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Nicko Guilal

Le 25 mars prochain Skip the Use sera de retour avec leur cinquième album studio : Human Disorder. Véritable concentré de genres, les français offrent une musique libre et variée. Mat Bastard, le chanteur était avec nous pour parler rock, politique et jeunesse. A l’abordage de ce nouvel album si personnel.

J’essaye de ne pas être guide mais plutôt de susciter le débat et la prise de position 

Pop & Shot : comment décrirais-tu Human Disorder, nouvel album à paraître le 25 mars prochain ?

Mat : On a essayé de mettre en musique toutes les émotions qu’on a ressenti pendant deux ans. La claque, le refus de ce qui se passe, l’énervement, la colère, le pétage de plomb, être enfermé ; le besoin de faire n’importe quoi, les questions sur l’avenir. C’est un vrai travail d’introspection sur soi, sur sa vie, sur sa famille, sur sa manière de voir les choses, de te construire. Ça méritait vraiment un disque. Et pour une fois on était tous logés à la même enseigne. Pour une fois qu’il y avait un truc vraiment démocratique. Après, on a utilisé pleins de styles musicaux pour essayer de mettre en musique ces émotions-là.

Pop & Shot : Tu as dit en évoquant Orelsan qu’on arrivait à un moment où il y a pleins de carrefours et qu’il faut choisir la bonne direction. Comment en tant qu’artiste peut-on guider vers cette bonne direction ?

Mat : J’essaye de ne pas être guide mais plutôt de susciter le débat et la prise de position à travers des chansons. On met le projecteur sur quelque chose, après, libre aux gens d’avoir leur avis. On met le projecteur sur quelque chose parce qu’on juge ça intéressant. Mais guider sur l’interprétation, ça on ne veut pas. Ce qu’on veut c’est juste qu’il se passe quelque chose ; en parler plutôt que de s’en foutre.

Pop & Shot : Alors sur quoi est mis le projecteur dans Human Disorder ?

Mat : Quand tu fais un disque t’es parti pour deux ans entre le moment où tu le sors, où t’en parles dans les médias et le moment où tu vas le défendre sur scène. Nous on a été coupé en plein milieu d’un truc – d’un coup, t’as deux ans de travail dans ton cul. Ensuite tu vois tous les morts partout. Tu te resserres au niveau de ta famille, tu te remets un peu en question. Donc on met le projecteur sur quelle importance va avoir la famille ou les proches que t’as autour de toi dans les projets que tu peux mener. Moi mes filles elles ont dix ans, ça fait dix ans qu’elles me voient plusieurs fois par mois passer des soirées avec des chorales d’enfant, mais pas elles. Faut l’assumer ça. Le projecteur ; c’est le choix. Qui je suis vraiment ? Est-ce que ce que je mets sur les réseaux sociaux c’est ce que je suis ? Est-ce que c’est mon choix ? Comment je me fais enculer par le système tout le temps ? J’ai acheté cette veste (ndlr : avec des petits ours dessus), est-ce que je la voulais vraiment ? Et des fois les réponses sont super cools.

Pop & Shot : Tu voulais vraiment cette veste.

Mat : Voilà. Ce n’est pas forcément négatif. Mais la situation pousse à réfléchir. Down, ça parle de la claque qu’on se prend dans la gueule. Slaughter ça parle de tous les morts qu’il y a partout. On a des chansons sur l’autre : The One Two.On a fait une chanson sur ceux qui sont tous seuls. Make it Bad c’est un mec qui fantasme, parce qu’il est tout seul. On met le projecteur sur pleins de petits moments de la vie qu’on a tous traversé.

S’il n’y a pas la cohésion des hommes, Dieu c’est une catastrophe. 

Pop & Shot : Tu parlais de tes enfants tout à l’heure. Aujourd’hui toute la fiction, les médias sont orientés sur un futur catastrophe. Comment en tant que père, en tant que voix qui s’adresse à la jeunesse, tu vois le futur pour eux ? Comment les accompagner ?

Mat : Je pense que les jeunes ont un vrai pouvoir. Ils le montrent avec « les jeunes pour le climat », Black Lives Matter, avec les mouvements féministes. Et c’est cool de voir cette énergie, cette fraîcheur, de gens qui se sont rendus compte qu’on avait les hommes politiques, les médias, et les artistes qu’on mérite. C’est nous qui choisissons de regarder un truc. Tout le monde se fout de la gueule de Nabilla mais elle a deux millions de followers. Si personne ne la regarde, elle n’existe pas. Ce monde on le choisit. Tout le monde est là « je suis contre le système ». Le système des fois c’est toi. C’est toi qui décides. Nous, les plus vieux, on a vraiment fucked up. Ça fait 25 ans qu’on essaye de dire « regardez-ça, ça, ça » et il n’y a pas grand-chose qui change. Mais au final on a la possibilité de faire les choix.

Pop & Shot : En parlant de choix et de changements, les élections présidentielles approchent. Dans votre album précédent, Past and Future, il y a une chanson qui s’appelle Marine où tu dénonces l’extrême droite. Une chanson appelée Éric en prévision ?

Mat : (rires) Je ne sais même pas quoi dire. Quand je vois les jeunes avec Éric Zemmour, c’est tellement incompatible, impensable. Alors que s’il y a bien des gens qui ont compris que la base c’était la remise en question, ce sont les jeunes. Pour moi c’est incompatible de voir un mec de 20 ans qui va expliquer que « tous les musulmans sont des terroristes, ils vont remplacer les gens ». Ok. Alors que c’est eux qui sont en trains de remplacer le bon sens chez les jeunes. Les extrêmes me font peur. La religion me fait peur. C’est tellement minimiser les choses de dire « les musulmans me font peur ». Toutes les religions me font peur. S’il n’y a pas la cohésion des hommes, Dieu c’est une catastrophe.

Je ne pense pas qu’une chanson va changer quelque chose mais une chanson va permettre de lancer une émulsion. 

Pop & Shot : Comment abordes-tu ce contexte politique ?

Mat : Je suis moins frontal dans mon discours qu’avant. Parce que j’ai remarqué qu’Éric Zemmour a vu le reportage sur Roubaix et maintenant c’est sa nouvelle litanie d’aller partout en France et de dire « si vous ne votez pas pour moi la France va devenir Roubaix. » Nous, on vient de Roubaix. Évidemment il y a des trous du culs à Roubaix. Comme il y en a à Lille, à Paris, partout. Il y a aussi des trucs très bien. Éric Zemmour doit avoir 1% des religieux extrémistes, toute religion confondue – sans ces gens-là, est ce qu’il existe ? Il a besoin de gens fucked up, pour avoir un discours fucked up, pour que les gens soient fucked up et c’est un cercle vicieux. Alors que pendant ce temps-là on pourrait faire un cercle vertueux. On ne parle plus d’avenir pour les jeunes. Les jeunes d’aujourd’hui c’est maintenant. Un avenir est possible si on change ça, ça, ça – ensemble. C’est à ça que sert l’art.

Pop & Shot : En tant qu’artiste, tu penses que ce changement peut venir de ton art ?

Mat : Je ne pense pas qu’une chanson va changer quelque chose mais une chanson va permettre de lancer une émulsion. Une chanson ça peut poser une question. L’Odeur de l’Essence d’Orelsan, quand t’as fini de l’écouter, tu te dis que tu ne peux pas rester indifférent. Et cet art-là il a le pouvoir de lancer des vocations.

 Le dernier album d’Orelsan c’est un super bon album de rock. 

Pop & Shot : C’est important d’être engagé dans son art aujourd’hui ?

Mat : Je ne sais pas si c’est de l’engagement. C’est susciter la prise de position. Après tu peux faire des choses futiles, des chansons toutes légères parce que la musique ça peut aussi servir à s’évader. C’est symptomatique d’une société. Quand tu te réfugies dans le superficiel c’est que tu ne veux surtout pas voir le fond. Parce que ça te fait flipper.

Pop & Shot : Tu parlais d’engagement, le rock est un mouvement qui a souvent été vecteur de révélations. Tu disais aujourd’hui qu’Orelsan est un mec qui a sorti un album très rock alors qu’il fait du hip-hop. Comment le définis-tu aujourd’hui ce rock dont tu viens ?

Mat : C’est quelque chose qui évolue avec le temps. Je pense que le rock c’est plutôt une façon de voir les choses, c’est être en dehors de la ligne jaune. Le dernier album d’Orelsan c’est un super bon album de rock. C’est un album qui bouscule. Ça ne m’étonne pas qu’il ait un si grand succès. Beaucoup de gens se sont dit « enfin, il y en a un qui dit – ‘attendez, on va continuer avec les œillères comme ça ?’ ». C’est ce qu’on essaye de faire avec ce disque.

Pop & Shot : Avant Skip The Use, il y avait Carving, un groupe de punk. Est-ce que ça a encore du sens être punk à une époque actuelle où toute cette scène rock, punk, métal n’est pas la plus prisée ?

Mat : C’est très ambivalent en France. D’un côté tu vas avoir des rappeurs qui remplissent des Bercy en quatre minutes. De l’autre côté t’as le Hellfest qui est un des plus grands festivals d’Europe. D’un côté tu vas avoir des groupes de rock comme nous. Et d’un autre côté t’as un Gojira qui va faire le tour de la planète avec Metallica. En France, c’est un vrai terreau du rock mais encore une fois, on a les médias qu’on mérite.

Ne faire que du rock parce qu’on est estampillé ce n’est pas rock’n’roll. C’est convenu. 

Pop & Shot : À ce propos dans ce dernier album il y a Till the End, une chanson assez métal au sein de musiques accessibles pour un grand public. Est-ce que démocratiser le rock/le métal ce doit être le rendre plus accessible en mélangeant les genres ?

Mat : Nous, en l’occurrence, on ne l’a pas vu comme ça parce qu’on a vraiment fait un travail émotionnel et quand on a voulu parler de cette émotion là c’est ce cette manière qu’on a voulu l’exprimer. Après, aujourd’hui, avec le streaming cette chanson pourrait se retrouver dans une compil métal et les gens ne saurait jamais qu’elle fait partie de cet album. L’année dernière on a joué au Mainsquare avec Bring me the Horizon et ils jouaient entre des groupes comme Angèle, Roméo Elvis, Lomepal – et les gens ont kiffé, ont passé un bon moment. Je pense que c’est plutôt une idée reçue. Mais encore une fois dans le besoin aujourd’hui de la société de mettre tout le monde dans des cases, ça ne veut rien dire.

Pop & Shot : Tu parles de ce mélange de genres, des médias qui cherchent à cataloguer toute la musique. Skip the Use ce n’est pas qu’un style de musique, c’est un ensemble. C’est dur à assumer ou à exprimer quand on vend un album avec cette variété ?

Mat : Il faut que le média soit ouvert. Quand on a fait le clip (ndlr : du single Human Disorder), j’ai parlé à notre responsable promo de ça. Finalement, on a fait pas mal de presse spécialisée avec ce disque parce que je pense que pour eux, le concept est rock’n’roll. Ne faire que du rock parce qu’on est estampillé ce n’est pas rock’n’roll. C’est convenu. Pour nous. Pour Skip the Use. Quand on a sorti Can Be Late (ndlr : premier album de Skip The Use) on avait Bastard Song, Bullet in my Head, People in the Shadow, les gens ont dit « notre chanson ça va être Ghost ». Pour tous les gens on était un groupe de pop alors que c’était la seule chanson pop dans un album avec pleins de morceaux de rock.

Pop & Shot : Alors, pour conclure, quand j’avais douze ans, j’écoutais les albums de Skip the Use en boucle. On a beaucoup parlé de la jeunesse. Quels messages voudrais-tu transmettre à cette jeunesse qui t’écoute ?

Mat : Je suis très heureux qu’elle soit encore là aujourd’hui. C’est plutôt à nous de les écouter que l’inverse. La fraîcheur vient de la jeunesse d’aujourd’hui. Elle peut nous apprendre beaucoup de choses. On a tous des idées bien pensantes, préconçues pour les jeunes. Je préfèrerai les écouter que de leur dire quelque chose. Je pense que j’en apprendrais beaucoup.


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ALT-J par George Mucey

Le 11 février, le trio britannique Alt-J fera son retour dans les bacs cinq and après la sortie de « Relaxer » avec un nouvel opus « The Dream ». L’album est une pépite à l’image de ce qu’alt-J peut donner de meilleur, cinématographique, pop, onirique, puissant, joliment composé et qui ose de nombreux loopings musicaux. Le groupe a pris le temps de répondre aux questions de Pop&Shot de chez eux en Angleterre, crise du Covid oblige. Zoom ou pas, les trois compères transpirent l’amitié sincère, et sont fascinants dans leur travail créatif. On en discute mais aussi de tournées, vrais crimes, histoire d’Hollywood, de charité, de la vie de « rock star », d’espoirs et de choeurs. Interview.

Popnshot : Parlons de ce nouvel album : « The Dream ». Je tenais déjà à vous dire que je l’avais adoré. J’ai immédiatement eu envie de le chroniquer quand je l’ai écouté. C’est une perle.

Gus Unger-Hamilton : Merci beaucoup !

Popnshot : En quelques mots pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de l’écouter, comment le décririez-vous ?

Joe Newman – Alt-J : C’est un paysage broussailleux avec une très belle vue.

Popnshot : Il a été influencé par de véritables histoires de crimes à Hollywood …

Gus Unger-Hamilton – Alt-J : Ces dernières années, on s’est recentrés sur ce qu’on aimait avant la pandémie et moi ce sont les podcasts. En particulier un podcast qui parle de vrais crimes qui s’appelle « My favorite murder ». J’en écoutais toutes les semaines. Et ils sont si familiers dans ma vie qu’ils font presque partie des meubles chez moi. Ils parlent d’une certaine fascination bienveillante sur les motivations des gens et quelque part ils protègent les gens de ce genre de comportements. J’écoutais ça et ça s’est glissé dans l’écriture de l’album.

Ce sont des sentiments puissants la peur de la mort et la joie ressentie quand on tombe amoureux

Popnshot : Ce n’est pas la première fois que vous traitez de la violence dans les compositions du groupe. « In cold blood » par exemple en parlait déjà …

Gus Unger-Hamilton- Alt-J :  Oui pour moi la violence, on la connait tous. Etre assez chanceux pour ne pas y avoir été exposé tiendrait d’un concept lointain. On y est exposé très jeune avec le cinéma, la fiction, l’école… Si tu veux toucher les gens tu chantes sur deux sujets : l’amour et la perte. Et on essaie depuis le début de toucher les gens via ces thématiques. Ce sont des sentiments puissants la peur de la mort et la joie ressentie quand on tombe amoureux.

Popnshot : Votre musique est très cinématographique, elle pourrait faire partie d’une bande originale. D’ailleurs le nouvel opus parle d’Hollywood et du Château Marmont. Parlez moi de votre rapport au cinéma.

Gus Unger-Hamilton- Alt-J : On a toujours été inspirés par les films. On est aussi bien inspirés par certains films que nous le sommes par la mythologie qui existe grâce aux films. Il y a effectivement une chanson qui parle d’une mort au Château Marmont. On parle aussi de technique cinématographique, comme dans la chanson « Chicago » qui parle d’une méthode utilisée durant l’âge d’or d’Hollywood quand on tournait en journée pour donner l’impression que ça avait été filmé de nuit . L’album parle de notre amour pour l’histoire du cinéma et sa technique.

Popnshot : Il vous a fallu cinq ans pour publier ce nouveau jet. Que s’est-il passé durant cette période ?

Joe Newman – Alt-J: Je pense que quand tu finis un album la dernière chose que tu veux faire c’est se remettre à l’écriture. On se sent un peu complet. Après une tournée, il faut aussi se réhabituer à être dans une seule ville, à Londres nous concernant. Et ce processus nous prend du temps. Avoir envie d’écrire prend du temps, écrire à nouveau aussi. Quelque part on doit se remettre de tout le temps qu’on vient de passer ensemble. On avait décidé de prendre notre temps et d’être off en 2019. Nous étions prêt à recommencer en 2020 et on l’a fait pendant 6 semaines. Et puis, le Monde a été mis à genoux. On a eu la chance que ce soit seulement un inconvénient pour nous. Et puis quelque part ce temps qu’on avait sans délais est devenu un avantage pour les chansons qui ont eu le temps de mûrir et de grandir. C’était une chance au milieu d’un tout qui était terrifiant.

Le streaming ne tuera pas les albums

Popnshot : La particularité de cet album c’est aussi qu’il a été conçu pour être écouté dans son intégralité et qu’il ne s’agit pas seulement d’une suite de titres. Est-ce important pour vous ?

Gus Unger-Hamilton – Alt-J : Oui on aimerait beaucoup que les gens l’écoutent en intégralité mais on est très conscients du fait que la consommation de la musique change constamment. Tout a changé depuis qu’on a signé chez notre maison de disque mais c’est aussi valable au court de l’histoire. Dans les années 80, 90, les gens disaient que le fait d’enregistrer des morceaux sur des cassettes allait tuer la musique. Les gens parlaient des compilations et puis finalement ça n’a pas tué les albums. Le streaming ne tuera pas les albums non plus. Donc on le présente de la manière dont on aimerait le plus qu’il soit écouté. Mais certains écouteront uniquement un titre sur une playlist ou mettront l’album en shuffle. Et ça ne sera pas si grave.

Popnshot : Sur le premier morceau, « Bane », on entend un bruit de bouteille qui s’ouvre. D’où cela vient-il ?

Gus Unger-Hamilton- Alt-J : C’est une canette de coca, n’est-ce pas Joe ?

Joe Newman – Alt-J: Notre ingénieur son Lance Reynolds est américain et il a un amour sans honte pour le Coca-Cola.  Comme nous tous. Et quelque part il a inspiré cette chanson. Il nous a parlé du goût particulier du Coca mexicain. Il nous a raconté cette histoire qui n’était pas si intéressante mais qui était racontée par quelqu’un qui est intéressant. Et donc le Coca est entré dans notre récit. Ce soda est à la fois la plus grande joie et la plus grande misère à un niveau international. Il représente à merveille la capitalisme américain et à quel point les gens en ont besoin dans leur vie. C’est un goût si particulier et l’un des plus représentatifs du dernier centenaire parce que c’est si inhabituel. Et la recette est secrètement gardée. C’est assez intéressant de chanter à ce sujet.

Popnshot : Et on en trouve absolument partout dans le Monde.

Joe Newman – Alt-J : C’est vrai. Tu pourrais être au milieu d’une guerre civile et quand même en voir dans le fond du décors.

on fait des morceaux et puis on doit en faire un edit pour Tik Tok et ce n’est pas grave mais c’est vraiment étrange de devoir faire ce genre de choses.

Popnshot : Tout à l’heure nous parlions du streaming. On dit qu’il faut raccourcir les morceaux, que les gens n’ont plus d’attention au delà d’une ou deux minutes. Vous avez plusieurs titres de 5 à 6 minutes sur cet opus. Doit-on ne jamais suivre les règles qui biaisent la créativité ?

Gus Unger-Hamilton – Alt-J: Je ne pense pas que l’attention des gens se soit raccourcie. C’est juste la façon dont on formate le divertissement. Je pense que les gens ont toujours la capacité d’écouter de la musique et même un album.

Joe Newman- Alt-J : On est un groupe et on croit en nous en ce qui concerne les décisions créatives. Et même si quelqu’un d’un label nous disait « les gars, on a fait un constat, les gens coupent les morceaux au bout de deux minutes, pouvez-vous faire des titres de maximum deux minutes ? » on dirait quand même non. On ne cherche pas le succès à ce niveau. Et puis on a eu la chance d’avoir du succès en appliquant notre propre méthode.  Ce serait fou pour nous de tout changer à cause de ce type de constat. Mais vous savez on fait des morceaux et puis on doit en faire un edit pour Tik Tok et ce n’est pas grave mais c’est vraiment étrange de devoir faire ce genre de choses.

Popnshot : Parlons du titre « U&Me », vous utilisez de nouveaux instruments dessus ?

Joe Newman – Alt-J: C’est une chanson menée par la guitare avec un son assez funky. J’utilise différents claviers dessus. Tom utilise différents types de batterie dessus.

Thom Sonny Green- Alt-J : On essaie toujours de pousser les batteries. Ce que tu entends ce n’est pas le résultat d’un seul tambour ou d’une seule cymbale mais le mélange de plusieurs batteries. Il y a aussi des samples de batterie qu’on a séquencé et prossecé pour créer un son unique.  On utilise le même set de batterie sur chaque titre mais ça sonne différemment à chaque fois parce qu’on joue avec la texture.

Popnshot :Sur Hard Drive Gold, on entend des enfants chanter. D’où cela vient-il ?

Joe Newman- Alt-J : Cette chanson parle d’un garçon qui devient millionaire grâce à la crypto. Donc on a eu envie de faire chanter des enfants parce que c’est à propos d’un enfant dont c’est cool. L’idée est un peu la même que quand Pink Floyd faisait chanter des enfants sur « Another brick to the wall ». On voulait un choeur, et ce n’est pas la première fois qu’on demande à des enfants de chanter pour nous. Les enfants dans les choeurs ont une certaine qualité vocale, une certaine imperfection. Quand on prend un choeur d’adultes, ça peut sembler trop parfait, les enfants ont un matériel plus brut qui est très joli. (Il marque une pause). Il y a une tempête très violente ici qui assez effrayante, je suis dans une petite maison dans mon jardin et c’est impressionnant. J’ai l’impression que je vais être emporté comme Dorothée dans le Magicien d’Oz.  ( rires) Cette tempête a même un nom, apparemment de nos jours, on doit donner des noms aux tempêtes, elle s’appelle Bara.

Popnshot : Sois prudent quand même ! Reste au sec ! Pour revenir à l’album sur « The Actor », vous avez aussi une choriste, mais une adulte cette fois…

Gus Unger-Hamilton – Alt-J : C’est en fait ma femme qui chante dessus. Et tu voulais une voix féminine sur ce morceau c’est bien ça Joe ?

Joe Newman- Alt-J : Sa voix est superbement féminine et elle sait maintenir les notes hautes. J’ai eu cette idée et j’en ai parlé à Joe parce que je sais que sa femme est une excellente chanteuse. Elle a d’ailleurs fait un super boulot.

Popnshot : Sur « Chicago », il y a ce passage magnifique durant lequel vous utilisez un silence avant de changer entièrement le morceau. C’est une chose utilisée dans le classique mais très rarement dans la pop. Vous trouvez que le silence peut aussi être de la musique ?

Joe Newman- Alt-J : La dynamique quand on écoute un morceau c’est que l’on peut aller vers le son ou on peut le faire venir à nous.  Nous avons décidé d’aller vers celui qui écoute donc on a mis un silence avance d’augmenter de façon considérable le son. C’est comme si tu étais pris dans un phare parce que ça vient de derrière toi. C’est comme si tu marchais dans une rue sombre et quelque chose que tu ne connais pas est là et se montre doucement. C’est une dynamique intelligente et ça suit le morceau qui parle de perdre le contrôle, d’être désorienté et de perdre pieds. Tu es blessé ou quelqu’un d’autre l’est et c’est une chanson assez déroutante. Les instruments renforcent ce sentiment.

Ce que je voulais surtout éviter avec ce chanteur d’opéra c’était d’entrer dans un grand duo de voix  parce que je trouve ça un peu ringard.

Popnshot : Sur « Philadelphia », le final m’a fait pensé à l’opéra rock de Queen, mais cette fois ce serait une forme d’opéra pop. C’est quelque chose que vous aviez en tête ?

Gus Unger-Hamilton – Alt-J : C’est quelque chose que j’avais en tête oui et nous avions un chanteur d’opéra. Mais ce que j’aime sur cette performance c’est qu’on dirait que c’est un extrait. On nous a demandé de quel opéra nous avons tiré ce passage.

Joe Newman – Alt-J : Vraiment ? Je ne savais pas !

Gus Unger-Hamilton- Alt-J  : Oui!  Ce que je voulais surtout éviter avec ce chanteur d’opéra c’était d’entrer dans un grand duo de voix  parce que je trouve ça un peu ringard. On l’a utilisé de façon judicieuse, ça transperce le titre comme si on y avait mis un extrait extérieur.

Joe Newman – Alt-J : Ce n’est pas le sujet mais je vois ce titre comme l’histoire de quelqu’un qui serait en train de mourir. J’aime cette alliance de quelqu’un qui chanterait sur scène et puis ce passage d’opéra de quelqu’un qui serait en train de mourrir dans l’allée derrière avec une séparation minime.

Popnshot : Dans « Walk a Mile » vous dites « Walk a mile in my shoes »,  qui veut dire mets toi à ma place, comment ça serait, si quelqu’un pouvait prendre votre place, de marcher dans les pas d’Alt-J, qu’est-ce que ça fait de faire partie de ce groupe ?

Gus Unger-Hamilton- Alt-J : Joe, tu as vendu tes chaussures sur Ebay pour la bonne cause n’est-ce pas ? Quelqu’un marche littéralement dans tes chaussures (rires)

Joe Newman- Alt-J : Une personne est effectivement en train de marcher dans mes chaussures, à moins que je ne marchais dans ses chaussures.

Gus Unger-Hamilton- Alt-J : Il y a une chose qu’on apprend dans la vie, c’est que l’herbe est toujours plus verte ailleurs. On veut toujours ce qu’on a pas. On a surement le cliché du travail de rêve : rock star et j’utilise ce mot avec précaution. On est dans un groupe qui a du succès et ça c’est un rêve. Mais ça vient avec des difficultés, des insécurités. La vie en tournée peut être très difficile, nos familles et nos amis nous manquent. On se sent seuls et aliénés. J’imagine que si quelqu’un pouvait  vivre un moment à notre place il passerait un super moment mais il serait content de retourner à sa propre place.

La vie en tournée peut être très difficile, nos familles et nos amis nous manquent. On se sent seuls et aliénés.

Popnshot : Quand vous avez choisi le nom Alt-J, vous vouliez utiliser le symbole du triangle. Vous avez un morceau qui s’appelle Delta et qui représente également un triangle. Est-ce qu’il raconte quelque chose de particulier à votre sujet ?

Joe Newman- Alt-J : En tout cas c’est une coïncidence avec le variant Delta. On parle du delta du Mississipi dans ce titre. C’est une chanson qui est un grand voyage, et sur laquelle on utilise de l’accapella. L’une des meilleures choses avec ce groupe c’est qu’on s’harmonise et on voulait se le rappeler et rappeler aux autres que c’est l’origine du groupe : l’harmonie.

Quand j’écris je rentre en trans. C’est un processus pure, sans complications.

Popnshot : Sur « Losing my mind » vous répétez en boucle je perds la raison. Est-ce quelque chose de nécessaire dans le processus créatif ?

Gus Unger-Hamilton- Alt-J : Perdre la raison et se concentrer sont deux choses très similaires selon moi. Ils sont de chaque côté du spectre mais tout en étant très proches l’un de l’autre. Quand j’écris je rentre en trans. C’est un processus pure, sans complications. Il faut perdre en concentration pour gagner la capacité d’écrire.

Popnshot : Sur le dernier morceau « Powders », on entend un rire  durant les première seconde. On a l’impression d’assister à un moment intime. Est-ce le cas ?

Joe Newman- Alt-J : On a un pré-enregistrement quand on enregistre des titres. Avant d’enregistrer le titre on a donc pré-enregistré ce passage et on a trouvé que c’était une très belle ambiance dans cette pièce. Avant de jouer pour les autres on commence par se faire rire. C’est l’essence de notre alchimie. On était heureux de mettre ça sur un titre.

Popnshot : Une dernière question, l’album s’appelle « The Dream » – le rêve en français – maintenant que vous avez accomplis tant de choses, qu’est-ce qui vous fait encore rêver ?

Gus Unger-Hamilton- Alt-J : Aujourd’hui, ce serait de partir en tournée l’année prochaine sans le Covid qui détruit nos vies.

Joe Newman – Alt-J : On a une tournée de bookée et j’espère qu’on pourra la faire en entier. On commence par une tournée US et j’espère qu’on pourra la vivre sans soucis, c’est ça le rêve !


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Qui a dit qu’être punk et avoir des sentiments était incompatible ? Avec leur quatrième effort, Idles prouve en tout cas le contraire. Un an seulement après le brillant Ultra Mono, le retour des punks de Bristol pourrait sembler prématuré mais le déroulement de l’année passée éclaire sur la conception de ce nouvel opus sombre et suintant de douleur: CRAWLER.Idles Crawler

Une naissance tragique

Pour de nombreux artistes, la pandémie a été l’opportunité de créer de nouvelles musiques. Idles ne fait pas exception à la règle. Dans l’impossibilité et la frustration de défendre leur précédent album dans une tournée de concerts comme ils savent si bien les faire, le groupe compose. Un autre évènement qui aurait pu être tragique est néanmoins à la genèse des 46 min cathartiques de CRAWLER. Joe Talbot, frontman et parolier du groupe, a évité de justesse un accident de voiture. Pas de victime dans l’histoire, hormis la charismatique chanteur qui prend conscience de la fragilité de son existence. Ses addictions sont mises à nu. Il doit lutter contre. Il lutte, encore et encore. Il y parvient. Voilà, c’est ça le dernier Idles.

Pleurs, distos et introspection

 

Comme le laissait présager le premier des deux single dévoilé à l’avance, The Beachland Ballroom, l’atmosphère est plus sombre sur CRAWLER. Chaque note soigne les plaies d’un homme qui a souffert, chaque parole est expiatoire. « Are you ready for the storm ? » demande Talbot à ses fans dans le premier morceau (MTT 420 RR), attentionné, il prévient sur ce qui va suivre.  A noter que ce titre acronymique est un modèle de moteur, se référant ainsi tout comme Car Crash à l’accident qu’a frôlé le frontman. Le chanteur conte son expérience dans un style effleurant la cold wave et pose les bases de ce nouvel album. L’ensemble se laisse guider par les émotions chancelantes et dévorantes d’un homme en perdition. Les quatorze titres punk, parfois oppressants notamment par le son très lourd de la basse omniprésente, sont d’une poésie qu’il est rare de croiser dans ce genre de musique. Talbot se livre à cœur ouvert et ses tourments se métamorphosent en riffs effrénés et paternes de batteries surpuissants.

Un ensemble maîtrisé malgré quelques bémols

CRAWLER n’est sûrement pas la création la plus réussie du groupe dans la mesure où il n’y a pas de renouvellement et que le tout peut paraître assez monotone. Il n’y a pas autant de titres qui marquent par leur exceptionnalité que dans les précédents albums de la formation mais les morceaux sont réussis et certains, à l’image de Crawl! et The Beachland Ballroom, émeuvent particulièrement. Bien que des touches nouvelles de synthés apportent une fraicheur très prometteuse, Idles conservent la recette qui fonctionne. La construction est toutefois maîtrisée. Du titre introductif aux bombes captivantes et plus proches de ce qu’Idles avait pu faire précédemment que sont The Wheel ou The New Sensation, tout est là pour un bon album. Des pauses plus calmes et si belles (Progress) soulagent l’ensemble. Les interludes apaisent (Kelechi) et dynamisent (Wizz) tout en étant entièrement à leur place. CRAWLER est violent musicalement et émotionnellement, et cela fonctionne.

brutaliser la sensibilité

Il est clair que CRAWLER est le journal intime d’un cœur blessé. Idles y sublime ses tourments et s’en délivre. L’écoute de l’album peut être rude tant il est sincère, mais la maîtrise et l’émotion qui l’habitent sont addictifs. Libérateur et lacrymal, l’appréciation de ce concentré de peines n’est pas nécessairement immédiate. Et pourtant, c’est inévitable. Parce que c’est Idles et qu’ils sont sacrément bons. Surtout quand Joe Talbot conclut dans un dernier cri de rage et d’espoir « In spite of it all, life is beautiful ». You’re right Joe, I can assure you, it is.


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mother mother inside albumGrâce à l’explosion de la plateforme TikTok l’année dernière durant le confinement, les musiques de Mother Mother sont devenues virales et le groupe de Vancouver a enfin acquis une certaine renommée européenne, jusqu’alors presque inexistante. Et pendant que des adolescents découvraient les classiques du groupe de pop-rock indé, le frontman Ryan Guldemond s’attelait d’ores et déjà à la composition d’un huitième et très attendu album. Contraint de rester chez lui, les conditions ne semblaient pas rassemblées pour écrire de nouveaux titres, mais c’est pourtant bien grâce à cette situation particulière qu’Inside a vu le jour et est disponible à l’écoute depuis le 25 juin.

Un album différent des précédents … 

Habitué à s’inspirer de ses voyages et des rencontres qui les accompagnent, le confinement n’apparaissait pas comme un milieu propice à la création pour le guitariste, chanteur et compositeur de Mother Mother : Ryan Guldemond. Mais comme beaucoup d’autres artistes l’ont expérimenté l’année passée, le musicien s’est vu confronté à son ennui et à son vide intérieur et a synthétisé ses tourments en quatorze nouveaux titres, plus sombres et introspectifs que les créations précédentes du groupe. Le ton est donné dès l’introduction, Seven, une partition hypnotisante et lugubre. De la même manière, la réussie Two et sa volonté de s’affranchir d’émotions très personnelles tout en laissant à l’auditoire la possibilité de s’y identifier s’inscrit au sein de la même ambition artistique. Seule l’interlude Breathe, aux allures de B.O de film d’horreur semble inopinée et force l’ambiance clair-obscur de l’album. 

… qui saura ravir les fans.

Car même si Inside se distingue des sept premiers albums du groupe, la même recette est conservée et l’identité si personnelle de Mother Mother est bel et bien présente. Des cris du cœur (I Got Love, qui n’est pas sans rappeler Dance and Cry, précédent album de la formation), d’altruisme et de compréhension, comme l’est Girl Alone, réjouissent les ouïes attentives. Une nouvelle fois, Mother Mother comprend les incompris et se dresse cette fois-ci face aux clichés de la femme célibataire nécessairement triste, dans une belle chanson acoustique. Le quintette de Vancouver a su se renouveler tout en conservant la dose d’espoir et d’amour qui leur est si caractéristique.

Un ensemble au rythme assez inégal

Inside est une belle réussite pour le groupe de rock canadien. Cependant, les différents titres possèdent des énergies plutôt différentes et le rythme installé au commencement tend rapidement vers l’essoufflement. Après un départ en trombe, jusqu’à Sick of The Silence, les morceaux qui suivent ralentissent nettement, à l’exception d’I Got Love qui revigore en partie l’ensemble pour finalement rechuter dans cette langueur parfois regrettable. Des titres comme Like a Child et son refrain rock accrocheur sont les bienvenus mais ne permettent néanmoins pas de dynamiser assez le tout. Il est pour autant nécessaire d’affirmer que les chansons plus calmes comme Stay Behind sont très belles mais peut-être sur-représentées ici.

Des titres très (très) réussis

Vous l’aurez compris, le rythme d’Inside n’est pas son point fort. Néanmoins, certains morceaux sont une grande réussite et témoignent d’une expérience affirmée et d’une belle maturité de la part du groupe et de ses quinze années d’expérience. Par exemple, Sick Of The Silence est un titre puissant qui reprend les exercices vocaux habituels de Ryan Guldemond et la merveilleuse symbiose avec la voix aiguë de sa sœur et camarade de scène – Molly Guldemond. Mais la meilleure chanson de l’album est celle qui le clôture : Inside. Cette pièce éponyme de plus de sept minutes est aussi complète que subtile et conclue le tout de la plus belle manière qui soit. Mother Mother peut être fier de cette épopée musicale tout à fait représentative de leur style musical. 

Inside est un album qui requiert plusieurs écoutes intégrales pour se laisser pleinement apprécier. Oui, il n’est pas parfait et ce n’est peut être pas le meilleur du groupe à ce jour, mais Mother Mother parvient à conserver l’identité qui leur est propre et qui fonctionne si bien. Toujours sincères et subtiles, les créations des icônes de la pop-rock indé sont empreintes d’amour et d’espoir comme il est bon d’avoir comme soutien au quotidien. Ce nouvel album et cette nouvelle année ont marqué un tournant pour le groupe de Vancouver qui a annoncé dernièrement une tournée à travers le globe. D’ailleurs, pour ceux qui souhaitaient voir le groupe en concert, il faudra attendre leur prochain passage en France : leur date parisienne aux Étoiles est déjà complète ! En attendant d’avoir la chance de les voir, Mother Mother offre des titres pour pleurer, rire, danser et chanter, et ce jusqu’en son for intérieur. 


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