Kevin Heartbeats revient en force après la sortie de son EP Debt Level Alright en 2023, avec deux nouveaux morceaux « what have u done » et « just a noise ». Ces deux titres marque l’annonce d’un nouvel EP, Goofball Aeternum, qui sortira la 28 juin prochain.
Goofball Aeternum se distingue de son grand frère par une atmosphère plus pop et lumineuse, comme en témoigne sa pochette pour le moins… surréaliste. Mais, à l’instar de Debt Level Alright, derrière cette esthétique colorée se cachent des thèmes beaucoup plus sombres qu’il n’y parait. Il y est question, notamment, de deuil et de réflexions sur la société moderne.
« what have u done » est une idée née en 2018, initialement intitulée « Olympe ». Ce morceau a été retravaillé, co-produit et co-écrit avec Simon Gaspar et Lili, anciens membres du groupe stéphanois, La Belle Vie.
Et le 31 mai, Kevin Heartbeats a également dévoilé un nouveau morceau, « just a noise ». Cette chanson aborde le sentiment que l’on ressent à la réalisation de la fin d’une histoire. Elle parle de l’arrêt des ruminations et de la mélancolie qui sont souvent les derniers liens nous reliant à ce que l’on a perdu. « just a noise » évoque la difficulté de lâcher prise et de rompre définitivement avec ces derniers attachements, en décrivant ce que Kévin appelle « le manque du manque ».
Ce nouvel EP représente un chapitre brillant pour Kevin Heartbeats. La production plus lumineuse de Goofball Aeternum, témoigne d’un musicien plus confiant et assuré. L’EP montre l’artiste en pleine évolution, prêt à explorer de nouveaux sons tout en restant fidèle à ses racines bedroom pop.
Goofball Aeternum sort le 28 juin prochain. Pour les plus impatients d’entre vous, Kevin Heartbeats jouera ses nouveaux morceaux le 6 juin prochain en première partie de Bibi Club au Pop Up Du Label!
Solidays approche à grands pas ! À quelques semaines du festival le plus engagé de tous, Solidays promet comme chaque année un moment festif autour d’une programmation…
Willie J Healey est de ces artistes que l’on rencontre rarement. Moins d’un an après la sortie de son troisième album Bunny, le chanteur Anglais se lançait en…
Willie J Healey au Point Ephémère @Pénélope Bonneau Rouis
Si vous avez bon goût, vous avez sûrement déjà vu Willie J Healey. Que ce soit en première partie de Florence + The Machine ou de Arctic Monkeys. L’artiste préféré de votre artiste préféré.e jouait sa première tête d’affiche en Europe ce jeudi 16 mai au Point Ephémère. Un moment aussi intime que puissant. Reportage.
Il fait encore jour sur le Quai de Valmy, bercé par l’eau verte d’une Seine dans laquelle on nous a promis la baignade d’ici un mois… La terrasse bondée vibre au rythme d’un printemps qui a pris son temps pour arriver…
There’s a reason to smile!
À 21h, Willie J Healey apparait sur scène, sourire aux lèvres, bonnet rouge vif sur la tête. Les premières notes de « I Woke Up Smiling » démarrent. Et nous avons tous une raison de sourire car ce soir, c’est la première date de sa première tournée européenne en tête d’affiche. Et c’est la France qui l’accueille!
Paris est un peu vide en ce mois de mai, toujours dévastateur en terme de jours fériés, mais cela n’a pas empêché un public d’admirateurs de se rassembler pour cette première date symbolique. Healey, accompagné de seulement deux musiciens au lieu du quintet habituel livre une performance aussi intense qu’intimiste.
Willie J Healey au Point Ephémère @Pénélope Bonneau Rouis
Un Concert intimiste
La communion entre Willie J Healey et son public est palpable dès les premières notes. Dans la salle, tous les regards ont un éclat particulier ; une admiration mêlée à une certitude d’assister aux débuts d’un grand artiste en France. Un moment doux et privilégié à l’aube d’un succès prometteur.
Dans la salle, des cris fusent, des requêtes de chansons, des encouragements… Des anglais se sont immiscés dans le public, ils sont plus revendicatifs que nos cher.es compatriotes… Le public français ayant toujours été connu pour son flegme en concert, c’est une véritable inversion des rôles à laquelle on assiste. Manquerait plus que les anglais manifestent.
TROIS ALBUMS PROMEtTEURS
C’est dans le cadre de la promotion de son dernier album que cette tournée a eu lieu. Bunny sorti en août 2023 est une pépite ensoleillée aux inspirations des années 70s. Un genre que Willie J Healey affectionne tout particulièrement et n’avait jusqu’alors jamais trop exploité. Joli développement que celui de Healey qui d’album en album s’affirme et se délie, exprimant un potentiel artistique remarquable.
Willie J Healey – Point Ephémère @Pénélope Bonneau Rouis
Willie J Healey au Point Ephémère @Pénélope Bonneau Rouis
Willie J Healey au Point Ephémère @Pénélope Bonneau Rouis
Willie J Healey au Point Ephémère @Pénélope Bonneau Rouis
La setlist se constituait donc autant de morceaux de People and their dogs, de TwinHeavy que de Bunny. Le florilège est réussi, le public est transi. Pendant une heure de concert, Healey se déchaine sur scène et laisse éclater sa passion et sa bonne humeur. Sa voix est rauque, empreinte de toutes les émotions d’un artiste emporté et consumé par son art ; sa gestuelle, frénétique, son bonnet toujours aussi rouge et on ne comprend pas trop comment il fait pour le garder sur la tête au vu de la chaleur.
CLAP DE FIN
Au bout d’une heure de concert tristement courte, Willie J Healey quitte la scène. L’ultime morceau « We Should Hang » porte la soirée à son paroxysme. Sa voix est mise à nue, aussi vulnérable que puissante. Dans la salle, le public est charmé, attentif à chacun de ses mouvements.
Willie J Healey a ainsi prouvé qu’il n’était pas seulement l’artiste préféré de nos artistes préféré.es mais un talent à part entière. Sa première date fut une réussite et on ne peut lui souhaiter qu’une belle progression.
Willie J Healey au Point Ephémère @Pénélope Bonneau Rouis
Le 24 Avril, le dernier bijou de Luca Guadagnino, Challengers, sort en salles en France. Avec Zendaya, Josh O’Connor et Mike Faist, le film suit un triangle amoureux sur…
La semaine la plus attendue de l’année pour les professionnel.les de la musique approche à grands pas. En effet, le Printemps de Bourges 2024 ouvrira les portes de…
Depuis près de 20 ans, la scène folk irlandaise est bercée par un groupe mystique, unique : Lankum. Nourri par la tradition, mais audacieux dans ses expérimentations, Lankum séduit un public de plus en plus large avec sa musique envoûtante et ses paroles poignantes. Leur concert parisien au Trabendo au mois de février 2024 affichait d’ailleurs complet. Retour sur ce groupe d’exception.
À LA CROISÉE DES TRADITIONS
Lankum, anciennement connu sous le nom de Lynched, a été formé à Dublin, au début des années 2000. Composé de Cormac MacDiarmada, Radie Peat, Daragh Lynch et Ian Lynch, Lankum puise ses inspirations dans la musique irlandaise. Le nom du groupe fait d’ailleurs référence à une ballade folklorique traditionnelle, False Lankum, dans laquelle il est question d’un homme assassinant une femme et son enfant. Bien hanté que ce nouveau départ.
Lankum invente donc son univers grâce à des mélodies puisées dans ses racines avec l’amour du pays qui les a vu naître, pour autant il ne se contente pas de simplement reproduire des classiques. Au contraire, le groupe réinvente, réinterprète et se réapproprie ces chansons avec une touche contemporaine, mêlant des éléments folks, expérimentaux et même carrément punk. Leur son unique se caractérise par ses arrangements complexes, ses harmonies vocales hypnotiques et l’utilisation d’instruments locaux tels que le uillean pipes, le tin whistle, et le bouzouki.
L’héritage des Pogues
Au-delà de leur virtuosité, Lankum se distingue par leurs paroles engagées et poignantes. Leurs chansons abordent des thèmes universels tels que l’amour, la perte, la justice sociale et la lutte contre l’injustice. Le groupe n’hésite pas à donner une voix aux marginalisés et à critiquer les structures aux pouvoir, tout en célébrant la beauté et la résilience de l’âme humaine.
Il est chose aisée que d’associer un groupe de folk irlandaise, aux géants que sont les Pogues. Mais il y a quelque chose de résolument plus sombre chez Lankum, un soupçon de macabre et de caverneux. Lors de leur concert au Trabendo, quel plaisir ce fut que de les entendre reprendre « The Old Man Drag ». Ian Lynch était d’ailleurs vêtu d’un tee shirt à l’effigie du regretté Shane McGowan pour l’occasion.
Soirée champêtre au Trabendo
Assister à un concert de Lankum est une véritable expérience en soit. Véritable voyage qui nous fait dépasser les frontières, à nous autres, parisien.nes dont la douceur folklorique de la musique irlandaise nous évoque davantage des contrées relativement lointaines qu’un refrain familier. Les mélodies traditionnelles se mêlent à des improvisations audacieuses. Les quatre membres assis tout au long du concert créent ainsi une atmosphère intime et puissante qui nous transporte dans une transe.
Lankum au Trabendo @Pénélope Bonneau Rouis
Lankum au Trabendo @Pénélope Bonneau Rouis
Lankum au Trabendo @Pénélope Bonneau Rouis
Lankum au Trabendo @Pénélope Bonneau Rouis
Un groupe inoubliable
Lankum incarne la quintessence de la musique folk irlandaise du XXIème siècle. Leur fusion audacieuse de tradition et d’innovation, associée à leurs paroles puissantes, fait d’eux un groupe remarquable dans le paysage musical actuel. Que vous soyez admirateur de la musique irlandaise ou un auditeur avide de nouvelles expériences sonores, Lankum offre une expérience musicale inoubliable.
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Josh O’Connor et Alec Secāreanu dans God’s Own Country de Francis Lee (2017)
En 2017, Francis Lee dévoilait son premier long-métrage, God’s Own Country. On y suit l’histoire de Johnny Saxby, un fermier vivant dans le Yorkshire avec son père invalide et sa grand-mère. L’arrivée de Gheorghe, un fermier roumain venu aider sur la ferme, va chambouler son existence. Joli conte sur la découverte de soi et de l’amour, God’s Own Country est une petite perle à ne pas rater.
Brokeback, broken heart
Dans les faits, oui, God’s Own Country peut faire penser à Brokeback Mountain mais version campagne anglaise. La nature omniprésente, la ferme, deux hommes qui y tombent amoureux et se découvrent une tendresse qu’ils s’ignoraient… oui, là-dessus, les thèmes peuvent être similaires. Mais God’s Own Country ne pouvait être plus différent de Brokeback Mountain. Là où ce dernier évoque un secret honteux qui ne peut que se terminer en drame, God’s Own Country évoque une quête identitaire et la découverte de l’amour.
Johnny (Josh O’Connor) travaille dans la ferme de son père (Ian Hart). Sa grand-mère (Gemma Jones), étant trop âgée pour s’occuper des bêtes, et son père désormais invalide après un AVC, ne peuvent plus travailler sur la ferme, laissant ainsi toute la responsabilité au fils.
Vivant une existence désolante, où il ne semble trouver plaisir nulle part, Johnny s’adonne à des étreintes brutales et frénétiques avec des hommes qu’il abandonne aussi vite après. Les scènes sont explicites, presque mécaniques. Il se refuse tout contact d’intimité, ne semblant même pas y penser.
L’éducation sentimentale
C’est l’arrivée de Gheorghe (Alec Secāreanu) qui pose l’élément déclencheur. Immigré roumain venu chercher du travail en Angleterre, il est embauché pour aider Johnny à s’occuper de la ferme. Dès lors, c’est tout un jeu d’observation qui commence entre les deux hommes. Johnny semble fasciné par la sensibilité de Gheorghe dans sa manière de s’occuper des agneaux.
Leur histoire d’amour commence brutalement, initiée par Johnny, toujours aussi gauche et agressif dans son rapport aux autres. Gheorge reprend la main, l’apaise. Et dans l’une des scènes d’amour les plus touchantes de ces dernières années, il lui apprend la tendresse. Sans vouloir citer Florent Pagny, il lui apprend à aimer, la douceur et la passion. Pour la première fois, Johnny trouve une raison de vivre, plutôt que de simplement subsister.
Un film d’une grande justesse
La beauté du scénario réside dans l’évolution du personnage de Johnny qui se découvre petit à petit. Josh O’Connor, que vous avez sûrement pu voir dans The Crown ou plus récemment dans LaChimera d’Alice Rohrwacher, y est troublant de sincérité. Peu bavard, brutal, il évoque ces vies minuscules (à la Pierre Michon, bien entendu), oubliées, ayant abandonné toute espérance. Le jeu est naturaliste, tel les glaneuses de Millet, la famille attrape de la vie ce qu’il en reste.
Les dialogues, très épars, laissent place à l’observation, aux regards, aux respirations. Tout est dit mais pas énoncé. À nous de traduire et de comprendre. Chaque acteur délivre ses émotions avec une justesse à nous en tirer des larmes. Et pourtant, ça se termine bien! Quelque chose de pas si fréquent dans le cinéma queer.
Josh O’Connor et Alec Secāreanu dans God’s Own Country de Francis Lee (2017)
Masculinité ébranlée
God’s Own Country, c’est un peu l’histoire de son réalisateur, Francis Lee, qui a dû choisir entre sa vie à la ferme et intégrer une école de cinéma. Ayant grandi à proximité de la localisation du film, il voulait raconter son histoire, celle d’être un homme gay au beau milieu du Yorkshire.
C’est une bien belle description de la masculinité que Francis Lee nous peint là. Oscillant entre la vulnérabilité mal contenue et une tentative de dominance bancale où les émotions tapissent les conversations bâteaux sur la gestion de la ferme, Johnny incarne ces hommes auprès desquels Francis a grandi. Et puis bon, on en a tous connu un, non ?
Par ailleurs, le film ne place pas l’homosexualité au centre de l’intrigue, ni n’en fait un élément central. C’est un fait. Le terme n’est jamais mentionné, à part pour d’occasionnels « faggot » ou « freak », employés par Gheorghe ou Johnny, le sourire aux lèvres. Subtil détournement d’insultes homophobes laissant entendre des « I love you » sous cape. God’s Own Country n’est pas tant un film sur la découverte et l’acceptation de son homosexualité, que la volonté de s’extirper de sa condition. L’orientation sexuelle ne semble être la cause de la déréliction de personne ici. Pour Gheorghe comme pour Johnny, la rencontre de l’autre était l’impulsion nécessaire pour vivre leur vie comme ils l’entendent.
God’s Own Country (2017)
Joli conte qu’est God’s Own Country. Il serait difficile d’en dire plus sans en éventer le plaisir du visionnage. Sorti un peu avant le géant Call Me By Your Name du grand Luca Guadagnino (dont le prochain film, Challengers, a pour acteur principal… Josh O’Connor!), God’s Own Country est peut-être passé un peu à la trappe. La campagne anglaise n’a pourtant pas à rougir face au soleil envoûtant de l’Italie des années 80. Car ici, personne n’abuse de personne et aucun acteur n’a été accusé de cannibalisme…
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