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avril 2020

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Sharp Objects

de Jean-Marc Vallée

L’histoire : 

Camille Preaker, journaliste spécialisée dans les affaires criminelles récemment libérée d’un hôpital psychiatrique après des années d’automutilation, retourne dans sa ville natale de Wind Gap, Missouri, pour enquêter sur le meurtre d’une jeune fille et sur une disparition. Elle est hébergée dans la maison de son enfance sous l’œil critique de sa mère, la mondaine Adora. Camille va devoir affronter ses vieux démons.

Pourquoi vaut-elle le détour ?

Si elle commence seulement à faire parler d’elle en France, la sublime série avec Amy Adams s’avère être l’une des séries télévisées les plus abouties et complexe vue ses dernières années.. On parle de binge-watcher, celle-ci est d’une telle qualité qu’il parait inconcevable de la regarder d’une traite sans risquer de finir le souffle coupé. Inspirée par le livre de Gillian Flynn, à qui l’on doit l’excellent “Gone Girl”, ce Sharp Objects s’aventure dans la noirceur d’une petite ville américaine, se fait le juge d’une classe aisée, l’échos de violences faites aux femmes et celle faites par des femmes. Son héroïne, Camille porte sur ses épaules les maux d’un drame passé qui l’a marquée psychologiquement et sur sa peau. Elle poursuit une quête à la fois introspective, la forçant à confronter les démons du lieu dans lequel elle a grandit , son envie de s’en émanciper  et à la fois professionnelle, enquêtant sans relâche pour découvrir le meurtrier des jeunes-filles assassinées. Alcoolique, auto-mutilée, fragile, Camille est pourtant pleine de nuances, elle porte ses démons, les affronte. Si Amy Adams livre une performance à couper le souffle (le poids de son personnage a été tel que l’actrice a catégoriquement refusé de lui prêter à nouveau ses traits dans une suite), elle donne la réplique à deux actrices tout aussi incroyable Patricia Clarkson, l’impitoyable Adora et Eliza Scanlen qui interprète la fascinante demie-soeur de Camille, Amma, une adolescente brisée et dérangée. Sharp Objects livre une ébauche sans concession d’une certaine Amérique, laisse le temps à ses personnages d’exister, nous fait découvrir des femmes brisées, de celles qui sont si réalistes que l’on pourrait les rencontrer. La fiction semble flirter avec la réalité, les angoisses y sont décuplées, intelligibles, alors que la force prend ici les traits de la faiblesse et de l’abandon de soit. Un moment télévisé essentiel dont vous ne sortirez pas indemnes.

The OA

de Brit Marling et Zal Batmanglij

the OA

 

L’histoire :

Prairie Johnson, une jeune fille aveugle adoptée, réapparaît brusquement sept ans après avoir été enlevée. Elle s’identifie désormais comme étant « L’AO » (l’Ange Originel). La disparition de sa cécité ainsi que la nature de sa disparition provoquent bien des questionnements chez les autres…

Pourquoi vaut-elle le détour ?

Difficile de parler simplement de l’OVNI The OA, l’une des plus belles propositions que Netflix ait pu apporter. Je vous parle d’un temps que les spectateurs ont peut-être déjà oublié. Puisque si aujourd’hui la célèbre plateforme fait la part belle aux séries faciles à regarder et souvent adressées aux adolescents, elle fut aussi celle qui prenait des risques en offrant des contenus à part, qu’aucun autre n’aurait su offrir. Brit Marling, créatrice de la série, parlait récemment de Prairie et plus largement du rôle de la femme dans le cinéma actuel. “Je ne veux pas du rôle de la femme forte” scandait elle alors qu’il de bon ton de proposer aux femmes des rôles badass et de leur prêter des attributs masculins. Si de fait, l’envie de montrer que les femmes peuvent aussi part d’un noble intention, faire de l’empathie et de la douceur ( des traits qui peuvent être prêtés à un grand nombre de femmes ) des attributs à gommer ne tendent pas à magnifier nos héroïnes. “Lorsque nous tuons des femmes dans nos histoires, nous ne faisons pas qu’annihiler les corps féminins sexués. Nous annihilons le féminin en tant que force, où qu’il réside – chez les femmes, chez les hommes, dans le monde naturel. Car ce que l’on veut vraiment dire quand on dit que nous voulons des rôles féminins forts, c’est ‘Donnez-moi un homme, mais dans le corps d’une femme que je veux encore voir nue” poursuit-elle.  Cette doctrine, elle l’applique dans sa série et dans l’écriture de ses personnages, variés, différents, atypiques.  The OA ne s’arrête pas à l’écriture de personnages hors-normes, sa trame narrative elle aussi regorge d’originalité et de poésie. Sa saison 1 s’avère être un magnifique acte de foi qui ne prend réellement sens que dans son dernier acte. Pour se faire, The OA s’offre même un deuxième générique alors que Prairie commence à raconter son histoire à ses disciples, de merveilleux paumés. Le spectateur croit-il en ce qu’on lui raconte alors  ? Libre à chacun de faire son chemin personnel au détour de cette fable profondément humaine. La saison 2 tout aussi magique, s’aventure au confins du fantastique, ose jusqu’à une scène mémorable de communion avec la nature (et un poulpe) prend une tournure mystique et s’offre une fin complètement inattendue. L’arrêt de la série par Netflix est une grande perte pour le monde artistique. Mais même si l’absence de fin écrite en frustrera plus d’un, le voyage lui vaut largement la peine d’être fait.

Big little Lies

de David E Kelley

BIG LITTLE LIES

L’histoire :

Madeline Martha Mackenzie est une mère de famille à la vie apparemment parfaite. Elle rencontre le jour de la rentrée Jane Chapman, la jeune mère célibataire d’un petit garçon prénommé Ziggy. Madeline lui fait rencontrer sa meilleure amie, Celeste Wright, une femme d’apparence fragile, et les trois femmes se lient d’amitié. Mais à la fin de la rentrée, un accident se produit ː Ziggy est accusé d’avoir étranglé la fille de l’une des mères les plus influentes de l’école. Cet incident, qui semble pourtant sans conséquence, va bousculer le quotidien de la petite ville de Monterey jusqu’au jour où un meurtre se produit lors d’une soirée caritative organisée par l’école.

Pourquoi vaut-elle le détour ?

Si la féminité plurielle devait être illustrée en une série, Big Little Lies pourrait être celle-ci. Outre un générique magnifique qui ne peut que séduire, le show s’offre un casting 4 étoiles réunissant Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Shailene Woodley, Alexandre Skarsgard ou encore Zoë Kravitz. Tout comme Desperate Housewives avant elle, la série s’attache à suivre l’amitié d’un groupe de femmes relativement aisées, qui courent vers un drame. Mais à l’instar de son aînée bien plus humoristique qui emprunte volontiers le chemin du soap, Big Little Lies offre avec lumière un drame savamment écrit. Les violences conjugales tout comme le viol y sont portés à l’écran avec finesse et pudeur, il en va de même du questionnement du corps adolescent, de l’envie de suivre ses convictions et ce jusqu’au bout. Les ressemblances de femmes que tout oppose, l’amitié au-delà des apparences et des classes sociales, les fragilités de la femme d’apparence fortes, les traumatismes des violences sur l’enfance, tout est ici présent. La saison 2 de la série est elle bien en dessous de sa saison 1, se perdant au détour de non intrigues et questionne sur le besoin de créer une suite face à un acte 1 parfait qui allait au bout de ses problématiques. Il n’y aura pas de saison 3 mais l’oeuvre qui est ici proposée reste une pépite qu’il faut avoir vue.

I Am not okay with this

de Jonathan Entwistle, Christy Hall

i am not okay with this

L’histoire :

Les tribulations d’une adolescente qui doit faire face à ses relations avec ses camarades de lycée. Elle doit composer aussi avec sa famille quelque peu étrange et appréhender la découverte de sa sexualité. Parallèlement, elle découvre les pouvoirs résidant au plus profond d’elle.

Pourquoi vaut-elle le détour ?

I Am not okay with this pourrait être la petite soeur de The End of the fucking world. On y retrouve le même rythme, plutôt lent, l’adolescence blasée et atypique. Pourtant cette fois ce n’est pas un couple barré qui crève l’écran mais  bien une adolescente seule interprétée par l’excellente Sophia Lillis connue pour son rôle dans ” It“.  Si la comparaison devait être faite avec une autre héroïne, Sydney pourrait largement se frotter à Carrie le personnage central du premier livre de Stephen King. Comme elle, Carrie souffre de l’absence d’un père et de difficultés à gérer un don de télékinésie qui pourrait bien être la métaphore des changements que provoquent l’adolescence. Les changements pour Sydney sont nombreux et loin d’être l’histoire horrifique d’un personnage à fleur de peau. I am not okay with this  se focalise également sur des histoires adolescentes. De son amour naissant pour sa meilleure amie, en passant par la découverte de sa sexualité, la série suit son héroïne dans son deuil, ses rapports familiaux et sa vie de lycéenne. Si l’on en croit son créateur, le père de -ho surprise –The End of the fucking world, qui s’est ici inspiré d’un roman graphique signé Charles Forsman, la série prend le parti de dévoiler les premiers pas d’une sorte de super-héroïne. Cet axe est d’ailleurs largement développé à travers de nombreuses références à la pop culture et l’univers héroïque qui est souvent cité par le personnage de Stanley Barber ( Wyatt Oleff lui aussi vu dans “It”).  Loin d’être une simple et banale origin story et l’histoire de quelqu’un qui chercherait à apprivoiser ses pouvoirs pour faire le bien, la série à l’humour noir traite avant tout la psychologie d’un personnage perdu, de ses aspirations et de ses peurs sans jouer des clichés. On y découvre une jeune-fille à fleur de peau à qui il sera aisé de s’identifier. Le genre de personnage principal dont on a besoin adolescent puisqu’il n’a pas la réponse absolue à toutes ses problèmes, qu’il doute et échoue : il est bon parfois de rappeler qu’il n’y pas de réponse absolu dans la vie, qu’on peut tous se tromper, qu’on a le droit de douter. A cela s’ajoute une scène finale mémorable et gore, clin d’oeil à notre chère Carrie et qui nous fait souhaiter une saison 2 au plus vite.

Ally McBeal

de David E Kelley

ally mcbeal

L’histoire :

Charmante, romantique, hystérique, excessive et passionnée, Ally McBeal n’en reste pas moins une brillante avocate qui défend farouchement les intérêts du Cabinet Cage & Fish en suivant ses sentiments.

Pourquoi vaut-elle le détour ?

S’il m’était demandé aujourd’hui de citer mes séries cultes, Ally McBeal serait probablement en tête du classement. C’est en regardant cette série aussi drôle que touchante que j’ai eu envie de boire mes premiers verres de Martini, mais aussi d’accepter tout ce que mon Monde imaginaire avait à offrir. Il faut dire qu’outre un humour impeccable et des blagues joliment écrites  ( certaines auront peut-être pris de l’âge), Ally McBeal s’avère être une expérience profondément humaine abordant au détour de procès incongrus des éléments tangibles auxquels on peut encore s’identifier aujourd’hui. Doit-on mentir aux enfants pour leur bien et leur faire croire au Père-Noël ? Peut-on parler d’euthanasie ? Une femme peut-elle harceler sexuellement ses collègues ? Les intrigues y sont nombreuses.  Le show tient aussi à ses personnages à commencer par son héroïne centrale : la rêveuse Ally, qui voit des bébés danser dans ses pensées, qui entend de la musique dans sa tête, romantique et sensible à l’excès. Outre cette femme au charme incroyable, nombreux sont les personnages à s’éloigner des caricatures pour mieux surprendre et se rendre attachant. Que serait le show sans l’exubérante Hélène, la secrétaire du cabinet, ses gadgets improbables, sa sexualité affirmée et son besoin de reconnaissance ? Les femmes ne sont pas les seules à y avoir des rôles marquants, John Cage, l’attachant patron d’Ally, ses bizarreries et ses chorégraphies sur Barry White resteront une ode aux atypiques et aux originaux, sublimant le grain de folie bien plus que le physique. Une série essentielle donc pour tous ceux qui aiment vivre dans leur tête mais n’oublient pas qu’un monde humain les entoure. Si un argument supplémentaire est nécessaire, il est bon de rappeler que Robert Downey Jr y joue un rôle central dans la saison 4 ( Larry Paul, l’homme idéal) et offre même une très jolie reprise de “River” de Joni Mitchell que certains auront découvert sur le tard dans “The Politician”. Rappelons également que la série met en avant la musique, le transformant en personnage central. Vonda Shepard y joue ainsi la chanteuse du piano bar que fréquente l’équipe, en tant que rôle récurent, et ce sans jamais faire autre chose que de chanter. Sting lui-même s’offre une apparition. Culte on vous dit.

Cadeau bonus, Robert Downer Jr chante “River”

 

Roswell New Mexico

de Carina Adly MacKenzie

roswell new mexico

L’histoire :

Liz Ortecho, une jeune femme née de parents migrants sans papiers, retourne à contrecoeur dans sa ville natale : Roswell. Elle y découvre alors que son amour de jeunesse, Max, désormais policier, est un extraterrestre ayant caché ses origines et ses pouvoirs toute sa vie. Tandis qu’ils se rapprochent à nouveau l’un de l’autre, une violente attaque prouve que les aliens sont bien plus présents sur Terre que le monde ne l’imaginait…

Pourquoi vaut-elle le détour ? 

Au milieu de cette liste, ce reboot de Roswell fait office, à juste titre de plaisir coupable. Ecrit par l’une des scénaristes de The Originals, on y retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès et les aberrations de Vampire Diaries. La fratrie soudée par exemple qui s’exprime en se criant dessus en permanence, les amours torturés, le surnaturel qui va au-delà du logique, la petite ville américaine, tous les ingrédients sont ici réunis. Son aînée, Roswell, bien qu’ayant eu à son actif peu de saisons, avait su rester culte dans le coeur de fans. Cette nouvelle version s’avère bien différente et profite des années 2020 pour faire de son héroïne une chercheuse en biologie ( ou quelque chose de scientifique dans cet esprit).  Elle est aussi le prétexte à aborder avec une certaine simplicité la question du racisme anti-mexicains qui sévit aux Etats-Unis. Outre le personnage de liz qui est serveuse et scientifique et qui, malgré son absence de pouvoirs aliens est loin de jouer le rôle de la demoiselle en détresse, une intrigue permet de faire ressortir cette série pyjama de son lot. En effet, la question de l’avortement y est traitée de façon non jugeante pour le personnage qui souhaite y avoir recours quitte à se mettre en danger. Un écho aux avortements clandestins, assez rare dans l’univers de la série américaine (ou du film) qui ne l’envisage jamais comme une option en cas de grossesse non désirée. A cela on peut ajouter la thématique du traumatisme de guerre ou de l’homophobie. Aucun de ces thèmes ne sont aborder avec finesse, on en convient mais le tout reste un moment plaisant à apprécier comme un show adolescent mettant en scène des adultes.

Skam (version Norvégienne Original)

de Julie Andem

skam

L’histoire :

La série suit la vie quotidienne des adolescents de la Hartvig Nissens skole (no) (l’école Hartvig Nissen) à Oslo. Chaque saison suit un personnage différent, Eva pour la première, Noora dans la deuxième, Isak dans la troisième et enfin Sana dans la quatrième et dernière. Les téléspectateurs peuvent suivre les personnages de la série sur Instagram ou Facebook et rester en contact avec eux. Tout au long de la semaine, différentes scènes de l’épisode suivant ainsi que des SMS envoyés entre les personnages sont postés en ligne sur le site web officiel de Skam en temps réel. L’épisode complet, diffusé chaque vendredi sur NRK3, est une compilation de clips postés précédemment.

Pourquoi vaut-elle le détour ?

En France, le reboot de Skam connait un immense succès auprès surtout d’un public adolescent.  Pourtant sa version originale norvégienne est bien mieux écrite et bien plus intéressante à suivre que la longue liste de versions ré-écrite pour chaque pays ayant acheté ses droits ( Italie, USA, Allemagne … tous ont leur version de SKAM ).  Ce qui fait la saveur de ce matériel d’origine n’est autre que sa grande capacité à toucher le réel et à s’approcher au maximum de la vie d’adolescents norvégiens. On y découvre le Russefeiring, célébration de la dernière année de lycée qui consiste à louer/ acheter des bus par groupe d’étudiants pour y faire des fêtes énormes où l’alcool coule à flot. Sur les quatre saisons que comporte la série, trois ont pour personnages centraux des femmes. La saison 3, elle, porte à l’écran la romance entre Isak et Even, en profitant pour parler de la découverte de son homosexualité et créant ainsi l’une des plus jolies histoires d’amour destinées aux adolescents vues sur petits écrans. Si les trois premières saisons ont cette candeur lycéennes qui pourrait bien donner un élan de nostalgie à tous ceux qui ont leur bac en poche depuis maintenant trop longtemps, la saison 4 s’avère tout particulièrement pertinente en raison de son personnage central : Sana. Jeune fille musulmane au caractère bien trempée, amie fidèle qui porte fièrement son voile, son histoire parle avec une dose de vérité bienvenue de ses déboires adolescents, de ses différences, de son envie de s’intégrer en restant fidèle à ce qu’elle est. Alors que l’alcool coule à flot, alors que le regard de l’autre est un enjeu à cet âge charnière, Sana elle, ne boit pas, respecte ses traditions  religieuses sans souhaiter se détacher de celles de la Norvège. Elle fait des erreurs comme tout le Monde. Une scène particulièrement pertinente reste le centre de cette saison alors qu’Isak et elle discutent ensemble de leurs différences et des rejets liés aux clichés.  Ainsi sont mis dans une même discussion les difficultés d’un jeune-homme gay et d’une jeune-femme musulmanes à vivre dans la société actuelle. La version original de Skam, clairement écrite pour coller à la réalité profite d’une finesse bienvenue et apporte son lot de fraîcheur. Pas étonnant donc que beaucoup de pays aient souhaités la réadapter en y ajoutant leurs codes culturels. La seule chose regrettable est donc son nombre de saisons limité, il y avait encore beaucoup à dire.

Sense8

de Lilly et Lana Wachowski

Sense8

L’histoire :

Huit individus éparpillés aux quatre coins du monde sont connectés par une soudaine et violente vision. Désormais liés, ils se retrouvent capables du jour au lendemain de se voir, de se sentir, de s’entendre et de se parler comme s’ils étaient au même endroit, et ainsi accéder aux plus sombres secrets des uns et des autres. Les huit doivent dès lors s’adapter à ce nouveau don, mais aussi comprendre le pourquoi du comment. Fuyant une organisation qui veut les capturer, les tuer ou faire d’eux des cobayes, ils cherchent quelles conséquences ce bouleversement pourrait avoir sur l’humanité.

Pourquoi vaut-elle le détour ?

La série écrite par les soeurs Wachowski est un véritable bijoux d’humanisme et d’empathie. Sa saison 1  donnait à l’évolution humaine sa plus belle dimension et offrant de véritables axes de réflexion sur nos différences et nos ressemblances. S’il est une série qui met de côté les genres de ses personnages c’est bien celle-ci tant elle s’évertue à rappeler que qu’importe nos origines, notre sexe, notre sexualité, une communion est possible entre tous les hommes. Parmi nos protagonistes, les personnages féminins ont tous leurs forces, et profitent d’une écriture sensible. Sun, la Sud-coréenne a une force mentale et une capacité à se battre sans limite pour autant ses fragilités, ses douleurs sont souvent portées à l’écran. Le personnage de Lito, l’acteur mexicain expérimente les règles d’une des sensitives dans une  scène hilarante. Son ami Dani, elle, est la représentation de fans girls qui prennent plaisir à suivre les relations amoureuses. Elle est savamment écrite, jamais tournée en ridicule. Noomi est une femme trans tout comme l’actrice qui l’interprète. En plus de former avec Amanita l’un des plus beaux couples du show, la sensibilité de ses pensées, ses épreuves permettent de la comprendre et invitent ainsi le spectateur à revoir sa vision de la transexualité, loin des clichés et balayant au passage toute forme d’intolérance. L’indienne Kala aborde la question du mariage arrangé et se révèle dans sa douceur et sa discrétion. Riley, la Dj torturée unie son clan tout en faisant face à ses démons et est la clés de scènes magnifiques où la musique règne. Sense8 est un spectacle indispensable tout comme son propos. Son arrêt brutal est une grande perte pour le monde du petit écran. Reste à revoir ses deux saisons en boucle en en gardant la substantifique moelle.


the oa octopus

Lettre ouverte à Netflix suite à l’annulation de The OA

Cher Netflix,   Sache que comme la plupart des internautes de 2019, tu m’es précieux.…

sense8

J’ai vu le dernier épisode de Sense8 et voilà pourquoi ce chef d’oeuvre méritait d’être renouvelé

(sans spoils du final) Sense8. Ces quelques lettres ont fini en quelques années par devenir…

The End of the Fucking world

The End of the Fucking world: Suis-moi, je te tue ( critique de la série de Netflix dont tout le monde parle)

Si tu es un peu sur les réseaux sociaux, que tu as des potes qui…

Après l’avoir interviewé en février dernier autour de son œuvre et de sa carrière globale, Rodolphe Burger, ex leader de Kat Onoma ayant entamé une carrière solo en 1998 avec à l’heure actuelle plus d’une dizaine d’albums à sa discographie, revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec un premier extrait de son nouvel album ENVIRONS, prévu pour le mois de juin prochain. C’est le clip du titre « Bleu Bac » que le chanteur/guitariste a décidé de dévoiler, premier morceau d’un projet qu’il décrit comme étant « le plus libre de sa carrière ». Enregistré comme toujours dans son studio en Alsace, ENVIRONS est un album dont l’artiste est particulièrement fier, né de la volonté de pas s’arrêter en si bon chemin suite au précédent album, déjà excellent : GOOD. Rodolphe Burger nous avait confié être retourné en studio peu de temps après la tournée de GOOD pour enregistrer ce nouvel album accompagné de Sarah Murcia et Chistophe Calpini, une formation avec laquelle il avoue ressentir une alchimie particulière :

  Concernant le nouvel album, je dirais qu’il y a eu l’envie de ne pas s’arrêter en si bon chemin. On a ainsi passé des moments magnifiques dans ce studio. On travaille incroyablement sans s’en rendre compte, c’est un immense plaisir. Le disque s’est fait de cette manière-là, sans que je me pose de questions de cohérence, en m’abandonnant totalement au désir du moment. Je me suis retrouvé avec des morceaux extrêmement disparates (à retrouver dans notre entretien de février juste ici)

 

 Le morceau « Bleu Bac » sonne comme un grand retour, original, différent, et toujours aussi envoûtant. Rodolphe Burger semble n’avoir rien perdu de son indéniable talent, ici entraîné sur un terrain à la fois connu et étranger. Tout de suite nous le devinons, c’est bel et bien Rodolphe Burger que l’on entend là chanter des paroles extravagantes, accompagné d’un son de guitare que l’on reconnaît parmi des centaines dans une mélodie douce et obsédante. Pourtant, le morceau est de couleur nouvelle, il porte avec lui une chaleur, le sentiment d’un bien-être baigné dans la rêverie, une grâce communicative. Le morceau s’élève vers un horizon marqué par la sérénité. Voilà ce que « Bleu Bac » a de si magique : il nous fait entendre un Rodolphe Burger heureux et épanoui, non pas qu’il ne l’était pas auparavant, mais ici encore plus éclatant. Un premier morceau qui nous convainc déjà pleinement tant l’artiste parvient à y déployer tout ce qui le définit, en même temps qu’il se réinvente à travers une élégance sonore des plus belles et maîtrisées, épaulée par une mise en son toujours aussi exigeante.

Cette grâce musicale se transmet à l’écran, à travers un clip qui parvient à capter l’atmosphère délicate et rêveuse. Réalisé par Fred Poulet, le clip de « Bleu Bac » met en scène l’artiste dans les coulisses d’une salle de spectacle avant qu’il ne rejoigne la scène sur laquelle il est à la fois le comédien et musicien. Dans un dédale de couloirs menant à la scène, la caméra suit l’artiste dans un mouvement léger et fluide, avec plusieurs travellings à la limite du plan séquence. C’est la préparation du comédien, encore quelques coups de maquillage avant son entrée, même s’il est déjà en scène via l’objectif de la caméra. Cette dernière passe ensuite de l’autre côté, celui du public spectateur. La scène qui se joue devant nous est une danse en duo, faite de rouge et de blanc, Rodolphe Burger emporté par les mouvements gracieux et voilés de sa partenaire. C’est le rêve qui le tient et le guide, comme un pantin. Un rêve éveillé. De l’autre côté de la scène, en tant que musicien, l’artiste semble plus à l’aise, non plus pantin mais bien maître de la musique. Fred Poulet parvient à mêler une élégance visuelle à celle musicale, dans une esthétique soignée et à travers de magnifiques plans, afin de créer un nouvel espace-temps donnant l’ampleur nécessaire à Rodolphe Burger et à sa musique pour s’exprimer et marquer son retour.

Nous n’avons plus qu’une hâte : découvrir l’album dans son intégralité ! (en réalité nous avons eu la chance de l’écouter en avant-première et nous l’avons trouvé extraordinaire). Soyez patients, cela vaut le coup.

By Léonard Pottier

Entretien avec Rodolphe Burger : pensées sur son œuvre et sur le rock.

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6 artistes de rock indépendant qui valent le détours et leurs albums qu’il faut écouter

Il fait beau dehors, il fait chaud,  mais nous voilà confinés dans notre salon.  Pour…

Album après Album #Week 2 : quelques oeuvres musicales extraordinaires à écouter pendant son confinement

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Album après album #3. Quoi de mieux en cette période si particulière que de dédier son temps libre à la découverte ? Certainement l’une des choses les plus stimulantes de notre existence. Chercher… Découvrir… Ne pas s’accommoder à quelconque confort, mais toujours se trouver dans un état d’esprit d’ouverture au monde, d’élargissement culturel, afin de faire jaillir un sentiment de satisfaction nous donnant l’impression de nous construire en même temps que notre cercle s’élargit. Voilà ce dont nous avons tous besoin, même sans nous en rendre forcément compte. Et quel moment plus adapté que celui que nous vivons en ce moment, confinés, à l’heure où absolument tout est disponible en ligne depuis chez soi !

Pour cette cinquième semaine (déjà !) de confinement, où les esprits s’échauffent et où le ras le bol général légitime commence à gagner de plus en plus de foyers (ce qui n’est pas une raison pour sortir davantage), beaucoup privés de toute forme d’épanouissement et gagnés par un ennui profond, il est grand temps de vous proposer l’épisode 3 de notre série consacrée à la découverte d’albums que nous tiennent à cœur, pour essayer de remonter le moral à ceux qui en ont besoin mais aussi pour vous faire voyager parmi des atmosphères diverses et uniques. Ces albums, choisis chaque semaine avec attention, comme nous le répétons à chaque fois, ne sont ni des classiques mondialement connus, ni des œuvres enfouies et secrètes inconnues de tous et de toutes. Ils font partie d’un juste milieu, entre évidence et confidentialité. Somme toute des classiques pour tous ceux qui voudront bien les reconnaître comme tel ! Il se peut évidemment que vous les connaissiez déjà, et c’est dans ce cas la parfaite occasion pour vous replonger dedans si l’envie vous prend. Cette semaine, ce sont deux albums intervenant tous deux à la fin d’une décennie que nous avons choisi de vous présenter.

 

ALbum n°1:  A WAY OF LIFE  (SUICIDE)

Troisième projet du duo le plus revêche de la musique moderne, A Way of life est avant tout une expérience unique en son genre, sans doute moins brutale et plus accessible que ne l’était déjà leur premier album, sorti en 1977, sobrement intitulé Suicide, météorite indescriptible ayant laissé une trace majeure sur toute la production musicale qui suivra, mais du moins toute aussi fulgurante. Dix ans séparent A Way of Life de Suicide, et le groupe composé d’Alan Vega et de Martin Rev ne semble pas avoir vieilli d’une ride. Au contraire, leur musique semble s’être dotée ici de nouvelles textures et profondeurs.  C’est un peu moins nerveux, tout aussi hypnotisant, et un peu plus abordable. Il y a toujours cette force spectaculaire, ce remue-ménage incessant et ce sentiment d’avant-garde qui se dégage de leur art, jamais soumis à quelconques formes de composition mais toujours attaché à l’enchère et à l’excès, jusqu’au point d’épuiser ses auditeurs. Oui, Suicide est une épreuve, faite de synthés primitifs, de répétitions et d’un chant aussi tortueux que bagarreur, crée par des mecs à l’attitude plus virulente que n’importe quel autre punk, mouvement auquel ils affirment d’ailleurs appartenir, sans que leur musique s’inscrive pour autant dans aucun genre particulier tant elle peut être rattachée à une multitude de styles variés : électro, rock, musique minimaliste, techno, new beat…  (ayons tout de même en tête qu’Alan Vega a eu l’envie de créer Suicide après avoir assisté à un concert des Stooges en 1969, précurseurs du mouvement punk). Mais c’est une épreuve nécessaire qui aura un fort impact sur votre manière de concevoir la musique, tant elle englobe tout un tas d’idéaux liés à une certaine forme de production et de composition : primaire, directe, violente, brutale, sauvage… Du rock à l’état pur, privé de tout artifices.

L’album attaque directement dans le dur, avec un « Wild in Blue » rugueux et revêche, sorte d’apothéose d’un savoir-faire ici totalement mûr, transcendé par un Alan Vega au plus haut de son intensité. Il ne chante pas, il donne son corps, son esprit et son âme à la musique qui rugit dans une répétition frénétique indomptable. Ce morceau est l’un des sommets de Suicide, tant il témoigne d’une démonstration de force de haute voltige qui vient assurer au groupe un retour réussi. Car on le sait déjà en écoutant ce premier morceau, l’album sera une claque.

La suite se gâte d’ailleurs avec des morceaux terriblement entêtants, dont les rythmiques et les mélodies aussi minimalistes que sauvages, comme on en a l’habitude avec le duo, trouvent une profondeur supplémentaire qu’auparavant, grâce à une production certes moins rentre-dedans mais davantage nébuleuse et inquiétante. L’album brille par sa maitrise tandis que sa noirceur prend constamment le dessus avec des compositions magistrales (« Rain of Ruin », « Dominic Christ »). C’est un concentré pur d’animosité, quelque chose d’à la fois terrifiant et sublime, de sombre et de lumineux… Bien que moins direct que le premier album, A Way of Life intègre plus de basse, plus de punch et s’affirme comme une œuvre à part et singulière, d’autant plus que deux morceaux en particulier retiennent notre attention, l’un pour sa beauté organique : « Surrender », une sorte de balade futuriste élevée par un cœur féminin des plus saisissants, et l’autre pour sa vivacité, « Jukebox Babe 96 », une sorte de rockabilly moderne sous drogue teinté de sonorités de l’espace.

A Way of Life est un bijou de la musique moderne, une œuvre grandiose qui continue encore aujourd’hui à faire effet et à influencer la production actuelle.

 

DOUBLE DOSE  (HOT TUNA)

Quittons maintenant l’univers tumultueux de Suicide pour s’intéresser à notre deuxième album de la semaine, Double Dose, un double album (d’où le titre) live de Hot Tuna, une musique plus classique et moins sauvage que celle de Suicide et qui, pourtant, procure elle aussi une belle claque à son écoute. Hot Tuna est un groupe américain composé de deux anciens membres de Jefferson Airplane : Jack Casady (basse) et Jorma Kaukonen (guitare) dont l’idée de départ est celle de jouer plusieurs classiques du blues réarrangé à leur manière. Leur premier projet, sorti en 1970, s’intitule Hot Tuna, un album live entièrement acoustique très réussi dans lequel ils interprètent principalement des reprises de blues. Double Dose intervient huit années plus tard, en 1978, et sonne comme l’aboutissement de leur travail, ici éclatant et concentré en un double album particulièrement jubilatoire. Malgré sa longueur (1h20), Double Dose n’admet aucun soupir et file tout du long à une vitesse éclair. Pas le temps de s’ennuyer une seconde, l’album est parfaitement construit et dosé, si bien que l’on se surprend à en redemander une dose lorsqu’il se termine. Les quatre premiers morceaux sont acoustiques et d’une beauté frappante, animés par la voix sensuelle de Jorma Kaukonen et son fluide jeu de guitare. La suite est entièrement électrique, un long chemin sans trêve, une continuelle avancée dans le merveilleux univers du blues, ici au meilleur de sa forme, allié à un rock fulgurant pour nous faire comprendre que ce dernier tire ses racines de là, du blues. Le rock et son essence même se joue dans nos oreilles. On y entend une musique traditionnelle à laquelle on a insufflé une intensité supplémentaire, un son détonant. Les morceaux sont d’une évidence implacable. Tout coule de source.

Double Dose a en réalité deux qualités principales qui lui permet de briller autant : des morceaux simples et terriblement efficaces, quelques-uns étant des reprises de certains classiques du blues (« Talking ‘bout you » de Chuck Berry ou encore « I can’t be satisfied » de Muddy Waters), ainsi que des musiciens fabuleux, dont la maitrise du rythme est ici primordiale. Tout ça élevé par une prise de son impeccable. Que faut-il de plus ?

« Funky #7 », en tant qu’ouverture du deuxième CD, donne directement la couleur : Double Dose ne passe pas par quatre chemins, il va à l’essentiel, prenant source à travers une musique aussi riche que complète et l’entraînant dans un tourbillon de guitare à la sauce rock’n’roll assumée. C’est net, c’est précis, c’est sublime.

By Léonard Pottier

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Le 15 octobre 2019, le trio le plus british de Paris, Alexandr, revenait un force avec un second EP rock aux sonorités 90’s, “Surrender”.  Un beau succès dans la scène rock française indé, largement salué par la critique.  Un second clip, extrait de cette galette, “Neon” avait par ailleurs été dévoilé au mois de mars de l’an de grâce apocalyptique 2020.

Privés de concerts, comme toute l’industrie musicale qui subit aujourd’hui de plein fouet le confinement, Alexandr ne compte pas s’arrêter de jouer pour autant. Alors que nos frontières sont aujourd’hui fermées avec le Royaume-Unis, le groupe a décidé d’offrir aux lecteurs de Popnshot une ballade Outre-Manche et ce, sans bouger de leurs canapés. Qui pouvait se douter que ce meuble habituellement dédié aux séries télévisées serait depuis le mois de mars, le centre de nos vies ? Cette vie qui a plus que jamais besoin de culture pour s’oxygéner. Ainsi chacun sur le sien, les compères se sont unis pour te faire vivre en exclusivité une très belle session acoustique de son morceau “The Race”. Viens l’écouter et faire le plein de jolis frissons avant de retourner à tes très nombreuses activités d’intérieur, du télétravail au rangement, en passant par tes cours de cuisine en ligne, ton matage intensif de Netflix ou encore ton envie de tout simplement regarder par la fenêtre en pyjama, chacun tient le coup comme il peut. Amour, musique et beaucoup de courage à toi.

 

Découvre la session canapé exclusive de “The Race” d’Alexandr

 

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