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cat power big thief Simon and Garfunkel Trois albums cultes
 

Le support numérique a radicalement changé les habitudes de consommation de musique. Fini l’attente d’un album pensé dans son intégralité. Bonjour le zapping, les morceaux écoutés jusqu’au refrain, l’attention perdue en moins de trois minutes et bien sûr les conditions douteuses de rémunérations pour les artistes. Pourtant, fort heureusement, à la montée des, convenons-en, bien pratiques plateformes de streaming, s’oppose un retour en puissance de l’objet vinyle. Outre son esthétisme, son très beau son, il permet de (re)découvrir dans sa totalité un album et de s’y immerger face après face. L’été ayant déjà laissé place à l’automne de cette étrange année 2021 et son timide retour à un Monde où concert est synonyme de contraintes pour ses organisateurs, une sélection de vinyle s’impose. Pour aller avec les couleurs de saison, les feuilles qui tombent et les coeurs lourds qui s’imposent à la fin de la trêve estivale, nostalgie, mélancolie et beauté seront au rendez-vous des trois oeuvres parfaites à (re)découvrir track by track ci-dessous.

Simon & Garfunkel « Bridge over Troubled Water »

Simon & Garfunkel - Bridge Over Troubled Water

Paru en 1970, cette pépite est le tout dernier album studio du duo indémodable Simon &  Garfunkel. En 1971,il remporte à juste titre cinq Grammy Awards dont celui du meilleur album. Il figure également à la 51ème place du classement des 500 plus grands albums de tous les temps établi par Rolling Stones. Si son pédigrée est si impressionnant c’est surtout parce que l’attention du duo a été portée sur la composition de chaque titre. A commencer par celui qui ouvre le bal et donne également son nom à l’album. C’est d’ailleurs Clive Davis, le patron de Columbia records qui choisit de placer ce morceau en ouverture de l’opus. Les temps ne changent pas tant que ça, puisque sa longueur (plus de 5 minutes de perfection) était déjà problématique à l’époque. Si l’on en croit le film « Presque Célèbre » de Cameron Crowe (qui avant sa carrière dans le cinéma était journaliste chez Rollin Stones), écouter Simon & Garfunkel en allumant une bougie permettrait de voir son avenir. Une très belle métaphore qui s’applique au ton folk rock de cet opus. Il faut dire que les titres emblématiques s’y enchaînent avec fluidité. A un premier morceau puissant succède « El Condor Pasa (If i could) », ses riffs aériens et sa structure aux nombreux accents envolés. Mélancolique oui mais pas toujours, la galette s’offre des temps joyeux et solaires (« Cecilia », le dansant  « Keep the Customar Satisfied », « Baby Driver », « Bye Bye Love »). L’apaisement est aussi de la partie alors que les sublimes voix des acolytes transportent leur auditeur au confins de la perfection quelque part entre un nuage planant des années 70 et une bienveillance iconique que l’on retrouve chez ces albums qui deviennent de facto vos meilleurs amis.

Big Thief  – « U.F.O.F »

Big Thief - UFOF

Trois notes à pas de velours et une voix envolée, voilà qui ouvre l’intime objet musical non identifié « U.F.O.F » chef d’oeuvre iconique du groupe américain Big Thief.  Cette prise de « Contact » plonge immédiatement l’auditeur dans un bain de bienveillance folk où tout n’est que beauté et volupté. La voix cristalline s’installe dans l’oreille, berce, virevolte. Il n’en faut pas plus pour tomber follement amoureux de la formation menée par la talentueuse Adrianne Lenker. Fondé à Brooklyn, le groupe sortait en 2016 son tout premier opus « Masterpiece ». Et si l’objet portait bien son titre, l’exigence y étant indubitablement au rendez-vous, ce troisième jet s’avère être en réalité le chef d’oeuvre ultime d’une formation qui y touche les étoiles.  Il faut attendre le deuxième titre pour découvrir le morceau « U.F.O.F » qui donne son nom à l’album. Ce single, le premier dévoilé en février 2019, allie la grâce d’une ritournelle poétique à un refrain si joliment travaillé qu’il promet de devenir un allié de force pour regarder la pluie tomber emballé dans un plaid. Chant des sirènes envoûtant qui appelle autant à l’aventure qu’à l’introspection, il précède l’immense et un brin plus entraînant « Cattails » qui fera également l’objet d’une sortie single en mai de la même année.  Sa folk aérienne y a la force des immense Moriarty, à moins que le timbre dream pop de sa chanteuse ne fasse mentir la comparaison. La légèreté et la douceur  font suite sur cette face A poétique où il est bon de se délecter de chaque note. Berceuse fabuleuse et compagnon d’aventure cosmique, il n’est pas étonnant de retrouver cet album parmi les nommés au titre de meilleur album de musique alternative au Grammy Awards 2020. La face B révèle aussi son lot de surprises à commencer par l’enivrant « Century », son refrain répétitif aux notes maîtrisées et sa beauté proche de celle de l’aurore. Il faudra tout écouter et tendre l’oreille sur « Terminal Paradise » avant de conclure sur « Magic dealer » qui embrume les yeux et les têtes comme un calumet fumé un soir de grisaille. Quand vous en aurez finit avec l’écoute, et sûrement répété sa lecture remettant inlassablement le bras sur le tout premier morceau de cette galette, il sera temps de se précipiter sur les sites de reventes de places.  Big Thief s’offre en effet une tournée française au mois de février 2021. 

Cat Power « Moon Pix »

cat power Moonshiner

Difficile de cataloguer l’iconoclaste Cat Power et ses compositions oscillant entre punk, folk et blues. Pourtant, si un mot devait effleurer la qualité de son univers, il faudrait mettre en avant son immense sensibilité. Et ce n’est pas « Moon Pix » paru en 1998 qui fera mentir l’adage. Ses sonorités profondes et mélancoliques y touchent à l’expérimentale et ce dès son exposition sur « American Flag ».  Repérée par Steve Shelley de Sonic Youth dans les années 90 alors qu’elle débarquait à New-York de son Atlanta natale, la musicienne a su s’imposer comme une figure culte, dont les qualités musicales ne peuvent être remises en doute.  De tous ces opus, « Moon Pix », le quatrième est l’un des plus encensés par la critique. Il faut dire que son prédécesseur, un brin plus grunge, lui avait déjà valu les félicitations du milieu estimant qu’elle y avait gagné en assurance. Cette fois-ci composé alors qu’elle vivait seule à la ferme et à la suite d’un état hypnagogique (état de sommeil conscient qui intervient au début de l’endormissement), il s’avère être un voyage hypnotisant, sensoriel et aussi léger qu’un murmure dans la nuit. Les titres s’y jouent avec douceur et s’y enchaînent avec aisance, quasi indissociables les uns des autres. Enregistré à Melbourne en 11 jours par la chanteuse, il est, si l’on en croit le magazine Rolling Stone, le meilleur enregistrée par la musicienne. Les notes aériennes de « Metal Heart » concluent la première face comme un secret partagé. Celui de l’écho d’une période musicale, d’une histoire aussi intime qu’universelle.  Il faudra pourtant attendre la face B pour  se plonger dans le titre « Cross Bones Style », premier single dévoilé de cette pépite qui touche à la perfection. Il pourrait être aisé en 2021, de penser un album comme une succession de singles et d’y imaginer passer aisément d’un registre à un autre. Ici, il n’en est point question tant le tout est construit comme une succession harmonieuse à l’atmosphère glaçante. « Moonshiner » se détache du lot, faisant la part belle à ses instruments sous forme de ritournelle planante et à la voix inimitable de Cat Power qui maîtrise autant ses envolées lyriques que ses chuchotements cassés. Difficile de ne pas se laisser porter, des papillons plein le ventre et des frissons parcourant  chaque millimètre de votre peau par cet objet entier que seul le format vinyle saura sublimer. Un must have pour habiller votre collection automne-hiver 2021 et prendre le temps de faire une pause au milieu de la vie qui reprend à toute allure.


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Emily Loizeau – « Renversé »

On ne présente plus la douce Emily Loizeau et ses compositions aériennes. Le 17 septembre, la musicienne sera de retour avec un  tout nouvel opus intitulé « Icare ».  Comme beaucoup d’albums en 2021, ce nouveau jet n’échappe pas à la règle et a été composé pendant le confinement et enregistré en quarantaine à Londres. Gage d’une qualité indiscutable que l’on connait à la chanteuse, il a été réalisé par John Parish connu notamment pour avoir travaillé avec PJ Harvey, Tracy Chapman ou encore Eels. Pour présenter cette galette, Emily Loizeau revient avec premier extrait « Renversé » et son clip où candeur et vie sauvage font bon ménage. Dans ce titre la chanteuse s’adresse aux  générations qui ont le pouvoir et leur demande de changer la donne pour laisser émerger un monde libre où beauté serait mot d’ordre. La beauté c’est d’ailleurs l’élément majeur qui se dégage toujours des compostions de cette musicienne accomplie. Son univers aérien allie douceur d’une voix à compositions instrumentales soignées. « Renversé » n’échappe pas à la règle et crée sous forme de comptine enivrante une épopée onirique. Le mois de septembre n’arrivera jamais assez vite.

 

Beach SCVM – Holiday

Si l’été débute sur une France déconfinée et à nouveau follement libérée, il se termine pour la troupe de Beach SCVM. La joyeuse formation profite de son « Holiday » pour parler de la fin des amours et amitiés de vacances. Le groupe toulousain biberonné au rock australien nous partage quelques rayons de soleil persistants. Et s’il devient lassant d’attendre qu’il réchauffent enfin l’Hexagone, il est toujours si bon de se les approprier  via des compositions soignées. Topo ce nouveau morceau sent bon la plage, le bronzage et de ses amours fusionnels qui n’existent que dans une atmosphère bien particulières. Sauront-ils persister malgré le retour chez soi ? Voilà tout l’enjeu des paroles de ce titre qui s’appuie sur une gimmick instrumentale répétitive pour entrer dans les esprits. Avec les accents 90’s qu’on connait à  Beach SCVM, il crée avec aisance un moment léger et pourtant parfaitement construit. En un titre  le groupe réussi le tour de force de cumuler nostalgie et entrain sans que l’un ne devienne l’anti-thèse de l’autre. Il faut dire que le groupe démarre fort en plaçant dès ses toutes premières notes une atmosphère à fleur de peau qui sent bon la candeur de l’adolescence et le sel marin. La même fraîcheur se retrouve dans ce clip solaire et sa touchante histoire d’amour à laquelle  il sera facile de s’identifier. A découvrir sans attendre !

 

Victor Solf – Utopia

Génie indéniable à la voix grave et au timbre envoûtant, l’inimitable Victor Solf est de retour. Après un premier EP en solo « Aftermath » sorti en 2020, il débarque en 2021 avec un album au titre on ne peut plus contemporain « Still. There is hope » paru au mois d’avril. Les singles forts pleuvent sans surprise sur cette galette où douceur et raffinement riment avec danse et énergie. Son dernier extrait « Utopia » ne fera pas mentir cette doctrine. Le single inscrit dans la dualité se construit sur une très belle montée en puissance. Les première notes sont si profondes qu’elles pourraient évoquer un cantique. Il faut dire que Solf manie ses intonations avec la force du gospel, ses titres sont lumineux, il fédère. Tout en dénonçant l’utopie dans laquelle on vit entre réseaux sociaux et manque de confrontations au réel, le chanteur dresse un triste constat d’une réalité beaucoup moins rose que les bulles dans lesquelles l’on s’enferme. Peut-être pour mieux les faire éclater, le chanteur prend des accents danse pop et illustre le tout par un clip coloré où liberté est synonyme de mouvement. Du grand art, comme sur chacune de ses sorties.

Alfie Templeman – Wait I lied

Génie multi-instrumentiste ayant déjà sorti 4 EPs à seulement 17 ans, rien n’arrête la tornade made in UK, Alfie Templeman. Control freak, il joue dix instruments de musique, compose et produit ses EP chez lui dans son village situé au nord du Bedfordshire. De retour en 2021 avec un mini album « Forever Isn’t Long Enough », le musicien prodige est aujourd’hui incontournable.  Pour son dernier single, il utilise les codes qu’il construit si bien sur son album : une alt-pop énergique, bien produite, carrée et enivrante.  Alfie Templeman sait injecter de la modernité dans des riffs au rétro assumés. Il sublime le tout par une voix maîtrisée et surtout un très beau sens du refrain. Aucune note n’est laissée au hasard dans la progression des morceaux de ce petit génie comme il le prouve tout au long d’un album incroyablement cohérent et qui regorge de pépites (« Hideaway », « Film Scene Daydream », « To you »). A l’instar d’une certaine Billie Eilish qui comme lui tord les codes de la pop, Alfie Templeman tape juste sur chaque titre comme sur son petit dernier « Wait I Lied », à découvrir avec son clip.

Silly Boy Blue – Teenager

Depuis qu’elle a remporté les Inouïs du Printemps de Bourges, Silly Boy Blue n’a fait que prouver titre après titre son immense talent. La pop mélancolique qu’elle porte s’avère fine, pointue, acerbe, belle comme du cristal et portée par une voix aérienne subjuguante. Le 18 juin, la musicienne accomplie dévoilait son premier album « Break up songs », une pépite écrite, introspective, à fleur de peau et portée par un véritable sens de la mélodie. Pour se dévoiler un peu plus, la chanteuse vient de sortir le clip de l’immense « Teenager », une ode qu’elle aurait souhaité entendre alors qu’elle était adolescente. De retour au lycée dans son clip, elle dévoile comme à son habitude la dose idéale de mélodies aériennes et de phrases scandées qui vont droit au coeur. Derrière une apparente timidité, Silly Boy Blue est une artiste entière, sincère, aux messages forts. La progression de « Teenager », ses boucles instrumentales, la délicatesse de son refrain en feront un hymne idéal à chanter haut et fort. Essentiel.


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Découvre l’interview de Bandit Bandit

 


Découvrez la reprise de Bonnie and Clyde de Bandit Bandit


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Midnight CassetteVoix envoûtante et grave s’invitent dès les premières notes du nouveau titre de Midnight Cassette.  Comme dans un conte l’incroyable chanteuse  Amy Winter épaulée par  les doigts de fée de ses musiciens et acolytes originaires de Lyon, la belle commence son histoire dans une murmure qui interpelle immédiatement l’oreille. Difficile de ne pas se laisser bercer par cette voix suave à mesure que cette pop onirique  s’invite et s’épaissit.

Un conte à la mélancolie bien tranchée comme le prouve la rythmique lancinante des couplets. Le refrain lui se fait ritournelle et convoque la joie tout en gardant cet esprit féerique propre à Midnight Cassette. Le groupe s’est formé suite à la rencontre de quatre musiciens qui se retrouvent dans leurs projets communs : Electric Mamba, Electric Safari, Brainbow et Gloria. Ce nouveau morceau est le second publié par le groupe et témoigne de grandes capacités musicales et  s’avère être un véritable univers coup de coeur qui ne demande qu’à s’étoffer.

Le clip s’inscrit dans la même lignée et suit le parcours d’une princesse moderne et esseulée. Poésie et humour s’y côtoient avec délicatesse. Un premier album « Castle of my heart » sera publié le 4 décembre. Un joli bijou 9 titres où rythmiques et percussions s’emballent, où la pop aérienne se sublime et prend des accents tantôt dansants tantôt apaisants aidés par un clavier maîtrisé.

Une véritable pépite à écouter en boucle en leur souhaitant de vivre heureux et d’avoir beaucoup d’albums.


Découvrez le clip de « Castle of my heart »


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