour. On retrouve à travers ses compositions cette même candeur estivale et la puissance de textes qui font toujours mouche. On se souvient de leur album « Virage » paru en 2019, un concentré de tubes aussi dansants que nostalgiques et son single « Les bateaux ». Il était grand temps de reprendre le large avec eux et de voguer à travers la voix enivrante de Thomas et les instruments groovies d’Edouard. Bonne nouvelle, le duo reprend la barre début 2024 et promet un nouveau bijoux pour mieux appréhender les vagues de la vie en musique. Pas étonnant de les retrouver chez Microqlima, un label qui met en avant l’élite de la scène française actuelle dont L’Impératrice ou encore Isaac Delusion. Avant sa Cigale programmée pour le 22 mars, le groupe a dévoilé un premier titre : « L’été ». Concrètement, il parle d’un été passé dans l’ennui et l’attente.  On y retrouve tout ce qui fait la force de « Pépite » : la capacité tubesque, le sens du rythme, la carte nostalgie joliment dosée. Mais surtout, on ne peut enlever à Pépite sa faculté à écrire des refrains qui frappent fort et à illustrer ses textes en musique. Toujours à même de faire ressentir chaque émotion avec des notes. La suite promet la beauté d’un sourire doux-amère.

Bill Ryder-Jones – « This can’t go on »

Il faudra attendre le 12 janvier pour pouvoir découvrir l’intégralité du nouvel album de Bill Ryder-Jones intitulé « Iechyd Da« . Un premier jet après 5 ans d’absence des bacs. Le musicien le qualifie volontiers comme son disque le plus produit. C’est effectivement un opus léché et construit qu’il propose ici. Mais ce qui frappe surtout c’est son extrême douceur. Cette dernière peut parfois se faire joyeuse et entraînante ( ce sera le cas sur « If tomorow starts without me »), parfois plus intime et douloureux sans basculer dans les titres sombres pour autant. Très bien écrit et construit, il promet de très beau moment pour donner plus de cachet à cet hiver. L’artiste anglais, connu pour avoir été le guitariste de The Coral avant de se lancer en solo, promet déjà un passage parisien à la Maroquinerie le 28 mars. En attendant de pouvoir se délecter de l’intégralité de ce nouveau jet, dont le nom signifie « Bonne santé » en gallois, le musicien a déjà dévoile le titre « This Can’t Go On ». Instrumentalement, le morceau est une mine d’or. Couplets comme refrains regorgent d’intensité. Le tout s’écrit comme une montée en puissance étourdissante et sait créer une entrée en matière épique. Très joliment construit, instinctif dans son approche, il sublime la voix grave et puissante de son interprète. Cinématographique et à fleur de peau, il sait casser son rythme. Voilà qui laisse entrevoir la beauté d’un album à venir qui saura séduire une oreille avertie. On trinquera en l’écoutant à la bonne santé de cette sortie.

 

Tom Odell – « Somebody else »

Vous le connaissez sûrement pour son titre « Another Love » qui lui a apporté le succès en 2012. Entre temps, Tom Odell a su fédérer un public, lauréat des Brit awards il a son actif 5 albums qui cumulent 4 milliards de streams. Il reviendra dans les bacs le 26 janvier 2024 avec un nouvel album « Black Friday ». Avec sa voix grave et ses titres à la douceur incontestable, le musicien promet un moment de douceur facile d’accès et joliment écrit à en juger par ses deux extraits déjà dévoilés : « Somebody Else » et « Black Friday ». Le musicien sait y sublimer sa voix tantôt profonde tantôt diaboliquement aérienne. Tout l’art de Tom Odell tient en sa capacité à savoir écrire des balades intemporelles. Ecrire des chansons douces, beaucoup s’y essaient, mais rare sont ceux qui arrivent à dégager l’émotion escomptée. Le musicien, lui , frappe toujours juste. A fleur de peau, avec finesse, il se raconte tout en sachant raconter son auditeur. Bande originale essentielle autant à la mélancolie d’affres quotidiens que promenade de santé au coeur de notes qui murmurent au creux de l’oreille, ces deux extraits touchent le moment de grâce. Les rythmiques collent parfaitement, comme un coeur qui bat sur « Somebody Else », alors que la voix aérienne s’inscrit dans la juste descendance de l’immense Elliott Smith pour « Black Friday ». A moins qu’on y retrouve simplement l’élégance de Bon Iver et son album culte « For Emma, forever ago ».  Les deux pourraient bien se retrouver dans l’album à venir qui sait toujours gérer ses montées en puissance. La recette idéale qu’on a hâte de découvrir dans son intégralité pour habiller cet hiver d’un bain de douceur à fleur de peau. Pour le découvrir sur scène, il faudra attendre les premiers bourgeons  le 7 avril à la Salle Pleyel.

 

EKKSTACY – « Bella »

On le sait, la scène canadienne regorge de pépites indés qui ne demandent qu’à être découvertes. EKKSTACY est de ceux-là.  Suite à la sortie de son album « Misery », le musicien a enchaîné les dates sillonnant l’Europe et l’Amérique du Nord et s’est offert un passage par le Lollapalooza. Voilà qui ne l’a pas empêcher de composer son troisième opus baptisé « EKKSTACY » prévu pour janvier 2024. Le musicien aux sonorités post punk sait tout particulièrement se renouveler. Du premier titre qui l’a fait connaitre « I walk this earth all by myself » et ses sonorités sombres et aériennes, il garde sa précision de composition. C’est pourtant avec un tout nouveau visage qu’il fera son retour l’année prochaine. Pour s’en rendre compte il suffit d’écouter les deux extraits qu’il a déjà dévoiler « Bella » et  » I Can’t find anyone ».  Plus rythmés, ils promettent un tournant encore plus punk, aux couplets qui entraînent son auditeur dans un tourbillon endiablé. La production y est d’une précision millimétrée, calibrée et de qualité. Notre homme a autant le sens de la mélodie que du refrain bien fait qui séduit instantanément. L’album en tant que tel, change constamment de visage, alors que son départ « I don’t have one of those » s’inscrit dans la mélancolie qu’on lui connait, il prend un revirement punk dès son deuxième titre « Luv of my life ». Pour mieux mixer les genres il s’entoure en featuring des rappeurs The Kid LAROI et Trippie Redd. Le reste de l’histoire est une belle montagne russe où les émotions bouillonnent avec énergie et noirceur. Ses mélodies sur le fil du rasoir, gérées d’une main de maître sont à découvrir sans plus attendre et à retrouver sur scène au Bataclan de Paris le 25 novembre en première partie de Bakar.

Big Thief – « Vampire Empire »

Ce dernier tient plus de l’espoir pour 2024 que de la confirmation. Le groupe d’Adrianne Lenker profitait des beaux jours puis de l’automne pour dévoiler deux nouveaux titres. Le premier « Vampire Empire » avait rencontré un certain succès via les réseaux sociaux et les plateformes dans sa version live. Plus tard, le groupe l’enregistrait en Espagne. Et comme toujours avec Big Thief, les deux versions touchaient l’excellence. Déjà parce que le groupe folk rock transpire d’une sincérité qui sert toujours les coeurs. Dans ses paroles mais aussi dans sa façon de composer avec un naturel qui laisse perplexe. La formation sort toujours des diamants bruts dont la beauté fait mouche. Pour parfaire l’enregistrement le combo joignait un second cadeau « Born for loving you ».  Le titre parfait pour parler d’amour entre folk et country. On y retrouve la vibe des compositions de l’album de son guitariste Buck Meek qui lui publiait en solo son « Haunted Mountain » fin août. Sur le titre de Big Thief, le même amour des mélodies, le même apaisement solaire, la même facilité à parler d’amour sans tomber dans les clichés. Et quand on ajoute la beauté de la voix d’Adrianne Lenker l’affaire est forcément envoûtante. Il est aisé d’en tomber aussi un peu amoureux.se.  Pour mieux les défendre, le groupe les sortaient en fin d’année 2023 sous forme de 45 tours.  Ces deux pépites sont elles les prémices d’un album à paraître ? L’espoir est plus que permis. Déjà parce que Buck Meek le laissait entendre en interview, parlant même d’un album profondément rock à venir – pourquoi pas même illustrant leur vision du metal. Mais aussi parce qu’Adrianne Lenker parlait de ne plus tourner jusqu’au printemps. En août 2024, le groupe fera la première partie de PJ Harvey à Londres. L’occasion de présenter une nouvelle galette ? On y croit autant qu’on veut croire au dragon de son dernier chef d’oeuvre « Dragon new warm mountain I believe in you ».


buck meek interview

Buck Meek : « Aux Etats-Unis, tout le monde est un peu orphelin culturellement. » (Interview)

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Big Thief - La Cigale - 2022

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Pépite Rêve Réalité

Pépite nourrit les chimères sur « Rêve Réalité » son nouvel EP (chronique)

Deux années de perdues, d’isolement et de difficultés partagées. Après la longue période de souffrances…

Adrien Comar – journaliste
  • 5/ Ghost -Impera
  • Eh bien oui les moins métalleux des métalleux ont leur place ici. Parce que Ghost sait faire de
    la très bonne musique et que ce dernier album a tout d’un très bon album. Rien que
    Kaisarion en ouverture qui défonce tout sur son passage devrait suffire à convaincre. « Oui
    mais nanana c’est trop pop » – on s’en fout ! Allez écouter Ghost, c’est génial.
  • 4/ Paolo Nutini – Last night in the bitterswee
    Fini le temps du charmeur écossais à la guitare acoustique, Nutini a sauté encore plus le pas
    d’une musique peaufinée et élaborée avec cet opus. Il y a bien sûr toujours les belles
    ballades voix/guitare qui ravissent nos délicates oreilles mais, et cela se sent, Nutini a poussé
    le bouchon jusqu’au bout cette fois et qu’il ne s’est pas contenté de quatre accords (qui
    fonctionnaient toutefois à merveille ne soyons pas mauvais). Très réussi.
  • 3/ IDLES – Five years of brutalism
    Alors oui c’est une réédition… et alors ? Quand c’est brillant, c’est brillant – c’est tout. Le
    premier album d’IDLES est de ces grands débuts marquants. Sincère, jusqu’au-boutiste,
    touchant et révoltant – c’est toujours un plaisir de s’arracher les tympans sur le chant de
    Talbot. Et puis rien que pour écouter l’une des seules versions live de la magnifiquement
    mélancolique Slow Savage, cela vaut le détour.
  • 2/Black Midi -Hellfire
    Parce qu’ils sont parmi les musiciens les plus monstrueux de la scène indé actuelle, que leur
    son est inimitable et tellement intelligent et que des albums comme ça, il n’y en a pas deux ;
    le jazz/punk de black midi mérite amplement sa place dans le classement.
  • 1/ Black Country, New Road – Ants from up there
    Ce deuxième effort est celui de génies. Un chef d’œuvre de bout en bout qui lamente lui-
    même le départ de son chanteur. Une réussite absolue que tout musicien aimerait avoir
    composé. C’est la musique divine inspirée par les muses, la Sensibilité sublimée dans les
    violons, la batterie et la distortion. C’est la douleur poétique et la création cathartique. Et
    ceci est une description tout à fait objective.
Léonard Pottier – Journaliste

  • 5 / Fontaines DC – Skinty Fia
  • 4 / Hercules and Love Affair – In Amber
  • 3/ Crack Cloud – tough Baby
  • 2 / Denzel Curry – Melt My Eyez See Your Future
  • 1/ JID – The Forever Story Mon

Duo gagnant de cette année, les albums de Denzel Curry et de JID, tous deux immenses et je pèse mes mots, racontent tellement du chemin parcouru par le rap depuis des années qu’il m’était inconcevable de ne pas les mettre à l’honneur. Denzel Curry rappe comme un monstre sur des morceaux dont on ne parvient même plus à discerner s’ils sont génialement old school ou incroyablement modernes. « Melt my Eyez See your Future » raconte cette fusion parfaite. Mention spéciale à « Walkin », élue meilleure chanson de l’année personnelle. L’album de JID, quant à lui, est simplement ce que Kendrick n’a pas réussir à sortir cette année : une pépite absolue, moderne à souhait, où tous les éléments coordonnent pour constituer un chef-d’œuvre. On y rappe avec un niveau stratosphérique, y danse comme habité par je ne sais quelle magie, et y compose merveilleusement avec des prods sorties des nuages. Je ne vis d’ailleurs plus que pour la transition entre les chansons « Raydar » et « Dance Now ».

Pénélope Bonneau Rouis – Journaliste

  • 5 /  Warhaus – Ha Ha Heartbreak
  • 4/  Tamino -Sahar
  • 3/ Tove Love – Dirt Femme
  • 2/ Ethel Cain – Preacher’s Daughter
  • 1/ Florence + The Machine – Dance Fever
    Avec ce cinquième opus, Florence Welch explore les méandres de la féminité, de la maternité et de
    l’intégrité artistique avec une justesse remarquable. Dance Fever est arrivé comme une bénédiction
    pour beaucoup, là où High As Hope avait laissé quelques adeptes sur leur faim (m’enfin, il restait
    quand même très bien). Dance Fever pose les marques d’un nouveau genre et pour la citer : You
    said that rock and roll is dead but is that just because it has not been resurrected in your image? Et
    c’est vrai, Florence s’affirme de plus en plus comme la figure de proue d’un nouveau rock plus
    inclusif, plus esthétique et, surtout, plus revendicatif. Et ça fait beaucoup de bien. Probablement le
    meilleur album du groupe à ce jour.
Théophile Le Maître – vidéaste / photographe

  • 5/  Tv Priest – My Other People
  • 4 /King Hannah –  I’m Not Sorry, I Was Just Being Me
  • 3 /  Crack Cloud – Tough Baby
  • 2 /Fontaines D.C. – Skinty Fia
  • 1 / Wu-Lu – Loggerhead

Avec Loggerhead, Wu Lu propose une œuvre angoissée aux influences variées, que l’on aurait du mal à faire rentrer dans une case, un peu comme un cadavre exquis de tout ce qu’il y a eu de bon dans les années 90 : le rap, le grunge et bien sur le trip-hop. L’album est une sorte d’odyssée nocturne imprévisible. On avance d’abord de façon un peu fébrile dans l’obscurité, jusqu’à finir par avoir la sensation de voir dans le noir, peut-être est-ce simplement l’aube qui pointe le bout de son nez ? après avoir passé des nuits blanches à enchaîner les écoutes inlassablement.

Louis Comar – Photographe

  • 5/ Arctic Monkeys – The Car
  • 4/ Ghost – Impera
  • 3/ Liam Gallagher – C’mon You Know
  • 2/ Béesau – Coco Charnelle (Part 2)
  • 1/ Florence + The Machine – Dance Fever

Pour son retour sur le devant de la scène, Florence Welch propose un des meilleurs albums de 2022. Les titres qui composent « Dance Fever » mêlent sensibilité et puissance, pour conquérir les foules lors des prestations live de la formation. Cet album est dans la lignée des précédents disques de Florence + The Marchine : remarquable.

Julia Escudero – Rédactrice en chef
  • 5/ Kae Tempest – The Line is a Curve
  • 4/ Porridge Radio -Waterslide, Diving Board, Ladder to the Sky
  • 3/ Kevin Morby – This is a Photograph
  • 2/ Ezra Furman – All of us Flames
  • 1/ Big Thief – Dragon new warm mountain I believe in you

Si on s’est croisé au court de l’année de près ou de loin, je vous ai forcément parlé avec entrain et lourde insistance du dernier né de Big Thief. Le sublime groupe mené par Adrianne Lenker y embrasse à pleine bouche son âme folk s’éloignant du rock de « Masterpiece » et lui donnant des notes plus country qu' »UFOF ». Porté par la voix inimitable de sa chanteuse, ce bijou, n’ayons pas peur des mots convoque l’âme de l’enfance et y pose une vision adulte entre affres et sophistication des instruments. Beau et chaleureux comme un conte raconté autour d’un feu de camp, ce Dragon magique nous entraine dans un périple où douceur et délicatesses sont maîtres mots. Le titre éponyme apaise, « Little Things » casse ses rythmes pour mieux couper le souffle, « Simulation Swarm »touche à l’excellence et se murmure comme une lettre d’amour dans toutes ses variations, « Certainty » touche les sommets. Quel plaisir de croire aux pouvoirs magiques du dragon et à ceux encore plus puissants de Big Thief.

Kévin Gombert – Photographe

  • 5/ Loyle Carner – Hugo
  • 4/ Son Of – Son Of
  • 3/ Sinead O’Brien – Time Bend and Break The Bower
  • 2/ Fontaines D.C. – Skinty Fia
  • 1/ Beach House – Once Twice Melody 

Pour leur 8ème album, Victoria Legrand et Alex Scally, livrent une ode au voyage longue de 84 minutes. « Once Twice Melody  » présente une vision d’un paradis planant. Mi-rêveur, mi-mélancolique cet album fait office des masterpieces dans la dreampop. Composé comme 4 Eps, ce disque de 18 titres est pourtant très bien conçu. Son écoute se fait d’un bout à l’autre de manière très fluide. Les racines françaises de Victoria se sont sentir par le romantisme de ses compositions et se marient parfaitement au jeu de Alex, qui lui vient d’un milieu technique (Baltimore Polytechnic Institute). Le duo a su mûrir tout en conservant son âme, ses sonorités, tout en proposant un renouvèlement qui séduit de nouveaux adeptes.  Les racines françaises de Victoria se font sentir par le romantisme de ses compositions et se marient parfaitement au jeu d’Alex, qui lui vient d’un milieu technique (Baltimore Polytechnic Institute).


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