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Julia Escudero

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Image extraite de Hors Normes, film de Toledano et Nakache

Dans le cadre du Club 300 d’Allociné était projeté au Forum des Images le dernier film d’Eric Toledano et Olivier Nakache. Hors Normes, qui avait fait la clôture du dernier Festival de Cannes et qui sortira dans les salles le 23 octobre 2019, rejoint-il la liste des succès du duo de réalisateurs français? Critique.

Hors Normes : De quoi ça parle ?

Image extraite de Hors Normes, film de Toledano et Nakache

Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés « d’hyper complexes ». Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes.

Septième film en une petite quinzaine d’années de la carrière de Toledano et Nakache, Hors Normes a l’ambition de parler du quotidien des associations d’insertion et d’aide aux enfants handicapés et notamment autistes. Après le rapport au handicap dans Intouchables, les demandeurs d’asile avec Samba ou bien encore le monde de l’animation dans Nos jours heureux, c’est un nouvel univers que nous propose de découvrir Eric Toledano et Olivier Nakache avec Hors Normes, aidé par un solide duo en tete d’affiche : Vincent Cassel et Reda Kateb.

Hors Normes : Est ce que c’est bien ?

Image extraite de Hors Normes, film de Toledano et Nakache

Il y a des films qui sont précieux et Hors Normes en fait partie. Avec son sujet, en dehors des sentiers battus, le film de Toledano et Nakache aurait pu facilement tomber les grands et bons sentiments. Il n’en est rien. Hors Normes aurait pu aussi tomber dans la facilité en enfonçant les portes ouvertes en dénonçant les institutions, le manque de budget et verser dans le manichéisme. Il n’en est rien. Restant à hauteur d’hommes tout au long du récit, le film nous fait vivre le quotidien des deux principaux dirigeants des associations incarnés par Vincent Cassel et Reda Kateb. Leur quotidien consacré à l’accompagnement et à l’aide de ces jeunes qu’on ne peut ou veut mettre dans des cases, de ces jeunes qui sont souvent laissés de coté.

Il y a des films qui font naître une vocation et Hors Normes en fait partie. En montrant tout les aspects de ces métiers de dévotion et d’humanité, sans fard, dans les aspects les plus durs comme les plus beaux, Hors Normes présente univers peu montré au grand public. Déjà abordé au cours d’un documentaire réalisé pour Canal il y a quelques années ( « On devrait en faire un film« ), le duo de réalisateurs a décidé de passer par la fiction pour mieux parler de cet environnement qui a pu les bouleverser. En cherchant à démonter les clichés en présentant ces héros du quotidien, Hors Normes a l’ambition de capter quelque chose d’authentique et de saisir des moments volés de délicatesse et d’humanité.

Porté par un casting excellent, notamment Hélène Vincent dans un monologue impressionnant, Hors Normes est un film drôle, humain et vraiment touchant qui aborde un sujet de société méconnu avec pertinence et intelligence. Un vrai coup de cœur pour débuter cette nouvelle saison du Club 300 !

L’Étrange Festival 2019 : Affiche

Du 4 au 15 septembre 2019, au Forum des Images, s’est tenue la vingt cinquième édition de L’Étrange Festival. Pour fêter son quart de siècle, le festival a réservé quelques belles découvertes ou redécouvertes et qui aura permis au spectateur de s’ouvrir et de cultiver sa curiosité en arpentant les multiples chemins du cinéma de genre.

L’Étrange Festival 2019 : Une compétition internationale savoureuse

Pour nous la compétition a commencé avec la projection de Bliss, troisième long métrage du réalisateur canadien Joe Begos ( Almost Human, The Mind’s Eye), et le moins qu’on puisse dire c’est que cela n’a pas commencé sous les meilleures auspices. Le temps a paru bien long au cours des 80 (!) minutes de cette histoire de génie créatif dévorant une artiste peintre de Los Angeles. Quelques fulgurances, dont un superbe plan final, et le jeu physique et habité de Dora Madison ( Friday Night Lights, Dexter) peinent à compenser les maladresses de Bliss. Les principales se trouvant être le jeu approximatif de pratiquement l’intégralité du casting et le ratage systématique des scènes gores du film, alors que ces derniers surviennent dans des moments clés. Joe Begos, généreux et par ailleurs capable de magnifiques plans stylisés, ne cherche pas à dissimuler ses effets en filmant frontalement les saillies goresques de la dernière partie du métrage, ce qui malheureusement contribue à sceller définitivement l’aspect approximatif d’un film dont le sujet aurait pu être plus prometteur!

Image extraite de Monos, film d’Alejandro Landes

Pas de déception, par contre, concernant  Monos, coproduction internationale ( de neuf pays!) mise en scène par Alejandro Landes. Le synopsis de cette bande d’adolescents assurant la garde en pleine montagne d’une otage américaine ainsi que d’une providentielle vache laitière pour le compte d’une mystérieuse « Organisation » pouvait laisser espérer des développements aussi riches que variés. C’est finalement autant un survival qu’une fable humaniste désenchantée que Monos propose à travers cette folie guerrière qui a contaminé tout le monde et que personne ne comprend. Peu importe les raisons, la guerre continue semble dire le plan final de cette oeuvre faisant fortement penser à un « Sa Majesté des mouches » dans la jungle.

Image extraite de Vivarium, de Lorcan Finnegan.

Il avait fait parler de lui à Cannes au printemps dernier et après le visionnage de Vivarium on comprend aisément pourquoi. Le deuxième long métrage de Lorcan Finnegan séduit immédiatement par son humour décalé qui embarque le spectateur dans un pavillon de banlieue désert qui se révèle vite effrayant. Sorte d’épisode de la Quatrième Dimension en format long, l’histoire de ce jeune couple (Imogen Poots et Jesse Eisenberg) abandonné dans un lotissement par un étrange agent immobilier et se retrouvant prisonnier des lieux donne lieu à un film riche en interprétation, dépeignant intelligemment notamment l’usure d’un couple… L’interprétation d’Imogen Poots est à noter, donnant excellemment corps à un personnage tout en nuance.

Le duo Imogen Poots – Jesse Eisenberg aura d’ailleurs été à l’honneur au cours de cette vingt cinquième édition de l’Etrange Festival, les deux acteurs se retrouvant à l’affiche d’un second film en compétition, The Art of Self Defense. Avec ce postulat d’un comptable introverti (Jesse Eisenberg) qui, suite à son agression décide de suivre des cours de karaté et tombe progressivement sous la coupe de Sensei ( excellent Alessandro Nivola), le deuxième film du réalisateur Riley Stearns surprend agréablement. D’une comédie fine sur la virilité, The Art of Self Defense glisse intelligemment vers une dénonciation de la masculinité et de ses dérives. Un Fight Club comique qui déraperait pour offrir une oeuvre plus complexe qui n’y parait. Un vrai coup de cœur!

Image extraite de Furie, d’Olivier Abbou

Furie, film français d’Olivier Abbou a laissé des traces avec cette histoire qui mêle fait-divers ( une famille en rentrant de vacances voit sa demeure habité par des squatteurs refusant de la rendre) tout en citant allègrement les Chiens de Paille de Peckinpah. On peut se plaindre souvent des problèmes du cinéma de genre pour exister en France, alors même si Furie n’est pas sans défauts ( interprétation inégale notamment), c’est une vraie belle proposition, généreuse notamment en tension et en effets gores dans sa dernière partie, qu’il faut apprécier à sa juste valeur. Un solide petit film de genre made in France.

1BR, premier film de David Marmor raconte l’emménagement à Los Angeles d’une jeune fille qui va découvrir bien rapidement que son si charmant voisinage révèle bien des secrets. Riche en rebondissements, disposant d’un background intéressant, avec une fin ouverte faisant penser au récent The Invitation, 1BR sait se montrer généreux et garder l’intérêt du spectateur tout au long de son récit.

Une belle proposition de cinéma qu’est The Mute de Bartosz Konopka. Avec cette histoire de religieux allant évangéliser une île isolée ou règne encore le paganisme, le réalisateur polonais réussit à délivrer un message marquant sur le dogmatisme religieux et ses excès à travers les itinéraires antagonistes de ces deux chrétiens qui évoluent au contact de la tribu païenne qu’ils vont rencontrer.

Image extraite de Knives and Skin, de Jennifer Reeder

L’un des films méritant le plus d’être dans un festival qui se nomme « L’Étrange Festival » est sans conteste Knives & Skin, tant le film de Jennifer Reeder aura pu décontenancer. Sorte de variation féministe du magnifique River’s Edge, le film surprend par un rythme et un ton toujours en décalage par rapport à ce que l’on pourrait attendre. Problème de mise en scène comme pour Puppet Master : The Littlest Reich ( vu au PIFFF l’an dernier) ou effet volontairement recherché? Reeder étant aussi scénariste de son premier long métrage, la deuxième solution semble la plus probable. Alternant moments contemplatifs et moments chantés, virant sur le dernier tiers sur de la comédie pure, le film réussit à rester en mémoire grâce à son superbe filmage et à sa vision originale du spleen adolescent.

Un autre film qui sort des sentiers battus est le road movie Lillian de l’autrichien Andreas Horvath narrant l’histoire vraie de Lillian Ailing, immigrée russe ayant voulu rallier son pays depuis New York à pied. Le passé de documentariste d’Horvath saute clairement aux yeux, l’odyssée presque muette de Lillian ( Patrycja Planik) étant un prétexte pour aligner les vignettes décrivant une Amérique qu’on ne voit jamais ( celle des longues routes forestières, des derby de démolition et des nowhere towns. Lillian est une expérience hypnotisante et unique.

La terre des oubliés, premier film du britannique William McGregor est peut être l’oeuvre la plus convenue de la compétition internationale. Dotée de superbes plans et d’une interprétation sans faille, notamment de la part de la prometteuse Eleanor Worthington-Cox , l’histoire est malheureusement trop prévisible.

Image extraite de The Boat de Winston Azzopardi

A contrario, un autre premier film a lui clairement impressionné par sa maîtrise en dépit de son relatif manque de moyens. Intelligemment mis en scène, ménageant ses effets et révélant sur le tard la nature de sa menace, The Boat de Winston Azzopardi est une réussite pleine de promesse pour son réalisateur. Son interprète principal, Joe Azzopardi (frère du réalisateur et coscénariste), jusque là habitué à des rôles de quatrième couteau tient bon la barre tout au long du film.

L’entêtant Koko-Di Koko-Da, en plus de fourrer une contine scandinave dans la tete pour plusieurs jours démontre les talents de réalisateur de Johannes Nyholm avec cette histoire de couple en deuil pris au piège d’une boucle infernale. Une belle réussite pleine de promesses pour une histoire au final très touchante.

Très attendu sur cette 25ème édition Come to Daddy remet à l’affiche Elijah Wood dans ce film de genre aux nombreuses facettes. Le métrage au bon goût des films barrés des années 90 s’installe dans une forme de comédie déviante et n’hésite pas à jouer sur la carte de la violence pour dépeindre le lien qu’il existe entre un fils et son père ( même si ce dernier a abandonner son foyer alors que le petit n’était qu’un enfant de 5 ans). S’il y a du très bon dans ce Come to Daddy, des blagues agréables, un rythme soutenu, un jeu d’acteurs de pointe et un mystère omniprésent en première partie de film, il y a aussi du moins bon. Un second act trop court notamment, une évolution peu logique du personnage principal et un manque de direction précise comme s’il manquait, pour que tout soit logique, quelques scènes qui auraient pu être coupées au montage.

L’Etrange festival fait la part belle aux films de tous les pays avec un mot d’ordre: la découverte. The Antenna de Orçun Behram nous vient ainsi de Turquie et propose de se plonger via l’horreur dans une dystopie dans laquelle le gouvernement cherche à contrôler le peuple via les médias et notamment la télévision via le placement d’une nouvelle antenne dans tout le pays. On y suit alors les péripéties d’un gardien d’immeuble désabusé qui doit lutter contre un mystérieux liquide noir qui détruit les habitants de son immeuble et en contamine tous les habitants. Suspens et horreur sont au programme et ne manque pas de tenir le spectateurs jusqu’à ses dernières minutes. Noirceur sur trame politique font la paire malgré un rythme trop lent et deux plans gênant sur une actrice principale au jeu moyen filmée longuement en gros plans lors de deux passages éprouvants pour son personnage.

L’Étrange Festival 2019 : Des pépites à (re)découvrir !

Image extraite de Paradise Hills, d’Alice Waddington

La section Nouveaux Talents a pour but de promouvoir…son nom l’indique très bien. Parmi les films proposés dans celle ci s’est trouvé le premier long métrage d’Alice Waddington du nom de Paradise Hills. Sorte de conte noir et onirique sur l’émancipation, Paradise Hills retient vraiment l’attention de par ses qualités graphiques, tant les costumes que les décors étant particulièrement mis en valeur. Au point qu’il en soit dommage que le script, pourtant coécrit par Nacho Vigalondo, n’aille pas au bout de ses promesses et finisse par aller vers quelque chose de plus convenu avec cette histoire de jeune fille se réveillant dans une communauté aux intentions mystérieuses… Paradise Hills permet néanmoins une belle opposition entre Emma Roberts et Milla Jovovich. Alice Waddington a du savoir faire et peut d’ores et déjà être qualifiée de cinéaste à suivre dans ses prochaines œuvres.

Autre film présenté dans la section Nouveaux Talents, l’hilarant et pertinent Greener Grass dont nous vous parlons plus en détail juste là.

La folie à deux, voilà un thème qu’il est bon de retrouver surtout lorsqu’elle parle de l’amour absolue de deux adolescents. Adoration, dernier né de Fabrice Du Welz ( Calvaire et Alleluia) a toute la poésie que l’on peut en attendre grâce notamment à une caméra sensible qui met en avant sa très talentueuse jeune actrice. Les métaphores et le suivi du court de l’eau ( comme dans Apocalypse Now) s’allient pour parfaire la fuite de nos deux amoureux qui rêvent d’un amour éternel dans un monde où la folie deviendrait la logique. L’une des histoires d’amour les plus fortes vues sur grand écran depuis longtemps va crescendo. Du rêve de son jeune héros candide aux incohérences de sa belle amoureuses aux prises avec ses hallucinations, le film séduit, rappelle que quand on aime jeune on adore et sait provoquer un grand huit émotionnel chez son spectateur. Resterait à. parfaire un final qui peut laisser sur sa faim.

Le cinéma francophone a la côte à l’Étrange Festival puisqu’y était également proposé l’intriguant The Room qui suit les péripéties d’un jeune couple découvrant qu’une pièce de leur nouveau foyer a la capacité de faire apparaître tout ce qu’ils souhaitent… ou presque.  Que désire quelqu’un qui a tout ce qu’il désire? Voilà le premier postulat du film qui se risque alors à quelques clichés du genre. Pourtant à mesure que l’oeuvre prend corps, elle développe un tout nouvel axe et s’aventure sur le chemin de la famille, de la perception, pour finalement s’amuser à brouiller les pistes et mélanger réalité et vision de l’esprit à la façon d’un « Triangle« . Quelques choix de réalisation laissent néanmoins perplexe comme le choix de placer une intrigue tournée en Belgique avec des acteurs francophones aux Etats-Unis, ou la capacité de l’oeuvre à aborder trop de thèmes au risque de ne faire que les effleurer. Reste néanmoins un métrage inspiré, bien rythmé et très bien interprété.

Image extraite de The Lighthouse, de Robert Eggers

Le très attendu The Lighthouse, deuxième long métrage du prometteur Robert Eggers, a pu désarçonner mais n’a clairement pas déçu. On en parlera plus longuement tant il y a des choses à dire sur ce huis clos ou, comme on pouvait s’y attendre brillent Robert Pattinson et Willem Dafoe. Une intense variation sur la folie qui se propage petit à petit.

Le légendaire Jean Pierre Dionnet, pour cette vingt-cinquième édition de l’Étrange Festival a eu carte blanche et a pu offrir à un public d’ores et déjà conquis cinq films de son choix. Parmi ceux ci se trouvait notamment La Proie Nue et Réincarnations. Si ce dernier ne mérite pas l’aura de  » meilleur film d’horreur des années 80″ et qu’il ne passe pas forcément à l’épreuve du temps, le long métrage de Gary Sherman a plusieurs qualités pour lui. Notamment, de pouvoir présenter les premiers travaux d’effets spéciaux du grand Stan Winston ( The Thing, Predator) et d’avoir une utilisation intelligente du found footage dans sa toute dernière partie. Et tant pis, si le twist final enlève toute cohérence au film.

Image extraite de La Proie Nue , de Cornel Wilde

Beaucoup plus convaincante aura été la découverte de La Proie Nue, survival de 1965 sur la traque d’un guide par une tribu zouloue en pleine savane. Il est facilement compréhensible de voir ce qui a pu tant inspirer des réalisateurs tels que Mel Gibson, John Mac Tiernan ou bien encore les frères Coen, qui citent le film volontiers comme une source d’inspiration! Rythmé et bourré de suspense jusqu’à la fin, il a été une agréable découverte, comme on en fait chaque année à l’Étrange Festival!

L’Étrange Festival 2019 : Le palmarès complet

Grand Prix Nouveau Genre : Vivarium de Lorcan Finnegan
Prix du public : The Odd Family: Zombie On Sale de Lee Min-jae
Prix du Jury Court Métrage : Please Speak Continuously and Describe Your Experiences as They Come to You de Brandon Cronenberg
Prix du Public Court-Métrage : (ex-æquo) VagabondageS de Guillaume Pin et Portrait en pied de Suzanne de Izabela Plucińska

Le mois de septembre est probablement le meilleur mois de l’année pour les adeptes des films de genre et des films… atypiques pour ne pas dire étranges. Normal puisqu’il signe le retour du très attendu Etrange Festival qui fête en 2019 ses 25 ans. L’âge de la maturité ? Plutôt celle de l’étrange maturité puisqu’il est plus jamais possible de se lâcher et de profiter d’un cinéma à part. Au programme: découvertes et classiques qui se côtoient sans jamais laisser indifférent.

The Wretched etrange festival 2019

Parmi la sélection, The Wretched de Brett Pierce & Drew T Pierce, qui loin de jouer sur la carte de la maturité préfère encore vous faire revivre votre adolescence sous le soleil et y apporter une touche de mystère et de démon déchaîné venu du fin fond des bois.

The wretched de quoi ça parle?

Ben, un jeune homme de 17 ans dont les parents sont en instance de divorce, part rejoindre son père pour l’été. Il découvre rapidement que la maison d’à côté cache un terrible secret : les disparitions d’enfant semblent se multiplier, et le responsable ne serait autre qu’une créature qui aurait infecté la maîtresse de maison.

The Wretched : qu’est-ce qu’on en pense?

Il ne faut quelques minutes à The Wretched pour faire vaciller le spectateur dans l’horreur. Fort d’une manière de faire que l’on connait bien quand on a grandit dans les années 90, 2000, le métrage des frères Pierce s’offre une scène d’ouverture mémorable mettant en scène une pauvre baby-sitter de 16 ans et ajoutent quelques bruitages animaliers pour donner d’emblée naissance à leur créature. 35 ans plus tard, ou plus précisément à notre époque, l’étrange créature qui nous intéresse est de retour. Le film prend le pli de suivre les déboire d’un adolescent à problèmes venu rendre visite à son père en bords marins. Ce dernier sera le héros malgré lui de cette aventure morbide aux très belles idées.

Le premier point positif de The Wretched vient surtout de la nostalgie qu’il procure. De « Le Beau-père » à « Paranoïaque » , il fait écho à un certain cinéma oublié, résolument fun et provoquant sa dose de sueurs froides tout en mettant en scène des adolescents. On pourrait également citer « Boogeyman » avec Barry Watson, beau gosse culte des années 2000 et oublié trop tôt. Nostalgie dans le genre mais aussi dans sa mise en scène, riche en soleil, en amourettes et en soirées adolescentes.  Facile de sentir le soleil sur sa peau face à cette horreur sobre parfaite une soir d’été et qui se conterait avec facilité en faisant griller des marshmallows autour d’un feu de bois.

The Wretched etrange festival 2019

Puisque le deuxième point fort de l’oeuvre vient de sa créature, excessivement bien faite, construite et qui profite d’effets visuels de qualité. La scène de la douche est d’ailleurs immanquable tant par ses maquillages que par le malaise qu’elle provoque.

The Wretched n’est pas pour autant exempt de défauts. Quelques ellipses viennent noircir le tableau: la rapidité avec laquelle notre héros se rend par exemple dans la cave de la voisine pour la fouiller sans pour autant attendre son départ laisse perplexe. Tout comme un final un poil attendu qui donne au tout un sentiment de déjà-vu et vient gâcher le spectacle.

Néanmoins, le film s’appuie sur un twist savamment annoncé, qui, à condition que l’on joue le jeu, surprendra forcément. En outre, sa faculté à innover dans un registre connu le renforce. Puisque la créature, loin d’être une simple énième Mama s’inscrit dans un folklore américain propice à toujours apporter son lot de monstres. Il y a du Chair de Poule à l’ancienne dans ce métrage, de l’humour dosé, de l’horreur entre tout public et poussée. Les quelques facilités scénaristiques empruntées ne sauront alors noircir cet honnête divertissement à regarder sans se poser de questions. A défaut d’être la pépite de l’édition 2029 de l’Etrange festival, « The Wretched » y a une place honnête  et saura faire son lot d’adeptes qui, contrairement aux enfants enlevés, ne sera pas oubliée.

La veille Rock en Seine accueillait The Cure entre autre d’une programmation soignée face à un parc de Saint-Cloud plein à craquer. La journée à ne pas manquer diraient certains. Le lendemain, si le programme est moins adressé aux fans de groupes légendaires, il rappel que le festival, loin d’être un simple évènement rock cherche à s’adresser un public varié. La preuve en quelques concerts festifs sous le soleil.

 

Celeste

Le soleil brille encore alors que la belle céleste invite les festivaliers à se prélasser sur les pelouses. Vêtue d’un tee shirt ample bleu, la chanteuse pousse son timbre suave, navigue dans les eaux soul et se laisse aller à des montées puissantes qui n’ont rien à envier à une certaine Alicia Keys. Contrairement à elle, Céleste joue la carte de la timidité et de la retenue preferant miser sur sa voix pour inviter le public à un instant de détente. Elle crée ainsi son bar à lumière tamisée, revisite l’Amerique, offre une touche d’années 50 et ce tout en sobriété. Un beau moment qui lui permet en outre de dévoiler un nouveau titre « Strong » lui aussi empreint d’une certaine sophistication. Une diva sans les manières.

The kitchies

Déjà decouverts au tremplin Firestone qu’ils ont gagné, The Kitches ont transporté leurs néons flamand-rose et palmier pour l’occasion. Face à eux un part terre de chapeaux rouges à l’effigie de la marque. Sur scène chemise à fleurs et bonne humeur sont de rigueur. Le flow pop séduit et fait instantanément danser une foule qui les découvre. Malgré leur jeunesse, les comperes juissent d’une belle aisance scènique. Sûrement grace à un projet au concept maîtrisé qui s’inscrit à merveille dans cette ambiance d’été. Les 4 musiciens kitches certes, mais également au concept rappelant sans nul doute l’idée que lon se fait d’Hawaii jouent sur une bonne humeur communicative et quelques blagues (« Voilà notre set est fini » disent ils 20 minutes avant la fin/ « Les 4 personnes présentes pour nous vont être contentes d’entendre notre single. ») pour séduire. Il ne manque que du sable fin pour danser pieds nus pour parfaire ce moment.

 

Stands en scène

Rock en Seine c’est de la musique certes, mais aussi de nombreux stands et activités proposées aux festivaliers. Au programme, dégustation de recettes fromagères, stands de massages, disquaires, cuisine du monde et même une friperie. Les Ballades Sonores, à l’entrée du festival, accueillent notamment les festivaliers avec bienveillance. On y trouve des vynils et cassettes audios de tous registres comme des livres et quelques vêtements. Un rappel que le disquaire aux nombreux showcases est une adresse incontournable de la capitale.

 

Girl in red

Fraîchement débarquée de Norvege, avec un départ à 3 heures ce matin-là comme elle le souligne, la chanteuse est attendue de pied ferme. La preuve, les fans au premiers rangs et un panneau qui lui est dédiée. Si la programmation de ce samedi s’avère particulièrement électro, la guitariste dénote par son set rock et énergique. Quand elle ne sautille pas, en jean malgré les 30 degrés, la chanteuse communique volontiers avec douceur. Elle avoue notamment se sentir comme un zombie, rapport à l’heure de son arrivée et interprète une composition sur la ville de Paris  et ajoute « I’m in fucking paris right now! ».  Elle prend même le temps d’interpeller une jeune fille émue au premier rang rencontrée plus tôt dans la journée. Prompt à faire participer elle invite également l’assistance à taper dans ses mains, se baisser pour mieux sauter en rythme et même à danser sur « une chanson triste ». La tornade en bleu et non en rouge contrairement à l’énoncé séduit par sa sympathie, son naturel rare et son répertoire dopé à l’esprit Courtney Barnett. Un pure moment de live.

Polo and Pan

Décors colorés et maritimes peuplent le fond scénique de Polo and Pan venus donner vie à leurs composition tantôt chill, tantôt psychédéliques.  Le combo, dont le titre « La Canopée » a su séduire la foule offre un premier moment dansant aux festivaliers. les titres s’enchaînent entre pop et électro sur la scène Cascade. Une belle façon de débuter la soirée et de transformer le festival en discothèque géante.

Mahalia

Près des stands de friperies et autres disquaires, la scène des 4 vents accueille mahalia. Difficile de trouver des defauts au timbre vocal de la jeune femme au look décontracté ( le thème semble avoir été donné à toutes les artistes féminines ce soir). De même son registre r’n’b est maîtrisé tout comme sa sympathie scénique qui se crée avec naturel. Pourtant, l’originalité manque à ce show qui rappelle les années 90. Pour qui s’en souviendrait, la set list de la britannique ne serait qu’une redite d’un large panel d’artistes qui cartonnait alors.

Jungle

Le phénomène Jungle n’a de cesse de traverser le monde pour mieux retrouver son public français. C’est encore le cas ce soir sur un décors peuplé d’écrans géants et de paillettes. Jungle joue dans la démesure, invite à la danse comme à chacune de ses prestations. les singles se succèdent, éveillent le dernier des festivalier qui gardait encore en lui l’esprit chill d’un festival très ensoleillé. Les chants live ajoutent de la matière au compos électros du groupe.  La fête ne fait que commencer.

DJ set sur le stand Aigle

La marque Aigle est venue sur le festival avec son petit combi blindé de vêtements. Qu’importe ce que l’affaire dit de la marque, une chose est certaine, son DJ fait bouger les festivaliers qui s’amassent à ses pieds pour danser franchement. Un moment bon enfant alors que la tête d’affiche entre en scène au loin sur la Grande Scène.

Jorja Smith

Autre jour, autre Smith. Cette fois, c’est au tour de Jorja, la star en devenir de s’essayer à la Grande scène. C’est un mélange entre Rihanna et Amy Winehouse se risquent à dire certains. De la première elle a, sans nul doute, l’étoffe d’une star. Celle qui enregistre déjà 38 millions de vues sur Youtube pour son titre « Be Honnest » invite à la danse comme à l’émotion. Bercée à la soul britannique, la chanteuse a déjà su s’attirer les faveurs de Drake sur qui elle ne tari pas d’éloges avant de reprendre son titre « Get it together ». Vêtue d’une robe bien plus sexy que les tenues des autres interprètes féminines de la journée, la jolie Jorja séduit surtout par sa douceur et son habilité à communiquer avec la foule. « Merci à chaque fois que je viens en france, je reçois beaucoup d’amour », le public semble du même avis et lui pardonne facilement tous les impaires et même une suspicion de playback. L’amour ne voit que les qualités.

Major Lazer

On pourrait dire bien des choses de Major Lazer mais certainement pas qu’ils jouent la carte de la demie-mesure. Entouré de danseuses en tenue sexy, la tête d’affiche de la soirée se lâche complètement. Si le moment a la classe et l’extravagance d’une soirée à Ibiza  ou de la discothèque de n’importe quel gros lieu de vacances, le public lui en redemande. On se baisse et on saute, le DJ invite à se déhancher sur des « Tout le monde, tout le monde » ( comme à l’ancienne), balance ses très gros singles et même (beaucoup) de pyrotechnie. Major Lazor s’offre même le luxe de reprendre les titres les plus improbables d’Aya Nakamura, Booba et même « Bubble Butt » ( il faut voir le clip du morceau pour le croire). On est loin de la finesse de The Cure, certes, mais les festivaliers grattent un peu de l’ambiance des vacances en bord de plage. Et ils en redemandent.