Sharp Objects

de Jean-Marc Vallée

L’histoire : 

Camille Preaker, journaliste spécialisée dans les affaires criminelles récemment libérée d’un hôpital psychiatrique après des années d’automutilation, retourne dans sa ville natale de Wind Gap, Missouri, pour enquêter sur le meurtre d’une jeune fille et sur une disparition. Elle est hébergée dans la maison de son enfance sous l’œil critique de sa mère, la mondaine Adora. Camille va devoir affronter ses vieux démons.

Pourquoi vaut-elle le détour ?

Si elle commence seulement à faire parler d’elle en France, la sublime série avec Amy Adams s’avère être l’une des séries télévisées les plus abouties et complexe vue ses dernières années.. On parle de binge-watcher, celle-ci est d’une telle qualité qu’il parait inconcevable de la regarder d’une traite sans risquer de finir le souffle coupé. Inspirée par le livre de Gillian Flynn, à qui l’on doit l’excellent “Gone Girl”, ce Sharp Objects s’aventure dans la noirceur d’une petite ville américaine, se fait le juge d’une classe aisée, l’échos de violences faites aux femmes et celle faites par des femmes. Son héroïne, Camille porte sur ses épaules les maux d’un drame passé qui l’a marquée psychologiquement et sur sa peau. Elle poursuit une quête à la fois introspective, la forçant à confronter les démons du lieu dans lequel elle a grandit , son envie de s’en émanciper  et à la fois professionnelle, enquêtant sans relâche pour découvrir le meurtrier des jeunes-filles assassinées. Alcoolique, auto-mutilée, fragile, Camille est pourtant pleine de nuances, elle porte ses démons, les affronte. Si Amy Adams livre une performance à couper le souffle (le poids de son personnage a été tel que l’actrice a catégoriquement refusé de lui prêter à nouveau ses traits dans une suite), elle donne la réplique à deux actrices tout aussi incroyable Patricia Clarkson, l’impitoyable Adora et Eliza Scanlen qui interprète la fascinante demie-soeur de Camille, Amma, une adolescente brisée et dérangée. Sharp Objects livre une ébauche sans concession d’une certaine Amérique, laisse le temps à ses personnages d’exister, nous fait découvrir des femmes brisées, de celles qui sont si réalistes que l’on pourrait les rencontrer. La fiction semble flirter avec la réalité, les angoisses y sont décuplées, intelligibles, alors que la force prend ici les traits de la faiblesse et de l’abandon de soit. Un moment télévisé essentiel dont vous ne sortirez pas indemnes.

The OA

de Brit Marling et Zal Batmanglij

the OA

 

L’histoire :

Prairie Johnson, une jeune fille aveugle adoptée, réapparaît brusquement sept ans après avoir été enlevée. Elle s’identifie désormais comme étant « L’AO » (l’Ange Originel). La disparition de sa cécité ainsi que la nature de sa disparition provoquent bien des questionnements chez les autres…

Pourquoi vaut-elle le détour ?

Difficile de parler simplement de l’OVNI The OA, l’une des plus belles propositions que Netflix ait pu apporter. Je vous parle d’un temps que les spectateurs ont peut-être déjà oublié. Puisque si aujourd’hui la célèbre plateforme fait la part belle aux séries faciles à regarder et souvent adressées aux adolescents, elle fut aussi celle qui prenait des risques en offrant des contenus à part, qu’aucun autre n’aurait su offrir. Brit Marling, créatrice de la série, parlait récemment de Prairie et plus largement du rôle de la femme dans le cinéma actuel. “Je ne veux pas du rôle de la femme forte” scandait elle alors qu’il de bon ton de proposer aux femmes des rôles badass et de leur prêter des attributs masculins. Si de fait, l’envie de montrer que les femmes peuvent aussi part d’un noble intention, faire de l’empathie et de la douceur ( des traits qui peuvent être prêtés à un grand nombre de femmes ) des attributs à gommer ne tendent pas à magnifier nos héroïnes. “Lorsque nous tuons des femmes dans nos histoires, nous ne faisons pas qu’annihiler les corps féminins sexués. Nous annihilons le féminin en tant que force, où qu’il réside – chez les femmes, chez les hommes, dans le monde naturel. Car ce que l’on veut vraiment dire quand on dit que nous voulons des rôles féminins forts, c’est ‘Donnez-moi un homme, mais dans le corps d’une femme que je veux encore voir nue” poursuit-elle.  Cette doctrine, elle l’applique dans sa série et dans l’écriture de ses personnages, variés, différents, atypiques.  The OA ne s’arrête pas à l’écriture de personnages hors-normes, sa trame narrative elle aussi regorge d’originalité et de poésie. Sa saison 1 s’avère être un magnifique acte de foi qui ne prend réellement sens que dans son dernier acte. Pour se faire, The OA s’offre même un deuxième générique alors que Prairie commence à raconter son histoire à ses disciples, de merveilleux paumés. Le spectateur croit-il en ce qu’on lui raconte alors  ? Libre à chacun de faire son chemin personnel au détour de cette fable profondément humaine. La saison 2 tout aussi magique, s’aventure au confins du fantastique, ose jusqu’à une scène mémorable de communion avec la nature (et un poulpe) prend une tournure mystique et s’offre une fin complètement inattendue. L’arrêt de la série par Netflix est une grande perte pour le monde artistique. Mais même si l’absence de fin écrite en frustrera plus d’un, le voyage lui vaut largement la peine d’être fait.

Big little Lies

de David E Kelley

BIG LITTLE LIES

L’histoire :

Madeline Martha Mackenzie est une mère de famille à la vie apparemment parfaite. Elle rencontre le jour de la rentrée Jane Chapman, la jeune mère célibataire d’un petit garçon prénommé Ziggy. Madeline lui fait rencontrer sa meilleure amie, Celeste Wright, une femme d’apparence fragile, et les trois femmes se lient d’amitié. Mais à la fin de la rentrée, un accident se produit ː Ziggy est accusé d’avoir étranglé la fille de l’une des mères les plus influentes de l’école. Cet incident, qui semble pourtant sans conséquence, va bousculer le quotidien de la petite ville de Monterey jusqu’au jour où un meurtre se produit lors d’une soirée caritative organisée par l’école.

Pourquoi vaut-elle le détour ?

Si la féminité plurielle devait être illustrée en une série, Big Little Lies pourrait être celle-ci. Outre un générique magnifique qui ne peut que séduire, le show s’offre un casting 4 étoiles réunissant Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Shailene Woodley, Alexandre Skarsgard ou encore Zoë Kravitz. Tout comme Desperate Housewives avant elle, la série s’attache à suivre l’amitié d’un groupe de femmes relativement aisées, qui courent vers un drame. Mais à l’instar de son aînée bien plus humoristique qui emprunte volontiers le chemin du soap, Big Little Lies offre avec lumière un drame savamment écrit. Les violences conjugales tout comme le viol y sont portés à l’écran avec finesse et pudeur, il en va de même du questionnement du corps adolescent, de l’envie de suivre ses convictions et ce jusqu’au bout. Les ressemblances de femmes que tout oppose, l’amitié au-delà des apparences et des classes sociales, les fragilités de la femme d’apparence fortes, les traumatismes des violences sur l’enfance, tout est ici présent. La saison 2 de la série est elle bien en dessous de sa saison 1, se perdant au détour de non intrigues et questionne sur le besoin de créer une suite face à un acte 1 parfait qui allait au bout de ses problématiques. Il n’y aura pas de saison 3 mais l’oeuvre qui est ici proposée reste une pépite qu’il faut avoir vue.

I Am not okay with this

de Jonathan Entwistle, Christy Hall

i am not okay with this

L’histoire :

Les tribulations d’une adolescente qui doit faire face à ses relations avec ses camarades de lycée. Elle doit composer aussi avec sa famille quelque peu étrange et appréhender la découverte de sa sexualité. Parallèlement, elle découvre les pouvoirs résidant au plus profond d’elle.

Pourquoi vaut-elle le détour ?

I Am not okay with this pourrait être la petite soeur de The End of the fucking world. On y retrouve le même rythme, plutôt lent, l’adolescence blasée et atypique. Pourtant cette fois ce n’est pas un couple barré qui crève l’écran mais  bien une adolescente seule interprétée par l’excellente Sophia Lillis connue pour son rôle dans ” It“.  Si la comparaison devait être faite avec une autre héroïne, Sydney pourrait largement se frotter à Carrie le personnage central du premier livre de Stephen King. Comme elle, Carrie souffre de l’absence d’un père et de difficultés à gérer un don de télékinésie qui pourrait bien être la métaphore des changements que provoquent l’adolescence. Les changements pour Sydney sont nombreux et loin d’être l’histoire horrifique d’un personnage à fleur de peau. I am not okay with this  se focalise également sur des histoires adolescentes. De son amour naissant pour sa meilleure amie, en passant par la découverte de sa sexualité, la série suit son héroïne dans son deuil, ses rapports familiaux et sa vie de lycéenne. Si l’on en croit son créateur, le père de -ho surprise –The End of the fucking world, qui s’est ici inspiré d’un roman graphique signé Charles Forsman, la série prend le parti de dévoiler les premiers pas d’une sorte de super-héroïne. Cet axe est d’ailleurs largement développé à travers de nombreuses références à la pop culture et l’univers héroïque qui est souvent cité par le personnage de Stanley Barber ( Wyatt Oleff lui aussi vu dans “It”).  Loin d’être une simple et banale origin story et l’histoire de quelqu’un qui chercherait à apprivoiser ses pouvoirs pour faire le bien, la série à l’humour noir traite avant tout la psychologie d’un personnage perdu, de ses aspirations et de ses peurs sans jouer des clichés. On y découvre une jeune-fille à fleur de peau à qui il sera aisé de s’identifier. Le genre de personnage principal dont on a besoin adolescent puisqu’il n’a pas la réponse absolue à toutes ses problèmes, qu’il doute et échoue : il est bon parfois de rappeler qu’il n’y pas de réponse absolu dans la vie, qu’on peut tous se tromper, qu’on a le droit de douter. A cela s’ajoute une scène finale mémorable et gore, clin d’oeil à notre chère Carrie et qui nous fait souhaiter une saison 2 au plus vite.

Ally McBeal

de David E Kelley

ally mcbeal

L’histoire :

Charmante, romantique, hystérique, excessive et passionnée, Ally McBeal n’en reste pas moins une brillante avocate qui défend farouchement les intérêts du Cabinet Cage & Fish en suivant ses sentiments.

Pourquoi vaut-elle le détour ?

S’il m’était demandé aujourd’hui de citer mes séries cultes, Ally McBeal serait probablement en tête du classement. C’est en regardant cette série aussi drôle que touchante que j’ai eu envie de boire mes premiers verres de Martini, mais aussi d’accepter tout ce que mon Monde imaginaire avait à offrir. Il faut dire qu’outre un humour impeccable et des blagues joliment écrites  ( certaines auront peut-être pris de l’âge), Ally McBeal s’avère être une expérience profondément humaine abordant au détour de procès incongrus des éléments tangibles auxquels on peut encore s’identifier aujourd’hui. Doit-on mentir aux enfants pour leur bien et leur faire croire au Père-Noël ? Peut-on parler d’euthanasie ? Une femme peut-elle harceler sexuellement ses collègues ? Les intrigues y sont nombreuses.  Le show tient aussi à ses personnages à commencer par son héroïne centrale : la rêveuse Ally, qui voit des bébés danser dans ses pensées, qui entend de la musique dans sa tête, romantique et sensible à l’excès. Outre cette femme au charme incroyable, nombreux sont les personnages à s’éloigner des caricatures pour mieux surprendre et se rendre attachant. Que serait le show sans l’exubérante Hélène, la secrétaire du cabinet, ses gadgets improbables, sa sexualité affirmée et son besoin de reconnaissance ? Les femmes ne sont pas les seules à y avoir des rôles marquants, John Cage, l’attachant patron d’Ally, ses bizarreries et ses chorégraphies sur Barry White resteront une ode aux atypiques et aux originaux, sublimant le grain de folie bien plus que le physique. Une série essentielle donc pour tous ceux qui aiment vivre dans leur tête mais n’oublient pas qu’un monde humain les entoure. Si un argument supplémentaire est nécessaire, il est bon de rappeler que Robert Downey Jr y joue un rôle central dans la saison 4 ( Larry Paul, l’homme idéal) et offre même une très jolie reprise de “River” de Joni Mitchell que certains auront découvert sur le tard dans “The Politician”. Rappelons également que la série met en avant la musique, le transformant en personnage central. Vonda Shepard y joue ainsi la chanteuse du piano bar que fréquente l’équipe, en tant que rôle récurent, et ce sans jamais faire autre chose que de chanter. Sting lui-même s’offre une apparition. Culte on vous dit.

Cadeau bonus, Robert Downer Jr chante “River”

 

Roswell New Mexico

de Carina Adly MacKenzie

roswell new mexico

L’histoire :

Liz Ortecho, une jeune femme née de parents migrants sans papiers, retourne à contrecoeur dans sa ville natale : Roswell. Elle y découvre alors que son amour de jeunesse, Max, désormais policier, est un extraterrestre ayant caché ses origines et ses pouvoirs toute sa vie. Tandis qu’ils se rapprochent à nouveau l’un de l’autre, une violente attaque prouve que les aliens sont bien plus présents sur Terre que le monde ne l’imaginait…

Pourquoi vaut-elle le détour ? 

Au milieu de cette liste, ce reboot de Roswell fait office, à juste titre de plaisir coupable. Ecrit par l’une des scénaristes de The Originals, on y retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès et les aberrations de Vampire Diaries. La fratrie soudée par exemple qui s’exprime en se criant dessus en permanence, les amours torturés, le surnaturel qui va au-delà du logique, la petite ville américaine, tous les ingrédients sont ici réunis. Son aînée, Roswell, bien qu’ayant eu à son actif peu de saisons, avait su rester culte dans le coeur de fans. Cette nouvelle version s’avère bien différente et profite des années 2020 pour faire de son héroïne une chercheuse en biologie ( ou quelque chose de scientifique dans cet esprit).  Elle est aussi le prétexte à aborder avec une certaine simplicité la question du racisme anti-mexicains qui sévit aux Etats-Unis. Outre le personnage de liz qui est serveuse et scientifique et qui, malgré son absence de pouvoirs aliens est loin de jouer le rôle de la demoiselle en détresse, une intrigue permet de faire ressortir cette série pyjama de son lot. En effet, la question de l’avortement y est traitée de façon non jugeante pour le personnage qui souhaite y avoir recours quitte à se mettre en danger. Un écho aux avortements clandestins, assez rare dans l’univers de la série américaine (ou du film) qui ne l’envisage jamais comme une option en cas de grossesse non désirée. A cela on peut ajouter la thématique du traumatisme de guerre ou de l’homophobie. Aucun de ces thèmes ne sont aborder avec finesse, on en convient mais le tout reste un moment plaisant à apprécier comme un show adolescent mettant en scène des adultes.

Skam (version Norvégienne Original)

de Julie Andem

skam

L’histoire :

La série suit la vie quotidienne des adolescents de la Hartvig Nissens skole (no) (l’école Hartvig Nissen) à Oslo. Chaque saison suit un personnage différent, Eva pour la première, Noora dans la deuxième, Isak dans la troisième et enfin Sana dans la quatrième et dernière. Les téléspectateurs peuvent suivre les personnages de la série sur Instagram ou Facebook et rester en contact avec eux. Tout au long de la semaine, différentes scènes de l’épisode suivant ainsi que des SMS envoyés entre les personnages sont postés en ligne sur le site web officiel de Skam en temps réel. L’épisode complet, diffusé chaque vendredi sur NRK3, est une compilation de clips postés précédemment.

Pourquoi vaut-elle le détour ?

En France, le reboot de Skam connait un immense succès auprès surtout d’un public adolescent.  Pourtant sa version originale norvégienne est bien mieux écrite et bien plus intéressante à suivre que la longue liste de versions ré-écrite pour chaque pays ayant acheté ses droits ( Italie, USA, Allemagne … tous ont leur version de SKAM ).  Ce qui fait la saveur de ce matériel d’origine n’est autre que sa grande capacité à toucher le réel et à s’approcher au maximum de la vie d’adolescents norvégiens. On y découvre le Russefeiring, célébration de la dernière année de lycée qui consiste à louer/ acheter des bus par groupe d’étudiants pour y faire des fêtes énormes où l’alcool coule à flot. Sur les quatre saisons que comporte la série, trois ont pour personnages centraux des femmes. La saison 3, elle, porte à l’écran la romance entre Isak et Even, en profitant pour parler de la découverte de son homosexualité et créant ainsi l’une des plus jolies histoires d’amour destinées aux adolescents vues sur petits écrans. Si les trois premières saisons ont cette candeur lycéennes qui pourrait bien donner un élan de nostalgie à tous ceux qui ont leur bac en poche depuis maintenant trop longtemps, la saison 4 s’avère tout particulièrement pertinente en raison de son personnage central : Sana. Jeune fille musulmane au caractère bien trempée, amie fidèle qui porte fièrement son voile, son histoire parle avec une dose de vérité bienvenue de ses déboires adolescents, de ses différences, de son envie de s’intégrer en restant fidèle à ce qu’elle est. Alors que l’alcool coule à flot, alors que le regard de l’autre est un enjeu à cet âge charnière, Sana elle, ne boit pas, respecte ses traditions  religieuses sans souhaiter se détacher de celles de la Norvège. Elle fait des erreurs comme tout le Monde. Une scène particulièrement pertinente reste le centre de cette saison alors qu’Isak et elle discutent ensemble de leurs différences et des rejets liés aux clichés.  Ainsi sont mis dans une même discussion les difficultés d’un jeune-homme gay et d’une jeune-femme musulmanes à vivre dans la société actuelle. La version original de Skam, clairement écrite pour coller à la réalité profite d’une finesse bienvenue et apporte son lot de fraîcheur. Pas étonnant donc que beaucoup de pays aient souhaités la réadapter en y ajoutant leurs codes culturels. La seule chose regrettable est donc son nombre de saisons limité, il y avait encore beaucoup à dire.

Sense8

de Lilly et Lana Wachowski

Sense8

L’histoire :

Huit individus éparpillés aux quatre coins du monde sont connectés par une soudaine et violente vision. Désormais liés, ils se retrouvent capables du jour au lendemain de se voir, de se sentir, de s’entendre et de se parler comme s’ils étaient au même endroit, et ainsi accéder aux plus sombres secrets des uns et des autres. Les huit doivent dès lors s’adapter à ce nouveau don, mais aussi comprendre le pourquoi du comment. Fuyant une organisation qui veut les capturer, les tuer ou faire d’eux des cobayes, ils cherchent quelles conséquences ce bouleversement pourrait avoir sur l’humanité.

Pourquoi vaut-elle le détour ?

La série écrite par les soeurs Wachowski est un véritable bijoux d’humanisme et d’empathie. Sa saison 1  donnait à l’évolution humaine sa plus belle dimension et offrant de véritables axes de réflexion sur nos différences et nos ressemblances. S’il est une série qui met de côté les genres de ses personnages c’est bien celle-ci tant elle s’évertue à rappeler que qu’importe nos origines, notre sexe, notre sexualité, une communion est possible entre tous les hommes. Parmi nos protagonistes, les personnages féminins ont tous leurs forces, et profitent d’une écriture sensible. Sun, la Sud-coréenne a une force mentale et une capacité à se battre sans limite pour autant ses fragilités, ses douleurs sont souvent portées à l’écran. Le personnage de Lito, l’acteur mexicain expérimente les règles d’une des sensitives dans une  scène hilarante. Son ami Dani, elle, est la représentation de fans girls qui prennent plaisir à suivre les relations amoureuses. Elle est savamment écrite, jamais tournée en ridicule. Noomi est une femme trans tout comme l’actrice qui l’interprète. En plus de former avec Amanita l’un des plus beaux couples du show, la sensibilité de ses pensées, ses épreuves permettent de la comprendre et invitent ainsi le spectateur à revoir sa vision de la transexualité, loin des clichés et balayant au passage toute forme d’intolérance. L’indienne Kala aborde la question du mariage arrangé et se révèle dans sa douceur et sa discrétion. Riley, la Dj torturée unie son clan tout en faisant face à ses démons et est la clés de scènes magnifiques où la musique règne. Sense8 est un spectacle indispensable tout comme son propos. Son arrêt brutal est une grande perte pour le monde du petit écran. Reste à revoir ses deux saisons en boucle en en gardant la substantifique moelle.


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Lettre ouverte à Netflix suite à l’annulation de The OA

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