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Julia Escudero

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les eclatantesIl fait froid, très froid, et les fêtes approchent à grands pas. Avec cette période de l’année, le rythme des concerts va fortement diminuer. Alors avant de marquer une courte pause, une dernière soirée est de mise. Et pas n’importe laquelle puisque les Eclatantes est de retour à la Cité des Sciences  et de l’Industrie de Paris et  promet un moment plus que mémorable.

Au programme de ce vendredi 16 décembre : des concerts, la visite de la Cité des Sciences  et de l’Industrie mais aussi de nombreuses activités à expérimenter et vivre de 20 heures à 1 heures 30 du matin. Détaillons ensemble ce très beau programme.

Les concerts

Concert Cité des sciences
Crédits : R Thenaday

Quasi Qui

Nouvelle signature Microqlima ( le label de l’Impératice), le groupe se produira en live ce soir-là pour interpréter ses rythmiques grooves à la limite de la french touch.

Molécule

Le petit génie de l’électro qui aime a voyager et vivre des expériences hors normes ( du Groeland à l’Océan Atlantique Nord) pour composer sera de la partie pour un set hallucinant et puissant.

Agoria

Influencé par la scène de Détroit et le House américaine, le lyonnais navigue entre jazz, techno, hip hop et house et clôturera la soirée.

Expériences et activités

Les eclatantes cité des sciences
Crédits : R thenaday

Les Eclatantes prévoient en marge des concerts de nombreuses activités pour peupler cette soirée :

  • Un stand de gravure de vinyles pour repartir avec son 45 tours
  • Un parcours de mini golf lumineux
  • Une expérience immersive au planétarium avec une fête des couleurs et des sons, Archéoastronomie maya : Observateurs de l’Univers fait le tour de 6 temples mayas : San Gervasio, Chichen Itzá, Uxmal, Edzná, Palenque et Bonampak.
  • Des courses avec des karts XXL
  • La visite des expositions temporaires et permanentes ainsi que des ateliers et médiations scientifiques
  • Des quizz sur les sciences insolites
  • Un Just Dance Challegne
  • Un ping pong revisité
  • De la pétanque
  • et l’Aéroplume : la découverte d’un vol à l’équilibre invitant le public à s’envoler en battant des ailes pour mieux découvrir la Cité des Sciences à 10 mètres du sol

Pour vivre tout ça et faire une énorme fête hors-norme avant de profiter des fêtes de fin d’année, il ne vous reste plus qu’à réserver vos places ici.


Pour quiconque s’intéresse au cinéma d’horreur, l’année 2022 aura été marquée en sa fin par quelques noms. En premier lieu, le succès du Box Office Smile, mais aussi  X, Terrifier 2 et celui qui nous intéresse ici Barbarian de Zach Cregger. Jugé comme l’un des meilleurs de l’année, le film disponible sur Disney + n’a pas manqué d’attirer l’attention, pour son rythme entre temps de stress intense, scènes gores et cassures de rythme. Est-il à la hauteur de ce qu’on a pu en lire ? On vous raconte.

Barbarian afficheBarbarian de quoi ça parle ?

Se rendant à Détroit pour un entretien d’embauche, Tess se retrouve à louer un « Airbnb » le temps de son séjour. Mais lorsqu’elle arrive tard dans la nuit, elle découvre que la demeure est déjà occupée et qu’un homme étrange du nom de Keith y séjourne déjà… Malgré la gêne, elle décide résignée d’y passer la nuit, les hôtels des environs étant complets. Mais réveillée dans son sommeil par des sons mystérieux, Tess va s’embarquer malgré elle dans une série de découvertes terrifiantes…

Barbarian est-ce que c’est bien ?

Pour ses premiers pas en solo à la réalisation Zach Cregger n’a pas choisi le chemin de la facilité mais plutôt celui du métrage qui sème des pistes pour mieux se jouer de son spectateur. Le moins que l’on puisse dire est que le mieux est encore d’appréhender le film en en sachant le moins possible pour se laisser intriguer, séquence après séquence.

It’s a man’s world

Barbarian disney +En tête de liste de ses nombreuses qualités, on pourra facilement noter la cohérence dans les réactions des personnages. Neve Campbell le décrivait à merveille dans « Scream », le premier, le seul : c’est fatiguant de toujours regarder une nunuche courir s’enfermer dans sa chambre au lieu de se tirer de chez elle. Point de ça ici, puisque notre personnage principale Tess (Georgina Campbell) n’a de cesse d’être sur ses gardes, de se méfier et de jouer la carte de la prudence en toute circonstance.

Sur le sujet, le film va d’ailleurs bien plus loin puisqu’il étire de façon très ouverte la thématique de la masculinité toxique, du prédateur, des dangers à être une femme seule dans nuit et même plus loin de l’agression sexuelle. Sans être un film d’horreur à thème comme le public en raffole chez Jordan Peele par exemple, « Barbarian »  est loin de jouer la simple carte du jeu de jump scares et de massacre mais a bien un sous-titre à l’engagement certain dans ses tiroirs. Pour personnifier les travers d’Hollywood post Me Too, AJ, le personnage de Justin Long, apporte une dose d’humour, d’antipathie et de la chaire fraiche au film. En tant qu’homme du cinéma véreux, il sera d’ailleurs celui qui exprimera à haute voix la question que certains hommes dénués de scrupules se posent « Suis-je une bonne personne qui a fait de mauvaises choses ? » pour mieux y répondre très peu de temps après. De l’intriguant mais toujours charmant Bill Skasgard au redoutable Richard Brake, les portraits des hommes qui se succèdent autour de Tess sont pluriels mais évoquent toujours  cette question, la femme doit-elle constamment se méfier et tenter de survivre ? Mais aussi la femme pourrait-elle aussi devenir le prédateur passant du statut de victime à celui de bourreau ?En plus de pousser les questionnements sur le sujet, le film évoque aussi brièvement le question d’une police déconnectée, aux propos violents qui ne juge que sur l’apparence et s’avère bien peu utile pour agir quand cela est nécessaire. De même les quartiers défavorisés, les clichés sur l’apparence sont de la partie.

Descente aux enfers

Au-delà de ses questions très actuelles, le gros de Barbarian se concentre sur sa thématique horrifique et joue de tous ses ressorts pour créer des moments de tensions glaçants. Un sous-sol et ses horreurs, des couloirs sombres dans lesquels il est impossible de voir la menace approcher, des sursauts. Sans rien inventer l’œuvre a l’étoffe de l’immense The Descent et sait tout aussi bien que lui jouer sur la carte de la claustrophobie et de l’horreur. Trois scènes particulièrement gores viennent étayer le tableau qui préfère pourtant garder certaines de ses idées les plus sombres hors champs voir carrément comme de simples sous-entendus. Le tout permet de maintenir le spectateur sous tension pendant les trois quart d’un film rondement mené. D’autant que Cregger se permet d’improbables ellipses, changeant de propos quand l’envie de savoir est la plus forte pour mieux tenir en haleine son spectateur qui attend impatiemment d’en savoir plus. Excellent conteur, il donne à chacune de  ses sous intrigues, loin d’être toutes horrifiques, un véritable intérêt et une belle ampleur. Stephen King le disait, il faut aimer ses personnages ( mais parfois aussi aimer les détester) pour mieux se laisser prendre au jeu de la peur. Ici, comme dans un livre, le film prend le temps, et ce à tout moment, de se poser pour raconter ses protagonistes et leur donner un contexte qui rend le tout hautement cohérent.

C’est peut-être dans sa troisième moitié qu’il vient le plus à souffrir de la barre qu’il avait jusque là placé trop haut. Puisque les explications, raisons et le véritable danger qui rôde en sous-terrain plient parfois sous la coupe d’un angle grand guignol qui à force de se vouloir trop glaçant finit par frôler le surnaturel pour ne pas dire le ridicule. Mais qu’importe si quelques propos s’égarent de la belle trajectoire lancée ( coucou le besoin d’être une mère à tout prix quelques soient les circonstances) tant le récit tendu comme un fil saura faire frissonner même le plus averti des spectateurs. Il sera aussi aisé de comparer le film à un autre succès horrifique bien connu : Don’t Breath. Sauf que, celui-ci jouant sur un boggey man sur-homme et une violence adolescente, se perdait constamment pour mieux manquer à toutes ses promesses. Se permettant même parfois de descendre ses instants de tensions pour les rendre glauques oui, mais pour ceux qui frissonnent très facilement. Point de ça avec notre Barbare qui jamais ne flanche et ose tout jusqu’à la création d’un personnage qui a autant de panache visuel que la dernière scène de l’incontournable Rec.

Parfait dans ses premiers temps, le film se détache complètement d’un paysage horrifique actuelle qui avait fort besoin d’une touche de nouveauté de propos mais aussi d’horreur simplement, seulement, grandement. En ça, en sa réalisation précise et carrée, en son jeu d’acteurs bien fait, le métrage est bien l’une des plus belles pépites de l’année et promet des nuits à se perdre dans un labyrinthe de frissons.


C’est en 2019 que Bagarre publiait son dernier album tout simplement nommé « 2019-2019 ». La pandémie les aura mis à l’arrêt forcé. Aujourd’hui la formation est bien décidée à retourner dans le club et prépare un nouvel opus pour l’an prochain. De passage au MaMA Festival & Convention, nous avons pu rencontrer les 5 indomptables avant un show déjanté à la Machine du Moulin Rouge. On a pu parler évolution de la vie nocturne, prévention, manifestations, Twich, crise du Covid, amour, engagement. Un moment vraiment « super » à découvrir.

MaMA-Festival_Bagarre-Paris_2022
Bagarre – MaMA 2022 – Crédit photo : Louis Comar

Popnshot : Cyril tu t’es cassé  le bras récemment, déjà est-ce que ça va mieux ?

Maître Clap : Ça va mieux merci.

Popnshot : Votre dernier album est sorti en 2019. Aujourd’hui, c’est quoi Bagarre ?

Maître Clap : On a pris le seum déjà.

Majnoun : Et puis aujourd’hui on refait de la scène. On a pris une forme de normalité à jouer toutes les semaines et aussi à être en studio la semaine.

Emma : C’est la scène le weekend, le studio la semaine.

La Bête : On prépare secrètement notre plan d’attaque pour 2023. Il y a l’album et des soirées. Il ne faut pas trop le dire parce que tout n’est pas confirmé mais beaucoup de choses avancent en parallèle.

Le cœur du Monde bat à nouveau on peut travailler

Popnshot : Vous parliez d’une nouvelle ère, vous avez même loué pour ça une maison au bord de la plage. C’est quoi cette ère?

Emma : On est sortis du club.

Maître Clap : On continue le processus d’écriture. On s’était mis en dehors de nos vies normales.

La Bête : Le moment après le Covid même si c’était pas encore fini, on a commencé à se retrouver pour remettre en route la machine. La différence, c’est qu’avant le Covid on avait déjà envie de repenser notre musique mais la pandémie a forcé ce changement puisqu’on n’a rien fait pendant un an et demi. Ça nous a séparé, ça nous a fait voir le nécessaire. Tout ça nous a permis d’aller très vite dans les émotions, la recherche. Notre réaction ça a été d’aller chercher ce qu’on n’a pas eu depuis longtemps et ça se sent dans la musique qu’on fait mais aussi dans les textes. C’est quelque chose qui va chercher les autres, la danse et c’est vrai qu’on peut se dire avec les deux ans de Covid  qu’on allait faire de la musique mais ça ne marchait pas du tout pour nous parce qu’on avait besoin d’être tous les cinq ensemble mais aussi en contact avec le public. Le studio est lié avec son existence sur scène. Temps qu’on en voyait pas le bout on ne pouvait rien faire.

Maître Clap : Ça a du sens, le cœur du Monde bat à nouveau on peut travailler.

Mus : On t’a déprimé là (rires).

il n’y avait plus rien qui se passait, plus rien à dire, donc il ne restait que nous.

Popnshot : Il va parler de quoi ce nouvel album ?

La Bête : on n’est pas sûrs parce qu’on a écrit pleins de morceaux mais on ne sait pas lesquels on va garder. Mais je m’avance pas trop en disant que c’est autour d’amour. Pas forcément au sens amoureux mais au sens nécessaire, le besoin d’amour, le besoin des autres, de vivre quelque chose, de le dire aussi. Tous nos textes sont liés au Covid. Ce qui nous a manqué. Il y a toujours eu quelque chose de nocturne, culture club dans notre musique et là il y a des morceaux qui sont là-dedans. Mais il va y en avoir des plus lumineux et fédérateurs.

Majnoun : Il y aura plus de nous que dans les précédents albums qui étaient tournés vers l’extérieur. On s’est peut-être moins posé la question de quoi on parle et on s’est plus posé la question de la musique et puis après les textes allaient avec. Et puis il n’y avait plus rien qui se passait, plus rien à dire, donc il ne restait que nous.

Popnshot : Super !

Maître Clap : (rires) Parfois on sait pas si on a fait une bonne réponse en interview mais là on est encouragés.

On pouvait faire des soirées gay, des soirées gay friendly pour dire qu’on pouvait se mélanger. Maintenant les soirées sont différentes.

Popnshot : On va vous encourager à chaque réponse maintenant (rires générales) Pour en revenir à ce que tu disais, tu parlais du club. C’est un espace safe pour vous et une notion centrale chez Bagarre. Comment ça a évolué avec le temps pour vous ? En grandissant ça change ?

Maître Clap : Il y a un moment où défendait vraiment l’idée de trouver une safe place dans le club pour qui on a envie et besoin d ‘être. Après tout ce qu’on a vécu, cet enfermement, ça s’est transformé en nécessité d’avoir ça au quotidien. Que ça aille au delà du club, il n’y a pas de raison qu’en dehors du club on ne puisse pas se sentir comme on en avait envie d’y être il y a 3 ans.

La Bête : Les clubs au delà de notre ressenti là-dedans, ils ont énormément changé. Entre 2013 et maintenant ça n’a rien à voir. A l’époque on bossait avec le collectif Vénus avec qui on faisait des soirées gay friendly alors que c’est un collectif lesbien.  C’est pour te dire comme la mentalité de la nuit était différente. On pouvait faire des soirées gay, des soirées gay friendly pour dire qu’on pouvait se mélanger. Maintenant les soirées sont différentes. Il y a les soirées hors les murs qui sont plus rave, il y a des soirées plus organisées. Ce changement fait beaucoup de bien. La musique a changé aussi avant c’était only techno.

Mus : Maintenant c’est bien moins sectaire.  Maintenant tu peux avoir des soirées à thème avec plus de courant musicaux… Hip Hop par exemple…

La Bête : Nous on a changé avec. La consommation est différente. Nous on est surtout en dates maintenant.

  On part du principe que la nuit c’est libérateur mais qu’il faut que tout le monde soit libre.

crédit : Caroline Caro

Popnshot : Bravo (rires) Vous avez fait récemment un Trabendo avec Consentis. Ce type d’initiatives sont aussi majeures en terme de changement de la vision de la nuit …

Maître Clap : C’est pas la première fois qu’on travaille avec une association et nous notre envie c’est de donner la parole aux gens. On ne prend pas la parole à la place des associations. On va jouer de notre notoriété pour ramener des gens et faire payer pour une cause.  Consentis, on a voulu les inviter parce que la question des violences sexistes et sexuelles dans les milieux festifs est un enjeux énorme. Et nous on est sensibles à ça. Avant on en parlait peu ou pas mais maintenant faire sans ça, c’est impensable. En appeler à cette association c’était une façon de faire de l’éducation.

La Bête : Consentis est un très bon exemple du changement qui se passe dans les clubs. Elles en parlent très bien, le club est autant un endroit de fête que de dangers. Tu mélanges alcools, drogues, substances, donc c’est autant la libération qu’à la virgule près, un risque pour autrui.  On part du principe que la nuit c’est libérateur mais qu’il faut que tout le monde soit libre. Et si certains ne le sont pas en raison de leur orientation sexuelle, leur genre, leur couleur de peau, là il y a un problème. Il y a aussi Acceptess qui lutte pour le droit des personnes trans.  C’est tout un  monde qu’il faut défendre et c’est un monde qui n’existait pas aussi librement il y a 10 ans et qui arrive de front et c’est là qu’il est important de lui faire place.

La télé, pour moi, ce sont des dinosaures

Popnshot : Cette soirée a été intégralement diffusée sur Twich. Dernièrement, Squeezie a fait un évènement à plus d’un million de viewers sur ce même média. Vous pensez qu’aujourd’hui ça peut être un nouveau moyen de consommer la musique et le live ?

La Bête : Pour moi Twich ça remplace la télé. Ça va devenir des émissions de télé, il y a Pop Corn, Zen, là il y a carrément un prix… Mais la télé n’a jamais remplacé le vrai live, elle permet des captations, des diffusions, le vrai live a une saveur qui est unique et qui ne se vit pas avec une image. Ce qu’on essaie de donner c’est un inside du club avec ce que ça peut donner, la sensibilisation, la discussion mais par contre ça ne remplace pas le moment vécu, la force des décibels, la sueur, la chaleur.

Maître Clap : Ce qui est cool avec Twich c’est que c’est différent de la télé. A la télé tout est cadré, tout le monde ne peut pas s’y faire entendre, ils sont choisis au compte gouttes pour dire des choses précises. Alors que là c’est un peu comme les émissions à l’ancienne, Paris Dernière, où ça partait beaucoup plus en couille, où c’était plus libre. La télé ce sont les dinosaures, il n’y a pas de spontanéité.

Mus : Il y a aussi le tchat, le contenu va être ton interaction. Il n’y a pas d’intermédiaire. La télé transmet sur toi et tu n’interagis pas forcément, là c’est l’inverse.

MaMA-Festival_Bagarre-Paris_2022
Bagarre – MaMA 2022 – Crédit photo : Louis Comar

Popnshot : Super ! (rires) Vous parliez aussi sur Insta de votre participation à une manifestation anti violences policières et contre le racisme. Ce sont des messages extrêmement importants…

Majnoun : Le fait d’aller en manif quelque soit la cause, c’est très important. C’est là que tout devient concret. C’est le moment où on capte que les choses sont vraies.

La Bête : Sur ce sujet là précisément, je pense qu’on devrait tous aller en manif. On n’est pas porte parole de ce combat mais on le soutient comme beaucoup d’autres groupes, une égalité des citoyen.nes ensemble. On devrait tous être dans  la rue pour ça.

Popnshot : Cool (rires générales) . Une dernière question, comment vous faites pour découvrir des nouveautés en musique ?

Maître Clap : Spotify, Soundcloud…

La Bête : Moi les trends Tiktok. C’est des artistes qui vont dans tous les sens mais avec les morceaux identifiés, tu peux aller les chopper et aller plus loin. Ça m’a amener beaucoup de morceaux, des choses inconnues parfois même anciennes.

Mus : Sinon surfer, se laisser porter par les plateformes, surfer sur le net avec Lycos quoi (rires).

Journalistes : Louis Comar et Julia Escudero

Et de deux albums pour Sorry ! Le duo britannique au post punk lancinant est de retour avec « Anywhere but here », l’album de la maturité si l’on en croit les premiers échos. Et malgré la trop grande exploitation de cette expression au risque d’y perdre tout son sens, ce nouveau jet signe bien la fin de l’adolescence et l’entrée dans un album plus abouti. Le premier s’appelait « 925 », soit le moment où l’argent obtient son grammage idéal et devient presque pure. Pas tout à fait parfait donc mais pas si loin. Ce deuxième opus s’est-il transformé en or ? Chronique.

Le groupe Sorry pendant leur concert au Popup
Sorry – Crédit photo : Louis Comar

Welcome to planet Sorry

Les débuts mentent parfois et ne laissent en rien présager de la fin. Un adage qui s’applique facilement ici puisque l’entrée en matière de ce nouvel opus dénote tout particulièrement avec le reste de son album.  « Let the Lights On » est une version énervée, lumineuse et entraînante de la planète Sorry. Le petit alien de l’album a il est vrai été créé en marge de sa famille et a pris cette place de premier arrivé en dernière minute. Il faut pourtant dire que son refrain répété colle à la peau et porte à une transe qui donnerait bien envie de poser ses valises dans son vaisseau spatial.  Complètement entêtant, il a l’efficacité de son comparse du premier album : « Right Round the Clock » et ses paroles empruntées à « Mad World ». Une réussite qui accroche l’oreille donc et permet un décollage réussi.  Sorry y prend les traits temporaires d’autres géants du moment : Dry Cleaning.  Plus rien ne s’inscrira dans cette lignée du reste de la galette si ce n’est quelques lignes mélodiques de « Quit While You’re Ahead » qui arrive en fin d’écoute.

Sorry - Let The Lights On

C’est d’ailleurs un tout autre chemin qu’emprunte le duo. Pas besoin d’attendre longtemps pour s’en rendre compte, « Tell Me », deuxième de cette galette change de ton. Louis O’Bryen y donne d’ailleurs de la voix en premier et ralenti la cadence. Nous voilà plongés dans les ondes oniriques du groupe. Mais aussi pleinement dans sa marque de fabrique. S’il joue dans la cours devenue immense du post-punk, et une version bien cold du genre, il sait aussi s’en démarquer. Déjà parce que de tous, le groupe est celui qui profite de la touche la plus pop de l’écurie anglaise et même française qui y officie. Pas étonnant donc de retrouver Tears for Fears mêlé à leur premier album, le combo a la même énergie mélancolique que la reprise de Gary Jules du célèbre morceau.

Le groupe sait tout particulièrement jouer sur la corde aérienne et rendre ses peines enivrantes, presque dansantes. C’est le cas sur l’un des singles de cet « Anywhere but here », à savoir « Key to the City ». Le morceau se dégage par une sensualité en retenue qui fait sa force.  « Step » plus tard lui aussi s’énerve plus, appuie ses boucles enn un pas affirmé et une batterie omniprésente. Là où « Willow tree » semble carrément coller aux classiques britanniques. Le refrain entêtant s’y fait ritournelle et donne envie de chanter sous la pluie. Un jour morose de Londres y prend forme, les rythmiques s’y infiltrent , parfaitement dosées. Le rétro est là et la texture évoque l’éminent « Coffee and TV » de Blur. La comparaison pourrait d’ailleurs bien s’étirer sur le reste d’un album parfaitement construit qui se dessine avec aisance. Qu’y aurait-il après l’adolescence à la « Skin » de Sorry ? Une sorte de désenchantement où l’apathie la dispute aux élans de la vie. Amusant quand on sait que le groupe propose en avant dernier titre de se laisser entrainer par « Screaming in the rain », probablement l’un de ses moments les plus sombres qui est d’ailleurs largement porté par la voix de  Louis.

Le groupe Sorry pendant leur concert au Popup
Sorry – Crédit photo : Louis Comar

You are home

La voix à la candeur affirmée d’Asha Lorenz tire pourtant toujours vers l’enfance. Elle happe autant qu’elle apaise. La morosité  y est doucement distillée. Le titre « There’s Many People That Want to be Loved » s’inscrit dans cette lignée. D’autres tirent sur la corde et personnifient les douleurs en poussant dans les aigus côté instruments et voix. C’est le cas avec « I Miss The Fool » qui porte sa chanteuse vers quelques envolées lyriques.

Sorry - Key To The City

Pour autant quand la voix s’accorde à se faire murmure, déstructurant au passage ses morceaux pour mieux leur donner du corps , le groupe gagne en identité. « Closer » en est l’exemple affirmé. L’association va tout aussi bien avec la belle utilisation d’un clavier sur tout l’opus. « Baltimore » lui faisant une très belle part en son introduction. Tout comme la ligne de basse qui sert « Hem of the fray » un comptine à la bienveillance d’une berceuse. Nul doute que Sorry sait parfaitement donner un sentiment d’appartenance à celui qui l’écoute. « Anywhere but here » a tout du cocon qui donne l’envie d’être surtout ici à l’écouter.

c’est « Again » qui conclut cette pépite indé grandiose. La promenade sur la planète n’est pas de tout repos mais que les paysages y sont beaux. On y resterait bien encore et encore. Voilà qui colle parfaitement aux paroles et à la boucle musicale qui vient fortement appuyer ce propos. La voix se détache parfois surplombant les décors et puis c’est au tour des instruments de répondre encore plus fort, avec la puissance d’un ouragan. Ici la météo est déchainée, les titres rocheux et la vue est imprenable. Il ne serait pas étonnant d’y trouver une mine d’or. Et s’il n’est pas encore à son grammage parfait, il s’en approche savamment.

Un tour sur le bolide

La planète Sorry, elle se vit aussi en concert. Au Pop Up du Label de Paris le 15 octobre 2022, le groupe s’est offert une prestation face à une salle pleine à craquer. Difficile de se frayer un chemin parmi une foule compacte et réactive. L’expérience Sorry se sublime en live. Ses titres s’y enchainent avec grâce et un son hautement maîtrise. les morceaux s’y délient, plus rock que dans leur version album mais tout en gardant leur instant mélancolique et à fleur de peau. Le groupe y devient le parfait mettre de cérémonie et donne au tout l’éminente saveur d’un club underground new-yorkais. Pour ceux qui les auraient raté, le vaisseau se posera une nouvelle fois en février avec des dates à Lille,  Nantes Lyon et Paris. Pour prendre vos places, c’est par ici que ça se passe.

Le groupe Sorry pendant leur concert au Popup
Sorry – Crédit photo : Louis Comar