Perdrix : Poésie(s) nue(s)

Swann Arlaud et Maud Wyler dans Perdrix
Copyright Pyramide Distribution

Après avoir enchanté la Quinzaine des Réalisateurs lors du Festival de Cannes 2019, le premier film d’Erwann Le Duc, Perdrix, était projeté dans le cadre du Club 300 d’Allociné avant sa sortie prévue le 14 août 2019. L’occasion pour Pop&Shot de se faire une idée sur cette comédie amoureuse portée par Swann Arlaud, Maud Wyler, Fanny Ardant et Nicolas Maury. Critique

Perdix : De quoi ça parle ?

Maud Wyler et Swann Arlaud dans Perdrix
Copyright Pyramide Distribution

Pierre Perdrix vit des jours agités depuis l’irruption dans son existence de l’insaisissable Juliette Webb. Comme une tornade, elle va semer le désir et le désordre dans son univers et celui de sa famille, obligeant chacun à redéfinir ses frontières, et à se mettre enfin à vivre.

Ainsi, de prime abord, la trame de Perdrix se présente comme celle de n’importe quelle comédie romantique.  Le personnage principal voit son quotidien bouleversé par l’arrivée de ce qui va devenir son love interest et qui va remettre en cause ce qu’il croyait établi jusque là. Le canevas est rodé depuis l’age d’or des comédies romantiques dans les années 1990. Pour se démarquer donc, il faudra donc innover soit sur la forme, soit sur le fond. Et justement c’est là que Perdrix se distingue…

Car on ne sait pas forcément à quoi s’attendre quand on se rend compte que la comédie amoureuse mettra en scène un capitaine de gendarmerie dépassé (Swann Arlaud), une grande voyageuse perdue( Maud Wyler), une animatrice radio qui n’émet quasiment que pour elle( Fanny Ardant), un biologiste fan de lombrics qui peine à transmettre sa passion ( Nicolas Maury) mais aussi un groupuscule d’activistes nudistes et un tank garé en double file devant la gendarmerie ! Le tout dans des paysages vosgiens  mis en valeur par la caméra d’Erwann Le Duc. La première qualité de ce premier film est très clairement de dynamiter nos attentes. Mais pour quel résultat ?

Perdrix : Est ce que c’est bien ? 

La famille Perdrix au grand complet incarnée par Fanny Ardant, Nicolas Maury, Patience Munchenbach et Swann Arlaud
Copyright Pyramide Distribution

Au rayon des qualités de Perdrix, tout d’abord il y a son ton ainsi que sa façon de manier l’humour. Sortant du sentier battu du commun de la production comique tricolore, la comédie amoureuse surprend dès le début en s’attelant à user de l’absurde et du loufoque pour dépeindre sa galerie de personnages croquignolette. Mais toujours avec bienveillance et tendresse. Il ne s’agit pas de rire d’eux ni avec eux mais bien d’égayer à intervalles réguliers la progression des personnages tout au long du film.

En effet, une autre grosse qualité de Perdrix est la sensibilité qui émane de la comédie amoureuse du début jusqu’à la fin. Loin d’un prétexte à une succession de gags loufoques, doucement, délicatement, sans forcément s’y attendre, le film nous parle du plus noble des sentiments, l’amour, à travers l’évolution de chacun des membres de la tribu Perdix. L’amour d’un gendarme moteur (pas forcément) contre son gré d’une famille dysfonctionnelle pour une jolie tornade qui vient chambouler le quotidien de sa torpeur vosgienne. L’amour que continue de porter une mère de famille au souvenir d’un mari décédé depuis de très nombreuses années. L’amour d’un père célibataire pour sa fille adolescente qu’il couve et qui est d’ores et déjà plus mature que lui.

Sans dévoiler les péripéties qui animent la petite ville de province dans laquelle on trouve tout aussi bien un groupe de nudistes révolutionnaires que des soldats d’opérette cherchant le chemin de leur champ de bataille fantasmée, comme dans toute bonne histoire, les personnages principaux vont évoluer. L’arrivée de la truculente Juliette Webb ( Maud Wyler) va ainsi pousser, pour différentes raisons les membres de la famille Perdrix ( Swann Arlaud, Nicolas Maury, Fanny Ardant et Patience Muchenbach) à sortir de leur zone de confort et à s’affirmer mais aussi et surtout accepter. Accepter qui ils sont et ce qu’ils désirent. Il est particulièrement bien trouvé, par exemple, que la situation bascule définitivement entre les personnages de Maud Wyler et de Swann Arlaud, une fois qu’ils se seront mis à nu en se déclamant leurs portraits respectifs au visage l’un de l’autre.

Un esprit chagrin pourrait toujours dire que, malgré tout, l’enjeu principal, dissimulé sous quelques effet que ce soit, reste quand même, au bout du compte et pour l’essentiel, de savoir si personnage principal 1 finira avec personnage principal 2 et comment il va y parvenir. Mais on ne pourra qu’apprécier l’originalité le ton et le joli message du film. Une belle petite pépite tricolore que cette comédie amoureuse qu’est Perdrix.

 

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *